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Compendium 2000 des programmes correctionnels efficaces

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CHAPITRE 18

Les programmes pour délinquants violents

RALPH C. SERIN et DENISE L. PRESTON1


Suite à l'importance accordée à l'évaluation du risque depuis une dizaine d'années, on se préoccupe de plus en plus des questions concernant les délinquants violents. Il ne faut donc pas s'étonner que, en plus des changements apportés à l'administration de la peine et à la politique, les administrations correctionnelles veillent maintenant au traitement et à la gestion des délinquants à risque élevé et des délinquants violents. Dans ce chapitre, nous portons notre attention sur les interventions et les programmes pour délinquants violents, qui visent à réduire le risque de récidive. Il est donc important de faire une distinction entre violence et criminalité de sorte que les interventions destinées aux délinquants violents puissent être liées à leurs besoins particuliers en matière de traitement plutôt qu'à la délinquance en général. À ce titre, les interventions visant la délinquance et la criminalité ne sont pas considérées comme suffisantes pour les délinquants violents, ni du point de vue des objectifs du traitement, ni du point de vue des fondements théoriques. Mais cela ne signifie pas que la gestion des délinquants violents ne peut pas s'inspirer des principes applicables au risque et aux besoins que l'on retrouve dans la psychologie du comportement criminel (Andrews & Bonta, 1999).

Pour les besoins de ce chapitre, la délinquance avec violence s'entend du préjudice corporel causé intentionnellement et par malveillance à une autre personne sans justification sociale et qui donne lieu à un conflit avec le système de justice pénale (Blackburn, 1993). Cette définition tient compte du rôle que peuvent jouer la colère ou le fait d'avoir un but à atteindre dans la perpétration de l'infraction avec violence (Buss, 1961; Zillman, 1979). La colère n'est donc pas une condition préalable à la violence des délinquants (Novaco & Welsh, 1989), mais elle représente un antécédent qui leur est commun. Si l'on ne tient pas expressément compte des menaces et du préjudice psychologique dans cette définition, ce n'est pas dans l'intention d'en atténuer les effets nocifs sur les victimes. Il faut également souligner que la définition exclut la violence sexuelle et le comportement d'automutilation, qui est courant chez les délinquants (Sherman & Morschauser, 1989), ces sujets étant traités dans d'autres chapitres de ce Compendium.

DÉFINITION DES DÉLINQUANTS VIOLENTS

La confusion qui règne quant à la façon de définir les délinquants violents a constitué un des principaux obstacles dans leur traitement. Cela vient peut-être du fait que l'on n'a pas su reconnaître les divers types d'individus violents (Serin & Preston, 2001). On décrit habituellement les délinquants violents dans des termes qui ne leur appartiennent pas exclusivement, notamment lorsqu'il est question de condamnations criminelles (p. ex., voies de fait), d'attitudes (p. ex., hostilité), d'émotions (p. ex., colère) et d'infractions dirigées contre des personnes particulières (p. ex., voies de fait contre la conjointe). L'absence de délimitations claires entre les différents types de délinquants violents brouille la reconnaissance des besoins en matière de traitement et, ainsi, trouble la recherche sur l'efficacité des programmes (Serin, 1994). Par exemple, les clients dont la violence est surtout instrumentale ne sont guère susceptibles de tirer profit d'un programme de maîtrise de la colère qui se fonde sur la gestion de la stimulation. Par ailleurs, même si l'on observe des changements mesurables chez un délinquant (p. ex., l'apprentissage des principes de gestion de la colère), il se peut que ces changements ne soient pas à l'origine de réductions des comportements violents, et ce, simplement parce qu'ils ne touchent pas à un facteur criminogène du délinquant en question. Dans le cadre de l'évaluation, un tel programme pourrait être jugé inefficace, alors qu'il ne devrait être considéré inefficace que pour certains types de délinquants violents.

Il y a des travaux qui ont été effectués en vue d'élaborer des typologies pour les délinquants violents. Ces travaux ne sont pas aussi poussés que les travaux de typologie sur les délinquants sexuels (Knight & Prentky, 1990), mais ils n'en pourraient pas moins inspirer les efforts d'élaboration de programmes. Certains ont tenu compte des types d'infraction (Dietz, 1987), et d'autres ont été inspirés d'études cliniques détaillées (Toch, 1969). Plus récemment, le schéma cognitif a été décrit comme potentiellement utile pour différencier les délinquants violents (Novaco & Welsh, 1989). Ces travaux se comparent aux travaux de recherche effectués par Crick et Dodge (1994), qui ont décrit les lacunes sur le plan du traitement de l'information sociale chez les jeunes violents. Tolan et Guerra (1994) ont différencié les jeunes délinquants violents selon leur mode d'utilisation de la violence. Ils ont ainsi établi quatre types distincts : situationnel, relationnel, prédateur et psychopathologique. Plus important encore, ils pensent que ces différents types de violence peuvent être différenciés en fonction de leur prévalence, de leur stabilité, de leur cause et de l'intervention privilégiée. La violence situationnelle incorpore le milieu, les signaux environnementaux et les facteurs sociaux. La violence relationnelle traduit un conflit interpersonnel et incorpore des facteurs psychologiques et des facteurs sociaux. La violence prédatrice est une violence instrumentale ou calculée qui s'insère souvent dans le contexte de la criminalité et des activités de gang. Enfin, la violence psychopathologique, la forme de violence la moins courante, est une violence qui se répète d'un milieu à un autre, principalement à cause des déficits neuropsychologiques de l'individu.

La théorie proposée par Tolan et Guerra (1994) pousse plus loin la recherche antérieure visant à définir les individus violents en liant le type de violence au type d'intervention. Leurs travaux montrent l'utilité d'une intervention différenciée, compte tenu du fait que les délinquants violents présenteront des différences sur les plans de l'apparition du comportement violent, des antécédents, des besoins en matière de traitement et de la réponse au traitement. Bien qu'elle ne soit pas corroborée empiriquement, la théorie offre une importante perspective, qui était absente dans la documentation sur le traitement des délinquants violents.

INCIDENCE

Le Service correctionnel du Canada (SCC) reçoit tous les délinquants adultes condamnés à une peine de deux ans ou plus, quel que soit le type d'infraction. En 1995, la population de délinquants à la charge du SCC, compte tenu uniquement de l'infraction à l'origine de l'incarcération, était constituée de délinquants violents (condamnés notamment pour vol qualifié, meurtre, voies de fait, agression sexuelle) dans une proportion de 78 % (n = 10 983) (Service correctionnel du Canada, 1997). En 1994, le SCC a mis en œuvre une stratégie d'évaluation systématique et automatisée applicable à tous les nouveaux détenus. L'initiative avait pour but de faciliter l'évaluation du risque présenté par les délinquants, la planification de leur traitement ainsi que l'élaboration d'une politique générale. La base de données contient maintenant plus de 16 000 protocoles d'évaluation initiale pour des admissions consécutives. Grâce à ces données, nous pouvons préciser notre définition de la violence pour prendre en compte non seulement l'infraction à l'origine de la peine, mais aussi les antécédents. Si l'on restreint la définition aux délinquants à comportement violent chronique, c'est-à-dire les délinquants dont le dossier judiciaire fait état de trois victimes ou plus, l'incidence passe de 78 % à 35,4 %. En outre, on a calculé un indice de comportement violent chronique en se fondant sur les variables des sept catégories de besoins en matière de traitement que l'on rattache au risque de violence dans la documentation (impulsivité, manque d'empathie, âge à l'apparition de la violence, stabilité du mode de vie, utilisation d'armes, recours aux menaces, risque d'évasion) (Motiuk, Nafekh & Serin, 1999). On a utilisé un point de démarcation d'un écart type au-dessus de la moyenne pour distinguer une cote élevée révélatrice présumée de risque. Des analyses préliminaires au moyen d'un échantillon de 764 délinquants montrent que cet indice permet de prédire avec exactitude la récidive violente (voies de fait graves, vol à main armée, homicide involontaire ou meurtre), les scores plus élevés de l'indice (comportement violent chronique) correspondant à des taux de récidive de 50,5 % par rapport à 15,4 % pour les faibles scores.

Mais la contribution la plus importante est la détermination des besoins en matière de traitement pour un groupe de 2 214 délinquants à comportement violent chronique (DCVC). Ces données laissent penser qu'il est possible de reconnaître les délinquants à comportement violent chronique qui ont de plus grands besoins en matière de traitement et qui présentent un risque de récidive plus élevé. Ces délinquants ont, par rapport à d'autres, des besoins beaucoup plus grands sur les plans de l'emploi, de la famille, des fréquentations, de la toxicomanie, du fonctionnement dans la collectivité, des compétences personnelles ou de la capacité affective, ainsi que des attitudes criminelles. Ces données sont présentées au Tableau 18.1.

TABLEAU 18.1 Proportion de délinquants ayant des difficultés considérables/ressources par catégorie de traitement (n = 12 093)

..
Catégorie de besoins
Non DCVC
(n = 1 967)
Problèmes/Ressources
Autres
(n = 7 912)
Problèmes/Ressources
DCVC
(n = 7 912)
Problèmes/Ressources
.
Emploi
11,8/22,4
28,4/5,6
40,8/1,3
Relations conjugales et familiales
6,5/27,9
22,2/8,0
40,4/1,7
Fréquentations
12,4/21,5
29,6/6,7
40,9/1,5
Toxicomanie
8,4/0
49,1/0
81,1/0
Comportement dans la collectivité
5,0/21,1
11,9/6,6
22,7/3,3
Orientation personnelle et affective
23,7/32,2
61,0/7,7
88,7/1,9
Attitudes criminelles
16,2/21,7
30,2/78,0
48,8/2,6
.

 

BESOINS ET OBJECTIFS EN MATIÈRE DE TRAITEMENT

Dans la documentation qui porte sur les facteurs de risque chez les délinquants à comportent violent ou agressif chronique, on mentionne notamment les problèmes suivants :

  • hostilité (Megargee, 1976)
  • impulsivité (Henry & Moffitt, 1997)
  • toxicomanie (Pihl & Peterson, 1993)
  • troubles mentaux importants assortis de symptômes aigus (Monahan, 1997)
  • personnalité antisociale, psychopathie (Hart & Hare, 1997)
  • lacunes sur le plan du traitement de l'information sociale (Dodge & Schwartz, 1997)
  • mauvais soins donnés par les parents (Patterson, Reid & Dishion, 1992)
  • négligence subie pendant l'enfance (Widom, 1997).

De même, des études post-thérapeutiques (Zamble & Quinsey, 1997) et des études portant sur les problèmes (Rice, Harris, Quinsey & Cyr, 1990) laissent à penser que la colère constitue un important facteur de risque proximal pour l'expression de la violence. Ces résultats montrent la complexité des facteurs qui doivent être pris en considération lorsqu'il s'agit d'élaborer une théorie générale de la délinquance violente, de formuler une théorie sur les cas individuels, et de s'attaquer à la violence par le moyen de l'intervention.

Objets du traitement, ces facteurs peuvent être répartis en différentes catégories et confrontés aux divers types de délinquants violents, de façon à faire ressortir la nécessité d'assortir le contenu des programmes aux besoins des délinquants en matière de traitement. Le Tableau 18.2 présente les cinq catégories ou secteurs de problèmes que la documentation sur les délinquants violents lie à l'expression ou à l'inhibition de la violence, soit :

  • les habiletés (aptitudes sociales et empathie)
  • la stimulation (colère)
  • le schéma de pensée (croyances pro-agressivité et attribution aux autres d'intentions hostiles)
  • l'autocontrôle (impulsivité)
  • l'anxiété (névrose).

TABLEAU 18.2 Catégories de traitement et besoins en matière de traitement pour les différents types de délinquants violents

.
 
Habiletés
(aptitudes sociales,
empathie)
Stimulation
(colère)
Schéma de pensée
(croyances pro-agressivité, attribution aux autres
d'intentions hostiles)
Autocontrôle
(impulsivité, attribution
aux autres d'intentions hostiles)
Anxiété
(névrose)
.
Prédateur
+/?
+
-
-
+
Relationnel
+
+/?
-
-
+
Situationnel
-/?
-
-
-/?
-
Psychopathologique
-/?
-
-
-
-/?
.
Remarque : À titre d'illustration seulement; exige une validation empirique. On part de l'hypothèse que le ciblage d'une catégorie intensifie l'expression de la violence (+), diminue son expression (-), ou a un effet qui n'est pas connu (?).

 

En utilisant les types de délinquants violents proposés par Tolan et Guerra (1994), on peut voir qu'un seul programme de traitement ne peut répondre adéquatement aux besoins de tous les délinquants violents. Par exemple, chez les délinquants dits prédateurs, comme ceux qui commettent des vols qualifiés, on remarque des lacunes en ce qui concerne les habiletés, le schéma de pensée et l'autocontrôle, mais pas sur le plan de la stimulation ni de l'anxiété. Par conséquent, il ne faudrait pas s'attendre à ce qu'une amélioration de la gestion de la stimulation et de l'anxiété chez ces délinquants ait pour résultat l'inhibition de la violence. En effet, selon ce modèle, une intervention visant la gestion de la colère chez les délinquants prédateurs ne réduirait pas la récidive violente parce que la stimulation et l'anxiété n'influencent pas leur recours à la violence. On peut tirer des conclusions semblables pour les autres types représentés dans le modèle, mais un tel cadre conceptuel demande à être validé.

ÉVALUATION DES BESOINS EN MATIÈRE DE TRAITEMENT

Étant donné que l'évaluation reflète généralement les objectifs de traitement rattachés au programme, il est plutôt difficile de décrire l'évaluation des besoins en matière de traitement indépendamment du type de programme. En général, le traitement des délinquants violents met l'accent sur la maîtrise de la colère. Selon cette approche, la violence résulte de l'incapacité du délinquant de reconnaître et de gérer sa colère. Mais comme nous l'avons déjà souligné, la colère n'est pas un antécédent nécessaire ou suffisant à la violence. Outre les aspects d'auto-évaluation de la colère (intensité, durée, fréquence, expression comportementale, déclencheurs), les tests psychologiques relatifs à la colère portent de plus en plus sur la cognition et les interactions interpersonnelles (Novaco, 1994). D'autres tests communément utilisés dans les programmes destinés aux délinquants violents pour déterminer les besoins en matière de traitement incorporent des mesures de l'agressivité (Buss & Perry, 1992), de la désirabilité sociale pour tenir compte d'un éventail de réactions (Paulhus, 1998), de l'impulsivité (Eysenck, Pearson, Easting & Allsop, 1985) et de l'affirmation de soi (McCormick, 1984). Récemment, la mesure de l'état de préparation au traitement, du schéma cognitif consistant en l'attribution erronée d'intentions hostiles, de l'aptitude à la résolution des problèmes de relations humaines, ainsi que des connaissances et des habiletés nécessaires pour prévenir la rechute, a été incorporée aux évaluations des délinquants violents (Preston & Serin, 1999), ce qui cadre avec l'opinion selon laquelle il y a divers types de délinquants violents et que la violence comporte de nombreux aspects.

RISQUE ET INTENSITÉ DU TRAITEMENT

La stratégie visant à déterminer l'intensité du traitement à offrir aux délinquants violents n'est pas bien définie. Les travaux qui ont été effectués dans le domaine général du traitement des délinquants (Andrews, Zinger, Hoge, Bonta, Gendreau & Cullen, 1990; Rice & Harris, 1997) offrent certains principes directeurs. Ainsi, dans la documentation plus générale sur le traitement correctionnel, l'intensité du traitement correspond au risque (McGuire, 1995), de telle sorte qu'il faut prévoir une intervention plus intensive auprès des délinquants à risque élevé pour assurer l'efficacité des programmes (Andrews & Bonta, 1999). Cet ajustement de l'intensité du traitement au risque fait ressortir l'importance de pouvoir compter sur des évaluations du risque fiables et valides dans le cadre de l'évaluation pré-traitement.2

Il s'agit de maintenir un équilibre entre la fréquence et la durée des séances et l'intégrité du programme. La force morale et la santé mentale des cliniciens doivent aussi être considérées, vu les difficultés particulières qu'ils rencontrent auprès de ce groupe de délinquants. Le milieu dans lequel le traitement est offert complique également la question puisqu'il est beaucoup plus difficile de mettre en œuvre des programmes très intensifs dans la collectivité que dans les établissements ou les centres résidentiels.

La durée idéale d'un programme pour délinquants violents devrait être déterminée par la diversité et la sévérité des besoins en matière de traitement plutôt que par les condamnations criminelles. L'utilisation de mesures intermédiaires des résultats du traitement pour en déterminer l'efficacité est au centre de la question (Van Voorhis, Cullen & Applegate, 1995). Mais ces décisions sont généralement déterminées par les exigences opérationnelles plutôt que par une considération de la recherche. Enfin, il n'existe pas de principes directeurs acceptés pour établir quelle durée et quelle dose d'intervention constituent une intensité élevée pour les délinquants (non sexuels) violents. À l'heure actuelle, ces programmes durent de 4 à 6 mois et comprennent un minimum de 135 heures de traitement, bien que certains comportent 240 heures de traitement individuel et de traitement en groupe.

COMPARAISON ENTRE LES PROGRAMMES OFFERTS DANS LES ÉTABLISSEMENTS ET CEUX OFFERTS DANS LA COLLECTIVITÉ

Le manque d'assiduité est une préoccupation majeure pour les interventions dans la collectivité. La mise en œuvre de traitements plus intensifs se révélerait donc problématique dans ce milieu. En outre, le traitement est habituellement donné par des consultants qui ont d'autres exigences de travail à satisfaire. De plus, les délinquants ont des obligations familiales et professionnelles qui limitent leur disponibilité. Il est important de souligner que dans la thérapie multisystémique, la famille est mise à contribution pour faciliter l'intervention, pas pour l'entraver. Il ne faut pas s'étonner que le manque d'assiduité et la non-exécution des travaux individuels soient sensiblement plus marqués dans le cas des interventions dans la collectivité (Michenbaum & Turk, 1987). Une dernière préoccupation au sujet des programmes communautaires concerne la façon de s'y prendre avec les délinquants violents qui présentent un risque élevé, surtout si leur participation au programme est essentiellement involontaire, si leur rendement est faible, ou si l'organisme se voit dans l'impossibilité de refuser le délinquant.

Les programmes en établissement, quant à eux, permettent aux cliniciens d'avoir plus de maîtrise sur les délinquants et d'obtenir une plus grande adhésion; l'assiduité et la ponctualité étant toutefois bien loin de la perfection. En outre, les programmes sont offerts avec plus de souplesse, notamment dans le cas des programmes de longue durée, de ceux qui nécessitent des séances fréquentes ou de ceux qui doivent être offerts le matin ou en après-midi. Les programmes en établissement peuvent aussi utiliser le traitement par le milieu ou l'économie de jetons, ou les deux formules, qui sont spécialement axées sur la motivation du délinquant (Agee, 1979). De plus, les programmes en établissement semblent insister de plus en plus sur les situations à risque élevé comme un aspect important du traitement. L'application de la méthode de prévention de la rechute au traitement des délinquants violents est une formule séduisante, mais il y a très peu de justifications empiriques à son utilisation sans réserves avec les divers types de délinquants violents.

Un désavantage des programmes en établissement ou à l'interne réside dans le fait que les effets du traitement se généralisent rarement d'un milieu à un autre (Quinsey et al., 1998). C'est donc dire qu'un avantage du traitement dans la collectivité ou à l'externe est représenté par l'occasion de pratiquer in vivo de nouvelles habiletés. C'est peut-être pour cette raison que pour d'autres types de programmes, le traitement dans la collectivité a produit de meilleurs résultats (Robinson, 1996), tout en s'avérant moins coûteux.

RÉSISTANCE AU TRAITEMENT

Une dernière considération dans l'élaboration des interventions pour les délinquants violents concerne les caractéristiques interpersonnelles de ces derniers. Dans l'examen de la question de l'intensité du traitement, nous avons fait remarquer que les délinquants violents constituent un groupe difficile. En particulier, les descriptions des délinquants à comportement violent chronique font générale-ment état d'une résistance au traitement.3 La résistance et l'attrition posent des problèmes d'ordre pratique et méthodologique et ont des répercussions sur l'efficacité du traitement. Par conséquent, ceux qui interviennent auprès des délinquants à comportement violent chronique doivent tout mettre en œuvre pour amener ces derniers à s'investir dans le traitement. Se rattachent à ces efforts, des modes d'exécution du traitement qui permettent de maximiser les chances de voir ces individus modifier leur comportement de façon significative.

Afin d'aider les clients à faire pencher leur «équilibre motivationnel» vers les avantages d'un changement par rapport à ceux que comporte le statu quo, les thérapeutes devraient opposer aux vues des clients les conséquences probables du maintien de leur comportement par rapport aux avantages potentiels d'un change-ment. Il peut s'agir d'effectuer une analyse des avantages et des désavantages à court et à long terme que représente leur participation et leur non-participation à un programme de traitement à l'intention des délinquants violents. L'analyse en question devrait tenir compte des perspectives des délinquants, de leur famille et de leurs proches, des amis, des victimes, des familles des victimes et des autres proches, et de la société en général. Cette méthode aide les délinquants à voir la contradiction entre leur comportement et des objectifs personnels importants (Preston & Murphy, 1997). L'utilisation de la divulgation et de comptes rendus de réflexion s'est également avérée importante avec les délinquants violents, mais ces derniers offrent souvent de la résistance lorsqu'ils cette méthode leur est présentée.

QUESTIONS CONCERNANT LE THÉRAPEUTE

En plus des caractéristiques générales et acceptées applicables à un personnel de programme considéré comme efficace, c'est-à-dire juste, mais ferme (Andrews & Bonta, 1999), des recherches récentes sur les délinquants font ressortir le fait que les caractéristiques du thérapeute jouent un rôle dans l'efficacité du traitement et ses résultats (Fernandez, Serran & Marshall, 1999). Ces chercheurs ont constaté que l'empathie et les caractéristiques connexes chez les thérapeutes permettent de savoir si un délinquant a assumé la responsabilité de son crime. En outre, le style de prestation et les compétences du thérapeute prédisaient la participation du groupe. Bien qu'elles soient préliminaires, ces données sont encourageantes en ce qu'elles indiquent que les qualités et les compétences du thérapeute sont liées à divers aspects des effets positifs du traitement. De même, le fait de relier les profils de risque et de besoins des délinquants aux compétences du thérapeute est à la base de la réceptivité.4 Enfin, la présentation de programmes à des délinquants violents qui opposent de la résistance est une tâche épuisante sur le plan émotionnel, et il faut donc tenir compte des exigences applicables à la sélection et à la formation du personnel, à la conservation du personnel et au maintien de ses compétences pour assurer l'intégrité totale du traitement et l'efficacité des programmes.

PROGRAMMES DE TRAITEMENT

Il devrait maintenant être clair que les interventions auprès des délinquants à comportement violent chronique doivent faire appel à plusieurs méthodes et tenir compte des facteurs de risque proximaux (individuels) et distaux (sociaux, culturels, familiaux) liés à la violence. Les facteurs distaux nécessitent des interventions primaires et secondaires, tandis que les facteurs proximaux ont été traités par des programmes tertiaires d'intervention. Tolan et Guerra (1994) offrent une excellente étude des interventions primaires et secondaires auprès des jeunes violents. Nous n'examinerons donc que les programmes tertiaires d'intervention pharmacologique et psychologique.

INTERVENTIONS PHARMACOLOGIQUES5

À l'heure actuelle, aucun médicament n'a encore été mis au point ou approuvé spécialement pour le traitement des comportements violents. Plusieurs classes de psychotropes ont cependant été utilisées avec un certain succès pour des types particuliers d'individus violents. On a utilisé des antidépresseurs pour traiter des enfants et des adolescents chez qui on avait diagnostiqué une dépression, de l'agitation et de l'hyperactivité avec déficit de l'attention, ainsi que des adultes qui avaient un comportement violent à cause d'une dépression, de troubles de la personnalité, de lésion cérébrale, de démence et de schizophrénie. Cependant, on a vu augmenter le risque suicidaire ou l'agressivité chez des patients qui avaient été traités au moyen d'antidépresseurs.

Le lithium, un médicament utilisé principalement dans le traitement de la maladie affective bipolaire, s'est avéré efficace pour réduire la violence chez des enfants et des adolescents qui présentaient un trouble de conduite et un dysfonctionnement épisodique du comportement, et chez des enfants, des adolescents et des adultes qui présentaient un retard de développement. Il a aussi permis de réduire la violence chez des adultes souffrant de lésion cérébrale, de troubles de la personnalité et de schizophrénie, et chez d'autres qui étaient atteints du trouble schizo-affectif et du trouble thymique organique.

À cause de leur action sédative, les antipsychotiques sont utilisés principalement pour la gestion immédiate du comportement violent, résultant habituellement d'une psychose passagère. Ce type de violence peut être lié à des idées délirantes, à des hallucinations ou à un trouble de la pensée. Les antipsychotiques ne sont pas recommandés pour la gestion à long terme du comportement violent parce qu'une sédation prolongée affecte profondément la qualité de vie du patient, risque d'exacerber son dysfonctionnement comportemental ainsi que sa rage et sa violence, et que des effets secondaires neurologiques graves y sont associés. On attribue ces effets au non-respect de la médication.

Les anxiolytiques ou sédatifs sont aussi utilisés principalement pour la gestion immédiate du comportement violent. Parce qu'ils haussent les seuils épileptogènes et qu'on leur attribue peu d'effets secondaires, ils représentent souvent le médicament de choix dans les situations d'urgence. Leur efficacité a été démontrée chez des individus manifestant un comportement violent à la suite d'un sevrage alcoolique et d'une psychose aiguë, et d'autres affichant une excitation maniaque et des mouvements d'humeur épisodiques.

Les anti-hypertenseurs ont réduit l'agressivité et l'impulsivité chez des enfants et des adolescents qui souffraient du trouble explosif intermittent, du trouble de conduite et du trouble déficitaire de l'attention. Ils se sont aussi avérés efficaces chez des adultes présentant des déficits neurologiques, le syndrome cérébral organique et chronique et une déficience mentale. Ils ont moins d'effets neurologiques secondaires que les antipsychotiques, et ils peuvent donc être mieux tolérés par les individus qui sont atteints de troubles mentaux organiques.

Il a été démontré que les antispasmodiques avaient eu un effet sur le comportement agressif de personnes souffrant de lésion cérébrale, en particulier celles dont l'électroencéphalogramme était anormal. Ils ont réduit l'agressivité chez certains patients atteints de démence, chez d'autres qui présentaient un retard de développement, et d'autres qui souffraient de troubles mentaux organiques ou de problèmes de contrôle des impulsions.

Bien que les rapports au sujet de l'effet des médicaments sur les comportements violents soient encourageants, les recherches dont il est question comportent de nombreuses faiblesses méthodologiques, y compris des échantillons trop petits, l'absence de groupes témoins, le manque d'essais à double insu, le non-respect du protocole expérimental et l'inexactitude des diagnostics. En outre, bien que les médicaments puissent avoir une incidence sur certaines causes biologiques de comportements violents, à eux seuls, ils parviennent rarement à réduire la violence à long terme. C'est surtout dû au fait que les médicaments ne peuvent pas éliminer les nombreuses causes psychosociales de la violence. Il est évident que dans le cas de ceux dont le comportement violent peut être attribué en partie à une cause biologique, une approche intégrée faisant appel à la fois aux interventions pharmacologiques et aux interventions psychologiques serait des plus efficace. Mais la grande majorité des délinquants violents n'auraient pas besoin d'un traitement pharmacologique ni n'en bénéficieraient. Dans leur cas, les interventions psychologiques devraient avoir une certaine utilité.

INTERVENTIONS PSYCHOLOGIQUES

Les cas exposés dans les études sur de jeunes délinquants et des délinquants adultes mettent sans cesse en évidence l'importance relative de la modification du comportement, de l'entraînement cognitif et comportemental et de l'entraînement aux habiletés sociales pour réduire le comportement antisocial, et dans certains cas, la violence. La psychothérapie et le service social individualisé ne se sont pas avérés efficaces pour réduire le comportement antisocial (Kazdin, 1993; Quinsey et al., 1998). Dans la documentation sur les jeunes, ce sont des programmes multidimensionnels comme ceux qui mettent à contribution les systèmes familiaux qui ont eu le plus grand effet, mais des facteurs comme l'intensité et le nombre de cas viennent souvent brouiller les résultats (Tolan & Guerra, 1994).

Lorsqu'elles existent, les descriptions de programmes pour les délinquants violents amènent à conclure que les clinicians définissent différemment des interventions similaires. Ainsi, certains programmes sont décrits comme des programmes d'entraînement aux habiletés sociales alors que les programmes en question visent plusieurs composantes différentes, par exemple l'affirmation de soi, la maîtrise de soi (réduction de la stimulation) et l'angoisse sociale. Dans ces études, on avance des hypothèses qui lient théoriquement le manque de compétences sociales des patients à un comportement violent. Bien que ces objectifs s'insèrent probablement tous dans un ensemble de déficiences sur le plan des compétences de communication, il n'est pas possible d'établir que tous les délinquants violents sont également déficients dans ces domaines (Henderson, 1989).

Les programmes de gestion ou de maîtrise de la colère représentent la catégorie de programmes la plus courante pour les délinquants violents. Alors que les composantes particulières du traitement sont quelque peu différentes d'un programme et d'un milieu à un autre, elles sont généralement axées sur les niveaux de stimulation et sur la pratique d'autres modes de pensée. Les composantes portant sur l'immunisation contre le stress (Novaco, 1975) et les pensées irrationnelles (Thérapie du comportement rationnel -- Ellis, 1977) ont été incorporées dans ces programmes, bien qu'on ne sache pas très bien laquelle contribue le plus aux effets positifs du traitement, ou de quelle manière elles peuvent interagir.

Les programmes d'immunisation contre le stress considèrent :

  • la connaissance de la hiérarchie des signes de colère chez les individus;
  • la relation entre les auto-observations et le niveau de colère;
  • un modèle de colère et la mesure des paramètres (intensité, durée, fréquence, conséquences sur le comportement);
  • un réexamen des situations qui provoquent la colère;
  • des mécanismes d'adaptation autodidactiques;
  • la thérapie de relaxation pour réduire le niveau de stimulation et faciliter la maîtrise de soi;
  • la pratique d'habiletés.

Toutes ces stratégies visent à réduire le niveau de stimulation d'un individu. En effet, on pense qu'une stimulation accrue correspond à une maîtrise réduite de la colère. La réduction de la stimulation fait appel à une relaxation systématique, à la distraction ou à des techniques de visualisation (bien que selon notre expérience, les délinquants se sentent mal à l'aise dans la pratique de la maîtrise). Le fait d'apprendre à reconnaître et à maîtriser la stimulation réduit les risques de réactions agressives dans ce que l'on voit comme des situations de conflit. On a incorporé de plus en plus les habiletés de communication et d'affirmation de soi dans cette approche, bien que les éléments de base soient la préparation cognitive ainsi que l'acquisition et la pratique d'habiletés.

La Thérapie du comportement rationnel insiste plus particulièrement sur le rôle des cognitions, notamment des croyances irrationnelles, dans la stimulation de la colère et le maintien de son niveau. On apprend aux délinquants que leurs croyances irrationnelles contribuent à stimuler davantage la colère et, ainsi, à précipiter les comportements agressifs. L'intervention vise le rapport entre les pensées et les sentiments et encourage les délinquants à réfuter les croyances irrationnelles, ce qui permet vraisemblablement de réduire les risques de comportements violents.

De façon implicite, la prolifération des programmes de maîtrise de la colère sous-entend que la colère ressentie par les délinquants violents dépasse le niveau de la colère qu'éprouvent les délinquants non violents. Ainsi, en diminuant le niveau de la colère, on pourrait s'attendre à une baisse optimale de la fréquence et de l'intensité des comportements violents. Or, il s'agit là d'une notion bien curieuse compte tenu du fait que la violence est relativement peu fréquente, qu'elle ne peut être mesurée avec fiabilité et qu'elle semble souvent motivée par d'autres raisons que la colère (Henderson, 1984). Dans les programmes plus récents, on inclut maintenant la pratique d'habiletés telles que les aptitudes sociales, l'affirmation de soi, la résolution de problèmes et l'empathie.

De façon à pouvoir élaborer des modèles de travail pour l'évaluation et l'intervention, on a catégorisé les mesures de traitement en les rattachant soit à l'autocontrôle, soit au traitement cognitif. Ces deux approches suggèrent que dans la majorité des cas, la violence peut être attribuée soit à un niveau de stimulation élevé ou à un mauvais autocontrôle, soit à un manque d'aptitude à la résolution de problèmes dans le contexte de situations de conflit.

Stratégies d'autocontrôle

Certains auteurs ont incorporé plusieurs des composantes indiquées ci-après dans un système plus complet (Goldstein & Keller, 1987), mais les objectifs de traitement clés sont les suivants :

  • les techniques de réduction de la stimulation (Levey & Howells, 1990);
  • l'acquisition d'habiletés en matière de relations interpersonnelles (p. ex., les aptitudes sociales, l'affirmation de soi, la résolution de problèmes (Guerra & Slaby, 1990);
  • les distorsions cognitives (Ellis, 1977; Rokach, 1987).

Dans divers établissements pénitentiaires et diverses populations carcérales, on a recueilli des informations qui justifient l'application de la thérapie de relaxation ou du traitement d'immunisation contre le stress pour les problèmes de maîtrise de la colère (Hughes, 1993; Hunter, 1993; Kennedy, 1990; Rokach, 1987; Schlichter & Horan, 1981; Serin & Kuriychuk, 1994; Stermac, 1987). Cependant, il n'est pas possible d'établir que les stratégies de réduction de la stimulation sont nécessairement supérieures à l'acquisition de compétences (interactions sociales, résolution de problèmes ou habiletés d'adaptation). Il faudra effectuer d'autres recherches avant de pouvoir tirer des conclusions concernant les effets différentiels des composantes des programmes types de maîtrise de la colère.

Certains programmes sont axés sur l'impulsivité, mais ils semblent refléter une stratégie de résolution de problèmes comportant un délai ou un temps de réflexion, comme dans l'entraînement à l'auto-apprentissage (Camp, Blom, Herbert & Van Doorninck, 1977). Une application nouvelle a été l'utilisation par Rokack (1987) d'un temps de réflexion forcé dans le cadre d'un processus d'examen de situations sociales simulées, de telle sorte que le temps de réflexion puisse inhiber l'expression de pensées négatives et faciliter le déclenchement d'autres réactions d'adaptation.

Stratégies de traitement cognitif

Novaco et Welsh (1989) décrivent l'importance des évaluations et des attentes dans l'observation des événements potentiellement provocateurs et l'activation d'une réaction agressive. Les croyances préalables ou schéma cognitif influencent le traitement automatique de l'information, qui n'est qu'une forme de traitement cognitif. Des recherches effectuées auprès de délinquants adultes ont indiqué des pensées irrationnelles (Ford, 1991) et des attributions erronées (Serin, 1991) chez les délinquants violents. De même, Meloy (1988) a fait une distinction entre la violence de type affectif et la violence prédatrice, ce dernier type de violence suggérant un schéma de pensée déficient ou des lacunes sur le plan du traitement de l'information. Des recherches dans le domaine de la violence juvénile ont fait ressortir le rôle critique joué par les lacunes sur le plan du traitement de l'information dans la détermination et le maintien du comportement agressif (Crick & Dodge, 1994). On a constaté que les jeunes délinquants à comportement agressif présentaient des déficiences sur le plan des aptitudes à la résolution des problèmes de relations humaines, et qu'ils épousaient beaucoup de croyances contribuant à l'agressivité. Plus particulièrement, ils sont enclins à définir les problèmes de manières hostiles, à adopter des objectifs hostiles, à rechercher moins d'informations confirmatives, à trouver moins de solutions de rechange, à anticiper moins de conséquences aux solutions agressives, et à opter pour des solutions qui sont moins efficaces.

Si l'on peut trouver plusieurs exemples de ces efforts dans la documentation sur l'apprentissage développemental pour les jeunes délinquants à comportement agressif (Feindler, Marriot & Iwata, 1984; Hains, 1989), l'effort le plus ambitieux en ce qui concerne les jeunes délinquants a décrit l'utilité d'une stratégie de résolution de problèmes axée sur les raisonnements erronés (Guerra & Slaby, 1990). La formation cognitive sur la médiation visait particulièrement les déficits déjà indiqués par Slaby et Guerra (1988). Ceux qui connaissent bien la psychologie de la conduite criminelle (Andrews & Bonta, 1993) noteront qu'il s'agit d'une application particulière de ciblage de la pensée qui maintient le comportement criminel violent.

EFFICACITÉ DES PROGRAMMES

Plusieurs études ont examiné l'efficacité des interventions cognitivo-comportementales à l'intention des délinquants adultes à comportement agressif. Hunter (1993) a offert un programme de gestion de la colère d'une durée de 10 semaines à 28 détenus qui manifestaient une tendance à la violence interpersonnelle avec un groupe témoin de 27 détenus. La méthode d'intervention comprenait la relaxation, la gestion du stress, la résolution de conflits et la thérapie cognitive, cette dernière visant les schémas de pensée erronés (pensées hostiles ou agressives), les croyances irrationnelles et les dialogues intérieurs à caractère négatif. Les délinquants des deux groupes ont rempli avant et après le traitement un questionnaire d'auto-évaluation portant sur la personnalité, les cognitions, le comportement et la désirabilité sociale, et les chercheurs ont consigné d'autres indices comportementaux, y compris les infractions disciplinaires. Hunter a constaté que les délinquants qui avaient reçu le traitement avaient bénéficié d'effets significatifs, grâce à des auto-évaluations de leurs comportements, par rapport aux délinquants du groupe témoin. Cependant, il n'existe pas de données de suivi, et l'échantillon total n'est constitué que de 55 délinquants.

Hughes (1993) a, pour sa part, offert un programme de gestion de la colère d'une durée de 12 semaines à 52 détenus adultes. Ces derniers ont été comparés à un groupe témoin composé de 27 délinquants qui avaient abandonné le programme après une ou deux séances ou qui, pour une raison ou une autre, avaient choisi de ne pas y participer. Ce programme, décrit à la fois comme éducatif et expérimental, incluait la relaxation, la formation en matière d'affirmation de soi, la résolution de problèmes et la thérapie rationnelle-émotive. Les délinquants qui ont reçu le traitement ont été soumis à un certain nombre de tests d'autoévaluation avant et après le traitement. Également dans le cas du groupe de délinquants traités, Hughes a effectué des évaluations du comportement dans le cadre de séances de jeux de rôles avant et après le traitement. Les délinquants faisant partie du groupe témoin ont été soumis à des tests d'auto-évaluation avant le traitement seulement. Hughes a tenté de recueillir des données après le traitement auprès des délinquants du groupe témoin, mais peu d'entre eux ont accepté de subir les tests. Enfin, quatre ans après l'exécution du programme, il a recueilli les notes d'évaluation du personnel concernant la capacité des délinquants traités de faire face à la colère, à l'anxiété et à diverses situations difficiles, et il a obtenu des données sur la récidive. Hughes a constaté que les délinquants qui avaient reçu le traitement en avaient tiré des effets bénéfiques quant à leur niveau de colère et leurs croyances irrationnelles, ainsi que dans les séances de jeux de rôles. Aucune différence n'a toutefois été notée entre le taux de récidive du groupe traité et celui du groupe témoin.

En utilisant un échantillon de 37 détenus, Kennedy (1990) a comparé l'efficacité relative d'un traitement d'immunisation contre le stress avec un traitement d'habiletés comportementales. Les délinquants ont dû remplir plusieurs questionnaires d'autoévaluation avant et après le traitement. Kennedy a aussi procédé aux évaluations pré-traitement et post-traitement des comportements observés dans le cadre de jeux de rôles structurés. Elle a aussi examiné les dossiers des délinquants à la recherche de rapports d'incident pertinents. Elle a constaté qu'à la suite du traitement, les délinquants avaient ressenti des effets bénéfiques à plusieurs points de vue. Elle a également fait une évaluation intérimaire des effets positifs du traitement, ce qui lui a permis de remarquer que l'ordre de présentation des différents volets du traitement n'influait pas sur ces effets. Les plus grands progrès ont été réalisés au cours de la première étape du traitement, peu importe la nature du traitement offert à cette étape.

Un programme correctionnel intensif d'une durée de deux ans donné dans l'État du Vermont et mettant l'accent sur la pensée criminelle chez les délinquants violents a montré une réduction de la récidive violente par rapport à un groupe de délinquants non traités (Bush, 1995). Parmi les innovations que comporte le programme, mentionnons l'utilisation d'un milieu thérapeutique, l'utilisation de «comptes rendus de réflexion» ainsi que le recours à du personnel auxiliaire (agents de correction qualifiés). Le programme est maintenant offert depuis neuf ans, et un service d'aide postpénale dans la collectivité y a été ajouté.

L'intervention de Guerra et Slaby (1990) consistait à répartir aléatoirement un échantillon de 120 adolescents à comportement agressif, divisé également entre les deux sexes, entre un groupe qui suivrait une formation cognitive sur la médiation d'une durée de 12 semaines, un groupe qui ferait l'objet d'une attention sans pour autant recevoir de traitement, et un groupe témoin. Les évaluations pré-traitement et post-traitement incluaient l'évaluation des cognitions sociales (croyances au sujet de l'agressivité) et des comportements, ainsi que des auto-évaluations. Les effets positifs post-traitement manifestés par le groupe traité (selon les observations d'évaluateurs neutres) consistaient en l'amélioration des habiletés de résolution des problèmes de relations humaines, la baisse de l'adhésion aux croyances pro-agressivité et la diminution des comportements agressifs. La période de suivi pour l'analyse de la récidive était de 24 mois. À la suite de cette recherche, les chercheurs ont conclu que les facteurs sociocognitifs influencent les comportements agressifs. Or, le taux de récidive des sujets traités, quoique inférieur, ne présentait pourtant pas une différence significative par rapport aux taux des deux autres groupes.

Le Service correctionnel du Canada a commencé l'évaluation de son Programme de maîtrise de la colère et des émotions (Dowden, Blanchette & Serin, 1999). Selon les données recueillies au sujet de la récidive chez les 110 détenus qui composent l'échantillon, ceux-ci ayant été choisis en fonction de leur niveau de risque, de leur âge et de l'infraction à l'origine de leur incarcération, et ayant suivi le Programme, ce dernier est efficace. Ce sont les délinquants à risque plus élevé qui en ont bénéficié le plus avec une diminution de 69 % de la récidive non violente et une diminution de 86 % de la récidive violente; les deux groupes présentant cependant une différence quant à l'intervalle d'exposition au risque. De plus, les scores relatifs aux changements qui figuraient dans plusieurs auto-évaluations étaient liés de façon importante aux effets post-traitement. Les analyses ultérieures (Dowden & Serin, sous presse) ont révélé que ceux qui ont abandonné le programme ont un taux de récidive violente huit fois plus élevé que les délinquants qui ont suivi le traitement en entier (40 % c. 5 %) et deux fois celui du groupe témoin (40 % c. 17 %). On a par ailleurs remarqué une corrélation significative entre un facteur de mesure de l'efficacité des programmes nouvellement créé et le taux de récidive (r = 0,32, p < 0,01), et une analyse de régression a fait apparaître une corrélation proche de la signification statistique. Finalement, une comparaison de 41 paires de délinquants, appariés en fonction de leur âge, de leur niveau de risque et de leur participation antérieure à des programmes, a permis de constater que le taux de récidive du groupe témoin était trois fois supérieur à celui des délinquants qui avaient reçu le traitement. Cette différence n'était cependant pas statistiquement significative.

Enfin, en 1996, le Service correctionnel du Canada a élaboré un programme pilote de traitement intensif à l'intention des détenus adultes à comportement violent chronique (Serin, 1995). Ce programme intensif comprend quatre séances de groupe et une séance individuele par semaine, pour une durée de 16 semaines. Le traitement est offert par deux membres du personnel, soit un psychologue agréé, titulaire d'un doctorat, et un thérapeute, diplômé au niveau du baccalauréat. Fondés sur l'examen de la documentation existante en la matière, les objectifs du traitement visent la motivation du délinquant à suivre le traitement et à changer ses comportements, les croyances pro-agressivité, les distorsions cognitives, la gestion de la stimulation, l'impulsivité, la résolution de conflits, la résolution de problèmes, l'affirmation de soi, l'amélioration de l'empathie et la prévention de la rechute. Un protocole d'évaluation exhaustif, faisant appel à plusieurs méthodes, a été élaboré, et les données préliminaires dont on dispose (Preston & Serin, 1999) confirment les modestes effets positifs mesurés par la batterie de tests et les évaluations de comportement. Des analyses plus détaillées des résultats seront effectuées prochainement. Ce protocole est résumé au Tableau 18.3. Le cadre conceptuel du programme a été adapté à des fins de mise en œuvre dans un grand nombre d'unité opérationnelles du SCC, sous l'égide du Programme de prévention de la violence (Bettman, 1999).

TABLEAU 18.3 Protocole d'évaluation des besoins des délinquants violents en matière de traitement (tiré des programmes pour DCVC)

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Catégorie Échelle Type d'évaluation Pré- ou
pré- & post-
traitement
Séances de groupe ou individuelles
.
Intelligence Shipley Institute of Living Scale Auto-évaluation Pré- de groupe
Risque Échelle d'ISR Dossier Pré- Sans objet
Motivation URICA Auto-évaluation pré- et post- de groupe ou individuelles
Motivation État de preparation au traitement Évaluation de comportement pré- et post- individuelles
Colère Échelle de reaction à la provocation Auto-évaluation pré- et post- de groupe ou individuelles
Colère Réactions face aux situations hostiles Auto-évaluation pré- et post- de groupe ou individuelles
Agressivité Raisons de l'agressivité Auto-évaluation pré- et post- de groupe ou individuelles
Agressivité Questionnaire sur l'agressivité Auto-évaluation pré- et post- de groupe ou individuelles
Agressivité Esquisses de caractère Évaluation de comportement pré- et post- Individuelles
Impulsivité Eysenck I7 Auto-évaluation pré- et post- de groupe ou individuelles
Anxiété Welsh Anxiety Scale Auto-évaluation pré- et post- de groupe ou individuelles
Attachement Questionnaire sur le style de relations Auto-évaluation pré- et post- de groupe ou individuelles
Empathie Capacité d'empathie Évaluation de comportement pré- et post- individuelles
Empathie Indice de réactivité interpersonnelle Auto-évaluation pré- et post- de groupe ou individuelles
Désirabilité sociale Paulhus Deception Scales Évaluation de comportement pré- et post- de groupe ou individuelles
Personnalité Questionnaire sur les
reactions personnelles
Auto-évaluation pré- et post- de groupe ou individuelles
Personnalité Comportement interpersonnel Évaluation de comportement pré- et post- individuelles
Criminalité Répertoire des attributions criminelles Auto-évaluation pré- et post- de groupe ou individuelles
Effets positives du traitement Efficacité du traitement Évaluation de comportement post- individuelles
.

Le Tableau 18.4 donne un aperçu de ces programmes. Il faut souligner que quelques effets positifs sont signalés pour tous les programmes, mais que peu offrent la rigueur nécessaire (c.-à-d., groupes témoins) pour conclure que l'intervention auprès des délinquants adultes violents réduit la récidive violente. De même, le rapport entre la réponse au traitement et la dangerosité ultérieure reste à démontrer empiriquement. On a proposé que le traitement soit reconceptualisé en mécanisme amélioré de gestion du risque au moyen d'une intervention continue dans la collectivité (Serin, 1998)

TABLEAU 18.4 Sommaire des études sur les résultats du traitement des délinquants adultes violents

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Étude Sujets Description du traitement Évaluation Résultats
Rokach (1987) 51 détenus traités, groupe témoin de 44 délinquants avec antécédents de crime violent et problèmes de colère (auto-évaluation) maîtrise de la colère, interventions cognitivo-comportementales, court terme (27 h.), séances de groupe renvois non aléatoires, groupe témoin partiellement apparié, tests d'auto-évaluation pré- et post- traitement, entrevues post-traitement, aucune donnée sur la récidive positifs compte tenu des effets du traitement, aucune donnée sur la récidive
..
Stermac (1987)

délinquants renvoyés au METFORSa pour une évaluation psychiatrique, 20 traités et groupe témoin de 20 délinquants ayant des problèmes de colère

maîtrise de la colère, interventions cognitivo-comportementales, court terme (12 h.), séances de groupe

affectation aléatoire, groupe témoin, auto-évaluation pré-et post-traitement, aucune donnée sur la récidive

quelques résultats positifs compte tenu des effets du traitement, aucune donnée sur la récidive

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Kennedy (1990)

détenus sous responsabilité provinciale, renvoi pour maîtrise de la colère, 19 traités et groupe témoin de 18 délinquants

maîtrise de la colère, interventions cognitivo-comportementales, court terme (60 h.), séances de groupe

non aléatoire, traitement différé du groupe témoin non apparié, auto-évaluation pré- et post-traitement, évaluation de comportement à l'insu dans des séances de jeux de rôles, suivi de 2 mois pour évaluer les inconduites en établissement

positifs compte tenu des effets du traitement, et conclusions variables en ce qui concerne les inconduites en établissement

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Rice, Harris, & Cormier (1992)

176 délinquants traits (troubles mentaux) et groupe témoin de 146 délinquants appariés avec antécédents

2 ans de communauté thérapeutique intensive, thérapie de groupe, 80 h./semaine

non aléatoire, groupe témoin apparié, suivi rétrospectif de 10 ans pour mesurer la récidive générale et violente

pas d'effets importants dans l'ensemble, mais les psychopathes traités présentaient des taux d'échec plus élevés que les psychopathes non traités
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Hughes (1993) détenus sous responsabilité fédérale, 52 traités et groupe témoin de 27 délinquants avec antécédents de crime violent interventions cognitivo-comportementales, maîtrise de la colère, court terme (24 h.), séances de groupe

non aléatoire, groupe témoin non apparié, auto-évaluation pré-et post-traitement, jeux de rôles, évaluation de la capacité d'adaptation, suivi de 4 ans pour évaluer la durée de la période avant la réarrestation, et récidive

positifs compte tenu des effets du traitement, résultats variables en ce qui concerne les effets sur la récidive

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Hunter (1993) détenus sous responsabilité fédérale, 28 traités et groupe témoin de 27 délinquants avec antécédents de violence

interventions cognitivo-comportementales, maîtrise de la colère, court terme (10 semaines), séances de groupe

non aléatoire, groupe témoin non apparié sur liste de contrôle, tests d'auto-évaluation pré- et post-traitement, suivi de 2 mois pour les inconduites en établissement

positifs compte tenu des effets du traitement et effets post-traitement

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Smiley, Mulloy,
& Brown (1995)

134 détenus sous responsabilité fédérale traités (infraction avec violence), groupe témoin de 14 500 délinquants

programme d'entraînement cognitif et comportemental pour délinquants violents avec troubles de la personnalité, thérapie de groupe, 8 mois

non aléatoire, groupe témoin non apparié, période de suivi non précisée, récidive : réussite ou échec de la libération conditionnelle aucun effet post-traitement
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Bush (1995) 81 délinquants violents traités et groupe témoin de 287 délinquants, les deux groupes sous la responsabilité du service correctionnel de l'État du Vermont

programme de changement cognitif personnel, vise les attitudes, les croyances et les pensées contribuant à la violence, séances de groupe, 6 mois à 2 ans (en établissement), et 1 an (dans la collectivité)

non aléatoire, groupe témoin non apparié, 1 à 3 ans de suivi post-traitement dans la collectivité, récidive : arrestation ou violation des conditions de la libération conditionnelle effets positifs du traitement, taux de récidive deux fois plus élevé pour le groupe non traité que pour le groupe traité (plus de 7 mois en traitement)
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Dowden, Blanchette, & Serin (1999) 110 délinquants traités et groupe témoin apparié programme de maîtrise de la colère et des émotions, vise la colère et l'agressivité, la gestion de la stimulation, le schéma de pensée, l'affirmation de soi, d'autres emotions non aléatoire, groupe témoin apparié (en fonction de l'âge, du risque, de l'infraction à l'origine de l'incarcération), 2 à 3 ans de suivi post-traitement dans la collectivité, récidive : non violente (NV) et violente (V) effets positifs du traitement, taux de récidive trois (NV) à six fois (V) plus élevé pour le groupe témoin que pour le groupe traité
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* Remarque : aService de criminalistique de la Communauté urbaine de Toronto

 

MESURE DES EFFETS POSITIFS DU TRAITEMENT ET ÉVALUATION DES PROGRAMMES (RÉSULTATS)

L'une des principales lacunes de cette documentation sur le traitement des délinquants violents réside dans la trop grande confiance accordée à l'auto-évaluation des effets positifs du traitement. Le fait est que l'intervention est souvent acceptée sous la contrainte, et que des rapports post-traitement moins que favorables ont des conséquences très négatives pour les délinquants. Par conséquent, les efforts pour tenir compte de la désirabilité sociale et de l'intelligence semblent justifiés. À cette préoccupation au sujet des instruments d'auto-évaluation se rattache le fait que beaucoup des instruments en question ont été élaborés pour des populations de non-délinquants (Novaco, 1994), qu'ils ne s'accompagnent pas d'échelles de validité, et qu'ils comportent souvent des questions d'une telle transparence que l'interprétation de l'amélioration post-traitement sans corroboration des indices d'effets positifs peut être hypothétique, en mettant les choses au mieux. Une autre préoccupation est que les délinquants violents déclarent de façon inconséquente des effets post-traitement plus grands, et donc de plus grands problèmes, lors de l'autoévaluation de la colère, de l'agressivité et de l'hostilité (Novaco, 1994; Serin & Kuriychuck, 1994). Des lignes de base ou des comparaisons des sujets semblent donc justifiées pour que l'amélioration du délinquant puisse être examinée.

La question de l'utilisation des taux de récidive comme mesure des effets positifs du traitement a été examinée (Blackburn, 1993), mais lorsqu'il s'agit des populations de délinquants, l'espoir d'une plus grande sécurité de la collectivité et d'une réduction de la récidive violente est souvent leur raison d'être. De multiples évaluations des résultats sont également recommandées pour détecter les réussites partielles, qui peuvent être embrouillées par des définitions dichotomiques réussite/échec, comme le sont les analyses de survie pour permettre de tenir compte des périodes de mise en liberté inégales (Chung, Schmidt & Witte, 1991).

Les résultats du traitement devraient être mesurés d'un certain nombre de façons (Van Voorhis et al., 1995). Dans les établissements ou les centres résidentiels, les mesures intermédiaires des effets positifs du traitement tiennent compte des réductions dans la fréquence et la gravité des infractions disciplinaires, en particulier les menaces verbales et les agressions physiques. Une augmentation dans le nombre de participants qui sollicitent et conservent un emploi en établissement après le traitement représenterait également un effet positif intermédiaire. On pourrait en dire autant d'un meilleur respect des plans correctionnels, des transferts dans des établissements à sécurité réduite, et de l'octroi de la libération conditionnelle ou d'une forme discrétionnaire de mise en liberté sous condition. Dans le cas des programmes offerts dans la collectivité ou à l'externe, les mesures intermédiaires des effets positifs du traitement comprennent la sollicitation et la conservation d'un emploi ainsi que l'observation des conditions de surveillance communautaire. Enfin, les mesures des résultats à long terme comprennent un prolongement de la durée de la période avant la récidive, une réduction de la gravité des récidives ainsi qu'une réduction dans les taux de récidive violente.

Certains des objectifs intermédiaires peuvent aussi aider les cliniciens à répondre aux questions concernant l'efficacité d'un nouveau programme avant que l'on dispose de données sur les résultats à plus long terme. Ainsi, après avoir traité deux groupes de délinquants à comportement violent chronique, le personnel a été en mesure de signaler une réduction de 50 % des infractions disciplinaires par rapport aux six mois précédents. Parmi les autres résultats notables, mentionnons une amélioration dans l'emploi post-traitement et les transferts dans des établissements à sécurité réduite (Preston & Murphy, 1997). Il reste à déterminer si de tels effets positifs intermédiaires constituent des indices de prévisibilité de la récidive.

Les changements avant et après le traitement dans les auto-évaluations représentent également des indices intermédiaires importants des effets positifs du traitement, bien qu'il n'ait pas encore été prouvé qu'ils soient des prédicteurs particulièrement efficaces des résultats avec les populations de délinquants (Rice & Harris, 1997). La désirabilité sociale, la transparence des questions ainsi que des questions portant principalement sur les antécédents sont des points qui contribuent tous aux réserves que l'on émet concernant la confiance à accorder aux auto-évaluations des délinquants comme indices d'effets positifs du traitement. C'est dans cette optique que l'on a élaboré d'autres stratégies à utiliser par les cliniciens pour évaluer l'état de préparation au traitement, le style de communications interpersonnelles et l'efficacité du traitement (Serin & Kennedy, 1998).

TRAITEMENT DIFFÉRENTIEL

Les différences entre les délinquants violents constituent le thème du présent chapitre. Il devrait donc être évident que les diverses interventions examinées ne répondent pas adéquatement à la nécessité de satisfaire à tout un éventail de besoins en matière de traitement. C'est aussi une réalité clinique que peu de milieux disposent des ressources nécessaires pour offrir de multiples programmes pour différents types de délinquants violents. De même, bien que ce soit intéressant d'un point de vue méthodologique, la jonglerie opérationnelle requise pour jumeler les délinquants à des modules de traitement particuliers, à partir d'un répertoire et d'une évaluation pré-traitement, est une tâche plutôt ardue. Une telle stratégie exige également l'utilisation de groupes ouverts, ce qui peut affecter la dynamique de groupe et la cohésion, parce que ce ne sont pas tous les délinquants qui recevraient toutes les composantes du traitement. Malgré ces problèmes, des améliorations dans la prescription de programmes permettant de mieux harmoniser les besoins de différents délinquants violents en matière de traitement demeurent un objectif important.

Les recherches qui ont été effectuées sur la réceptivité au traitement (Kennedy & Serin, 1997) montrent bien que l'efficacité des programmes augmentera dans la mesure où ils seront appliqués obligatoirement aux délinquants. Peut-être l'utilisation d'un protocole d'évaluation plus complet pour délimiter différents types de délinquants violents et leurs besoins particuliers en matière de traitement donnera-t-elle lieu à des programmes de traitement plus différenciés. Si les délinquants sont affectés à un programme de traitement particulier qui ne leur convient pas, alors la démonstration de l'efficacité du traitement sera sensiblement affaiblie. Ce qu'il s'agit de savoir, c'est quel type de programme fonctionne pour tels types de délinquants, plutôt que quel type de programme réduit la récidive violente.

ORIENTATIONS FUTURES

Malgré la préoccupation à l'égard des délinquants violents, on s'étonne qu'il existe si peu de documentation sur les efforts en matière de traitements efficaces à leur intention, particulièrement lorsqu'on fait la comparaison avec d'autres groupes, comme les délinquants sexuels et ceux qui ont commis des actes de violence conjugale. La plupart des études rapportent des effets positifs post-traitement, mais ceux-ci ont surtout été enregistrés dans les auto-évaluations, sans se traduire par une amélioration des taux de récidive. Jusqu'à présent, l'évaluation de l'efficacité des traitements a été brouillée par la trop grande confiance accordée aux questionnaires d'auto-évaluation, l'absence de groupes témoins et la difficulté à définir les délinquants violents.

Il faudrait donc s'efforcer de mieux intégrer les pratiques exemplaires tirées de la documentation sur les jeunes dans les programmes de traitement pour les délinquants violents adultes. Les programmes destinés aux jeunes insistent davantage sur l'acquisition d'habiletés relatives à la dynamique familiale et à la résolution de problèmes, comparativement aux programmes pour adultes qui, eux, sont axés sur la maîtrise de la stimulation de la colère. Mais cette formule est en train de changer. En effet, les modèles conceptuels qui intègrent la stimulation, l'autocontrôle et le schéma cognitif s'avéreront peut-être fort utiles aux cliniciens qui s'efforcent d'offrir des programmes adaptés à divers types de délinquants violents. Il s'agit là de la direction vers laquelle les administrations correctionnelles semblent vouloir s'orienter, c'est-à-dire mettre moins d'accent sur les programmes de maîtrise de la stimulation de la colère.

Quelle est l'incidence de l'incorporation du traitement aux stratégies de gestion du risque dans le cas des délinquants violents ? Dans les programmes visant la prévention de la rechute, le cycle de délinquance fournit un mécanisme permettant de découvrir les antécédents ou les facteurs proximaux relatifs à l'usage que fait le délinquant de la violence. De plus, dans les programmes comportant des évaluations du risque détaillées, le traitement donne l'occasion de formuler des commentaires au sujet de la nature et de l'intensité de l'aide postpénale et de la surveillance dans la collectivité. Des règles explicites relatives aux décisions, pour protéger les cliniciens de leur optimisme sans bornes, pourraient favoriser l'intégration de traitements efficaces dans les stratégies de gestion du risque (Serin, 1998).

On constate un consensus grandissant concernant les «bonnes» composantes d'un programme de traitement, les façons de résoudre le problème de la résistance au traitement et les méthodes permettant de démontrer l'efficacité d'un programme de traitement et les effets positifs qui en résultent. Tout aussi importants les uns que les autres, ces différents moyens sont de plus en plus appliqués à l'objectif de réduction de la délinquance violente.


1 Service correctionnel du Canada

2 Voir Quinsey, Harris, Rice et Cormier (1998) pour un examen scientifique des problèmes d'évaluation par rapport aux délinquants violents.

3 Pour plus de renseignements sur la résistance au traitement, voir les chapitres 7 et 10 de ce Compendium.

4 Voir le chapitre 5 de ce Compendium.

5 Voir Corrigan, Yudofsky et Silver (1993), ainsi que Karper et Krystal (1997) pour des études exhaustives des interventions pharmacologique pour traiter les comportements violents. La présente section constitue un résumé de ces deux études.


BIBLIOGRAPHIE

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