Sommaire de la table ronde d’experts sur l’automutilation des délinquant

Introduction

Le Service correctionnel du Canada (CSC) est déterminé à réduire le nombre de délinquants qui s’automutilent. Compte tenu de son engagement pris en réponse au rapport annuel de 2011 – 2012 du Bureau de l’enquêteur correctionnel, et dans le but d’accroître la capacité du SCC à répondre aux besoins des délinquants qui s’automutilent, le Service a organisé, en octobre 2012, une table ronde réunissant un panel d’experts pour traiter de cette question. Le but de cette table ronde était d’établir des pratiques exemplaires en vue d’éclairer le SCC sur la gestion des délinquants qui s’automutilent à répétition.

Une des priorités absolues du SCC consiste à répondre aux besoins des délinquants en matière de santé mentale. Des progrès importants ont été réalisés grâce au renforcement du continuum des soins de santé mentale pour les délinquants. Ces progrès comprennent l’adoption d’un processus plus complet de dépistage des troubles mentaux à l’évaluation initiale, le renforcement des capacités des établissements réguliers à répondre aux besoins en santé mentale, la prestation de la formation Principes fondamentaux en santé mentale (PFSM) destinée au personnel de première ligne travaillant dans les établissements et dans la collectivité, et l’aide offerte aux délinquants ayant de grands besoins en santé mentale au moment de leur transition de l’établissement à la collectivité.

Il est essentiel de s’attaquer au problème de l’automutilation pour assurer la sécurité et le bien être des délinquants qui sont sous la responsabilité du SCC. Le fait de fournir aux délinquants les services de santé mentale dont ils ont besoin permet de créer des établissements plus sécuritaires et favorise la réussite de la réinsertion sociale, ce qui contribue directement à la sécurité du public. L’automutilation constitue un problème clinique et opérationnel complexe qui nécessite une approche globale et interdisciplinaire. Voici les quatre priorités stratégiques établies par le SCC à ce chapitre :

  • Recherche
  • Renforcement des politiques et des outils
  • Soutien au personnel
  • Amélioration des interventions

Table ronde d’experts

  • Le Dr Robert Trestman est directeur administratif du Correctional Managed Health Care, Health Center de l’University of Connecticut. Il est également professeur en médecine, en psychiatrie et en soins infirmiers.
  • Le Dr John Bradford est professeur et chef de la Division de psychiatrie judiciaire et professeur de psychiatrie à la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa. En outre, il a été récemment nommé Membre de l’Ordre du Canada.
  • Le Dr John Livesley est membre de la Société royale du Canada et rédacteur en chef du Journal of Personality Disorders. Il détient des nominations professorales en psychologie de l’University of Liverpool et en psychiatrie de l’University of Edinburgh et de l’University of Calgary.
  • Le Dr Stanley Yaren est directeur du Programme de psychiatrie légale pour adultes du Manitoba et de l’Office régional de la santé de Winnipeg. Il agit également en qualité de clinicien adjoint pour le Programme de santé mentale du Winnipeg Sciences Centre. Il est professeur associé du Département de psychiatrie de l’University of Manitoba.

Voici les cinq thèmes qui se sont dégagés au cours de la table ronde :

  1. Le comportement d’automutilation est un symptôme
    • L’automutilation est un symptôme dont les causes sous jacentes diffèrent d’un délinquant à l’autre. Il est primordial de déterminer celles ci et de les traiter.
  2. Les interventions cliniques adaptées aux délinquants qui s’automutilent devraient être établies au cas par cas
    • Une évaluation au cas par cas, notamment les antécédents du délinquant, le niveau de risque et l’information connexe essentielle, se révèle nécessaire pour déterminer le meilleur tableau clinique. Les interventions doivent être fondées sur l’évaluation. Un deuxième avis peut s’avérer nécessaire dans certains cas.
  3. Un modèle de traitement clair et conceptualisé se révèle crucial
    • Une approche modulaire en matière de conception de programme, comprenant des modules principaux et des modules adaptés aux besoins précis des différents délinquants, devrait être examinée.
    • Le modèle de traitement pour les comportements d’automutilation doit respecter les principes fondamentaux de la prestation efficace des programmes (p. ex. l’accent sur les risques, les besoins et la réceptivité).
    • L’importance de la relation thérapeutique entre les délinquants qui s’automutilent et le personnel des Services de santé du SCC qui les soutient doit être placée au centre du modèle.
    • Une approche décentralisée pour gérer les délinquants qui s’automutilent de façon chronique, et non un programme national
  4. Une approche décentralisée pour gérer les délinquants qui s’automutilent de façon chronique, et non un programme national
    • Une ressource nationale pour le traitement des délinquants qui s’automutilent n’est pas recommandée, étant donné que cela pourrait signifier d’éloigner les délinquants de leur région ainsi que de leurs services de soutien communautaire et de leur famille aux fins de participation au programme. Il est souvent essentiel, pour obtenir de bons résultats, de faire participer la famille et de tirer parti des services de soutien.
    • Il est donc recommandé d’accroître la capacité à traiter ces délinquants à l’échelle régionale.
  5. Les délinquants qui ont un comportement d’automutilation chronique sont mieux pris en charge au sein d’une population de délinquants hétérogène
    • Des unités en établissement qui disposent de ressources adaptées et qui comptent des populations de délinquants hétérogènes sont souvent préférables à une unité spécialisée qui accueille uniquement des délinquants présentant des comportements d’automutilation. Elles réduisent le risque d’épuisement professionnel du personnel et l’effet de contagion possible, un cycle dans le cadre duquel une personne s’automutile et incite les autres de l’environnement immédiat à adopter le même comportement.