Pavillons de ressourcement du Service correctionnel du Canada

Les pavillons de ressourcement pour détenus autochtones sont des établissements correctionnels où les services et les programmes destinés aux délinquants sont conçus en harmonie avec les valeurs, les traditions et les croyances autochtones, notamment avec les principes de justice et de réconciliation tels que conçus par les Autochtones. Les services correctionnels y sont offerts dans une perspective holistique et spirituelle. En outre, des Aînés et des collectivités autochtones donnent des conseils et du soutien aux délinquants dans le cadre des programmes qui y sont proposés.

Les pavillons de ressourcement du Service correctionnel du Canada (SCC) destinés aux délinquantes autochtones sont des établissements à sécurité minimale/moyenne et ceux destinés aux délinquants autochtones de sexe masculin sont des établissements à sécurité minimale. Les délinquants non autochtones peuvent eux aussi vivre dans un pavillon de ressourcement, à condition qu'ils suivent les programmes destinés aux Autochtones et qu'ils partagent leurs valeurs spirituelles. Dans tous les cas, avant de permettre à des délinquants de vivre dans un pavillon de ressourcement, nous évaluons rigoureusement les risques que ces personnes pourraient poser pour la sécurité publique. 

Il existe deux modes de gestion des pavillons de ressourcement. Certains sont financés et gérés par le SCC et son personnel, et d'autres sont financés par le SCC mais gérés par des organismes communautaires partenaires qui concluent une entente avec le SCC en vertu de l'article 81 de la Loi sur le système correctionnel et la mise en en liberté sous condition (LSCMLC). Le SCC compte actuellement neuf pavillons de ressourcement au Canada. Quatre d'entre eux sont gérés par le SCC et les cinq autres sont administrés par des partenaires en vertu de l'article 81.

Historique

En 1990, le gouvernement fédéral prévoit ouvrir cinq nouveaux établissements correctionnels régionaux. Dans un rapport intitulé La Création de choix, le Groupe d'étude sur les femmes purgeant une peine fédérale recommande de réserver l'un de ces établissements aux délinquantes autochtones. L'Association des femmes autochtones du Canada propose de son côté d'en faire un pavillon de ressourcement, suggestion qu'appuient les ex-détenus autochtones sous responsabilité fédérale dont les services de conseillers sont retenus par le SCC. Deux considérations importantes sont à l'origine de la création des pavillons de ressourcement.

Les membres de la collectivité autochtone s'inquiètent beaucoup du fait que les programmes correctionnels courants ne donnent pas de bons résultats auprès des délinquants autochtones.

Le nombre d'Autochtones est disproportionnellement élevé au sein du système correctionnel canadien.

En 1992, la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition vient renforcer les relations entre le SCC et les collectivités autochtones, qui contribuent désormais à la conception et à la prestation des services et des programmes destinés aux délinquants autochtones. La spiritualité et la culture autochtones font maintenant partie intégrante du milieu correctionnel.   

Les pavillons de ressourcement gérés par le SCC

Le Pavillon de ressourcement Okimaw Ohci

Maple Creek (Saskatchewan)

Le Pavillon de ressourcement Okimaw Ohci

Date d'ouverture : 1995
Gestion : SCC
Niveau de sécurité : Établissement à sécurité minimale/moyenne pour femmes
Nombre de places : 30
Nombre d'employés : 65 (2012)

Le Pavillon de ressourcement Okimaw Ohci (dont le nom signifie « collines du tonnerre » en cri) est le premier pavillon de ressourcement destiné aux délinquantes autochtones ouvert par le SCC. Il est situé sur le territoire de la Première Nation de Nekaneet, dans le sud de la Saskatchewan. L'organisation du pavillon de ressourcement est circulaire, et non hiérarchique. Le lieu le plus important est le pavillon spirituel, où se tiennent les enseignements, les cérémonies et les ateliers avec les Aînés. Le pavillon comprend des unités résidentielles individuelles et familiales, pour les délinquantes qui choisissent de vivre avec leurs enfants. Chaque unité se compose d'une chambre à coucher, d'une salle de bains, d'une cuisinette avec coin salle à manger et d'une salle de séjour.

Un plan de vie personnel est établi pour chaque délinquante autochtone. Ce plan décrit ce dont elle a besoin sur les plans émotif, physique et spirituel pour favoriser sa réadaptation. Les programmes aident les délinquantes à acquérir la force nécessaire pour faire des changements essentiels dans leur vie. Ils portent également sur la formation professionnelle, la vie familiale et l'éducation des enfants, les langues autochtones et la nature. Les femmes apprennent à devenir autonomes dans les activités quotidiennes en faisant la cuisine, la lessive, le ménage et des travaux d'entretien à l'extérieur.

Le Centre Pê Sâkâstêw

Maskwacis (Alberta)

Le Centre Pê Sâkâstêw

Date d'ouverture : 1997
Gestion : SCC
Niveau de sécurité : Établissement à sécurité minimale pour hommes
Nombre de places : 60
Nombre d'employés : 53 (2012)

Après que le Pavillon de ressourcement Okimaw Ohci eut ouvert ses portes, le SCC a commencé à planifier le premier établissement pour délinquants autochtones de sexe masculin, de concert avec la Première Nation crie de Samson, près de Maskwacis, en Alberta. On lui a donné le nom de Centre Pê Sâkâstêw (prononcer bé-sâ-ga-sté-o), ce qui signifie « nouveau départ » en cri. La conception architecturale de l'immeuble reflète la vision du monde des Autochtones. Six bâtiments circulaires sont disposés en un grand cercle sur le terrain de 40 acres. Des symboles importants pour la Première Nation crie de Samson, comme le cercle sacré, les quatre points cardinaux et les couleurs rouge, jaune, blanc et bleu, ont été intégrés à l'architecture du Centre.

Les programmes offerts par le Centre Pê Sâkâstêw reposent sur l'idée selon laquelle la spiritualité autochtone est au cœur du processus de guérison des délinquants autochtones. Les Aînés et le personnel qui viennent des collectivités autochtones environnantes enseignent aux détenus les valeurs et les pratiques spirituelles traditionnelles, tout en leur offrant de la formation et du counselling et en leur servant de modèles.

Village de guérison Kwìkwèxwelhp

Harrison Mills (Colombie-Britannique)

Village de guérison Kwìkwèxwelhp

Date d'ouverture : 2001
Gestion : SCC
Niveau de sécurité : Établissement à sécurité minimale pour hommes
Nombre de places : 50
Nombre d'employés : 70 (2012)

Le Village de guérison Kwìkwèxwelhp se trouve à 140 kilomètres à l'est de Vancouver, en Colombie-Britannique, sur le territoire de la Première Nation Chehalis. Connu anciennement sous le nom d'Établissement d'Elbow Lake, il a été renommé Village de guérison Kwìkwèxwelhp en 2001. Le nouveau nom signifie « là où l'on récolte les remèdes ». Ce centre correctionnel est destiné aux délinquants autochtones de sexe masculin. Le personnel et les Aînés y donnent des enseignements autochtones traditionnels holistiques. On y offre également des programmes de formation et de maintien des acquis visant à améliorer l'employabilité des délinquants. 

Pavillon de ressourcement Willow Cree

Duck Lake (Saskatchewan)

Pavillon de ressourcement Willow Cree

Date d'ouverture : 2004
Gestion : SCC
Niveau de sécurité : Établissement à sécurité minimale pour hommes
Nombre de places : 80
Nombre d'employés : 56 (2012)

Le Pavillon de ressourcement Willow Cree se trouve dans la réserve de la Première Nation Beardy's et Okemasis, située près de Duck Lake, en Saskatchewan. En cri, l'établissement porte le nom de Nîpisikopawiyiniwak Nânâtawihôkamik. Les délinquants y sont désignés sous le nom de « Nîcisân » ou « Nîcisânak », ce qui signifie « frère » ou « frères ». Le personnel se compose essentiellement d'Autochtones, notamment de la Première Nation Beardy's et Okemasis.

Le pavillon offre des programmes holistiques axés sur la croissance personnelle, l'identité culturelle, la paix intérieure et l'adoption d'un mode de vie sain et équilibré, avec la collaboration d'Aînés et de membres de la collectivité. Certains programmes visent la toxicomanie, la violence familiale, l'éducation des enfants, la maîtrise de la colère et la délinquance sexuelle, et les Aînés offrent divers services aux délinquants. Tous les programmes de traitement de base comportent des volets intellectuels, physiques, émotifs et spirituels. Le Pavillon de ressourcement Willow Cree propose également de la formation en charpenterie et en manipulation des aliments, ainsi que des cours sur la sécurité dans le secteur de l'exploitation pétrolière, minière et forestière (lutte contre les incendies), sur les premiers soins et sur la réanimation cardiopulmonaire.

Pavillons de ressourcement gérés par la collectivité en vertu de l'article 81

Centre de guérison Stan Daniels

Edmonton (Alberta)

Centre de guérison Stan Daniels

Date d'ouverture : 1999
Gestion : Native Counseling Services of Alberta, en vertu de l'article 81 Niveau de sécurité : Établissement à sécurité minimale pour hommes et centre résidentiel communautaire (CRC) pour les délinquants en liberté conditionnelle dans la collectivité
Nombre de places : 73
Nombre d'employés : 33 (2012)

Le Centre de guérison Stan Daniels constitue un milieu sûr, structuré et respectueux pour les délinquants, leur famille et la collectivité. On y met l'accent sur la guérison holistique et l'importance d'une forte identité culturelle en tant que fondement de l'estime de soi. Les Aînés jouent un rôle essentiel à titre d'enseignants, dans les domaines spirituel et culturel. Grâce à leurs conseils, à la rétroaction des autres résidents et à l'aide du personnel, les délinquants ont la possibilité de se rétablir, de croître sur le plan spirituel et de renouer avec la culture autochtone.

Les programmes sont adaptés à la culture des résidents et axés sur les relations humaines, la perte et le rétablissement, la vie familiale, la prévention des rechutes, la guérison et le traitement de la toxicomanie. Les délinquants sont également encouragés à participer à des cérémonies traditionnelles, comme la cérémonie de la danse du soleil.

Centre de guérison Waseskun

Saint-Alphonse-Rodriguez (Québec)

Centre de guérison Waseskun

Date d'ouverture : 1999
Gestion : Centre de guérison Waseskun, en vertu de l'article 81
Niveau de sécurité : Établissement à sécurité minimale pour hommes et centre résidentiel communautaire (CRC) pour délinquants en liberté conditionnelle dans la collectivité
Nombre de places : 22
Nombre d'employés : 32 (2012)

Le Centre de guérison Waseskun se trouve à environ une heure de Montréal, au Québec, dans les contreforts des Laurentides. Le Centre travaille en étroite collaboration avec les différentes collectivités autochtones du Canada, y compris celles du Nord. Il propose des enseignements holistiques en français et en anglais axés sur la santé physique, émotive, mentale et spirituelle de chaque délinquant, afin de les aider à redonner un certain équilibre à leur vie. L'objectif général du Centre de guérison Waseskun consiste à donner aux résidents la force nécessaire pour accepter la responsabilité de leurs actes et comprendre les conséquences qui en découlent, pour eux-mêmes, pour leurs victimes, et pour les familles et les collectivités touchées.

Les programmes sont basés sur une philosophie de guérison holistique à caractère communautaire, qui comprend des méthodes thérapeutiques occidentales et traditionnelles. Le Centre encourage fortement les collectivités autochtones à participer au processus de guérison et à la réinsertion sociale de leurs membres. Voici quelques-uns des services offerts par le Centre :

  • thérapie résidentielle intensive
  • programmes de groupe
  • formation professionnelle
  • surveillance et soutien de suivi
  • séances intensives de développement personnel
  • formation en prévention et en intervention destinée aux collectivités.

Pavillon de ressourcement O-Chi-Chak-Ko-Sipi

Crane River (Manitoba)

Pavillon de ressourcement O-Chi-Chak-Ko-Sipi

Date d'ouverture : 2003
Gestion : Première Nation O-Chi-Chak-Ko-Sipi, en vertu de l'article 81
Niveau de sécurité : Établissement à sécurité minimale pour hommes
Nombre de places : 24
Nombre d'employés : 18 (2012)

Le Pavillon de ressourcement O-Chi-Chak-Ko-Sipi aide les délinquants à se rétablir, à croître sur le plan spirituel et à réussir leur réinsertion sociale en faisant une large place au rétablissement mental, physique, spirituel et émotif ainsi qu'aux valeurs, croyances et pratiques autochtones traditionnelles. Un architecte autochtone a conçu le centre spirituel de terre, qui comprend un pavillon central apparenté à un tipi, quatre résidences et un endroit pour les visiteurs. La conception architecturale vise à favoriser la guérison et la croissance spirituelles.

Les délinquants sont encouragés à réaliser leur plan de guérison et à suivre des programmes de réadaptation axés sur la préparation à la vie active, le traitement de l'alcoolisme et autres toxicomanies, le counseling personnel et familial, la résolution de problèmes, la planification de carrière et le développement du leadership. Les programmes offerts insistent sur l'importance de faire de meilleurs choix de vie, notamment en ce qui touche la nutrition, l'exercice physique, la relaxation, la maîtrise de la colère, l'éducation des enfants ainsi que les questions de sexualité et de santé.

Maison de ressourcement Buffalo Sage

Edmonton (Alberta)

Maison de ressourcement Buffalo Sage

Date d'ouverture : 2011
Gestion : Native Counselling Services of Alberta, en vertu de l'article 81
Niveau de sécurité : Établissement à sécurité minimale/moyenne pour femmes et centre résidentiel communautaire (CRC) pour délinquantes en liberté conditionnelle dans la collectivité Nombre de places : 16
Nombre d'employés : 17 (2012)

À la Maison de ressourcement Buffalo Sage, le personnel et les Aînés aident les délinquantes à se préparer à retourner vivre dans la collectivité en les encourageant à faire des choix judicieux et à apporter des changements positifs dans leur vie.

On y aide les délinquantes à cerner leurs besoins, ce qui sert de base à l'établissement d'un plan correctionnel axé sur la réadaptation holistique et spirituelle et l'amélioration de l'estime de soi. Les programmes, adaptés sur le plan culturel, sont offerts dans un milieu structuré et traditionnel et répondent aux besoins des délinquantes autochtones, de la collectivité et des autorités compétentes en matière de mise en liberté.

Pavillon de ressourcement spirituel du Grand conseil de Prince Albert

Première Nation des Wahpeton (Saskatchewan)

Pavillon de ressourcement spirituel du Grand conseil de Prince Albert

Date d'ouverture : 1997
Gestion : Grand conseil de Prince Albert, en vertu de l'article 81
Niveau de sécurité : établissement à sécurité minimale pour hommes
Nombre de places : 12
Nombre d'employés : 11

Le Pavillon de ressourcement spirituel du Grand conseil de Prince Albert est situé à 10 minutes du centre-ville de Prince Albert (Saskatchewan) sur la réserve de la Première Nation des Wahpeton.

Le pavillon offre aux membres des Premières Nations une solide base dans leur culture, leurs valeurs et leurs coutumes. Les besoins spirituels, mentaux, physiques et émotionnels des personnes hébergées au pavillon de ressourcement sont satisfaits dans le cadre d'une approche de guérison axée sur les programmes, ainsi que sur la spiritualité et la culture autochtones. Les détenus disposent de plans de guérison personnalisés et travaillent avec les responsables de leur cas et les Aînés à établir un contrat de guérison.

Le processus de guérison est axé sur les valeurs et les croyances culturelles, et les Aînés sont au cœur du pavillon de ressourcement, offrant des conseils, des cérémonies, une orientation et une vision avec intégrité. La planification de la réinsertion dans la collectivité fait partie intégrante du processus. Elle prévoit la participation des familles proches, des familles élargies, des collectivités d'accueil et, dans la mesure du possible, des cercles de médiation entre victimes et délinquants.

Le pavillon fait ressortir l'importance des modèles de comportement et offre des cérémonies du calumet et de suerie, ainsi que des programmes, comme celui des Alcooliques Anonymes. Les personnes qui veulent prendre part à des programmes communautaires ont la possibilité de le faire.