Virus de l’hépatite C (VHC) Reprise de test de dépistage et séroconversion

Collecte de données

Les données issues de la surveillance accrue de 2005 à 2012 dans l’Application Web du Système de surveillance des maladies infectieuses ont été analysées pour trouver les reprises de tests de dépistage des infections transmises sexuellement et par le sang. Les comportements à risque déclarés ont été présentés sous forme de tableau. Les dossiers présentant des reprises de tests de dépistage pour le VHCFootnote 1 ont été examinés pour la qualité et la cohérence des données. La séroconversion du VHC a été définie comme un résultat négatif à une épreuve immuno enzymatique (EIA), suivi d’un résultat positif à une épreuve (EIA ou ARN). Les données ont été extraites en juin 2016.

Analyse et résulats

Reprise de test de dépistage du VHC

Le test de dépistage de suivi est volontaire et il n’est pas nécessaire pour tous les détenus. Un total de 15 737 détenus ont repris les tests sur une période sept ans (2005 2012).

Comportements à risque d’infection par le VHC déclarés

Les détenus devaient parler de leurs comportements à risque « depuis la dernière évaluation ». On ne précisait pas si le comportement était survenu en prison ou dans la collectivité. Environ 40 % des dossiers contenaient des renseignements sur le risque accessibles pour analyse (voir le tableau 1).

Tableau 1 : Comportements à risque déclarés± depuis le dernier test, 2005-2012
Risques Oui (n, %) Non (n, %)
Drogues injectables 1 293 (20 %) 5 353 (80 %)
Drogues reniflées 2 122 (32 %) 4 503 (68 %)
Tatouage 3 251 (53 %) 3 160 (47 %)
Perçage 790 (35 %) 1 479 (65 %)
Bagarre/entaille 1 319 (20 %) 5 234 (80 %)
Relations sexuelles non protégées 3 611 (56 %) 2 800 (44 %)
Relation sexuelle avec UDI 665 (11 %) 5 392 (89 %)
Travail dans l’industrie du sexe 284 (5 %) 6 017 (95 %)
Client d’un travailleur de l’industrie du sexe 484 (8 %) 5 767 (92 %)

± - en raison d’un dénominateur de données manquant entre 6 057 et 6 681

La moitié de tous les détenus qui ont repris le test ont déclaré s’être fait tatouer (53 %) et 20 % ont mentionné avoir consommé des drogues injectables. Parmi les personnes qui ont mentionné l’injection de drogues, 50 % ont révélé avoir partagé des seringues ou tout autre équipement d’injection de drogue (comme des cuillères et des récipients).

Séroconversion VHC

Au total, 5 218 détenus ont repris des tests de dépistage du VHC aux fins d’analyse. Parmi ces détenus, une séroconversion VHC a eu lieu chez 330 personnes (résultats positifs en laboratoire précédés d’un résultat négatif documenté). La durée moyenne entre le premier résultat négatif et le résultat positif subséquent était de 2,9 ans (médiane 2,4 ans, de 78 jours à 7,6 ans).

Taux d’incidence du VHC

D’après le nombre total de jours en observation dans cette cohorte ouverte, l’incidence du VHC a été estimée à 25 cas par 1000 détenus à risque par annéeFootnote2.

Facteurs de risque de séroconversion VHC

Les rapports de risque pour les groupes exposés et non exposés ont été déterminés et le risque relatif (RR) a été calculé. Le RR a été utilisé pour estimer la fraction étiologique (FE) (la proportion de nouveaux cas attribués à ce facteur de risque). Ces données sont résumées au tableau 2.

Tableau 2 : Rapports de risque relatif du VHC, 2005-2012
Risques RR IC à 95 % FE±
Drogues injectables 9,9 7,3 et 13,5 47 %
Drogues reniflées 2,0 1,5 et 2,8 24 %
Tatouage 2,1 1,5 et 3,0 37 %
Perçage 1,7 0,9 et 3,1 20 %
Bagarre/entaille 1,4 0,9 et 1,9 7 %
Relations sexuelles non protégées 1,1 0,8 et 1,6 7 %
Relation sexuelle avec UDI 2,3 1,5 et 3,6 10 %
Travail dans l’industrie du sexe 0,6 0,2 et 1,7 -2 %
Client d’un travailleur de l’industrie du sexe 1,0 0,5 et 1,9 -1 %

± - Fraction étiologique; en gras = p<0,05

Les délinquants qui ont déclaré consommer des drogues injectables avaient un risque presque 10 fois plus élevé de contracter une infection par le VHC, et 47 % des séroconversions ont été attribuées à ce comportement à risque. Le risque de contracter une infection par le VHC doublait avec le tatouage ou la consommation de drogues reniflées, mais une plus grande partie des cas de séroconversions (37 %) ont été attribués au tatouage à cause de la prévalence de ce comportement à risque parmi les détenus. Le fait d’avoir des relations sexuelles avec un travailleur de l’industrie du sexe doublait le risque de contracter une infection par le VHC et était responsable de 10 % des séroconversions.

Exposition de la collectivité

Des enquêtes préliminaires sur les 330 cas de séroconversion VHC ont révélé que 43 % des porteurs avaient passé du temps dans la collectivité; temps représentant de 1 % à 98 % de l’intervalle de temps en observation. Les délinquants peuvent adopter de nouveau des comportements à risque et pourraient contracter le VHC lors d’une exposition dans la collectivité.

Résumé

Le taux estimé de séroconversion au statut positif pour le VHC chez les détenus du SCC est de 25 par 1000 détenus à risque par année. Ce ne sont pas tous les détenus qui sont à risque. Environ la moitié des personnes ayant connu une séroconversion avaient passé du temps dans la collectivité. Une étude approfondie est nécessaire pour comprendre la distribution des comportements à risque dans une prison par rapport à celle que l’on trouve dans la collectivité.

Footnotes

Footnote 1

SCC suit les lignes directrices nationales de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) pour le dépistage et le diagnostic de l'infection par le VHC

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Footnote 2

Arrondis de 25,4 cas par 1000 détenus à risque par année

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