Rapport de l'Équipe d'orientation du modèle de partenariat renforcé
31 mars 2011
PARTIES PRENANTES : DANS L'ENGAGEMENT!Footnote 1
Déclarations préliminaires
La relation unique qu'entretiennent les aumôniers et les personnes incarcérées est au cœur de l'aumônerie. En vertu du ministère qui leur a été confié par leurs groupes confessionnels respectifs, les aumôniers apaisent la souffrance des délinquants et les aident à réaliser leur désir d'espoir, de guérison et de réadaptation. La relation entre les aumôniers et les délinquants offre à ces derniers un environnement où ils peuvent librement poser des questions sur la vie, réfléchir aux choix qu'ils ont faits, entreprendre un processus de recherche de vérité qui les amènent à parler honnêtement et à prendre de véritables mesures pour réintégrer la société d'une manière qui réduit les risques à l'égard de cette dernière et assure sa sécurité. L'aumônier, grâce à sa présence respectueuse et à son écoute compatissante, rappelle à la personne incarcérée que son identité ne peut être réduite aux infractions qu'elle a perpétrées, pas plus qu'aux peines qu'elle purge. C'est plutôt le fait d'avoir été créée par un Dieu d'amour qui définit son identité, et ce Dieu continue à l'appeler à transformer sa vie.
Ce message, que les aumôniers transmettent aux délinquants et à leur famille, au personnel et aux professionnels du Service correctionnel du Canada (SCC) et à l'ensemble de la société, est également répandu par des réseaux de bénévoles, dont bon nombre sont issus de groupes confessionnels et ont saisi le sens profond de l'aumônerie. Au fil des ans, les groupes confessionnels ont reconnu que l'aumônerie correspond à la mission qu'ils se sont donnée ainsi qu'aux valeurs auxquelles ils adhèrent profondément. Ils ont donc proposé au SCC de lui offrir des services d'aumônerie par l'entremise d'un personnel compétent et formé. Les groupes confessionnels reconnaissent également qu'ils ont un rôle à jouer pour habiliter le SCC à remplir sa mission et qu'au bout du compte, les aumôniers qualifiés qu'ils mettent à sa disposition contribueront à répondre aux attentes de la société en ce qui a trait à la sécurité publique.
Les valeurs transmises par les groupes confessionnels sont communiquées au SCC par le truchement du leadership du Comité interconfessionnel d'aumônerie (CI)Footnote 2. Les bénévoles dévoués du CI participent à la préparation du protocole d'entente qui incarne la vision que partagent le SCC et les groupes confessionnels. Entre autres, le CI joue ce rôle en accompagnant le SCC et les éventuels détenteurs de contrats pendant le processus de sélection des aumôniers.
Le SCC peut continuer à compter sur les groupes confessionnels qui lui fournissent des services d'aumônerie; il peut également compter sur le CI, qui lui prodigue non seulement des conseils en temps opportun, mais qui l'oriente dans la sélection d'aumôniers compétents; enfin, il peut compter sur la collaboration intelligente des aumôniers eux-mêmes. Avec de tels partenaires, le SCC est plus à même de réaliser sa mission et de s'acquitter des obligations qui lui sont imposées en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés et des autres ententes internationales dont le Canada est signataire.
Par-dessus tout, l'aumônerie se préoccupe du détenu, une femme ou un homme qui a été mis au ban de la société et qui éprouve un besoin criant de guérison et de changement. L'aumônerie rétablit les liens qui ont été rompus, s'adresse à ceux qui n'ont pas de voix et parle en leur nom. L'aumônerie permet également aux groupes confessionnels d'assumer leurs responsabilités spirituelle et sociale à l'égard des délinquants, de leurs victimes, ainsi que des familles et des collectivités qui ont été touchées par leurs actes. Au SCC, l'aumônerie est une responsabilité continue partagée par des partenaires, qui contribuent ensemble à la réinsertion sociale du délinquant.
L'histoire de l'aumônerie au sein du SCC est riche et fière, et a été bien documentéeFootnote 3. Elle est intimement liée aux nombreuses traditions religieuses de notre pays. Plus récemment, la prestation des services d'aumônerie au sein de nos établissements fédéraux s'effectue par le truchement d'un modèle de contrat de service. Les groupes confessionnels (détenteurs de contrats) établissent une relation contractuelle avec le SCC pour assurer les services d'aumônerie dans un établissement précis, par l'entremise d'une personne compétente désignée : l'aumônier. C'est lui l'agent du groupe confessionnel. Bien que les aumôniers qui exercent leurs activités dans le cadre de la réalité carcérale soient profondément enracinés dans leur tradition confessionnelle respective et qu'ils l'apportent à l'établissement, ils acceptent d'agir dans un esprit interconfessionnel qui reconnaît la diversité des traditions confessionnelles que l'on retrouve chez les détenus.
Tant l'isolement de l'établissement où l'aumônier exerce ses activités que le modèle actuel de contrat de service rendent la prestation des services d'aumônerie particulièrement difficile pour tous les partenaires en cause. La compréhension des responsabilités et des méthodes de service liées à l'aumônerie varie selon l'origine de l'interlocuteur : membre de l'administration du SCC (directeur de pénitencier et personnel), équipe de gestion de l'Aumônerie au niveau national ou régional, responsables administratifs du groupe confessionnel qui détient le contrat, membre représentant du CI au niveau national ou aumônier qui travaille directement à la prestation des services. En outre, ces compréhensions (ou incompréhensions) prennent des couleurs régionales distinctives et varient d'une situation à l'autre. L'aumônier doit déployer beaucoup d'énergie pour tenter de répondre à une question aussi élémentaire que « Qui est mon supérieur? À qui dois‑je rendre des comptes? » Dans de telles circonstances, il est compréhensible que des tensions surgissent; des irritants prennent forme, non seulement pour l'aumônier, mais également pour les autres partenaires, souvent dans la foulée d'attentes concurrentes et de perceptions contradictoires.
Le présent rapport porte en premier lieu sur les partenaires et leur présence dans l'aumônerie en établissement, puis cerne les principaux problèmes qui entravent la prestation des services d'aumônerie. Ensuite, nous soulignons les principes qui, selon nous, servent de fondement à un modèle de partenariat amélioré ou renforcé. Enfin, des propositions sont présentées pour faire en sorte que les améliorations soient enchâssées au sein de l'aumônerie.
Aumônerie en milieu carcéral : partenaires engagés
Le présent rapport représente notre sincère tentative visant à mettre notre sagesse collective au service de l'aumônerie. C'est à la fois une forme de prière sincère et une invitation à passer à l'action adressée à tous ceux qui appartiennent à l'un des groupes partenaires. Nous reconnaissons que chaque groupe partenaire et que chaque personne apporte un point de vue différent sur les enjeux liés à l'aumônerie et que chacun est utile pour enrichir l'aumônerie.
Bien que le modèle de contrat de service de la prestation des services d'aumônerie présente de nombreux avantages (comme le fait de favoriser une relation ouverte et dépourvue de jugement entre le détenu et l'aumônier), il comporte son lot de difficultés complexes. En 2009, le Comité de direction du SCC a décidé de permettre à la Direction de l'aumônerie de mener une consultation à l'échelle du pays auprès des quatre groupes partenaires afin de tenter de cerner les problèmes et les irritants en matière de prestation des services d'aumônerie au sein du SCC. La consultation n'avait qu'un but : de renforcer le modèle de partenariat actuel de l'aumônerie. Il est rapidement devenu évident pour tous les partenaires que, pour renforcer le modèle actuel, il faudrait préciser les rôles et les relations, puis investir davantage dans les relations qui font de l'aumônerie une réussite.
La consultation a eu pour résultat un grand nombre de pages de commentaires, de descriptions de problèmes, d'opinions et de réactions. Pour la première fois, certains membres des groupes partenaires ont entendu les irritants mis de l'avant par les autres partenaires. Cependant, les membres plus expérimentés ont constaté que certains des enjeux évoqués avaient été soulevés à répétition au fil des ans, et qu'ils n'avaient jamais été réglés de manière satisfaisante pour tous les partenaires. Le défi à relever était clair : il nous fallait nous concentrer sur ce qui devait changer afin de trouver des solutions qui pouvaient effectivement être mises en œuvre. Quels étaient les processus qui faisaient défaut si l'on voulait s'assurer que les tensions de longue date au sein des services d'aumônerie soient définitivement résolues? Quels étaient les changements nécessaires à apporter pour que le partenariat d'aumônerie fonctionne mieux?
Au début de 2010, une équipe d'orientation réunissant 12 personnes a été mise sur pied afin d'analyser les renseignements précédemment recueillis au cours des consultations régionales et de formuler des recommandations aux partenaires en vue de les mobiliser à coopérer de manière plus efficace dans leur mission, en commençant par ce qui a trait à la prestation de services d'aumônerie en établissement à temps plein. L'équipe comptait des représentants de toutes les régions du SCC, de même que des quatre groupes partenaires qui participent directement à l'aumônerie en milieu carcéral : (1) les aumôniers, (2) les groupes confessionnels détenteurs de contrats (aussi appelés « entrepreneurs »), (3) le comité confessionnel, (4) l'équipe de gestion de l'Aumônerie du SCC.
D'avril 2010 à mars 2011, les membres de l'équipe se sont réunis au cours de quatre réunions intenses d'une durée de trois jours chacune (en avril à Pierrefonds, au Québec, en juin à Calgary, en Alberta, en octobre à Pierrefonds, au Québec, et en février, à Nanaimo en Colombie-Britannique); entre les réunions, ils ont travaillé en sous-groupes et ont participé à des téléconférences. Des partenaires qui n'avaient pas l'habitude de s'asseoir à la même table ont eu des discussions franches et ouvertes. Les intervenants ont exprimé des rêves de même que les dures réalités de l'aumônerie en établissement. Notre équipe espérait combler l'écart entre le rêve et la réalité - ou, de manière plus réaliste, formuler des recommandations visant à établir un cadre et un environnement de travail qui garantiraient que cet écart serait progressivement comblé au cours des prochains mois et des prochaines années.
Le présent rapport représente notre sincère tentative visant à mettre notre sagesse collective au service de l'aumônerie. C'est à la fois une forme de prière sincère et une invitation à passer à l'action adressée à tous ceux qui appartiennent à l'un des groupes partenaires. Nous reconnaissons que chaque groupe partenaire et que chaque personne apporte un point de vue différent et utile sur les enjeux liés à l'aumônerie.
Nous, les signataires du présent rapport, sommes les membres de l'Équipe d'orientation du Modèle de partenariat renforcé (EOMPR) identifiés en page couverture. Avant tout, nous sommes des hommes et des femmes qui participons directement à la prestation des services d'aumônerie, jour après jour. Nous ne sommes pas des experts externes amenés pour analyser la situation et formuler des recommandations. Nous sommes plutôt les joueurs eux-mêmes. Nous connaissons la longueur et la largeur de la patinoire. Nous avons pris l'habitude des mêlées dans les coins et derrière les filets. Nous savons comment mettre la rondelle derrière le gardien. Nous connaissons l'allégresse de la victoire, mais également la souffrance de la défaite, lorsque détenus et société sont perdants. Nous savons comment se produisent les blessures sur la glace, et nous faisons tout en notre pouvoir pour les éviter. Mais c'est un jeu - parfois de la vie et de la mort - que nous adorons et auquel nous nous consacrons. Nous y sommes dévoués, et c'est ce qui nous anime. Ainsi, l'information et les recommandations contenues dans le présent rapport sont le résultat de nos expériences vastes et diverses, le fruit de notre compréhension et de nos réflexions.
Aumônerie en milieu carcéral : Présence visible
L'aumônerie correctionnelle est déjà bien établie dans les établissements fédéraux. Elle possède une histoire et a acquis une crédibilité au sein du SCC et auprès de la population carcérale. Les quatre partenaires y participent depuis de nombreuses années. Veuillez consulter l'Annexe 1 pour la liste de documents clés produits par les partenaires.
Nombre d'aumôniers en établissement : 120 (70 à temps plein + 34 à temps partiel + 16 autres groupes confessionnels)
Parmi tous les contrats de services d'aumônerie, on compte 132 entrepreneurs (détenteurs de contrats) pour un total de 183 contratsFootnote 4.
Nombre de bénévoles des services d'aumônerie : 3 048Footnote 5
Nombre d'organismes membres de groupes confessionnels qui siègent au Comité Interconfessionnel : 21
Nombre de représentants membres de groupes confessionnels qui siègent au Comité Interconfessionnel : 26
Aumônerie en milieu carcéral : Problèmes de base
Au fur et à mesure que les consultations ont commencé à se dérouler dans les régions et que les membres des quatre groupes partenaires ou identitaires se sont fait entendre, un portrait de l'aumônerie correctionnelle s'est rapidement dessiné. Les procès-verbaux de ces consultations se trouvent sur le site web du CIFootnote 6. Il va sans dire que diverses frustrations ont été exprimées. Cependant, ces consultations ont également été l'occasion de semer l'espoir en vue d'un avenir privilégié par les partenaires, où certains des irritants pouvaient être réglés. Ensuite, tandis que le processus de consultation cédait le pas au travail de l'Équipe d'orientation du Modèle de partenariat renforcé, il est progressivement devenu évident que le travail à accomplir devait d'abord et avant tout porter sur la structure et le fondement du partenariat. Il n'était pas possible de régler les irritants actuels ni d'éviter les irritants futurs sans revoir la perception que chacun des quatre partenaires avait de son rôle individuel, de même que celle des rôles des autres partenaires. Tous allaient devoir apprendre à travailler en partenariat.
Nous avons commencé à porter notre attention sur les problèmes systémiques plutôt que sur des difficultés particulières. Nous avons commencé à reconnaître que, en tant que partenaires, nous avions beaucoup trop souvent travaillé en parallèle, souvent de manière isolée, certains diraient même en opposition. Alors que le portrait de l'aumônerie qui découlait des consultations prenait la forme d'une « liste d'irritants », nous espérons que le portrait de l'aumônerie qui découlera du présent rapport prendra plutôt les traits d'une précision des rôles, des responsabilités et des relations. Alors que chaque partenaire s'engage à se consacrer à un Modèle de partenariat renforcé, nous apprendrons à cerner et à analyser des domaines particuliers qui sont sources de frustration pour y apporter des solutions. Même si cela ne se produira pas du jour au lendemain, il s'agit d'une attente raisonnable dans un avenir rapproché.
À ce moment-ci, nous pourrions décrire ce que l'aumônerie du SCC réussit bien, toutes les réalisations dont nous sommes fiers; cependant, compte tenu du fait que notre but consiste à renforcer le modèle de partenariat, il nous faut porter notre attention sur ce qui fonctionne moins bien, ne serait‑ce que selon la perception d'au moins d'un des partenaires. Plus loin dans le présent rapport, nous présenterons des recommandations pour apporter des solutions à ces faiblesses ou à ces tensions afin de renforcer le modèle de partenariat pour les services d'aumônerie. La plupart du temps, dans le modèle actuel de prestation de services d'aumônerie, les difficultés surviennent dans les domaines où au moins deux partenaires qui devraient travailler main dans la main ne le font pas.
Voici quelques « instantanés » qui décrivent les principaux problèmes au sein de l'aumônerie auxquels l'EOMPR a porté attention.
- DIAPOSITIVE NO 1 : Il y a une certaine confusion quant aux divers rôles et responsabilités des partenaires. Chaque partenaire éprouve une certaine mesure de perplexité en lien avec son propre rôle de même que celui de chacun des autres partenaires, les limites qui les séparent et la manière de travailler efficacement avec les autres. Bon nombre des irritants découlent de ce manque de clarté.
- DIAPOSITIVE NO 2 : Il semble que ce soit l'aumônier, l'intervenant de première ligne, qui soit, plus que tout autre partenaire, le plus touché par la confusion des rôles; par conséquent, il a davantage tendance à exprimer aux autres partenaires les difficultés évitables qui sont la conséquence de ce manque de clarté. Dans cette chaîne de confusion viennent ensuite les entrepreneurs (détenteurs de contrats), suivis de près par l'Équipe de gestion de l'Aumônerie. C'est le CI qui est le dernier à éprouver cette confusion, voire à comprendre sa cause. Pour reprendre la métaphore du hockey, certains diraient que cette situation est compréhensible parce que le CI n'a pas le même temps de glace que les trois autres partenaires. Pour tous les autres partenaires, la place du CI est davantage derrière le banc (ce qui est bien différent que d'être assis sur le banc). Toutefois, ceci ne règle pas pour autant le manque de clarté chez plusieurs quant au rôle du CI.
- DIAPOSITIVE NO 3 : Habituellement, en cas de confusion, une partie se tournera vers l'autre pour trouver une solution au problème. Cependant, la réponse sème souvent davantage de confusion, car on se demande à qui échoit la responsabilité de répondre à la demande et de régler le problème : la direction de l'établissement? L'aumônier régional? Le détenteur de contrat? Le CI? L'aumônier? Selon les perceptions, l'Équipe de gestion de l'aumônerie du SCC et les entrepreneurs sont ceux qui ont davantage de ressources, mais également qui les retiennent. Il semble que tous souhaitent travailler en partenariat plutôt que se renvoyer la rondelle, mais il y a beaucoup de chemin à faire pour y arriver.
- DIAPOSITIVE NO 4 : Une position par défaut se dessine, selon laquelle les trois autres partenaires sont au service des aumôniers, dont les problèmes sont les seuls qui comptent réellement. Bien que ce soit l'aumônier qui soit l'intervenant de première ligne pour la prestation des services d'aumônerie, il n'est pas le seul partenaire qui éprouve des besoins et qui a des attentes.
- DIAPOSITIVE NO 5 : Certains partenaires possèdent des voies de communication claires et fonctionnelles (p. ex., les aumôniers régionaux et les entrepreneurs; le CI et le directeur général de l'Aumônerie; l'entrepreneur et son aumônier), alors qu'elles font défaut entre d'autres partenaires (p. ex., les entrepreneurs et le CI; les aumôniers et les aumôniers régionaux). Il y a peu de communications systématiques, voire aucune, entre les quatre groupes partenaires en tant qu'ensemble ou partenariat.
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DIAPOSITIVE NO 6 : Malheureusement, en l'absence d'une hiérarchie claire des responsabilités pour résoudre un problème, il n'y a pas non plus de mécanisme en place pour permettre aux partenaires de se réunir afin de travailler à apporter des précisions et à résoudre des problèmes. Il n'y a pas non plus de table, que ce soit à l'échelle nationale ou régionale, à laquelle les quatre partenaires peuvent s'asseoir ensemble afin de trouver des solutions créatives à un problème ou même simplement de surveiller le partenariat ou, encore mieux, de le renforcer.
Remarque :
L'EOMPR est la première table de ce genre. Son mandat était temporaire et est arrivé à échéance le 31 mars 2011. L'entité la plus proche d'une telle table permanente est le CI. Cependant, le Comité ne réunit que trois des quatre partenaires, dont deux ne siègent qu'à titre d'observateurs plutôt qu'à titre de représentants membres à part entière. De plus, à date, le CI n'envisageait pas que c'était son rôle de favoriser un partenariat similaire à l'EOMPR.
- DIAPOSITIVE NO 7 : Il y a de nombreux entrepreneurs partout au pays; certains d'entre eux sont bien informés et interagissent délibérément avec les autres partenaires, mais ce n'est pas le cas de bien d'autres. Chez les trois autres partenaires, de même que chez les entrepreneurs eux-mêmes, on constate une connaissance de plus en plus importante de la contribution stratégique que ce groupe partenaire peut apporter à l'aumônerie, une contribution qui va au-delà de la signature d'un contrat de services avec le SCC pour fournir un aumônier en établissement. Tous partagent le désir de voir les entrepreneurs se réunir afin de jouer un rôle plus significatif dans le modèle de partenariat de l'aumônerie.
Aumônerie en milieu carcéral : Principes de renforcement
Pour bon nombre des joueurs, il semble qu'au fil des ans, les règles du jeu ont changé, ou que, à tout le moins, elles ont varié d'une région à l'autre. La nature exacte de ces règles n'est pas claire, pas plus que les divers rôles, responsabilités et droits de chaque partenaire du modèle de partenariat actuel. La notion de partenariat suppose nécessairement des relations et des communications claires, et une compréhension commune et explicite de nos limites respectives. Pour y arriver, il nous faut une fois de plus nous rallier aux principes fondateurs qui nous mobilisent en tant que partenaires essentiels engagés au sein l'aumônerie.
L'aumônerie s'appuie sur des fondements religieux. Elle est dynamisée par les groupes confessionnels, de même que par des individus hommes et femmes qui croient en un Dieu engagé à l'égard des personnes privées de relations sociétales normales. La valeur que nous reconnaissons à ceux qui sont condamnés et incarcérés découle de notre compréhension de la valeur que Dieu nous reconnaît à tous. La grande valeur que nous reconnaissons à l'homme incarcéré ou à la femme incarcérée se traduit par la grande valeur que nous reconnaissons à l'aumônerie elle-même, tout particulièrement sous sa forme de partenariat entre des individus et des organismes. Nous ne souhaitons pas ici exposer davantage les motivations de l'aumônerie. Nous souhaitons plutôt souligner ce que nous jugeons fondamental quant au comment, en tant que partenaires, que nous convenons d'agir dans la prestation des services d'aumônerie, l'exercice de ses activités et les conditions qui mènent à sa réussite. Nous avons décomposée le comment de ce partenariat en quelques principes directeurs. Faut-il aussi savoir qu'au cours de nos délibérations des 12 derniers mois, les membres de notre équipe ont dû apprendre à vivre selon ces principes, à les incarner de plus en plus. Ils se sont révélés vrais et essentiels à un partenariat en pleine évolution. Plus loin dans le présent rapport, nous traduirons ces convictions en des plans d'action concrets (recommandations) qui renforceront le modèle de partenariat, ce qui aura une incidence sur la manière dont nous prodiguerons des services d'aumônerie à l'avenir.
PRINCIPE NO 1 : Nous travaillons ensemble en tant que partenaires pour assurer la prestation de services d'aumônerie interconfessionnels.
L'aumônerie fait appel à la collaboration d'au moins quatre partenaires distincts et nécessaires. Les initiatives ou les mesures indépendantes prises par un seul partenaire, qui, même s'il est animé des meilleures intentions, ne consulte pas les autres partenaires, se font habituellement au détriment de l'aumônerie. En tant que partenaires, nous nous engageons à travailler ensemble, ce qui signifie que les problèmes clés sont résolus de manière non pas unilatérale ou bilatérale, mais en tant qu'équipe composée de quatre partenaires d'importance égale. Les entrepreneurs doivent participer aux décisions importantes qui ont trait à leurs aumôniers. Les aumôniers doivent participer aux décisions qui ont une incidence sur leurs entrepreneurs. L'idéal serait qu'aucun partenaire ne soit exclu du processus menant à des décisions importantes, même si des responsabilités juridiques précises existent peut‑être entre certains membres du partenariat. En règle générale, tous les partenaires devraient participer aux principales décisions qui ont trait aux activités et qui ont une incidence sur l'aumônerie. Manifestement, la relation employeur‑employé entre un groupe confessionnel qui détient un contrat et son aumônier exige un échange continu entre ces deux seules parties, sans la participation des membres du CI ou du personnel de l'aumônerie du SCC. Cependant, en tant que partenaires, nous souhaitons que même ces échanges tiennent compte des autres partenaires et, dans la mesure du possible, les fassent participer. Nous nous engageons à travailler en équipe. C'est la voie de la réussite pour les services d'aumônerie au sein du SCC. Même si chaque partenaire assume des responsabilités précises et joue un rôle distinct différent de ceux des trois autres, l'aumônerie dans son ensemble dépend de la qualité des relations de travail. Seule une telle unité assurera des services d'aumônerie de qualité dans un contexte interconfessionnel où la diversité religieuse et spirituelle est reconnue et pleinement respectée.
PRINCIPE NO 2 : Des communications claires, ouvertes et bidirectionnelles sont essentielles à des relations dynamiques entre les différentes parties prenantes du modèle de partenariat renforcé.
Comme dans toute relation digne de ce nom, une communication saine est le pain et le beurre de liens durables caractérisés par la vivacité, la confiance et la créativité entre les partenaires de l'aumônerie Des services d'aumônerie efficaces exigent des communications soutenues de qualité entre toutes les parties. Ce n'est que dans ce contexte que la confiance peut s'installer. Les communications entre les partenaires doivent être claires et ouvertes, soutenues, bidirectionnelles et aussi souvent que possible consultative. Même quand les rôles et les responsabilités de chaque partenaire sont délimités de manière appropriée, les besoins de communication et d'échange entre les partenaires demeurent essentiels.
PRINCIPE NO 3 : Les ressources de chacune des parties prenantes doivent être mobilisées afin de leur permettre d'assumer les responsabilités qui découlent de leurs engagements.
Ce principe, qui nous confrontait à la réalité, sous‑tendait presque chacune des conversations de l'EOMPR. Chaque partenaire assume des responsabilités et chaque partenaire apporte des ressources à l'aumônerie. D'après un bref aperçu des responsabilités, le SCC doit fournir le soutien administratif approprié pour assurer les services d'aumônerie, y compris les lieux et l'accès aux détenus. Les groupes confessionnels ont la responsabilité de « superviser » leur aumônier, de le consulter, de soutenir son cheminement spirituel et de le garder en lien avec le groupe confessionnel dont il est également serviteur. Quant aux aumôniers, ils doivent adhérer complètement à leur rôle particulier qui consiste à être fermement enracinés dans la vie de l'établissement, de ses détenus et de son personnel tout en étant tout aussi fermement enracinés dans leur groupe confessionnel et dans leur ministère spirituel. Les responsabilités du CI au sein du partenariat sont tout aussi essentielles, même si sa position est un peu plus en retrait. Le Comité joue un rôle de surveillance, de soutien et de consultation à l'égard de l'ensemble des services d'aumônerie interconfessionnels de même qu'à l'égard de chacun de ses partenaires.
Les ressources sont souvent limitées. Le fait de travailler ensemble afin de découvrir la manière dont les ressources et les responsabilités de chaque partenaire contribuent à l'aumônerie assure l'efficacité du partenariat à l'avenir. Chacune des recommandations avancées plus loin dans le présent rapport fait appel à au moins un partenaire pour qu'il investisse des ressources dans l'aumônerie. Certaines recommandations invitent les partenaires à se parler quant à leurs attentes en matière de rendement sur le capital investi. La question est non pas de savoir si un partenaire veut investir - chaque partenaire investit depuis longtemps -, mais plutôt de savoir dans quelle mesure un partenaire peut investir et dans quelles circonstances il est légitime pour un groupe partenaire de lier son investissement de ressources à celui d'un autre groupe partenaire.
PRINCIPE NO 4 : Tous les partenaires s'engagent, dans la mesure du possible, à répondre équitablement et efficacement par différents supports à un partenaire identifié comme étant un maillon faible dans un domaine particulier de l'aumônerie ou lors d'un moment de vulnérabilité.
Le partenariat lui-même, et non pas seulement les partenaires pris individuellement est la pierre d'angle de la prestation des services d'aumônerie. Le renforcement du partenariat accroîtra la crédibilité de l'aumônerie et sa réussite; il fournira l'environnement pour résoudre les irritants de manière constructive. Chaque partenaire s'engage à envisager l'autre partenaire comme faisant partie de la solution, jamais comme étant le problème. Un seul partenaire fragilisé affaiblit l'ensemble du partenariat, l'aumônerie elle-même et, au bout du compte, la relation entre l'aumônier et le détenu. Chaque partenaire doit aller au-delà des questions évidentes comme « Qu'est-ce que mon groupe partenaire peut apporter à l'aumônerie? » ou « Comment mon groupe partenaire peut-il améliorer sa contribution? » Un partenaire doit également se poser des questions comme : « Dans ce domaine, ou en ce moment, quels sont les besoins que je remarque chez les autres partenaires? Comment notre groupe peut-il aider à renforcer ces autres partenaires? » Ainsi, le partenariat existera non seulement sur papier, mais également dans la réalité.
Chaque groupe partenaire a des domaines où il est plus faible, là où il doit faire appel aux trois autres groupes membres. Puis, il est néfaste pour le partenariat si l'un des partenaires détient la plus grande partie du pouvoir (délibérément ou par défaut), même si ce n'est qu'une perception, ou, encore une fois, s'il est prié de détenir la plus grande partie du pouvoir. Essentiel à l'aumônerie, une seule mission rallie l'ensemble des partenaires, bien que chacun apporte sa propre contribution à la « table de l'aumônerie ». En tant que partenaires, nous veillons sur le partenariat et sur les relations, au-delà des besoins de notre groupe partenaire. Le partenariat garantit qu'aucun partenaire n'assume une responsabilité excessive dans la prestation des services d'aumônerie pour compenser le manque d'engagement d'un autre partenaire, et qu'aucun groupe ne se retrouve dans une position où on le décharge de ses responsabilités à l'égard de l'aumônerie.
Cela dit, nous regrettons qu'avant la mise sur pied de cette Équipe d'orientation du modèle de partenariat renforcé (EOMPR), les entrepreneurs (détenteurs de contrats) n'aient pas été à la table du partenariat. Différentes raisons expliquent cette situation (la plus importante étant leur grand nombre ainsi que leur diversité religieuse et géographique); toutefois, ils continuent d'exercer une influence considérable au sein de l'aumônerie. La quasi-absence de ce partenaire à la « table de l'aumônerie » a été une perte pour l'aumônerie. La présence de quatre entrepreneurs parmi les 12 hommes et femmes réunis à la table de l'EOMPR nous a permis de vivre une expérience concluante : il faut déployer tous les efforts possibles pour continuer à permettre à ce partenaire de se joindre à la conversation et au processus de prise de décision. C'est essentiel à un modèle de partenariat renforcé pour l'aumônerie.
PRINCIPE NO 5 : En tant que partenaires, nous agissons dans un processus créatif pour susciter chez les différentes parties prenantes des coopérations significatives et soutenues ainsi que de nouveaux espoirs pour tous!
Beaucoup d'éléments gagneraient à être renforcés dans l'aumônerie. Pour y arriver, nous invitons les partenaires à adhérer de tout cœur à l'espoir, la détermination et la créativité. L'EOMPR elle-même est devenue la démonstration dynamique de ce principe. Au cours des 12 mois qu'a duré le mandat de l'Équipe, les membres ont repoussé les limites de la coopération et de la communication. Dans ce contexte, notre première et plus importante recommandation sera de faire en sorte que l'« expérience de l'EOMPR » se poursuive d'une manière ou d'une autre, officiellement ou pas, mais de manière délibérée. Bien que la table de l'EOMPR ait été que temporaire, reproduire son expérience se révèle nécessaire pour l'avenir d'un modèle renforcé de l'aumônerie. Une « petite vérification occasionnelle » auprès des partenaires » en temps de crise ne suffira pas, pas plus que le lancement d'une l'EOMPR toutes les quelques années. La qualité de l'aumônerie et le perfectionnement continu de chaque groupe partenaire exigent que toutes les relations fonctionnent afin d'apporter un changement soutenu et créatif à l'aumônerie en milieu carcéral. Même si chaque partenaire a une relation contractuelle avec au moins un autre des partenaires, nous agissons dans l'avenir à partir d'une position d'espoir et d'engagement à l'égard de tous les autres partenaires. Notre service est une réponse à l'invitation à aller « au-delà de nous-mêmes » pour communier dans notre mission d'aimer notre prochain, tant les détenus que la collectivité. Notre alliance est avec Dieu, la collectivité canadienne et nos partenaires en aumônerie.
Aumônerie en milieu carcéral : Propositions de renforcement
Les recommandations qui suivent auront une incidence sur notre avenir en tant que partenaires, sur la manière dont nous allons patiner en équipe, travailler le long des bandes ensemble et passer la rondelle à celui qui le mieux placé pour compter un but. Le présent rapport constitue notre engagement à l'égard de nos groupes confessionnels respectifs, des Canadiennes et des Canadiens et de leur sécurité. C'est notre promesse de collaborer étroitement pour que des femmes et des hommes puissent se réadapter. Le présent rapport porte sur les moyens è prendre pour être des parties prenantes dans l'engagement pour la prestation des services d'aumônerie.
Une conséquence immédiate de l'importance que nous accordons aux relations entre les partenaires est que dans notre rapport, nous avons choisi de ne pas passer en revue une liste d'irritants (légitimes) et de leurs éventuelles solutions. Plutôt que de nous considérer d'abord et avant tout comme un conseil de sages à la recherche de réponses à chaque question, nous somme venus à comprendre que nos RELATIONS sont l'unique force de notre partenariat de quatre. Il n'est donc pas étonnant que le présent rapport porte sur les changements qu'il faut apporter pour assurer la réussite des relations, et des relations qui contribueront de manière soutenue à l'attention, la sagesse, l'engagement et le processus nécessaires pour trouver les solutions non seulement aux problèmes d'aujourd'hui des aumôniers, des entrepreneurs, des membres de l'Équipe de gestion de l' Aumônerie du SCC et des représentants du CI, mais aux problèmes qui surgiront demain. Tandis que nous délibérions et écoutions attentivement les propos de chacun, la question « Comment pouvons-nous résoudre ce problème ou cet irritant? » est devenue « Quelles sont les structures relationnelles nécessaires entre les partenaires pour réduire, voire d'éliminer de tels problèmes ou irritants? »
Alors que certains d'entre nous se sont présentés à la table de l'EOMPR, déterminés à régler un problème précis, nous avons constaté l'absence des structures et des relations nécessaires pour régler les problèmes auxquels nous devions non seulement nous attarder immédiatement, mais également nécessaires pour trouver des solutions à long terme qui découlent d'un contexte où les partenaires savent comment travailler ensemble. La recommandation la plus importante formulée dans le présent rapport est de faciliter la poursuite de l'expérience de notre équipe, tout particulièrement à l'échelle régionale. En deux mots, tout le travail de prise de parole, d'écoute, de questionnement, de débat et de rêves que nous avons accompli ensemble au cours des 12 derniers mois a porté ses fruits et doit se poursuivre. Les relations entre les quatre groupes partenaires se sont améliorées, mais ce n'est qu'un début.
Jusqu'ici, nous avons décrit les partenaires (les groupes de personnes qui participent à l'aumônerie), les problèmes au sein de l'aumônerie, de même que les principes auxquels nous adhérons et que nous avons tenté d'incarner en tant qu'Équipe d'orientation du Modèle de partenariat renforcé. Nous terminons notre rapport en présentant des propositions qui mettront l'aumônerie dans une position telle que le modèle de partenariat de l'aumônerie sera renforcé et mènera à une prestation de services d'aumônerie plus efficace dans toutes les régions du SCC.
Forums annuels des partenariats régionaux (une recommandation)
Recommandation 1
Attendu que le partenariat a besoin de faciliter le développement d'une culture interpersonnelle favorisant la confiance et l'engagement, nous recommandons :
- que des forums annuels se tiennent dans chaque région afin de réunir les quatre partenaires dans le but de partager les expériences, de cerner des pratiques exemplaires, de dissiper des mythes et de produire des approches créatives qui viseront à accomplir notre mission commune et à établir des relations au fur et à mesure que nous mettons en place un partenariat efficace;
- que les forums commencent au cours de l'exercice 2011‑2012 et se poursuivent jusqu'en 2013‑2014, assortis d'une analyse des avantages qui devra être effectuée après la tenue du troisième forum;
- que chaque aumônier régional, de concert avec les partenaires de sa région, fournisse la structure, les ressources et l'occasion pour faciliter la tenue des forums du partenariat;
- qu'au cours de cette période de trois ans, le directeur général envisage la possibilité d'organiser des réunions à l'échelle nationale qui regrouperaient des représentants des partenaires et des régions afin de consolider toute pratique exemplaire émergente qui pourrait mener à des protocoles nationaux.
Clarification des rôles et du fonctionnement des relations (six recommandations)
Recommandation 2
Attendu qu'il faut préciser de manière continue les rôles et les responsabilités de chaque partenaire afin d'assurer le meilleur rendement possible pour l'ensemble du partenariat ainsi qu'une prestation de services d'aumônerie de qualité dans nos établissements, nous recommandons :
- que, pour clarifier les liens entre les quatre partenaires, le directeur général et le CI prennent les devants pour que le partenariat se dote d'un diagramme décrivant les rôles, les responsabilités et les relations de chacun des quatre groupes partenaires dans le but de favoriser l'évolution du partenariat. Le diagramme devrait être assorti d'une explication de 1 à 2 pages.
Remarque :
L'EOMPR a réfléchi à cette question et fournit un diagramme qui peut servir de point de départ pour le travail du directeur général et du CI. Ce diagramme se trouve en Annexe 2.
Recommandation 3
Attendu qu'il faut préciser de manière continue les rôles et les responsabilités de chaque partenaire afin d'assurer le meilleur rendement possible pour l'ensemble du partenariat ainsi qu'une prestation de services d'aumônerie de qualité dans nos établissements, nous recommandons :
- que chaque partenaire contribue à la mise en place d'une culture de partenariat par le truchement des ressources qui sont déjà disponibles dans le cadre de la prestation des services d'aumônerie au SCC (recrutement, sélection, examens, élaboration de plans pastoraux, renouvellement des contrats, réunions régionales et nationales, etc.). À l'aide d'une simple grille de partenariat de l'aumônerie (Annexe 3), chaque partenaire peut réfléchir au rôle des autres partenaires, tant en ce qui a trait aux services existants qu'à de nouvelles initiatives, et d'impliquer ses partenaires aussi souvent qu'il est approprié de le faire.
Recommandation 4
Attendu qu'il faut préciser de manière continue les rôles et les responsabilités de chaque partenaire afin d'assurer le meilleur rendement possible pour l'ensemble du partenariat ainsi qu'une prestation de services d'aumônerie de qualité dans nos établissements, nous recommandons :
- que chaque partenaire convie au moins l'un des autres partenaires afin de renforcer sur le terrain le partenariat, de favoriser une meilleure compréhension des rôles et des responsabilités et d'appuyer le principe de communication réciproque. Ces invitations peuvent notamment prendre la forme de conférences, d'activités, de réunions, etc.
Recommandation 5
Attendu qu'il faut préciser de manière continue les rôles et les responsabilités de chaque partenaire afin d'assurer le meilleur rendement possible pour l'ensemble du partenariat ainsi qu'une prestation de services d'aumônerie de qualité dans nos établissements, nous recommandons :
- que l'Équipe de gestion de l'Aumônerie prenne les devants pour que le partenariat fasse la mise à jour des manuels et de l'information pertinente aux services d'aumônerie et reflètent les responsabilités et les rôles actuels de chaque partenaire.
Recommandation 6
Attendu qu'il faut préciser de manière continue les rôles et les responsabilités de chaque partenaire afin d'assurer le meilleur rendement possible pour l'ensemble du partenariat ainsi qu'une prestation de services d'aumônerie de qualité dans nos établissements, nous recommandons :
- que le CI prennent les devants pour assurer que le partenariat révise les processus de recrutement, de sélection et d'évaluation de la prestation des services d'aumônerie dans le respect des rôles et responsabilités de chaque partenaire.
Recommandation 7
Attendu qu'il faut préciser de manière continue les rôles et les responsabilités de chaque partenaire afin d'assurer le meilleur rendement possible pour l'ensemble du partenariat ainsi qu'une prestation de services d'aumônerie de qualité dans nos établissements, nous recommandons :
- qu'au cours de l'exercice 2011‑2012, chaque aumônier régional, de concert avec les partenaires de sa région, fournisse la structure, les ressources et les occasions pour faciliter la communication entre les entrepreneurs et promouvoir leur participation croissante dans ce partenariat.
Promotion de la communication entre les partenaires (deux recommandations)
Recommandation 8
Attendu que la communication entre les partenaires est un élément clé d'un partenariat sain, nous recommandons :
- que le plan pastoral annuel serve d'outil pour favoriser le dialogue entre les partenaires afin d'accomplir le mandat des services d'aumônerie.
Recommandation 9
Attendu que la communication entre les partenaires est un élément clé d'un partenariat, nous recommandons :
- que les aumôniers régionaux tiennent à jour une base de données de tous les entrepreneurs de l'aumônerie au sein des régions et qu'ils mettent cette information à la disposition des quatre groupes partenaires, lorsqu'il est approprié de le faire.
Questions de responsabilité civile (une recommandation)
Recommandation 10
Attendu que les groupes confessionnels qui fournissent des services d'aumônerie au SCC ont des préoccupations en matière de responsabilité civile;
attendu que certains entrepreneurs n'ont pas l'expertise nécessaire pour comprendre et obtenir des assurances;
attendu que des entrepreneurs avisés et expérimentés pourraient soutenir leurs pairs dans ce domaine, nous recommandons :
- que, d'ici septembre 2011, le CI prennent les devants au sein du partenariat pour assister les entrepreneurs expérimentés et disponibles à mettre à la disposition de tous les autres entrepreneurs (actuels et futurs) des renseignements généraux en matière de responsabilité civile et professionnelle et d'assurance.
Soutien à nos aumôniers (une recommandation)
Recommandation 11
Attendu que tous les partenaires s'engagent à soutenir les aumôniers, même si comme employés ou agents les aumôniers ne relèvent que d'un seul partenaire (les entrepreneurs), nous recommandons :
- que chaque groupe partenaire appuie ou établisse des processus délibérés pour assurer le soutien et le perfectionnement continus des aumôniers. Le document Ressources / soutien pour les aumôniers (Annexe 4) est un outil d'information préparé par l'EOMPR pour guider les partenaires à relever un défi particulier ou à saisir une occasion pour soutenir un aumônier et son travail.
Conclusion
Au cours d'une période de 12 mois, les membres de l'EOMPR se sont réunis à quatre occasions pour des séances de travail de trois jours. Pendant la première fin de semaine (avril 2010), nous nous sommes dévisagés d'un bout à l'autre de la table. En sous‑groupes, nous préférions rencontrer les membres de notre propre groupe partenaire, mais nous avons fini par nous mêler davantage. Tous semblaient vouloir protéger leur propre territoire. Nous nous exprimions ouvertement, peu importe ce qu'il en coûtait. Chaque personne voulait voir ses problèmes au sommet de la liste. Néanmoins, nous avions commencé à nous écouter les uns les autres et étions sur la voie d'une meilleure compréhension mutuelle et du fondement d'un Modèle de partenariat renforcé.
Pendant la deuxième fin de semaine (juin 2010), la première soirée a été très difficile; étonnamment, les deux autres jours de travail ont été paisibles et fructueux. La preuve : une photo de groupe de fin de séance où l'on aperçoit quelques sourires! En octobre 2010, nous avons commencé à travailler un peu comme un vrai groupe et avons produit (et reproduit) « pas mal de trucs ». Toutefois, à la dernière fin de semaine (février 2011), nous avions presque oublié à quel groupe partenaire chacun appartenait, Nous travaillions enfin en tant que véritable équipe, en tant que partenariat, juste à temps pour formuler nos recommandations.
Sommes‑nous arrivés à destination? Non. Avons‑nous accompli de véritables progrès qui peuvent nous amener en direction d'un modèle de partenariat renforcé qui soit bénéfique pour l'aumônerie, l'aumônier, les détenus et la société canadienne? C'est certes le cas.
Nous savons qu'il est impossible de transférer notre expérience simplement en rédigeant un rapport et des recommandations, peu importe à quel point ils sont justes. De plus en plus d'aumôniers, d'entrepreneurs, de membres de l'Équipe de direction du SCC et de représentants du CI feront l'expérience d'un véritable partenariat au fur et à mesure qu'ils prendront l'habitude (c'est le mot clé) de faire ce qui caractérise tous les partenariats réussis : se réunir régulièrement, s'engager dans un dialogue stratégique, s'écouter les uns les autres, fournir des précisions utiles aux autres partenaires, rêver ensemble et s'appuyer.
Nous convoquons tous les partenaires à rehausser leurs expériences de partenariat. Cette voie mène à un modèle de partenariat renforcé pour l'aumônerie, à des meilleurs services d'aumônerie et à des femmes et des hommes incarcérés qui choisissent de vivre d'une manière à favoriser la justice et la sécurité publique dans la société canadienne.
Signataires
Dennis Alexander, Établissement de Kent, région du Pacifique, Église catholique romaine
Jeff Anderson, région des Prairies, Evangelical Covenant Church of Canada
Bob Britton, région de l'Atlantique, Roman Catholic Archdiocese of Halifax
Lloyd Bruce, Établissement de Springhill, région de l'Atlantique, Église unie du Canada
Ted Hughes, aumônier régional, région de l'Ontario, Église catholique romaine
Kate Johnson, Établissement Pittsburgh, région de l'Ontario, Religious Society of Friends (Quakers)
John (Jean) Martin, Alliance chrétienne et missionnaire au Canada
Brian McDonough, région du Québec, Archevêché de Montréal
Denis Patry, Établissement de Donnacona, région du Québec, Église catholique romaine
Deborah Tanasiecuk, aumônier régional, région des Prairies, Église du Nazaréen
Wayne Varley, région de l'Ontario, Anglican Church of Canada in Kingston
Earl Wood, Église du Nazaréen
Annexe 1 - Ressources
Annexe 2 - Diagrammes du partenariat de l'aumônerie
L'EOMPR a réfléchi à cette question et fournit, dans le présent annexe, deux diagrammes complémentaires qui peuvent servir de point de départ pour le travail du directeur général, Aumônerie et du CI.
2.1 Fonctionnement des relations (Diagramme 1)

Fonctionnement des relations (Diagramme 1)
l'image (ordinogramme), on décrit la nature des liens entre les différents partenaires dans le cadre du modèle de partenariat renforcé. Les liens sont divisés en trois catégories : « Donne de l'orientation à… », « Doit rendre des comptes à... » et « Consulte ».
L'image montre que les groupes confessionnels au Canada, où le Comité interconfessionnel d'aumônerie est un sous-ensemble des groupes confessionnels, encadrent tous les autres liens.
Voici les détails de l'image :
- a) L'aumônier doit rendre des comptes au contractuel d'un groupe confessionnel en vertu du contrat d'emploi. Le contractuel donne de l'orientation à l'aumônier dans le cadre de l'énoncé de travail. L'aumônier interagit, comme cela est également indiqué, avec des agents correctionnels, des agents de libération conditionnelle et le Comité d'examen des programmes des détenus.
- b) Le contractuel d'un groupe confessionnel doit rendre des comptes à l'aumônier régional en vertu du contrat de service et reçoit de ce dernier une orientation dans le cadre de l'énoncé de travail.
- c) L'aumônier régional doit rendre des comptes au directeur régional des Interventions. Le directeur régional des Interventions donne de l'orientation à l'aumônier régional.
- d) Le directeur régional, Interventions, donne de l'orientation au directeur adjoint, Interventions. Le directeur adjoint, Interventions, doit rendre des comptes au directeur régional, Interventions.
- e) Au centre de l'image se trouvent les établissements correctionnels qui sont gérés par le Service correctionnel du Canada. Les employés dans les établissements consultent l'aumônier régional, le directeur adjoint des Interventions et les aumôniers.
2.2 Fonctionnement des relations (Diagramme 2)

Fonctionnement des relations (Diagramme 2)
TRADUCTION
- Faith Communities of Canada = Groupes confessionnels du Canada
- Consults with… = Consulte…
- Gives Direction To… = Donne de l'orientation à…
- Is Accountable To… = Doit rendre des comptes à…
- Indeterminate Staff (Individual Person) = Personnel permanent (personne)
- Committee/Group (Indeterminate Staff) = Comité/groupe (personnel permanent)
- Commissioner = Commissaire
- EXCOM = Comité de direction
- DG Chaplaincy = DG Aumônerie
- Chaplaincy Management Team = Équipe de gestion de l'Aumônerie
- Asst DG Chaplaincy = Directeur général adjoint, Aumônerie
- Program Staff = Personnel de programme
- Correctional Services Canada = Service correctionnel du Canada
- Regional Director of Interventions = Directeur régional, Interventions
- Regional Chaplain = Aumônier régional
- Assistant Warden Interventions = Directeur adjoint, Interventions
- Institutional Setting = Établissement
- Statement of work = Énoncé de travail
- Contract for Service = Contrat de service
- Inter-Faith Committee on Chaplaincy = Comité interconfessionnel de l'aumônerie
- Faith Community Contractor = Entrepreneur (une communauté de foi)
- Contract Manager = Gestionnaire de contrat
- Chaplain = Aumônier
- EMPLOYMENT CONTRACT = CONTRAT D'EMPLOI
- Management Committee = Comité de gestion
- Inmate Program Review Committee = Comité d'examen des programmes des détenus
- Correctional Officers = Agents correctionnels
- Parole Officers = Agents de libération conditionnelle
Voici les détails de l'image :
- Le Comité interconfessionnel d'aumônerie consulte les groupes confessionnels du Canada, et ces derniers consultent le Comité.
- On montre également que le Comité interconfessionnel d'aumônerie consulte le commissaire et le directeur général, Aumônerie, et que le commissaire et le DG, Aumônerie, font tous deux partie du personnel permanent et qu'ils consultent le Comité interconfessionnel d'aumônerie.
- Le Comité de direction du Service correctionnel du Canada est le comité qui fait le lien entre le commissaire et le directeur général de l'Aumônerie.
- L'image montre que le DG, Aumônerie, donne de l'orientation au directeur général adjoint, Aumônerie, et au personnel de programme. Le directeur général adjoint, Aumônerie, et le personnel de programme font partie du personnel permanent.
- Le DG, Aumônerie, consulte l'aumônier régional.
- L'Équipe de gestion de l'Aumônerie est un comité qui fait le lien entre le DG, Aumônerie, et l'aumônier régional.
- Le directeur régional, Interventions, donne de l'orientation à l'aumônier régional et au directeur adjoint, Interventions, qui doivent lui rendre des comptes. Le directeur régional, Interventions, l'aumônier régional et le directeur adjoint, Interventions, sont tous représentés comme des personnes faisant partie du personnel permanent. On précise que le directeur adjoint, Interventions, se trouve en établissement.
- L'aumônier régional consulte le directeur général de l'Aumônerie, le directeur adjoint des Interventions et les aumôniers; comme cela est également indiqué dans l'image, il fait partie de l'administration du Service correctionnel du Canada et travaille en établissement.
- L'aumônier, qui est représenté comme un agent contractuel, consulte l'aumônier régional ainsi que les membres du personnel permanent en établissement : le Comité de gestion, le Comité d'examen des programmes des détenus, des agents de libération conditionnelle et des agents correctionnels. On indique également que ces derniers, en établissement, donnent de l'orientation à l'aumônier
- On précise que l'aumônier, en tant que composante du milieu carcéral, relève du personnel en établissement et qu'il doit rendre des comptes au gestionnaire de contrat, qui agit à titre de représentant de l'entrepreneur d'un groupe confessionnel. L'aumônier doit rendre des comptes au gestionnaire de contrat conformément au contrat d'emploi. Le gestionnaire de contrat, comme cela est indiqué, donne de l'orientation à l'aumônier.
- Dans l'image, on précise que le gestionnaire de contrat doit rendre des comptes à l'aumônier régional conformément au contrat de service et que l'aumônier régional donne de l'orientation au gestionnaire de contrat au moyen d'un énoncé de travail.
- Le gestionnaire de contrat, comme il fait partie de l'entrepreneur d'un groupe confessionnel, est représenté comme une personne qui consulte le Comité interconfessionnel d'aumônerie et ce dernier consulte l'entrep
Annexe 3 - Grille de partenariat
| Domaine ou question soulevée | |
|---|---|
| Description de la situation | |
| Préoccupations et contributions des AUMÔNIERS |
|
| Préoccupations et contributions de L'ENTREPRENEUR(GROUPE CONFESSIONNEL) |
|
| Préoccupations et contributions de L'ÉQUIPE DE DIRECTION DU SCC ET DU PERSONNEL DES ÉTABLISSEMENTS |
|
| Préoccupations et contributions du COMITÉ INTERCONFESSIONNEL |
Annexe 4 - Ressources/soutien pour les aumôniers
I. Résumé
Nous reconnaissons de tout cœur la vocation des aumôniers des établissements carcéraux fédéraux et nous sommes impressionnés par la force de leur réponse à cet appel dans la prestation des services d'aumônerie interconfessionnels. Nous sommes d'avis que chaque groupe confessionnel a la responsabilité de faire en sorte que ses aumôniers soient bien préparés à prendre soin d'eux-mêmes dans le cadre de cette charge exigeante. Nous croyons que ces aumôniers qualifiés et loyaux méritent d'avoir le soutien de leur groupe confessionnel. Nous avons jugé qu'il serait utile d'examiner les domaines de besoins qui suivent :
Soins de soi; identité professionnelle; santé spirituelle/perfectionnement professionnel; administration; sécurité financière; sécurité/responsabilité; communication; clarté des rôles.
Pour la préparation du présent document, nous avons d'abord tenté de cerner les besoins des aumôniers, puis ceux des autres parties à l'entente contractuelle, afin de déterminer les domaines de vulnérabilité. Dans les pages qui suivent, nous présentons ces besoins et domaines de vulnérabilité, mais nous proposons aussi une première façon de régler les problèmes. Nous reconnaissons qu'aucune situation n'est parfaite. Chaque établissement et chaque aumônier ou équipe d'aumôniers a ses propres forces et faiblesses. Nous espérons que le présent document constituera une ressource utile pour les aumôniers, leurs groupes confessionnels, leurs collègues, le Comité interconfessionnel et le Service correctionnel du Canada.
II. Domaines de ressources associés aux besoins des aumôniers
- Les aumôniers et leur vocation personnelle
- A. Identité professionnelle (publique)
- B. Santé spirituelle/perfectionnement professionnel
- C. Soins de soi
- Les aumôniers en tant que ministres confessionnels
- D. Administration
- E. Sécurité financière
- F. Sécurité/responsabilité civile
- Les aumôniers en relation avec les autres
- G. Communication
- H. Clarté des rôles
Les aumôniers et leur vocation personnelle
Les aumôniers en tant que ministres confessionnels
Les aumôniers EN RELATION AVEC les autres
Footnotes
- Footnote 1
-
Le niveau de langue employé dans le présent rapport a été influencé par les partenaires d'aumônerie qui en liront le contenu; certains d'entre eux ne possèdent pas une compréhension intime du milieu. Bien que le SCC soit un partenaire d'aumônerie important, la langue qu'il emploie est parfois moins accessible. Nous avons préféré employer un langage plus simple.
- Footnote 2
-
Le Comité interconfessionnel d'aumônerie du SCC est composé de représentants de la plupart des principaux groupes religieux de la société canadienne. Il s'agit d'un groupe indépendant qui joue un rôle consultatif auprès du directeur général, Aumônerie, et du commissaire du SCC. Le Comité participe également à la sélection et à l'évaluation des aumôniers.
- Footnote 3
-
Un passé plein d'avenir : l'aumônerie en milieu pénitentiaire, J.T.L. James (Ottawa, Canada, 1990).
- Footnote 4
-
Source : Direction de l'aumônerie, Service correctionnel du Canada. Les chiffres sont en date du 1er janvier 2011.
- Footnote 5
-
Source : Service correctionnel du Canada, Système de gestion des ressources humaines. Ce chiffre se fonde sur le nombre de bénévoles actifs en date du 6 avril 2011.
- Footnote 6
- Date de modification :
- 2007-07-11