La fermeture de la prison des femmes de Kingston le 6 juillet 2000

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Fin d'une ère, la fermeture du la prison des femmes de Kingston

En 1960, la prison des femmes a commencé à être autonome. La première directrice de la prison des femmes, Mlle Isabel J. McNeill, a alors été nommée et l'on a présenté au personnel le premier cours de formation. Durant l'année, on avait terminé la construction du bâtiment récréatif et de l'école.

Comme le nombre de détenues augmentait, une aile a été bâtie et inaugurée en 1962. Avec le temps, cette aile est devenue l'endroit privilégié pour des femmes à sécurité moyenne et minimale. On cherchait surtout dans l'unité à accorder plus d'autonomie aux détenues, ce qui permettait une supervision moins restrictive; elles jouissaient ainsi de plus d'intimité et de plus de liberté de mouvement. Les détenues en qui on pouvait avoir confiance ont même eu la clé de leur chambre, qui avait une porte pleine au lieu de barreaux.

En 1963-1964, des cours de formation professionnelle ont été offerts, dont un sur les méthodes commerciales et un autre sur l'économie ménagère. L'année suivante, on ouvrait l'école de coiffure. Les services de classification et de counselling ont continué à s'étendre. Deux jalons ont été atteints cette année-là : le premier jour de la famille des femmes et, pour la première fois, certaines détenues avaient le droit d'aller chez elles pour Noël, pour Pâques et pour d'autres occasions spéciales. On continuait de constater l'effet préjudiciable d'avoir une seule prison des femmes située au centre du pays. Il y avait 81 détenues cette année-là et le tiers d'entre elles n'avaient pas reçu de visite des membres de leur famille.

En 1966, M. Donald Clarke était nommé directeur de la prison des femmes, poste qu'il a occupé jusqu'en 1970. Lui ont succédé M. C.A.M. Edwards de 1970 à 1972, puis M. Doug Chinnery jusqu'en 1980.

Le nombre de détenues a augmenté considérablement au cours des années 70, pour atteindre un record de 210 en 1978-1979.

Le premier cours de formation a été donné au personnel en 1960.
Le premier cours de formation a été donné au personnel en 1960.

En 1983, alors que M. George Caron était directeur, quelques femmes ont été transférées dans une aile spéciale et isolée du centre de traitement régional entre les murs du pénitencier de Kingston, dans un effort pour égaliser et améliorer les traitements.

Les pressions se sont faites plus vives pour incarcérer les femmes délinquantes dans leur province d'origine. En 1984, le gouvernement fédéral a conclu une entente de transfert avec chaque territoire et chaque province, sauf l'Ontario et l'Île-du-Prince-Édouard. En 1985, la plupart des femmes venant du Québec étaient détenues à la maison Tanguay, établissement provincial du Québec, mais la majorité des femmes qui venaient des autres provinces étaient encore incarcérées à la prison des femmes de Kingston.

En 1987-1988, il y a eu d'importantes initiatives quant au traitement :

  • Une session de 12 semaines sur la toxicomanie et l'alcoolisme (dont une séance spéciale pour les femmes autochtones) organisée par la Société Elizabeth Fry;
  • Un programme de la femme dans la société portant surtout sur le perfectionnement personnel;
  • Un programme reposant sur la thérapie de confrontation, fourni par les conseillers en toxicomanie de Brentwood;
  • Un counselling donné par des thérapeutes en matière d'agression sexuelle;
  • Des réunions de sororité autochtone trois fois par semaine; et
  • Des cours universitaires organisés par l'institution de Collins Bay (suivis par six détenues).

En 1990, un nouveau bâtiment résidentiel a ouvert ses portes près de la prison des femmes, sous l'autorité de la directrice de la prison, Mme Mary Cassidy. La Isabel McNeill House continue d'assurer un milieu de soutien à sécurité minimale pour aider les femmes délinquantes à réussir leur réinsertion sociale après leur libération. Cet établissement peut loger jusqu'à 13 femmes en transition; il leur offre entre autres des programmes pour acquérir des compétences professionnelles, des programmes de perfectionnement personnel et des activités de loisir constructives.

En novembre 1994, Mme Thérèse LeBlanc devenait la dernière directrice de la prison des femmes, poste qu'elle a occupé jusqu'à la fermeture de l'établissement en juillet 2000.