Rapport sur les travaux des groupes de discussion municipaux sur les services correctionnels communautaires du SCC (mars 2010)

31 mars 2010

Préparé par :

Delta Partners Inc

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Sommaire

Le Service correctionnel du Canada (SCC) a dirigé une série de groupes de discussion afin, d'une part, de mobiliser les principaux intervenants dans les municipalités et les collectivités canadiennes en faveur de services correctionnels communautaires efficaces et, d'autre part, afin d'améliorer la capacité du SCC de mieux communiquer avec les dirigeants municipaux. Les objectifs de ces groupes de discussion étaient multiples :

  • Échanger de l'information entre le SCC et les municipalités sur le système correctionnel et les services correctionnels communautaires;
  • Discuter des préoccupations et des besoins des deux parties;
  • Déterminer comment le SCC peut améliorer ses communications et le type de renseignements désirés par les municipalités;
  • Donner suite aux discussions en élaborant un plan de liaison avec la collectivité.

Afin de déterminer l'emplacement où pourraient être mis sur pied les groupes de discussion, on a répertorié les collectivités où les taux de mise en liberté sont élevés et cinq (5) villes canadiennes ont été recensées. Pour chaque ville, on a dressé une liste d'invités sur laquelle figurait essentiellement le nom des élus municipaux, des représentants d'entreprises et des groupes communautaires locaux, soit, des partenaires non traditionnels, ainsi que d'autres partenaires du système de justice pénale.

Au total, quatre groupes de discussion ont eu lieu à Halifax, à Toronto, à New Westminster et à Edmonton. Une cinquième séance prévue à Montréal a été reportée pour des raisons logistiques. Quatre-vingt-trois (83) personnes y ont participé dont 55 membres de la collectivité. La plupart des membres de la collectivité étaient des fournisseurs de services communautaires ou des intervenants en sécurité publique ainsi que quelques élus et dirigeants d'entreprises.

Connaissance du système correctionnel fédéral et des services correctionnels communautaires

Il semble faire consensus parmi les participants (dont la plupart ont eu des contacts avec le système dans le passé) que la notion de « services correctionnels communautaires » comporte un volet de soutien encadré pour les délinquants qui purgent le reste de leur peine pendant leur transition dans la collectivité. En revanche, la plupart diraient que le grand public connaît peu sinon aucunement les activités correctionnelles qui se déroulent dans sa collectivité, exception faite des cas à haute visibilité.

Il se dégage des discussions en groupe le besoin d'accorder une plus grande importance aux perceptions publiques, et d'en améliorer la gestion.

Amélioration des communications

Les participants semblent partager l'opinion, pour la plupart, que le message négatif véhiculé par les médias représente un obstacle important à l'appui du public à l'égard des services correctionnels communautaires. Cette perception pourrait se traduire par la prestation de services inappropriés aux délinquants pendant leur transition.

Les participants ont formulé plusieurs suggestions pour communiquer des messages plus nuancés et véhiculer une « image » positive des services correctionnels communautaires. Il a aussi été suggéré, pour dissiper toute perception de partialité de la part du SCC à l'égard des délinquants, que les partenaires communautaires du SCC s'approprient aussi le mérite des histoires de réussite et favorisent la communication du message au sein de la collectivité dans son ensemble.

Renforcement des partenariats - établissement de nouvelles collaborations

D'une façon générale, les participants ont reconnu que les représentants des intervenants communautaires locaux ont un rôle à jouer au chapitre de la sécurité publique et que la collectivité locale doit aussi jouer un rôle par rapport à la réinsertion sociale des délinquants.

Les partenariats traditionnels (comme ceux avec les services de police locaux, la Société John Howard, la Société Elizabeth Fry, la Société St-Léonard, etc.) semblent fonctionner relativement bien. Ainsi, la plupart des discussions ont été axées sur la nécessité d'établir des partenariats « non traditionnels » avec les fournisseurs de services communautaires ou les groupes communautaires dont l'appui est quasi essentiel pour assurer la transition en toute sécurité d'un délinquant dans la collectivité. Cette approche pourrait incidemment exercer une influence positive sur l'opinion publique à l'égard des services correctionnels communautaires.

En ce qui a trait au besoin d'offrir un plus grand nombre de services ou de meilleurs services, il a été suggéré que les partenariats améliorés soient axés plus particulièrement sur le logement public, le transport, les services d'emploi et les services de counseling et en santé mentale. Une attention particulière a été accordée au besoin d'établir des partenariats avec les employeurs, les cercles d'entraide du milieu des affaires et les établissements d'enseignement, et, au besoin, de mobiliser les collectivités autochtones.

Élaboration d'un plan de liaison avec la collectivité/d'engagement communautaire du SCC

On a demandé aux participants de se prêter à un exercice de remue-méninges en vue de trouver des idées pour un plan de liaison avec la collectivité du SCC. Cet exercice a permis de dresser une liste d'auditoires cibles et d'activités de liaison, ainsi que de mettre au jour quelques considérations générales par rapport à la planification. Il a été suggéré de s'assurer d'établir la distinction entre les activités et les programmes aux échelles nationale, régionale et locale, de même qu'à l'élaboration de messages clairs et communiqués de façon proactive, au moment d'élaborer les activités et de déterminer les auditoires cibles. Il a aussi été suggéré que le SCC mise sur la fierté de ses employés et leur capacité d'accomplir un travail de qualité. Par ailleurs, le SCC devrait optimiser sa participation aux différentes occasions que représentent les activités de liaison communautaire en mettant à contribution et en engageant ses partenaires actuels pour promouvoir le besoin d'établir un appui communautaire dans le domaine de la sécurité publique.

Conclusion

Après analyse des résultats de ces consultations, il semble qu'une très grande majorité de participants partagent l'avis que le SCC aurait avantage à mener des activités de liaison avec la collectivité de façon plus proactive et instructive. Le défi est quand même de taille, soit, de passer des résultats d'un court exercice de remue-méninges parmi un nombre relativement peu élevé d'intervenants communautaires à l'élaboration d'une stratégie de liaison communautaire cohérente, efficace et de portée nationale. Quoi qu'il en soit, les propos décrits dans le présent rapport sont riches en renseignements et permettent de se faire une opinion éclairée qui pourra servir de pierre d'assise aux efforts à venir. Actuellement, le SCC ne réussit pas à optimiser sa participation aux activités de liaison communautaire pour renforcer sa capacité d'élaboration d'une stratégie de liaison communautaire globale, de planification et de communication plus efficace avec le grand public sur les questions relatives aux services correctionnels communautaires.

En guise de conclusion, nous insistons sur l'importance de renforcer la capacité du SCC d'établir de nouveaux partenariats et d'enrichir les partenariats existants. Il est essentiel qu'il mise sur ces partenariats pour élargir sa portée d'action et engager des intervenants nouveaux et non traditionnels.


Introduction et contexte

En mars 2008, le Service correctionnel du Canada (SCC), avec l'aide de la Fédération canadienne des municipalités, de la Commission nationale des libérations conditionnelles et du Comité mixte sur les services correctionnels communautaires, a retenu les services d'une entreprise de recherche pour mener des entrevues téléphoniques dans le but de cerner les besoins et les perceptions des municipalités canadiennes à l'égard des services correctionnels communautaires et du système correctionnel fédéral dans son ensemble. Malgré la nature exploratoire de cet exercice, ce processus a permis de dégager des éléments pertinents à l'égard de l'approche que doit adopter le SCC dans les consultations à venir.

Par la suite, le SCC a poursuivi les discussions sur les services correctionnels communautaires et le système correctionnel avec les municipalités qui présentaient des taux élevés de mise en liberté. En établissant des liaisons avec ces municipalités, le SCC désire renforcer le domaine d'influence des intervenants au chapitre de la prestation des programmes et des services du SCC, et il demeure ouvert à la possibilité d'établir de nouveaux partenariats pour assurer la sécurité publique dans ces collectivités.

C'est dans ce contexte que le SCC a mené une série de groupes de discussion. Les objectifs étaient multiples :

  • Échanger de l'information entre le SCC et les municipalités sur le système correctionnel et les services correctionnels communautaires;
  • Discuter des préoccupations et des besoins des deux parties;
  • Déterminer comment le SCC peut améliorer ses communications et le type de renseignements désirés par les municipalités;
  • Donner suite aux discussions en élaborant un plan de liaison avec la collectivité.

Le Service correctionnel du Canada, en tant que composante du système de justice pénale et conformément à la primauté du droit, contribue à la sécurité publique en incitant activement et en aidant les délinquants à devenir des citoyens respectueux des lois, tout en exerçant sur eux un contrôle raisonnable, sûr, sécuritaire et humain.

Le mandat du SCC, tel qu'il est défini dans la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition (LSCMLC), est de contribuer au maintien d'une société juste, vivant en paix et en sécurité, d'une part, en assurant l'exécution des peines de deux ans et plus par des mesures de garde et de surveillance sécuritaires et humaines, et, d'autre part, en aidant, au moyen de programmes offerts dans les pénitenciers ou dans la collectivité, à la réadaptation des délinquants et à leur réinsertion sociale à titre de citoyens respectueux des lois.

Le SCC est responsable de la gestion d'établissements de divers niveaux de sécurité et de surveiller les délinquants en liberté sous condition dans la collectivité. On dénombre actuellement environ 13 000 délinquants dans les établissements fédéraux, et plus de 8 000 sous surveillance dans la collectivité. Plus de 90 p. 100 des délinquants retournent dans la collectivité. Il est donc essentiel que le SCC maintienne des services correctionnels communautaires efficaces pour assurer la sécurité publique. Les services correctionnels communautaires désignent les processus grâce auxquels les délinquants sont graduellement mis en liberté, sous surveillance, dans la collectivité.

Le processus correctionnel ne peut se dérouler de façon harmonieuse sans le soutien de ses partenaires communautaires. Le Service correctionnel du Canada profite de remarquables relations de collaboration avec divers partenaires communautaires. Le SCC s'est également engagé à renseigner et à consulter les collectivités afin qu'elles puissent contribuer de façon valable à la qualité du processus correctionnel. L'un des éléments clés de ce processus consiste à consulter les intervenants locaux.

Participants et méthodologie

Le SCC a retenu les services de Delta Partners Inc., un cabinet de consultation indépendant externe, pour faciliter la série de groupes de discussion et rédiger la version préliminaire d'un rapport final. En collaborant de près avec la Direction générale de l'engagement des citoyens du SCC, les consultants ont élaboré un guide de discussion qui a été utilisé par les facilitateurs, à titre de référence générale, pour orienter les discussions sans toutefois indûment limiter la liberté d'expression des participants, à l'intérieur de la période de trois heures allouée à chaque session.

Cinq (5) villes canadiennes ont été recensées comme emplacement éventuel pour la mise sur pied de groupes de discussion. Pour chaque ville, on a dressé une liste d'invités sur laquelle figurait essentiellement le nom des élus municipaux, des représentants d'entreprises et des groupes communautaires locaux, soit, des partenaires non traditionnels, en plus d'autres partenaires du système de justice pénale.

Au total, quatre (4) groupes de discussion ont eu lieu à Halifax (4 mars), Toronto (9 mars), New Westminster (23 mars) et Edmonton (24 mars). Une cinquième séance prévue à Montréal a été reportée pour des raisons de logistique.

Quatre-vingt-trois (83) personnes ont participé, dont 55 étaient des membres de la collectivité. Le tableau suivant montre la répartition des participants qui se sont auto-déclarés dans une catégorie d'intervenants.

Quelle catégorie vous décrit-elle le mieux? (N=45)
Élu 4,4 %
Intervenant en sécurité publique 17,8 %
Fournisseur de services communautaires 48,9 %
Dirigeant d'entreprise 6,7 %
AutreNote de bas de page 1 22,2 %

La discussion était axée sur quatre thèmes, soit les suivants :

  1. Connaissance du système correctionnel fédéral et des services correctionnels communautaires;
  2. Amélioration des communications;
  3. Renforcement des partenariats - établissement de nouvelles collaborations;
  4. Élaboration du plan de liaison avec la collectivité/d'engagement communautaire du SCC.

Le coup d'envoi de chaque séance a été donné par un représentant local du SCC qui a fait une courte présentation sur la mission, le mandat et les activités locales du SCC. Après l'exposé et la présentation des participants, le facilitateur a présenté le premier thème de la discussion. On a ensuite accordé environ vingt minutes aux participants pour tenir une discussion à chaque table, et chaque table a fait état des résultats de ses discussions en plénière. Ce format a été repris pour les trois autres thèmes.

Les résultats des discussions ont été résumés de différentes façons :

  • Le facilitateur a récapitulé les principaux points évoqués sur des feuilles mobiles;
  • Certaines discussions en groupe et en plénière ont été enregistrées sur support numérique;
  • Les participants ont consigné les principales idées qui se sont dégagées des discussions en petit groupe sur des cartes bristol;
  • Une rétroaction structurée a été compilée à partir de courts questionnaires auxquels les participants ont pu répondre pendant la séance.

Résultats

Connaissance du système correctionnel fédéral et des services correctionnels communautaires

On a demandé aux participants de parler de leur compréhension du système correctionnel fédéral et, plus particulièrement, des « services correctionnels communautaires » et de certains aspects positifs (avantages) et négatifs (inconvénients) connexes.

Il semble faire consensus parmi les participants (dont la plupart ont eu des contacts avec le système dans le passé) que la notion de « services correctionnels communautaires » comporte un volet de soutien encadré pour les délinquants qui purgent le reste de leur peine dans la collectivité. Cependant, il semble que la distinction entre les systèmes correctionnels fédéral et provinciaux, et leurs compétences respectives, ne soit pas clairement établie. En revanche, la plupart diraient que le grand public connaît peu sinon aucunement les activités correctionnelles qui se déroulent dans sa collectivité, exception faite des cas à haute visibilité. Par ailleurs, quand le citoyen moyen connaît l'existence des services correctionnels communautaires, il semble bien souvent entretenir la perception que la réinsertion sociale est une échappatoire facile (mise en liberté anticipée) pour le délinquant et que justice n'a pas été rendue.

Avantages liés aux services correctionnels communautaires

Tout en reconnaissant le fragile équilibre entre le besoin de sécurité publique et le besoin de soutien à la réintégration des délinquants, les participants ont exprimé, d'une façon générale, une opinion positive à l'égard des services correctionnels communautaires. Il a été suggéré que le SCC présente les services correctionnels communautaires un peu à la manière d'un scénario, soit, une explication de la séquence des activités, y compris les dates charnières pertinentes ponctuant le parcours du délinquant de l'incarcération à sa réinsertion sociale réussie dans la collectivité. Le scénario permettrait au SCC d'insister sur l'importance de la surveillance communautaire et du rôle des partenaires communautaires pour en assurer la réussite. De plus, cette approche permettrait de démontrer que même si le SCC continue d'exercer une certaine surveillance, les délinquants sont capables de réintégrer la collectivité, d'accéder aux programmes et services et de profiter des partenariats du SCC, avec l'aide des agents de libération conditionnelle et des collectivités. Dans leur ensemble, les services correctionnels communautaires servent à réduire la probabilité de récidive.

Inconvénients rattachés aux services correctionnels communautaires

Les participants ont reconnu les inconvénients évidents rattachés à la mise en place réussie des services correctionnels communautaires, à savoir, le besoin d'offrir plus de services, en particulier dans les secteurs du logement, de l'emploi, des toxicomanies et de la santé mentale. Ils reconnaissent aussi le manque de connaissances généralisé à l'égard des rouages du système et demandent d'établir un meilleur mécanisme d'échange d'information entre les partenaires correctionnels, les victimes et le grand public.

Un autre inconvénient soulevé est la perte de services essentiels dans la collectivité par manque de disponibilité des ressources, tant les ressources humaines que les ressources financières. Bien souvent, les fournisseurs de services non gouvernementaux semblent se livrer concurrence pour obtenir les mêmes ressources de sorte que nombre de celles-ci s'épuisent et disparaissent. Les participants ont également laissé entendre que l'apport de modifications aux lois touchant les services correctionnels communautaires pourrait avoir une incidence sur les services municipaux connexes qui, incidemment, ajouterait au fardeau fiscal.

En outre, il a été souligné que les délinquants sont parfois réintégrés dans une collectivité autre que celle d'où ils proviennent, ce qui soulève la préoccupation voulant que les délinquants n'aient aucun lien apparent avec la collectivité. Cette situation est susceptible d'accroître la charge des services correctionnels communautaires car, dans ces cas, il n'y a pas de réseau de soutien naturel pour venir en aide au délinquant.

Par ailleurs, les participants estiment que les services correctionnels communautaires souffrent du fait que le rôle de la collectivité dans le processus correctionnel dans son ensemble n'est pas clairement défini; elle devrait intervenir à toutes les étapes, et non pas seulement à l'étape de la réinsertion sociale. Cette observation sous-entend que l'on pourrait optimiser la valeur de l'engagement et du soutien communautaire si la collectivité était engagée tout au long du processus de gestion des peines.

Il se dégage des discussions en groupe le besoin d'accorder une plus grande importance aux perceptions publiques, et d'en améliorer la gestion. Les participants semblent partager l'opinion, pour la plupart, que le message négatif véhiculé par les médias représente un obstacle important à l'appui du public à l'égard des services correctionnels communautaires. Cette perception pourrait se traduire par la prestation de services inappropriés aux délinquants pendant leur transition. L'un des fournisseurs de services a indiqué que le simple fait de passer un coup de fil pour trouver un lieu d'accueil pour les personnes considérées comme dangereuses soulève un vent de panique dans la collectivité.

Contrairement aux services de police locaux qui ont le loisir de révéler davantage de renseignements aux médias, le SCC doit respecter les exigences de la Loi sur la protection des renseignements personnels (au niveau fédéral). Ainsi, en adoptant une approche plus proactive, transparente et équilibrée en ce qui a trait au partage de renseignements et à la communication de messages positifs, le SCC est susceptible de constater une réduction des perceptions négatives à l'égard de la réinsertion sociale des délinquants dans les collectivités et à l'égard des organisations qui offrent du soutien et des services.

À la fin de la discussion, on a demandé aux participants de qualifier leur degré d'accord ou de désaccord avec plusieurs énoncés qui reflètent leur connaissance du système correctionnel fédéral et des services correctionnels communautaires. Le tableau suivant en présente les résultats, qui indiquent que les participants :

  • faisaient déjà, en quelque sorte, la distinction entre les services correctionnels fédéraux et provinciaux;
  • ne connaissaient que très peu les programmes et les services du SCC offerts dans la collectivité;
  • étaient en désaccord avec l'énoncé selon lequel les programmes et les services actuellement offerts dans la collectivité suffisent à assurer une réinsertion sociale en toute sécurité des délinquants;
  • reconnaissent qu'ils connaissent mieux les services correctionnels fédéraux grâce à la séance à laquelle ils ont participé.
Note moyenne de 1 à 5 où :
1 = fortement en désaccord, 2 = quelque peu en désaccord, 3 = ni en accord ni en désaccord, 4 = en accord et, 5 = fortement en accord
TO Hfx NW Edm Tous les groupes
1. Avant la séance d'aujourd'hui, je faisais déjà la distinction entre les services correctionnels fédéraux et provinciaux. 4,4 3,6 4,6 3,9 4,0
2. Avant la séance d'aujourd'hui, je connaissais déjà bien les programmes et les services du Service correctionnel du Canada offerts dans ma collectivité. 3,7 3,1 4,1 3,4 3,5
3. Les programmes et les services actuellement offerts dans ma collectivité suffisent à assurer une réinsertion sociale en toute sécurité des délinquants. 2,3 2,6 3,1 2,6 2,6
4. La séance d'aujourd'hui m'a permis d'en apprendre sur les services correctionnels fédéraux. 2,8 4,0 4,3 4,2 3,9

Le questionnaire invitait les participants à commenter brièvement leurs perceptions globales à l'égard des services correctionnels fédéraux dans la collectivité. Voici quelques exemples de réponse :

  • Services correctionnels fédéraux - bon travail, en grande partie méconnu.
  • Sont devenus davantage centrés à l'interne - effet de silo à l'intérieur de la collectivité plus générale.
  • Pression sur les ressources.
  • Bonne relation avec les services de police et la collectivité.
  • Principale priorité - sécurité de nos citoyens.
  • Ressemble à une approche holistique à l'égard de la réinsertion sociale des délinquants dans la collectivité.

Amélioration des communications

On a demandé aux participants de parler du niveau de connaissance de la collectivité à l'égard de l'importance des services correctionnels communautaires efficaces et de formuler des suggestions sur la meilleure façon d'augmenter le niveau de connaissance.

Définition du défi

Les participants estiment que la collectivité méconnaît presque totalement les services correctionnels. Pour citer l'un des participants « Tant que ça ne deviendra pas une question personnelle, les gens ne s'en préoccuperont pas. Je ne pense pas que le citoyen moyen s'intéresse vraiment à ce qui se passe ». Il a aussi été avancé que dans certaines administrations, les gens étaient plus susceptibles d'être en déni par rapport à l'existence de « ces personnes ».

D'aucuns pensent que ce manque de connaissance peut être un aspect positif qui reflète le bon fonctionnement du système. D'autres estiment qu'il pourrait être préférable que les services correctionnels demeurent « dans l'ombre », par crainte de soulever un malaise ou la peur du public.

Comme il est indiqué précédemment dans le rapport, les participants estiment que le message négatif véhiculé par les médias représente un obstacle important à l'appui du public à l'égard des services correctionnels communautaires. Cette perception pourrait se traduire par la prestation de services inappropriés aux délinquants pendant leur transition.

Comment accroître la sensibilisation constructive

Certains participants estiment qu'il s'agit d'un problème de commercialisation; pour utiliser la terminologie de ce domaine, nous classons les différentes suggestions dans l'une des deux principales catégories - image de marque et message, d'une part, et canaux de commercialisation, d'autre part.

Image de marque et message : Les participants ont formulé les suggestions suivantes sur la façon de contourner le problème de la communication de messages à prédominance négative qui ternissent l'image des services correctionnels communautaires.

  • Vendre le SCC comme un organisme de « prévention du crime » - de cette façon, les personnes percevraient peut-être les services correctionnels sous un éclairage plus positif. La communication de la séquence des activités, y compris des dates charnières pertinentes qui ponctuent le parcours du délinquant de l'incarcération jusqu'à la réinsertion sociale réussie, contribuerait non seulement à démystifier le processus de prestation de services correctionnels communautaires mais démontrerait aussi en quoi celui-ci contribue à réduire le risque de récidive. Cette approche pourrait servir d'exemple concret pour « vendre » les services correctionnels communautaires comme des programmes de « prévention du crime ». Tous les intervenants devront véhiculer le même message cohérent, ce qui contribuera à définir l'« image de marque » des services correctionnels communautaires. Le message pourrait être renforcé en fournissant des outils spécifiques pour aider les membres du public à gérer leur propre sécurité - p. ex., conseils de sécurité.
  • Modifier le stigmate rattaché à la terminologie et au jargon commun actuellement utilisés dans le milieu correctionnel. Par exemple, on pourrait remplacer des termes comme « maisons de transition » par « centres de transition », l'expression « mise en liberté » par « retour dans la collectivité » et « services correctionnels communautaires » par « réintégration communautaire ».
  • Élaborer et communiquer des histoires de réussite qui racontent les expériences personnelles et en encouragent l'échange, tant des délinquants que des victimes, pour démontrer la puissance de la justice réparatrice. Ces histoires devraient être racontées de façon nuancée afin de démontrer comment le système correctionnel et le processus de services correctionnels communautaires fonctionnent de concert, quand et où il y a risque ou prévision de récidive, d'établir la confiance, d'assurer la sécurité publique et de prévenir le crime.
  • Il pourrait être pertinent de segmenter l'auditoire pour communiquer plus efficacement le message puisque la stratégie « polyvalente » ne fonctionne pas lorsqu'il est question de cibler différents profils démographiques. Par exemple, les membres des générations « X et Y », nos prochains leaders, sont des fervents de la technologie et répondront à un style de communication différent de celui des membres de la génération du baby-boom.
  • Finalement, le message devrait comporter des statistiques et des données brutes comme le coût de maintien en incarcération comparativement à la prestation de services correctionnels communautaires.

Canaux de « commercialisation » : Les participants ont formulé les suggestions suivantes par rapport à la mise à contribution des organismes partenaires, d'autres groupes communautaires et des médias de masse, en tant que canaux de communication des messages relatifs aux services correctionnels communautaires.

  • Le SCC doit établir des partenariats plus stratégiques avec des organismes qui ont déjà établi des canaux de communication avec les médias ou des canaux de distribution.
  • Le SCC doit collaborer avec des partenaires pour la diffusion des histoires de réussite afin d'éliminer la perception voulant que le SCC se plie aux exigences des délinquants. Les communications devraient être coordonnées et tenir compte davantage des liens entre les divers organismes. L'un des participants suggère de commanditer un forum avec les organismes pour qu'ils apprennent à se connaître. Cette activité favoriserait une approche axée sur la collaboration à l'égard de la communication du message - « deux têtes valent mieux qu'une ». Il est aussi important d'investir du temps dans l'établissement de relations (avec les conseils communautaires, les services de police, etc.) fondées sur le respect, l'intégrité et la franchise.
  • Pour joindre des partenaires non traditionnels, le SCC pourrait manifester l'intérêt de participer à leurs activités/réunions respectives - p. ex., groupes scolaires, réunions pastorales, cercles d'entraide, associations de propriétaires, etc. - c'est plus facile que d'attirer son propre auditoire. Pour régler le problème du manque de renseignements de qualité actuellement disponibles, le SCC pourrait mettre en place un programme de liaison avec la collectivité régulier (permanent) qui vise à échanger des renseignements factuels, cohérents et fiables. Par ailleurs, il pourrait identifier des champions provenant du milieu des affaires et de l'éducation.
  • Les réunions du conseil municipal sont une excellente occasion pour le SCC de se présenter à la collectivité car plusieurs personnes y assistent ou les regardent à la télévision. Ainsi, il a été suggéré d'utiliser dans la collectivité l'exposé PowerPoint présenté au commencement de la session, car il était concis et riche en données statistiques probantes.
  • Le SCC doit intensifier sa présence dans la collectivité. Par exemple, il pourrait appuyer les programmes destinés aux enfants (p. ex., Programme des cadets, Crystal Kids) qui contribuent à les garder dans le droit chemin.
  • Profiter d'occasions comme les salons de l'emploi des Services correctionnels (journées portes ouvertes et de recrutement) pour promouvoir les services correctionnels communautaires, échanger de l'information et véhiculer le message contribuant à la définition de l'image de marque.
  • Comme la plupart des publications estiment que les mauvaises nouvelles se vendent bien, le SCC pourrait envisager d'acheter des annonces afin de faire connaître les histoires de réussite. Il devrait s'occuper de rédiger ses propres histoires et de les rendre disponibles aux médias locaux (télévision, journaux, radio).
  • En règle générale, les communications passent mieux lorsque l'on peut leur accoler un visage humain. Voici quelques suggestions à cet égard :
    • Il faudrait pouvoir mettre le visage de quelqu'un sur les « services correctionnels ». Qui est-ce qui parle?
    • Les messages positifs doivent provenir de personnes qui ont eu des expériences positives avec des ex-détenus - on donne l'exemple d'une femme qui vit en face d'une maison de transition et qui emprunte un râteau aux résidents - des situations de vie ordinaire auxquelles les gens peuvent s'identifier.
    • Un bureau d'ex-détenus conférenciers. Les gens sont toujours fascinés lorsqu'un authentique délinquant raconte son expérience; ils commencent alors à le percevoir comme l'un des leurs.
    • L'élaboration d'un programme de mentorat réunissant des délinquants qui ont réussi leur réinsertion sociale donnerait de la crédibilité au message voulant que les services correctionnels communautaires portent fruits.

Pratiques exemplaires et autres suggestions innovatrices

Les participants ont mentionné les expériences suivantes ainsi que d'autres suggestions spécifiques que pourrait mettre de l'avant le SCC afin d'en faire des « pratiques exemplaires ».

  • Cultiver et entretenir des relations avec divers quotidiens ou reporteurs intéressés par les services correctionnels. En fournissant de l'information pertinente et précise, non seulement il sera possible d'accroître la sensibilisation et d'enrichir les connaissances, il sera aussi possible de s'assurer que nos critiques formulent des opinions éclairées.
  • Les médias télévisuels et radiophoniques locaux peuvent jouer un rôle crucial en servant de plateforme pour diffuser les histoires du SCC et des délinquants.
  • Comment peut-on communiquer des histoires sans attirer une trop grande notoriété? Une ville a converti des édifices du patrimoine en maison pour les sans-abri, une initiative couronnée de succès qui a donné de la visibilité positive à ce segment de la population de la collectivité.
  • Certains groupes joignent le public en montant leur propre tente lors de divers événements (Fête du Canada, etc.). L'un des participants indique que sa collectivité offre des activités qui attirent les enfants à sa tente (jeux, etc.). « … nous pouvons leur parler et leur montrer que nous prenons au sérieux le problème des toxicomanies, etc. - inciter subtilement est un moyen de persuasion tout aussi efficace et moins exigeant ».
  • Les organismes de services correctionnels communautaires peuvent communiquer avec les élus municipaux pour siéger au sein de leur conseil d'administration, et le personnel du SCC peut chercher à devenir membre des conseils d'administration des associations de propriétaires.
  • Les établissements résidentiels communautaires qui ont organisé des barbecues communautaires et d'autres activités ont connu une formidable réussite pour ce qui est de l'acceptation publique. Le SCC devrait agir en qualité de partenaire dans la planification et la tenue d'activités de ce genre.

On a aussi demandé aux participants d'indiquer leur degré d'accord ou de désaccord avec deux énoncés qui reflètent leur expérience de communication avec le SCC et leur degré d'aisance à discuter des services correctionnels fédéraux dans la collectivité. Le tableau suivant présente les résultats qui indiquent ce qui suit :

  • La perception à l'égard de l'efficacité des communications du SCC varie d'une région à l'autre;
  • Les participants sentent une certaine aisance à exprimer leur point de vue ou à discuter publiquement des services correctionnels fédéraux dans la collectivité;
  • Les régions dans lesquelles le degré d'aisance est le plus élevé sont les mêmes régions que celles où la perception à l'égard de l'efficacité des communications du SCC est la plus élevée.
Note moyenne de 1 à 5 où :
1 = fortement en désaccord, 2 = quelque peu en désaccord, 3 = ni en accord ni en désaccord, 4 = en accord et 5 = fortement en accord
TO Hfx NW Edm Tous les groupes
5. Mon contact précédent avec le SCC a été efficace du point de vue des communications. 2,5 3,0 4,1 3,4 3,2
6. Je me sens à l'aise d'exprimer mes points de vue ou de parler publiquement des services correctionnels fédéraux dans la collectivité. 3,5 4,0 4,4 4,1 4,0
Quels sont les sujets sur lesquels j'aimerais obtenir davantage de renseignements? Pourcentage (N=50)
a) Programmes et politiques du SCC 32,0 %
b) Intervention et surveillance communautaires 50,0 %
c) Données sur le rendement des services correctionnels fédéraux 56,0 %
d) Occasions d'engagement communautaire/civique 54,0 %
e) Activités locales du SCC 52,0 %
f) AutresNote de bas de page 2 16,0 %
De quelle façon aimeriez-vous recevoir ces renseignements? Pourcentage (N=50)
a) Réunions en personne/forum public 42,0 %
b) Courriels 44,0 %
c) Site Web 44,0 %
d) Communications écrites par courrier 10,0 %
e) Visites organisées des établissements correctionnels 34,0 %
f) Contact avec le personnel du SCC ou les bénévoles 44,0 %
g) AutresNote de bas de page 3 4,0 %

Renforcement des partenariats - Établissement de nouvelles collaborations

On a demandé aux participants de discuter de différentes façons de renforcer les partenariats actuels et d'en établir de nouveaux. Au départ, les discussions ont mis en relief les différentes étapes de l'établissement de partenariats, que ce soit dans le cadre d'ententes moins formelles comme les réseaux ou d'ententes plus formelles comme la prestation d'un service. Parmi les approches suggérées, l'une consistait à définir le mandat et la visée générale du partenariat, à effectuer tout exercice de planification stratégique et à déterminer les incidences financières et les attentes à l'égard de la prestation des services, car ce sont tous des facteurs cruciaux pour accroître la capacité de sensibilisation et de prestation des services essentiels. Il a aussi été mentionné qu'il importait de clarifier et de préciser les rôles et les responsabilités, en particulier lorsqu'il faut faire la distinction entre différents niveaux de compétence et fonctions. Il a aussi été suggéré de percevoir le système de financement fédéral actuel comme le vecteur d'une concurrence accrue plutôt que comme une plateforme de collaboration entre les divers organismes et fournisseurs de services. Par ailleurs, il a été suggéré d'établir des partenariats en fonction des besoins des délinquants et de la collectivité pour assurer un niveau de service davantage intégré et pour faciliter l'identification des partenaires ou des services au sein de la collectivité desservie.

Partenariats au niveau stratégique

Les participants ont formulé les commentaires suivants au sujet des partenariats de haut niveau qui pourraient être établis ou améliorés :

  • Le partenariat le plus important que l'on pourrait améliorer est celui qui prévaut entre le gouvernement fédéral, la province et la ville.
  • Le SCC doit établir de meilleurs partenariats avec d'autres organismes fédéraux afin d'éliminer le cloisonnement - p. ex., Service Canada.
  • D'autres composantes du système judiciaire devraient être revues - il conviendrait d'entretenir les relations avec la Couronne et le système judiciaire.
  • Les partenariats avec les médias doivent être plus stratégiques. En plus de mettre en contact un employé des services correctionnels et un reporteur, le commissaire du SCC devrait rencontrer les comités de rédaction.

Partenariats pour la gestion de cas

Outre les partenariats stratégiques énumérés ci-dessus, les participants ont cerné plusieurs besoins très spécifiques par rapport aux partenariats et aux liaisons dans le contexte du processus de gestion de cas. Ces besoins sont multiples :

  • Participation accrue dans la gestion de cas lorsque la Commission nationale des libérations conditionnelles doit prendre une décision visant un délinquant sous surveillance.
  • Coordination améliorée entre le système provincial et le système fédéral lorsqu'un délinquant est renvoyé d'une compétence à l'autre.
  • Renforcer le lien entre les établissements et la collectivité où le délinquant a été réintégré afin de faciliter la planification de la continuité des soins.
  • Élargissement des partenariats relatifs à la planification de la continuité des soins (p. ex., avec le YWCA).
  • Établissement de partenariats pour offrir des services de transport du lieu de mise en liberté jusqu'au lieu où sera exercée la surveillance communautaire.

Partenariats pour la prestation de services et le soutien communautaire

Les partenariats traditionnels (p. ex., ceux avec les services de police locaux et les plus grands organismes communautaires à l'échelle nationale comme la Société John Howard et la Société Elizabeth Fry) semblent fonctionner relativement bien. Cependant, il est nécessaire de mieux favoriser ces relations pour s'assurer que toutes les parties y trouvent leur compte. Ainsi, la plupart des discussions ont été axées sur la nécessité d'établir des partenariats « non traditionnels » avec les fournisseurs de services communautaires ou les groupes communautaires dont le soutien est susceptible d'exercer une influence positive sur l'opinion publique à l'égard des services correctionnels communautaires.

En ce qui a trait au besoin d'offrir davantage de services ou des services améliorés, on semble d'avis que les partenariats améliorés pourraient être axés plus particulièrement sur le logement social, le transport, les services d'emploi, la santé mentale et les services de counseling. Il a aussi été suggéré d'établir des partenariats avec certains des « comités de coordination » (p. ex., Community Action Committee for Women who Experienced Violence) qui semblent représenter un éventail de fournisseurs de services. Par ailleurs, il conviendrait également d'établir des partenariats avec les planificateurs des services sociaux municipaux car ils entretiennent des relations avec plusieurs groupes.

Les participants ont insisté sur l'importance d'établir des partenariats avec diverses entités :

  • Les employeurs et les cercles d'entraide du milieu des affaires qui peuvent prendre les dispositions nécessaires pour offrir une expérience de travail, des possibilités de bénévolat, du mentorat individualisé dans différents corps de métier, etc.
  • Les établissements d'enseignement pour l'apprentissage à distance et les services de planification de la carrière.
  • Les partenariats multiculturels, en particulier les partenariats autochtones (p. ex., avec les conseils tribaux) - ce dernier en application de l'article 84 de Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition (LSCMLC), qui stipule qu'avec le consentement du détenu qui sollicite la libération conditionnelle dans une collectivité autochtone, le SCC donne à celle-ci un préavis suffisant de la demande, ainsi que la possibilité de soumettre un plan pour la libération du détenu et son intégration au sein de cette collectivité.
  • Les médias locaux avec qui il convient de cultiver et d'entretenir les relations afin de s'assurer qu'ils reçoivent des renseignements pertinents, exacts, communiqués de façon proactive, qui contribuent à promouvoir une collectivité informée et ce, de manière à éliminer l'élément de crainte de l'inconnu.

Il faut aussi établir d'autres partenariats pour « communiquer le message » et favoriser la compréhension du public et le soutien à l'égard des services correctionnels communautaires. Voici quelques-unes des suggestions formulées :

  • Associations de propriétaires de logement;
  • Écoles;
  • Cercles d'entraide;
  • Groupes confessionnels;
  • Groupes d'Aînés;
  • Organismes bénévoles;
  • Associations s'intéressant à la prévention du crime, à la sécurité de la collectivité et à la lutte contre la violence.

On a demandé aux participants d'indiquer leur degré d'accord ou de désaccord avec les trois énoncés qui reflètent les rôles de la collectivité au chapitre de la sécurité publique et de la réinsertion sociale des délinquants. Le tableau ci-dessous en présente les résultats qui indiquent ce qui suit :

  • Les répondants estiment que les résidents de la collectivité locale ne comprennent pas le besoin de surveillance et de soutien pour la réinsertion sociale des délinquants;
  • Les répondants estiment que les intervenants communautaires locaux ont un rôle à jouer au chapitre de la sécurité publique;
  • Les répondants estiment que la collectivité locale a un rôle à jouer au chapitre de la réinsertion sociale des délinquants.

À la lumière de ces réactions, on peut conclure, à juste titre, qu'il existe des tribunes grâce auxquelles le SCC pourra établir des liens avec la collectivité et s'en adjoindre le soutien.

Il convient de mentionner que les réponses individuelles aux questions 8 et 9 sont hautement corrélées (r =.90), ce qui indique que l'intérêt des participants à l'égard de la sécurité publique va de pair avec un intérêt à l'égard de la réinsertion sociale des délinquants.

Note moyenne de 1 à 5 où :
1 = fortement en désaccord, 2 = quelque peu en désaccord, 3 = ni en accord ni en désaccord, 4 = en accord et 5 = fortement en accord
TO Hfx NW Edm Tous les groupes
7. Les habitants de ma collectivité locale comprennent le besoin de surveillance et de soutien pour la réinsertion sociale des délinquants. 2,2 2,3 3,1 1,6 2,2
8. Les représentants des intervenants communautaires locaux ont un rôle à jouer au chapitre de la sécurité publique. 4,0 4,6 4,8 4,3 4,4
9. La collectivité locale a un rôle à jouer au chapitre de la réinsertion sociale des délinquants. 3,9 4,5 4,7 4,3 4,3
Avec quels intervenants locaux le SCC devrait-il établir une relation de travail? Pourcentage (N=55)
a) Application de la loi 74,5 %
b) Services correctionnels provinciaux 70,9 %
c) Conseil municipal/mairie 76,4 %
d) Chambre de commerce 67,3 %
e) Groupes confessionnels 72,7 %
f) Services sociaux/organismes bénévoles 81,8 %
g) AutresNote de bas de page 4 40,0 %

Élaboration du plan de liaison avec la collectivité/engagement communautaire du SCC

On a demandé aux participants de se prêter à un exercice de remue-méninges en vue de dégager des éléments pour les inclure dans le plan de liaison avec la collectivité du SCC. L'exercice a permis de dresser une liste d'auditoires cibles et d'activités de liaison, ainsi que de mettre au jour quelques considérations générales relatives à la planification. Il n'est pas surprenant de constater que les résultats de cet exercice recoupent considérablement certains éléments des pages précédentes sur les partenariats.

Considérations générales

Auditoires cibles

Voici quelques-uns des auditoires cibles mentionnés par les participants :

  • Les associations d'affaires à caractère ethnoculturel;
  • Les employeurs, les établissements d'enseignement et les fournisseurs de logements;
  • La gamme complète des groupes confessionnels;
  • Les associations autochtones et multiculturelles;
  • Les associations de circonscription locale et les associations propriétaires de logement (lorsqu'elles ne sont pas en crise);
  • Les groupes de prévention du crime et les associations de lutte contre la violence;
  • Les centres communautaires et les groupes d'Aînés;
  • Les intervenants de première ligne aux échelles municipale, provinciale et fédérale;
  • Les tribunaux (les juges parce qu'ils ne savent pas ce qui se passe une fois la peine imposée);
  • Les médias.

Activités de liaison

Comme il s'agissait d'un exercice de remue-méninges, aucun effort critique particulier n'a été exercé. Voici la liste des activités de liaison suggérées :

  • Établir un dialogue gouvernemental au sujet des questions relatives aux services correctionnels.
  • Mettre à contribution la technologie - élaborer une stratégie de communication relativement aux blogues, aux médias sociaux, etc.
  • Demander à des champions de divers domaines de l'éducation et de l'emploi de discuter des services correctionnels.
  • Réaliser ou parrainer un plus grand nombre d'activités de communication et de mobilisation comme :
    • présentations par des groupes d'experts, y compris une vaste gamme d'intervenants comme des ex-délinquants et des victimes;
    • pow-wows et assemblées publiques locales;
    • bureau des conférenciers;
    • forums publics à vocation ethnoculturelle;
    • participation aux activités du jour de la Famille et d'autres activités communautaires.
  • Mener des activités d'accompagnement et des activités de liaison avec certains organismes et groupes communautaires cibles (p. ex., communiquer le message dans les réunions de gestion de district, etc.). Participer davantage aux activités des autres dans diverses villes, par exemple, aux réunions de « sensibilisation des victimes ».
  • Établir des partenariats avec des établissements d'enseignement postsecondaires (en particulier le département de criminologie) afin de recenser les pratiques exemplaires et de promouvoir des cycles de conférence publique dans divers établissements d'enseignement. En outre, informer les établissements revêtant une importance stratégique comme le B.C. Justice Institute du rôle du SCC - informer les recrues de la nature du système qu'ils joignent - il s'agit du système principal.
  • Élaborer et mettre en oeuvre des programmes pilotes mettant à contribution des partenariats.
  • Offrir l'accès à la collectivité à des établissements comme le Centre for Restorative Justice (CRJ) afin d'en observer le fonctionnement - les centres pour la justice réparatrice ne sont pas des milieux intimidants.
    • Engager les médias en :
    • invitant les médias/éditeurs à participer aux discussions en table ronde;
    • organisant une semaine de récits d'histoires vraies - un accent particulier sur les histoires de réussite (semblable aux histoires qui ont été effectuées sur les athlètes olympiques qui avaient des problèmes et qui les ont surmontés);
    • effectuant des annonces (p. ex., semblables aux vignettes patrimoniales).

Recommandations

À la lumière de la rétroaction des participants, le SCC pourrait emprunter deux voies stratégiques selon le niveau d'exposition désiré et l'acceptation des risques inhérents à l'une ou l'autre de ces options :

  1. Demeurer « dans l'ombre » afin d'éviter de s'attirer l'opposition publique;
  2. Prendre part à des activités de liaison proactives.

Il a aussi été recommandé que le SCC renforce sa capacité de se tenir informé des activités qui ont lieu au niveau communautaire dans d'autres secteurs ou régions du SCC, divers organismes communautaires et autres ministères gouvernementaux. Il pourrait ainsi se positionner pour établir des relations de collaboration améliorées grâce à la multiplication des possibilités. Par ailleurs, les participants ont recommandé que le SCC établisse des partenariats avec des organismes communautaires lorsqu'il effectue des activités de liaison avec la collectivité.

Conclusion

Les participants à ces consultations estiment en très grande majorité que le SCC doit prendre part à un plus grand nombre d'activités de liaison sociale pour favoriser une meilleure compréhension, dans la collectivité, à l'égard du système correctionnel fédéral et, pour accroître le niveau de sensibilisation par rapport aux services correctionnels communautaires. Selon les résultats compilés à partir des formulaires d'évaluation des groupes de discussion, 53 des 55 répondants (96,5 %) sont en accord ou fortement en accord avec l'énoncé voulant que les groupes de discussions constituent un usage judicieux de leur temps. En outre, 44 (ou 76 %) sont en accord ou fortement en accord avec l'énoncé voulant que l'information présentée revêtait une valeur pratique pour eux en tant que membres de la collectivité.

Le défi est quand même de taille, soit, de passer des résultats d'un court exercice de remue-méninges auprès d'un nombre relativement peu élevé d'intervenants communautaires à l'élaboration d'une stratégie de liaison avec la collectivité cohérente, efficace et de portée nationale. Quoiqu'il en soit, les discussions décrites dans ce rapport fournissent beaucoup de renseignements et proposent une opinion éclairée pouvant servir de bon point de départ.

En guise de conclusion, il conviendrait d'insister sur l'importance de renforcer la capacité du SCC et de favoriser l'établissement de nouveaux partenariats et l'enrichissement des partenariats actuels. L'accent devrait être mis sur la communication d'un message positif et la multiplication du nombre d'occasions d'établir des liens permanents, et sur la façon d'accroître la portée d'action du SCC pour s'adjoindre la participation, de différentes façons, des intervenants non traditionnels et nouveaux.

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

La catégorie « Autre » comprenait : les représentants d'établissements d'enseignement postsecondaire (3), un avocat spécialisé en sécurité communautaire (1), d'autres représentants d'un groupe d'intérêt non précisé (2), un fonctionnaire provincial (1) et un responsable du soutien en politique municipale (1).

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Note de bas de page 2

La catégorie « Autres » comprenait les sujets suivants : éducation en établissement sur la violence conjugale, programmes à l'intention des délinquants en liberté conditionnelle, possibilités d'établissement de partenariats financés, planification de la carrière/de l'éducation, promotion et perfectionnement professionnel du personnel.

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Note de bas de page 3

La catégorie « Autres » comprend : collaborer sur les projets pilotes locaux, les réunions avec les intervenants et demander aux représentants du SCC de participer aux réunions du conseil municipal.

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Note de bas de page 4

La catégorie « Autres » comprend : les écoles et les universités (8), les groupes communautaires (7), les quotidiens (3), le milieu des affaires (1), les ministères des gouvernements fédéral/provinciaux (1), les syndicats (1), le secteur des ONG (1), les collectivités autochtones (1), les politiciens (1), les nouveaux arrivants en milieu urbain (1) et la prochaine génération (1).

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