11. La dissolution d'un cercle de soutien et de responsabilité
2003
A. Jeter un pont vers la collectivité
Le but premier du CSR est de faciliter la réinsertion sociale du participant essentiel. Il peut être utile de se rappeler que le CSR n'est pas la « collectivité » mais un cercle destiné à entourer le participant essentiel et à lui servir temporairement de modèle de vie responsable dans la société.
Les cercles de soutien et de responsabilité forment une communauté qui établit un pont vers la collectivité au sens large. Le CSR est représentatif de la collectivité où il œuvre et l'un de ses objectifs est d'introduire le participant essentiel dans cette collectivité. Le CSR agit comme substitut de la société pendant une période aussi brève que possible. Cela n'empêche pas les liens de se nouer et les amitiés de se lier dans le cercle pour durer longtemps après la dissolution de celui-ci.
Le cercle est comme une famille : il est toujours là pour le participant essentiel mais il doit l'inciter à se prendre en mains, à vivre sainement et en toute sécurité, au lieu de dépendre des autres. Il faut l'inciter à prendre sa place dans la société et à y mener une vie équilibrée sans nuire à quiconque.
Les CSR demeurent en activité le plus souvent pendant un an, parfois beaucoup plus longtemps.
B. Le cycle de vie normal d'un CSR
Au cours de la première année, l'objectif essentiel du CSR est d'aider l'ex-délinquant à réussir sa réinsertion sociale. Le CSR connaît habituellement une période d'activité intense pendant les quatre à six semaines suivant le retour du participant essentiel dans la collectivité. Après quoi, les activités diminuent d'intensité. Les réunions bihebdomadaires ou hebdomadaires deviennent bimensuelles puis mensuelles. Les contacts quotidiens en tête à tête avec le participant essentiel font place à des contacts par téléphone une fois par semaine ou au besoin. Le CSR (dont le participant essentiel fait bien sûr partie) décide de ces changements à l'occasion de ses réunions. L'alliance doit toujours être modifiée en conséquence.
À la fin de la première année, on peut décider que le CSR n'a plus de raison d'être. Il est alors dissout. C'est dans l'ordre des choses. Il arrive que le participant essentiel reste en contact avec certains des bénévoles du cercle une fois qu'il est dissout. Toutefois, la nature des rapports change : ils deviennent plus informels et amicaux. Ces liens d'amitié peuvent durer toute la vie.
C. Prolongement de la vie d'un CSR et renouvellement de l'effectif de bénévole
Dans certains cas, le CSR reste en activité pendant plusieurs années. Des bénévoles de la première heure restent, tandis que d'autres partent et sont remplacés. Il faut parfois moins de bénévoles au fil des années. Certains participants essentiels ont le sentiment de ne pouvoir vivre normalement sans avoir la certitude que leur CSR est toujours là en cas de besoin. Toutefois, il faut prendre soin d'aider le participant essentiel à devenir autonome, et non dépendant. Il importe de garder à l'esprit qu'une dépendance excessive à l'égard d'autrui, sous une forme ou sous une autre, est parfois à l'origine du comportement criminel.
D. Manquement aux conditions de l'alliance et « échecs » du CSR
Comme on l'a mentionné précédemment, l'alliance doit établir les procédures à suivre en cas de manquement de la part d'un membre du CSR. Les bénévoles doivent être des modèles de comportement responsable. Mais personne n'est à l'abri d'un faux-pas. Un bénévole qui ne se montre pas à la hauteur des normes exigées de lui constitue un mauvais exemple pour le participant essentiel.
Un participant essentiel peut avoir de la difficulté à observer les conditions de l'alliance, mais cela n'est pas une raison pour dissoudre le cercle. L'une des raisons d'être du CSR est justement d'apprendre au participant essentiel à vivre de façon responsable. En pareil cas, le CSR peut aussi réexaminer l'alliance pour vérifier si les conditions sont trop exigeantes ou devraient être révisées.
En revanche, lorsqu'un participant essentiel néglige sciemment d'observer les conditions de l'alliance, et n'a plus simplement du mal à tenir ses promesses mêmes après révision des conditions de l'alliance, le cercle peut être tenté de mettre en question son acceptation et son soutien. Car une telle situation ne peut être prise à la légère vu l'engagement du CSR à l'égard de la sécurité publique. Le non-respect systématique des conditions de l'alliance peut entraîner, entre autres conséquences, le désengagement des bénévoles du CSR.
E. Aviser les autorités compétentes
La décision de dissoudre un CSR doit être communiquer aux autorités compétentes dans les cas suivants :
- une ordonnance du tribunal est en vigueur en vertu de l'art. 810 du C.cr.;
- le participant essentiel a amorcé un nouveau cycle de délinquance;
- la sécurité publique est en cause pour une raison ou pour une autre - le tribunal a imposé des conditions particulières au participant essentiel; la situation présente un danger pour la sécurité de la collectivité; le participant essentiel risque clairement de récidiver et de faire une victime; le CSR croit qu'un citoyen, particulièrement s'il s'agit d'un enfant, est en danger ou qu'un nouveau crime va être commis.
Lorsqu'il opte pour la dissolution; peu importe pour quelle raison, le CSR doit se réunir au complet pour une séance-bilan, en présence du participant essentiel dans la mesure du possible. Les membres du comité directeur ou du conseil d'administration du CSR, s'il y a en a, devraient également être présents.
Selon les circonstances, la dissolution d'un CSR peut aussi être l'indice d'un net progrès de la part du participant essentiel. C'est alors l'occasion de célébrer les réalisations de chacun.
- Date de modification :
- 2007-07-11