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Stratégie de santé publique pour les délinquants

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Vision des Services de santé : Améliorer la santé des délinquants afin de contribuer à la sécurité des Canadiens.

Objectif du programme de santé publique au SCC : Fournir des services aux délinquants sous responsabilité fédérale afin de prévenir et de contrôler les maladies et de promouvoir la bonne santé dans les établissements fédéraux.

TABLE DES MATIÈRES


OBJET D'UNE STRATÉGIE DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LES SERVICES CORRECTIONNELS

La nature même du milieu correctionnel présente un risque intrinsèque de transmission de maladies compte tenu du nombre élevé de personnes en milieu fermé et du va-et-vient du personnel, des visiteurs et d'autres membres de la collectivité, au quotidien, à l'intérieur et à l'extérieur de l'établissement.

Le risque de transmission d'agents pathogènes à diffusion hématogène et aéroportée et le risque d'infections transmissibles sexuellement sont exacerbés par le niveau généralisé de mauvaise santé qui prévaut chez les détenus, dont bon nombre ont aussi des antécédents de comportement à risque élevé comme l'utilisation de drogues injectables, la prostitution, les relations sexuelles non protégées avec des partenaires à risque élevé et l'immunodéficience des personnes atteintes de maladies chroniques. À titre d'exemple pour ce qui est des maladies infectieuses, à la fin de 2008, 219 détenus, ou 1,69 p. 100 de la population carcérale totale, étaient séropositifs et 3 903 détenus, ou 30,2 p. 100 de la population carcérale totale, étaient porteurs du virus de l'hépatite C.

Au cours des 15 dernières années, le Service correctionnel du Canada (SCC) a progressivement mis en œuvre des services de santé publique dans ses établissements. Certains de ces services, comme le programme de lutte antituberculeuse du SCC et l'immunisation contre l'hépatite A et l'hépatite B, ont été mis en place et renforcés à mesure que le SCC a eu accès à des ressources, alors que d'autres services, comme des traitements spécialisés, ont été mis en œuvre en réponse à l'émergence de nouveaux problèmes de santé publique comme le VIH et l'hépatite C. En somme, les services de santé publique du SCC se sont multipliés en raison de diverses occasions et influences. La mise sur pied d'une Direction de la santé publique au SCC (2007)et l'augmentation considérable de la capacité et de l'expertise au sein du SCC au cours de la dernière décennie sont autant de facteurs qui font en sorte que le temps est venu d'adopter une approche stratégique pour cerner et regrouper les besoins en matière de santé publique de la population carcérale et planifier une réponse. Une stratégie fournira au SCC un cadre pour guider l'élaboration d'activités de santé publique, incluant la collaboration requise avec les partenaires internes et les intervenants externes. De plus, elle permettra de mieux cibler les activités de santé publique ainsi que les objectifs fixés pour l'amélioration de la santé des délinquants qui renforcera la sécurité des Canadiens.

La mise en œuvre de cette Stratégie de santé publique pour le SCC s'échelonnera sur une période de cinq ans à compter de 2010-2011. Elle prendra appui sur les activités de santé publique actuelles et les renforcera. Par ailleurs, elle permettra de cerner les points à améliorer et d'élargir l'étendue des activités de santé publique si des ressources supplémentaires devenaient disponibles. Même si cette stratégie vise des objectifs de haut niveau pour sept orientations stratégiques, un cadre d'action a été élaboré afin de préciser quelles activités comportent ces orientations stratégiques, de faire le suivi des progrès, de rendre compte des résultats et de s'assurer qu'elles demeurent en harmonie avec les plans et priorités de l'organisation. L'Annexe A présente un aperçu des liens entre la Stratégie et les priorités stratégiques du SCC.

CONTEXTE LÉGISLATIF

Le paragraphe 86(1) de la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition (LSCMLC) exige « que chaque détenu reçoive les soins de santé essentiels et qu'il ait accès, dans la mesure du possible, aux soins qui peuvent faciliter sa réadaptation et sa réinsertion sociale ». Le paragraphe 86(2) stipule que « la prestation des soins de santé doit satisfaire aux normes professionnelles reconnues ». En outre, l'article 70 exige que le SCC prenne toutes mesures utiles pour que le milieu et de vie et de travail des détenus soit sain et sécuritaire.

L'alinéa 4h) de la LSCMLC exige du SCC que « ses directives d'orientation générale, programmes et méthodes respectent les différences ethniques, culturelles et linguistiques, ainsi qu'entre les sexes, et tiennent compte des besoins propres aux femmes, aux autochtones et à d'autres groupes particuliers ». En conséquence, les activités de santé publique doivent être adaptées pour faire en sorte que l'on adopte les approches les plus appropriées, significatives et prometteuses pour ces groupes.

Il s'agit du cadre juridique à l'intérieur duquel le SCC fournit des services de santé publique aux délinquants.

OBJECTIF DU PROGRAMME DE SANTÉ PUBLIQUE

L'objectif du programme de santé publique au SCC consiste à fournir des services de santé publique aux délinquants sous responsabilité fédérale afin de prévenir et de contrôler les maladies et de promouvoir la bonne santé dans les établissements fédéraux.

PRINCIPES DIRECTEURS

Divers principes directeurs relatifs à la prestation de services de santé publique au sein du SCC orientent la mise en œuvre de cette stratégie.

  • Responsabilité des délinquants : Les délinquants doivent reconnaître leur responsabilité à l'égard des comportements qui affectent leur santé et chercher à préserver leur santé en adoptant une approche proactive.
  • Perspective à long terme à l'égard de la santé publique : La prestation de services de santé publique aux délinquants est susceptible d'alléger le fardeau des soins de santé sur la société dans son ensemble. En cherchant à améliorer la santé des délinquants pendant l'incarcération, les services de santé publique offerts dans les établissements fédéraux pourront peut-être contribuer à réduire les coûts ultérieurs liés aux soins de santé pour la collectivité après la mise en liberté des délinquants.
  • Amélioration continue de la qualité : Le SCC est résolu à améliorer, de façon continue, la qualité et la prestation des services de santé aux délinquants. Les services de santé publique doivent satisfaire aux critères d'accréditation nationaux, ou les dépasser.
  • Partenariats : Les activités de santé publique seront consolidées au moyen de partenariats internes et externes.
  • Approches holistiques en matière de santé : Selon la disponibilité des ressources et au fil du temps, on élaborera et mettra en œuvre des approches holistiques pour répondre aux besoins en matière de santé publique des délinquants.
  • Préparation aux situations d'urgence : Le personnel responsable de la santé publique travaillera en collaboration avec tous les secteurs pour élaborer des protocoles et des plans d'intervention dans les situations d'urgence afin d'offrir une réponse efficace, efficiente et en temps opportun aux éclosions de maladies infectieuses et autres problèmes de santé dans les établissements du SCC.

Ce diagramme illustre le cadre pour la Stratégie de santé publique. Les sept domaines stratégiques de la Stratégie de santé publique sont reliés au centre par la Vision des Services de santé et les objectifs du Programme de santé publique. Les principaux publics cibles de la Stratégie sont représentés sur le cadre extérieur, lequel repose entièrement sur les principes directeurs soutenant les services de santé publique.


CADRE DE LA STRATÉGIE DE SANTÉ PUBLIQUE

Les sept orientations stratégiques, accompagnées des objectifs correspondants, fournissent le cadre pour la Stratégie et sa mise en œuvre par l'entremise des plans de travail annuels.

Orientation stratégique n° 1 : Prévention, contrôle et gestion des maladies infectieuses

L'objectif est de veiller à l'uniformité et à la durabilité des activités de prévention, de contrôle et de gestion des maladies infectieuses, et d'envisager des améliorations si des ressources supplémentaires deviennent disponibles.

Les mesures de gestion incluent les traitements types dans la collectivité pour les maladies infectieuses telles que le VIH, l'hépatite B et C, les infections transmissibles sexuellement, la grippe A (H1N1) et la tuberculose. Le SCC offre actuellement une gamme de mesures de prévention, de contrôle et de gestion : dépistage et analyse à l'admission, immunisation, counseling et éducation sur les maladies infectieuses et la façon d'éviter de les contracter ou de les transmettre, accès discret à des dispositifs de réduction des méfaits et aux informations connexes (eau de javel, condoms, digues dentaires, conseils sur le nettoyage des seringues et du matériel de tatouage), planification de la continuité des soins au retour dans la collectivité et planification en cas d'épidémie de maladies comme la grippe A.

Le bureau national continuera de s'assurer que les lignes directrices et protocoles en matière de dépistage et d'analyse, de soins, de traitement et de soutien permettent d'orienter le personnel en charge de la santé publique dans les régions et les établissements.

L'une des principales initiatives entreprises dans le cadre de l'orientation stratégique n°1 est de poursuivre l'exécution de la mise en œuvre de la stratégie améliorée de réduction des méfaits (2007) qui est fondée sur les recommandations formulées au SCC par le Comité consultatif des soins de santé. Les constatations issues de l'analyse des résultats du Sondage national de 2007 auprès des détenu(e)s sur les maladies infectieuses et les comportements à risque servent aussi de référence pour la consolidation des activités de santé publique.

En ce qui a trait à la planification de la continuité des soins, un meilleur échange de l'information entre le personnel des Services de santé et les agents de libération conditionnelle permettrait d'accélérer la transition des soins de santé de l'établissement à la collectivité au moment de la mise en liberté du délinquant. Cet aspect est particulièrement important dans le cas des délinquants ayant des besoins complexes en matière de traitement de maladie infectieuse et d'autres problèmes de santé physique complexes. Des discussions doivent avoir lieu aux différents niveaux de l'organisation afin de mettre en œuvre un mécanisme approprié pour échanger de l'information sur les questions relatives à la protection des renseignements personnels et à la communication des renseignements médicaux à des personnes à l'extérieur du cercle de soins.

L'expérience récente de gestion de la grippe A (H1N1) a mis en relief la nécessité pour le SCC de demeurer informé des politiques en constante évolution pour ce qui est de la planification de la réponse en cas d'épidémie de grippe. Les responsables de la santé publique ont travaillé en partenariat avec les intervenants à l'intérieur et à l'extérieur du SCC, ont mis sur pied des groupes de travail spécialisés et ont élaboré des outils, des procédures et des lignes directrices pour améliorer la réponse en cas de pandémie.

Il est essentiel d'élaborer des protocoles qui définissent les rôles et les responsabilités des directions et des secteurs du SCC et des partenaires externes comme l'ASPC pour intervenir dans les cas de problèmes respiratoires et entériques. Il faudra travailler en collaboration avec des partenaires internes et externes afin de produire des documents complets étayant le protocole.

Orientation stratégique n° 2 : Promotion de la santé et éducation en santé

L'objectif est d'assurer la diffusion des documents de promotion de la santé à tous les délinquants et d'enrichir leur contenu afin d'y inclure les saines habitudes alimentaires, les facteurs de risque de maladies chroniques et les besoins en matière de santé propres à certains groupes.

Les gestionnaires du programme de santé publique dirigent l'élaboration de la documentation et de l'information relatives aux pratiques exemplaires en matière de promotion de la santé. Par ailleurs, des postes d'infirmiers et infirmières en charge de la promotion de la santé à l'échelle régionale ont été mis sur pied pour surveiller et faciliter la mise en œuvre du programme en établissement. Le contenu des documents relatifs à la promotion de la santé actuellement utilisés a été enrichi afin d'y inclure des modes de vie sains et la prévention de maladies chroniques telles le diabète de type 2, les maladies cardiaques et l'obésité. En outre, les documents de promotion de la santé sont élaborés pour certains groupes ou situations en particulier; p. ex., les délinquants ayant des besoins en matière de santé mentale et les visites familiales privées avec des enfants.

En règle générale, les délinquants s'en remettent au personnel des services de santé pour orienter leurs comportements liés à la santé et maintenir leur santé. L'une des composantes principales de cette orientation stratégique consiste à encourager les délinquants à prendre en charge l'adoption de comportements favorisant leur bonne santé et à soutenir leurs efforts en ce sens au moyen de programmes d'éducation en santé.

L'une des améliorations que l'on pourrait apporter à moyen ou à long terme dans ce domaine stratégique consisterait à élaborer des programmes d'éducation en matière de santé plus vastes et plus holistiques dans des domaines comme la prévention des maladies chroniques, en mettant davantage l'accent sur le mieux‑être.

Orientation stratégique n° 3 : Surveillance et mise en commun des connaissances

L'objectif est de faciliter l'élaboration de mesures fondées sur des données probantes en matière de prévention, de contrôle et de gestion des maladies infectieuses et d'autres risques pour la santé des délinquants par des efforts de surveillance accrus et coordonnés et la mise en commun des connaissances.

Le SCC dispose actuellement d'un système efficace de surveillance des maladies infectieuses fondé sur le Web qui lui permet de cerner la prévalence de certaines maladies spécifiques dans la population carcérale et de cerner les groupes à risque, de même que les nouveaux domaines de risque, par exemple, les épidémies locales.

Pour faire le suivi des problèmes de santé publique dans la population carcérale, il faut que les activités de surveillance ratissent large, et que les exercices de collecte, d'analyse et d'évaluation des données portent sur tous les groupes de délinquants, y compris les délinquantes, les Autochtones, les délinquants âgés et les délinquants atteints de maladies chroniques et d'autres maladies. Il faut également compiler des renseignements sur les comorbidités au sein de la population carcérale. La mise en place d'un système de surveillance plus globale exigeant des ressources supplémentaires, aiderait les professionnels de la santé à comprendre les caractéristiques de santé diversifiées de la population carcérale et à cibler les interventions appropriées.

Le Secteur des politiques mène des recherches continues, sur le profil démographique des délinquants. Ces travaux pourraient être liés directement aux activités de santé publique afin de cibler les problèmes pertinents qu'il convient d'étudier plus en profondeur. Par ailleurs, il est impératif de faciliter la mise en commun des connaissances au sein du SCC pour s'assurer que les travaux analytiques en épidémiologie et en recherche sont communiqués aux différents échelons de l'organisation et à d'autres partenaires gouvernementaux et intervenants.

Orientation stratégique n° 4 : Santé des délinquants autochtones et des délinquantes

L'objectif est de s'assurer de garder en ligne de mire les problèmes de santé publique qui touchent les délinquants autochtones et les délinquantes.

Deux stratégies distinctes ont été élaborées pour répondre aux besoins des délinquants autochtones et des délinquantes dont bon nombre, désavantagés selon les déterminants sociaux de la santé, présentent des risques accrus de problèmes de santé.

Même s'il est nécessaire d'obtenir des renseignements plus complets sur le profil de santé des délinquants autochtones, on sait d'ores et déjà que les programmes qui comportent un volet relatif aux pratiques spirituelles, à la culture et aux cérémonies traditionnelles portent leurs fruits. Ainsi, la Direction de la santé publique a élaboré, en partenariat avec la Direction des initiatives pour les Autochtones, une Stratégie pour la santé des Autochtones (2009-2012) afin de cerner les besoins en matière de santé des délinquants autochtones et de trouver des approches spécifiques adaptées du point de vue culturel pour y répondre. La Stratégie pour la santé des Autochtones adopte une approche holistique à l'égard de la santé des Autochtones et tient compte des aspects physique, mental, émotionnel et spirituel du délinquant. En outre, elle couvre une gamme de domaines au sein des Services de santé (p. ex., maladies infectieuses, santé mentale et problèmes cliniques).

Comme la prévalence des maladies infectieuses est élevée chez les délinquantes sous responsabilité fédérale et parce qu'elle reconnaît l'importance des programmes destinés spécialement aux délinquantes, la Direction de la santé publique a élaboré la Stratégie en matière de santé mentale pour les délinquantes (2008-2013) qui propose un cadre pour la prévention des maladies infectieuses, les soins, traitements et les services de soutien pour les délinquantes. À court terme, la Direction de la santé publique collaborera avec d'autres secteurs du SCC pour soutenir et améliorer la communication des renseignements en matière de santé actuellement accessibles dans le contexte des programmes destinés aux délinquantes.

A long terme, il faudra consacrer beaucoup de temps à la recherche, à la définition, à l'élaboration et à la mise en œuvre d'une approche plus holistique pour répondre aux besoins en matière de santé des délinquantes. Ce processus sera orienté par un groupe de travail multisectoriel mis sur pied au sein du SCC.

Orientation stratégique n° 5 : Santé environnementale

L'objectif est de s'assurer que les activités de santé publique contribuent aux politiques relatives à la santé environnementale et les appuient.

A l'avenir le Programme de santé publique pourrait jouer un rôle consultatif dans les domaines liés à l'infrastructure, la qualité de l'air et de l'eau, la propreté, les activités physiques et la nutrition pour les détenus. En ce qui concerne la salubrité de l'environnement, cette question cadre avec le mandat des Services techniques et ne fait pas partie actuellement des activités de santé publique au SCC. Toutefois, en ce qui a trait au domaine connexe du nettoyage des établissements, les responsables du Programme de santé publique travaillent en partenariat avec les Services techniques à l'élaboration de lignes directrices relatives au nettoyage et à la désinfection pour les centres de santé du SCC.

Orientation stratégique n° 6 : Compétences en santé publique

L'objectif est de s'assurer que le personnel possède les compétences et les connaissances requises en matière de santé publique.

L'Agence de la santé publique du Canada a cerné 36 compétences essentielles (connaissances, aptitudes et attitudes essentielles) nécessaires à la pratique de la santé publique qui peuvent servir de référence au personnel en charge de la santé publique du SCC.

Les Services de santé regroupent des professionnels de la santé hautement qualifiés qui mettent à contribution leurs compétences pour offrir des résultats optimaux en matière de santé publique aux délinquants et aux collectivités dans lesquelles ils sont mis en liberté. Les occasions d'apprentissage offertes de façon permanente aux employés actuels et nouveaux sont importantes pour s'assurer que ces derniers possèdent l'ensemble de compétences appropriées pour atteindre les résultats prévus de la Stratégie.

Orientation stratégique n° 7 : Visibilité et responsabilisation

Les trois objectifs sont 1) de s'adjoindre la collaboration de partenaires et d'intervenants internes et externes; 2) de diffuser à grande échelle les résultats de la mise en œuvre de la Stratégie et 3) de mettre en place des indicateurs de mesure du rendement à jour ainsi qu'un cadre d'évaluation.

Il est essentiel que toutes les directions des Services de santé - services cliniques, santé mentale, santé publique, politique, planification et amélioration de la qualité - travaillent en collaboration. En consolidant ces liens étroits avec nos collègues des services cliniques et de santé mentale, il sera possible d'enchâsser la promotion de la santé et l'éducation en santé dans leurs activités. L'amélioration de la qualité et les partenaires d'accréditation contribueront à s'assurer que la qualité des services de santé publique satisfait ou dépasse les critères nationaux d'accréditation. Cette collaboration doit être établie à tous les échelons du SCC : à l'échelle nationale, dans les régions et dans les établissements.

Par ailleurs, il est impératif que les activités de santé publique soient assorties de solides liens horizontaux, si nécessaire, avec d'autres partenaires du SCC, et divers secteurs (politiques, sécurité, services corporatifs, ressources humaines, opérations et programmes correctionnels, initiatives pour les Autochtones et délinquantes). Ces liens doivent être à la fois stratégiques et pratiques; c.-à-d., contribuer à accroître l'efficacité des services de santé publique dans les établissements.

La Direction de la santé publique, à l'administration centrale, jouit déjà de partenariats externes avec des ministères fédéraux comme l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC), Santé Canada (plus particulièrement la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits) et Sécurité publique Canada. En 2003, elle a conclu un protocole d'entente avec l'ASPC pour la prestation de conseils spécialisés et de services de soutien technique par rapport à la prévention, au contrôle et à la gestion des maladies infectieuses. Ce protocole d'entente sera remplacé en 2010 par une lettre d'entente interministérielle qui permettra d'élargir les activités de collaboration d'intérêt mutuel, reflétant ainsi une capacité et une compétence accrues du SCC en matière de santé publique.

Par ailleurs, la Direction de la santé publique communique régulièrement avec le groupe de travail fédéral, provincial, territorial sur la santé, le Comité consultatif des soins de santé, le Partenariat fédéral pour les soins de santé et plusieurs organismes non gouvernementaux intéressés par les problèmes de santé publique concernant les délinquants.

Grâce à la mise en œuvre de la Stratégie de santé publique, nous serons en mesure de mettre à contribution le soutien et les conseils de nos partenaires externes et de mettre en commun les pratiques exemplaires. Il y aura aussi peut‑être plusieurs autres occasions de collaborer sur les problèmes de santé gouvernementaux horizontaux et de participer à des efforts conjoints d'intérêt mutuel. Ces partenariats seront aussi encouragés aux échelles régionale et locale, par exemple, avec les responsables de la santé publique et les organismes de services communautaires.

De plus, il sera important de déterminer l'efficacité globale du programme de santé publique au moyen d'une évaluation. Une stratégie de mesure du rendement (SMR) sera élaborée et inclura les éléments suivants : (1) un profil de programme (2) les résultats escomptés ainsi qu'un modèle logique et les responsabilités et (3) les renseignements liés à la surveillance et à l'évaluation qui fournissent une mesure du rendement continue et une stratégie d'évaluation.

L'information relative au rendement issue de la Stratégie de santé publique permettra de s'assurer qu'il existe une obligation de rendre compte des résultats et que la haute direction du SCC connaît ceux-ci. L'évaluation des activités du programme de santé publique est prévue pour 2014.

CONCLUSION

Il est prévu que la Stratégie de santé publique du SCC aura une incidence positive sur le programme de santé publique. Ainsi, elle contribuera à la prestation de services de santé publique plus efficaces et efficients, et, à long terme, à une réduction des coûts liés à la santé des délinquants, à des collectivités plus saines et à une sécurité publique accrue. Il s'agit d'une approche axée sur la collaboration à l'égard de la prestation de services de santé publique aux délinquants, à partir de la date d'admission dans un établissement jusqu'à leur mise en liberté dans la collectivité, qui mettra à contribution l'expertise d'un réseau national de partenaires internes et externes et d'intervenants.

Annexe A : Lien avec les priorités stratégiques du SCC

Voici comment la Stratégie de santé publique est liée aux cinq priorités stratégiques du SCC :

1) Transition en toute sécurité des délinquants admissibles dans la collectivité : Les principales activités de santé publique qui sont maintenues dans la stratégie visent à maximiser la santé des délinquants, contribuant ainsi à la réussite de leur réinsertion sociale et à la santé des collectivités. Les activités de promotion de la santé et d'éducation en santé aident les délinquants à mieux connaître les facteurs qui affectent leur santé et les encouragent à adopter des modes de vie sains. De plus, en mettant l'accent sur la responsabilisation des délinquants sur le plan de la santé, on les aidera à prendre des mesures proactives pour protéger leur santé pour leur bien et celui de leur famille.

2) Sécurité accrue du personnel et des délinquants dans nos établissements : La Stratégie de santé publique renforce la nécessité de mesures de dépistage, de prévention, de contrôle (y compris la vaccination) et de traitement des maladies infectieuses. Toutes ces activités auront pour résultat ultime de réduire la propagation de ces maladies au sein de la population carcérale. L'élaboration de protocoles destinés à tous les secteurs de l'organisation aidera à stabiliser le milieu carcéral dans l'éventualité d'une éclosion de maladies transmissibles ou non transmissibles.

3) Capacité accrue d'intervenir efficacement auprès des délinquants issus des Premières nations et des délinquants métis et inuits : Grâce à la Stratégie de santé publique, on reconnaît qu'il est nécessaire de se pencher sur les questions touchant les délinquants autochtones, c'est pourquoi un cadre de santé pour les Autochtones a été élaboré, en consultation avec la Direction des initiatives pour les Autochtones.

4) Capacité accrue de répondre aux besoins en santé mentale des délinquants : Il y a un lien indirect entre cet objectif stratégique et la Stratégie de santé publique, puisque le matériel de promotion de la santé sera adapté aux délinquants qui présentent des troubles mentaux. La Direction de la santé publique travaillera en étroite collaboration avec les spécialistes de la santé mentale dans la collectivité et les établissements pour que les renseignements répondent aux besoins de ces délinquants et soient mis à leur disposition.

5) Renforcement des pratiques de gestion : La Stratégie de santé publique améliorera les communications internes sur les activités de santé publique en renforçant les liens entre les membres du personnel du SCC. Elle renforcera aussi la gestion des ressources humaines, puisqu'on établira la combinaison appropriée de compétences requises et qu'on aidera les employés à réorienter leurs tâches afin d'obtenir des résultats concrets en matière de santé publique. En outre, la collecte de données sur le rendement appuiera l'obligation de rendre compte et la préparation de rapports sur les résultats. La Direction de la santé publique concevra et mettra en place un cadre de mesure du rendement et une méthode d'évaluation fondés sur la stratégie.