(L'article suivant fait partie d'une série d'autres articles qui seront publiés dans Nouvelles@travail et qui porteront sur la conférence Des chemins vers une sécurité accrue dans les collectivités qui s'est tenue à Halifax, Nouvelle-Écosse, en mars 2008.)
Par Bill Rankin, conseiller en communications, Secteur des communications et de l’engagement des citoyens
Parmi les nombreux participants au Symposium sur les chemins vers une sécurité accrue dans les collectivités, tenu à Halifax, du 5 au 7 mars, il y a eu Irvine Carvery, un champion des causes sociales. À titre de représentant de la collectivité, il a fait un récit émouvant au sujet d’un chapitre controversé de l’histoire du Canada : la destruction d’Africville, une communauté noire qui s’était autrefois installée sur la rive sud du bassin de Bedford à Halifax.
Au cours du 20e siècle et pendant les générations précédentes, Africville était habitée entièrement par des familles noires de diverses origines, y compris des réfugiés/anciens esclaves vivant au sud de la ligne Mason-Dixon, passés en contrebande au nord par le chemin de fer clandestin. Malgré leur pauvreté et le manque d’influence politique, les résidents de la minuscule communauté avaient un sentiment fort de l’unité sociale et de l’activisme.
Carvery est né et a grandi à Africville. En tant qu’adolescent, dans les années 1960s et au début des années 1970, il a vu Halifax grandir et commencer à empiéter sur les rives sud du bassin de Bedford. Sa communauté a, en fin de compte, été engloutie à la suite d’une fusion des municipalités. Les habitants d’Africville se sont vu exproprier de leurs logements qui ont été démolis. Ils ont été expulsés pour faire place à l’ouverture du pont suspendu A. Murray MacKay, à la construction d’une autoroute à péage et à l’agrandissement du port de Halifax vers l’ouest. La communauté a été rasée à coups de bulldozer pour disparaître à jamais et être remplacée par le parc Seaview, un terrain pour les cyclistes, touristes et promeneurs. Rien ne rappelle plus l’existence d’Africville.
Carvery et ses compatriotes sont déterminés à changer cela. Même s’ils se battent depuis plus de 20 ans, Carvery dit qu’il n’abandonnera pas sa lutte jusqu’à ce que la ville reconnaisse son erreur et qu’elle verse une indemnité aux membres de l’ancienne communauté d’Africville.
« Grâce à l’Africville Geneology Society, nous aurons un centre d'interprétation et une église reconstruite sur le terrain où il y avait autrefois Africville. Ces endroits seront des lieux de préservation de notre histoire et de notre culture que pourront connaître à l’avenir les descendants et le public. »
Carvery avait aussi un message pour le Service correctionnel du Canada (SCC) : « Le SCC a une occasion unique d’influencer les délinquants noirs - parmi lesquels il y a des leaders potentiels - avant leur retour dans la collectivité. Il faut mettre en place des programmes d’éducation qui permettront aux délinquants noirs de mieux comprendre qui ils sont et d’où ils viennent. Le fait de les sensibiliser à leur histoire et aux besoins de leurs collectivités aura pour résultat d’inciter certains de ces délinquants à s’engager après leur mise en liberté. Le SCC devrait également profiter de l’occasion pour accroître son soutien aux délinquants noirs pour que leur transition dans la collectivité se déroule sans heurt. »
En 2002, le gouvernement fédéral a déclaré Africville site historique national et a affirmé regretter l’injustice commise envers les résidents noirs.