Un nouveau départ

Contenu archivé

L'information dont il est indiqué qu'elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n'est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n'a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

Fin d'une ère, la fermeture du la prison des femmes de Kingston

En avril 1990, le rapport du groupe d'étude sur les femmes purgeant une peine fédérale, La création de choix, a encore attiré l'attention sur les lacunes de la prison des femmes. Coprésidé par l'Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry et le Service correctionnel du Canada, le groupe de travail comportait toute une gamme d'organismes communautaires et gouvernementaux qui étaient réunis pour constituer un comité permanent et un groupe de travail.

Leur mandat englobait toutes les facettes de la situation; il s'agissait d'examiner la gestion correctionnelle des femmes purgeant une peine fédérale depuis le début de la sentence jusqu'à l'expiration du mandat; il s'agissait aussi de dresser un plan pour orienter et diriger l'opération d'une façon qui tienne compte des besoins spéciaux uniques de ce groupe. Le rapport du groupe de travail était exhaustif et il a eu des répercussions importantes sur l'avenir de la correction dans le cas des femmes.

La prison 
des femmes de Kingston

Le rapport La création de choix de 1990 a souligné les lacunes de la prison des femmes, notamment le grand mur qui entourait la prison.

Parmi les principaux problèmes mis en relief par le groupe de travail, citons :

Le logement

On a dit qu'à la prison des femmes le milieu était bruyant, mal ventilé et sans espace suffisant pour une interaction communautaire et pour l'exécution des programmes. En outre, il a été souligné que la majorité des femmes vivaient dans un milieu plus sécuritaire que nécessaire, et le rajout, en 1981, d'un mur solide et très élevé qui donnait à la prison des allures de forteresse, ne fit qu'empirer les choses.

Isolement géographique

On a indiqué que, sur les 130 femmes délinquantes en prison, seulement 60 provenaient de l'Ontario. Les autres venaient de villes ou de villages éparpillés dans tout le pays. Par conséquent, les délinquantes étaient séparées des membres de leur famille, de leur réseau de soutien et de leur collectivité.

Programmes limités, particulièrement pour les délinquantes à long terme

Le rapport mentionne, entre autres choses, que les ententes relatives au transfert et conclues avec les provinces ne respectaient pas vraiment la programmation, qu'un nombre croissant de femmes purgeant une peine fédérale passaient leur sentence dans des institutions provinciales et que, bien que cela leur permettait de demeurer plus près de leur communauté, les programmes n'étaient toujours pas adéquats. Cette situation était en partie attribuable au fait que les établissements pénitenciers provinciaux accueillaient surtout des femmes qui devaient purger une peine de moins de deux ans.

un pavillon de ressourcement pour les détenues autochtones
Suivant les recommandations du groupe de travail,
on a construit un pavillon de ressourcement pour
les détenues autochtones en Saskatchewan en 1995.

Les recommandations du groupe de travail s'appuyaient sur cinq principes : l'autonomie, les choix utiles et responsables, le respect et la dignité, un milieu favorable et le partage des responsabilités.

Il proposait l'énoncé de principe suivant : « Le Service correctionnel du Canada, avec l'appui des collectivités, a la responsabilité de créer un milieu qui permette aux femmes purgeant une peine fédérale à faire des choix utiles et responsables de façon à pouvoir vivre dans la dignité et le respect. »

La création de choix recommandait ce qui suit :

  • La fermeture de la prison des femmes;
  • La construction d'installations régionales pour les femmes et d'un pavillon de ressourcement pour les détenues autochtones (adaptés au milieu de vie de style communautaire);
  • L'élaboration de programmes axés sur les femmes, notamment les victimes d'abus et les mères;
  • L'établissement d'une stratégie communautaire visant à étendre et à renforcer les programmes résidentiels et non résidentiels ainsi que les services aux détenues libérées conditionnellement.

C'était un appel à l'action. À partir de ce moment-là, les experts en matière de correction se sont mis à insister sur le fait que les prisonnières étaient égales aux hommes détenus, tout en étant différentes. Les rapports insistaient sur les « besoins spéciaux » des femmes délinquantes et sur les profondes répercussions qu'avaient eues sur plusieurs d'entre elles les agressions physiques et sexuelles qu'elles avaient subies. En guise de réponse, une programmation plus convenable et tout à fait particulière a été élaborée. Contrairement à tout ce qui s'était fait par le passé, le Service correctionnel du Canada a accordé une haute priorité à la correction des contrevenantes fédérales. Il a également commencé à préparer l'avenir — un avenir sans prison des femmes.