8. L'accompagnement des participants essentiels

2003

Les rapports individuels entre bénévoles et participants essentiels sont l'un des trois piliers du CSR (les autres étant les réunions du CSR et l'alliance). Le fait de passer du temps en tête à tête avec le participant membre favorise souvent la cohésion du groupe, ce qui renforce le CSR. En outre, le CSR constitue pour le participant essentiel un modèle de communauté où les relations interpersonnelles sont saines. C'est pourquoi le CSR doit faire tout son possible pour devenir une communauté modèle dans laquelle les différences sont appréciées, les conflits réglés à l'amiable et l'entraide de rigueur.

Les relations individuelles avec le participant essentiel aident à atteindre les objectifs suivants :

  • donner du soutien/faciliter l'adaptation;
  • nouer des liens d'amitié;
  • instaurer un bon climat pour la résolution de problèmes et de préoccupations;
  • créer une communauté où les rapports interpersonnels sont sains.

A. Des relations fondées sur l'amitié

Les semaines précédant la libération du participant essentiel, le groupe peut prendre le temps de se raconter.

Les membres du groupe peuvent aussi raconter leur histoire en présence du participant essentiel, puisqu'ils s'attendent à ce que sa vie soit un livre ouvert pour le CSR. Chaque semaine, une personne différente peut prendre 20 minutes pour raconter son histoire. Cet exercice favorise aussi la cohésion du groupe.

Les amitiés sont fondées sur la confiance; la tolérance, l'absence de jugement, la fiabilité, le pardon, la gentillesse, la patience, la loyauté, la solidarité et bien d'autres qualités. La plupart de ces qualités s'acquièrent au fil du temps et de l'expérience du conflit et de la résolution de problèmes. Ce qui importe avant tout, c'est que l'amitié favorise l'autonomie, non la dépendance.

B. Responsabiliser (et non rendre dépendant)

Le participant essentiel a des besoins particuliers à son retour dans la société que le CSR doit connaître pour pouvoir l'aider à y répondre. Il faut, par exemple, l'aider à se prendre en charge, et non compter sur le CSR pour s'occuper de ses besoins.

Habituellement, un participant essentiel est resté longtemps en prison. La liberté peut l'intimider. Il a donc grand besoin qu'on l'encourage et qu'on lui « tienne la main ». La tension dynamique entre prise en charge et dépendance doit continuellement être évaluée et ajustée.

Bien des participants essentiels voient leur liberté de mouvement restreinte par une ordonnance du tribunal. Par exemple, ils peuvent ne pas avoir la permission de se trouver seuls dans un parc ou dans certains secteurs de la collectivité. Certains d'entre eux acceptent mal une telle ordonnance et trouvent qu'il s'agit là d'une invasion de leur vie privée. Souvent, ils apprécient la possibilité de sortir faire une promenade à pied avec un membre du CSR.

Lorsque la police ou le tribunal dresse la liste des restrictions imposées par ordonnance, le CSR peut suggérer d'y incorporer certaines dispositions pour tenir compte de ces besoins - pour autoriser, par exemple, certaines activités au participant essentiel sous réserve qu'il soit accompagné d'un bénévole du CSR (comme d'aller dans un parc pour un pique-nique ou autre activité sociale). Dans certaines provinces, la police veut que les « accompagnateurs » désignés se présentent à elle pour recevoir son approbation.

En outre, les bénévoles du CSR doivent faciliter le retour d'un participant essentiel dans un groupe social ou religieux - une église, un club de bridge, une équipe de joueurs de quilles ou de fléchettes, etc. Il est sain de faire partie d'un groupe, mais sous réserve de sensibiliser le chef ou des membres du groupe à la raison de la présence du participant essentiel, à ses antécédents et au risque éventuel qu'il présente.

Dans tout ce qui précède et, en fait, pour toutes les activités du CSR, le participant essentiel doit être incité à faire le plus de choses possible par lui-même et à compter de moins en moins sur le cercle. Cela ne veut pas dire pour autant que le CSR doit être tenu à l'écart en cas de prise de décision ou de résolution de problème. Un bon moyen de conserver son indépendance consiste pour le participant essentiel à consulter sa famille et ses amis sur les questions importantes. C'est là une habileté que le CSR peut l'aider à développer. Toutefois, le CSR doit être prêt à célébrer la nouvelle indépendance acquise comme une victoire sur soi-même.