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Projet d'évaluation de l'incidence de l'Aumônerie au SCC

Rapport sur l'engagement communautaire 2006

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Table des matières

INTRODUCTION

SOMMAIRE

NAUMÔNERIE COMMUNAUTAIRE

ANNEXES

ANNEXE 1. CONSEILS DES ORGANISMES DE PASTORALE COMMUNAUTAIRES

ANNEXE II. LE COMITÉ INTERCONFESSIONNEL

ANNEXE III. GLOSSAIRE

INTRODUCTION

En janvier 2001, les représentants de la Direction de l'aumônerie et de la Direction des évaluations et des examens (DEE) se sont réunis à la demande de l'Aumônerie du SCC pour une séance de remue-méninges, de réflexion et de dialogue d'une durée de deux jours afin d'amorcer l'élaboration d'un cadre stratégique pour la responsabilisation et l'évaluation des services de l'Aumônerie. Les consultations initiales ont révélé l'étendue et la complexité du mandat de l'Aumônerie. En février 2001, la DEE a présenté à l'équipe de direction de l'Aumônerie (EDA) quelques réflexions initiales au sujet d'un cadre d'évaluation du rendement.

Au printemps 2001, le directeur général de l'Aumônerie a présenté une « Analyse de cas de l'Aumônerie » au Comité de direction du SCC. Le contexte de la proposition y est présenté en introduction :

Un leadership spirituel implique la mise en Å“uvre d'une vision de compassion, de bonté et de beauté. Le personnel de l'Aumônerie s'efforce de réaliser cette vision dans le milieu correctionnel, c'est-à-dire qu'il essaie d'assurer une présence compatissante aux prisonniers et aux collègues, de contribuer à façonner la Mission du SCC et à favoriser la compréhension de ce à quoi peut ressembler la justice réparatrice. Cette présence est dynamique et en évolution. Elle se reflète dans diverses situations d'où ressort un engagement profond à l'égard des valeurs. La présente proposition vise à améliorer l'efficacité de la mission de l'Aumônerie1.

L'analyse de cas présentait certains buts du processus dans lequel l'Aumônerie commençait à s'engager, entre autres :

  • la conception d'un cadre destiné à faire connaître clairement la vision de l'Aumônerie et à renouveler celle-ci;
  • la mise au point de stratégies efficaces de mise en Å“uvre de ce cadre;
  • la détermination et la communication de son incidence d'une manière responsable, qui facilitera l'examen et l'évaluation;
  • une contribution effective à la présentation de rapports tant au SCC qu'aux groupes confessionnels.

Le Projet sur l'incidence de l'Aumônerie2, établi à partir d'un cadre de gestion et de responsabilisation axé sur les résultats (CGRR) et fondé sur le modèle logique, porte sur quatre grands domaines du travail de l'Aumônerie : pastorale, engagement de la collectivité, services religieux et éducation religieuse/spirituelle. L'équipe de direction de l'Aumônerie (EDA) a décidé que le Projet sur l'incidence répondrait aux critères énoncés dans l'analyse de cas en évaluant ces quatre grands domaines de l'aumônerie.

L'évaluation des quatre principaux critères a permis de recueillir des données à certains endroits dans les établissements et la collectivité : présence visible, ministère pastoral, réinsertion sociale et soutien du délinquant, du personnel et de la famille. Ces critères concernent tous les aspects de l'énoncé de travail de l'aumônier.

Cette évaluation ne constitue pas une étude théologique. Le Projet sur l'incidence de l'Aumônerie vise plutôt à déterminer l'incidence des services d'aumônerie sur les délinquants, les libérés conditionnels, leur famille et le personnel. Afin de présenter efficacement ces aspects de l'aumônerie, l'évaluation vise à combler l'écart entre deux systèmes et langages distincts - correctionnels et religieux.

Le présent document qui constitue le deuxième rapport du projet examine trois aspects de l'engagement communautaire qui relèvent de l'Aumônerie, à savoir l'Aumônerie communautaire, les Conseils des organismes de pastorale communautaires et le Comité interconfessionnel.

1 Rév. Chris Carr, Analyse de cas de l'Aumônerie, août 2001, p. xx.
2 Voir à l'annexe une définition de l'« incidence ».

SOMMAIRE

Le volet aumônerie communautaire du Projet sur l'incidence de l'aumônerie vise à examiner deux questions importantes : Quelle est l'incidence de l'aumônerie communautaire? Comment peut-on renforcer ou améliorer cette incidence?

Une équipe composée d'un agent de projet, d'un aumônier communautaire et d'un représentant du Comité interconfessionnel a visité treize centres communautaires dans les cinq régions du Canada. Ils ont procédé à des entrevues qualitatives personnelles avec les groupes suivants pour recueillir les données : libérés conditionnels, membres de la famille des libérés conditionnels, agents de libération conditionnelle et personnel des maisons de transition du SCC, administrateurs du SCC, représentants des groupes confessionnels, organismes communautaires et maisons de transition.

Les objectifs du projet ont donné lieu à dix-huit constatations principales. Les trois premières ont trait à la présence visible de l'aumônerie communautaire. L'équipe d'évaluation a découvert que l'emplacement du bureau de l'aumônerie communautaire a une incidence sur la visibilité et l'impact du service. Les bureaux de libération conditionnelle ou les maisons de transition qui comptaient un aumônier présent en permanence étaient plus susceptibles de recevoir des délinquants orientés par le personnel ou d'offrir un soutien au personnel. De plus, selon les données de l'évaluation, les aumôniers communautaires doivent mettre en Å“uvre un processus systématique pour introduire des services d'aumônerie communautaire dans les bureaux de libération conditionnelle, les maisons de transition, les organismes et les groupes confessionnels. Une autre constatation a fait ressortir la difficulté qu'éprouvent les aumôniers communautaires à établir un contact avec les libérés conditionnels dans les grandes villes, en raison de la proportion élevée des délinquants par rapport aux aumôniers, qui s'établit dans certains cas à 1 000 pour 1.

Les trois constatations suivantes concernent l'incidence de la pastorale ou du ministère spirituel de l'aumônerie communautaire. Il est évident que le soutien pastoral individualisé offert par l'aumônier communautaire ou un bénévole joue un rôle essentiel dans la réussite de la réinsertion sociale des délinquants. L'équipe d'évaluation a découvert dans le cadre des entrevues que plus de quatre-vingt-dix pour cent des libérés conditionnels croyaient que leur spiritualité et leur groupe confessionnel jouait un rôle important dans leur réinsertion sociale. Pourtant, comme seulement vingt pour cent des aumôniers communautaires interrogés ont un plan pastoral pour guider la prestation de leurs services, le degré de planification nécessaire pour répondre aux diverses exigences du travail n'est pas évident à l'heure actuelle.

Le troisième groupe de constatations a trait à l'intégration de l'aumônerie communautaire, s'il y a lieu, au sein du SCC, des groupes confessionnels et de l'ensemble de la collectivité. Une aumônerie communautaire ne peut pas atteindre son objectif selon lequel il faut " s'en sortir ensemble " à moins de savoir quand un délinquant sera mis en liberté dans la collectivité qu'elle dessert. Il n'existe pas de système officiel de préavis pour avertir celle-ci de la mise en liberté d'un délinquant. Une autre constatation a trait au réseau important entre aumônerie communautaire et les groupes confessionnels.

Les groupes confessionnels qui travaillent avec les ex-détenus et leur famille croient que ce travail est essentiel à leur mission. Toutefois, ils ont besoin de l'aide des aumôneries communautaires afin d'être préparés et équipés pour recevoir les délinquants et leur famille. Les deux constatations suivantes sont liées au quatrième objectif de cette phase du projet : évaluer l'incidence de l'aumônerie communautaire sur la famille des libérés conditionnels et le personnel. Les aumôneries communautaires du Canada assurent une gamme étendue de services aux membres de la famille des délinquants et aux libérés conditionnels, mais elles offrent également leurs services au personnel du SCC. Les membres du personnel qui ont accès à un aumônier communautaire ou à un bénévole estiment que cela est extrêmement utile à leur propre soutien et bien-être.

Le dernier objectif du projet porte sur certaines questions générales qui ont trait à l'incidence, à la qualité et à l'efficacité de l'aumônerie communautaire. La plupart des aumôniers communautaires interrogés ont fait part de leurs préoccupations au sujet du recrutement de bénévoles. Ils ont dit que leurs aumôneries communautaires trouvaient difficile de recruter des bénévoles de leur collectivité pour qu'ils participent au ministère de l'aumônerie communautaire. En outre, soixante-dix pour cent des aumôniers communautaires ont déclaré que leur programme de formation des bénévoles devait être amélioré. Il semble que les aumôniers communautaires aient également besoin de plus de préparation pour ce ministère. Quatre-vingt pour cent des personnes interrogées ont dit que leur orientation concernant le rôle de l'aumônier communautaire aurait pu être plus efficace.

La constatation suivante reconnaît qu'il est essentiel pour une aumônerie communautaire efficace de tirer parti des divers réseaux qui soutiennent leur travail. Par conséquent, chaque aumônerie communautaire doit établir une base de données sur ces ressources. Une autre constatation confirme la valeur de la prestation et de la facilitation d'un soutien pratique que les aumôneries communautaires fournissent aux libérés conditionnels et à leur famille.

Les deux dernières constatations de l'évaluation portent sur le financement et l'évaluation. Le financement de l'aumônerie communautaire est inégal d'une région à l'autre du pays, allant d'un financement très limité à un financement équivalant au taux d'un aumônier à temps plein en établissement. Finalement, de l'avis de l'équipe d'évaluation, une évaluation plus systématique des aumôneries communautaires pourrait aider chaque aumônerie communautaire à déterminer si elle remplit sa mission et atteint ses objectifs.

Ces recommandations visent à accroître l'incidence du travail de l'aumônerie communautaire du SCC en vue de la réinsertion sociale des délinquants. Les données recueillies confirment l'incidence de l'Aumônerie sur les délinquants tout en déterminant des façons de renforcer son incidence.

Les annexes du présent rapport contiennent deux autres aspects liés à l'incidence de l'engagement communautaire de l'aumônerie : les conseils des organismes de pastorale communautaires, que le SCC engage à contrat, et le Comité interconfessionnel de l'Aumônerie, un organisme qui représente les groupes confessionnels du Canada.

AUMÔNERIE COMMUNAUTAIRE

1. Contexte

Au Canada, l'aumônerie est présente dans les prisons depuis les années 1840. Le chanoine Tom James a relaté l'histoire de l'aumônerie dans les prisons dans son ouvrage, Un passé plein d'avenir3. Selon le Rapport sur la pastorale (2003), l'aumônerie en établissement fonctionne encore bien au Canada. Chaque établissement compte un aumônier ou une équipe de l'aumônerie qui offre des services religieux et d'accompagnement spirituel aux délinquants. L'aumônerie est reconnue comme un élément essentiel de la vie en milieu carcéral.

Toutefois, à la fin des années 70 et au début des années 80, la rupture du continuum de soins offerts par l'Aumônerie du SCC est devenue de plus en plus apparente. Les groupes confessionnels du Canada ont commencé à reconnaître que leur responsabilité à l'égard des personnes incarcérées allaient au-delà des visites en prison, aussi importantes fussent-elles. Il fallait compléter dans la collectivité le travail amorcé dans les établissements par les aumôniers.

Le travail de l'aumônerie communautaire a donc commencé à Moncton (Nouveau-Brunswick) et à Kingston (Ontario). En octobre 2005, des gens se sont réunis à Moncton pour célébrer le vingt-cinquième anniversaire de la prestation de services d'aumônerie aux délinquants et à leur famille.

L'aumônerie communautaire est maintenant un ministère communautaire actif dans tout le Canada, car elle compte vingt-six centres dans les cinq régions. Comme l'indique le présent rapport, l'étendue des services offerts est considérable. L'aumônerie communautaire a été décrite comme un « pont » entre les délinquants et les groupes confessionnels. Un directeur d'un bureau de libération conditionnelle l'a décrite comme un soutien communautaire à l'intention des libérés conditionnels qui ne bénéficient à peu près pas d'aide pour réintégrer la société.

L'Aumônerie du SCC continue de relever de nouveaux défis. Elle a lancé récemment l'initiative « S'en sortir ensemble », qui a pour but de permettre à tous les libérés conditionnels d'avoir accès à un soutien lorsqu'ils réintègrent la société canadienne, et l'aumônerie communautaire est bien placée pour leur offrir cette aide. De plus, plusieurs autres pays ont étudié le modèle canadien d'aumônerie communautaire et l'ont adopté et mis en application à l'échelle internationale.

L'aumônerie communautaire du SCC établit maintenant sa propre « tradition vivante »! Les pages qui suivent contiennent les constatations et les observations formulées à partir des visites dans les treize centres d'aumônerie communautaire qui perpétuent cette tradition au Canada.

2. Méthodologie

L'évaluation a été effectuée au moyen d'entrevues structurées avec des employés clés dans la collectivité, des libérés conditionnels et des membres de leur famille, des membres du personnel et des informateurs clés des groupes confessionnels visités.

L'équipe d'évaluation a consulté les aumôniers régionaux afin de décider du choix des endroits. Trois aumôneries communautaires ont été choisies, dans la mesure du possible, dans chacune des cinq régions du Canada. L'équipe s'est rendue dans les villes suivantes : Moncton, Fredericton, St. John, Québec, Sud-Ouest de Montréal, Laval, Kingston, Toronto, Windsor, Saskatoon, Calgary, Vancouver et Victoria.

3 En anglais, l'Å“uvre s'appelle A Living Tradition (une tradition vivante), d'où le jeu de mots dans le dernier paragraphe.

3. Objectifs

L'évaluation visait les objectifs suivants, qui avaient été établis dans le cadre de gestion et de responsabilisation axé sur les résultats (CGRR).

Premier objectif - Évaluer la mesure dans laquelle l'aumônerie communautaire constitue une présence visible dans la collectivité.

Deuxième objectif - Évaluer l'incidence du ministère pastoral et spirituel sur les libérés conditionnels et les ex délinquants, leurs familles et le personnel.

Troisième objectif - Évaluer l'intégration de l'aumônerie communautaire dans les services du SCC, les groupes confessionnels et la collectivité en général.

Quatrième objectif - Évaluer l'incidence de l'aumônerie communautaire sur le soutien offert à la famille des libérés conditionnels et au personnel.

Cinquième objectif - Examiner un certain nombre de questions générales qui ont trait à l'incidence, à la qualité et à l'efficacité de l'aumônerie communautaire.

4. Remerciements

L'équipe d'évaluation tient à exprimer sa gratitude envers les aumôneries communautaires, les bureaux de libération conditionnelle, les maisons de transition et les organismes qu'elle a visités. Elle les remercie de l'excellente collaboration dont ils ont fait preuve dans les cinq régions du Canada.

De plus, elle adresse des remerciements particuliers aux aumôniers qui ont participé à la présente évaluation.

5. Constatations, observations et recommandations

Premier objectif : Évaluer la mesure dans laquelle l'aumônerie communautaire constitue une présence visible dans la collectivité.

Chaque aumônerie communautaire est unique; sa nature et ses programmes sont aussi divers que la collectivité où elle se trouve. L'un des points forts d'une aumônerie communautaire est sa capacité de s'adapter à son milieu.

Première constatation
  • L'emplacement du bureau de l'aumônerie communautaire a une incidence sur les services d'aumônerie communautaire. Une présence visible permanente de l'aumônier communautaire dans un bureau de libération conditionnelle ou une maison de transition permet de sensibiliser davantage les délinquants aux services de l'aumônerie communautaire. Par conséquent, les membres du personnel sont plus susceptibles d'orienter les délinquants vers ces services et de recourir à l'aumônier communautaire afin de répondre à leurs propres besoins en matière de soutien.

Les bureaux de l'aumônerie communautaire visités par l'équipe d'évaluation étaient situés dans beaucoup de genres différents d'immeubles :

  • églises;
  • organismes communautaires;
  • bureaux de libération conditionnelle;
  • centres d'accueil au centre-ville;
  • maisons appartenant à l'aumônerie communautaire;
  • bureaux loués par l'aumônerie communautaire;
  • maison de transition.

La plupart des aumôneries communautaires visitées étaient situées dans une église ou un centre d'aumônerie communautaire dans un immeuble appartenant à une église. Le fait d'installer une aumônerie communautaire dans un immeuble d'une église présente des avantages : établissement d'un lien avec un groupe confessionnel, loyer raisonnable, partage des services (bureau, conciergerie, stationnement) et accès à des bénévoles. Même si certains aumôniers communautaires installés dans une église se demandaient si cela constituait un obstacle dans le cas des libérés conditionnels non croyants, les délinquants interrogés, croyants et non croyants, ne voyaient pas l'installation dans une église d'un Å“il défavorable. Néanmoins, certains agents de libération conditionnelle estimaient que l'installation dans une église pourrait constituer un obstacle pour certains libérés conditionnels.

Quatre des aumôniers communautaires bénéficiaient d'un local désigné dans un bureau local de libération conditionnelle du SCC. L'équipe d'évaluation a déterminé qu'il s'agissait d'une stratégie efficace pour améliorer le service d'aumônerie.

« Le fait d'avoir l'aumônier communautaire sur place a fait une énorme différence. Cela ne semble pas déranger ses clients, car ils considèrent l'aumônerie comme un endroit sûr. Les membres du personnel voient l'aumônier communautaire presque tous les jours de sorte que la plupart d'entre eux ont établi des relations solides avec lui. Par conséquent, ils acceptent d'orienter les délinquants vers l'aumônier et d'y recourir aussi pour leur propre soutien et mieux-être. À titre de directeur, j'ai aussi le sentiment que la collectivité accorde de l'importance à notre travail parce qu'elle sait qu'un pasteur est présent dans notre bureau. »
Le directeur d'un bureau de libération conditionnelle

Les aumôniers communautaires qui occupent des locaux désignés dans un bureau de libération conditionnelle du SCC ont dit qu'ils étaient souvent invités à des conférences de cas et à des consultations par le personnel. À mesure qu'ils ont établi des relations avec le personnel, d'autres domaines se sont présentés à eux, dont l'exercice du ministère auprès du personnel, l'orientation des délinquants et des possibilités de réseautage. Les membres du personnel des bureaux comptant un aumônier communautaire qui assure une permanence ont corroboré les déclarations des aumôniers communautaires. Quatre-vingt-quinze pour cent des employés des bureaux de libération conditionnelle et des maisons de transition qui comptent un centre d'aumônerie communautaire sur place ont dit qu'il s'agissait d'un facteur positif qui les incitait à orienter les délinquants vers l'aumônerie communautaire.

Deux des aumôniers communautaires interrogés avaient un bureau dans une maison de transition. Il s'agit aussi d'une stratégie clé pour les mêmes raisons que celles invoquées plus haut. Les aumôniers communautaires et les résidants des maisons de transition ont dit qu'un bureau d'aumônerie communautaire dans la maison de transition facilitait l'interaction et l'exercice du ministère entre l'aumônier communautaire et les résidants ainsi que le personnel.

Les aumôniers communautaires installés dans un bureau de libération conditionnelle ou une maison de transition ont déclaré que l'accès aux systèmes d'information du SCC était également plus facile.

Les aumôniers dont le bureau était situé dans un centre d'accueil croyaient que la nature d'un tel centre n'est pas toujours propice à l'accompagnement pastoral de leur clientèle cible. Un centre d'accueil reçoit des personnes de tous genres, dont des sans-abri, des toxicomanes, des prostitués et des jeunes en difficulté. Même si toutes ces personnes ont des besoins légitimes, l'objectif principal d'une aumônerie communautaire du SCC consiste à accompagner les ex-détenus et leur famille qui tentent de refaire leur vie dans la société.

Deuxième constatation
  • Quatre-vingt-dix pour cent des aumôneries communautaires n'ont pas de processus systématique permanent de présentation de leurs services aux bureaux de libération conditionnelle, maisons de transition, organismes communautaires et groupes confessionnels.

À la question, « selon quelle fréquence vous rendez-vous au bureau de libération conditionnelle et à la maison de transition », les réponses des aumôniers communautaires variaient. Ceux qui ont un local dans un bureau de libération conditionnelle s'y rendent une fois par semaine, sinon tous les jours. Certains aumôniers communautaires semblaient réticents à se rendre au bureau de libération conditionnelle une fois par semaine; ils ont invoqué des raisons comme la lourde charge de travail des agents de libération conditionnelle ou l'impression de ne pas être bienvenus. D'autres se rendent régulièrement au bureau de libération conditionnelle, même si la plupart des aumôniers communautaires sondés n'avaient fixé aucun moment précis pour se rendre au bureau local de libération conditionnelle.

À la question de savoir comment élargir la « portée » de l'aumônerie communautaire, la plupart des membres du personnel et des directeurs ont répondu en disant que l'aumônier communautaire devrait être plus visible dans les bureaux de libération conditionnelle, les maisons de transition, les organismes communautaires et les groupes confessionnels. La majorité des agents de libération conditionnelle aimeraient que l'aumônier communautaire se rende régulièrement au bureau de libération conditionnelle. Les agents de libération conditionnelle interrogés estimaient également que la présentation régulière de l'aumônerie communautaire et des services qu'elle offre aide à accroître la sensibilisation à l'égard de ceux-ci.

Le personnel des maisons de transition et des organismes communautaires a répété le point de vue des agents de libération conditionnelle. Certains ont suggéré que l'aumônier affiche un calendrier de visites dans la maison de transition. D'autres ont aussi indiqué que les visites trimestrielles de l'aumônier communautaire à une « réunion de la maison » seraient une excellente façon de présenter les services de l'aumônerie communautaire aux résidants.

« L'aumônerie communautaire est un havre de paix pour les délinquants sans soutien ou presque. En tant qu'agent de libération conditionnelle, je crois qu'il s'agit d'un endroit où l'on peut trouver des personnes intelligentes, très compatissantes, qui ne portent pas de jugement et qui se donnent corps et âme à leur travail. Sur un plan purement égoïste, je dirais que l'aumônerie communautaire est un havre de paix pour les agents de libération conditionnelle. »
Un agent de libération conditionnelle

Les visites régulières de l'aumônier communautaire ou de bénévoles accroîtraient la visibilité du service aux yeux des ex-détenus et de leur famille. Il est probable qu'une stratégie systématique de présentation des services d'aumônerie au personnel des bureaux de libération conditionnelle, des maisons de transition et des organismes communautaires augmenterait le nombre de délinquants dirigés et étendrait la portée du service.

Troisième constatation
  • Les aumôniers communautaires en poste dans les grandes villes trouvent qu'il est extrêmement difficile d'assurer un service efficace à tous les délinquants mis en liberté dans leur collectivité en raison de la proportion élevée de libérés conditionnels par rapport aux aumôniers communautaires.

Les membres du personnel interrogés dans les grandes villes ont confirmé l'excellent travail des aumôniers communautaires. Toutefois, ils ont indiqué qu'ils se préoccupaient du fardeau de ceux-ci en raison de l'étendue de leur travail. Certains des délinquants interrogés ont exprimé la même préoccupation.

Les aumôniers communautaires en poste dans les grandes villes ont discuté les défis que constitue la prestation des services. Ils ont décrit les difficultés logistiques que présente la visite d'un grand nombre de maisons de transition, de bureaux de libération conditionnelle, d'organismes et d'églises. Les déplacements peuvent être nombreux et exiger beaucoup de temps.

« Notre aumônier communautaire fait de l'excellent travail. Cependant, je me fais du souci à son égard. La charge de travail est trop lourde. Il a trop de personnes à voir. La ville est trop grosse pour qu'une seule personne puisse desservir la population. Nous avons besoin de plus d'aumôniers communautaires… nous avons besoin de plus de bénévoles… Je crains que notre aumônier communautaire ne souffre d'épuisement professionnel. Il a besoin d'aide! »
Un agent de libération conditionnelle

Selon des données récentes, il y a près de mille libérés conditionnels dans la région du Grand Toronto et de Hamilton. En ce moment, il y a un aumônier communautaire à temps plein et une aumônière à temps partiel pour les femmes. La vallée du Bas Fraser de la Colombie-Britannique compte environ six cent cinquante libérés conditionnels et un aumônier communautaire à temps plein. En raison de la proportion des aumôniers communautaires par rapport aux libérés conditionnels, il est difficile, sinon impossible, de rejoindre les délinquants mis en liberté dans ces grandes villes.

Les aumôneries communautaires desservant ces régions populeuses doivent élaborer une stratégie pour susciter la participation accrue des bénévoles, des groupes confessionnels, des organismes communautaires et des églises. L'équipe d'évaluation a conclu que, pour permettre la réinsertion sociale des délinquants dans les grandes villes, il faut adopter une stratégie qui met davantage l'accent sur le réseautage avec les organismes et les groupes dont la mission consiste à venir en aide aux personnes marginalisées de notre société4.

L'équipe d'évaluation a conclu que l'aumônerie communautaire doit commencer à recourir au réseautage sinon elle sera incapable d'atteindre l'objectif selon lequel il faut « s'en sortir ensemble ».

« Le soutien communautaire est l'un des facteurs les plus importants de la réinsertion sociale. Il n'existe pas de pont entre l'établissement et la collectivité dans la plupart des cas. En milieu carcéral, il y a un sentiment d'appartenance à la collectivité, surtout dans la chapelle. Toutefois, lorsque le détenu quitte ce milieu sécuritaire, il se retrouve dans un environnement beaucoup plus hostile que celui qu'il a quitté. Il est agréable qu'une personne s'occupe de la confrontation avec la réalité de temps en temps. »
Un travailleur d'un cercle de soutien et de responsabilité
Deuxième objectif : Évaluer l'incidence du ministère pastoral et spirituel sur les libérés conditionnels et les ex délinquants, leurs familles et le personnel.

4 L'Aumônerie du système des prisons de l'État de l'Oregon fait appel au modèle du réseautage. Après avoir observé les points forts et les points faibles du modèle canadien, l'Oregon a engagé un aumônier communautaire pour élaborer un modèle d'aumônerie communautaire qui a recours aux groupes confessionnels actuels, aux églises et aux bénévoles pour appuyer la réinsertion sociale des libérés conditionnels. L'aumônier communautaire est informé de la mise en liberté de tous les détenus qui quittent la prison et de la collectivité où ils s'installent. L'aumônier communautaire en informe à son tour quatre coordinateurs régionaux qui mobilisent les groupes confessionnels pour appuyer la réintégration de cette personne dans leur collectivité. L'une des tâches des coordinateurs régionaux consiste à renforcer la capacité de la collectivité d'accueillir les libérés conditionnels. Le modèle reconnaît qu'il y a déjà de nombreux groupes confessionnels dont la mission est d'exercer le ministère auprès des personnes marginalisées. L'aumônerie communautaire devient le pont entre le délinquant et la collectivité. Il s'agit du lien qui prépare et favorise la relation entre le délinquant et le groupe confessionnel.

Quatrième constatation
  • Les libérés conditionnels et leurs familles estiment que le soutien pastoral offert par les aumôniers communautaires et les bénévoles joue un rôle essentiel dans le succès de leur réinsertion sociale.

L'aumônier communautaire joue un rôle important dans la réinsertion sociale des délinquants. Le ministère pastoral est au cÅ“ur du travail de l'aumônier communautaire. Selon les personnes interrogées, ce rôle revêt la forme d'un accompagnement ou de conversations en tête-à-tête.

Les délinquants dans la collectivité ont dit qu'ils considéraient l'aumônier comme une personne non menaçante qui ne porte pas de jugement et qui est prête à les écouter. L'aumônier communautaire n'a pas besoin de rédiger un rapport au sujet de leur conversation et il peut donc garantir la confidentialité de l'entretien.

Quels sont les sujets de conversation? Selon les répondants, les sujets sont les suivants :

  • violence
  • toxicomanie
  • préparation à la vie active et résolution de problèmes
  • questions familiales et de relations
  • spiritualité
  • tentations
  • cycle de criminalité et prévention de la rechute
  • préoccupations en matière de santé
  • questions juridiques
  • questions et préoccupations pratiques
  • gestion de l'argent
  • obstacles au mieux-être
  • questions relatives à l'emploi
  • anxiété et deuil
  • questions physiques
  • maîtrise de la colère
« Je sais que ce n'est pas bien, mais j'ai déjà été un braqueur de banque. Même si je suis sorti de prison depuis quelques années, il y a des moments où j'aimerais faire un hold-up dans une banque. Je ne peux pas faire part de ce sentiment à mon agent de libération conditionnelle parce qu'il devrait agir. Cependant, je peux partager ces sentiments avec l'aumônier communautaire. Je me libère de ces sentiments, il écoute et cela passe. Je me sens mieux d'avoir communiqué ce sentiment à un autre être humain. »
Un ex-détenu

À la question leur demandant de décrire l'incidence du travail pastoral de l'aumônerie communautaire, les libérés conditionnels ont donné les réponses suivantes :

  • Il y a toujours quelqu'un à qui je peux parler.
  • Cela m'a aidé à résoudre mes problèmes de santé.
  • Toutes les fois que je rencontre l'aumônier communautaire, je me sens soulagé.
  • Toute ma vie, j'ai eu des problèmes d'estime de soi, mais l'aumônier communautaire ne me regarde jamais de haut.
  • Cela m'a permis d'être plus indulgent à mon égard et de m'accepter tel que je suis.
  • Cela m'a aidé à participer aux activités de l'église que je fréquente.
  • Il m'a aidé à trouver un appartement.
  • Il m'a donné l'espoir et le réconfort.
  • Cela renforce ma foi.
  • Il m'a aidé à vaincre mes peurs.
  • Nous discutions des problèmes.
  • Cela me donne la possibilité de me porter volontaire.
  • Cela m'a encouragé.
  • Cela m'a permis de me tirer d'affaire.
  • Il m'a prêté une oreille attentive.
  • Cela m'a permis de prendre conscience de mes problèmes.
  • Cela m'a sauvé la vie; j'ai bénéficié d'une base pour mieux m'envoler.
  • J'ai trouvé un soutien inconditionnel.

Le fait de ne pas porter de jugement est au cÅ“ur même des services que l'aumônerie communautaire offre aux libérés conditionnels. Cinquante-cinq pour cent des personnes interrogées ont dit qu'elles faisaient appel aux services de l'aumônerie au moins une fois par semaine. Selon les entrevues avec les libérés conditionnels, les aumôniers communautaires jouent un rôle « sacerdotal »5 auprès des libérés conditionnels. Ils se servent de l'aumônier non seulement comme d'un moyen de rétroaction, mais ils font aussi appel à lui en tant que confident ou confesseur à qui ils peuvent confier les problèmes les plus intimes de leur vie. Cela montre l'identité et la responsabilité pastorales de l'aumônier communautaire. À la question sur la façon dont ils passent leur temps, les aumôniers communautaires ont répondu qu'ils consacrent plus de cinquante pour cent de leur temps à l'accompagnement pastoral personnalisé des délinquants en liberté conditionnelle.

L'équipe d'évaluation a également interrogé plusieurs membres des familles qui ont discuté l'incidence du ministère pastoral de l'aumônier communautaire. Le retour d'un libéré conditionnel dans la collectivité comporte une importante période d'adaptation pour la famille. Beaucoup de membres des familles n'ont personne avec qui discuter les questions auxquelles ils font face lorsqu'ils tentent d'aider leur être cher à réintégrer la société. Selon les personnes interrogées, souvent l'aumônier communautaire met les choses en perspective et prête une oreille attentive aux membres de la famille qui traversent cette période d'adaptation. Les membres des familles des libérés conditionnels considèrent l'aumônier communautaire comme une personne neutre et non comme un employé du SCC ou un ancien associé de l'ex-détenu. L'aumônier communautaire renseigne également les membres de la famille sur les questions examinées pendant l'étape de la réinsertion sociale.

« L'aumônier communautaire m'a permis, en tant que mère d'un délinquant, d'établir un certain équilibre dans mes émotions au moment où je faisais face à tous les aspects négatifs de l'incarcération. Comme ma famille n'avait jamais connu l'incarcération ou les drogues, cela a été très difficile et très bouleversant pour elle. On a besoin de beaucoup plus d'aumôniers communautaires. Leur premier contact peut être établi avec le détenu, mais les membres de leur famille ou leur blonde, etc., ont grand besoin de leur aide. »
La mère d'un ex-détenu

Un certain nombre de libérés conditionnels ont déclaré qu'ils n'avaient pas la foi ou qu'ils ne faisaient pas partie d'un groupe confessionnel. Même s'ils ont reconnu que l'aumônerie communautaire comprenait un élément spirituel, ils ont dit qu'ils étaient à l'aise et qu'ils se sentaient acceptés sans condition, quel que soit leur point de vue.

Cinquième constatation
  • Quatre-vingt pour cent des aumôniers communautaires interrogés n'avaient pas de plans pastoraux écrits pour guider leur travail.

Comme il est mentionné ci-dessus, les aumôniers communautaires peuvent devoir faire face à beaucoup de demandes. Par conséquent, ils doivent établir la priorité des demandes et élaborer des plans pour s'acquitter de leur mission.

Certains (20 %) des aumôniers communautaires ont élaboré et mis en Å“uvre un plan pastoral pour guider leur travail. L'équipe d'évaluation a observé que cette pratique donnait plusieurs résultats, dont l'accroissement de la reddition de comptes, l'auto-évaluation et l'évaluation, l'amélioration des communications et la constitution d'un esprit de corps.

Tous les aumôniers communautaires disposent d'un guide de planification pastoral, conçu par l'Aumônerie de l'AC. Toutefois l'aumônier ne doit pas concevoir et mettre en pratique un plan pastoral en vase clos; c'est plutôt un outil pour le conseil de l'aumônerie communautaire, l'aumônier communautaire et les bénévoles.

Sixième constatation
  • Quatre-vingt-dix pour cent des libérés conditionnels interrogés ont dit que la spiritualité et le groupe confessionnel jouaient un rôle important dans leur réinsertion sociale.

Quatre-vingt-dix pour cent des libérés conditionnels ont indiqué que la spiritualité jouait un rôle important ou très important dans le succès de leur réinsertion sociale. Un ex-détenu a dit que « pour la première fois de ma vie, j'ai le désir de donner, d'écouter et de servir ». Un autre a dit qu'« il devient évident à mes yeux que ma vie peut faire une différence dans mon monde. Croyez-moi, il y a eu des moments où j'avais l'impression que ma vie ne valait rien du tout. Je remercie l'aumônier communautaire du rôle d'identification positif qu'il a joué et ceux que j'apprends à connaître à mon église ».

« J'ai commencé à fréquenter l'église d'en face. J'étais très prudent au début parce que mon cas est très notoire. Les gens de l'église étaient également très prudents à mon sujet. Nous avons appris à nous connaître. Je leur ai expliqué la nature de mes crimes… ils ont écouté. Je voulais participer davantage aux activités de l'église, mais ils m'ont dit de continuer de venir à l'église et que je pourrais y participer au moment voulu. Après environ un an, j'ai pu commencer à participer aux répétitions de la chorale. Je chante maintenant avec la chorale. Quelques mois plus tard, une petite vieille vêtue de l'uniforme de l'Armée du salut est venue me voir et m'a dit : "C'est formidable de vous avoir dans notre église, mais si jamais vous retournez en prison encore, vous aurez affaire à moi! " Je prends ses paroles très au sérieux! »
Un résidant d'une maison de transition
« Lorsque nos clients ont touché le fond, ce sont les groupes confessionnels qui les prennent en charge. »
Un directeur d'un bureau de libération conditionnelle

Les aumôniers communautaires jouent le rôle d'intermédiaires entre le libéré conditionnel et le groupe confessionnel6. Ils peuvent expliquer aux groupes confessionnels les défis particuliers que doivent relever les libérés conditionnels pour réussir à réintégrer la société. L'aumônier communautaire prépare et forme les membres du groupe confessionnel pour qu'ils donnent les réponses appropriées aux libérés conditionnels et à leur famille. De plus, l'aumônier communautaire ou les bénévoles sont bien placés pour expliquer la culture unique des groupes confessionnels aux libérés conditionnels qui tentent de s'y intégrer.

Beaucoup de délinquants et d'ex-délinquants n'ont pas noué de relations avec des modèles d'identification positifs dans leur vie. On a souvent établi un lien entre les facteurs de risque dynamiques, comme leurs fréquentations, et leur criminalité. Le fait de s'associer à un groupe confessionnel permet à l'ex-délinquant d'établir des relations positives avec sa vie.

Troisième objectif : Évaluer l'intégration de l'aumônerie communautaire dans les services du SCC, les groupes confessionnels et la collectivité en général

6 De plus en plus d'études corroborent les affirmations comme celles qui figurent plus haut. Dans son article intitulé « The Impact of Religious Programming on Recidivism, the Community and Prisons » [juin, 1995], Tom O'Connor soutient que les programmes religieux et spirituels faisaient une différence de trois façons : changer la vie de certains délinquants et réduire leur récidive; mobiliser, former et informer la collectivité; améliorer le moral et le comportement prosocial des délinquants. Dans leur article, « A Model for Churches and Ex-Offenders » [1998], O'Connor, Ryan et Parikh présentent des données selon lesquelles la participation des ex-détenus à un programme confessionnel réduit sensiblement leur niveau de besoin, leur risque de récidive et leur récidive réelle. Summer [1999] a constaté que les détenus qui participaient à des activités religieuses en milieu carcéral et qui croyaient plus en un Dieu transcendant étaient beaucoup moins susceptibles d'être arrêtés de nouveau. Après avoir examiné soixante études, Baier et Wright [2001] ont conclu qu'il y avait un lien positif entre la pratique religieuse et la prévention du crime.

Septième constatation
  • Seulement dix pour cent des aumôneries communautaires visitées ont accès à des systèmes d'information qui les informent du moment où un délinquant arrive dans leur collectivité.
« Selon la façon dont le système fonctionne maintenant, c.-à-d. qu'aucun avis officiel ne nous est communiqué lorsqu'un délinquant arrive dans notre collectivité, nous devons nous en remettre à d'autres personnes du système pour qu'elles nous indiquent qui est susceptible de se trouver tout seul lors de sa libération. »
Un aumônier communautaire

À la question « Comment savez-vous quand un délinquant est mis en liberté dans votre collectivité? », les aumôniers communautaires ont répondu que seuls ceux qui ont des bureaux dans un établissement du SCC (bureau de libération conditionnelle) ont accès au système de notification du SCC. Les autres aumôniers doivent utiliser d'autres moyens pour avoir accès aux renseignements sur les mises en liberté, dont les suivants :

  • la surveillance des établissements de la région, en particulier les établissements de libération;
  • la collaboration avec les collègues aumôniers;
  • les délinquants dirigés par d'autres clients;
  • le bouche-à-oreille;
  • les appels téléphoniques;
  • les aumôniers en établissement;
  • le personnel des maisons de transition;
  • les membres de la famille;
  • les ex-détenus;
  • les médias.

Afin de pouvoir offrir un continuum de soins efficace, l'aumônier communautaire doit être informé systématiquement de l'arrivée des délinquants dans sa collectivité. Les aumôniers communautaires estiment qu'ils ne rejoignent que quinze à vingt pour cent des libérés conditionnels dans leur collectivité. Ceux qui ont accès à l'aumônerie communautaire attachent de la valeur au service mais, selon les libérés conditionnels et les membres du personnel interrogés, il semble que la plupart des libérés conditionnels ne savent pas que l'aumônerie communautaire constitue une ressource.

« Les deux premières semaines constituent la période la plus importante après la mise en liberté des délinquants. S'ils ne bénéficient pas du soutien de la collectivité, ils ne s'en tireront pas. Lorsqu'ils n'ont aucun soutien, l'aumônerie communautaire est là pour eux. Ce serait le dernier programme que j'abolirais. »
Un directeur d'un bureau de libération conditionnelle

Une autre façon de renforcer le lien entre l'aumônerie communautaire et le bureau de libération conditionnelle du SCC consiste à demander à un représentant du bureau de libération conditionnelle de faire partie du conseil de l'aumônerie communautaire locale. Il s'agit d'une méthode éprouvée d'amélioration des communications et des relations dans les deux endroits lorsque cela se produit.

Huitième constatation
  • Le personnel des bureaux de libération conditionnelle et des maisons de transition dirige les délinquants vers l'aumônerie communautaire pour de nombreuses raisons. L'aumônerie communautaire doit faire connaître la gamme de services qu'elle offre..

À la question, « Pourquoi dirigeriez-vous un délinquant vers l'aumônerie communautaire? ", trente pour cent des agents de libération conditionnelle ont répondu en termes reliés à la religion. Un agent de libération conditionnelle a résumé la rétroaction de bon nombre : « Si un gars a fréquenté la chapelle en prison, je mentionne qu'il peut avoir accès à un service d'aumônerie communautaire ». Comme il est mentionné à la première constatation, cela représente un point de vue limité sur l'aumônerie communautaire et ses services.

« Il y a des cas qui ne répondent pas à mes critères, qui passeraient à travers les mailles du filet pour se diriger à toute allure vers l'échec. Par exemple, j'ai affaire à des délinquants sexuels à risque élevé qui sont mis en liberté à l'expiration du mandat, mais qu'en est-il du délinquant dangereux qui a besoin d'aide dans la collectivité ou du délinquant violent qui demande de l'aide. Il est bon de savoir que l'aumônerie communautaire peut apporter son aide dans ces cas. J'ai l'impression qu'elle fait partie de notre équipe. »
Un agent de libération conditionnelle

Certains membres du personnel du SCC ont un point de vue plus général de l'aumônerie communautaire. Voici d'autres raisons qu'ils ont invoquées pour diriger des délinquants vers l'aumônerie :

  • aider quelqu'un qui a besoin de soutien;
  • aider quelqu'un qui a besoin d'aide, quelle qu'en soit la forme;
  • aider les femmes qui ont besoin de services de garde et de soutien psychologique;
  • établir un lien entre le délinquant et le groupe confessionnel;
  • établir un lien entre le délinquant et les ressources communautaires;
  • appuyer les délinquants qui ont besoin de plus de temps pour réintégrer la société;
  • diriger le délinquant vers le groupe de détenus condamnés à perpétuité;
  • aider à la réinsertion sociale du délinquant;
  • parce que c'est un service gratuit;
  • parce qu'il peut exister une synergie entre le délinquant et l'aumônier;
  • offrir un soutien personnalisé;
  • aider à franchir la cinquième étape des A.A.;
  • offrir la guérison de l'esprit;
  • aider les délinquants dans la collectivité à trouver un logement;
  • aider les délinquants à se considérer comme faisant partie de la collectivité;
  • offrir un soutien aux délinquants qui n'ont pas de soutien dans la collectivité;
  • l'aumônier communautaire est une présence non menaçante;
  • elle offre aux délinquants la possibilité de faire du bénévolat;
  • elle offre la neutralité;
  • les aumôniers communautaires peuvent offrir un soutien que les ALC ne peuvent pas offrir;
  • les ex-délinquants ont besoin d'amis, et l'aumônerie communautaire offre l'amitié;
  • elle fait du bon travail dans le cas des délinquants qui ont besoin d'aide;
  • l'aide de l'aumônier communautaire permet d'accroître les ressources.

Il ne s'agit pas d'une liste exhaustive, mais elle indique les diverses raisons pour lesquelles le personnel du SCC dirige les délinquants vers l'aumônier communautaire.

« J'ai constaté que c'était le seul endroit où je pouvais diriger un délinquant mis en liberté atteint d'une maladie terminale….aucun soutien communautaire, pas d'argent, pas de carte d'identité pour avoir accès aux services sociaux et personne pour diriger un service funéraire. L'aumônier communautaire ne s'est pas contenté de faire son travail. Le temps qu'il a consacré au délinquant, les paroles de réconfort qu'il lui a adressées, l'encouragement prodigué, la rétroaction positive, le soutien pratique qu'il lui a fourni, qu'il s'agisse de l'obtention de prestations d'aide sociale ou de tous les arrangements funéraires, m'ont fait vivre une expérience profondément humaine…. Que je n'oublierai jamais. »
Un agent de libération conditionnelle

Les délinquants interrogés ont fait état d'un certain nombre de moyens par lesquels ils ont pris connaissance de l'aumônerie communautaire, notamment les aumôniers en établissement, les amis, la famille, le personnel des maisons de transition et les églises locales. Quatre-vingt-deux pour cent des libérés conditionnels ont dit qu'une personne autre qu'un agent de libération conditionnelle les avait dirigés vers l'aumônerie communautaire.

Selon les délinquants sondés, les aumôniers en établissement sont les principaux agents d'orientation vers l'aumônerie communautaire. Même si l'aumônerie en établissement constitue une partie importante du continuum de soins, l'aumônerie communautaire doit aussi trouver d'autres possibilités d'orientation afin d'étendre son rayon d'action.

Neuvième constatation
  • Les groupes confessionnels qui travaillent avec les ex-délinquants et leur famille croient que ce travail fait partie intégrante de leur mission. Toutefois, les groupes confessionnels doivent être prêts à recevoir les délinquants et leur famille et être équipés pour le faire.

Le lien entre un ex-détenu et un groupe confessionnel pose parfois un défi. Les libérés conditionnels qui rétablissent des liens éprouvent souvent de la honte et de la gêne, et les groupes confessionnels en ont une appréhension. Les délinquants qui essaient de nouer une nouvelle relation avec un groupe confessionnel après leur incarcération ont besoin d'orientation, car ils font face à toute la dynamique de la réinsertion sociale après une période d'incarcération prolongée. De plus, l'interaction prosociale avec des citoyens ordinaires peut poser un défi de taille.

« J'ai eu une mauvaise expérience avec une église. Le ministre ne permettait pas à ses membres de prendre le café avec moi. J'ai décidé de ne plus aller dans cette église. Je lui ai dit qu'il n'était pas chrétien. »
Un libéré conditionnel

L'aumônier communautaire ou l'aumônerie communautaire qui accepte de constituer un pont entre l'ex-détenu et le monde du groupe confessionnel doit relever un double défi. Premièrement, ils tentent d'aider les délinquants à faire face au choc culturel qu'il rencontre dans beaucoup de groupes confessionnels. Deuxièmement, ils aident le groupe confessionnel à se préparer à l'entrée d'une personne récemment incarcérée.

« Notre église a commencé à s'adresser aux ex-détenus et à leur famille lorsque nous nous sommes posé la question suivante : "Quel genre d'église voulons-nous être? " Nous avons décidé que nous devions abandonner l'idée que l'église n'accueille que de bonnes personnes. Nous avons commencé lentement à établir des relations avec tous les genres de personnes, y compris les ex-détenus. Ce fut la meilleure décision que notre église ait jamais prise. »
Un pasteur

Les pasteurs interrogés par l'équipe d'évaluation ont fait état de ces défis. Certains pasteurs croyaient que la mission et l'objectif de leur groupe confessionnel les aidaient à relever le défi de la réinsertion sociale. Ils ont posé des questions comme : « Qui sommes-nous appelés à être et qui devons-nous rejoindre? » D'autres pasteurs ont fait remarquer qu'il a fallu beaucoup de temps pour préparer leurs membres à accueillir des libérés conditionnels et leur famille. Certains des groupes confessionnels ont « subi les conséquences » de l'accueil de cette clientèle en raison d'incidents critiques, se sont découragés et ont pris peur. Ils ont soit abandonné le travail, soit pris des mesures pour atténuer le risque. La plupart des personnes interrogées ont fait état des difficultés, mais elles ont choisi de rester fidèles à leur mission.

« À ma sortie de prison, j'étais socialement introverti et gêné. Lorsque j'ai été accueilli par cette aumônerie communautaire, j'ai été traité comme une personne. Elle m'a aidé à m'extérioriser lentement. J'ai appris comment établir des relations avec les autres et j'ai commencé à me sentir bien dans ma peau. »
Un ex-détenu dans la collectivité
Quatrième objectif : Évaluer l'incidence de l'aumônerie communautaire sur le soutien offert à la famille des libérés conditionnels et au personnel
Dixième constatation
  • Les aumôneries communautaires offrent une gamme étendue de services de soutien à la famille des délinquants.

Les aumôneries communautaires estiment que le soutien aux membres de la famille des libérés conditionnels fait partie de leur mandat. Toutefois, trente pour cent ont dit qu'elles n'avaient pas le temps d'offrir ces services. Soixante-dix pour cent ont indiqué qu'elles offraient une gamme étendue de services de soutien aux familles des libérés conditionnels, dont les suivants :

  • counseling individualisé pour les conjoint(e)s, les partenaires, les parents et les enfants des délinquant(e)s;
  • counseling matrimonial et journées de réflexion pour les couples;
  • hébergement d'urgence;
  • classes de gestion de l'argent;
  • partenaires de groupes d'ex-détenus;
  • services d'aiguillage;
  • transports;
  • récupération et entreposage des objets personnels;
  • éducation;
  • camp d'été pour les enfants.
« Lorsque mon mari a été incarcéré, j'ai éprouvé beaucoup de honte. Mes amis se sont éloignés de moi. J'ai eu l'impression qu'ils fuyaient ma présence. Il y avait tant que choses que je ne comprenais pas. Mon mari n'avait jamais commis de crime auparavant. Sans l'aumônier communautaire, je n'aurais pas pu passer à travers cette période. Il m'a écoutée. Il m'a expliqué le système de justice pénale. Il m'a conduite à l'établissement lorsque j'étais réellement mal prise. Maintenant, depuis que mon mari a été mis en liberté, il vient nous voir. Je ne sais pas ce que j'aurais fait sans lui. »
La femme d'un délinquant

La plupart des agents de libération conditionnelle et des employés des maisons de transition interrogés ne semblaient pas être au courant du travail que les aumôneries communautaires effectuent auprès des familles des libérés conditionnels.

Onzième constatation
  • Les membres du personnel qui ont accès aux services de l'aumônerie communautaire trouvent ceux-ci extrêmement utiles pour leur propre soutien et mieux-être. Beaucoup de membres du personnel interrogés accordent une grande valeur à la spiritualité en tant que facteur positif de la réinsertion sociale des délinquants.
« Comme je travaille au SCC depuis longtemps, je suis devenu cynique, comme beaucoup d'autres personnes, à force de travailler dans un milieu qui, pour être franc, manque d'intégrité. L'aumônerie communautaire a réellement été la partie la plus positive de ma carrière au SCC! »
Un agent de libération conditionnelle

Un autre volet de l'énoncé de travail d'un aumônier communautaire est le ministère auprès du personnel. Les membres du personnel qui travaillent dans un bureau de libération conditionnelle et une maison de transition traversent souvent des périodes de stress et de pression. Même si des programmes d'aide aux employés sont offerts, certains font appel à l'aumônier communautaire pour obtenir un soutien et des conseils personnels.

Le ministère auprès du personnel est souvent un résultat de l'établissement de relations entre l'aumônier communautaire et les membres du personnel. Comme il est mentionné à la deuxième constatation, lorsque la présence de l'aumônier communautaire est visible, le ministère auprès du personnel s'en trouve amélioré.

« Lorsque ma mère est décédée, je ne m'attendais pas à ce que quelqu'un du bureau assiste à ses funérailles. Le service a eu lieu dans une collectivité située à près de trois heures de voiture du bureau. Vous n'avez pas idée du sentiment que j'ai éprouvé lorsque j'ai vu le visage de notre aumônier communautaire parmi les personnes présentes. Je ne l'oublierai jamais! »
Un agent de libération conditionnelle

Certains agents de libération conditionnelle ont fait état du rôle joué par les aumôniers communautaires lors du meurtre d'un agent de libération conditionnelle. Beaucoup d'agents de libération conditionnelle se sentaient vulnérables et avaient besoin de parler de leurs sentiments. Un grand nombre ont consulté l'aumônier communautaire pour leur propre soutien personnel. De plus, certains ont mentionné le fait que les aumôniers communautaires ont tenu des services commémoratifs en mémoire de l'agent de libération conditionnelle abattu. Ils considéraient cette expression officielle comme significative. Une directrice d'un bureau de libération conditionnelle a mentionné le rôle que l'aumônier communautaire a joué lorsque la pression des médias et du public s'est exercée sur le bureau. Elle a indiqué comment la présence et l'interaction de l'aumônier communautaire avaient eu une influence apaisante sur les membres du personnel qui ont constaté que bien des membres de la collectivité ne partageaient pas les opinions exprimées dans les médias.

Selon les données recueillies pendant les entrevues, les membres du personnel accordent beaucoup de valeur à la spiritualité. Lorsqu'on leur a demandé d'évaluer l'importance de la spiritualité, quatre-vingt-un pour cent d'entre eux ont dit qu'elle était « très importante » à leurs yeux. Même si les membres du personnel ont accès aux ressources communautaires, les aumôniers communautaires leur offre un soutien pastoral sur place.

Toutefois, la plupart des agents de libération conditionnelle et des employés des maisons de transition ne savaient pas qu'ils pouvaient avoir accès aux aumôniers communautaires. Il faut faire connaître plus efficacement la disponibilité de cette ressource.

Cinquième objectif : Examiner un certain nombre de questions générales qui ont trait à l'incidence, à la qualité et à l'efficacité de l'aumônerie communautaire.
Douzième constatation
  • Les aumôneries communautaires trouvent qu'il est de plus en plus difficile de recruter des bénévoles pour qu'ils aident à la réinsertion sociale des délinquants même si les bénévoles actuels s'y consacrent fidèlement.
« Il est beaucoup plus facile de recruter des bénévoles chargés de travailler avec les délinquants incarcérés que des bénévoles qui acceptent de travailler avec les délinquants dans la collectivité. »
Un aumônier en établissement

Beaucoup de bénévoles dévoués appuient les aumôneries communautaires dans tout le pays. Les entrevues avec les aumôniers ont fait ressortir ce fait. Ils ont exprimé leur gratitude à l'endroit de leurs bénévoles qui leur consacrent des nombreuses heures. L'équipe d'évaluation a interrogé plusieurs bénévoles, qui l'ont impressionnée.

Toutefois, les aumôniers communautaires ainsi que leurs conseils ont signalé qu'il est de plus en plus difficile de recruter des bénévoles pour la réinsertion sociale des délinquants. Ce phénomène tient à des raisons comme le fait que les bénévoles se sentent plus vulnérables en l'absence de la sécurité offerte dans les établissements correctionnels.

Les images et les reportages négatifs des médias concernant les délinquants notoires peuvent entraîner un durcissement de l'opinion publique contre le crime et les criminels et constituer un obstacle au recrutement de bénévoles. De plus, beaucoup d'autres bonnes causes dans la collectivité attirent l'attention des bénévoles.

Afin de conserver des bénévoles motivés, il importe d'accroître leur effectif. Étant donné les demandes de plus en plus nombreuses auxquelles font face les aumôniers communautaires, surtout dans les grandes villes, l'aumônerie communautaire efficace fera de plus en plus appel à une forte infrastructure de bénévoles. Il faut élaborer une stratégie de recrutement de bénévoles judicieuse et bien planifiée pour assurer la durabilité de l'aumônerie communautaire. Un programme de bénévoles efficace doit comprendre le recrutement, la gestion, l'orientation, la formation, l'évaluation, le soutien permanent et la reconnaissance des bénévoles.

Treizième constatation
  • Soixante-dix pour cent des aumôniers communautaires ont déclaré que leur programme de formation des bénévoles devait être amélioré.

Bon nombre des aumôniers communautaires ont dit que leur programme de formation des bénévoles était inadéquat, ce qui a également un effet sur le recrutement. Pour être prêts à agir comme bénévoles, les membres de la collectivité doivent comprendre les besoins particuliers des délinquants et de leur famille, leur culture, le système de justice pénale, les limites et d'autres questions. Une sélection préliminaire, une formation et un soutien appropriés sont essentiels.

Certaines aumôneries communautaires ont demandé au SCC de leur venir en aide à cet égard. Parmi les approches créatrices, mentionnons le fait d'inviter le personnel du SCC à diriger des ateliers de formation. Un aumônier communautaire examine une stratégie de collaboration avec d'autres groupes confessionnels et communautaires.

Un guide de formation des bénévoles pourrait être rédigé à l'intention des bénévoles dans la collectivité. L'Aumônerie de l'AC pourrait également agir comme ressource dans ce domaine.

Quatorzième constatation
  • Quatre-vingt pour cent des aumôniers communautaires interrogés ont dit que l'orientation et la formation visant à les préparer à remplir les fonctions d'aumônier communautaire auraient pu être plus efficaces.

Il faut donner une orientation et une formation spécialisées aux aumôniers communautaires pour les préparer à leur rôle. Même si certains ont une expérience directe de la culture des délinquants, bon nombre des aumôniers viennent d'autres secteurs lorsqu'ils commencent à exercer leurs fonctions. Le travail est complexe et exige une connaissance du système de justice pénale, des facteurs criminogènes, de la culture des délinquants, des stratégies de réinsertion sociale, de la gestion des bénévoles ainsi que des réalités de la gestion, de la gouvernance et des contrats.

Certains aumôniers communautaires interrogés ont dit que les activités d'orientation à Mississauga (2003) et Fredericton (1998) avaient eu une incidence significative sur leur éducation et leur compréhension de l'aumônerie communautaire. Des activités d'orientation régulières prépareraient et soutiendraient efficacement les aumôniers communautaires en vue de leur travail.

Quinzième constatation
  • Les aumôniers communautaires font appel à de nombreux réseaux pour appuyer leur travail. Chaque aumônerie communautaire devrait établir une base de données sur ces ressources auxquelles elle pourrait recourir.

Les aumôniers communautaires ont recours à des réseaux dans la collectivité pour qu'ils les aident dans leur travail de réinsertion sociale. On leur a demandé d'indiquer trois ressources auxquelles ils ont eu accès dans leurs réseaux pendant la semaine de l'entrevue. Voici un échantillon de leurs réponses :

  • Société John Howard
  • Cercles de soutien et de responsabilité
  • Prison Fellowship Angel Tree
  • The Connecting Link
  • Toronto Community Care Access Centre
  • Une maison de transition
  • Un bureau de probation
  • Centre d'apprentissage
  • Thomas More Institute
  • Centre d'emploi Little Burgundy
  • St. Columbia House
  • Un café du centre-ville
  • Armée du Salut
  • Un foyer de groupe
  • YMCA
  • Centre de la justice réparatrice
  • Bratshaw Youth and Family Services
  • Société Elizabeth Fry
  • The Mustard Seed
  • Une librairie chrétienne
  • Un entrepôt de meuble
  • '211'
  • Shepherd's Guide
  • Personnel des ministères de la justice communautaire
  • Ryndale House (refuge pour hommes)
  • Comité central mennonite
  • Programme d'Accompagnement " homme à homme " ou " femme à femme "
  • Un service de police
  • Une unité des victimes
« L'aumônier communautaire est le pont entre l'établissement et la collectivité. Il ou elle établit les liens avec les ressources de soutien pour l'ex-détenu et sa famille. Il ou elle appuie activement à l'intérieur ou à l'extérieur de la prison le délinquant et sa famille dans le cadre du processus d'incarcération et de réinsertion sociale. »
Le directeur d'un organisme communautaire

L'équipe d'évaluation a noté que seuls quelques aumôniers communautaires ont pu fournir une base de données sur les ressources communautaires. Cette base de données serait une ressource utile pour les futurs aumôniers communautaires et bénévoles de l'aumônerie.

Seizième constatation
  • Beaucoup d'aumôneries communautaires offrent ou facilitent un soutien pratique aux délinquants et à leur famille.

Les membres de l'équipe d'évaluation ont fait une constatation inattendue : la mesure dans laquelle l'aumônerie communautaire essaie de répondre aux besoins pratiques des ex-détenus et de leur famille. Alors que l'aide pratique accordée contribue à établir des relations et la confiance, pour bien des délinquants qui réintègrent la société, les préoccupations pratiques ont préséance sur tout le reste. Beaucoup d'aumôneries communautaires veillent à répondre aux besoins humains de base des libérés conditionnels. Certaines aumôneries communautaires y pourvoient au moyen de leurs propres banques d'alimentation, centres de repas, refuges temporaires et dépôts de vêtements. Cependant, la plupart font appel à d'autres réseaux de la collectivité pour répondre à ces besoins de base. Voici certains des services pratiques offerts par les aumôneries communautaires :

  • refuge d'urgence;
  • banque alimentaire;
  • dépôt de vêtements;
  • centre offrant un repas quotidien;
  • coupons pour avoir accès à des aliments;
  • coupons pour avoir accès à des vêtements et un refuge;
  • transport;
  • billets de transport en commun;
  • trousses d'accueil;
  • aide dans le processus de bien-être social;
  • aide pour l'obtention d'un permis de conduire;
  • fourniture de temps d'ordinateur;
  • soutien et services en matière d'emploi;
  • camion de déménagement des meubles et des objets personnels;
  • meubles et bons pour l'obtention de meubles d'occasion;
  • aide pour la gestion de l'argent;
  • orientation vers les services dans la collectivité;
  • cours sur l'hygiène personnelle.

Les membres du personnel du SCC qui connaissent les services pratiques offerts par les aumôneries communautaires locales estiment qu'il s'agit d'une ressource utile. Les délinquants mis en liberté se sentent souvent intimidés et désorientés. L'aumônier communautaire peut offrir son amitié et son aide pendant les premiers jours du délinquant dans la société. Un aumônier communautaire profite de sa tournée hebdomadaire pour entretenir des relations permanentes avec les ex-détenus et leur famille.

« Je ne sais pas ce que j'aurais fait sans l'aumônier communautaire pendant les premières semaines qui ont suivi ma mise en liberté. Je n'avais pas été à l'extérieur de la prison depuis plus de vingt ans. Tout avait changé, et je me sentais comme un étranger visitant une autre planète. L'aumônier communautaire m'a accompagné pendant ces premières semaines et ces premiers mois. Il m'a aidé à m'installer dans mon appartement… il m'a donné des aliments … il m'a aidé à obtenir un emploi… et fait plus important encore, il m'a rencontré pour prendre un café lorsque je devais parler à quelqu'un. Maintenant que je suis à l'extérieur depuis deux ans, j'essaie de remettre ce que j'ai reçu. J'aide des gars à déménager lorsqu'ils sortent de prison et j'agis comme bénévole au centre de repas. "
Un ex-détenu
Dix-septième constatation
  • Le financement de l'aumônerie communautaire est inégal au Canada, allant d'un financement limité à un financement correspondant au taux d'un aumônier en établissement à temps plein.

Les visites dans les centres ont montré que le financement de l'aumônerie communautaire est inégal au pays. Alors que des villes comme Toronto et Vancouver ont un aumônier communautaire qui touche un revenu équivalant à celui d'un aumônier en établissement à plein temps, d'autres centres comme Halifax ont un aumônier bénévole qui touche une rémunération minime pour son travail.

Malgré la demande de l'Aumônerie de l'AC pour que l'aumônerie communautaire reçoive un dollar par jour par libéré conditionnel, le niveau actuel demeure à 27 cents par jour. L'accroissement du financement renforcerait la capacité des aumôneries communautaires du Canada d'appuyer la réinsertion sociale des délinquants mis en liberté sans danger pour le public.

Quelques-uns des centres visités envisagent ou ont mis en place un financement supplémentaire pour compléter le financement du SCC. Dans la région de l'Atlantique, deux des provinces (Nouveau-Brunswick et Île-du-Prince-Édouard) ont mis en place des partenariats fédéraux-provinciaux selon lesquels la province fournit un montant équivalant à celui du SCC. D'autres aumôneries communautaires envisagent des arrangements semblables. Certaines aumôneries communautaires demandent des fonds à des fondations privées et des organismes communautaires. D'autres organisent des campagnes de levée de fonds tout au long de l'année. La plupart des aumôneries communautaires ont un numéro d'Å“uvre de bienfaisance de sorte qu'elles peuvent recevoir des dons privés et émettre des reçus aux fins de l'impôt. Les initiatives de financement comme celles-là aident à établir l'infrastructure financière d'une aumônerie communautaire permanente et efficace.

Dix-huitième constatation
  • Une évaluation plus systématique des aumôneries communautaires aiderait chacune d'elles à déterminer si elle s'acquitte de sa mission et atteint ses objectifs.

Selon les aumôniers communautaires interrogés, l'absence d'une évaluation permanente des services d'aumônerie communautaire constitue une faiblesse. Même si chaque aumônerie communautaire présente un rapport mensuel sur les indicateurs, les aumôniers communautaires ont dit que dans presque tous les cas, ni le conseil de l'aumônerie communautaire ni l'aumônier régional ne procèdent à des évaluations systématiques.

Une évaluation annuelle peut assurer le conseil de l'aumônerie communautaire et l'Aumônerie du SCC que l'aumônerie communautaire atteint ses buts et ses objectifs. Elle offre aux intervenants la possibilité d'évaluer ce qui est arrivé pendant l'année écoulée et d'apporter des ajustements et d'établir des plans stratégiques pour l'année à venir.

Il doit y avoir un lien entre l'évaluation annuelle et le plan pastoral. Cette pratique permettrait aux conseils des aumôneries communautaires et à l'aumônier régional d'être au courant des buts et des plans pour chaque année. De plus, le conseil, l'aumônier régional et l'aumônier communautaire pourraient examiner l'efficacité du plan pastoral et discuter les modifications au besoin.

6. STRATÉGIES FAVORISANT LA CRÉATION DE SAINES AUMÔNERIES COMMUNAUTAIRES

Comme il a été mentionné précédemment, bon nombre de libérés conditionnels, de membres de leur famille, de membres du personnel du SCC et d'aumôniers communautaires ont été interviewés dans le cadre du processus. De la visite des 14 établissements en sont ressorties certaines " pratiques exemplaires ". Les éléments ci-dessous sont les composantes d'une aumônerie communautaire saine, d'après les entrevues réalisées et les observations recueillies par les équipes d'évaluation. Ces recommandations sont formulées aux aumôneries communautaires et au SCC pour maintenir et renforcer l'incidence du service.

I Promotion et communication
  • Les aumôniers communautaires établissent un plan de visites systématique et permanent pour présenter les services d'aumônerie aux agents de libération conditionnelle, au personnel et aux résidants des maisons de transition, aux organismes communautaires et aux groupes confessionnels.
  • L'aumônerie communautaire du SCC fait savoir plus efficacement qu'elle est un réseau de soutien à la disposition de tous les délinquants de la collectivité, et non uniquement de ceux pour qui la religion ou la spiritualité est importante. Ce soutien comprend la prestation de soutien pratique aux libérés conditionnels et à leur famille.
  • Les aumôneries communautaires incluent la formation et la sensibilisation du personnel dans leur plan pastoral pour informer le personnel du SCC de l'étendue des services offerts aux libérés conditionnels et à leur famille et pour fournir du soutien au personnel.
II Planification stratégique
Interne
  • Les aumôneries communautaires élaborent et mettent en Å“uvre un plan pastoral écrit pour guider la prestation de leurs services.
  • Les aumôniers communautaires et leurs conseils utilisent une stratégie de recrutement et de formation de bénévoles intégrée dans leurs plans pastoraux et révisent cette stratégie tous les ans.
  • Chaque bureau d'aumônerie communautaire conçoit et tient à jour une base de données sur les ressources offertes dans sa collectivité pour répondre aux besoins des délinquants.
  • Chaque aumônerie communautaire examine des sources de financement supplémentaires comme les gouvernements provinciaux, les fondations, les groupes confessionnels et l'ensemble de la collectivité.
Externe
  • Les aumôniers communautaires et leurs conseils, en particulier ceux des grandes villes, établissent une stratégie pour utiliser les partenariats et les réseaux communautaires actuels pour étendre la portée des services d'aumônerie communautaire.
  • Chaque aumônerie communautaire invite un représentant du bureau de libération conditionnelle local à assister aux réunions de son conseil.
  • Les plans pastoraux des aumôneries communautaires prévoient du temps pour aider les groupes confessionnels locaux à se préparer à la réinsertion sociale des délinquants.

Première recommandation - Que chaque aumônerie communautaire élabore et mette en Å“uvre un plan pastoral annuel comprenant les " pratiques exemplaires " ci-dessus pour guider et évaluer la prestation de ses services.

III Préoccupations et obligations du SCC
SCC (Aumônerie)
  • Les aumôniers régionaux présentent un exposé annuel sur l'aumônerie communautaire au Comité régional de gestion.
  • Le processus d'orientation du SCC comprent des ateliers spécialisés pour les aumôniers communautaires et une révision de l'énoncé de travail et il continue d'insister sur l'identité pastorale de l'aumônier communautaire.
  • L'Aumônerie du SCC, de concert avec le Secteur des communications et de l'engagement des citoyens du SCC, fait participer l'aumônerie nationale et régionale, l'aumônerie communautaire et les cercles de soutien et de responsabilité à l'élaboration d'un guide de formation pour les bénévoles.
  • L'Aumônerie du SCC organise des réunions périodiques à l'intention des aumôniers communautaires pour discuter de leurs problèmes particuliers.
  • L'aumônier régional rencontre chaque aumônerie communautaire une fois par année pour examiner le plan pastoral et faciliter l'évaluation des services d'aumônerie communautaire.

Deuxième recommandation - Que les aumôniers régionaux rencontrent chaque aumônerie communautaire au moins une fois par année pour examiner les plans pastoraux et qu'ils fassent le point annuellement sur l'aumônerie au Comité régional de gestion.

SCC
  • Le SCC fournit des ressources financières adéquates pour maintenir et accroître les services d'aumônerie, dans l'intérêt de la sécurité publique.
  • Le SCC informe les aumôniers communautaires le plus rapidement possible de la venue de délinquants dans leur secteur, et qu'il leur fait part des facteurs de risque et de la dynamique des délinquants.
  • De l'espace est réservé dans les bureaux locaux de libération conditionnelle et les maisons de transition pour assurer la présence régulière de l'aumônerie communautaire.

Troisième recommandation - Que le SCC procure aux services d'aumônerie plus de ressources financières (1 $ par jour par libéré conditionnel) et de l'espace dans les bureaux de libération conditionnelle et les maisons de transition; et que le SCC informe les aumôniers communautaires de l'arrivée d'un délinquant dans la collectivité, pour maintenir et accroître l'impact des services d'aumônerie et ce, dans l'intérêt de la sécurité publique.

7. CONCLUSION

Même si l'aumônerie communautaire du SCC n'a que vingt-cinq ans, elle fait une différence dans la vie des libérés conditionnels, de leur famille et du personnel. L'équipe d'évaluation a eu la chance d'entendre les récits des libérés conditionnels qui ont réussi à réintégrer leur collectivité dans tout le Canada. Ces cas de réussite ne font pas les manchettes des médias. Un agent de libération conditionnelle a dit : « L'aumônerie communautaire compte de nombreux cas de réussite. Il faut les faire connaître plus souvent à la collectivité  .

« Il ne faut plus que l'aumônerie communautaire soit le meilleur secret gardé du système correctionnel! »
Un aumônier communautaire

Dans l'ensemble, l'équipe d'évaluation a constaté que les services d'aumônerie communautaire sont offerts par un groupe dévoué et créatif d'aumôniers et de bénévoles. Leur travail est important dans la vie des libérés conditionnels et du personnel et il fait partie intégrante de la réinsertion sociale des libérés conditionnels. Les aumôniers communautaires travaillent peut-être dans l'ombre, mais leur travail est néanmoins apprécié par le " groupe d'utilisateurs ", qui utilise souvent les services de l'aumônerie communautaire. Le travail pastoral personnalisé de l'aumônier communautaire et de ses bénévoles fait une différence dans nos collectivités en les rendant plus sûres.

Le fait que le SCC et l'aumônerie donnent suite aux suggestions précédentes entraînera, nous l'espérons, le ministère de l'aumônerie communautaire à continuer de s'étendre et à réaliser la vision selon laquelle il faut « s'en sortir ensemble ».

ANNEXES

PRÉFACE

Les deux premières annexes font état de groupes communautaires : les conseils des organismes de pastorale communautaires et le Comité interconfessionnel.

Les membres des conseils des organismes de pastorale communautaires et du Comité interconfessionnel offrent chaque année des milliers d'heures bénévolement et assurent un lien vital dans la collectivité pour les délinquants, leur famille et les libérés conditionnels.

Les rapports présentés ici tentent de clarifier les obligations contractuelles des deux groupes.

La dernière annexe constitue un glossaire.

ANNEXE 1. CONSEILS DES ORGANISMES DE PASTORALE COMMUNAUTAIRES

1. Contexte

Cette section du rapport traite de la deuxième étape de l'évaluation de l'engagement communautaire. Elle vise à analyser l'incidence des conseils des organismes de pastorale communautaires qui régissent le travail de l'Aumônerie du SCC en matière d'aumônerie communautaire. Le présent rapport résume les constatations et propose des recommandations pour augmenter l'incidence des conseils.

2. Critères d'évaluation

Pour l'évaluation de l'impact des conseils communautaires, les critères d'évaluation suivants ont été choisis :

  1. Mission et vision des conseils communautaires - Quelle est la vision des conseils des organismes de pastorale communautaires à l'égard de leur travail? Quelle est leur mission? Comment est-elle communiquée? Est-elle comprise clairement par les intéressés?
  2. Buts et objectifs - Quelles mesures les conseils prennent-ils pour s'acquitter de leur mission? Quels sont leurs objectifs stratégiques? Quels sont leurs buts? Comment les conseils savent-ils quand ces buts ont été atteints?
  3. Gouvernance - Comment les conseils décident-ils de leur composition? La composition des conseils reflète-t-elle la diversité de la collectivité et celle des groupes confessionnels? Quelles sont les obligations des membres des conseils? Pourquoi font-ils partie des conseils? Les conseils ont-ils un acte constitutif? Un ordre du jour est-il acheminé aux membres des conseils avant les réunions? Qui établit l'ordre du jour? Un compte rendu est-il rédigé et distribué? Y a-t-il une réunion annuelle? Quelle est la durée du mandat des membres des conseils? Qui gère les fonds? Y a-t-il des différents « genres » de conseils?
  4. Relations avec l'aumônier communautaire - Quels comptes les aumôniers communautaires doivent-ils rendre aux conseils? Quels sont les processus de contrôle en vigueur? Les aumôniers doivent-ils respecter un énoncé de travail précis? Quelle est la nature des relations entre les conseils et les aumôniers? Les aumôniers assistent-ils à toutes les réunions des conseils? Les aumôniers rendent-ils régulièrement des comptes aux conseils? Quelles sont, selon les aumôniers, les questions et les préoccupations qui relèvent des conseils? Comment renforcer ces relations?
  5. Relations avec le SCC - À quelle fréquence les conseils rencontrent-ils l'aumônier régional? Cette relation suscite-t-elle des préoccupations? Comment renforcer ces relations?
  6. Questions liées à la pastorale - Quelle proportion de la clientèle les délinquants et les ex-détenus sous responsabilité fédérale forment-ils? Quelle est l'efficacité de cette pastorale bénévole? Comment pourrait-on accroître son impact? Existe-t-il des liens entre l'agence de pastorale et d'autres agences communautaires? S'adresse-t-il aux besoins des familles des délinquants et des ex-délinquants? Comment pourrait-elle avoir une plus grande incidence?

3. Méthodologie

Suivant le modèle élaboré pour le volet " pastorale " de l'évaluation, on a choisi un échantillon d'unités opérationnelles des cinq régions du Canada pour recueillir des données, évaluer l'impact des conseils communautaires et aborder les critères d'évaluation.

Les unités opérationnelles suivantes ont été visitées :

  • Pacifique
    • Aumônerie communautaire de Victoria
    • Aumônerie communautaire de Vancouver
  • Prairies
    • The Mustard Seed (Edmonton)
    • Aumônerie communautaire de Saskatoon
  • Ontario
    • Aumônerie communautaire de Peterborough
    • Aumônerie communautaire de Toronto
    • Aumônerie communautaire de Kingston
  • Québec
    • Aumônerie communautaire de Montréal
    • Aumônerie communautaire du Sud-Ouest
    • Projet Oxygène
  • Atlantique
    • Aumônerie communautaire de Moncton
    • Aumônerie communautaire de Charlottetown

Il a été décidé d'utiliser trois questionnaires pour obtenir les données :

  1. un questionnaire administré aux membres des conseils des organismes de pastorale communautaires;
  2. un questionnaire administré aux aumôniers communautaires;
  3. une liste de contrôle des documents des conseils incorporée aux deux questionnaires susmentionnés.

Les données ont été recueillies dans les unités opérationnelles par l'agent de projet de l'Aumônerie (AC). Dans la mesure du possible, l'agent de projet était accompagné d'un membre du Comité interconfessionnel (CI). Il a généralement rencontré le conseil ou à tout le moins le président du conseil. Ces rencontres visaient à recueillir les questionnaires et à discuter des questions et des préoccupations soulevées dans ceux-ci.

Les données suivantes proviennent des questionnaires et des notes prises par l'agent de projet au cours de ses rencontres avec les divers conseils communautaires. Le texte comprend des résumés des réponses des personnes interrogées.

Tout comme dans le cas du rapport sur la pastorale, la présente analyse consiste en une « étude qualitative ». Une évaluation ou une étude qualitative « vise à découvrir la signification d'une expérience humaine et à communiquer cette connaissance au lecteur. À cette fin, on utilise un texte plutôt que des chiffres en supposant que ces mots évoqueront l'expérience humaine qui s'y rattache »7. La plupart des études qualitatives font appel à des interviews directes pour donner un sens à l'information et inciter le chercheur à faire participer son interlocuteur à l'examen d'une question. Même s'il y a des résultats quantitatifs dans le texte qui suit, leur valeur sera évaluée en fonction de la possibilité qu'offriront les chiffres d'aborder les questions relatives à l'incidence et d'entamer une discussion qualitative.

7 Vandecreek et coll., Research in Pastoral Care and Counseling (1994)

4. Caractéristiques qualitatives d'un conseil efficace

L'équipe d'évaluation sur le terrain a constaté, au moyen de ses entrevues qualitatives, que les conseils de la pastorale communautaire qui avaient une incidence importante sur les ex-détenus, leur famille, le personnel et la collectivité, présentaient en tout ou en partie les caractéristiques qualitatives suivantes :

  • un sentiment intense d'accomplir une mission et de poursuivre un but;
  • le renouvellement de la composition du conseil pour empêcher l'" épuisement " et la stagnation;
  • un plan de recrutement de nouveaux membres;
  • un processus d'évaluation et de renouvellement de leur mission;
  • des objectifs et des plans qui font l'objet d'un suivi régulier;
  • une compréhension de leur rôle;
  • une définition claire des responsabilités des membres du conseil, communiquées aux membres et comprises par ceux-ci;
  • une orientation à l'intention des nouveaux membres du conseil;
  • un mécanisme de surveillance de la participation des membres et d'examen des préoccupations en tête-à-tête;
  • une relation ouverte avec l'aumônier communautaire;
  • un équilibre entre le soutien et la responsabilisation dans leurs relations avec l'aumônier communautaire;
  • une stratégie de communication pour susciter l'engagement de la collectivité;
  • une intégrité dans tous les domaines de leur travail;
  • une stratégie de « réponse rapide » s'il y a lieu;
  • un engagement à cultiver de bonnes relations avec les établissements et le personnel du SCC;
  • une stratégie pour faire face aux questions cliniques difficiles dans le cadre de l'aumônerie communautaire;
  • un programme de formation permanente en cours d'emploi;
  • des systèmes pour obtenir le nom des délinquants mis en liberté;
  • l'accès à une large base de financement;
  • des moyens de reconnaître et faire valoir leurs membres;
  • un acte constitutif;
  • la communication de l'ordre du jour des réunions du conseil avant les réunions;
  • la communication du procès-verbal des réunions à leurs membres après la réunion;
  • une assemblée annuelle et un rapport annuel pour faire connaître leurs travaux aux intervenants;
  • une stratégie de gestion des risques.

5. Caractéristiques démographiques

1) Les nombreux aspects des conseils communautaires

Comme on peut s'y attendre, le caractère unique des besoins, des caractéristiques démographiques et des ressources de chaque collectivité s'exprime de diverses manières dans l'histoire, la composition et le fonctionnement des conseils des organismes de pastorale communautaires. Chaque conseil est unique, mais certains conseils ont des traits communs. Voici une tentative de classement des " genres " de conseils qui ont participé à l'évaluation :

  1. Conseils créés par un groupe de personnes souhaitant favoriser la réinsertion sociale des délinquants et des ex-délinquants - La première aumônerie communautaire au Canada a été créée il y a 25 ans à Moncton (Nouveau-Brunswick) en vue de répondre à un besoin apparent dans la collectivité d'accompagner et de soutenir les délinquants à " l'extérieur des murs ". L'aumônerie communautaire de Saskatoon ressemble au conseil de Moncton. Tous deux sont issus de la collectivité et d'un regroupement de personnes désireuses de contribuer à la réinsertion sociale des délinquants.
  2. Conseils créés par un aumônier communautaire, par exemple l'aumônerie communautaire de Peterborough. Ce groupe est né de la vision de l'aumônier communautaire, qui avait travaillé avec les cercles de soutien et de responsabilisation dans sa collectivité. Avec l'aide d'un pasteur local, il a établi un conseil pour répondre aux besoins des délinquants et des ex-délinquants dans la collectivité.
  3. Conseils créés par un employé du SCC, généralement l'aumônier régional - L'aumônerie communautaire de Victoria est un exemple d'un cas où un aumônier régional a agi comme catalyseur pour encourager une pastorale auprès des ex-délinquants dans la collectivité et de leur famille. Le conseil se composait de membres de la collectivité qui ont fourni une orientation aux deux aumôniers communautaires dont l'aumônier régional avait retenu les services par contrat.
  4. Conseils créés à partir d'un pastorat plus vaste, par exemple le Mustard Seed d'Edmonton et l'aumônerie communautaire de Charlottetown.
  5. Comités consultatifs créés pour accompagner dans leur pastorale les aumôniers communautaires entièrement financés par l'Aumônerie du SCC - Il y a deux exemples de ce modèle : les aumôneries communautaires de Toronto et de Vancouver. Un comité consultatif rencontre l'aumônier communautaire afin d'obtenir un soutien, d'échanger des renseignements et de faire du réseautage.
  6. Conseils créés par un conseil qui fonctionne déjà dans la collectivité, par exemple les aumôneries communautaires de Kingston et de Charlottetown.
  7. Conseils créés pour fournir un soutien et faire du réseautage pour de multiples groupes communautaires de pastorale qui travaillent dans le domaine de la justice pénale et de la justice réparatrice, par exemple l'aumônerie communautaire de Montréal.

Les équipes d'évaluation sur le terrain n'ont pas tiré de conclusion quant au " type " de conseil qui était le plus efficace; elles ont tout simplement noté ce qu'elles ont observé et reconnu que chaque conseil était unique, tout comme chaque collectivité.

2) Profil des membres de conseils

À l'instar des collectivités dont ils font partie, les membres de conseils forment un groupe assez diversifié sur le plan démographique.

Ceux qui ont été interrogés faisaient partie des groupes confessionnels suivants : Catholique, Pentecôtiste, Baptiste, Église de Dieu, Église unitarienne, Église luthérienne, Église anglicane, Église Unie, Église du Christ, ou bien ne revendiquaient « aucune appartenance religieuse ».

La gamme d'âges des membres de conseils allait généralement de l'âge moyen au troisième âge. Les membres étaient en grande partie de race blanche.

Soixante pour cent des membres d'un conseil interrogés avaient fait partie de leur conseil pendant deux ans ou moins, et 40 p. 100, entre quatre et quinze ans d'affilée.

On a posé aux membres de conseils la question suivante : « Pourquoi avez-vous accepté de faire partie du conseil? » Voici un résumé des réponses :

  • attiré par la mission et les objectifs du conseil;
  • invité par un membre du conseil ou un aumônier communautaire à se joindre au conseil;
  • désir de servir d'autres personnes;
  • désir d'aider à empêcher la victimisation d'autres personnes et de bâtir une collectivité plus sûre;
  • participation antérieure à des travaux dans le domaine de la justice pénale et espoir de faire une contribution supplémentaire;
  • volonté de faire profiter le conseil de leurs " dons et aptitudes ", notamment dans les domaines de la gestion budgétaire, de la collecte de fonds, de l'organisation et de la formation professionnelle.

Une autre question portait sur leur rôle à titre de membres d'un conseil. Voici entre autres comment ils ont décrit leur rôle :

  • appuyer et encourager l'aumônier communautaire et le personnel;
  • jouer un rôle officiel comme président, secrétaire, trésorier, président de comité;
  • jouer un rôle officieux comme " intervenant accompagnateur ", partager leurs acquis dans le domaine des services correctionnels, leur expertise dans le travail avec les bénévoles, proposer des idées, mettre à profit leurs compétences en matière d'organisation, donner des encouragements;
  • élaborer et établir une politique.

Le fait d'être membre d'un conseil entraîne certaines obligations. Voici comment les membres interviewés ont répondu, à l'entrevue, à la question : « Quelles sont vos obligations à titre de membre d'un conseil? »

  • assister à toutes les réunions du conseil;
  • offrir un soutien par la prière;
  • encourager et appuyer l'aumônier communautaire;
  • aider à la collecte de fonds;
  • siéger à des comités;
  • participer à la gestion de l'organisme;
  • bien gérer les fonds;
  • faire preuve d'intégrité;
  • fournir une rétroaction;
  • présenter les besoins de l'aumônier communautaire à l'ensemble de la collectivité;
  • travailler de concert avec les autres membres du conseil;
  • offrir de nouveaux points de vue.

Les membres ont été invités à estimer le nombre d'heures consacrées chaque mois au conseil. Ce nombre variait de zéro à trente par mois. En moyenne, chaque membre consacre environ six heures par mois à son travail auprès du conseil de l'aumônerie communautaire. En outre, on a demandé aux membres s'ils consacraient plus de temps à la pastorale que les heures réservées au conseil. Vingt pour cent (20 %) ont dit ne pas consacrer de temps à la pastorale, en ajoutant qu'à leur avis, ce n'était pas leur rôle comme membre du conseil. Quatre-vingt pour cent (80 %) ont dit consacrer des « heures de bénévolat » à la pastorale, soit entre une heure et quatre-vingt heures par mois.

6. Principales constatations

Première constatation - Mission et vision

Les membres des conseils et les aumôniers communautaires ont considéré la question : « Quelle est la mission de votre conseil? ». Voici un résumé général des réponses :

  1. Offrir une orientation et un soutien au programme d'aumônerie communautaire, en assurer la gestion et rendre des comptes à cet égard dans la collectivité locale - Bon nombre estimaient jouer un rôle de soutien. Au lieu de diriger le programme, ils faisaient partie du conseil pour fournir une rétroaction et un encouragement à l'aumônier communautaire ou au personnel de pastorale dans la collectivité. Ils considéraient la réunion du conseil comme un moyen de rendre l'aumônier communautaire responsable devant un groupe d'autres personnes et d'offrir leur rétroaction et leur soutien.
  2. Agir comme intermédiaire entre le programme d'aumônerie communautaire et l'ensemble de la collectivité - Les membres des conseils ont mentionné l'éducation du public, le recrutement et la formation de bénévoles et le renforcement des capacités communautaires en tant qu'expressions stratégiques de la métaphore du « pont ». Un membre d'un conseil a dit que la « mission du conseil consiste à approfondir chez les groupes confessionnels la sensibilisation aux questions auxquelles font face les gens touchés par le crime ».
  3. Faciliter le service - Ceux qui avaient cette conception de la mission ont parlé des possibilités de services bénévoles qu'ils offrent à la collectivité ainsi qu'aux ex-délinquants. Un membre a dit que la mission de son conseil consistait « non seulement à répondre aux besoins des délinquants, mais aussi à aider ceux-ci à servir la collectivité qui les servait ».
  4. Contribuer à bâtir la collectivité - Un aumônier communautaire a dit que le rôle de son conseil consistait à « aider à restaurer le tissu de la collectivité ».
  5. Aider à créer une collectivité plus sûre - La réponse commune des membres des conseils à la question était de protéger la collectivité et d'aider le délinquant à retrouver son plein épanouissement.
  6. Être une voix prophétique - D'autres ont vu leur mission comme étant celle d'être une voix prophétique pour leur collectivité, leur Église, leurs voisins et le SCC.
  7. Être le « gardien » des biens et des autres ressources - À la question sur la mission, certains membres ont répondu qu'ils considéraient leur conseil comme les intendants des ressources financières et humaines.
  8. Concevoir une vision pour le personnel de l'aumônerie communautaire et la collectivité - Certains membres de conseils se considéraient comme des « concepteurs de vision » - des personnes qui aideraient à créer et à soutenir une vision de la réinsertion sociale des délinquants dans leurs collectivités.
  9. Servir de moyen de communication - Cette communication revêt plusieurs formes : bulletins, activités d'information communautaire, exposés à leurs groupes confessionnels.
  10. Servir de réseauteurs dans la collectivité - Bon nombre ont mentionné l'ampleur de la tâche que constitue la réinsertion sociale et ils considéraient leur mission comme étant de servir de réseauteurs auprès d'autres groupes, organismes, Églises et individus qui participent à ce travail.
  11. Servir de gestionnaires de budgets et de solliciteurs de fonds - Certains membres de conseils estimaient que la mission de leur conseil consistait à établir une base financière pour appuyer l'aumônerie communautaire et à gérer les ressources financières. Un membre a dit : « Nous devons libérer l'aumônier de l'anxiété financière et établir et gérer une base financière pour soutenir la pastorale - voilà notre mission ».

Bon nombre des conseils en étaient rendus à l'étape de la redécouverte ou de la révision de leur évolution. Lorsque les membres ont fait état de cette question, ils l'ont fait avec beaucoup de passion et d'énergie. D'autres ont parlé de la nécessité d'entreprendre un tel processus parce que cela n'avait pas été fait depuis longtemps. Certains conseils avaient tenu récemment une journée de réflexion pour établir une vision et ils avaient attesté du renouveau que cela avait apporté à leur conseil et à leur pastorale.

Presque tous les membres de conseils et les aumôniers communautaires interrogés avaient une idée de la mission de leur conseil. Toutefois, seulement quelques-uns pouvaient décrire efficacement cette mission à leurs mandants.

À la question sur la façon dont ils contribuaient à la réalisation de la mission du conseil, les aumôniers communautaires ont notamment donné les réponses suivantes :

  • assurer le « service direct » de l'aumônerie communautaire tout en aidant également le conseil à envisager le « travail pratique »;
  • structurer la description de travail de manière à servir le conseil selon son mandat;
  • rencontrer les membres du conseil individuellement;
  • donner leur opinion et fournir une rétroaction sur les questions de planification;
  • garder la vision au premier plan des préoccupations du conseil;
  • assurer une éducation permanente;
  • rendre des comptes;
  • présenter régulièrement des rapports pour aider le conseil à comprendre les enjeux. Un aumônier communautaire a résumé la nature des rapports de la manière suivante : « présenter un rapport tous les mois au conseil sur les priorités et les stratégies qui ont des répercussions sur la politique, les procédures et la vision ».
Deuxième constatation - Buts et objectifs

Un énoncé de mission qui exprime la vision et les objectifs du conseil est fondamental, mais il doit s'accompagner d'une planification et de mesures pour que le conseil puisse accomplir sa mission. Voici un résumé des réponses que les membres de conseils et les aumôniers communautaires ont données à la question : "  uels sont certains des objectifs qui aident le conseil à accomplir sa mission? »

  • Effectuer de la collecte de fonds pour que le conseil dépende moins des fonds du SCC;
  • Établir un solide plan financier afin d'appuyer et de soutenir la pastorale de l'aumônerie communautaire;
  • Maintenir une large base interconfessionnelle pour appuyer l'aumônerie communautaire;
  • Réunir les délinquants et le groupe confessionnel;
  • Établir et entretenir des relations étroites avec d'autres groupes et organismes qui ont pris un engagement sur le plan de la justice réparatrice et de la réinsertion sociale des délinquants;
  • Élargir le cadre du conseil pour mieux représenter la collectivité;
  • Améliorer les communications au moyen d'un bulletin régulier et d'exposés publics;
  • Recruter, former et appuyer des bénévoles pour l'aumônerie communautaire;
  • Acquérir un immeuble approprié qui servirait de lieu de réunion pour les ex-délinquants et de bureau pour l'aumônier communautaire;
  • Créer plus d'unité au sein du conseil;
  • Relever les nouveaux défis dans la collectivité;
  • Faire en sorte que notre aumônerie communautaire rejoigne plus de délinquants et d'ex-délinquants;
  • Faire du lobbying auprès des autorités afin d'appuyer la pastorale;
  • Comprendre les besoins des victimes et des délinquants;
  • Donner une orientation en matière d'emploi aux ex-délinquants;
  • Faire plus pour les familles des délinquants et des ex-délinquants.

Ces objectifs ont été mentionnés par les membres de conseils dans les questionnaires et au cours des interviews. Un seul conseil a produit des documents indiquant ses objectifs à court et à long terme. Certains membres de conseils avaient de la difficulté à se souvenir des objectifs de leur conseil. Il semble qu'il faille trouver une façon de faire connaître efficacement les objectifs aux membres des conseils et à l'ensemble de la collectivité.

De plus, il ne semblait pas y avoir de processus pour déterminer si ces objectifs étaient atteints. Un seul conseil avait élaboré un plan stratégique pour rendre des comptes sur l'atteinte des objectifs. Les conseils devraient mettre en place un processus de surveillance pour déterminer s'ils réalisent leurs buts et objectifs.

Troisième constatation - Gouvernance

Un des critères d'évaluation figurant dans le projet concernait la composition des conseils communautaires. Qui en fait partie? Comment décide-t-on de la composition d'un conseil? Reflète-t-elle l'ensemble de la collectivité?

La question de la composition des conseils a été abordée à la rubrique du " profil du membre d'un conseil ". À cet égard, plusieurs membres de conseils et aumôniers communautaires ont fait part de leurs préoccupations au sujet de la représentativité au sein du conseil. Idéalement, un conseil communautaire devrait refléter dans une certaine mesure les caractéristiques démographiques de la collectivité.

Nous avons traité précédemment de l'appartenance religieuse des membres de conseils. D'après l'échantillon, vingt-cinq pour cent (25 %) sont catholiques et soixante-quinze pour cent (75 %), protestants. Même s'il y a un ou deux cas de conseils et de membres de conseils non chrétiens, l'absence de membres d'autres confessions religieuses mérite d'être mentionnée. Cela est d'autant plus problématique qu'un nombre croissant de délinquants de confessions religieuses autres que chrétiennes réintègrent maintenant la société. Il faudrait encourager les conseils à examiner comment ils peuvent rejoindre ces délinquants soit par le truchement de leur composition, soit par un réseau d'aiguillage comprenant des groupes religieux minoritaires.

Même si des conseils comptaient des membres de diverses professions, il ne semblait pas y avoir une stratégie délibérée, sauf dans quelques cas, de recruter de membres en fonction de la profession, p. ex. policier, agent de libération conditionnelle, membre du clergé, etc. Une stratégie plus délibérée pourrait susciter une acceptation accrue de la part de la collectivité.

Cela nous mène à la question du recrutement des membres de conseils. Bon nombre de ceux-ci ont fait état de la difficulté de recruter de nouveaux membres. Il s'agit probablement d'une tendance sociale, mais on a fait remarquer que ce n'était pas une action sociale que tous, voire la majorité, trouvaient attrayante. Un membre a dit : « Mes amis et mes voisins ne comprennent tout simplement pas pourquoi je consacre tant de temps aux criminels! »

En ce qui concerne les questions de gouvernance, la plupart des conseils se réunissent une fois par mois ou toutes les six semaines. Les membres des conseils ont tous dit recevoir un ordre du jour. Même si certains ont ajouté qu'ils préféreraient le recevoir d'avance afin de se préparer adéquatement pour les réunions du conseil, d'autres ont signalé que leur conseil transmettait régulièrement l'ordre du jour bien avant la réunion du conseil. Dans tous les cas, le président rédige l'ordre du jour après avoir consulté l'aumônier communautaire. Un seul membre d'un conseil a dit que le procès-verbal ne lui était pas envoyé après la réunion. Tous les autres membres ont indiqué qu'il s'agissait d'une pratique courante.

Un acte constitutif sert de guide concernant les valeurs, les principes, les activités et les priorités. Pour les nouveaux venus et les intervenants, il s'agit du document qui définit le conseil et son mode de fonctionnement. Trente pour cent (30 %) des membres de conseils interrogés ont dit que leur conseil n'avait pas d'acte constitutif, tandis que soixante-dix pour cent (70 %) des personnes interrogées ont indiqué que leur conseil en avait un.

Un rapport annuel constitue une façon efficace de faire connaître les activités de pastorale du conseil communautaire à l'ensemble de la collectivité. Une assemblée annuelle permet aux bénévoles et aux intervenants de se réunir pour célébrer la pastorale de l'aumônerie communautaire. Dans la plupart des cas, le conseil publie un rapport annuel et le présente à une assemblée annuelle, même si près de trente pour cent (30 %) des répondants ont dit qu'il ne s'agissait pas de la pratique de leur conseil.

Presque tous les membres de conseils ont dit qu'ils s'estimaient libres d'exprimer leur opinion aux réunions. Toutefois, environ trente pour cent (30 %) des répondants se sont dits préoccupés par l'absence de certains membres aux réunions régulières du conseil.

En ce qui concerne la durée du mandat des membres de conseils, certains conseils ont fixé une période précise, p. ex. deux ans ou trois ans. Certains actes constitutifs précisent le nombre maximum de mandats. Toutefois, même les conseils qui le font ont avoué qu'en raison des difficultés de recrutement, ils ne se conformaient pas à cette exigence.

Bref, beaucoup de conseils réussissent très bien à se gérer. Néanmoins, environ quarante pour cent des répondants ont dit ne pas être satisfaits de l'efficacité de leur conseil. Invités à exprimer leurs préoccupations, les membres ont mentionné les aspects suivants :

  • Orientation du conseil - Un membre a dit : « Je n'ai pas bénéficié d'orientation concernant le conseil au moment de mon arrivée et j'en avais besoin ».
  • Accroissement du nombre de membres - Bon nombre ont dit que le conseil devrait compter plus de membres.
  • Composition du conseil - Certains ont indiqué que leur conseil devait comprendre plus de représentants de différents secteurs de la collectivité, p. ex. Premières nations, autres confessions religieuses, plus de professionnels.
  • Manque de temps - Un membre a décrit la situation comme suit : « Beaucoup de membres du conseil ont un emploi à temps plein et doivent faire face à des engagements importants. Cela réduit parfois le temps et les l'énergie qu'ils peuvent consacrer au travail du conseil ».
  • Recrutement - Cette question a trait aux préoccupations concernant l'« accroissement du nombre de membres ». Certains membres ont indiqué qu'il est extrêmement difficile de recruter des membres pour qu'ils participent à ce genre de pastorale.
  • Biens, finances et relations publiques - D'après certains répondants, ces domaines ne reçoivent pas assez d'attention.
  • Confusion des rôles et de la hiérarchie - Un membre d'un conseil a déclaré que l'aumônier communautaire relevait de trop de personnes, p. ex. conseil, groupe confessionnel, SCC, et que cela entraînait une confusion des rôles et de la frustration.
  • Formation - Certains membres ont dit que leur conseil avait besoin d'une formation sur le mode de déroulement des réunions du conseil.
  • Les renseignements sur les questions relatives aux prisons et aux besoins devraient recevoir davantage la priorité dans l'ordre du jour.
  • Présence - Certains membres se préoccupaient de l'absentéisme aux réunions du conseil.
  • Manque de financement de l'aumônerie communautaire en général.
  • Tenue des réunions - Un membre d'un conseil a dit que les réunions devaient être plus courtes et plus ciblées.

Presque tous les membres de conseils étaient satisfaits de la manière dont le conseil gérait le budget. Invités à faire part de leur opinion sur la gestion financière, tous les aumôniers communautaires sauf un ont affirmé que leur conseil s'acquittait bien de ses obligations à cet égard. Beaucoup ont ajouté qu'il serait utile de disposer de plus de fonds pour la pastorale.

Quatrième constatation - Relations avec l'aumônier communautaire

Les relations entre le conseil et l'aumônier communautaire constituent un élément essentiel d'un conseil de l'aumônerie communautaire efficace.

1. Les relations entre l'aumônier communautaire et le conseil

Les membres et les aumôniers communautaires ont convenu que ces derniers assistaient régulièrement aux réunions. Les membres des conseils ont décrit les relations entre leur conseil et l'aumônier communautaire de la façon suivante :

  • Presque toutes les réponses indiquaient que les relations de travail entre les deux parties étaient excellentes, positives et bonnes.
  • Bon nombre ont fait état du soutien et de l'encouragement mutuels. Un membre d'un conseil a dit : « Il y a une réciprocité; parfois les initiatives proviennent de l'aumônier, parfois, du conseil ».
  • Certains ont mentionné le travail d'équipe. Un membre d'un conseil a décrit cet état de fait de la façon suivante : « Nous sommes une équipe, et le capitaine est un joueur clé. Mais nous faisons tous partie de l'équipe et nous constatons le rôle important que nous jouons ensemble ».
  • La relation dépend de l'aumônier et de la composition du conseil. Certains conseils ont dit avoir connu des relations tendues entre eux et l'aumônier, mais personne n'a dit que de telles relations existaient maintenant.
  • Un membre a décrit cette situation plutôt idyllique : « la communication est ouverte et détendue, l'appréciation est exprimée et les problèmes pratiques sont réglés rapidement et avec efficacité ».

À la question de savoir comment renforcer ces relations, les membres des conseils ont formulé les suggestions suivantes :

  • Incertain
  • Aucune amélioration n'est nécessaire. Bon nombre de membres de conseil ont indiqué qu'ils ne pouvaient pas imaginer une façon d'améliorer les relations pour le moment.
  • Plus de contacts. Un membre a dit : « Les membres des conseils doivent passer plus de temps dans le bureau de l'aumônerie communautaire en dehors des réunions du conseil. »
  • Moins de travail administratif afin de libérer l'aumônier pour qu'il se consacre au travail d'aumônerie.
  • Accroissement de la rémunération de l'aumônier
  • Participation accrue des membres du conseil au travail « pratique » de la pastorale.
  • Éclaircissement de la nature des relations entre l'aumônier et le conseil.

On a aussi demandé aux aumôniers communautaires comment améliorer les relations, et ils ont donné les réponses suivantes :

  • communications plus fréquentes;
  • meilleure participation des membres aux réunions du conseil;
  • modification du jour de la réunion du conseil;
  • moins de « micro-gestion » de l'aumônier communautaire;
  • élaboration d'une approche collective et rôles définis plus clairement;
  • prière et camaraderie.

Tous les aumôniers communautaires ont attribué une cote située entre « bonne » et « excellente » à la qualité de leur relation avec les conseils.

2. Reddition de comptes

D'une manière générale, l'aumônier communautaire rend compte au conseil de son exécution de l'« énoncé de travail ». Toutefois, d'une manière plus ponctuelle, il doit rendre des comptes à son supérieur confessionnel et au bureau de libération conditionnelle de district. En ce qui concerne la question de la reddition de comptes par l'aumônier communautaire au conseil, les membres de conseils ont signalé les mécanismes suivants :

  • rapports écrits et verbaux mensuels. Un membre a dit : « Il assiste à toutes les réunions du conseil pour répondre de tout ce qu'il fait et de ce qu'il veut faire. C'est son désir évident de rendre des comptes qui compte le plus cependant. »
  • feuilles de temps sur les heures consacrées à la prestation du service;
  • rapports détaillés sur les dépenses;
  • relation de confiance;
  • consultations entre les réunions;
  • « mesures de suivi » proposées aux réunions du conseil;
  • disponibilité de l'aumônier communautaire.

On a également demandé aux aumôniers communautaires comment ils rendaient des comptes à leur conseil. La plupart des réponses correspondaient aux attentes des membres du conseil (susmentionnées), à savoir :

  • en respectant les modalités du contrat conclu avec le conseil;
  • en présentant des rapports mensuels et annuels écrits et verbaux;
  • en tenant le conseil informé;
  • en aidant le conseil à s'acquitter de son mandat;
  • en étant honnête, fiable et transparent dans tout et en adoptant un comportement éthique;
  • en présentant des rapports sur toutes les activités financières;
  • en participant à l'élaboration de l'ordre du jour;
  • en rencontrant le président ainsi que les membres des sous-comités;
  • en étant conscient des préoccupations du groupe client.
3. Communication

La communication régulière constitue l'un des aspects les plus importants des relations entre un aumônier communautaire et son conseil. L'équipe d'évaluation a constaté qu'un dialogue continu entre les aumôniers et leur conseil favorisait la sensibilisation et créait des occasions de rétroaction réciproque. On a demandé aux membres des conseils et aux aumôniers communautaires de discuter de la question de la communication.

Les membres ont dit que l'aumônier communiquait avec le conseil de la façon suivante :

  • rapports mensuels écrits;
  • rapports verbaux réguliers;
  • envoi périodique de courriels;
  • communication en face à face avec le président et d'autres membres du conseil;
  • appels téléphoniques fréquents;
  • résumé d'une page sur les activités mensuelles;
  • rapport mensuel sur les indicateurs;
  • narration;
  • visites personnelles;
  • petits déjeuners de travail hebdomadaires où nous réfléchissons sur la semaine écoulée et planifions la semaine à venir;
  • bulletins.

La plupart des membres des conseils étaient très satisfaits du niveau de communication entre le conseil et l'aumônier communautaire. Toutefois, certains ont formulé les suggestions suivantes sur la façon d'améliorer les communications :

  • plus de courriels entre les réunions;
  • un bulletin;
  • meilleure utilisation des sous-comités;
  • un rapport écrit à l'intention du conseil à présenter aux réunions mensuelles.

À la question sur le niveau de communication entre eux et leur conseil, la plupart des aumôniers communautaires l'ont décrit comme excellent. Ils ont dit communiquer avec leur conseil de la façon suivante :

  • rapports mensuels écrits;
  • conversations officieuses et appels téléphoniques;
  • courriels;
  • bulletins et rapports annuels;
  • visites hebdomadaires;
  • rapports verbaux;
  • rapports quotidiens présentés au président dans les " cas d'urgence ".

Encore une fois, la plupart des aumôniers communautaires étaient satisfaits du niveau de communication, mais certains ont formulé les suggestions d'amélioration suivantes :

  • plus d'interaction en face à face;
  • communication au moyen de la participation pratique des membres du conseil;
  • journée de réflexion annuelle;
  • évaluation plus fréquente;
  • plus de temps avec le président;
  • bulletin régulier.
4. Incidence

Il est important d'introduire cette partie en traitant de la question de l'« impact » ou de l' « incidence ».

Comme nous l'avons déjà signalé, l'objectif du présent rapport ne consiste pas seulement à décrire les mesures prises, p. ex. les activités, les rapports, l'énoncé de travail, mais aussi à donner une idée de l'impact ou de l'incidence que le conseil des organismes de pastorale communautaires a dans tout le pays. Le présent rapport vise à explorer l'effet des diverses activités auxquelles participe le conseil. Bien que les questionnaires et les entrevues permettent de présenter les données, ils servent aussi à s'interroger sur l'incidence des constatations et sur la manière de la renforcer. Le rapport porte sur l'incidence du conseil, en tant qu'organe de direction de l'aumônerie communautaire et de signataire du contrat avec l'aumônier communautaire, sur ce dernier ainsi que de sa surveillance de l'aumônerie communautaire. Il sera aussi question des possibilités d'améliorer l'incidence du conseil sur ces plans.

L'incidence de la pastorale communautaire fera l'objet, au cours du premier stade de l'étape de l'engagement communautaire, du Projet sur l'incidence des services d'aumônerie. Le présent rapport vise à décrire et à évaluer l'incidence du travail du conseil, et non la pastorale comme telle qu'il vise à diriger.

Étant donné le caractère qualitatif de cette recherche, l'agent de projet a porté des jugements et exprimé des opinions basées sur ses évaluations des questionnaires, des entrevues et des documents. Dans une certaine mesure, le rapport inclut une description de sa participation au processus.

5. Incidence des aumôniers communautaires sur les conseils

Les membres de conseils interrogés ont attribué une cote allant de bonne à excellente à leur aumônier communautaire en ce qui concerne son impact sur leur conseil de l'aumônerie communautaire. À la question sur les suggestions qu'ils auraient à formuler pour améliorer l'impact des aumôniers communautaires par rapport à leur conseil, ils ont donné les réponses suivantes :

  • Plusieurs membres de conseils estimaient qu'il n'était pas nécessaire d'accroître l'impact. Un membre a dit : « Il doit marcher sur l'eau pour faire mieux. Notre aumônier communautaire a effectué un travail formidable. »;
  • D'autres ont suggéré des rapports plus détaillés et d'accroître les communications entre les réunions;
  • Certains souhaiteraient un bulletin régulier;
  • Certains estimaient que la prestation d'un soutien administratif à l'aumônier communautaire améliorerait l'incidence;
  • Certains membres croyaient que l'aumônier devait prendre soin de lui. Un membre d'un conseil s'est fait l'écho des sentiments des autres : « Dans la plupart des cas, l'aumônier communautaire devrait ralentir et écouter les avis du conseil au sujet de la nécessité de prendre soin de lui. »
6. Incidence du conseil sur les aumôniers communautaires

On a également demandé aux aumôniers communautaires d'examiner la question de l'impact de leur conseil et de ses membres. Seulement la moitié des répondants ont attribué à l'impact une cote allant de « bonne » à « excellente ». À la question sur les suggestions qu'ils auraient à formuler sur la façon de renforcer l'impact des membres des conseils, les aumôniers communautaires ont donné les réponses suivantes :

  • accroître la taille du conseil et le nombre de membres;
  • les amener à faire plus de bénévolat " pratique ";
  • mieux comprendre le rôle et le mandat d'un membre du conseil;
  • élaborer un énoncé de mission et des objectifs pour la pastorale;
  • mieux définir les limites entre la gestion quotidienne et les fonctions du conseil;
  • participer davantage à la structuration de la pastorale;
  • amener le conseil à prendre davantage en charge la pastorale;
  • préciser la distinction entre un conseil et un comité consultatif;
  • augmenter la participation des comités;
  • recruter des membres plus jeunes;
  • recruter plus de membres du milieu des affaires;
  • préciser le rôle des membres du conseil;
  • recruter des membres du conseil pour remplir des rôles particuliers, p. ex. trésorier, solliciteur de fonds, personne chargée des politiques, personnel, etc.

Même si la plupart des aumôniers communautaires étaient satisfaits de la capacité de leur conseil à donner des directives en ce qui a trait à l'aumônerie communautaire, certains ne l'étaient pas. Voici un résumé des préoccupations des aumôniers communautaires à l'égard de leur conseil :

  • Plusieurs aumôniers ont dit qu'ils aimeraient que les membres de leur conseil participent davantage.
  • D'autres aumôniers communautaires estimaient que les membres de leur conseil manquaient de connaissances sur le SCC et que cela occasionnait des difficultés.
  • Certains ont exprimé le désir de voir l'aumônier régional assister plus souvent aux réunions du conseil qu'il ne le fait actuellement.
  • Un aumônier communautaire estimait qu'il y avait trop de membres de son conseil qui travaillaient directement pour le SCC.
  • Un aumônier communautaire s'est dit préoccupé par le fait que les aumôniers des établissements du SCC des environs n'encourageaient pas les contacts avec leur aumônerie communautaire et n'aiguillaient pas les délinquants vers celle-ci.
7. Relations avec le SCC

Pour la plupart des conseils, l'aumônier régional est le pivot autour duquel tournent les relations avec le SCC. On a demandé aux membres des conseils et aux aumôniers communautaires à quelle fréquence l'aumônier régional assistait aux réunions de leur conseil. Les réponses variaient beaucoup : « l'aumônier régional n'assiste jamais aux réunions » ou « l'aumônier régional assiste tous les mois aux réunions de notre conseil ». Cependant, la réponse la plus fréquente était que l'aumônier régional assiste à une réunion par année. À la question sur leurs préoccupations au sujet des relations entre leur conseil et le SCC, les membres des conseils et les aumôniers communautaires ont donné les réponses suivantes :

  • Aucune préoccupation au sujet des relations (Plusieurs personnes interrogées ont donné cette réponse.)
  • Une relation de confiance commence à s'établir avec le nouvel aumônier régional.
  • La qualité des communications entre le conseil et le SCC varie de bonne à excellente. (Beaucoup de répondants ont donné cette réponse).
  • Le conseil doit travailler plus étroitement avec le SCC.
  • Les relations sont correctes, mais distantes.
  • Le financement semble toujours " à risque ".
  • Il faut accorder davantage la priorité à ce travail.
  • Il y a un représentant du SCC à toutes les réunions du conseil. Cela permet au conseil de comprendre le point de vue du SCC.
  • Le conseil n'entretient pas de relations avec le SCC. (Quelques répondants ont soutenu que cette situation existait).
  • Il devrait y avoir plus de réunions entre le conseil et le SCC.
  • Les relations sont irrégulières et parfois tendues.
  • Un membre de conseil a dit qu'il faudrait des années avant d'apprendre à faire de nouveau confiance au SCC après des compressions budgétaires effectuées au milieu du contrat.

Invités à faire des commentaires sur leur relation avec le SCC, nombre d'aumôniers communautaires ont dit ne pas avoir de préoccupations au sujet de la relation de leur conseil avec le SCC. D'autres ont fait les observations suivantes :

  • Le SCC doit participer davantage.
  • L'aumônier régional doit passer plus de temps avec le conseil.
  • Le conseil doit travailler plus étroitement avec les services correctionnels communautaires et le BLC.
  • Les aumôniers en établissement sont réticents à reconnaître l'aumônerie communautaire.
  • Les relations avec le SCC sont excellentes.
  • Il a été difficile d'amener le SCC à nous reconnaître et à nous accepter.
  • Le soutien continu du SCC aidera le conseil à consacrer son énergie à l'aumônerie communautaire au lieu de s'employer à recueillir des fonds.
Cinquième constatation - Questions relatives à la pastorale
1. Pratique pastorale

On a demandé aux membres de conseils de formuler des observations sur leur rôle, en tant que conseil, dans le domaine de la pratique pastorale de l'aumônier.

  • Certains ont répondu qu'ils ne savent pas quel est leur rôle dans ce domaine.
  • Certains croyaient jouer un rôle de surveillance et de soutien.
  • Un certain nombre de membres des conseils considéraient le domaine de la pratique pastorale comme distinct et différent des responsabilités du conseil. Un membre a dit : « Il s'agit du domaine de l'aumônier, il n'y a donc pas de discussion. » Un autre répondant a fait état des relations d'un pasteur d'une paroisse avec son conseil en disant que « le pasteur offre des services de pastorale à ses ouailles…il s'agit là du travail du pasteur. Le conseil s'occupe de planification et de politique…des grandes questions ».
  • Certains ont vu un rôle limité.
  • D'autres le considéraient comme faible, en raison du manque de temps et d'énergie.
  • Un répondant a dit que les membres de conseils devaient répondre aux besoins des délinquants au sein de leurs groupes confessionnels.
  • Certains ont mentionné le rôle de l'écoute et de la communication de conseils.
  • Quelques répondants ont affirmé que le conseil avait un rôle de pastorale à jouer.
  • On a décrit ce rôle comme consistant en une intervention par la prière.

Voici les réponses des aumôniers communautaires à la question sur le rôle de leur conseil concernant la pratique pastorale :

  • Donner des conseils et/ou assurer un soutien.
  • Mettre au défi l'aumônier communautaire.
  • Donner une orientation et assurer la surveillance.
  • Adhérer au plan stratégique.
  • Ne pas microgérer le travail de l'aumônier communautaire.

On a demandé aux membres des conseils de formuler des commentaires sur la façon de faire face aux problèmes cliniques qui surgissent dans les interactions pastorales de l'aumônier. La question était la suivante : « Comment sont traités les problèmes cliniques de la pastorale? »

  • L'aumônier consulte certaines personnes qui lui sont bien connues.
  • On offre du temps à l'aumônier communautaire pendant les réunions du conseil pour qu'il fasse part des problèmes tout en respectant la confidentialité.
  • Plusieurs membres de conseils ont admis qu'ils ne savaient pas.
  • Le conseil oriente les personnes vers les professionnels en qui il a confiance.
  • Nous prions ensemble.
  • L'aumônier traite les questions communes. Les problèmes plus difficiles font l'objet d'une discussion avec un petit groupe de membres du conseil.
2. Bénévoles

Comme nous l'avons signalé, il est difficile d'attirer des bénévoles à cette action sociale. Un membre de conseil a dit ne pas discuter de sa participation à cause des réactions négatives que cela provoque.

À la question de la cote qu'ils attribuent, sur une échelle de un (aucun impact) à cinq (impact maximum), à l'impact de leur action bénévole, tous les membres des conseils ont accordé une cote de trois ou plus. Les deux tiers y ont accordé une cote de quatre ou cinq. Voici comment les membres de conseils ont répondu à la question : « Comment la pastorale bénévole pourrait-elle avoir plus d'impact? »

  • recruter plus de bénévoles et avoir des bénévoles plus actifs;
  • faire appel à un membre du personnel supplémentaire pour former, appuyer et diriger le travail des bénévoles;
  • jouir d'un engagement communautaire plus efficace afin de faire mieux reconnaître l'importance de cette pastorale;
  • aucun besoin d'amélioration;
  • jouir d'un accès accru aux établissements fédéraux;
  • selon une nouvelle aumônerie communautaire, la pastorale bénévole a connu beaucoup de succès;
  • renforcer la représentation des bénévoles au sein des " comités permanents ";
  • offrir plus de formation;
  • offrir plus de travail aux bénévoles.

À la question du risque, dans la mesure où elle s'applique aux bénévoles, plusieurs répondants ont avoué leur ignorance. Voici les réponses à la question suivante : « Comment le conseil s'assure-t-il que ses bénévoles et les délinquants ne courent pas de risque? »

  • manuel du bénévole;
  • rapports de l'aumônier communautaire;
  • intervention d'urgence si la situation le justifie;
  • présence de plusieurs personnes dans une salle avec un client;
  • supervision;
  • formation, surveillance et mentorat;
  • politiques en matière de confidentialité;
  • question non résolue malgré beaucoup de discussions;
  • « Les situations qui ne deviennent pas incontrôlables »;
  • évaluations des risques;
  • discussion au sujet des limites dans le programme de formation
  • le risque fait partie de la vie;
  • éducation, responsabilisation et communication;
  • assurance responsabilité;
  • prise en compte des antécédents du délinquant;
  • établissement de règles de base fermes.

Le SCC ne signe pas de contrat avec un conseil des organismes de pastorale communautaires s'il ne fournit pas une attestation de responsabilité.

3. Familles

À la question sur la cote qu'ils attribuent, sur une échelle de un (aucun impact) à cinq (impact maximum), à l'impact de la pastorale bénévole sur les familles, la plupart des membres des conseils ont accordé une cote de trois à cinq. Toutefois, certains membres ont répondu que leur intervention ne portait pas pour le moment sur le travail auprès des familles. À la question « Comment pourrait-il y avoir un impact plus grand auprès des familles des délinquants et des ex-délinquants? », voici les réponses données :

  • personnel et fonds supplémentaires pour mettre en Å“uvre le programme « De l'autre côté de la barrière »;
  • plus de bénévoles;
  • collaboration avec les groupes communautaires effectuant ce travail;
  • ressources supplémentaires;
  • plus de ressources financières pour travailler efficacement avec les familles;
  • plus d'activités familiales; inviter les familles à des réunions sociales et de formation;
  • plus de services auxquels peuvent participer les familles.

Les autres commentaires incluaient les suivants :

  • la plupart des clients ont peu de contact avec leur famille;
  • nous ne devons peut-être pas consacrer notre énergie aux familles en ce moment;
  • il faut procéder à une évaluation pour déterminer où les familles s'insèrent dans cette pastorale;
  • notre conseil doit accorder davantage la priorité à cette question;
4. Préoccupations, questions et suggestions

À la fin de chaque questionnaire, on a demandé aux membres des conseils et aux aumôniers communautaires de faire part de leurs préoccupations, questions ou suggestions qui n'avaient pas déjà été relevées.

Membres des conseils

  • grande diversité confessionnelle au sein du conseil;
  • « Nous avons la vision, nous avons la possibilité…, mais nous n'avons pas les fonds nécessaires pour répondre aux besoins ou réaliser notre vision. »;
  • établir de bonnes relations avec l'aumônier régional;
  • beaucoup ont fait état du privilège de faire partie du conseil et de la valorisation que leur procure ce genre de service;
  • préoccupation au sujet de la poursuite du soutien financier du SCC;
  • certains membres ont parlé de la nécessité de redécouvrir la direction qu'il faut prendre en tant que conseil;
  • les conseils en place doivent offrir leur soutien sous forme d'expertise et de partage des expériences;
  • il faut élargir le programme;
  • il faut plus de journées de réflexion, d'ateliers et de formation;
  • « Étant tout à fait nouveau dans le domaine de la réinsertion sociale des délinquants, je suis stupéfait devant le dévouement et les compétences de l'aumônier et des organismes responsables. Il s'agit d'un projet tellement valable, qui permet aux gens de sortir de situations sans espoir et de leur redonner confiance dans la vie! »

Aumôniers communautaires

  • Beaucoup d'aumôniers communautaires étaient très positifs au sujet de leur conseil;
  • il faut consacrer plus de temps au développement du conseil;
  • un aumônier s'inquiétait du fait qu'un membre du conseil puisse prendre le contrôle du groupe;
  • il faut renouveler la composition du conseil pour qu'il soit efficace;
  • de nouveaux moyens de soutien financier sont nécessaires.
7. Recommandation

Que les aumôniers régionaux rencontrent le conseil des organismes de pastorale communautaires de leur région pour examiner et mettre en oeuvre les suggestions ci-dessous, le cas échéant.

8. Suggestions permettant de renforcer l'impact des conseils des organismes de pastorale communautaires

Ce qui suit est une liste de suggestions pour renforcer les conseils des organismes de pastorale communautaires. Ces suggestions s'inspirent des réponses au questionnaire et des observations recueillies dans les établissements. Les suggestions visent à répondre à la question suivante : « Comment améliorer l'impact des conseils communautaires? »

Les suggestions découlent pour la plupart de l'interaction avec les membres des conseils communautaires et les aumôniers communautaires dans les cinq régions du Canada. Certaines traitent de la façon dont l'Aumônerie du SCC et le SCC en général pourraient être plus attentifs aux conseils. Les conseils étant des groupes communautaires autonomes, le SCC leur présente des suggestions qu'ils examinent pour voir comment ils pourraient améliorer leur impact.

Mission

1) Une mission bien définie et bien comprise peut constituer la base d'une pastorale efficace. Un énoncé de mission permet au conseil de communiquer à ses membres et à l'ensemble de la collectivité la raison de son existence. Une mission énoncée clairement peut inciter de nouveaux membres à faire partie d'un conseil. Beaucoup de membres de conseils ont dit que la raison pour laquelle ils faisaient partie de leur conseil était le défi que constituait sa mission. Un répondant a dit avoir été attiré par cette action malgré les protestations de ses amis et parents parce qu'il avait cru dans la mission et y croyait encore. Il était convaincu de contribuer à rendre la collectivité plus sûre.

Même si la plupart des membres des conseils et des aumôniers communautaires ont dit que leur conseil avait un énoncé de mission, dans la majorité des cas, un énoncé de mission ne semblait pas être un élément essentiel de l'orientation et de la forme de leur conseil. Si le conseil ne sait pas pourquoi il existe, il est probable qu'il aura peu d'impact.

Même si certains membres se sont efforcés d'énoncer la mission réelle de leur conseil, d'autres ont discuté l'importance d'entreprendre un processus de remaniement et de reformulation de leur mission pour tenir compte du contexte actuel. Certains ont fait état du moment où leur conseil avait une bonne idée de la raison de son existence, mais en raison des circonstances et du temps, il s'est éloigné de sa mission. Bon nombre ont dit qu'il était maintenant temps d'entreprendre un processus pour redécouvrir la mission du conseil afin de faire face aux défis d'aujourd'hui dans leurs collectivités. Les conseils communautaires qui ont amorcé récemment un tel processus semblent avoir une vision et une énergie nouvelles pour leur conseil et son action communautaire.

  • Il est suggéré que les conseils communautaires élaborent un énoncé de mission solide et clairement défini et qu'ils trouvent des façons efficaces de le communiquer à leurs membres, aux intéressés et à leurs intervenants.

2) Si la mission ne s'accompagne pas d'un processus délibéré de planification concrète, il est probable qu'elle ne sera pas réalisée. S'il n'y a pas de planification, le conseil sera inefficace et sans orientation. Beaucoup de répondants pouvaient énoncer leur mission d'une façon générale. Toutefois, il était difficile de trouver dans la plupart des cas de la documentation écrite décrivant les façons stratégiques dont les conseils projetaient d'accomplir leur mission. Les conseils qui ont procédé à une planification stratégique peuvent célébrer l'atteinte de leurs objectifs. Inversement, ceux qui n'avaient pas de plans étaient incapables de discuter clairement de leur mission.

  • Il est suggéré que les conseils communautaires entreprennent un processus de planification stratégique pour établir les buts, les objectifs et les plans d'action nécessaires pour accomplir leur mission.

3) Une autre question concerne la surveillance et la reddition de comptes. Pour qu'un énoncé de mission soit efficace, il faut établir des plans afin de déterminer le degré d'efficacité du conseil dans la réalisation de sa mission. Les conseils peuvent avoir d'excellents plans écrits, mais s'ils n'ont pas de processus pour évaluer le « suivi », les plans seront inefficaces.

Le processus de suivi pourrait se dérouler de bien des façons. Les réunions régulières du conseil pourraient servir de moyen d'évaluation des plans que le conseil met en Å“uvre. Quelques conseils tiennent tous les ans une journée de réflexion ou de planification consacrée à l'examen, à la vision et à la planification. Cela s'est révélé extrêmement efficace. Certains conseils invitent l'aumônier régional à participer à ce processus.

  • Il est suggéré que les conseils communautaires planifient une activité annuelle afin d'aborder la vision et la planification et qu'ils établissent un processus de suivi régulier pour évaluer les progrès accomplis.

Gouvernance

4) Même si les questionnaires indiquaient qu'un certain nombre de conseils avaient accueilli de nouveaux membres au cours des deux dernières années, plus de quarante pour cent (40 %) faisaient partie de leur conseil depuis quatre à quinze années consécutives. Cela pourrait constituer un obstacle au recrutement.

Certains membres interrogés ont dit se sentir pris au piège parce que si peu de personnes dans la collectivité veulent siéger à un conseil qui aide les délinquants dans la société. Il est important de valoriser le service assuré par les membres. Dans la plupart des cas, celui-ci représente un grand sacrifice personnel et familial pour la cause de la réinsertion sociale des délinquants.

Beaucoup de personnes aujourd'hui, en particulier chez les jeunes, accepteraient de faire partie pendant un, deux voire trois ans d'un conseil de l'aumônerie communautaire, mais peut-être pas pour des périodes plus longues. Bien que cela présente toujours un problème, les nouveaux membres de conseils apportent un dynamisme et un point de vue neufs et à un conseil. Souvent, ils sont des catalyseurs de changement.

Une stratégie concernant un mandat d'une « durée limitée » pourrait offrir un répit aux membres qui veulent démissionner et encourager les nouveaux membres à envisager de devenir membres pendant une brève période.

  • Il est suggéré que chaque conseil discute et évalue la question de la durée du mandat et du nombre maximal de mandats autorisé. Il faudrait examiner cette question sous l'angle de l'" épuisement " des membres et du recrutement de nouveaux membres.

5) L'évaluation a révélé l'existence de deux points de vue quant à la participation des membres de conseil. Selon le premier, le membre d'un conseil devrait être indépendant de la pastorale et remplir une fonction de surveillance et de gestion. Selon le deuxième, le membre doit participer à l'aumônerie communautaire afin de bien saisir les enjeux. Les questionnaires ont révélé qu'il y avait une certaine confusion quant aux attentes et obligations de membres à l'égard de leur participation au travail de l'aumônerie communautaire.

La présente étude ne tire pas les conclusions nécessaires pour déterminer quelle stratégie permettrait d'obtenir un conseil plus efficace. La stratégie de l'« indépendance » assure l'objectivité du membre du conseil et elle « éloigne » objectivement l'ensemble du conseil de la pastorale qu'il vise à diriger. À titre de « titulaire du contrat », le conseil peut alors traiter les questions relatives au contrat et au personnel d'une manière plus détachée. L'inconvénient, c'est que les membres du conseil qui ne participent pas à la pastorale manquent souvent de renseignements sur les questions relatives à l'action qu'ils dirigent.

D'autre part, les conseils qui souscrivent à la politique de la « méthode pratique » pour leurs membres sur le plan de la participation acquièrent une connaissance et une expérience directes en matière de réinsertion sociale des délinquants. Ils sont des participants et peuvent aborder les questions à partir de leur propre expérience. De ce point de vue, le défi consiste à demeurer objectif lorsqu'il s'agit de la politique et de la prise de décisions du conseil. La participation d'une personne pourrait avoir une incidence négative sur sa capacité de gestion.

Les entrevues ont montré qu'il y avait un manque de clarté quant à la politique ou aux attentes. Certains répondants se sentaient coupables en raison des attentes à l'égard de leur participation et du fait qu'ils n'avaient pas le temps d'y répondre.

  • Il est suggéré que chaque conseil élabore des lignes directrices quant à la participation active de ses membres à l'aumônerie communautaire.

6) Un acte constitutif constitue le plan directeur du conseil des organismes de pastorale communautaires. Sans acte constitutif, l'organisation, la planification et la gouvernance du conseil laisseront probablement à désirer.

Il y avait un pourcentage assez élevé de membres qui ne savaient pas si leur conseil possédait un acte constitutif. Certains conseils n'avaient pas d'acte constitutif tandis que d'autres en possédaient un, mais leurs membres ne le savaient pas.

  • On suggère à chaque conseil d'examiner ses documents pour s'assurer qu'il possède un acte constitutif et à veiller à ce que tous les membres et les nouveaux membres en prennent connaissance.

7) Un rapport et une assemblée annuels constituent un excellent moyen de mobiliser la collectivité que le conseil dessert et avec laquelle il s'associe. Ils peuvent aussi avoir une incidence sur le recrutement. Des membres éventuels pourraient prendre conscience de la vision du conseil présentée dans le rapport annuel sur ce que ce dernier a accompli durant l'année.

  • Il est suggéré que chaque conseil produise un rapport annuel pour décrire à la collectivité en général ses actions en matière d'aumônerie communautaire.

8) Un certain nombre de répondants étaient préoccupés par le manque d'assiduité aux réunions, qui a un effet négatif sur le moral et l'efficacité du conseil. En réponse à la question sur la façon dont le conseil pourrait devenir plus efficace, la réduction de l'absentéisme a souvent été mentionnée.

  • Il est suggéré d'adopter des lignes directrices sur la présence aux réunions du conseil.

9) Un conseil de l'aumônerie communautaire est un organe complexe possédant ses règles, son langage et sa culture propres. Les nouveaux membres peuvent se sentir dépassés, et l'on sait que soixante pour cent des personnes interrogées ne faisaient partie de leur conseil que depuis deux ans ou moins.

Un bon programme d'orientation pourrait aider le nouveau membre à se sentir plus confiant à l'égard de son rôle. Il pourrait accroître le maintien en poste des membres et promouvoir le recrutement de nouveaux membres s'il était présenté aux membres éventuels. Une orientation offre également la possibilité de tirer parti des ressources des partenaires du conseil, y compris le SCC. Elle contribue à la sensibilisation et permet de renforcer les relations avec les intervenants.

Certains membres de conseils ont dit avoir eu besoin d'une orientation concernant le conseil avant de devenir membres.

  • Il est suggéré que chaque conseil mette en Å“uvre un processus d'orientation pour tous les nouveaux membres afin qu'ils puissent participer de manière éclairée. Il pourrait s'agir d'un processus à deux volets comportant une orientation à l'intention de l'aumônerie communautaire et une autre destinée au SCC.

10) La relation entre l'aumônier communautaire et le conseil peut avoir une incidence sur l'orientation du conseil. Le mécontentement d'une partie à l'égard de l'efficacité de l'une ou l'autre ou des deux constitue une source de préoccupation. Le mécontentement des aumôniers à l'égard de la capacité du conseil à donner des directives a des répercussions énormes et peut entraîner une détérioration de la relation entre les deux parties et être à l'origine d'un conflit grave.

La moitié des aumôniers communautaires ont donné à l'impact de leur conseil une cote dans la gamme « bon » à « excellent ». Mais 30 % n'étaient pas satisfaits de la capacité de leur conseil à bien diriger l'aumônerie communautaire.

  • Il est suggéré que, de concert avec l'aumônier régional, chaque conseil examine comment améliorer l'impact du conseil concernant le travail de l'aumônerie communautaire.

Relations avec l'aumônier communautaire

11) La plupart des répondants ont décrit les relations entre le conseil et l'aumônier communautaire comme étant « bonnes » ou « excellentes ». Toutefois, il faut maintenir de bonnes relations en y portant constamment attention. Les membres de conseils ont souvent mentionné l'existence d'une mauvaise relation dans leur description des antécédents du conseil ou de l'aumônier. Ceux qui ont connu cette situation tenaient à cultiver une saine relation entre le conseil et l'aumônier.

Malgré les points mentionnés à la recommandation 10), il semble que la plupart des aumôniers communautaires et leur conseil entretiennent de très bonnes relations. Il faut néanmoins se pencher sur cet aspect.

  • Il est suggéré que chaque conseil examine la section du texte sur les relations entre le conseil et l'aumônier communautaire, se demande si les préoccupations exprimées dans l'annexe s'applique à lui et prenne des mesures pour améliorer les relations s'il y a lieu.

12) La relation entre l'aumônier et le président du conseil revêt une importance critique. L'un et l'autre doivent faire tout en leur pouvoir pour favoriser de bonnes communications et cultiver une relation solide. La plupart des membres des conseils et des aumôniers communautaires ont déclaré que la communication entre eux était bonne. Malgré tout, la communication constitue une tâche et un engagement permanents.

Les problèmes de communication contribuent souvent à de piètres relations. La participation aux réunions mensuelles, les mises à jour par courriel entre les réunions, les conversations téléphoniques et les réunions à huis clos au besoin avec les membres des conseils renforcent la communication et les relations entre l'aumônier et le conseil. Les parties ne doivent ménager aucun effort pour favoriser une bonne communication et des relations solides entre l'aumônier et le président du conseil.

  • Il est suggéré que le conseil et l'aumônier communautaire examinent les suggestions présentées dans ce rapport concernant l'amélioration et le maintien de la communication. Ils sont aussi encouragés à évaluer la qualité de leur communication.

Relations avec le SCC

13) La principale question relative aux relations des conseils avec le SCC concerne le financement. Certains conseils ont subi des réductions budgétaires à mi-contrat, ce qui a eu une incidence importante sur leur capacité à faire confiance au SCC. Comme dans toute relation, lorsqu'il y a perte de confiance, il faut du temps pour rétablir celle-ci.

Les conseils de l'aumônerie communautaire fonctionnent, pour la plupart, à partir d'un budget très restreint. Même une réduction de quinze pour cent a un effet immédiat sur le service direct. Les conseils s'interrogent sur le sens d'un contrat et sur l'éventualité d'autres compressions. Certains conseils se demandaient pourquoi les réductions n'étaient pas réparties entre l'aumônerie en établissement et l'aumônerie communautaire. Cela aurait atténué l'effet des manques à gagner.

En raison des compressions, certains conseils examinent maintenant des possibilités de financement autres que le SCC. Certains ont déjà fait appel à des sources de financement à l'extérieur du SCC. Il s'agit d'un progrès.

  • Il est suggéré que l'aumônerie régionale et l'aumônerie nationale fassent tout leur possible pour assurer le respect des contrats après qu'ils ont été établis pour l'exercice. Il est également suggéré que le SCC, le CI et les groupes confessionnels se donnent un mécanisme de règlement des différends pour régler les griefs résultant des accords contractuels avec le SCC.

14) Comme l'aumônier régional est l'administrateur qui sert de personne-ressource du SCC pour la plupart des conseils, il a un rôle essentiel à jouer auprès des conseils de l'aumônerie communautaire. Les contacts réguliers permettent à l'aumônier régional de présenter, d'examiner et d'administrer le contrat avec le conseil. L'aumônier régional présente aussi au conseil le point de vue du SCC en ce qui concerne les questions et il interprète les besoins de la pastorale communautaire pour le SCC. Il faut donc absolument que l'aumônier régional fasse tout en son pouvoir pour être présent auprès des conseils communautaires et répartir équitablement son temps à l'échelle de la région.

Les questionnaires indiquaient qu'il y avait beaucoup de disparité sur le plan des contacts des aumôniers régionaux avec les conseils de l'aumônerie communautaire. Certains conseils ont dit qu'ils voyaient l'aumônier régional seulement en cas de « mauvaises nouvelles ».

  • Il est suggéré que les aumôniers régionaux établissent des contacts appropriés réguliers avec les conseils des organismes de pastorale communautaires de leur région et qu'ils participent à au moins une réunion du conseil par année de chaque conseil de l'aumônerie communautaire de leur région.

15) Un lien étroit avec les établissements du SCC, en particulier les établissements à sécurité minimale et les bureaux de libération conditionnelle, assurera un continuum de soins et de soutien. Toutefois, certains établissements et bureaux du SCC ne sont presque pas sensibilisés au fait qu'il y a un conseil des organismes de pastorale communautaires dans leur collectivité.

Certaines personnes interrogées ont indiqué qu'un accroissement des contacts avec les bureaux de libération conditionnelle dans la collectivité augmenterait l'impact de l'aumônerie communautaire.

  • Il est suggéré que les conseils invitent un représentant du bureau de libération conditionnelle local à assister régulièrement à leurs réunions, soit au moins une fois par trimestre, afin d'établir des relations plus étroites et de discuter des questions et des préoccupations communes.

16) Un système de communication d'avis constitue un élément important des efforts de réinsertion sociale pour l'aumônerie communautaire. En mettant en place un système de communication d'avis, le conseil pourra, par l'entremise de l'aumônier communautaire, avoir plus d'impact sur la réinsertion sociale des délinquants.

Peu de conseils ont dit recevoir des renseignements sur la libération conditionnelle et la mise en liberté qui pourraient les aider à faciliter les contacts avec les ex-délinquants et ceux qui purgent une peine dans la collectivité. À l'heure actuelle, ce processus semble en grande partie désordonné.

  • Il est suggéré que chaque conseil collabore avec le bureau de libération conditionnelle ainsi que l'établissement ou les établissements locaux afin d'établir un processus plus délibéré pour favoriser les contacts avec les délinquants qui arrivent dans leur collectivité.

Questions de pastorale

17) Il semble y avoir deux points de vue sur la participation des conseils aux questions concrètes de pastorale de l'aumônerie communautaire. Il y a tout d'abord le point de vue non interventionniste selon lequel les aumôniers sont chargés de la pastorale et doivent être libres de faire leur travail. D'après l'autre point de vue, le conseil est le soutien ou l'« oreille » des aumôniers en ce qui concerne les questions qu'ils traitent dans leur pastorale.

  • Il est suggéré que le conseil et l'aumônier communautaire veillent à l'existence d'un processus efficace pour s'occuper des questions pratiques de la pastorale.

18) À une exception près, le recrutement de bénévoles semble être un problème pour tous les conseils de l'aumônerie communautaire interrogés. Les conseils peuvent peut-être apprendre les uns des autres à ce sujet.

  • Il est suggéré que les membres des conseils et les aumôniers communautaires participent à une discussion au sujet du recrutement de bénévoles. Il est aussi recommandé que les aumôniers régionaux prodiguent davantage de conseils sur la question du recrutement de bénévoles aux conseils de l'aumônerie communautaire.

19) La question du risque a fait l'objet d'une discussion au cours du processus d'évaluation. Il semble que certains conseils n'aient pas envisagé les risques que courent leurs bénévoles, les aumôniers communautaires et les membres du conseil. Dans certains cas, il ne semble pas que la question de l'assurance responsabilité civile ait été abordée.

  • Il est suggéré que tous les conseils examinent comment ils évaluent et gèrent le risque en apportant les ajustements nécessaires comme l'éducation interne, la formation et les mécanismes de responsabilisation pour gérer le risque plus efficacement. De plus, tous les conseils doivent s'assurer d'avoir une assurance responsabilité civile et comprendre qu'ils sont légalement responsables de la pastorale.

Autres questions

20) Certains membres de conseils ont témoigné de leur besoin de ressources documentaires concernant les conseils des organismes de pastorale communautaires. Pendant ce processus d'évaluation, l'agent de projet a obtenu beaucoup de ressources documentaires des aumôneries communautaires visitées. Des documents comme des bulletins, des brochures, des énoncés de mission, des actes constitutifs, des documents de planification stratégique, des guides et des guides sur la formation des bénévoles ont été recueillis des aumôneries. Celles-ci devraient être mises à la disposition des conseils communautaires de tout le pays.

¢ Il est suggéré que l'Aumônerie à l'AC élabore une « trousse d'information pour les conseils communautaires » en utilisant les ressources documentaires susmentionnées en vue de son utilisation par tous les conseils.

21) Beaucoup de membres de conseils ont exprimé le besoin d'une formation dans le domaine des conseils des organismes de pastorale communautaires.

  • Il est suggéré que chaque aumônier régional organise, de concert avec l'AC, une activité de formation régionale pour les membres du conseil. Elle pourrait être planifiée de concert avec les membres des conseils communautaires et les aumôniers communautaires pour servir de moyen de formation, de reconnaissance et de soutien.

ANNEXE II. LE COMITÉ INTERCONFESSIONNEL

1. Contexte

La troisième étape du rapport dur l'Engagement communautaire fait appel au Comité interconfessionnel, expression vitale de l'engagement communautaire et de la participation des groupes confessionnels au Canada.

On a conçu un outil qualitatif pour poser aux membres du CI des questions sur l'incidence du CI et la façon d'accroître cette dernière. Les réponses au questionnaire et une analyse de l'acte constitutif et des règlements du CI servent de base à ce qui suit. Elles sont présentées au comité de direction du CI pour qu'il les examine et prenne les mesures nécessaires.

L'ouvrage Un passé plein d'avenir : l'aumônerie en milieu pénitentiaire8 a bien relaté l'histoire du CI. Nous ne répéterons pas cette histoire ici. Toutefois, il convient de noter que le Comité interconfessionnel a été créé il y a trente-six ans, soit en 1968. Selon Tom James, les objectifs du CI sont les suivants :

  • Le Comité a convenu de faire la sélection et de recommander les nominations des aumôniers aux pénitenciers fédéraux; d'accepter une certaine responsabilité pour ce qu'il est d'aider les aumôniers à retourner au service de leurs Églises ou d'aller ailleurs, s'il y a lieu; d'assumer la supervision et la formation (à une date ultérieure); et de réaliser la liaison entre les Églises sur tous les aspects de l'aumônerie dans les pénitenciers.
  • Le Comité a aussi convenu qu'on demande aux Églises participantes de reconnaître le comité comme moyen de sélection, de recommandation et de rotation des aumôniers dans les pénitenciers fédéraux; d'utiliser ce moyen plutôt que de faire des nominations directement au gouvernement; et de nommer les membres du comité.??? (125)

Depuis 1968, le Comité interconfessionnel a évolué; il a changé pour relever de nouveaux défis. Selon son « acte constitutif » (1996), le Comité interconfessionnel remplit les fonctions suivantes :

  • prestation de conseils;
  • soutien;
  • recrutement et sélection préliminaire;
  • sélection;
  • liaison;
  • rapports.

James, J. T. L., Un passé plein d'avenir : l'aumônerie en milieu pénitentiaire, Service correctionnel du Canada (Division de l'aumônerie), Ottawa, 1990

2. Sommaire des réponses au questionnaire

Le texte qui suit est un résumé des réponses au questionnaire des membres du CI. Un tableau d'ensemble des réponses est disponible sur demande.

1. Membres du CI

Les membres du CI font partie de plusieurs groupes confessionnels, dont la plupart sont chrétiens. Toutes ces confessions religieuses exercent leurs activités à l'échelle nationale, aussi bien qu'à l'échelle régionale et locale. Les membres ont été choisis par leur confession religieuse ou groupe confessionnel pour représenter cette confession ou ce groupe au Comité interconfessionnel.

Les membres du CI acceptent d'en faire partie parce qu'ils y voient leur propre intérêt personnel ou qu'ils ont une expertise dans le domaine de la justice pénale ou de l'aumônerie en milieu carcéral. Certains ont dit qu'ils sont membres du CI en raison de leur expérience antérieure dans le domaine des services correctionnels ou de l'aumônerie en établissement tandis que d'autres considèrent leur participation au CI comme une occasion d'en apprendre davantage sur le système de justice pénale et les questions relatives à l'aumônerie en milieu carcéral.

2. Relations des membres avec leur groupe confessionnel
Communication du membre au groupe confessionnel

La plupart des membres du CI présentent des rapports écrits à leur groupe confessionnel au moins une fois par année. Ces rapports permettent de faire le point à l'intention du groupe confessionnel sur les questions et les préoccupations du CI. Certains présentent des exposés verbaux au cours de réunions de leur groupe tandis que d'autres ont des entretiens en personne avec les dirigeants de leur groupe confessionnel.

Certains membres ont indiqué qu'ils envoient le procès-verbal des réunions du CI aux bureaux nationaux ou régionaux de leur groupe confessionnel. D'autres semblent utiliser le courrier électronique pour informer leur groupe confessionnel.

Selon les réponses au questionnaire, il y a cependant place à l'amélioration dans le domaine des communications. Pour près de la moitié des répondants, la fréquence des communications avec leur groupe confessionnel se résume à deux catégories : « jamais » ou « parfois ».

Communication du groupe confessionnel au membre

Même si quelques membres ont indiqué que les communications entre eux et leur groupe confessionnel étaient bonnes, la plupart ont dit qu'il s'agissait d'un sujet de préoccupation. Les trois quarts des répondants ont indiqué qu'ils ne communiquent « jamais » ou qu'ils communiquent « parfois » avec leur groupe confessionnel. Seulement le quart ont dit qu'ils communiquaient « régulièrement » ou « souvent » avec celui-ci. À la question sur le niveau d'intérêt de leur groupe confessionnel à l'égard du travail du CI, la moitié des répondants ont dit qu'il était peu élevé.

L'un des objectifs du CI consiste à faire connaître la rétroaction, l'opinion et les critiques des groupes confessionnels du Canada au Service correctionnel du Canada. Par conséquent, il est essentiel que les groupes confessionnels fournissent des renseignements à leur représentant au Comité interconfessionnel. Une rétroaction régulière des groupes confessionnels accroîtra l'incidence de cette voix importante.

Renforcer les relations entre les membres du CI et leur groupe confessionnel

Les répondants ont formulé plusieurs suggestions qui pourraient améliorer les relations entre les membres du CI et leur groupe confessionnel, notamment :

  • tenir régulièrement des réunions avec les dirigeants des confessions religieuses;
  • envoyer les procès-verbaux des réunions du CI et des articles à ce sujet;
  • planifier des activités locales avec le groupe confessionnel pour faire connaître les questions relatives à la justice pénale.

Un répondant a suggéré que chaque groupe confessionnel nomme une " personne-ressource " qui répondrait aux questions d'aumônerie carcéral au nom de l'équipe de direction. Certaines confessions religieuses mettent déjà en pratique cette proposition. Ces suggestions et bien d'autres pourraient améliorer les communications et les relations entre le membre du CI et son groupe confessionnel.

3. Le Comité interconfessionnel
Le but du CI

Les répondants au questionnaire avaient une bonne idée du but du comité dont ils font partie (le CI). Certains estimaient qu'il joue un rôle consultatif : conseiller le directeur général de l'Aumônerie, le SCC et les groupes confessionnels du Canada en matière d'aumônerie en milieu carcéral et de justice pénale. Un répondant a utilisé la métaphore du « chien de garde » en disant que le CI était le « chien de garde » des droits religieux et des libertés des détenus. D'autres membres croyaient que le but du CI consistait à veiller à la qualité de la prise en charge des détenus et de leur famille sur le plan religieux et spirituel. Certains ont fait état du rôle important que joue le CI dans la sélection et l'évaluation des aumôniers et des services qu'ils assurent.

Stratégies pour accomplir sa mission

Certains membres ont trouvé difficile de définir les stratégies qu'a adoptées le CI pour atteindre ses objectifs, mais d'autres n'ont eu aucune difficulté. Bon nombre considèrent la promotion du dialogue entre le CI, qui représente les divers groupes confessionnels du Canada, et les aumôniers, les décideurs du SCC, l'Aumônerie de l'AC et les partenaires du ministère comme une stratégie importante pour la réalisation de sa mission. Certains ont dit que les réunions du CI étaient un moyen important de promouvoir le dialogue entre les membres des groupes confessionnels eux-mêmes. Se conformer au protocole d'entente était, pour d'autres, une autre façon d'atteindre les objectifs du CI. Certains ont beaucoup insisté sur le fait que la participation active des membres du CI au Comité et le suivi des mesures convenues par les membres était une autre façon de réaliser sa mission. Un des répondants a utilisé le mot « catalyseur » pour décrire cette fonction que remplit le CI auprès du SCC, de l'Aumônerie, du système de justice pénale, des groupes confessionnels et des détenus.

Étant donné le manque de réponses de certains des répondants, il semble que le CI doive définir plus clairement des façons de remplir sa mission. Il pourrait être utile, en tant que groupe, d'entreprendre un exercice de planification stratégique pour exprimer sa mission tout en rendant des comptes précis sur l'accomplissement de cette dernière.

Définition de l'incidence

Des membres ont fait état des nombreuses façons dont le CI fait avancer les choses. L'existence même d'un organisme multiconfessionnel déterminé à répondre aux préoccupations et aux besoins spirituels et religieux des détenus canadiens était considérée par les membres du CI comme ayant une incidence non seulement sur le système de justice pénale, mais aussi sur les groupes confessionnels et l'ensemble de la société au Canada. Grâce à leurs connaissances, à leur expérience et à leurs compétences, les membres du CI eux-mêmes constituent une ressource communautaire qui fournit une rétroaction et des conseils au SCC et à l'Aumônerie. De plus, les réseaux représentés par chaque membre aident le SCC à s'acquitter de sa mission.

Le CI a une incidence directe sur la qualité de l'aumônerie par sa participation au recrutement, à la sélection et à l'évaluation des aumôniers en établissement et dans la collectivité. Il a aussi une incidence sur le système de justice pénale en raison de l'instauration et du soutien d'initiatives novatrices comme la justice réparatrice.

Certains membres n'ont pas pu déterminer l'incidence du CI, et d'autres ont supposé que son incidence est parfois affaiblie par le manque de suivi de ses recommandations.

Enfin, certains ont fait l'éloge du dévouement et de l'efficacité du comité de direction.

Définition des points faibles

Tout groupe a des points faibles et des points forts. Certains membres estimaient que l'un des points faibles du CI était la nécessité que tous les groupes confessionnels soient mieux représentés à ce comité. D'autres membres ont fait observer que les membres pourraient être plus assidus aux réunions.

Certains répondants au questionnaire estimaient qu'ils devaient être mieux préparés à faire partie du CI et ils espéraient qu'un processus d'orientation pourrait être établi. Ils ont fait remarquer que ce processus permettrait au CI d'expliquer ses attentes envers les membres, dont son rôle, ses obligations et son but.

Plusieurs ont considéré le manque perçu de financement adéquat comme un point faible.

Comme il est mentionné plus haut, certains se préoccupent du fait que le but du CI n'est pas assez clair et qu'il n'y a pas de planification stratégique pour exprimer son but et sa mission.

Enfin, certains répondants ont formulé des observations sur la nécessité d'améliorer les liens en matière d'information entre le CI et les groupes confessionnels eux-mêmes.

Représentation des groupes confessionnels

Selon les répondants au questionnaire, cette question comprend trois aspects. Certains croient que les groupes confessionnels non chrétiens doivent être mieux représentés au CI. D'autres pensent que la représentation des groupes confessionnels est adéquate, mais que les membres des groupes confessionnels non chrétiens devraient assister plus souvent aux réunions. Enfin, certains ont exprimé le point de vue selon lequel la surreprésentation des groupes chrétiens exprime la réalité démographique des délinquants et qu'il faut la maintenir.

Objectifs des membres du CI

Les répondants au questionnaire ont divers objectifs qu'ils visent à atteindre en tant que membres du CI. Voici certains de ces objectifs : faire en sorte que le respect de la religion soit approprié et adéquat, s'employer à promouvoir la justice réparatrice et acquérir des connaissances personnelles sur le système de justice pénale au Canada.

Selon un certain nombre de membres, leur objectif consiste à appuyer les aumôniers qui font le travail « pratique ». Aux yeux des répondants, cela suppose d'être à l'écoute des aumôniers et de leurs questions et de faire en sorte que leur voix soit entendue au CI. De plus, certains des membres jugent important de porter les questions du CI à l'attention des aumôniers.

Pour d'autres membres du CI, il importe de transmettre les renseignements sur l'aumônerie et les questions de justice pénale à leur groupe confessionnel. En outre, porter les questions et les préoccupations de leurs groupes confessionnels à l'attention du CI et du SCC constitue un objectif essentiel.

Accroître l'incidence du CI

Les membres du CI ont formulé de nombreuses suggestions concernant la façon dont le Comité interconfessionnel pourrait avoir plus d'incidence, notamment résoudre le problème de l'absentéisme des membres aux réunions, améliorer les communications avec tous les niveaux du SCC et les groupes confessionnels, mettre l'accent sur les questions locales dans le cadre de réunions régionales, élaborer des plans d'action et de responsabilisation, accorder une aide financière plus importante au CI et se faire connaître davantage des aumôniers et des groupes confessionnels.

4. Susciter l'engagement de l'Aumônerie
Rôle des membres auprès des aumôniers

La plupart des membres estiment que leur rôle auprès des aumôniers consiste à soutenir ceux-ci et leur travail. Selon les répondants, ce soutien comprend l'écoute, l'encouragement et la promotion des aumôniers. De plus, un répondant a dit que l'un des rôles des membres du CI est d'offrir un soutien moral à un aumônier qui exerce un ministère difficile. Certains ont répondu que les réunions régulières entre les aumôniers et les membres du CI étaient une façon de rester en contact avec les aumôniers et leurs problèmes. Certains estimaient que leur rôle consistait à appuyer les aumôniers, mais d'autres croyaient que leur rôle était de se faire l'avocat des aumôniers : être leur voix.

Beaucoup de membres du CI semblent juger important d'établir un « lien » avec les aumôniers; cependant cela ne semble pas se traduire dans la réalité. La plupart ont dit qu'ils ne rencontrent pas régulièrement les aumôniers.

Participation des membres aux évaluations des aumôniers

L'une des façons dont le CI suscite l'engagement de l'aumônerie est la participation aux examens, à la sélection et aux visites des aumôniers dans les établissements. Les deux tiers des répondants ont dit qu'ils avaient participé à l'une de ces activités au cours des deux à cinq dernières années. Le tiers des membres ont déclaré qu'ils avaient participé à une évaluation, à la sélection d'un aumônier ou à la visite de celui-ci dans un établissement au cours de la dernière année.

Presque tous les membres du CI qui ont rempli le questionnaire ont indiqué qu'ils seraient disponibles, si on le leur demandait, pour participer à ces exercices.

Le rôle du CI auprès de l'Aumônerie du SCC

À la question sur le rôle du CI auprès de l'Aumônerie du SCC, les membres ont formulé les observations qui suivent. Ils ont dit que leur rôle consistait à collaborer avec l'Aumônerie pour la sélection, l'évaluation, la formation et le soutien des aumôniers. Certains estimaient également que le rôle du CI est de se faire l'avocat de l'aumônerie et de ses problèmes auprès du SCC et de leur groupe confessionnel.

Suggestions pour améliorer les relations entre le CI et l'Aumônerie du SCC

Voici certaines des suggestions concernant le renforcement des relations entre le CI et l'Aumônerie du SCC : accroître la visibilité du CI, améliorer les communications et le dialogue entre eux et promouvoir une discussion ouverte et honnête des points forts et des points faibles dans leurs relations. Un répondant a dit que la présence visible d'un membre du personnel du SCC aux réunions du CI serait utile. Enfin, établir un budget plus réaliste qui répondrait aux besoins du CI pourrait renforcer les relations entre le CI et l'Aumônerie selon certains des répondants.

Préoccupations concernant le protocole d'entente

Le CI a entrepris un processus d'examen du protocole d'entente actuel. On a demandé aux membres de faire état de leurs préoccupations au sujet du protocole actuel.

Certains membres ne croient pas qu'ils en savent assez sur le protocole d'entente pour formuler des observations à ce sujet. D'autres semblent très confiants que le sous-comité d'examen du protocole d'entente examinera les questions et présenteront celles-ci à la séance plénière du CI.

Selon un membre, le rôle de l'aumônerie ne doit pas être réduit et les aumôniers ne doivent pas devenir des coordonnateurs, mais remplir leurs fonctions d'aumôniers. Un autre a indiqué qu'il espérait que l'Aumônerie pourrait s'adapter aux nouvelles orientations comme la justice réparatrice dans son cheminement.

Suggestions pour améliorer le protocole d'entente

Encore une fois, la plupart des répondants estimaient qu'ils n'en savaient pas assez au sujet du protocole d'entente pour formuler des commentaires. Un répondant a suggéré de simplifier et de préciser le langage du protocole d'entente. De plus, un autre a proposé de procéder à la consultation la plus large possible au sujet des révisions à apporter au protocole. Enfin, un membre croit qu'il faut interpréter les ratios des aumôniers aux détenus en fonction de la nature de l'établissement et du ministère de l'aumônerie demandé.

Il semble que la plupart des membres s'attendent à ce que le sous-comité d'examen du protocole examine et présente des propositions de révisions à apporter au protocole.

3. Principales constatations

1. Les membres du CI constituent une importante ressource humaine qui reflète les dons des divers groupes confessionnels du Canada. Les membres possèdent également une vaste expérience dans les domaines, entre autres, de la justice pénale, de l'éducation, des services à la personne et de la théologie. Les membres ne ménagent pas leur temps lorsqu'il s'agit d'assister à des réunions, d'aider à choisir et à évaluer les aumôniers et de porter les questions correctionnelles à l'attention de leur groupe confessionnel. Il convient de signaler leur engagement et leur dévouement et d'en faire l'éloge.

2. La composition du CI reflète plus ou moins les caractéristiques démographiques religieuses de la population incarcérée du SCC. Elle est fidèle à l'article VI(1) de l'acte constitutif du CI. Par conséquent, les membres du CI sont en grande partie chrétiens. Toutefois, les principales confessions religieuses non chrétiens sont représentées au CI.

3. Même si la composition du CI est fidèle à l'acte constitutif de celui-ci, la moitié des membres qui ont répondu au questionnaire estimaient que les points de vue des non chrétiens devaient être mieux représentés aux réunions du CI.

4. Un critère d'adhésion au CI est que les membres doivent appartenir à un groupe confessionnel national. Or le fait que le tiers des personnes présentes aux réunions du CI sont des membres sans droit de vote risque d'avoir un grand impacte sur le déroulement des réunions. Ils ont droit de parole, mais sans avoir le droit de voter sur les questions dont ils traitent. Cette situation arrive grâce à l'acte constitutif qui prévoit qu'un membre représente le Conseil canadien des Églises et qu'il y a trois représentants des aumôniers et le secrétaire exécutif qui assistent également.

5. Certains membres du CI se préoccupent de l'absentéisme des autres membres. Comme le groupe ne se réunit que deux fois par année, il est essentiel que les membres assistent aux réunions pour que leur point de vue puisse être entendu et qu'ils puissent contribuer au programme d'action du CI.

6. Un certain nombre de membres signalent régulièrement les préoccupations et les questions du CI à leur groupe confessionnel. Ils utilisent des rapports écrits, des rapports annuels, des courriels et les réunions de leur groupe confessionnel pour les sensibiliser davantage au CI. Cependant, près de la moitié des répondants ont dit qu'ils le font occasionnellement ou qu'ils ne le font jamais.

7. Les communications entre les membres du CI et leur groupe confessionnel devraient être bidirectionnelles : transmettre les renseignements et les préoccupations à leur groupe confessionnel, comme il est mentionné plus haut, et porter les préoccupations du groupe confessionnel à l'attention du CI. À la question sur la fréquence des communications entre les membres du CI et leur groupe confessionnel, seulement le quart des répondants ont indiqué qu'ils communiquaient « régulièrement » ou « souvent ». Une préoccupation connexe était la réponse à la question visant à évaluer l'intérêt du groupe confessionnel à l'égard du travail du CI. La moitié des répondants ont dit qu'il était " faible ".

8. Même si certains membres du CI s'interrogent sur le but du CI, il semble que d'autres comprennent les objectifs énoncés dans l'acte constitutif du CI, à savoir : agir comme conseiller du Service correctionnel du Canada et des groupes confessionnels, appuyer les aumôniers dans leur ministère, être une ressource pour le recrutement, la sélection préliminaire et la sélection des aumôniers et présenter régulièrement des rapports au SCC et aux groupes confessionnels. La plupart des membres qui ont répondu aux questionnaires comprenaient ces objectifs. De plus, la plupart des membres ont établi leurs propres objectifs en tant que membres du CI.

9. L'un des principaux objectifs de cette étude est de comprendre l'incidence du CI. Les membres du CI comprennent et connaissent bien cette incidence. Ils estiment que leurs actions font avancer les choses.

10. Les membres du CI ont également une opinion au sujet des points forts et des points faibles du Comité interconfessionnel. L'énoncé clair de ceux-ci permettra au groupe de célébrer ses points forts et d'élaborer un plan pour remédier à ses points faibles.

11. Les membres sont très satisfaits de la façon dont le CI planifie et organise ses réunions. La seule exception concerne le processus d'orientation visant à préparer les membres du CI à jouer leur rôle. Même si certains membres ont travaillé dans le domaine de la justice pénale, ce n'est pas le cas pour d'autres. Un processus d'orientation pourrait aider les nouveaux membres à connaître la terminologie, la culture, les questions organisationnelles, les attentes, etc.

12. Certains membres francophones se préoccupent du fait que les réunions se déroulent toujours en anglais. Cette situation a un effet négatif sur le recrutement de candidats du Québec. Elle crée également une certaine frustration chez les membres non bilingues du CI qui ne maîtrisent pas les deux langues officielles.

13. Beaucoup de répondants estiment que le CI pourrait avoir plus d'incidence s'il recevait plus de fonds. Certains croient que son budget relativement petit réduit son impact.

14. Le rôle des membres du CI auprès des aumôniers a été décrit comme très important. Toutefois, pour la plupart des membres du CI, ce rôle ne comporte que des activités officielles. Les membres remplissent souvent ce rôle dans le cadre des processus de sélection, d'examen et d'évaluation. Les membres du CI désirent rencontrer les équipes de l'aumônerie pour offrir un soutien plus officieux et prêter une « oreille attentive ».

15. La plupart des membres du CI ont participé à un exercice de sélection, une évaluation ou une visite dans un établissement au cours des cinq dernières années. Tous les répondants, sauf un, ont dit qu'ils aimeraient participer davantage à ces genres d'activités. Il s'agit de l'une des fonctions du CI, qui constitue une ressource importante pour l'aumônerie du SCC.

16. Les membres sont très positifs au sujet des relations actuelles entre le CI et l'Aumônerie du SCC. Les relations sont considérées comme empreintes de collaboration et fructueuses. Cependant toutes les relations peuvent être améliorées. Les membres du CI ont présenté certaines suggestions pour améliorer les relations.

17. Les membres du CI ont une bonne connaissance des relations entre le CI et le SCC. Ils reconnaissent le rôle important qu'ils jouent auprès du SCC. Comme il est mentionné plus haut, ils ont également formulé des suggestions originales pour renforcer les relations.

18. Les membres ont fait état d'un certain nombre de préoccupations au sujet du protocole d'entente actuel. Ils ont formulé plusieurs suggestions pour améliorer le protocole, mais ils ont aussi exprimé leur confiance dans le sous-comité qui a commencé à examiner le protocole d'entente.

19. Certains des membres ont exprimé leurs préoccupations concernant le processus du projet sur l'incidence de l'Aumônerie qui est appliqué au CI. Il semble qu'ils aient besoin d'une explication plus détaillée sur le processus appliqué au CI.

20. Les membres apprécient l'excellent rôle que joue le comité de direction du CI dans les activités du Comité. Ils sont satisfaits du rôle que le bureau remplit dans la réalisation de la mission du CI.

21. Même si cela n'était pas une préoccupation particulière des membres qui ont rempli le questionnaire, il devrait peut-être y avoir une discussion pour déterminer si la pratique actuelle consistant à tenir deux réunions par année est la façon la plus efficace de réaliser la mission du CI. Certains membres ont suggéré de tenir des réunions régionales. D'autres ont dit qu'ils aimeraient rencontrer les aumôniers régulièrement tandis que d'autres estimaient qu'ils devaient s'efforcer davantage de susciter la participation de leur groupe confessionnel dans leur secteur. Une grande partie du budget actuel est consacrée aux deux réunions. S'il y avait une seule réunion par année, les fonds utilisés actuellement pour l'autre réunion pourraient servir à des initiatives comme celles susmentionnées. Une autre possibilité serait de conserver les deux réunions annuelles et de demander plus de fonds pour les autres initiatives.

4. Recommandation

Que le comité de direction du Comité interconfessionnel examine les principales constatations et les suggestions mentionnées ci-dessous, et qu'il prenne les mesures nécessaires.

5. Suggestions

Ces suggestions au comité de direction du CI résultent des constatations qui précèdent :

1. Que le CI envisage des façons de veiller à ce que la voix des groupes confessionnels non chrétiens soit entendue aux réunions du CI.

2. Que le CI détermine si le pourcentage actuel de membres sans droit de vote constitue un obstacle à l'efficacité du groupe.

3. Que le CI élabore un plan pour résoudre le problème de l'absentéisme des membres. Si un membre du CI manque constamment les réunions, le comité de direction devrait déterminer s'il peut continuer de faire partie du Comité.

4. Que chaque membre du CI élabore un plan pour communiquer plus efficacement les questions et préoccupations du CI à son groupe confessionnel. De plus, que chaque membre du CI détermine comment il pourrait susciter plus d'intérêt de la part de son groupe confessionnel à l'égard des préoccupations du CI.

5. Que chaque membre du CI examine les façons dont il aide le CI à atteindre les objectifs de son acte constitutif et que chaque membre élabore sa propre stratégie et son propre plan d'action afin de répondre aux besoins des délinquants et de promouvoir la justice réparatrice dans son groupe confessionnel et sa ville.

6. Que le comité de direction envisage de réserver une période à chaque réunion pour permettre aux membres de présenter un compte rendu des activités qu'ils ont menées afin de faire connaître les questions relatives à la justice pénale à leur groupe confessionnel et de soulever les préoccupations de leur groupe confessionnel à la réunion du CI.

7. Que le CI examine ses points forts, selon les réponses de ses membres, et qu'il célèbre ceux-ci avec eux.

8. Que le CI détermine comment il pourrait concevoir et appliquer un processus d'orientation pour les nouveaux membres. Cela pourrait comprendre un examen de l'acte constitutif et des règlements, les obligations des membres, l'orientation concernant le SCC et l'Aumônerie, etc. Cela pourrait peut-être précéder ou suivre les deux réunions plénières tenues pendant la première année d'adhésion au CI.

9. Que le comité de direction examine comment il pourrait créer un climat plus " convivial " pour les membres dont la première langue est le français.

10. Que le CI continue de discuter la question du financement avec le SCC afin de déterminer si le niveau de financement actuel est suffisant pour lui permettre d'accomplir sa mission.

11. Que chaque membre détermine comment il peut appuyer plus efficacement les aumôniers dans le cadre de réunions de groupe ou d'un soutien individualisé. Il s'agit de l'un des rôles du CI.

12. Que l'Aumônerie du SCC continue de reconnaître la volonté des membres du CI de participer à la sélection et à l'évaluation des aumôniers ainsi qu'aux visites des établissements et qu'elle demande la participation des membres s'il y a lieu.

13. Que l'Aumônerie du SCC examine les recommandations formulées par les membres du CI pour renforcer les relations entre le CI et l'Aumônerie.

14. Que le sous-comité sur le protocole d'entente examine les suggestions formulées par les membres du CI concernant le protocole d'entente.

15. Que le comité de direction du CI communique aux membres du CI le rôle du Projet sur l'incidence de l'aumônerie, dans la mesure où il concerne le CI.

16. Que le SCC félicite les membres du comité de direction du CI pour leur dévouement et leurs efforts soutenus. Cela est rarement reconnu. Il convient en particulier de noter les discussions récentes avec la direction du SCC qui ont une incidence considérable sur l'Aumônerie et le SCC.

ANNEXE III. GLOSSAIRE

  • Un aumônier communautaire est un aumônier au service du conseil d'une aumônerie communautaire locale chargé d'offrir des services d'aumônerie à des libérés conditionnels, aux membres de leur famille et au personnel des bureaux de libération conditionnelle et des maisons de transition. Aux fins du présent rapport, l'aumônier communautaire à Toronto et à Vancouver est un agent contractuel d'un groupe confessionnel qui est chargé, en vertu d'un contrat conclu avec le SCC, d'offrir des services d'aumônerie communautaire.
  • Une aumônerie communautaire se rapporte au travail d'un organisme local, y compris un conseil d'aumônerie communautaire, un aumônier communautaire, des bénévoles, et aux programmes offerts dans la collectivité.
  • Un conseil des organismes de pastorale communautaires est un conseil ou un comité consultatif établi dans une collectivité pour soutenir le travail de l'aumônerie communautaire.
  • L'incidence (ou impact) sert, dans le présent rapport, à indiquer l'effet que les services d'aumônerie ont sur les individus. L'incidence peut se faire sentir, entre autres, sur le développement spirituel, le changement de comportement et la capacité accrue de faire face à la vie en société. L'« incidence » se rapporte non seulement à la compréhension plus approfondie de ses croyances religieuses ou spirituelles, mais aussi à l'application de cette compréhension de manière vivifiante.
  • La pastorale est l'exercice du ministère par un représentant d'un groupe confessionnel qui est fondé sur une relation entre un aumônier/pasteur (ou une équipe pastorale) qui possède des compétences en counseling et une personne ou un groupe qui se réunit pour participer à une conversation et une interaction. La relation est un processus dynamique de compassion et d'exploration, qui s'accompagne généralement d'une structure définie et d'objectifs mutuellement contractés et qui se produit selon la tradition, les croyances et les ressources du groupe confessionnel qui l'entoure et l'appuie. (définition adaptée d'après Pastoral Counselling across Cultures, David Augsburger (1986), p. 15.)
  • Le plan pastoral est un outil de planification pour le ministère pastoral. Son point de départ est la question posée par l'équipe de pastorale : « Qui sommes-nous? » Pour répondre à cette question, le plan propose un énoncé de mission, des principes directeurs et des valeurs. À partir du macroniveau, il passe à des façons stratégiques d'actualiser les valeurs philosophiques et théologiques. Il procède à une « évaluation des besoins » fondée sur le contexte pastoral, puis vise à répondre aux besoins d'une manière systématique, en utilisant toutes les ressources de l'équipe de pastorale, dont les aumôniers, le clergé dans la collectivité et les bénévoles. Un bon plan pastoral repose sur la reddition de comptes, l'évaluation et la communication.
  • L'évaluation qualitative « vise à découvrir la signification d'une expérience humaine et à communiquer cette compréhension au lecteur. Pour y arriver, on utilise la narration plutôt que des chiffres, en supposant que les mots évoquent l'expérience humaine qui s'y rattache »9 . La plupart des études qualitatives font appel aux entretiens de face à face pour établir une signification. Cela encourage le chercheur à amener la personne interrogée à approfondir une question. Ce genre de recherche convient assez bien à l'évaluation de quelque chose d'aussi non quantifiable que la spiritualité.
  • L'expression présence visible est utilisée dans l'Énoncé de travail des aumôniers contractuels. Elle décrit la dimension qualitative de la présence de l'aumônier, et non uniquement l'aspect quantitatif. On peut déterminer ce dernier en vérifiant la feuille à signer à la grille d'entrée, par exemple. Toutefois la présence visible est moins concrète; elle a trait au concept théologique de l'incarnation du divin dans le ministère et les services pastoraux offerts.

Vandecreek et coll., Research in Pastoral Care and Counselling (1994)