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Compendium 2000 des programmes correctionnels efficaces

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CHAPITRE 2

Principes des programmes correctionnels efficaces

DONALD A. ANDREWS1


Ce chapitre propose un bref aperçu des principes des programmes de traitement correctionnel efficaces. Ces principes tiennent compte des particularités individuelles dans le comportement criminel. Une psychologie authentiquement interdisciplinaire du comporte-ment criminel (PCC, Andrews & Bonta, 1998) a mûri au point que des progrès ont été accomplis au regard de deux grandes normes scientifiques de compréhension. En bref, les particularités individuelles de l'activité criminelle peuvent être prédites et influencées à un niveau supérieur à celui qu'expliquerait le hasard et à un degré significatif au plan pratique. Les principes suivants du traitement efficace font largement appel à ce bagage de connaissances. Cela ne veut pas dire que les bases de la recherche soient en aucune façon complètes pour la plupart des questions. Au contraire, tous les principes suivants font l'objet de travaux plus poussés, même en ce qui concerne les principes qui reposent sur des recherches déjà relativement solides. En outre, des principes auxquels il n'est même pas fait allusion dans ces pages pourraient émerger et être confirmés au cours des mois et des années à venir.

Jusqu'à présent, la psychologie du comportement criminel (PCC) a progressé parce qu'elle a défini avec précision ce dont elle tentait de rendre compte, c'est-à-dire les particularités individuelles dans le comportement criminel, y compris la récidive chez les délinquants jugés. Elle a aussi progressé parce qu'elle reconnaît que les facteurs de risque de comportement criminel peuvent être d'ordre biologique, personnel, interpersonnel et structurel, culturel, politique et économique; qu'ils peuvent refléter la situation immédiate. La PCC ne limite pas sa portée à ce qui est biologique ou personnel, ni aux degrés variables de privilège ou de victimisation, dans l'origine sociale, qui peuvent être modulés selon l'âge, la race, la classe et le sexe. Elle ne prétend pas être une psychologie de justice pénale ou de la justice sociale, une sociologie de l'ensemble des taux de criminalité, ni une science comportementale ou sociale des inégalités sociales, de la pauvreté ou d'une foule d'autres points d'intérêt fort légitime, mais différents.

Toutefois, dans les applications de la PCC, ces nombreux autres intérêts légitimes mais différents peuvent être non seulement précieux, mais aussi primordiaux. Ainsi, dans les systèmes du droit pénal et de la justice pénale, les principes du châtiment ou de la réparation peuvent être considérés comme primordiaux. Par conséquent, tout effort éventuel de traitement correctionnel doit être proposé et évalué dans ce contexte de châtiment ou de réparation. De la même manière, les effets des services à la personne peuvent être évalués dans le contexte correctionnel en établissement ou dans la collectivité. En outre, les idéaux de justice, d'éthique, de sens moral, de légalité, de sécurité et de rentabilité agissent dans des contextes judiciaire et correctionnel tout comme dans d'autres sphères des entreprises humaines. C'est ainsi que les principes de services efficaces à la personne sont présentés ici dans le contexte d'une recherche de services éthiques, légaux, convenables, rentables, sûrs, justes et par ailleurs normatifs visant à réduire le taux de récidive.

L'expression «par ailleurs normatifs» couvre un vaste champ, et elle est ajoutée pour tenir compte du fait que, dans certaines circonstances politiques, les valeurs et les normes de certains groupes privilégiés peuvent dominer, quelle que soit la faiblesse du lien entre le respect de leurs normes et le renforcement de la paix et de la sécurité. Ainsi, la détermination des peines en fonction du droit pénal et du principe d'une dissuasion spécifique est un phénomène qu'on observe toujours au Canada et dans d'autres pays, même s'il n'existe aucune preuve solide comme quoi l'augmentation de la sévérité des sanctions négatives fait diminuer la récidive. De la même manière, les principes de services efficaces à la personne dans le contexte de la justice peuvent s'appliquer même lorsque les sanctions ont été imposées sans guère tenir compte de la réduction de la récidive (p. ex., sanction selon le principe du juste dû) ou pour tenter d'obtenir réparation pour la victime (par exemple, dans le cas de la justice réparatrice).

Les principes qui suivent se rapportent à des programmes cliniquement pertinents et aux questions de cadre, de personnel, de mise en œuvre et d'intégrité. Cependant, la première série de principes réaffirme et souligne l'importance des questions théoriques et normatives évoquées dans les premiers paragraphes. Les faits dégagés par les recherches sont exposés en annexe, tout comme des renvois intéressants à des études antérieures des principes.

PRINCIPES LIÉS À LA THÉORIE, À L'IDÉOLOGIE, À LA JUSTICE ET AU CADRE D'APPLICATION DANS LA RECHERCHE D'UN TAUX DE RÉCIDIVE RÉDUIT

Principe 1

Faites reposer vos efforts d'intervention sur une théorie psycho-logique du comportement criminel, par opposition à une perspective biologique, comportementale, psychologique, sociologique, humaniste, judiciaire ou juridique sur la justice, l'égalité sociale ou les taux globaux de criminalité. Lorsque le centre d'intérêt est un taux plus faible de récidive au niveau individuel, les theories qui mettent l'accent sur un autre résultat ont moins de valeur, parce qu'elles ont moins de chances de cerner les facteurs et les stratégies pertinents. En moyenne, les effets sur la récidive des interventions fondées sur autre chose qu'une psychologie du crime ont été négatifs ou négligeables (voir la note en fin de chapitre). Bref, si ce qui vous intéresse, ce sont les différences individuelles dans l'activité criminelle (par exemple, une diminution de la récidive), travaillez à partir d'une théorie du comportement criminel.

Principe 2

La perspective psychologique recommandée est une approche large de la personnalité générale et de l'apprentissage social pour comprendre les variations dans le comportement criminel, récidive comprise. Cette perspective permet de définir les huit grands facteurs de risque suivants dans le comportement criminel :

  • attitudes, valeurs, croyances, rationalisations et états cognitifs émotionnels qui soutiennent expressément le comportement criminel;
  • soutien interpersonnel et social immédiat du comportement antisocial;
  • éléments fondamentaux de la personnalité et du tempérament comme une faible maîtrise de soi, une énergie agressive fébrile et une recherche aventureuse du plaisir;
  • antécédents de comportement antisocial, y compris la précocité de ces antécédents;
  • circonstances difficiles au foyer;
  • à l'école et au travail;
  • dans les loisirs;
  • toxicomanie (Principes 5-8).

Les perspectives de la personnalité générale et de l'apprentissage social permettent également de dégager les grandes stratégies d'influence sur le comportement comme les modèles, le renforce-ment et la restructuration cognitive dans le contexte d'une relation interpersonnelle d'une qualité raisonnablement élevée (Principes 9 et 16). Le fondement comportemental de cette perspective permet aussi de penser qu'il vaut mieux offrir ce traitement dans un cadre communautaire où se produisent les comportements qui font problème (Principe 4). En outre, le comportement des travailleurs dans le cadre correctionnel est influencé par la cognition, le soutien social, l'histoire du comportement et les prédispositions fondamentales de la personnalité, si bien que l'accent est mis sur la sélection, la formation et la surveillance des travailleurs (Principes 16 et 17).

Principe 3

Implantez des stratégies de services à la personne et ne vous fiez pas aux principes du châtiment ou de la justice réparatrice, et aux principes de la dissuasion (spécifique ou générale) ou de la neutralisation. De plus, envisagez sérieusement et introduisez, mais sans vous y appuyer, d'autres principes de la justice et des normes appropriées comme les titres de compétence professionnelle, l'éthique, la légalité, la convenance et l'efficacité. Il est plutôt possible d'obtenir une réduction de la récidive par la conception et la prestation de services à la personne cliniquement pertinents et psychologiquement appropriés, dans des conditions et un cadre considérés comme justes, éthiques, légaux, convenables, efficaces et par ailleurs normatifs. Bref, la tâche qui découle du principe des services à la personne efficaces est la conception et la prestation de services à la personne efficaces dans un contexte juste et par ailleurs normatif. Les principes des services à la personne efficaces ne varient pas beaucoup en fonction de ces considérations, mais les contextes de justice et normatifs eux-mêmes peuvent beaucoup varier. Le facteur du cadre, c'est-à-dire la collectivité par opposition aux établissements, ne donne pas lieu à un principe distinct.

Principe 4

Les services offerts dans la collectivité sont préférés à ceux dispensés dans une unité résidentielle ou un établissement, mais, si la justice ou d'autres préoccupations dictent le placement dans une unité résidentielle ou sous garde, les services axés sur la collectivité sont recommandés. Ces services sont ceux qui facilitent la réinsertion sociale et la prestation des services voulus dans la colectivité. Les principes de la prévention de la rechute constituent un guide pour les services cliniquement pertinents qui sont axés sur la collectivité. Lorsque les services sont offerts dans la colectivité, un autre facteur à considérer est le suivant : il faut préférer les services offerts à la maison ou en milieu scolaire à ceux qui sont offerts par des organismes. Ainsi, les meilleures interventions auprès des familles ne se font pas dans les bureaux d'un organisme, mais dans le cadre naturel du foyer et de la collectivité.

PRINCIPES DU RISQUE, DU BESOIN, DE LA RÉCEPTIVITÉ, DE LA RÉSISTANCE, DU SERVICE MULTIMODAL ET DE L'ÉVALUATION PERTINENTE POUR LES SERVICES

Principe 5 -- Risque

Il vaut mieux réserver aux cas présentant les plus grands risques les services à la personne les plus intensifs. Les cas à plus faible risque présentent une faible probabilité de récidive, même en l'absence de services. Dans les cas aux risques les plus faibles, la justice peut être servie par des dispositions justes, et il est inutile de faire intervenir des services de traitement correctionnel pour réduire les risques. On peut aller jusqu'à dire que, pour ces derniers cas, le souci est que la poursuite de la justice n'accroisse pas le risque par inadvertance, comme par une fréquentation accrue de délinquants ou l'acquisition d'attitudes et de croyances favorables à la criminalité. Il faut reconnaître également qu'aucune étude bien contrôlée des résultats n'a encore conclu à une réduction de la récidive lorsque des services à la personne sont offerts dans les cas à risques élevés, comme les delinquents égocentriques à risque très élevé qui ont de lourds antécédents de comportements antisociaux. Il est possible que des psychopathes emploient à des fins antisociales toute nouvele compétence acquise par une thérapie (voir le Principe 10, sur réceptivité spécifique). Pour l'instant, toutefois, il n'y a aucune étude bien contrôlée des résultats de thérapies cliniquement appropriées offertes à des psychopathes.

Principe 6 -- Cibler les besoins criminogènes

Il vaut mieux que les services de traitement visent à réduire les grands facteurs de risque dynamiques ou à renforcer les grands facteurs de protection et de résistance. Les besoins criminogènes sont des facteurs de risque dynamiques, et, s'ils sont réduits, il s'ensuit une diminution de la récidive; ou ce sont des facteurs de protection qui, renforcés, réduisent la récidive. Après les grands facteurs de risque, les cibles les plus prometteuses comprennent une évolution de la cognition antisociale et des états émotifs cognitifs comme le ressentiment dans un sens moins antisocial, la réduction des fréquentations d'autres personnes antisociales et une augmentation des fréquentations de personnes hostiles à la criminalité, et le renforcement de la maîtrise de soi, du contrôle de soi et des compétences en résolution de problèmes. On ne peut éliminer des antécédents de comportements antisociaux, mais on peut acquérir de nouveaux comportements moins à risque et s'y exercer dans des situations qui présentent des risques (comme dans les programmes de prévention de la rechute). Les récompenses pour le comportement non criminel peuvent être augmentées au foyer, à l'école ou au travail et dans les loisirs. Au foyer, les principaux objectifs intermédiaires sont des progrès dans la compassion, le réconfort et le respect mutuel, alliés au contrôle, à la surveillance et à la discipline appropriée. De la même façon, une réduction de la toxicomanie peut faire évoluer les schèmes de récompense de façon que le comportement non criminel soit favorisé. Les objectifs intermédiaires moins prometteurs sont le renforcement de l'estime de soi et la réduction de la détresse personnelle sans toucher à ce qui, aux plans personnel et interpersonnel, encourage le crime, le renforcement de peur du châtiment officiel et une concentration sur d'autres facteurs de risque faibles. En somme, pour respecter le principe des besoins, insistez sur la réduction des besoins criminogènes et ne vous fiez pas ou ne vous attardez pas à la réduction des besoins non criminogènes.

Principe 7 -- Intervention multimodale

Ciblez un certain nombre de besoins criminogènes. Les méta-analyses montrent maintenant clairement qu'il vaut mieux cibler un certain nombre de besoins criminogènes dans les cas à risque élevé.

Principe 8 -- Évaluation du risque et des facteurs dynamiques

Le respect des principes du risque et des besoins criminogènes dépend d'une évaluation fiable et valide du risque et des besoins. Les meilleurs moyens d'évaluation échantillonnent les grands facteurs de risque et peuvent donner des preuves de la validité chez des délinquants jeunes ou vieux, hommes ou femmes et selon les différents groupes ethniques dans un certain nombre de contextes judiciaires et correctionnels. Il vaut mieux que les évaluations de risque échantillonnent les huit facteurs de risque ainsi que des indicateurs très spécifiques lorsque ce sont des résultats précis qui sont recherchés. Les indicateurs spécifiques comprennent par exemple les modes déviants d'excitation sexuelle et le soutien cognitif ou social des infractions sexuelles, lorsque le résultat recherché est une réduction des infractions sexuelles. De la même façon, le soutien attitudinal et social de la violence familiale serait au nombre des facteurs de risque spécifiques lorsque le résultat souhaité est la diminution de la violence familiale. Ne confondez surtout pas la gravité des infractions courantes avec le risque de récidive. La gravité de l'infraction est un facteur aggravant au moment de la détermination de la peine, mais ce n'est pas un facteur de risque majeur.

Principe 9 -- Réceptivité générale

La notion de réceptivité concerne l'harmonisation du style, des modes et des stratégies d'influence des services avec les styles d'apprentissage, la motivation, les aptitudes et les capacités des personnes en cause. Généralement, les délinquants sont des êtres humains, et, donc, le principe veut qu'on utilise les stratégies d'influence les plus puissantes qui ont fait leurs preuves avec les êtres humains. Conformément à la perspective de la personnalité générale et de l'apprentissage social, ces approches les plus puissantes sont les stratégies d'influence comportementale structurée, d'apprentissage social et d'influence comportementale cognitive. Ces éléments fondamentaux englobent le renforcement, les modèles, l'acquisition d'aptitudes par la pratique renforcée dans le contexte des jeux de rôle, des approximations progressives, de l'extinction et de la restructuration cognitive. Les effets de renforcement, d'extinction et de modèles et le caractère attrayant du cadre de changement sont tous renforcés par des relations interpersonnelles de grande qualité qu'on peut qualifier d'ouvertes, chaleureuses, dépourvues d'hostilité et de blâme, et engageantes. Les activités structurantes comprennent les modèles et le renforce-ment anticriminels, l'acquisition d'aptitudes par un apprentissage structuré, la résolution de problèmes, les rôles de promotion et d'intermédiaire, et l'utilisation efficace de l'autorité (voir le Principe 16, concernant le personnel).

Principe 10 -- Réceptivité spécifique et points forts

Les facteurs de réceptivité spécifique comprennent la personnalité, la capacité, la motivation, les points forts, l'âge, le sexe, l'origine ethnique ou la race, la langue et divers obstacles à une participation fructueuse au service. Ainsi, la constitution de la personnalité comprend l'anxiété dans les relations interpersonnelles (évitement des confrontations importantes), le manque de maturité dans les relations interpersonnelles et dans les aspects cognitifs (utilisez des approches structurées), la psychopathie (gardez des communications très ouvertes entre tous les travailleurs) et une faible intelligence dans l'expression verbale (soyez concret). Les considérations liées à la motivation suggèrent une adaptation du style et des buts du traitement au niveau de motivation à l'égard du changement (depuis la situation où on ne songe même pas à changer jusqu'à la participation à des activités pour changer). Le principe des relations signalé sous la réceptivité générale est d'application large, mais des universitaires féministes insistent plus particulièrement sur la qualité des interactions interpersonnelles dans le travail avec les délinquantes. Les auteurs autochtones sont en faveur de l'ajout d'une composante spirituelle lorsqu'il s'agit de travailler avec des délinquants autochtones. Dans le travail avec les délinquants récalcitrants, on souligne la règle générale des interactions interpersonnelles de grande qualité et la suppression des obstacles concrets comme les heures et les lieux peu commodes pour la prestation des services. Faites appel aux points forts aux plans personnel, interpersonnel et des circonstances pour planifier et dispenser les services. Certains de ces points forts utiles sont les compétences en résolution de problèmes, le respect de la famille, un ami particulièrement prosocial ou le fait d'être satisfait d'offrir un service efficace.

Principe 11 -- Évaluation de la réceptivité et des points forts

Il existe des instruments perfectionnés d'évaluation de certains des facteurs de la personnalité, et une nouvelle génération d'échelles d'évaluation des risques et des besoins donne des moyens courants d'évaluer les points forts et d'autres facteurs de réceptivité. Généralement, toutefois, soyez à l'affût des points forts et obstacles particuliers de l'individu et de certains groupes comme les femmes et les minorités.

Principe 12 -- Période postérieure au traitement, suivi structuré, continuité des soins et prévention de la rechute

Cela est présenté comme un principe en soi à cause de la nécessité d'insister sur le contrôle suivi des progrès et d'intervenir lorsque les circonstances se dégradent ou que des occasions favorables se présentent. Généralement, et particulièrement pour les programmes offerts dans les unités résidentielles, il importe que les programmes soient axés sur la collectivité et tiennent compte de la famille, des compagnons et d'autres éléments du cadre social. Le Principe 12, qui va plus loin que le Principe 4, insiste sur des activités spécifiques et structurées après le traitement et comme suivi, et il exige la coordination des applications de tous les principes précédents. Au minimum, il faut que dans la tradition de la prévention de la rechute, les situations et circonstances à haut risque soient cernées et que les délinquants s'exercent à des réactions de remplacement à faible risque.

Principe 13 -- Latitude professionnelle

Dans quelques cas, avec des raisons bien documentées, on peut s'écarter des principes généraux. Par exemple, pour certains jeunes et leurs familles, il peut être recommandé de considérer comme un but intermédiaire prioritaire le fait de faciliter le départ d'un immeuble d'appartement dans une zone où la criminalité est particulièrement élevée soit. De la même façon, des troubles mentaux majeurs comme la schizophrénie peuvent passer des risques mineurs aux risques majeurs lorsque les symptômes spécifiques comprennent des idées antisociales, par exemple l'idée qu'on sera attaqué par d'autres et qu'il faut donc attaquer le premier.

Principe 14

Créez et consignez un plan de services et toute modification des plans en faisant une nouvelle évaluation des risques et besoins, et des progrès accomplis. Le plan décrit comment les principes des services à la personne -- risque, besoins, réceptivité générale, réceptivité spécifique, service multimodal, suivi après le traitement et latitude professionnelle -- seront appliqués dans le travail sur un cas particulier.

MISE EN OEUVRE ET INTÉGRITÉ DU PROGRAMME

Principe 15 -- Intégrité dans l'application et la prestation du programme

La notion d'intégrité se rapporte au fait que les activités des services à la personne sont implantées et menées ainsi qu'elles ont été planifiées et conçues et que les services offerts atteignent les objectifs intermédiaires. L'intégrité est renforcée lorsqu'une version hautement spécifique et concrète d'une théorie rationnelle et empiriquement solide est employée. La spécificité renforce la possibilité de préciser clairement la clientèle, les objectifs, ainsi que le style, le mode et la stratégie du service à offrir. La spécificité permet facilement la production de manuels de formation et de programme dans les versions imprimées, enregistrées ou autres. L'intégrité est renforcée lorsque les travailleurs sont choisis, formés et font l'objet d'une surveillance clinique sous l'angle des attitudes et des compétences nécessaires pour assurer efficacement les services. Elle est également renforcée lorsque le surveillant clinique a reçu une formation et a accès à des services de consultation d'une grande pertinence. De plus, la spécificité suppose qu'on comprend quand le traitement parvient à son aboutissement approprié ou quand il y a lieu de fermer le dossier. Dans le deuxième cas, cela suppose que le personnel chargé du service et les chercheurs savent quand la dose suffit, quand le traitement a été administré avec succès ou quand les buts intermédiaires ont été atteints avec succès. Ainsi, l'intégrité peut être renforcée par un contrôle du processus suivi pour offrir le service et de la réalisation des objectifs intermédiaires. Aux plus hauts niveaux d'intégrité, lorsque la surveillance clinique ou d'autres styles de contrôle décèlent des circonstances faisant problème (ou des occasions non prévues d'offrir les services), des mesures sont prises pour modifier le plan de service, surmonter les obstacles et exploiter les points forts. L'intervention des chercheurs dans la conception ou la prestation des services accroît l'intégrité. En somme, l'intégrité dépend de tous les éléments suivants, présentés sous la forme d'une liste de vérification :

  1. version spécifique d'une théorie rationnelle et empirique-ment solide;
  2. sélection des travailleurs;
  3. formation des travailleurs;
  4. surveillance clinique des travailleurs;
  5. surveillants cliniques ayant la formation voulue;
  6. services de consultation à la disposition des surveillants cliniques;
  7. manuels imprimés ou enregistrés sur le programme;
  8. contrôle du processus suivi pour le service intermédiaire;
  9. contrôle du changement intermédiaire;
  10. mesures visant à maximiser le respect du processus à suivre dans le service et à renforcer les gains intermédiaires appropriés;
  11. dose/durée/intensité adéquates;
  12. participation d'un chercheur à la conception, à la prestation et à l'évaluation du service -- plus particulièrement, participation d'un chercheur intéressé par le processus du service, les résultats intermédiaires et les résultats ultimes, dans la conception et la prestation des services;
  13. autre.

Les questions d'application et d'intégrité mettent en cause les questions de personnel et de gestion au point que leur importance est soulignée par l'énonciation de principes distincts sur les considérations relatives au personnel et à la gestion.

Principe 16 -- Personnel

La sélection, la formation et la surveillance clinique du personnel reflètent au mieux les attitudes, compétences et circonstances qui favorisent la prestation des services tels qu'ils sont prévus. Conformément aux principes de l'apprentissage social général et de la réceptivité générale, les compétences et connaissances du personnel qui favorisent une pratique efficace se classent dans cinq grandes catégories de base : relations et interactions, structuration et réaction à l'imprévu, connaissances personnelles utiles aux services à la personne, soutien social pour la prestation de services cliniquement appropriés et autres considérations.

Relations. Les indicateurs des compétences en relations comprennent un ensemble des éléments suivants : être respectueux, ouvert, chaleureux (pas froid, hostile ni indifférent), compatissant, ne pas blâmer, être souple, posé, confiant en soi, mûr, enthousiaste, compréhensif, authentique et brillant et savoir s'exprimer, et d'autres indicateurs, dont des éléments de stratégies d'entrevues motivationnelles (exprimer de l'empathie, éviter l'argumentation, prendre la résistance dans la foulée). Rappelez-vous que, d'après le principe de la réceptivité générale, l'efficacité des modèles, du renforcement et même des expressions de désapprobation est toujours plus importante dans le contexte de relations interpersonnelles de grande qualité.

Structuration. Les indicateurs des compétences de structuration comprennent un ensemble des stratégies suivantes d'apprentissage social et comportementales cognitives reformulées sous l'angle des pratiques de base efficaces. Proposition de modèles anticriminels pour remplacer les attitudes, valeurs, croyances, rationalisations, réflexions, sentiments et schèmes comportementaux favorables au crime; renforcement anticriminel différentiel; restructuration cognitive; aptitudes d'apprentissage structuré; exercice des compétences en résolution de problèmes et formation à cet égard; activités principales de promotion et d'intermédiaire; utilisation efficace de l'autorité. En des termes plus généraux, certains indicateurs sont le fait d'être directif, centré sur la solution, attentif aux imprévus et, en entrevue motivationnelle, faire ressortir les incohérences et soutenir la conviction que la personne peut changer son comportement (appuyer une efficacité personnelle prosociale).

Soutiens cognitifs personnels. Indicateurs spécifiques, dont les suivants :

  • un bagage de connaissances favorisant l'activité dans les services à la personne;
  • la conviction que les délinquants peuvent changer;
  • la conviction que les pratiques correctionnelles de base peuvent marcher;
  • la conviction que, au plan personnel, ils ont les compétences pour exercer à un haut niveau au plan des relations comme dans la structuration;
  • la conviction que les autres personnes qui comptent apprécient les pratiques et valeurs de base;
  • la conviction que la réduction du taux de récidive est une entreprise qui en vaut la peine.

Soutien social d'une pratique efficace. Les deux grands indicateurs sont l'association aux personnes qui pratiquent et appuient un traitement cliniquement pertinent, un relatif isolement de ceux qui sont hostiles au traitement et de ceux qui préconisent une pratique non structurée, non directive et centrée sur le client, et l'isolement de ceux qui préconisent un service intensif pour les cas à faible risque et le ciblage de besoins non criminogènes.

Divers. Les titres de compétence et d'autres facteurs sont pertinents dans la mesure où ils se rapportent aux pratiques de base. De toute évidence, les considérations sur le personnel sont un grand champ d'action pour les recherches à venir.

Un programme obtient une bonne note, du point de vue du personnel, lorsque :

  1. les membres du personnel sont choisis en fonction d'un fonctionnement de haut niveau pour ce qui est des relations, de la structuration, du soutien cognitif et social, dans une pratique correctionnelle efficace;
  2. les membres du personnel reçoivent avant et pendant leur travail une formation qui favorise des niveaux élevés de pratique de base;
  3. le personnel a droit à une supervision clinique en cours d'emploi, qui vise à assurer un fonctionnement de haut niveau dans les pratiques de base;
  4. on constate que les membres du personnel ont une grande intensité dans leurs échanges avec les délinquants.

Principe 17 -- Gestion

On suppose que les gestionnaires efficaces sont généralement de bons gestionnaires, avec, de surcroît, les compétences notées plus haut en matière de relations et de structuration et leur propre système de soutien social favorable à des services à la personne cliniquement pertinents et éclairés par la psychologie. C'est la Direction qui est responsable de l'application des principes de base et des soutiens qui permettent d'assurer et de maintenir l'intégrité. Des gestionnaires efficaces prennent les mesures voulues pour préparer des champions du programme à l'intérieur comme à l'extérieur de l'organisme. Des gestionnaires efficaces récompensent les membres du personnel qui fonctionnent bien et ils font accréditer les programmes et établissements.

Principe 18 -- Dispositions sociales plus larges

L'organisme efficace de prévention et de traitement correctionnel situe publiquement les efforts de réduction de la criminalité dans un contexte adapté aux circonstances locales et ambiantes. Bref, l'organisme correctionnel peut situer clairement le traitement dans des contextes locaux appropriés : sécurité publique, justice réparatrice, etc. De la même manière, l'organisme de prévention primaire peut situer ses efforts de prévention dans le contexte local approprié : bien-être de l'enfant, services aux familles, santé mentale, développement de la collectivité, etc. Cependant, si l'organisme hôte se préoccupe de châtiment, de réparation ou du bien-être de l'enfant -- en d'autres termes, s'il ne comprend pas les approches cliniquement pertinentes de la réduction des comportements antisociaux et ne s'y intéresse pas -- l'efficacité sera moindre. La note de fin de chapitre étaye l'énoncé des principes de citations et d'illustrations de recherche, et elle signale les lacunes de la recherche.


1 Carleton University, Psychology Department


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NOTE DE FIN DE CHAPITRE

Observations, renvois et quelques constatations des recherches méta-analytiques concernant les principes d'une prévention et d'un traitement correctionnel efficaces

Les services à la personne cliniquement pertinents et éclairés par la psychologie reconnaissent l'importance des différences individuelles dans le comportement criminel, l'importance majeure de facteurs personnels et interpersonnels immédiats, la portée plus éloignée des grands facteurs structuraux et l'importance des différences dans les approches du traitement. Pendant des années, on a retenu comme hypothèse que les services de traitement correctionnel cliniquement pertinents et éclairés par la psychologie pouvaient réduire les taux de récidive criminelle de manière importante et significative (Andrews, 1979, 1980, 1982, 1989; Andrews, Bonta & Hoge, 1990; Gendreau & Ross, 1979, 1987; Grant & Grant 1959; Palmer, 1974, 1975; Warren, 1971). Aujourd'hui, les examens méta-analytiques des études contrôlées des résultats confirment non seulement l'intérêt des traitements correctionnels, mais aussi, plus particulièrement, des traitements cliniquement et psychologique-ment appropriés en particulier (Andrews, 1995a; Andrews & Bonta, 1998: Resource Note 10.1; Andrews, Gordon, Hill, Kurkowsky & Hoge 1993; Andrews, Zinger, Hoge, Bonta, Gendreau & Cullen 1990; Antonowicz & Ross 1994; Cleland, Pearson & Lipton 1996; Garrett, 1985; Hill, Andrews & Hoge 1991; Izzo & Ross, 1990; Lipsey, 1989, 1992, 1995; Lipsey & Wilson, 1997: Lösel, 1995, 1996, 1998; Mayer, Gensheimer, Davidson & Gottschalk, 1986). À présent, de nombreux universitaires et praticiens ont élaboré des lignes directrices étayées par des preuves sur les services appropriés, et la convergence entre ces lignes directrices, même si elle n'est pas parfaite, demeure importante (Andrews, 1995b; Andrews, Bonta & Hoge, 1990; Gendreau, 1996; McGuire & Priestly, 1995; Lipsey, 1995; Lösel, 1995, 1998; Van Voorhis, Braswel & Lester, 1997) [extrait d'Andrews, Dowden & Gendreau, 1999].

Les constatations méta-analytiques dont il est fait état ici reposent sur les analyses de la banque de données de la Carleton University (Andrews, Zinger et al., 1990; Andrews, Dowden & Gendreau, 1999; Dowden, 1998; Dowden & Andrews, 1999). L'ampleur moyenne des effets signalés plus bas peut s'interpréter comme la différence en taux de pourcentage de récidive entre les groupes de traitement et les groupes témoins. Ainsi, un effet de 0,20 reflète un taux de récidive de 40 % dans le groupe de traitement (50 moins 20/2) et de 60 % dans le groupe témoin (50 plus 20/2). Un écart positif traduit une réussite relative, car le taux de récidive moyen du groupe de traitement est inférieur à celui du groupe témoin. Un écart négatif traduit un échec relatif, parce que le taux de récidive du groupe témoin est inférieur à celui du groupe de traitement. Par exemple, si l'effet est de -0,10, le taux de récidive serait de 55 % dans le groupe de traitement (50 plus 10/2) et de 45 % dans le groupe témoin (50 moins 10/2).

Principes 1 et 2 : La perspective de la personnalité générale et de l'apprentissage social sur le comportement criminel et le programme de prévention est le plus prometteur, que le contexte soit celui de la justice réparatrice, de la justice rétributive ou qu'il soit étranger au système de justice, et que le cadre soit celui de la collectivité ou celui d'une unité résidentielle ou de mise sous garde. De la même manière, cette perspective vaut pour les diverses catégories d'âge, de sexe, de race ou origine ethnique ou encore de classe sociale (on trouvera des exemples de ces perspectives dans : Akers, 1973; Andrews, 1982, 1996; Andrews & Bonta, 1994, 1998; Henggeler et al., 1998; Patterson,1982). Même sans appliquer les principes cliniquement pertinents et éclairés par la psychologie, il est évident, d'après les méta-analyses, que les programmes axés de façon immédiate sur les aspects personnels et interpersonnels sont beaucoup plus fructueux pour réduire la récidive que ne le sont les programmes fondés sur des perspectives larges de la situation dans la société et de la réaction sociale. Une réduction moyenne modeste de la récidive obtenue par les approches psychologiques de la personnalité et du social (0,10, k = 325) se compare très favorablement avec l'augmentation moyenne modeste de la récidive constatée pour les approches plus sociologiques (-0,03, k = 49) et avec l'augmentation moyenne observée pour les programmes de dissuasion qui visent à intensifier la crainte du châtiment officiel (-0,05. k = 43).

Principe 3 : Les preuves qui confirment l'approche des services à la personne dans le contexte de la justice sont désormais écrasantes. Les programmes fondés sur le châtiment et la pure dissuasion ou la justice réparatrice ne donnent pas, en soi, des réductions impressionnantes du taux de récidive. Dans l'échantillon de la Carleton University, l'effet moyen de 101 tests des effets de l'augmentation de la sévérité du châtiment est une légère augmentation de la récidive (-0,03, k = 101). Cet effet moyen est bien piètre, comparé à l'effet moyen modestement positif de 0,12 observé pour les services à la personne offerts dans le contexte de la justice -- déjudiciarisation, services correctionnels communautaires ou en établissement -- (k = 273). Le groupe de l'Université du Nouveau-Brunswick à St. John (voir le chapitre 3 de ce Compendium) a étudié de plus près encore les effets des sanctions et les conclusions sont catastrophiques pour ceux qui insistent sur le châtiment, la dissuasion, la justice réparatrice ou la déjudiciarisation sans aucun service à la personne. L'effet moyen des sanctions communautaires (dans 140 tests mettant en cause 50 000 délinquants) est de zéro (de -0,07 pour la crainte jusqu'à 0,04 pour les amendes). L'effet moyen de l'incarcération par rapport aux sanctions communautaires est de -0,07 (k = 103, N = 267 804) et l'effet moyen d'une mise sous garde plus longue plutôt que plus courte est de -0,03 (k = 222, N = 68 248). Prière de remarquer que les études de l'incarcération n'ont pas tenu compte des effets de la neutralisation; par conséquent, il est possible que les effets moyens négatifs, déjà modestes, sur la récidive soient une surestimation des effets négatifs.

Principe 4 : Les constatations méta-analytiques concernant les programmes communautaires donnent à penser qu'il vaut mieux présenter les principes de services à la personne efficaces avant que ne soient examinées les constatations des recherches concernant le cadre communautaire.

Principe 5 : Le soutien du principe du risque varie maintenant entre modéré et fort. Le soutien augmente au fur et à mesure qu'on passe des études des effets des sanctions, aux études des services à la personne en général, puis aux études des services à la personne qui sont conformes aux principes du besoin et de la réceptivité générale. L'effet moyen des sanctions criminelles est légèrement négatif dans les cas à faible risque (-0,05, k = 34) et les cas à risque plus élevé (-0,02, k = 256). Cependant, l'effet moyen des services à la personne est beaucoup plus élevé dans les cas à risque plus élevé (0,14, k = 211) que dans les cas à risque plus faible (0,07, k = 62). Lorsque les services à la personne sont conformes aux principes du besoin ou de la réceptivité générale, les effets du niveau de risque deviennent très appréciables. Par exemple, lorsqu'on respecte le principe du besoin, l'effet moyen des services est de 0,19 (k = 169) pour les cas à risque élevé, contre -0,0 1 (205) pour les cas à risque faible. Les chiffres comparables, lorsqu'on respecte le principe de la réceptivité générale sont de 0,23 (77) et de 0,04 (297) respectivement pour les cas à risque élevé et faible.

Cependant, notre compréhension du principe du risque demeure limitée par le nombre relativement faible des études qui font état d'effets distincts selon le degré de risque. Notre connaissance est encore plus limitée en ce qui concerne les effets du traitement selon le degré de risque : très faible, faible, moyen, élevé et très élevé (psychopathes compris).

Principes 6 et 7 : Le soutien des principes du besoin a augmenté de façon radicale lorsque a été terminée la thèse de maîtrise de Dowden (1998) (Andrews, Dowden & Gendreau, 1999). Si on utilise la classification des buts plus prometteurs et moins prometteurs proposée par Andrews et Bonta (1994, 1998: Andrews, 1989) (c.-à-d., leurs listes des besoins criminogènes et non criminogènes), il ressort une nette corrélation entre le nombre des besoins criminogènes ciblés et la baisse de la récidive (0,5 5, k = 374). Dans un contraste frappant, l'importance des effets diminue avec le nombre de besoins non criminogènes ciblés (-0,18, k = 374). Cette différence saisissante souligne que le principe multimodal se rapporte uniquement aux augmentations dans le nombre de besoins criminogènes ciblés -- l'augmentation du nombre de besoins non criminogènes ciblés contribue à réduire l'ampleur des effets. Plus encore, les effets moyens sont négatifs lorsque le nombre de besoins non criminogènes ciblés dépasse le nombre des besoins criminogènes. L'importance des effets augmente en relation directe avec l'écart positif des besoins criminogènes ciblés par rapport au nombre de besoins non criminogènes. Lorsque le nombre de besoins non criminogènes ciblés est soustrait de celui des besoins criminogènes, les écarts varient entre –3 et +6 dans 374 tests de traitement. Les effets moyens correspondants ont été les suivants pour les scores de différence allant de -3 à +6 : -07 (-3, k = 9), -05 (-2, k = 14), -0,00 (-1, k = 93), -0,00 (0, k = 91), 0,14 (1, k = 71), 0,19 (2, k = 27), 0,22 (3, k = 40), 0,25 (4, k = 17), 0,32 (5, k = 7), 0,51 (6, k = 5). Notre mesure simple pour l'étude du principe 6 a été un score de différence de 1 ou plus, contre un score de 0 ou moins. Les effets moyens correspondants ont été de 0,19 (k = 169) et de -0,01 (k = 205).

Si solides que ces constatations puissent paraître, il y a des limites et des lacunes sérieuses dans les connaissances. Au bout du compte, il faut des études expérimentales dans lesquelles on pourra montrer que les effets du traitement sur la récidive sont réduits, avec des contrôles statistiques pour les changements mesurés dans les besoins ciblés. À l'heure actuelle, fort peu d'études permettent ce genre d'exploration. De la même manière, il y a rarement eu des tests expérimentaux de certains types de besoins dans certains types de cas. Par exemple, les tests expérimentaux sur les programmes ciblant la faible estime de soi chez les délinquantes sont rares au point que nous n'en avons encore trouvé aucune. Il n'y a pas non plus beaucoup de tests de facteurs de risque dynamiques particuliers qui portent sur les infractions sexuelles et d'autres types de crimes violents.

Principe 9 : Il est facile de trouver un soutien des stratégies d'influence fondées sur l'apprentissage social et l'aspect comporte-mental cognitif dans toutes les méta-analyses -- sauf une -- portant sur les effets du traitement correctionnel. Les méta-analyses de la Carleton University ont confirmé le principe de la réceptivité générale dans de nouvelles analyses des études passées en revue dans le seul examen négatif et dans les trois autres séries de tests de traitement. Généralement, l'effet moyen, dans 77 tests des stratégies d'apprentissage sociale ou comportementales cognitives a été de 0,23 (k = 77), contre 0,04 pour 297 tests d'autres stratégies d'intervention. Le principe de la réceptivité générale a également été cité par rapport aux aspects de la relation et de la structuration du traitement correctionnel. La recherche sur ces affirmations de la réceptivité générale est présentée dans les observations sur le principe du personnel (principe 16).

Principes 3, 5, 6, 7 et 9 ensemble : Les constatations sont très claires. L'effet moyen augmente en relation directe avec le respect des principes des services à la personne, du risque, des besoins et de la réceptivité générale. L'effet moyen, dans les tests des sanctions pénales sans services à la personne et les tests des services à la personne qui ne respectait aucun des trois principes de risque, de besoin et de réceptivité, est de -0,02 ( k = 124). L'effet moyen, pour les programmes de services à la personne qui respectent au moins un de ces principes, n'est guère impressionnant non plus : 0,02 (k = 106). Lorsque les programmes de services à la personne respectent au moins deux des principes des services cliniquement pertinents et éclairés par la psychologie, on obtient un effet moyen de 0,18 (k = 84). Le respect des trois principes donne un effet moyen de 0,26 (k = 60). Les faits donnent à penser que le respect des principes des services à la personne cliniquement pertinents et éclairés par la psychologie est récompensé par une réduction substantielle de la récidive.

Principe 10 : Brièvement, un examen méta-analytique de la réceptivité spécifique s'impose, tout comme d'autres études primaires du traitement différentiel. Rares sont ceux qui contestent que les stratégies de traitement doivent correspondre aux caractéristiques des cas; pourtant, les études des taux de récidive comme fonction des variations des caractéristiques des cas et des stratégies de traite-ment sont si rares qu'il est impossible de tirer des conclusions des méta-analyses. Chose curieuse, 12 tests de traitement ont pris comme cibles des obstacles particuliers au traitement, et un effet moyen supérieur à la moyenne a été constaté.

Principes 8 et 11 : Les principes de risque, de besoin et de réceptivité, dans les services à la personne, revêtent une importance particulière parce que les constatations des évaluations peuvent maintenant être reliées directement aux décisions pratiques nécessaires lorsque des cliniciens et gestionnaires souhaitent maximiser les effets positifs du traitement. À signaler que les évaluations du risque peuvent maintenant être utilisées non pour justifier une sanction et un contrôle plus sévères, mais pour décider de l'intensité des efforts dans les services à la personne. Les évaluations des besoins criminogènes définissent les objectifs intermédiaires appropriés des services et les évaluations de la réceptivité pointent vers des stratégies personnalisées de traitement. On peut trouver un exposé sur les moyens fiables et valides d'évaluation dans les ouvrages de Gendreau, Little et Goggin (1996) et d'Andrews et Bonta (1998).

Principe 12 : Ce principe met en évidence la valeur des services après traitement, d'un suivi structuré, de la continuité des soins et de l'orientation communautaire par une insistance sur la prévention de la rechute. Des éléments de l'orientation vers la prévention de la rechute n'ont été relevés que dans 18 des tests de traitement, mais ces quelques tests ont donné un effet moyen supérieur à la moyenne. L'orientation communautaire a été associée à des effets renforcés, comme en témoignent les constatations qui confirment le bien-fondé du ciblage des compagnons, de la famille et du milieu scolaire ou du travail (principe du besoin).

Principes 13 et 14 : À ce jour, les principes de la latitude professionnelle et de la planification/consignation des cas n'ont pas été examinés au moyen de résumés méta-analytiques des liens avec les effets du traitement. Néanmoins, de nouvelles études du Répertoire d'évaluation des programmes correctionnels (Andrews, 1995c; Gendreau & Goggin, 1997) révèlent que des programmes en cours qui comportent une évaluation systématique des risques et des besoins et respectent le principe présentent des taux de récidive prometteurs (Holsinger, 2000). Les recherches en cours du REPC sont également intéressantes pour le Principe 15.

Principe 15 : Les tests méta-analytiques de la mise en œuvre et de l'intégrité confirment généralement l'importance de la spécificité théorique, de la sélection du personnel, de sa formation et de sa surveillance, des manuels de formation ou de programme imprimés ou enregistrés, des petites unités de programme (déduction à partir d'études sur des petits échantillons), de la participation du chercheur et de la durée du service (Andrews & Dowden, à l'étude). On n'a constaté aucun lien entre l'importance des effets et le contrôle du processus des services ou du changement intermédiaire. La valeur des services de consultation pour les superviseurs cliniques n'a pas été étudiée. Une faiblesse dans cette littérature, est que les programmes comprenant des indications d'intégrité ont également tendance à être les meilleurs exemples de traitement cliniquement pertinent et psychologiquement éclairé. Comme il existe une si forte corrélation entre l'intégrité et les traitements cliniquement appropriés, il est difficile de montrer que l'intégrité renforce beaucoup les effets. On sait toutefois que les indicateurs de l'intégrité sont sans relation avec les résultats lorsque le traitement n'est pas cliniquement approprié. Autrement dit, il n'y a aucune preuve méta-analytique attestant que l'introduction d'un traitement non cliniquement approprié dont l'intégrité est élevée présente quelque valeur. Sur ce plan, il y a deux grands besoins : un plus grand nombre d'études primaires mettant l'accent sur la mise en œuvre et l'intégrité et une attention accrue à la constatation de l'intégrité dans les études à résultats contrôlés.

Principes 16, 17 et 18 : La notation de la sélection, de la formation et de la supervision clinique des membres du personnel va au-delà de l'intégrité générale (Principe 15), si bien que la question qui se pose est celle de la sélection, de la formation et de la surveillance sous l'angle particulier des exigences du principe de la réceptivité générale. Il ne faut pas oublier que deux dimensions sont cruciales, d'après la théorie de l'apprentissage social général (Andrews, 1980: Andrews & Bonta, 1998) et les stratégies d'influence de l'apprentissage social (Andrews, 1979; Andrews & Carvell, 1998). Ce sont la qualité des relations interpersonnelles et les compétences du travailleur au plan de la structuration. Sans attestation selon laquelle le personnel a été choisi en fonction de ses compétences en matière de relations et de structuration, l'effet moyen est de 0,05, d'après la vaste majorité des tests de traitement (k = 327). Cependant, lorsqu'une des dimensions essentielles ou les deux sont prises en considération, l'effet moyen varie entre 0,25 et 0,36 (k = 47 en tout).

Des éléments spécifiques de structuration dans la pratique donnent des effets moyens de 0,31 pour le renforcement de haut niveau (k = 15), 0,30 pour les hauts niveaux de désapprobation cliniquement appropriée (k = 8), .30 pour la formation structurée (k = 38), 0,28 pour les modèles cliniquement appropriés (k = 37), 0,26 pour le recours cliniquement approprié à l'autorité (k = 15), 0,25 pour la résolution des problèmes (k = 45) et 0,13 pour la promotion et le rôle d'intermédiaire (k = 53). Le codage d'après les pratiques correctionnelles de base (PCB) constitue maintenant un codage amélioré de la réceptivité générale. À l'avenir, les éléments de ces pratiques, qui comprendront bientôt aussi des éléments des entrevues motivationnelles et de la restructuration cognitive, pourront être notés comme des facteurs de sélection, de formation et de supervision clinique et comme éléments d'observation du processus de traitement.

L'applicabilité générale de ces éléments d'une pratique efficace a été soulignée par Trotter (1999), qui a produit un modèle de pratique du travail social avec des clients non volontaires. Il met l'accent sur la clarification des rôles (autorité), les modèles prosociaux et le renforcement, la résolution de problèmes et les relations.

Deux autres considérations sur le personnel découlent directement d'un point de vue sur le comportement humain axé sur la personnalité générale et l'apprentissage social. Les résultats du personnel pour ce qui est des indicateurs de la pratique cliniquement pertinente refléteraient leurs compétences pertinentes, leur histoire comportementale et leurs prédispositions personneles. En outre, ces résultats traduisent le bagage cognitif qui appuie cette pratique et le soutien social d'une pratique cliniquement pertinente. Ces deux facteurs n'ont à peu près pas été étudiés.

Les recherches qui lient les préoccupations en matière de gestion et les dispositions sociales plus générales, d'une part, et, d'autre part, l'impact réel sur la récidive font défaut.

Nous avons tous hâte d'avoir une série plus étoffée de principes mieux appuyés par la recherche. Pour ma part, j'estime que des progrès importants viendront bientôt grâce à des études sur les délinquantes, sur les délinquants autochtones, sur le traitement dans le contexte de la justice réparatrice, sur le traitement dans le contexte de la santé mentale dans le cadre judiciaire et sur la prévention primaire dans le cadre non judiciaire des services aux enfants et à la famille. L'énergie intellectuelle et l'augmentation de l'appui public à l'expérimentation dans ces domaines sont très impressionnantes et très prometteuses.

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