Les décennies d'après-guerre

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Fin d'une ère, la fermeture du la prison des femmes de Kingston

En 1949, durant le mandat de la surveillante en chef, Mlle Amelia May Gibson, les premières représentantes de la Société Elizabeth Fry ont commencé à visiter la prison; elles ont d'abord organisé des activités récréatives et éducatives puis, plus tard dans l'année, elles ont donné des cours de langue et d'art.

En 1950-1951, alors que Mlle Lorraine L. Burke était surveillante en chef, les services récréatifs de la prison se sont améliorés et un plus grand nombre d'activités ont été présentées, dont les concerts de Noël et de Pâques. Les parties de balle molle ont eu beaucoup de succès, sans doute stimulées par la participation de l'équipe de la prison des femmes dans une ligue de prison et des parties supplémentaires contre des équipes de « l'extérieur ». Le tennis et le ballon-volant sont devenus extrêmement populaires et la Société Elizabeth Fry a commencé à superviser des décorations artisanales aux coquillages, ou des travaux de maroquinerie, tout en donnant des cours d'éducation physique et des classes de danse folklorique. Les femmes pouvaient voir des films plus souvent, lesquels étaient payés à même la Caisse de bienfaisance des détenues ou offerts par des bienfaiteurs de l'extérieur.

softball et volleyball
Dans les années 50, les services récréatifs
de la prison se sont améliorés et un plus
grand nombre d'activités ont été présentées,
dont la balle molle et le ballon-volant.

En 1950, l'arrivée des 14 premières femmes doukhobors a mis de graves pressions sur le maintien de la discipline et du bon ordre à la prison des femmes. Ces femmes, membres d'une secte religieuse, ont employé diverses stratégies pendant leur incarcération, dont les grèves de la faim et le déshabillage. Selon un administrateur de la prison à l'époque, « leur présence a eu un effet complètement perturbant sur le reste de la population. »

Au cours des années 1951 et 1952, on a assisté à des améliorations marquées pour les détenues, dont le nombre est passé à 121. La bibliothèque s'est agrandie et améliorée, et des écouteurs ont été installés dans chaque cellule et dans l'hôpital de la prison, ce qui améliorait de beaucoup la qualité d'écoute de la radio. Les activités scolaires, dont des classes de sténographie, ont été élargies et améliorées (14 étudiantes ont suivi le cours de dactylographie). On a aménagé un salon de beauté et des cours de soins de beauté ont commencé. Les activités d'artisanat se sont poursuivies pour englober autre chose que le tricot et la broderie traditionnels.

Des aides de « l'extérieur » ont continué à faire leur marque. La Société Elizabeth Fry a joué un rôle de plus en plus considérable, en conseillant les détenues, en offrant des cours officiels et en aidant les femmes à trouver de l'emploi après leur libération. L'Armée du salut a également prodigué des conseils, en plus d'offrir des eaux gazeuses, de la crème glacée et des friandises pour les diverses activités de groupe.

Vers la fin des années 50, on a continué à tendre vers un traitement plus humain des prisonnières. Les détenues se sont vu allouer 56 parcelles de terrain pour planter des semences et pour faire pousser des plantes que leur fournissait la ferme du pénitencier de Kingston. C'est à cette époque qu'on a commencé à organiser chaque année une journée champêtre avec prix fournis par la Caisse de bienfaisance des détenues. On a également construit une patinoire. Les jeudis soirs, des programmes récréatifs, organisés par la Société Elizabeth Fry, ont pris plus d'ampleur et gagné en popularité; le dernier jeudi de chaque mois était celui des divertissements. Il y a eu d'autres programmes hebdomadaires, dont une soirée de danse de salon, une école de maintien, des travaux de pyrogravure, la confection de bijoux, la fabrication de ceintures, du chant choral, des danses carrées, la confection de pantoufles et du théâtre.

Les privilèges institutionnels sont aussi devenus plus généreux au cours de cette période. Par exemple, la cantine des détenues était ouverte pendant une heure deux fois par semaine, le mercredi et le dimanche. De plus, en 1956-1957, on a distribué pour la première fois des cadeaux de Noël achetés à même le Fonds de fiducie des détenues. Il y avait des divertissements et des friandises à Pâques et à Noël. En septembre 1956, la télévision a fait son entrée dans la prison et a été accueillie avec beaucoup d'enthousiasme, surtout par les détenues plus âgées qui ne pouvaient participer aux activités physiques.

À cette époque, il y avait plus de contacts entre les détenues et la société. Des compétitions sportives, comme la balle molle et le ballon-volant, ont amené de plus en plus de détenues à entretenir des contacts avec des compétitrices de « l'extérieur ». Divers organismes, groupes confessionnels et clubs ont multiplié leurs visites et, pour la première fois, des représentants de la Société d'aide à l'enfance ont commencé à se rendre à la prison.

Concerts, danse et théâtre figuraient au programme régulier des activités des détenues.
Concerts, danse et théâtre figuraient
au programme régulier des activités des détenues.

De plus en plus, l'idée que les détenues n'étaient pas toutes les mêmes et qu'elles pouvaient et devaient être aidées en tant qu'individus a commencé à porter fruit. En 1956-1957, on a mis en œuvre le premier programme de « prélibération ». La Société Elizabeth Fry devait choisir une détenue à 13 h et la retourner à la prison pour 16 h; pendant cette période elle se faisait escorter au magasin, dans des foyers ou en promenade. En 1957, la première travailleuse sociale s'est jointe au personnel et on a préparé les premiers dossiers de classification sur les nouvelles détenues, afin de pouvoir obtenir les premiers rapports de suivi et de libération conditionnelle. Le psychiatre O. Karabanaw a été nommé au sein du personnel en 1959.

Depuis l'ouverture de la prison des femmes jusqu'en 1962, les administrateurs en chef relevaient du directeur régional par l'entremise du directeur du pénitencier de Kingston. Entre 1962 et 1965, ils se rapportaient au directeur de l'institution Collins Bay pour hommes. Au début des années 60, ce poste était connu sous le nom de directrice. En 1965, la directrice s'est même vu accorder des pouvoirs égaux à ceux de ses homologues masculins et elle a eu le droit de faire rapport directement au sous-commissaire régional.