Andrea Moser

Andrea Moser

Andrea Moser, directrice de la Direction de la recherche du Service correctionnel du Canada (SCC), n'avait jamais envisagé de faire carrière dans les services correctionnels après ses études supérieures.

« Je n'avais pas l'intention – ni l'envie à vrai dire – de faire carrière dans les services correctionnels », explique Andrea, titulaire d'un doctorat en counseling clinique et en psychologie de l'Université York. « Je voulais travailler comme psychologue dans un hôpital, puisque j'avais fait des stages dans ce milieu pendant mon doctorat. »

Mais comme la fin de ses études supérieures a coïncidé avec une récession et des mises à pied massives dans le réseau de santé provincial, et qu'elle souhaitait être avec son mari à Ottawa, Andrea a fait une demande d'emploi au gouvernement du Canada. Elle a reçu un appel de Kingston, où l'on embauchait des psychologues pour le SCC. On lui a par la suite offert un poste au Centre régional de traitement (CRT).

« Au début, je voulais juste faire un essai, confie-t-elle. Je ne connaissais rien au système correctionnel et, comme le citoyen ordinaire, j'avais certaines notions à propos des délinquants et du travail en milieu correctionnel… Je n'y voyais pas un travail à long terme. C'était une façon d'obtenir mon agrément de psychologue et de lancer ma carrière. Je pensais y travailler pendant quelques années. »

Vingt-trois ans plus tard, Andrea est une vétérante du SCC et elle a utilisé ses compétences en recherche dans le domaine des dépendances, particulièrement le traitement des dépendances et la prévention des rechutes, pour faire une brillante carrière au sein du système correctionnel dans plusieurs secteurs opérationnels.

Le saviez-vous?

  • En 2015-2016, la Direction de la recherche du SCC a publié 21 rapports de recherche et 12 résumés de recherche d'une page.
  • Les membres du personnel de la Direction de la recherche ont fait des études dans divers domaines, dont la psychologie clinique, la psychologie judiciaire, la sociologie et la criminologie.
  • Le SCC a des partenariats de recherche avec l'Université de Nipissing, le Centre canadien de lutte contre les toxicomanies et le Centre de toxicomanie et de santé mentale dans le cadre du fonds de recherche externe.

« La dépendance est un domaine controversé. Les gens ont des idées à ce sujet qui ne sont pas nécessairement appuyées par la recherche, et c'est pareil pour le système correctionnel, affirme-t-elle. Beaucoup de ces idées – à propos des délinquants, du châtiment, de la réadaptation – ne concordent pas nécessairement avec les preuves que nous avons... [Et] on contribue à changer les choses, pour la sécurité publique, la réinsertion sociale. On aide les délinquants à réintégrer la société et à ne pas récidiver. C'est un travail utile, et cet aspect est aussi important pour moi. »

Après avoir travaillé au CRT et à l'Établissement de Collins Bay, Andrea s'est jointe à l'administration centrale en 1997. Elle a travaillé pendant 12 ans au sein de secteurs opérationnels comme les programmes de traitement de la toxicomanie et de prévention de la violence, la stratégie anti-drogue du SCC et la santé mentale, avant d'aboutir à la Direction de la recherche, en 2009.

« Je pensais que ce serait un bon changement, qui me permettrait aussi de mettre à profit mes autres compétences, explique-t-elle. J'étais heureuse de revenir à la recherche. La contribution de la recherche est importante, mais elle se manifeste différemment. Elle n'intervient pas dans les opérations, mais elle sert de fondement aux politiques et aux opérations, puisque le SCC est une organisation qui fonde ses décisions sur des données probantes. Cette contribution est donc aussi très utile. »

Les principaux domaines de recherche auxquels Andrea s'intéresse sont la toxicomanie chez les délinquants, les problèmes cooccurrents comme les troubles mentaux et l'ensemble des troubles causés par l'alcoolisation fœtale (ETCAF), les méthodes d'évaluation et l'examen des interventions du SCC en matière de drogues.

« On observe des tendances dans la collectivité, et [on doit comprendre] comment elles se traduisent au sein du SCC, poursuit-elle. Prenons par exemple la dépendance aux opioïdes d'ordonnance et la situation que cela engendre au SCC. Qu'est-ce que ces choses impliquent pour nous? »

Elle souligne quelques recherches importantes menées par la Direction sur des questions liées aux dépendances comme l'ETCAF, dont les études sur les délinquantes touchées par ces troubles, et l'outil de dépistage mis au point avec l'Université du Manitoba. Le fonds de recherche externe du SCC, qui lui permet de former des partenariats avec des universités et des organisations externes pour mener des projets de recherche sur la dépendance et la santé mentale, contribue aussi à faire avancer les travaux dans ce domaine. Il y a notamment une étude sur la prévalence des problèmes de santé mentale chez les femmes et un examen de l'utilisation des psychotropes chez les délinquants.

En 2013, Andrea est devenue directrice de la Direction de la recherche. C'est un « défi », selon elle, qui est imputable en partie à la demande accrue de projets de recherche ponctuels et rapides pour répondre aux réalités de l'environnement opérationnel du SCC, soit 24 heures sur 24.  

« Puisque j'ai travaillé aux opérations pendant la majeure partie de ma carrière, je sais à quel point il est important d'obtenir rapidement des données probantes et exactes. On ne peut pas toujours attendre une étude pendant deux ans [pour prendre des décisions dans le milieu correctionnel], ajoute Andrea. Nous recevons maintenant beaucoup de demandes, peut-être parce que nous avons démontré que nous pouvons fournir l'information requise au moment opportun. »

Selon Andrea, la recherche au SCC est très utile. « La recherche contribue à notre façon de travailler de manière très concrète, ajoute-t-elle. Ainsi, nos méthodes de gestion des délinquants et nos efforts pour assurer leur réinsertion sociale et améliorer la sécurité publique s'appuient sur des études rigoureuses, l'état de nos connaissances évolue constamment, et nous demeurons une organisation qui valorise ces notions. »