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Le 29 mars, le commissaire Keith Coulter s’est adressé aux participants à la Conférence des Comités consultatifs de citoyens et il a fait l’éloge « de leur énergie, de leur enthousiasme et de leur expérience ».

Il les a qualifiés de « précieux partenaires » dans la mise en oeuvre des recommandations du Comité d’examen du Service correctionnel, dont les membres ont été nommés par l’honorable Stockwell Day. Ceux-ci ont visité les institutions et dialogué avec le personnel, des délinquants, des familles et des intervenants. Dans son rapport, le Comité formule 109 recommandations sur la majorité des aspects du Service correctionnel, notamment l’usage de drogues, l’emploi et les récidives de plus en plus nombreuses. Le Budget 2008 procure les assises stables et le financement ciblé qui s’imposent pour assurer que le système correctionnel fédéral soit « sur une bonne lancée en vue de donner suite aux recommandations du Comité ».
Le rapport respecte les deux principes fondamentaux du Service correctionnel : pour les délinquants, « l’incarcération est une punition, et non un châtiment », et l’on persiste à croire en leur réintégration progressive, supervisée, dans la société. Toutefois, il y aura d’importants changements qui déboucheront sur une transformation fondamentale, y compris au plan culturel. M. Coulter a demandé aux participants à la conférence d’aider « les Canadiens à adopter un nouveau programme » visant à revivifier le système du Service correctionnel.

Le commissaire Keith Coulter a
offert à l’ancien président
national
Sean Taylor une peinture en signe
de
reconnaissance pour ses services
passés.
À la suite de son exposé, M. Coulter a répondu aux questions.Un participant a formulé un commentaire favorable sur le rapport, mais il a demandé de quelle façon la modification proposée, de passer de la libération d’office à la libération conditionnelle méritée, allait améliorer les résultats. M. Coulter a répondu que cette recommandation découlait de la préoccupation concernant les quelques délinquants qui doivent être remis en liberté alors qu’il est évident qu’ils récidiveront sous peu. On en est encore à la première étape des changements.
Un autre participant a souligné l’importance d’accroître l’alphabétisme, 65 pour 100 des contrevenants incarcérés affichant un faible taux d’alphabétisation, et de passer au crible personnel et visiteurs afin de contrer le problème de l’usage des drogues dans les institutions.
Grâce au financement supplémentaire du budget fédéral de 2008 et à l’apport de forces fraîches à l’équipe, le sous-commissaire principal Don Head estime que le Service correctionnel du Canada (SCC) est prêt à agir rapidement en matière de transformation.

Par définition, transformation signifie « passer d’un stade à un autre, devenir un être nouveau », a déclaré M. Head devant les délégués. Le SCC anticipe une plus grande uniformité des pratiques de base à l’échelle de l’organisme, conjuguée à une plus grande latitude des employés de première ligne à exercer leur jugement professionnel, le cas échéant. M. Head a mentionné que les aéroports du monde entier ont élaboré une procédure de fouille uniforme.
« J’en connais les étapes à fond, a-t-il souligné, mais je pourrais obtenir 62 interventions différentes » dans les 58 établissements correctionnels du Canada.
C’est que, au sein des mêmes installations où chaque visiteur et chaque employé doivent être soumis à une procédure de fouille uniforme, il faut parfois plus de souplesse dans certains cas.
« Si nous devons devenir un organisme de premier plan, nous devons nous assurer que nos gens comprennent à quel moment ils peuvent exercer leur jugement professionnel et user de discernement, a-t-il ajouté. Cela veut dire que nous devons définir les paramètres et établir des limites pour déterminer comment ils peuvent le faire. »
M. Head a également mentionné qu’il y avait matière à progrès dans le domaine des communications et de l’intégration des services.
À son avis, « les gens travaillent dur, mais d’une manière qu’on pourrait presque qualifier d’isolationniste. Nous devons trouver le niveau d’intégration qui produit les résultats auxquels les Canadiens s’attendent en matière de sécurité publique ». L’Équipe de transformation est en place pour deux ans et le budget de 2008 prévoit des hausses importantes dans les domaines suivants :
M. Head a mentionné que l’avenir des libérations d’office sera une question qui fera l’objet d’une attention soutenue au fil des prochaines années.
Les gens demeurent fermement convaincus que la libération graduelle « est la façon judicieuse de fonctionner, celle qui contribue à la sécurité publique au pays », a-t-il précisé. Le SCC voit dans les initiatives en faveur de la libération d’office un catalyseur pour « améliorer la capacité de nos collectivités sur le plan des services correctionnels ».
Pendant les discours d’ouverture, samedi, la progression et la croissance des Comités consultatifs de citoyens (CCC) étaient les idées principales.
« Il est insensé de continuer à faire les mêmes choses et de s’attendre à des résultats différents, a déclaré la nouvelle présidente nationale des CCC, à propos de l’actuelle procédure d’évaluation du Comités national de direction (CND). Nous allons faire progresser les trois C : cohérence, communication et conformité », ce qui fera évoluer les CCC et leur travail. « Le nombre de nouveaux visages dans la salle laisse croire à une nouvelle injection d’énergie et d’idées au sein de l’organisation, » a affirmé Sean Taylor, l’ancien président national des CCC. Soulignant les liens importants entre le CND et les membres des CCC, il s’est dit confiant que les deux organismes allaient continuer à croître.
Sous l’angle d’un processus de transformation, qu’attendez-vous de la conférence?
« Je m’attends à un plus haut degré de communication avec les autres groupes parce que le réseautage est d’une extrême importance. Tout le monde a des idées géniales … J’aimerais effectuer des visites auprès des autres groupes et rapporter quelques idées pour voir qu’est-ce qui fonctionne dans notre situation. »
Saint-John, Nouveau-Brunswick
« Je m’attends à repartir mieux renseigné et à rapporter ces renseignements dans ma collectivité et les CCC, puis d’agir à ce sujet! »
Kamloops, Colombie-Britannique
« D’être renseigné sur les priorités et la procédure de mise en oeuvre et d’évaluation. J’aimerais aussi apprendre en cours de route de quelle manière nous pouvons participer au changement. »
Winnipeg,Manitoba
« Je pense que nous sommes ici pour trouver la bonne voie, pour faire en sorte que tous travaillent de concert. Le problème de la drogue préoccupe toutes les collectivités... tous doivent être fouillés aussitôt qu’ils passent la porte (de la prison). »
Centre du Nouveau-Brunswick
« Jeter les bases de ce que nous devrions attendre du SCC. »
Burnaby, Colombie-Britannique
Dans son allocution aux délégués à la conférence, la souscommissaire par intérim a souligné la valeur de l’engagement de la collectivité et a fait l’éloge du travail de liaison des Comités consultatifs de citoyens (CCC) au sein des collectivités.
« À l’aube d’une ère nouvelle, l’engagement et la participation des citoyens sont plus importants que jamais », a déclaré Lori MacDonald, sous-commissaire par intérim, Secteur des communications et de l’engagement des citoyens. Le rôle principal des CCC – agir à titre d’observateurs impartiaux et approfondir la compréhension de ce qu’est le Service correctionnel du Canada (SCC) dans les collectivités locales – a une incidence directe sur la sécurité publique.
Dans une allusion à la croissance continue des CCC, Mme MacDonald a mentionné que la détermination des CCC à assurer la liaison avec les communautés a fortement encouragé le SCC qui en a d’ailleurs tiré parti. « Vous vous acquittez avec zèle du mandat que la loi confère au SCC. »
Le récent rapport d’analyse d’un groupe indépendant esquisse pour le SCC une nouvelle vision enthousiasmante qui fait valoir l’engagement de la collectivité. Dans sa description des éléments de la stratégie d’engagement des citoyens, Mme MacDonald a dit : « Nous avons élaboré, seuls ou en collaboration, des outils collaboratifs ». La stratégie comprend des secteurs d’intérêt commun, notamment la cohérence, l’amélioration des communications et la conformité.
De plus, cette nouvelle ère témoigne d’une « première dans l’histoire du Comité national de direction des CCC » : l’élection d’une femme à la présidence nationale.
La tâche du SCC évolue constamment et doit s’adapter aux réalités changeantes, comme le défi que représente le roulement du personnel. Le SCC fait appel aux CCC pour sensibiliser le public à sa mission et à son mandat. La déclaration élaborée par Nancy Stableforth, sous-commissaire régionale de l’Ontario, applaudit le travail et la pensée innovatrice des CCC de l’Ontario. « Nous vous remercions de contribuer temps et énergie à assurer la sécurité et l’épanouissement de votre collectivité. »
« Je suis venu pour me faire une meilleure idée de ce qu’ils prévoient faire. Nous avons le document, mais j’aimerais connaître les sommes en jeu et la période consacrée à la mise en vigueur. »
Centre du Nouveau-Brunswick
« Je suis ici pour obtenir plus d’information parce que ces temps-ci, l’information ne circule pas très vite. Je suis également venu voir la nouvelle orientation que prendra ce processus. »
Cowansville, Québec
« Je veux savoir ce qui va se produire – en pratique – et quelle est notre place dans le cadre de ces décisions. Que pouvons-nous faire pour que cela se produise? »
New Westminster, Colombie-Britannique
« Je m’attends à être mieux renseigné et à obtenir de l’information que je pourrai rapporter chez moi. »
Winnipeg,Manitoba
« J’espérais voir plus de visages amérindiens et davantage d’autochtones siéger aux comités. … (Les femmes autochtones) sont quotidiennement confrontées aux raisons qui font que nous avons tant de prisonniers autochtones. Nous pouvons donner des conseils utiles sur les changements à apporter – comme l’éducation pour les jeunes contrevenants. L’éducation, c’est la clé. »
Regina, Saskatchewan
« Le changement exige beaucoup de temps. On ne peut constater les changements qu’en rétrospective, et il faut compter une dizaine d’années. … Ce qui importe, c’est la modification des attentes concernant la libération conditionnelle – c’est une chose qui doit être méritée plutôt que due. »
Kingston, Ontario
Pendant la séance sur les interventions correctionnelles dans le cadre du programme de transformation, l’emploi et la motivation ont été cités comme étant des éléments clés.
« Le portefeuille des interventions correctionnelles englobe les programmes, l’éducation, l’emploi, l’évaluation initiale des délinquants, les loisirs structurés et la gestion des dossiers, » a affirmé l’animatrice Julie Blasko, membre dde l’Équipe de transformation du Service correctionnel du Canada (SCC). Le programme de transformation du SCC mettra d’abord l’accent sur les « priorités faciles à réaliser ». Les grandes priorités se situent sur les plans de l’emploi, de la motivation, de l’arrivée, de la transition à la journée de travail de 12 heures et de la définition des droits fondamentaux des contrevenants.
Afin de mieux préparer les détenus à la libération, il est nécessaire de tisser des liens avec la collectivité et l’emploi est un moyen d’y parvenir, a déclaré Mme Blasko.Au début des années 1990, l’équilibre entre l’éducation, les programmes et l’emploi avait été « rompu » et plusieurs ateliers professionnels avaient fermé leurs portes. Le rapport d’examen a recommandé d’améliorer cet équilibre.
Selon un participant, les détenus devraient faire l’objet d’une évaluation professionnelle permettant de cerner leurs forces, leurs faiblesses et leurs qualités. Un autre participant a suggéré qu’on tienne compte des styles d’apprentissage des étudiants, notamment de ceux qui ont des troubles d’apprentissage, une éducation rudimentaire et des besoins en matière d’alphabétisme ou de santé mentale, ou des problèmes d’accoutumance toxicologique. Pour mieux brancher les détenus aux possibilités du marché de l’emploi, des participants ont proposé de tirer parti des connaissances des démographes et des recruteurs internationaux, mais également de trouver des façons d’oeuvrer avec des partenaires communautaires. On pourrait y parvenir en tenant des symposiums sur l’emploi avec d’éventuels employeurs, en veillant à ce que les programmes de formation évoluent au même rythme que le marché de l’emploi, en diffusant les offres d’emploi auprès des agents de libération conditionnelle et en cherchant des employeurs prêts à embaucher des détenus hors du pénitencier. Surmonter les limites imposées par l’espace et l’infrastructure représente un défi, a affirmé Mme Blasko, tout comme le fait de modifier les attitudes sociétales.
Les participants se sont dits optimistes face à la possibilité d’inciter les contrevenants à participer à leur plan correctionnel, à améliorer leur éducation et à acquérir des compétences professionnelles. Un participant a suggéré qu’on invite à exposer leurs réalisations d’anciens détenus qui ont réintégré la société avec succès, à titre d’enseignants crédibles.Un autre a souligné l’importance de dispenser à tout le personnel du SCC une formation en technique d’entrevue motivationnelle et à la manière de traiter avec les clients récalcitrants. Les commissions scolaires locales peuvent fournir une expertise afin de motiver les étudiants difficiles, de prévenir la violence et de dispenser une éducation spécialisée.
D’après un participant, les exemples de réussite se fondent sur les relations, et il a souligné qu’on devrait permettre aux détenus d’entretenir des liens significatifs. La possibilité de consulter des professionnels est aussi un aspect essentiel : la plupart des contrevenants ont subi des traumatismes psychologiques. Un autre participant a suggéré de fournir du counselling d’emploi afin d’aider les détenus à trouver ce qui les passionne et à leur apprendre à se fixer des objectifs. Deux suggestions qui nécessiteraient des modifications législatives étaient d’élargir les critères de la « détention » et de passer du programme de libération d’office à l’obligation, pour les détenus, de mériter leur libération conditionnelle.Un participant a également suggéré qu’on réalise des sondages d’opinion auprès des détenus sur ce qui les motive.
Mme Blasko a décrit la simplification et l’abrégement du processus d’évaluation de 70 jours à l’arrivée du délinquant comme une autre priorité facile à réaliser. Cela permettrait aux délinquants de passer plus rapidement à l’établissement mère pour entreprendre leur programme. L’un des volets de ce travail serait la mise en place d’un outil informatisé d’évaluation de la santé mentale et l’instauration de « programmes de notions élémentaires » afin d’aborder des thèmes comme la solution de problèmes et la motivation, présents dans tous les programmes.
Une autre priorité consiste à se diriger vers une journée de travail structurée de 12 heures, comprenant à la fois des cours et des programmes auxquels se rattachent des périodes de loisirs structurés. Cette orientation obligerait à examiner la possibilité d’augmenter le salaire des détenus, de modifier les quarts de travail du personnel en place et d’accorder une indemnité pour les différences fondées sur les niveaux de sécurité.
Les participants ont aussi passé en revue quels devraient être les « droits fondamentaux » des délinquants. Selon eux, l’obligation qu’a le contrevenant de rendre des comptes fait partie du portefeuille des interventions correctionnelles. Les droits fondamentaux autres que ceux garantis par la Charte canadienne des droits et libertés devraient dépendre de la situation de chaque personne, être pesés par rapport à la sécurité du personnel et de l’établissement et viser à préparer les détenus à réussir leur réinsertion dans la société.

Selon Morris Zbar, la vision du rapport du comité d’examen indépendant est d’édifier une composante de services correctionnels communautaires solide afin d’améliorer les résultats en matière de sécurité publique, dont un taux plus faible de récidive. M. Zbar est membre de l’Équipe de transformation et il animait la séance sur les services correctionnels communautaires.
Environ 25 des recommandations du rapport portent sur les services correctionnels communautaires et se regroupent en cinq grands thèmes :
M. Zbar a mis les participants au défi d’examiner leurs rôles « à travers le prisme du rapport ». Il les a invités à dire ce qu’ils pensaient de tout obstacle perçu et à faire part des pratiques exemplaires de leur domaine.
Plusieurs participants se sont dits déçus que le rapport n’ait pas envisagé le recours à des mesures préventives avant l’entrée des délinquants dans le système correctionnel, en mentionnant des problèmes pré-existants d’alphabétisation et de toxicomanie. M. Zbar a répondu que, bien qu’il soit plus facile de résoudre une difficulté avant qu’elle ne devienne un problème, le mandat du comité se limite au Service correctionnel du Canada. L’alphabétisation et la toxicomanie relèvent de la compétence d’autres agences, par exemple l’éducation. Un participant a fait l’éloge du rapport pour ses remarques sur la libération d’office, en soulignant qu’il est déraisonnable de s’attendre à ce que des délinquants ayant passé la plupart de leur temps en isolement cellulaire puissent réussir une transition soudaine dans le monde extérieur.
Les participants ont parlé des maisons de transition et l’un d’eux a remarqué qu’il n’y en avait aucune pour les délinquants inuits dans son établissement situé dans le Nord. « On peut fort bien remettre un ours polaire en liberté dans le Nord, » a-t-il dit, « mais le relâcher dans une zone densément peuplée du sud du Canada entraînera des problèmes. » Un participant a signalé la pratique exemplaire d’un comité de réinsertion sociale composé de détenus, de représentants communautaires et de femmes qui avaient été libérées mais étaient revenues plus tard dans l’établissement. Ces dernières avaient pu parler de ce qui avait bien fonctionné et ce qui n’avait pas marché. Avec une transition sans heurts, a indiqué ce participant, la possibilité de récidiver diminue; les travailleurs de soutien communautaire et les cercles d’appui contribuent à la transition.
Plusieurs participants ont parlé de la difficulté de recruter des membres et l’une d’elle a fait ressortir le besoin de savoir choisir pour trouver de bons bénévoles. Elle a recommandé que le gouvernement fédéral fasse une annonce tous les ans. Une autre personne a souligné qu’il est difficile d’encourager le bénévolat au sein des minorités visibles, parce que cela coûte cher et qu’aucune mesure incitative n’est offerte. Faisant référence à l’Équipe de transformation, un autre participant a souligné qu’un changement de mentalité requiert beaucoup de temps et d’effort, tout autant qu’un changement de culture.
M. Zbar a déclaré que les partenariats plus solides avec les Comités consultatifs de citoyens (CCC) étaient essentiels et a demandé aux participants de tenir 'l’Équipe de transformation responsable de la mise en oeuvre du rapport. « Nous devons communiquer, mais il vous revient de créer cette possibilité pour nous », a-t-il conclu.

Comment résoudre le problème de la drogue tout en respectant les droits individuels? La solution, selon les participants à la séance sur la sécurité et la protection, est tout aussi complexe que le problème de la drogue et doit aborder autant les dimensions physique que juridique et comportementale.
Comme l’a expliqué Jim LaPlante, membre de l'Équipe de transformation du Service correctionnel du Canada (SCC), le SCC s’attaque d’abord aux aspects physiques, en changeant les procédures au périmètre et à l’entrée principale. Le Service examine aussi de nouvelles technologies pour augmenter la sécurité et a reçu du financement pour des chiens détecteurs de drogue et du personnel des tours de surveillance.
Un premier groupe de dix chiens additionels ira dans les établissements où la consommation de drogue est déjà mesurée, tandis que 80 autres seront dressés et entreront en fonction au cours des deux prochaines années. Les participants ont discuté du recours aux chiens détecteurs de drogue, de leur disponibilité et de leur dressage. Mais bien que les chiens représentent une mesure importante, M. LaPlante a rappelé aux participants qu’ils ne sont qu’un élément d’une approche d’ensemble.
L’Équipe de transformation envisage aussi de fournir au personnel de meilleurs critères pour déterminer la présence d’une drogue et d’améliorer les programmes d’intervention auprès des détenus. L’un des délégués a mentionné que si les Comités consultatifs de citoyens (CCC) ont un rôle à jouer en matière de sécurité et de protection, il en va de même pour les détenus. « Ceux qui ont le courage de cesser de consommer ont aussi la responsabilité de mettre au défi leurs camarades. »
Les participants ont également soulevé l’aspect psychologique important des fouilles, en faisant ressortir le besoin d’une formation psychosociale. Y aura-t-il un programme pour permettre aux gardiens de se comporter de manière appropriée avec les gens? M. LaPlante a confirmé que ce serait le cas et que des fonds avaient été réservés pour la formation.
Les participants ont approuvé le changement de politique sur la présence minimale de personnel dans les tours de surveillance. Grâce au nouveau financement, un certain nombre de tours sont désormais dotées de personnel et cela a donné des résultats positifs. Les visites planifiées, les patrouilles motorisées à horaire changeant et l’apparition des chiens détecteurs de drogue ont également été efficaces. Quand les détenus sont trop agités, l’établissement Leclerc ferme la cour.
Les délégués ont soulevé le problème du respect uniforme des politiques de sécurité et de protection, de même que le manque général de sanctions disciplinaires pour le personnel ne se conformant pas aux procédures et celui de sanctions systématiques pour les détenus. Pour ce qui est des analyses d’urine et de sang, M. LaPlante a signalé qu’elles nécessitaient un réexamen du cadre juridique, que l'Équipe de transformation envisage pour plus tard. La discussion est ensuite passée à la communauté à l’extérieur du périmètre. Comment le SCC et les CCC communiquent-ils efficacement avec la communauté? Un lancer de drogue récent à l’établissement Stony Mountain a mis en évidence le fait que la communauté a besoin d’être mieux informée sur le rôle de la police et sur la compétence du SCC. Ce genre d’événements soulève des questions sur la relation de l’établissement avec la police et le procureur.


Plusieurs délégués ont convenu avoir besoin de plus de temps pour réagir à ces enjeux, de même que de meilleures voies de communication à tous les niveaux pour augmenter le flux d’information en temps opportun. « Si cela est bien fait, nous pouvons être utiles. » Ils ont aussi souligné le besoin d’un plan pour renforcer les CCC et pour les « élever à une position en synchronisation avec la transformation du SCC ».

Un participant a recommandé du financement à long terme pour la transformation des CCC et pour des communications améliorées. « Quand les CCC sont présents dans la communauté, nous avons besoin de résultats », a ajouté un autre délégué. Le public veut non seulement les statistiques, mais aussi leur contexte. » Enfin, un membre des CCC a mentionné que « Le SCC doit pratiquer une publicité énergique. Si nous affirmons que la communauté est en sécurité, nous devons pouvoir le faire de manière à ce que tout le monde le comprenne et à le soutenir avec les mesures qui sont en place. »
Les participants à la séance sur l’employabilité et l’emploi ont discuté d’employabilité, de formation et de moyens d’éliminer les barrières entre les délinquants et les employeurs.
L’employabilité est l’éternel problème des délinquants, mais les participants ont appris certains cas d’ex-délinquants qui ont réussi dans leur recherche d’emploi. Une participante a parlé d’un ex-délinquant qui possédait de l’expérience dans la promotion et les relations publiques et qui avait eu du mal à trouver un emploi. « Nous avons eu vent de quelqu’un de l’endroit qui organisait une activité et lui avons demandé s’il aimerait qu’on l’organise à sa place. L’exdélinquant a pris les choses en mains et a fait un travail remarquable; aujourd’hui, il est à monter un beau curriculum vitæ. » La sécurité est une préoccupation pour bien des employeurs. Ainsi, les participants ont appris qu’une compagnie de camionnage transfrontalier peut faire face à des difficultés avec le Département américain de la sécurité intérieure si elle emploie ne serait-ce qu’un seul ex-délinquant. Certains employeurs sont prêts à engager certains délinquants, mais pas n’importe lesquels (comme les délinquants sexuels). Les participants ont discuté à fond du fait que les employeurs peuvent refuser un emploi à quiconque possède un casier judiciaire, peu importe son crime, et que cela ne fait pas problème sur le plan des droits de la personne.
Brenda LePage, ancienne directrice au sein du système pénitentiaire de la Saskatchewan et membre de l’Équipe de transformation, a demandé aux participants de lui faire part de leurs questions et commentaires au sujet de l’exposé fait plus tôt par Don Head sur l’emploi et l’employabilité, et certains en ont profité pour poser des questions. Les consultations se poursuivront tout au long du processus de transformation, comme l’a précisé Mme LePage, et les membres de l’Équipe veulent le plus possible rencontrer les intervenants. Le rapport servira de guide, a-t-elle dit.
La formation à l’emploi a été un autre grand sujet de discussion. Selon un participant, « le programme d’emploi dans les prisons a été fortement réduit lorsque le Service correctionnel du Canada a assumé la gestion des prisons ». Certains programmes ont été comprimés parce qu’on les considérait comme « inéquitables. » De l’avis de ce participant, cette approche du tout ou rien n’est pas raisonnable, car tous n’ont pas la même capacité d’acquérir une formation.
Mme LePage a évoqué les types de formation que recherchent les employeurs. Certains lui ont mentionné qu’ils préfèrent les programmes qui permettent aux exdélinquants d’apprendre « à se lever le matin pour aller travailler, à être respectueux et responsables. Si j’ai affaire à un bon employé, je suis prêt à investir et à l’envoyer en formation ». L’absence de pièces d’identité convenables a été citée à plusieurs reprises comme un obstacle à l’emploi durant les échanges.Mme LePage a mentionné que les agents de libération conditionnelle demandent aux délinquants s’ils ont les pièces d’identité nécessaires (cartes d’assurance maladie et d’assurance sociale, carte de statut d’Autochtone); certains leur répondent oui, même si ce n’est pas le cas. S’ils n’ont pas les cartes d’identité voulues et ne peuvent ouvrir un compte de banque, la paie par virement automatique leur est impossible; or c’est un système que privilégient nombre d’employeurs. Ce seul problème peut représenter un obstacle à l’emploi.
De plus, d’ajouter Mme LePage, le fait de travailler avec des employeurs qui sont prêts à engager des ex-délinquants évite à ceux-ci d’avoir à se demander s’ils doivent divulguer leurs antécédents criminels aux nouveaux employeurs. L’ex-délinquant peut aussi dire ouvertement qu’il lui faudra s’absenter chaque semaine pour rencontrer un agent de libération conditionnelle, au lieu d’inventer des excuses. « C’est vraiment une question de jeter des ponts. »
Un participant a affirmé avoir eu plus de facilité à établir ce lien humain en personne qu’au téléphone. « Acquérir la préformation à l’apprentissage est une chose; acquérir l’apprentissage même en est une autre, de dire un autre participant. Beaucoup d’employeurs n’engagent pas ces candidats. Nous devons éliminer cet obstacle. »

Rita Carrier,
La Macaza CCC
Ursula Morris, région du
Pacifique CCC
In absentia: Wayne McKay,
Sydney
Parole CCC
Lyle Cathcart,
Beaver Creek CCC
Tom Huffman,
Stony Mountain CCC
Dorthe Flauer, region des Prairies CCC
In absentia: Sonya Cardinal, employée du
SCC

Comité national de direction (CND), Marie-Lynn Bériau, agente de projet, SCC, Jim Murphy, directeur, SCC
Cette édition de La petit Quotidien, a été produite par The Conference Publishers, Ottawa, Canada.
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