Renforcer le rôle des collectivités autochtones dans la prestation des services correctionnels

image d'un aigle

Par : Gina Wilson, directrice générale, Questions autochtones, SCC

La Cour suprême s'est récemment jointe à la Commission royale sur les peuples autochtones et au vérificateur général pour demander que l'on cesse de remplir les prisons canadiennes de délinquants autochtones, affirmant que cela faisait honte au pays.

Le commissaire du Service correctionnel du Canada, M. Ole Ingstrup, a dit et répété qu'il y avait beaucoup trop de délinquants inuits, métis et des Premières nations dans le système correctionnel canadien. Tandis que les Autochtones ne constituent que 3 p. 100 de la population générale du Canada, les délinquants autochtones représentent 17 p. 100 des détenus emprisonnés dans les pénitenciers fédéraux. La situation est encore pire dans certains établissements provinciaux. Alors que les Autochtones sont surreprésentés dans les établissements correctionnels fédéraux à l'échelle nationale, le nombre de détenus autochtones atteint un niveau critique au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta, où les Autochtones constituent plus de 60 p. 100 des détenus de certains pénitenciers. En Saskatchewan, par exemple, le taux d'incarcération de la population autochtone est trente-cinq fois plus élevé que le taux d'incarcération du reste de la population. Et le plus alarmant, c'est qu'on prévoit que le nombre d'Autochtones augmentera encore parmi la population carcérale.

Le Service correctionnel du Canada travaille en collaboration avec d'autres ministères et d'autres organismes pour endiguer ce phénomène. En fin de compte, c'est au SCC qu'il revient de trouver des moyens pour faciliter la réussite de la réinsertion sociale en toute sécurité du nombre sans cesse grandissant de délinquants autochtones relevant du système correctionnel fédéral.

Depuis quelque temps déjà, le SCC a établi des relations de travail avec les Aînés, qui offrent aux délinquants autochtones des enseignements fondés sur la spiritualité de leur peuple et des conseils, et qui leur permettent de retrouver leur identité comme Autochtones. Les agents de liaison autochtones jettent un pont entre les cultures pour une meilleure compréhension mutuelle. Les établissements fédéraux ont commencé à offrir des programmes permettant aux Autochtones de retourner à leurs sources et à leurs valeurs, et ont entamé la construction de pavillons de ressourcement dans plusieurs endroits du pays. L'établissement Pê Sâkâstêw, sur le territoire de la Première nation crie de Samson, et le pavillon de ressourcement Okimaw Ohci, dans la réserve de la Première nation de Nikaneet, constituent des exemples de la réussite de cette approche. Le solliciteur général, M. Lawrence MacAuley, a récemment affirmé qu'il était bien déterminé à s'attaquer au défi que pose la surreprésentation des Autochtones dans le système correctionnel et que l'un des éléments clés de sa stratégie sera de construire de nouveaux pavillons de ressourcement conçus avec l'aide des collectivités autochtones et gérés par celles-ci.

Les services correctionnels mettent maintenant l'accent sur la collectivité et sur l'atteinte d'un meilleur équilibre entre les délinquants qui se trouvent dans les établissements fédéraux et ceux qui se trouvent dans la collectivité. De cette manière, les délinquants qui désirent poursuivre leur quête de guérison peuvent trouver à l'extérieur les outils et les ressources dont ils ont besoin. Le Service correctionnel du Canada a grandement bénéficié du travail dans les prisons des Aînés et des Autochtones, qui continuent à apporter des changements constructifs aux services correctionnels. Le SCC reconnaît aussi que la force des collectivités autochtones constitue la source et la clé de la réussite de la réinsertion sociale des délinquants autochtones.

Cette tendance voulant que les Autochtones travaillent en collaboration avec le SCC à l'élaboration de modèles de services correctionnels dans la collectivité commence tout juste à porter fruit. Les collectivités autochtones commencent à mettre de l'avant des initiatives pour prendre en charge les membres de leur peuple, en assurer la garde et leur offrir des services qui correspondent davantage aux méthodes axées sur la collectivité de guérison et de rétablissement de l'équilibre propres à leur culture. Les collectivités autochtones indiquent qu'elles sont mieux en mesure d'assurer la guérison des délinquants autochtones que le système correctionnel. Ce qui est très encourageant, c'est que ces programmes fonctionnent vraiment. Cela ne surprend guère les collectivités autochtones qui ont pris en main d'autres secteurs de services tels que l'éducation, la santé, le maintien de l'ordre, etc.

Les Autochtones mettent en œuvre des méthodes correctionnelles dans la collectivité qui sont très différentes des services correctionnels habituels. Ces nouvelles approches englobent des concepts tels que la guérison, la réconciliation, la spiritualité, le respect, la fiabilité, l'équilibre et la réparation. De telles solutions de rechange à l'incarcération et de telles activités de surveillance de la libération conditionnelle adaptées à la culture autochtone constituent des étapes très importantes pour les services correctionnels fédéraux, et il reste beaucoup à apprendre au Canada.

Pour plus de renseignements sur « Rehausser le rôle des collectivités autochtones dans les services correctionnels », veuillez communiquer avec Gina Wilson, directrice générale, Questions autochtones, ou Dale Le Clair, gestionnaire, Relations avec les collectivités autochtones, au (613) 943-2363.

Pour recevoir une trousse d'information, prière de téléphoner au (613) 995-2555 ou d'envoyer un message par télécopieur au (613) 943-0493.