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Le Petit Quotidien

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30 Mars 2008

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La parole aux délégués

Malgré l’heure matinale, les délégués étaient impatients en ce dimanche de mettre en commun leur expertise et leurs idées sur la conférence et sur le Service correctionnel du Canada (SCC) à la séance « Et maintenant? »

Bill Staubi, Directeur général, Gestion du rendement, au SCC, a demandé aux participants de réfléchir sur les ateliers du 29 mars concernant la Sécurité, les Services Correctionnels Communautaires, les Interventions Correctionnelles et l’Employabilité/l’Emploi, ainsi que de formuler d’autres commentaires.

Sécurité

« Nous n’avons pas examiné longuement la question de la sécurité des membres du personnel et de leurs familles, dit un participant. Il faudrait penser davantage à eux et les consulter de façon plus poussée ».

Faisant allusion à la discussion sur les chiens-détecteurs de drogues dans le cadre de l’atelier sur la sécurité, un des participants a suggéré - compte tenu des coûts liés aux chiens et de la nécessité qu’ils soient accompagnés d’un humain - « qu’on mette en œuvre d’autres moyens de lutte contre les stupéfiants, comme l’analyse du sang. » Il a proposé un système de sanctions en cas de résultats négatifs, pour aider les détenus à réduire leur consommation.

Services correctionnels communautaires

Un participant considérait le manque de programmes correctionnels communautaires comme un enjeu important. Les Comités consultatifs de citoyens (CCC) ont besoin de plus de programmes communautaires qui « commencent par le début (c.-à-d. à l’admission) », dit-il.

Un autre délégué a affirmé qu’on devrait poursuivre les consultations communautaires et élargir la collaboration afin d’accroître les partenariats avec le SCC. « Les services correctionnels ne peuvent tout faire », a-t-il dit. En matière de prévention, le gouvernement doit regarder le tableau global. Les CCC doivent faire participer les organismes comme la Société John Howard et l’Armée du Salut. L’Équipe de transformation a‑t‑elle consulté ces groupes? Au dire du participant, alors qu’on parle beaucoup de la participation de la collectivité, le SCC doit regarder au-delà de l’établissement et « réfléchir comme s’il faisait partie de la collectivité ».

Interventions correctionnelles

La responsabilité du délinquant et l’intervention correctionnelle demeurent un défi immense, d’après un participant qui a demandé comment l’Équipe de transformation pouvait se pencher sur cette question. La formation du personnel est un élément clé, tout comme la souplesse de reconnaître qu’il existe différents établissements et que la population de contrevenants évolue. « L’Équipe de transformation ne peut qu’ébaucher des politiques générales, mais nous avons besoin d’argent pour le faire. »

Un autre participant s’est dit déçu que le rapport n’ait fait « aucune mention » de la justice réparatrice, en dépit d’un exposé devant le groupe d’experts, et il a fait état des résultats positifs d’un projet pilote pour lequel on avait employé cette méthode. « Nous avons constaté un changement évident [chez les détenus]. »

Répliquant à ces propos, un membre du comité d’examen a déclaré : « le comité a bien écouté et la justice réparatrice fait partie des principaux éléments au programme ». Elle a expliqué que le comité avait un mandat extrêmement restreint qui se limitait à la mise sur pied de programmes de services aux victimes. M. Staubi a ajouté que, même si le mandat du comité était restreint, celui du SCC ne l’était pas. « Beaucoup de gens, au SCC, croient fermement en la justice réparatrice. »

Employabilité/Emploi

Un délégué a demandé à l’Équipe de transformation d’examiner le rôle des CCC dans le cadre des réseaux destinés aux délinquants en liberté conditionnelle, la formation professionnelle continue et les programmes de recyclage pour ces délinquants « à l’extérieur », de même que la sensibilisation communautaire croissante des coordonnateurs œuvrant dans des provinces comme l’Ontario.

Il faut procéder à des vérifications judiciaires plus approfondies concernant le personnel, car « les personnes qu’on a à l’intérieur peuvent modifier les choses ». Même si le personnel de base subit des vérifications judiciaires exhaustives, d’autres peuvent faire l’objet d’accusations.

Les délégués ont cerné un certain nombre de questions intersectorielles. Selon l’un d’eux, l’atelier sur la sécurité n’a abordé « qu’une partie du problème »; les préoccupations en matière de santé mentale devraient entrer dans les cinq priorités du SCC. Pour un autre délégué, l’ETCAF est une préoccupation croissante : « toute stratégie, initiative ou transition devrait tenir compte de l’ETCAF ».
 
La communication est un autre enjeu important et doit s’accroître entre les CCC et les établissements et bureaux de libération conditionnelle locaux. « Nous faisons partie d’une équipe », a déclaré un délégué.

Un autre délégué a réclamé une représentation plus nombreuse des Autochtones au sein des comités de révision et des conseils d’administration des CCC. « Vous pouvez nous intégrer n’importe où; nous sommes chez nous partout puisque nous formons une proportion importante des services correctionnels. » Qui plus est, on a omis de mentionner les pavillons de ressourcement qui font partie des centres de guérison. À titre de président du comité du SCC sur la diversité, M. Staubi a déclaré que le SCC se penchait présentement sur cet important enjeu.

Certains participants ont affirmé que, même s’ils ont passé beaucoup de temps à examiner le rapport et à préparer leurs commentaires, ils n’ont pas eu la chance d’exprimer leur opinion à la conférence.

Ursula Morris, présidente du Comité national de direction (CND) des CCC, a déclaré : « la conférence est le début d’un processus ». Un délégué, qui a affirmé avoir consacré plusieurs heures à étudier le rapport et à recueillir les commentaires de membres de sa collectivité (y compris d’anciens détenus), a laissé entendre que de plus petits ateliers auraient suscité « davantage d’activité entre nous ».

D’après M. Staubi, le SCC peut mettre en œuvre toutes les recommandations du rapport sans modifications législatives, bien que leur mise en œuvre puisse varier d’un établissement à l’autre au pays, selon les besoins. Il a ajouté que l’Équipe de transformation fournira aux établissements et aux CCC d’autres renseignements plus précis sur la mise en œuvre.

En ce qui a trait à la gestion du changement, M. Staubi a affirmé : « Au début, nous sommes enthousiasmés par le rêve et les choix qui nous attendent; à la fin, nous pouvons célébrer nos réussites; mais c’est entre les deux que les rêves s’effondrent et que tout prend l’allure d’une catastrophe ». Il a demandé aux participants de se rappeler que c’est précisément l’entre deux et que le SCC s’est engagé à tirer parti au maximum de la transformation. Se disant encouragé par la grande diversité des idées exprimées par les membres des CCC, M. Staubi les a exhortés en ces termes : « Rêvez grand et ayez des attentes élevées, et nous essaierons d’être à la hauteur ».

Séance de travail des CCC

À la séance de travail de dimanche, les membres des Comités consultatifs de citoyens (CCC) ont formulé et adopté trois importantes nouvelles résolutions concernant l’appui des bénévoles, l’identification des détenus à leur libération et les règlements du Comité national de direction (CND).

Gary MacDonald, de la région des Prairies et assesseur-conseil dans le cadre de la séance de travail, a dit aux participants qu’ils allaient étudier trois résolutions. Chaque résolution sera proposée et appuyée, puis le proposeur aura trois minutes pour faire un exposé sur la résolution et en expliquer le bien-fondé.

Dans la résolution sur l’appui du Service Correctionnel du Canada (SCC) aux bénévoles, les CCC demandent au SCC de réexaminer le plan de réorganisation des districts pour la création d’un nouveau poste de coordonnateur chargé de l’extension des services à la communauté dans le district afin de mettre sur pied  un système efficace d’appui aux bénévoles  au niveau local.

La résolution a été présentée par Malcolm McLeod, de l’Ontario, et appuyée par Murray Lincoln, également de l’Ontario.

M. McLeod a déclaré qu’au début il s’inquiétait des répercussions de la réorganisation sur les bénévoles, notamment dans la région de  l’Ontario, mais qu’elles étaient évidentes dans tous le pays : comme il y aura moins de districts après la réorganisation, une seule personne pourra être responsable d’une zone très vaste qui, par le passé, relevait de trois ou ou quatre responsables. En Ontario, par exemple, cette personne est responsable de l’Ontario, du Grand Toronto et du Nunavut. Selon M. McLeod, Il n’est pas logique d’éparpiller à ce point les compétences « si l’on veut faire quelque chose d’utile et de constructif ».

M. Lincoln a dit que le CND avait approuvé et adopté la résolution.

La deuxième résolution, qui traite de l’identification des délinquants à leur libération, demande au SCC d’instaurer des mesures visant à assurer que tous les détenus fédéraux aient des documents d’identité de base avant d’être libérés d’un établissement fédéral et que tout document émanant du SCC et ayant trait à la libération d’un détenu, comme la « liste de vérification du plan de mise en liberté » ou le « guide du détenu », souligne l’importance qu’un détenu possède des documents d’identité de base avant sa libération.

Brian Frankish, de la Colombie-Britannique, a proposé cette résolution. Il a dit que le caucus de la Colombie-Britannique avait adopté la résolution à l’unanimité, et il a demandé l’appui de quelqu’un d’une autre région. Murray Lincoln, de l’Ontario, l’a appuyée.

Louise Leonardi, du Nouveau-Brunswick, a déclaré que le sous-comité de la réintégration sociale du CND a approuvé en tous points la résolution, qui a été adoptée.

La résolution sur les règlements du CND a été proposée par Fred Mills, de la Colombie-Britannique, et appuyée par Yvette Gagnon, du Québec.

« Cette résolution représente énormément de travail », a dit Sean Taylor, ancien président national. Le changement proposé à l’égard du rôle du président est de la plus haute importance. Un représentant de chaque région occupera à tour de rôle la présidence et la vice-présidence, pour un mandat de deux ans dans chaque cas, afin de s’assurer qu’on fasse valoir les points de vue de toutes les régions. Le changement entrera en vigueur en janvier 2010. D’autres modifications visent à « procurer au CND d’autres orientations plus claires ».

Comme la résolution avait été distribuée il y a quelque temps, M. MacDonald n’a pas ouvert le débat sur la résolution, qui a été adoptée.

Ursula Morris, présidente du CND, a remercié les membres d’avoir appuyé la troisième résolution. La rotation des titulaires à la présidence et à la vice-présidence permettra une représentation équitable à travers le pays, dit-elle. Le tirage visant à décider de l’ordre de rotation aura lieu à la réunion de juin et les résultats seront divulgués dans le communiqué ultérieur.

Mme Morris a affirmé qu’elle allait mettre de l’avant les deux autres résolutions et elle a demandé aux représentants régionaux de suggérer des moyens efficaces de mettre à exécution l’idée concernant les documents d’identité des délinquants libérés.

Elle veut être en mesure non seulement de dire ce qui devrait se produire, mais aussi de quelle manière cela devrait se faire.

Bill Huzar, co-président de l’Association nationale de bénévoles (ANB) du SCC, a affirmé qu’il avait été fort impressionné par le travail des CCC pour la collectivité. À la réunion de l’Association, en mai, il recommandera l’adoption des deux résolutions concernant les bénévoles.

DANS LES COULOIRS

Qu’avez-vous retire de la conference?

« Je n’étais pas convaincu que le rapport tenait la route et, après la conférence, je le suis encore moins. »

Colombie-Britannique

« La conférence m’a permis de comprendre ce qui s’en vient. J’ai hâte aux prochaines communications du SCC et j’ai l’intention de me tenir au fait de la transformation et de ce qu’elle signifie pour les CCC. »

Ontario

« Avant de venir, je comprenais l’idée générale de la transformation, mais il m’aurait été utile d’avoir plus de temps pour discuter de la question avec les membres avant la conférence. Les exposés et les ateliers ont été profitables et représentent une mine de renseignements. »

Québec

« J’aime bien l’orientation que prend le SCC avec cette transformation, mais je veux aussi voir des résultats concrets en bout de ligne. »

Saskatchewan

« Le plus grand bienfait de la conférence a été la possibilité de créer des réseaux avec des collègues. J’ai beaucoup appris en conversant avec les gens. »

Colombie-Britannique

Synthèse et mot de la fin

À la fin de la conférence, les participants avaient le sentiment que le Service correctionnel du Canada (SCC) et les Comités consultatifs de citoyens (CCC) partageaient les mêmes objectifs et ils estimaient que l’élan ainsi généré devait se poursuivre.

D’après Ursula Morris, présidente du Comité national de direction (CND) des CCC, les délégués à la conférence se sont vu dire que le SCC traversait une période de changements et de revitalisation. Les CCC comptent veiller à ce que leurs collectivités acceptent les modifications du SCC et transmettre à celui-ci les commentaires des collectivités. Pour la première fois, le SCC et les CCC ont les mêmes objectifs. Un débat sur les changements aura lieu à la table du CND, aux réunions régionales et locales, et tous les participants seront « sur la même longueur d’onde ». Les structures relatives aux changements ont été mises sur pied. Maintenant, les CCC doivent réunir les divers éléments.

Mme Morris a exhorté tous les participants à réfléchir sur la façon dont les choses peuvent se faire, puis elle s’est dite épuisée, souhaitant rentrer chez-elle. Elle a ajouté, cependant, qu’elle « connaissait un nouvel élan et un nouvel enthousiasme » et qu’elle avait hâte de rentrer et de mettre les choses en branle.

Jim Murphy a remercié le co-président de l’Association nationale des bénévoles pour son soutien pour avoir transmis les résolutions à son organisme. Il a dit avoir éprouvé « un plaisir immense » à participer à la conférence et à en être l’hôte au nom des membres. Comme Mme Morris, M. Murphy trouve de telles rencontres épuisantes, mais énergisantes et agréables.

M. Murphy a souligné le rôle extrêmement utile des coordonnateurs régionaux dans le cadre des activités des CCC. Il a déclaré espérer que cette conférence représente un début et que tous veillent au suivi des recommandations du SCC « de façon positive, constructive ».


Cette édition de La petit Quotidien, a été produite par The Conference Publishers, Ottawa, Canada.

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Cette edition de La petit Quotidien, a été composé par Communications et l’Engagement des Citoyens, Service correctionel Canada.

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