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PAVILLON DE RESSOURCEMENT OKIMAW OHCI
PLAN OPÉRATIONNEL

SERVICE CORRECTIONNEL DU CANADA

Énoncé du rôle

Le pavillon de ressourcement Okimaw Ohci propose un environnement sain et stimulant où les femmes Autochtones peuvent amorcer leur cheminement personnel vers la guérison, fortes de l'appui et des encouragements de guides spirituels Autochtones, de membres de la collectivité et du personnel du pavillon de ressourcement qu'elles côtoient tous les jours.

Bureau de la Sous commissaire pour les femmes
Administration centrale
Service correctionnel du Canada
2004

Table des matières

 

INTRODUCTION

PARTIE 1 VISION DU PAVILLON DE RESSOURCEMENT OKIMAW OHCI

PARTIE 2 OBJECTIFS DU PAVILLON DE RESSOURCEMENT OKIMAW OHCI

PARTIE 3 CONCEPTION ET MODÈLE DE FONCTIONNEMENT DU PAVILLON DE RESSOURCEMENT OKIMA OHCI

PARTIE 4 RESSOURCES HUMAINES

PARTIE 5 RÉINSERTION SOCIALE

PARTIE 6 SERVICES DE SANTÉ

Annexe A :

Annexe B : Mission du Service correctionnel du Canada

Annexe C : La Création de choix

Annexe D : Stratégie en matière de santé mentale pour les délinquantes

Annexe E : Stratégie des programmes à l'intention des femmes purgeant une peine fédérale

Annexe F : Profil des délinquantes du pavillon de ressourcement Okimaw Ohci


Introduction

Reconnue par le gouvernement fédéral en septembre 1990, La création de choix – le rapport du groupe d'étude sur les femmes purgeant une peine fédérale recommandait une nouvelle approche correctionnelle envers les femmes, qui tiendrait compte des besoins qui leur sont propres. Le groupe d'étude soulignait aussi le besoin d'établir un modèle correctionnel différent qui répondrait aux besoins des femmes Autochtones incarcérées. Cette approche a mené à la création de quatre établissements régionaux et d'un pavillon de ressourcement autochtone pour remplacer la Prison des femmes, qui était le seul établissement fédéral pour femmes au Canada 1.

Avec l'ouverture des établissements régionaux pour femmes de 1995 à 1997, le Service correctionnel du Canada (SCC) a atteint un objectif majeur, qui était de proposer un modèle correctionnel plus équitable et approprié pour les femmes. À la suite de longues consultations avec les Aînés(es) et les représentants Autochtones, le pavillon de ressourcement Okimaw Ohci a ouvert ses portes en 1995, sur le territoire de la Première Nation de Nekaneet, près de la ville de Maple Creek au sud-ouest de la Saskatchewan.

PARTIE 1 VISION DU PAVILLON DE RESSOURCEMENT OKIMAW OHCI

La Vision du pavillon de ressourcement Okimaw Ohci a été transcrite il y a une dizaine d'années et demeure aussi importante aujourd'hui qu'à l'époque :

Aussi loin que remonte notre mémoire collective, les Autochtones de l'île de la Tortue 2 ont toujours vécu en équilibre avec les lois sacrées et naturelles de la Création. Nous vivions ici bien avant que l'histoire ne s'écrive.

Les Autochtones n'ont jamais été pressés. Nous pouvions avoir en abondance presque tout ce dont nous avions besoin. Nous étions riches de notre identité et de notre culture. Nous étions souverains. Nous accomplissions notre travail dans le respect du Créateur et de nous-mêmes. Nous avions du temps les uns pour les autres, et notre succès consistait à vivre selon la volonté du Créateur. Nous insistions sur la coopération et le partage. Dans l'esprit de coopération, nous connaissions la paix entre nations, humains et animaux, et la spiritualité. Nous trouvions l'infini dans le Cercle de la vie.

Nous vivions selon un principe fondé sur la force, la beauté, le caractère sacré et l'harmonie de la Création. Le principe de la vie est d'avancer dans un sain équilibre avec la création.

Au centre de notre univers se trouvait l'enseignement de la paix – paix en nous-mêmes, avec nos familles et nos collectivités, et au sein de nos nations.

Notre relation à la Terre fait partie intégrante de la guérison, car celle-ci n'est autre que la paix et la tranquillité émotives, physiques, mentales et spirituelles en nous, et elle est une démarche, et non un événement. Gardiens du Cercle sacré de la vie, nous nous vouons à la préservation de la Terre-mère menacée et à la perpétuation de toute vie.

Nous observons Wasabainoquay (Wa-sa-ba-no-quay), la femme Étoile du matin, faire sa promenade avant que grand-père Soleil n'entreprenne son périple. La cérémonie du lever du jour nous rappelle une fois de plus les instructions fondamentales que le Créateur nous a données. Les Autochtones de l'île de la Tortue sont les Gardiens du territoire. Comme femmes et mères, nous comprenons notre attachement à la Terre-mère. Nos Aînés(es) nous disent que ce n'est qu'une fois notre spiritualité retrouvée et pas avant que l'humanité ne témoigne de nouveau un profond respect pour la nature que nous retrouverons notre santé et notre équilibre avec la Terre-mère et à l'intérieur de nous-mêmes.

Nous trouvons notre spiritualité dans les enseignements du Cercle de la vie. Le Cercle représente la vie telle qu'elle est, telle qu'elle peut être vécue. Le Cercle forme un tout, un tout harmonieux. Il représente la croyance holistique de la culture autochtone. Le Cercle montre que nous ne sommes qu'une parcelle de la Création. La Création nous permet de nous découvrir nous-mêmes.

Le Cercle d'influences nous enseigne que toute chose fait partie de la Création. Tout émane du centre du Cercle de la vie, qui est le Créateur, la Création. C'est aussi le centre de nous-mêmes, où nous trouvons la Vision, notre direction sur la voie de notre vie spirituelle.

À la Création, sont apparus les quatre dons sacrés de la vie : de l'Est, le don du Feu; du Sud, le don du Roc; de l'Ouest, le don de l'Eau; et du Nord, le don du Vent.

  • Le don du Feu amène chaleur et croissance, et grand-père Soleil est le feu qui nous protège chaque jour.
  • Le don du Roc est notre contact physique avec l'Univers. La Terre-mère est le don sacré du Roc. Elle abrite et nourrit notre corps physique, notre esprit et notre conception de la vie. Nous l'honorons pendant la cérémonie de la suerie, avec les esprits du Rocher sacré.
  • Le don de l'Eau nettoie et purifie et est essentiel à tous les êtres vivants. Grand-mère Lune contrôle l'eau et la marée, tout en nous protégeant la nuit.
  • Le don du Vent est le Souffle sacré de la vie, l'air que nous respirons. Il nous dirige, tout comme les étoiles le font la nuit. Chaque don sacré a son propre esprit, sa propre vie.

Les subsistances de la vie ont ensuite été créées : de l'Est, les plantes et les fleurs qui guérissent et embellissent; du Sud, les herbes qui donnent à manger à toute la Création; de l'Ouest, les légumes qui donnent à manger et qui nourrissent; et du Nord, les arbres qui protègent et abritent.

Puis les animaux sont apparus : de l'Est, les bipèdes (les humains); du Sud, les êtres ailés de l'Ouest, les êtres marins du Nord, les quadrupèdes. L'humanité est liée au monde animal dont elle fait partie. Tous les animaux suivent une direction sacrée et il existe un lien entre les humains et les animaux dans le Cercle de la vie.

Toute chose gravit les quatre Collines de la vie, qui représentent les étapes de la vie : de l'Est, la petite enfance et le don de l'innocence; du Sud, l'enfance et le don de la liberté; de l'Ouest, la vie adulte et le don de la responsabilité; et du Nord, la vieillesse et le don de la sagesse.

On nous a transmis les Lois sacrées de la Création afin que nous puissions évoluer naturellement avec l'univers. La Vie sacrée permet un équilibre entre le monde physique et le monde spirituel. Nous sommes responsables de cheminer en équilibre avec les Lois sacrées de la Création.

  • De l'Est, provient la Loi du contrôle de soi, qui donne la liberté de choix à l'esprit, la liberté de choisir des pensées et des actions positives ou négatives.
  • Du Sud, provient la Loi de l'ordre, qui est l'ordre naturel de la Création dans sa totalité. L'ordre naturel prévoit comment les choses devraient se passer et maintient l'équilibre sacré entre toutes choses, qu'elles soient physiques, mentales, spirituelles ou universelles.
  • De l'Ouest, provient la Loi de l'équilibre, insérée dans les cycles naturels de toute vie. L'humanité est la source de déséquilibres mondiaux avec la Création. Elle a donc la responsabilité de restaurer l'équilibre et de le maintenir.
  • Du Nord, provient la Loi de l'harmonie, conciliant les quatre Lois sacrées de la Création. Ensemble, ces lois assurent le contrôle, l'ordre, l'équilibre et l'harmonie avec le Créateur.

Comme Autochtones, nous sommes responsables de cheminer en équilibre avec la Création. Pour atteindre cet équilibre, nous devons reconnaître les Lois sacrées de la Création ainsi que les lois physiques. Nous assumons cette responsabilité en reconnaissant que notre esprit, notre âme et notre corps ne font qu'un. Ce cheminement vaut pour toutes les Nations, mais il s'agit avant tout d'une responsabilité personnelle.

Pour vivre en équilibre avec la Création, nous devons suivre quatre Principes spirituels.

  • De l'Est, provient le Principe de l'amour, qui est de s'aimer soi-même, d'aimer les autres et d'aimer la Création de façon inconditionnelle. C'est en adoptant ces trois façons d'aimer que l'on trouve l'amour.
  • Du Sud, provient le Principe de l'honnêteté, associé à la découverte de la Vérité dans la Loi sacrée. La Vérité est reflétée dans la manière que l'on vit et ce, dans les limites de la loi.
  • De l'Ouest, provient le Principe de l'altruisme ou du partage, associé au fait de partager notre abondance, de partager nos biens, de partager nos connaissances et de partager pour assurer le bien-être d'autrui, donc le bien-être de la Création.
  • Du Nord, provient le Principe de la pureté, associé au fait de se libérer de ses pensées et de ses sentiments négatifs. Vivre en respectant ce principe, c'est vivre en demeurant positif, n'attirant ainsi que des choses positives.

Ces dons sont rassemblés dans le Cercle d'influences de la vie, qui est le Cercle sacré comprenant les quatre Directions de l'univers. Celles-ci représentent les quatre Origines de l'humanité et les dons à la Création qui y sont associés.

  • De l'Est, provient le don de la naissance et de la renaissance, le printemps du renouveau. De l'Est proviennent aussi la Femme rouge et ses dons de Vision et de prophétie. Ces dons se trouvent dans l'esprit du bison, qui assure la subsistance de la Nation rouge.
  • Du Sud, provient le don de l'apprentissage, l'été de l'abondance. Du Sud proviennent aussi la Femme jaune et ses dons d'instruction et d'inspiration. Ces dons se trouvent dans l'esprit de l'aigle royal, qui voit tout et qui vole au plus haut des cieux.
  • De l'Ouest, provient le don du regard vers soi, l'automne de la purification. De l'Ouest proviennent aussi la Femme noire et ses dons d'introspection et de raisonnement. Ces dons se trouvent dans l'esprit de l'oiseau de tonnerre. Le tonnerre précède les éclairs pour annoncer le changement.
  • Du Nord, provient le don de sérénité, l'hiver du repos. Du Nord proviennent aussi la Femme blanche et ses dons de sagesse. Ces dons se trouvent dans l'esprit du bison blanc, ce Visionnaire sage qui devint pur.

Ces Directions sacrées font parties du Cercle de la vie et sont en harmonie avec le Créateur et notre cheminement spirituel. Elles permettent aux gens de trouver leur voie dans la vie et d'ouvrir leur cœur à l'amour et à la bienveillance de la Création.

Enfin, ce Pizoniwikwon (du peuple Waubaneau à l'entrée de l'Est de la Nation Maliseet), ce pavillon de ressourcement constituant un lieu sûr ou lieu de pouvoir, propose une approche holistique propice à la guérison et à l'épanouissement humain.

Engagement envers la Vision

Le personnel à Okimaw Ohci demeurera engagé envers la Vision et s'assurera que les résidentes soient informées en ce qui a trait aux attentes telles que soulignées à cet égard. De cette façon, la Vision continuera à diriger et à guider les activités quotidiennes au Pavillon de ressourcement et à s'assurer que les résidentes soient encouragées à suivre leur cheminement individuel vers la guérison.

CERCLE DE LA VIE

CERCLE DE LA VIE

 

Le comité responsable du document sur la Vision original était formé de représentants de la collectivité, de l'Association des femmes Autochtones du Canada et du Service correctionnel du Canada, ainsi que d'Aînés(es) Autochtones. Le Service correctionnel du Canada considère que la Vision du pavillon de ressourcement Okimaw Ohci englobe toutes les autres activités.

En vertu des cinq principes ci-dessous 3, le pavillon de ressourcement donnera l'occasion aux femmes Autochtones de :

Reconquérir leur fierté et leur dignité de femmes et de mères – La désorganisation et la dislocation des collectivités ont eu des incidences sur les femmes Autochtones, qui ont perdu leur rôle, leur fierté et leur dignité. C'est particulièrement vrai dans le cas des femmes incarcérées. Les résidentes auront la possibilité d'en apprendre sur le rôle intégral que les femmes ont déjà assumé dans les collectivités Autochtones et seront encouragées à transmettre les enseignements traditionnels des femmes dans la société contemporaine. La mère assumait un rôle important autrefois, en entourant de soins les enfants en général et sa progéniture en particulier et en étant sensible à leurs besoins. Les enfants sont plus proches du monde spirituel. Leur innocence et leur sagesse peuvent guérir, ce que reconnaissent les résidentes et le personnel du pavillon.

Rétablir leur sentiment de valeur, de dignité et d'espoir – Dans les collectivités Autochtones, la perte de confiance en soi, du respect et de l'espoir en l'avenir est apparente. Amener les femmes à avoir de nouveau une image de soi positive et à augmenter leur estime de soi est une étape cruciale du « cheminement vers la guérison ». Elles y parviennent par des échanges sains avec le personnel et les autres résidentes, en établissant des limites et au moyen de la médiation et de la résolution des conflits.

Reconstruire leurs familles et leurs collectivités – Bien des familles et des collectivités ont essuyé des pertes, y compris la perte de la famille élargie et de collectivités très unies qui avaient survécu pendant des siècles. En aidant les femmes Autochtones à prendre le chemin de la guérison et à s'améliorer, l'effet produit par leurs actions sur leurs familles et leurs collectivités aura des retombées positives. La Première Nation Nekaneet devient la « collectivité d'accueil » de bien des résidentes séparées de leurs collectivités d'origine.

Créer des liens entre la société Autochtone et la société non autochtone – Les Autochtones se heurtent à des obstacles dus aux divisions entre la société Autochtone et la société non Autochtone. Ces sociétés ont des valeurs, une histoire et une Vision du monde différentes. Le pavillon peut incorporer la Vision du monde et les enseignements traditionnels dans un contexte contemporain. Le personnel du pavillon comprendra des Autochtones et des non Autochtones qui parleront de la diversité aux résidentes et les aideront à fonctionner dans le monde d'aujourd'hui. Le pavillon accueillera des visiteurs qui poseront des regards neufs ou différents. Il accueillera aussi le personnel du SCC qui s'intéresse aux cultures Autochtones.

Promouvoir la guérison de la Terre et de toutes ses créatures – La Terre-mère est en crise, car les gens y vivent sans la respecter. Le pavillon propose un environnement naturel qu'il faut entretenir. Les résidentes du pavillon ont la possibilité de se mettre au même diapason que la Terre-mère dans le cadre de cérémonies et d'activités récréatives.

Bien que le document original sur la Vision parlait de cueillettes saisonnières, de renouvellement des relations avec toutes les créatures de la Terre et de création d'une économie de culture du sol menant à l'autosuffisance, les activités du pavillon ont varié depuis son ouverture en 1995, en fonction des besoins des femmes qui s'y trouvaient à tel ou tel moment.

1 La Prison des femmes a fermé en juillet 2000.

2Île de la Tortue : l'Amérique du Nord pour les non Autochtones.

3 Ces principes étaient mentionnés dans le document original sur la Vision. La Kikawinaw a élaboré davantage en 2003.

PARTIE 2 Objectifs du pavillon de ressourcement Okimaw Ohci

La Vision établit une vue d'ensemble sur la philosophie spirituelle pour le pavillon de ressourcement Okimaw Ohci et est un élément important dans les objectives et activités du pavillon. La Vision est une entité vivante et observable dans toutes les interactions avec les résidentes. Celle-ci devrait servir de toile de fond pour toutes orientations futures du pavillon. La Vision initiale a été développée par les Aînés(es) et de ce fait, ils demeurent partie intégrante des activités quotidiennes. Toutes les résidentes, le personnel et les contratuels(les) adhèrent à cette philosophie globale promue par la Vision.

Les femmes Autochtones parviennent à la guérison grâce aux enseignements, aux programmes, à la spiritualité et à la culture Autochtone, qui leur donnent les moyens de se remettre des mauvais traitements qu'elles ont subis, de reprendre confiance, d'acquérir des compétences et de reconstruire leur famille. Le processus de guérison permet aux femmes Autochtones de changer ou de se libérer de comportements négatifs comme la toxicomanie ou le comportement criminel. En fouillant les questions en profondeur, le processus de guérison devient une expérience intensive, qui augmente la capacité des femmes à reprendre leur place dans la collectivité. Le pavillon de ressourcement verra à ce que les objectifs ci-dessous se concrétisent d'une manière propice à la guérison.

  • Proposer un environnement non raciste et non sexiste, privilégiant ainsi le respect et la compréhension de soi et des autres.
  • Proposer un modèle opérationnel qui incorpore les méthodes correctionnelles établies ainsi que les enseignements et les cérémonies Autochtones, créant ainsi à l'interne une collectivité qui cherche à promouvoir un bien-être général (sur le plan mental, spirituel, physique et émotif).
  • Échanger avec les chefs spirituels Autochtones et faire partager les traditions orales afin d'aider les délinquantes Autochtones à réussir leur réinsertion sociale au moment jugé le plus opportun de leur peine.
  • Proposer un environnement où l'on soutient les délinquantes Autochtones qui veulent s'occuper de leurs enfants sur place ou à l'extérieur.
  • Créer et maintenir des partenariats avec la collectivité locale et les intervenants concernés en mesure de faire connaître la Vision et les objectifs du pavillon de ressourcement à l'échelle nationale et internationale.
  • Créer des activités communautaires et les soutenir, en mettant à contribution les partenaires de la collectivité, les chefs spirituels et le personnel, afin de mieux aider les délinquantes Autochtones en liberté sous condition.

 

PARTIE 3 Conception et modèle de fonctionnement du pavillon de ressourcement Okimaw Ochi

3.1 Conception d u pavillon

Le pavillon de ressourcement se compose des structures suivantes :

  • un pavillon principal;
  • un pavillon de spiritualité;
  • un pavillon des Aînés(es);
  • un pavillon résidentiel de sécurité;
  • quatre maisons en rangée d'un étage servant d'unités résidentielles;
  • une unité réservée aux visites familiales privées(VFP);
  • un bâtiment où sont donnés les programmes;
  • deux sueries;
  • des bâtiments d'entretien;
  • une écurie.

Le pavillon principal est conçu de manière à renforcer le sentiment d'appartenance du personnel et des résidentes. C'est dans ce pavillon que sont assurés les services suivants : administration (finances, services personnels, service central des dossiers), services de santé, gestion des cas, admission et libération, téléphones, buanderie, salon de coiffure, bibliothèque et garderie. L'aire centrale est assez grande pour permettre au personnel et aux résidentes d'y prendre leur repas du midi et d'y organiser des activités sociales, y compris des visites. Une cour centrale située à l'intérieur du cercle que forme le pavillon principal est utilisée pour toutes sortes d'activités, dont des cérémonies spirituelles.

C'est dans le pavillon de spiritualité que se tiennent le cercle du matin quotidien, les audiences de la Commission nationale des libérations conditionnelles, les programmes, les séances de consultation et de médiation, les cercles de discussion et les séances de formation du personnel, et les cérémonies. Les résidentes peuvent aussi s'y rassembler pour chanter en soirée ou prendre le temps de réfléchir. Le pavillon dispose aussi d'aires où l'on peut préparer et entreposer des herbes et des médicaments.

Le pavillon des Aînés(es) loge les Aînés(es) de passage. Ces Aînés(es) utilisent aussi le pavillon pour offrir des services de consultation aux délinquantes 4.

Le bâtiment où sont donnés les programmes comprend une salle de classe, un gymnase, une salle de musculation, une salle d'artisanat et des bureaux.

Sur le terrain du pavillon de ressourcement se trouvent deux sueries, une pour l'été, l'autre pour l'hiver. La suerie utilisée en hiver se compose d'un bâtiment permettant à la cérémonie de se dérouler à l'intérieur et d'une salle de rechange attenante. La suerie utilisée en été se trouve dans le pré servant aussi à des activités récréatives et à la collecte de sauge et de foin d'odeur, utilisés au cours des cérémonies.

Les bâtiments d'entretien abritent une station de traitement d'eau et une citerne, un camion à incendie et des aires d'entretien général. Une fendeuse à bois se trouve aussi sur les lieux pour les cérémonies, qui nécessitent du bois de chauffage.

Généralement deux fois l'an, des membres de la bande de Nekaneet offrent le programme des chevaux. Une écurie se trouve près des bâtiments d'entretien, ce qui permet au pavillon d'abriter les chevaux nécessaires à ce programme.

Le pavillon résidentiel de sécurité est utilisé à différentes fins. Premièrement, il sert à accueillir et à orienter les nouvelles venues. Il propose aussi un milieu stimulant aux femmes qui désirent obtenir plus de soutien et sert de lieu d'isolement préventif à court terme lorsqu'une femme en crise ne peut en pratique rester dans son unité.

L'intérieur des unités résidentielles cherche à promouvoir l'acquisition et le maintien de compétences psychosociales en milieu communautaire et favorise la préparation de repas en petits groupes. Chaque unité comprend une salle de séjour et une cuisine communes ainsi que des chambres à coucher individuelles, que les délinquantes peuvent personnaliser en respectant la politique du pavillon. Chaque délinquante se voit remettre une clé de sa chambre, qu'elle peut ainsi verrouiller lorsqu'elle est à l'extérieur. Les délinquantes peuvent aussi prendre soin de leurs enfants dans les unités résidentielles, en vertu du Programme mère-enfant 5.

Une des unités résidentielles dispose de l'équipement nécessaire pour aider les délinquantes ayant une déficience physique.

3.2 Capacité pondé rée

Le pavillon de ressourcement a une capacité pondérée de 28 places.

3.3 Milieu environnant

Le pavillon de ressourcement Okimaw Ohci est situé dans les « collines du Cyprès » au sud-ouest de la Saskatchewan, sur une terre louée à la Première Nation Nekaneet.

Les collines du Cyprès sont considérées comme un lieu sacré. Des gens s'y rendent pour se ressourcer, s'inspirer ou entendre la voix de leur Créateur. C'est le lieu tout indiqué pour rétablir le corps et l'esprit.

« Okimaw Ohci » et « collines du tonnerre » - Les « collines du Cyprès » ont eu plusieurs noms évoquant leur pouvoir et leur importance spirituelle 6.

Au moment de choisir l'emplacement du premier pavillon de ressourcement autochtone national, le comité de planification a tenu compte de l'importance de la terre et de l'eau aux yeux des Autochtones. La citation ci-dessus se trouvait dans la soumission présentée au gouvernement fédéral par la ville de Maple Creek et la Première Nation Nekaneet. Le gouvernement fédéral a fini par accepter les recommandations du comité.

Sur cette terre on retrouve des prés ondoyants, des forêts, des sources, des rivières et une multitude d'oiseaux et d'animaux. Tout cela amène les résidentes à apprécier la nature qui les entoure et procure tout l'espace nécessaire à leur cheminement vers la guérison.

4Cela se fait conformément au Protocole opérationnel national –Dotation des postes de première ligne .

5 Directive du commissaire n o 768, Programme mère-enfant en établissement

6 Soumission de la ville de Maple Creek et de la Première Nation Nekaneet, février 1992

3.4 Horaire quotidien établi

Chaque matin, les résidentes et le personnel se rendent au pavillon de spiritualité pour former le cercle du matin. C'est un(e) Aîné(e) qui prend l'initiative du cercle qui comprend une purification, des prières, des enseignements de l'Aîné(e) et un cercle de partage.

Les résidentes vont ensuite travailler ou suivre des programmes. Le repas du midi se prend en commun au pavillon principal. L'après-midi se déroule comme l'avant-midi, les résidentes allant travailler et suivre des programmes. Les soirées et les fins de semaine sont consacrées à des activités culturelles et récréatives individuelles et sociales.

3.5 Pratiques de fonction nement

3.5(i) Communication

La communication joue un rôle essentiel dans le fonctionnement général du pavillon de ressourcement. Il convient de s'assurer que les modes de communication officiels et informels sont bien établis. Les réunions matinales, les réunions préparatoires aux quarts de travail, les réunions du personnel, les cercles, les conférences de cas, les discussions informelles et les courriels comptent parmi les outils intégrés à la stratégie de communication générale du pavillon. Une bonne communication est essentielle à la sécurité active et constitue la pierre angulaire du fonctionnement général du pavillon.

3.5(ii) Sécurité active

Au pavillon, la sécurité active fait référence à toute activité qui favorise ou contribue à créer un environnement correctionnel sécuritaire et propice au ressourcement, en encourageant les relations constructives et en faisant mieux connaître les facteurs qui augmentent ou réduisent la sécurité. La sécurité active concerne les liens qui existent entre les membres du personnel et les résidentes avec qui ils travaillent. Cette interaction a un effet cumulatif sur la culture générale du pavillon. Tout échange a le pouvoir de se transformer en interaction positive essentielle au travail d'équipe.

(tableau de la page suivante)

Sécurité active

3.5(iii) Sécurité passive

L'emplacement et la conception du pavillon, qui diffère d'un établissement correctionnel traditionnel, font en sorte qu'on y trouve peu de dispositifs de sécurité passive. Pour que la sécurité passive soit efficace, elle doit s'intégrer à la sécurité active et à la superVision. Les mesures de sécurité passive du pavillon comprennent des portes verrouillées ou munies d'une alarme, du matériel de contrainte et une surveillance par caméra. Ces mesures sont nécessaires au fonctionnement du pavillon et devraient être perçues comme un outil parmi d'autres pour assurer la gestion générale de l'établissement.

Les objectifs opérationnels fondamentaux à atteindre pour bien gérer un établissement correctionnel sont liés à la communication ainsi qu'à la sécurité active et passive, comme l'illustre le tableau ci-dessous :

Objectif

Comment l'atteindre

Prévention

Supervision et sécurité actives; systèmes de communication, échange de renseignements

Observation

Supervision et sécurité actives; échange de renseignements, systèmes de communication, caméras, éclairage

Détection

Supervision et sécurité actives; échange de renseignements, caméras, systèmes de détection (chiens), alarmes (portes, fenêtres, système d'avertisseurs portatifs)

Confirmation

Observation du personnel, systèmes de communication, caméras, échange de renseignements

Neutralisation

Intervention du personnel, systèmes de sécurité sûrs (portes, fenêtres), techniques de gestion de la situation

Intervention en cas d'urgence

Intervention du personnel (résolution des conflits, négociation, recours à la force), utilisation de mesures passives et techniques d'intervention pour gérer les situations (actives et défensives)

3.6 Gestion des situations d'urgence

La gestion des situations d'urgence est un aspect reconnu et nécessaire de la gestion des établissements correctionnels, y compris des pavillons de ressourcement. Les gestionnaires et le personnel qui sont ou qui pourraient être membres d'une équipe de gestion des situations d'urgence sont tenus de suivre une formation à cet effet. Bien qu'ils ne fassent pas partie intégrante d'une telle équipe, les Aînés(es) rattachés au pavillon sont appelés pendant et après les incidents pour soutenir le personnel et les délinquantes.

Les activités de planification d'urgence sont essentielles à la gestion des situations d'urgence et chaque établissement devrait disposer de plans à jour pour répondre à tous les types d'urgence intra-muros et extra-muros. Le plan d'urgence du pavillon de ressourcement Okimaw Ohci précise aussi les rôles, les responsabilités et la façon de faire des membres masculins de l'équipe d'intervention en cas d'urgence provenant des

établissements pour hommes (pour neutraliser le périmètre), des services de police ou de la GRC (requis dans certains cas) pendant les interventions auprès des femmes.

Les membres de l'équipe d'extraction des cellules du pavillon de ressourcement sont tous des femmes. L'équipe entre en scène 7 après avoir obtenu l'autorisation du responsable de la gestion des situations d'urgence et une fois utilisées toutes les mesures moins restrictives, conformément à la politique.

La gestion du stress à la suite d'un incident critique est un élément important du processus de planification d'urgence, qui est aussi essentiel pour aider l'établissement à retourner à la normale dès que possible après un incident. Les personnes impliquées dans un incident sont encouragées à assister à ces séances d'aide.

7 Depuis l'ouverture du pavillon, il y a eu moins d'un incident par an nécessitant l'intervention de l'équipe.

PARTIE 4 Ressources humaines

D'abord et avant tout, le pavillon de ressourcement doit fournir un environnement sûr, sécuritaire et humain au personnel et aux délinquantes. La structure de gestion du pavillon de ressourcement, qui se fonde sur un modèle correctionnel progressiste et humaniste, s'enrichit énormément en adoptant les approches traditionnelles Autochtones dans la vie quotidienne. Ce modèle innovateur découle des recommandations et des principes directeurs énoncés dans La Création de choix. Le pavillon est une petite unité opérationnelle et bien des tâches et responsabilités sont intégrées à un même poste.

4.1 Composantes organisationnelles

Il existe deux volets organisationnels dans le pavillon : les Opérations et les Services de gestion. Entrent dans la première catégorie la gestion des cas, la gestion des peines, la sécurité, les services de santé, les programmes, les loisirs, les visites, l'évaluation et le traitement, la formation, le travail, la spiritualité et d'autres domaines connexes.

Les Services de gestion constituent un volet services et soutien, celui qui doit assurer le fonctionnement de l'établissement et offrir des services administratifs. Ces services comprennent l'administration, le travail de soutien, l'informatique, le personnel, les services techniques, la gestion financière, l'entretien, les achats et le contrôle des stocks, les services d'alimentation, l'administration des contrats et d'autres services connexes.

4.2 Structure organisationnelle

La structure organisationnelle du pavillon de ressourcement est classique, à cette différence près que son modèle philosophique est représenté par le cercle, qui est pour les cultures Autochtones le symbole de la vie en tant que spirale de croissance infinie.

Dans le cercle intérieur se trouvent les Iskwewaks ou les femmes Autochtones incarcérées au pavillon. Elles forment le cœur du pavillon et du processus de guérison et ce sont elles qui prennent la décision de cheminer vers la guérison.

Le deuxième cercle représente la Kikawinaw qui soutient, aide et guide activement les Iskwewaks. Elle est responsable de l'orientation générale des services et des activités du pavillon. Avec son personnel, elle cherche à donner aux Iskwewaks les outils qui leur permettront de faire des choix judicieux et responsables.

Le troisième cercle représente la relation générale du pavillon avec le commissaire, la sous commissaire pour les femmes et le sous commissaire des Prairies.

Le cercle extérieur représente les collectivités Autochtones et non Autochtones qui soutiennent le pavillon et l'aident à réaliser son mandat d'assurer la réinsertion sociale des délinquantes en toute sécurité, au moment de leur peine jugé le plus approprié.

Tous ces liens sont fondés sur le partage du savoir et un échange de connaissances.

4.3 Stratégie relative aux ressources humaines

Le Service correctionnel du Canada fera tous les efforts possibles pour recruter et maintenir en poste les gestionnaires et le personnel Autochtone du pavillon de ressourcement, conformément au Protocole d'entente conclu entre la bande de Nekaneet et le commissaire du SCC (1994). Il est entendu que les Aînés(es) et les autres enseignants et guérisseurs sont essentiels au bon fonctionnement du pavillon. Le recrutement du personnel à tous les niveaux s'attardera sur leurs expériences de vie et leur capacité à devenir des modèles à suivre.

Termes Cris Signification Titres correctionnels
ISKWEWAK Femmes Délinquantes
KIKAWINAW Notre mère Directrice
KIKAWINAW ADJOINTE   Sous directrice
KIKAWISINAW Tante Chef d'équipe
    Chef d'équipe adjointe
KIMISINAWS Grandes sœurs Intervenantes de première ligne

Le pavillon de ressourcement est dirigé par la Kikawinaw, qui en est la principale responsable au jour le jour. La Kikawinaw est sous la responsabilité directe du sous commissaire des Prairies et sous la responsabilité fonctionnelle de la sous commissaire pour les femmes. La Kikawinaw fait partie du Comité régional de gestion ainsi que du comité national des directrices d'établissements pour femmes.

La configuration organisationnelle se fonde sur une structure hiérarchique minimale et bon nombre des fonctions des établissements traditionnels pour hommes sont intégrées aux tâches des tantes et des chefs d'équipe adjointes.

Les Kimisinaws (intervenantes de première ligne, sœurs aînées) ont un rôle intégré qui englobe des tâches relevant de la sécurité active et passive ainsi que le travail de gestion des cas requis pour appuyer la réinsertion sociale. Un processus de sélection précis est utilisé pour s'assurer que ce personnel clé a les connaissances, les compétences et les qualités personnelles qu'il faut pour travailler dans ce milieu spécial. Ce double rôle est exigeant et il importe que leurs attitudes et leurs styles de vie aillent de pair avec les enseignements Autochtones, pour aider les femmes dans leur cheminement vers la guérison.

Bien que le pavillon de ressourcement soit petit comparativement aux établissements régionaux pour femmes, il doit tout de même proposer des programmes et des services comparables à ceux offerts aux délinquantes incarcérées ailleurs. Tel que mentionné précédemment, le personnel chargé des opérations est responsable de la prestation des programmes, des services de santé et de santé mentale, de la gestion des peines, de la gestion des cas et de la sécurité générale à l'intérieur du pavillon. Pour sa part, le personnel chargé des services de gestion est responsable de l'administration générale, de l'informatique, des finances, des ressources humaines, de la préparation des aliments, de l'entretien, des achats et du contrôle des stocks, des médias et des dossiers de santé et de sécurité. Dans le cadre du rôle intégré précité qui lui incombe, le personnel de ces deux divisions peut être appelé à assumer la responsabilité de plus d'une fonction.

Tel qu'énoncé dans le protocole d'entente, bien des membres de la bande de Nekaneet fournissent des services au pavillon et à ses résidentes comme employés, entrepreneurs ou bénévoles, qui s'ajoutent aux services offerts par les Aînés(es). Le pavillon s'efforce de créer une collectivité où tous travaillent ensemble à la réalisation de la Vision et des objectifs correctionnels.

4.4 Dotation mixte

En 1997, le SCC a établi le Protocole opérationnel national –Dotation des postes de première ligne dans les établissements pour femmes afin d'orienter la marche à suivre à cet égard dans les établissements pour femmes. La façon de procéder aux fouilles (par palpation et à nu), aux extractions de cellule et à la surveillance par caméra y est expliquée, tout comme les pratiques quotidiennes de fonctionnement. Conformément aux pratiques de dotation générale, l'on s'attend à ce que l'ensemble des employés effectuent toutes les tâches mentionnées dans leur description de travail peu importe le sexe, à l'exception de procédures précises décrites dans le Protocole . Les pratiques opérationnelles du pavillon de ressourcement sont donc conformes au Protocole opérationnel national en matière de dotation mixte.

Par convention, on considère que les enseignements Autochtones s'adressant aux femmes devraient être donnés par des femmes. Cependant, la loi de l'équilibre exige la participation aussi bien des hommes que des femmes au processus de guérison. Ainsi, les membres de la collectivité des deux sexes participent à la vie du pavillon de ressourcement et on leur fait connaître la Politique , afin qu'ils soient bien au fait des questions liées à la dotation mixte.

4.5 Plan de formation du personnel

Le tableau ci-dessous énumère les besoins en formation du personnel assigné aux établissements pour femmes à l'échelle nationale.

4.5(i) Exigences en ce qui a trait à la formation du personnel -2004

1 . Nouveau personnel

Cours Commentaires Nbre jours, ipl Nbre jours, autres

PFC/Orientation

13 jours à 12 semaines, selon la classification

12 semaines

10 jours

Formation des agents de libération conditionnelle

Cours complet pour les IPL et autres assurant la gestion des cas

2 semaines

2 semaines

Formation sur le SGD

Tout le personnel

½ journée

½ journée

Formation axée sur les femmes

Tout le personnel

10 jours

3 jours
1 jour (gestionnaires)

Intervention non violente en situation d'urgence

Programme d'études conforme au plan de formation régional

2 à 5 jours

2 à 5 jours

Prévention du suicide

Cours donné dans chaque région

1 ou 2 jours

1 ou 2 jours

Sensibilisation aux questions de santé mentale

Tout le personnel des unités en milieu de vie structuré, des unités de garde en milieu fermé et de l'EPIU. Pré requis à la formation liée à la thérapie comportementale dialectique (TCD) et à la réadaptation psychosociale (RPS)

2 jours

2 jours

TOTAL

 

Jusqu'à 19 semaines

Jusqu'à 8 semaines


2. Personnel du SCC en place non rattaché à des établissements pour femmes

Cours Commentaires Nbre jours, ipl Nbre jours, autres

Formation axée sur les femmes

Tout le personnel provenant d'établissements pour hommes ou de bureaux de libération conditionnelle n'ayant pas suivi cette formation

10 jours

3 jours

Intervention non violente en situation d'urgence

Tout le personnel (voir ci-dessus)

2 à 5 jours (3 de prévus)

2 à 5 jours (3 de prévus)

Prévention du suicide

Mise à jour au besoin

2 jours

2 jours

Le pavillon offre aussi périodiquement des possibilités de formation en cours d'emploi sur toutes sortes de sujets liés aux délinquantes. Il arrive parfois que des membres de la collectivité Autochtone et non Autochtone participent à l'animation de ces séances.

Tel que mentionné dans le protocole d'entente, les membres de la bande de Nekaneet suivent la formation du personnel portant sur des questions correctionnelles (escortes, politiques et méthodes, protocoles, etc.), ce qui leur permet de travailler efficacement avec le personnel et les résidentes du pavillon.

PARTIE 5 RÉINSERTION SOCIALE

5.1 Gestion de cas

Le processus de gestion des cas comporte trois étapes, dont la première est l'évaluation initiale et la planification correctionnelle. Cette étape initiale relève de l'établissement d'Edmonton pour femmes (EEF) pour toutes les délinquantes de la région des Prairies, car c'est là que se trouve l'unité d'évaluation initiale des femmes de cette région. Les délinquantes qui souhaitent résider au pavillon de ressourcement Okimaw Ohci doivent soumettre une demande d'admission au pavillon pendant leur séjour à l'EEF. Le Comité d'examen de la gestion des délinquantes du pavillon examine les demandes afin d'établir leur pertinence. Le pavillon de ressourcement a établi des critères d'admission auxquels cet examen se conforme.

À son arrivée à Okimaw Ohci, chaque femme apprend à s'orienter dans l'établissement. Ce processus d'orientation l'aide à se familiariser avec les règles du pavillon, avec le processus de guérison et avec ses droits et responsabilités pendant son incarcération.

La résidente est assignée à une équipe de gestion des cas (EGC) qui, en plus d'elle, comprend au moins une grande sœur, une agente de libération conditionnelle, une tante et d'autres membres spéciaux dont la présence pourrait être requise. Cette équipe élabore et met en œuvre le plan correctionnel de la résidente, concrétisant ainsi la stratégie convenue pour assurer sa réinsertion sociale en toute sécurité et en temps opportun comme citoyenne respectueuse des lois.

Une fois la résidente admise au pavillon, l'équipe de gestion des cas la rencontre pour discuter et obtenir l'information requise pour élaborer son plan du cheminement personnel vers la guérison. Les deux plans sont indépendants l'un de l'autre, mais ils se complètent et visent à ce que la résidente réussisse son retour dans la collectivité.

Vient ensuite l'étape des interventions, dans le but d'aider la résidente à changer les comportements ayant contribué à sa criminalité mentionnés dans le plan correctionnel, et dont les raisons sous-jacentes sont abordées dans le plan du cheminement personnel vers la guérison.

Des facteurs de risque statiques et dynamiques sont associés aux cas de récidive, mais c'est sur les facteurs dynamiques qu'il faut baser le traitement. On peut établir une équivalence entre les facteurs de risque dynamiques et les besoins criminogènes. Ces facteurs constituent un sous-ensemble du niveau de risque associé aux délinquantes; il s'agit des éléments dynamiques du profil de la délinquante qui, lorsqu'on les modifie, sont associés aux changements touchant les probabilités de récidive. Cependant, même si des facteurs statiques comme l'âge, la race et les antécédents criminels permettent très souvent d'anticiper une récidive, des facteurs dynamiques comme le comportement antisocial, la fréquentation de criminels et la toxicomanie sont encore plus révélateurs.

Les facteurs de risque statiques, comme l'âge au début du comportement criminel, le nombre d'infractions déjà commises et les antécédents d'infraction avec violence, sont de bons indicateurs du futur comportement criminel, sauf qu'ils sont inaltérables, donc insensibles aux changements éventuels.

Les facteurs de risque dynamiques et statiques sont cependant utiles pour prendre les décisions relatives au placement et à la surveillance en établissement et fournir des renseignements permettant d'établir le niveau d'intensité des programmes qui répondra le mieux aux besoins d'une résidente. En fait, l'intervention est plus efficace lorsque les programmes intensifs visent les personnes qui présentent un taux élevé de récidive. De même, ce sont les personnes à faible risque qui retirent le plus des traitements moins intensifs.

L'étape finale est celle de la prise de décision. À un moment ou l'autre de sa peine, chaque femme a une décision à prendre au sujet de son cas. Une préparation de cas efficace repose sur une évaluation, par une personne compétente, du risque associé à la délinquante relativement à la décision prise. Cette décision peut se rapporter entre autres à la participation au Programme de visites familiales privées, aux permissions de sortir (avec ou sans escorte), au placement à l'extérieur, à la semi-liberté ou à la libération conditionnelle totale, et à la libération d'office.

Le processus de gestion des cas encourage les femmes à devenir responsables de leur vie. Il les encourage aussi à prendre part au processus décisionnel auquel elles se sont engagées dans leur plan correctionnel et à assumer les conséquences de leurs choix éclairés. Au bout du compte, la gestion des cas appuie les principes de La Création de choix et de la Stratégie des programmes à l'intention des femmes purgeant une peine fédérale.

5.2 Programmes

Les programmes destinés aux délinquantes sont conformes à la Stratégie des programmes à l'intention des femmes purgeant une peine fédérale (2004). Il s'agit de programmes de base reconnus axés sur des facteurs criminogènes, auxquels s'ajoute un éventail de programmes d'éducation et de formation professionnelle.

Le pavillon de ressourcement Okimaw Ohci, qui est le seul pavillon pour femmes au pays, se doit d'offrir une programmation adaptée à sa population Autochtone. Dans les autres établissements régionaux, une partie des programmes adaptés aux cultures Autochtones est donnée à des délinquantes Autochtones et non Autochtones. Le pavillon propose des programmes qui lui sont propres, comme le programme des chevaux.

5.2(i) Cercles des chang ements

Ce programme a été créé par des femmes Autochtones du Manitoba. Il s'agit d'un programme intensif comprenant 130 séances et qui propose trois stratégies de réadaptation : une stratégie relationnelle, une stratégie cognitivo-comportementale et une stratégie axée sur la recherche de solutions. Les objectifs du programme sont :

  1. d'explorer les liens entre les actes et les aléas de la vie;
  2. d'apprendre d'autres façons de faire face aux difficultés et
  3. d'établir des liens sociaux qui serviront d'alternative aux activités criminelles.

5.2(ii) Esprit du guerrier

Ce programme de 14 semaines vise à modifier les distorsions cognitives qui contribuent à la criminalité des délinquantes violentes. Les aspects culturels et spirituels y occupent une place fondamentale. La toxicomanie, les relations familiales, la communication, la résolution des problèmes et d'autres sujets connexes sont abordés en détail. Les participantes bénéficient de l'appui constant des animatrices et des Aînés(es), qu'elles peuvent aussi consulter en tout temps, tout comme le personnel du pavillon. Le programme amène les femmes à passer en revue les étapes de la vie (petite enfance, enfance, adolescence, vie adulte et vieillesse) et à explorer leurs expériences de vie.

5.2(iii) Programme des chevaux de la Première Nation Nekaneet

Ce programme de quatre semaines conçu et donné par la Première Nation Nekaneet est un programme holistique comportant de nombreux éléments, dont le réveil de la douleur, l'usage de la langue Cri, les enseignements en cercle, les cérémonies et les cercles de partage. L'esprit du cheval entraîne les femmes jusqu'au tréfonds de leur âme. Le programme vise principalement à permettre aux femmes d'en apprendre plus sur elles-mêmes et les autres, de comprendre les cérémonies et leurs liens avec la langue et la culture et d'en apprendre sur la spiritualité du cheval et sur le rôle essentiel des chevaux dans la vie du peuple Cri. L'enseignement se fait au moyen de diverses méthodes, dont la méthode traditionnelle indirecte qui consiste à raconter une histoire puis à réfléchir sur la morale ou l'enseignement à en tirer. Les femmes tirent aussi une expérience pratique du programme en apprenant à monter un cheval et à en prendre soin.

5.2(iv) Programme mère-enfant

L'une des principales préoccupations mentionnées dans La Création de choix était le fait que les délinquantes étaient séparées de leurs enfants. Le problème était d'autant plus grave en raison du nombre de femmes incarcérées qui étaient aussi mères de famille. La recommandation du groupe d'étude à l'effet que les délinquantes puissent garder leurs enfants avec elles dans l'établissement, sous réserve de certains critères et conditions, a été acceptée par le gouvernement. Le groupe d'étude recommandait la création d'un programme prévoyant la cohabitation à temps plein et à temps partiel ainsi que des visites régulières et prolongées. Le SCC a fini par adopter une politique à cet effet (DC n o 768, Programme mère-enfant en établissement) après de longues études et consultations.

L'objectif du Programme mère-enfant du pavillon de ressourcement est de favoriser des relations positives entre les mères et leurs enfants. Cependant, le meilleur intérêt de l'enfant reste le premier critère dont il faut tenir compte dans les prises de décision. Le meilleur intérêt de l'enfant comprend la sécurité et le bien-être physique, affectif et spirituel de celui-ci.

Le pavillon de ressourcement est en mesure de recevoir des mères avec leurs enfants et dispose sur place d'une garderie ayant tout ce qu'il faut.

L'âge maximal est de quatre (4) ans pour la cohabitation à temps plein et de douze (12) ans pour la cohabitation à temps partiel. Les critères d'admissibilité et d'évaluation se rapportant aux mères et aux enfants sont établis dans la politique (DC n o 768). Les mères participant au Programme sont tenues de suivre des programmes sur les compétences parentales. La législation sur le bien-être des enfants étant de compétence provinciale, il est nécessaire d'obtenir le consentement des responsables provinciaux et d'être coordonnés avec eux. Les soins de santé donnés aux enfants relèvent aussi de la province de la Saskatchewan.

Le pavillon de ressourcement Okimaw Ohci offre le Programme mère-enfant à divers degrés depuis juillet 1996 et permet aux mères et aux enfants d'établir et de maintenir des liens essentiels.

5.2(v) Programme de soutien par les pairs

Le Programme de soutien par les pairs a été donné pour la première fois à la Prison des femmes de Kingston (Ontario), pour permettre aux délinquantes de s'aider mutuellement. Les résidentes conseillères sont soumises à des critères de sélection et à une formation serrés. Tous les établissements pour femmes ainsi que le pavillon de ressourcement peuvent mettre sur pied ce programme au besoin.

PARTIE 6 Services de santé

Le centre de santé est responsable de l'éducation et de l'information sur la santé et le mieux-être en général en enseignant, en encourageant et en soutenant l'acquisition de valeurs, d'attitudes et de comportements plus sains. Ce qui permet aux résidentes de prendre leur santé en main et de faire des choix éclairés pour leur mieux-être. Cette approche va de pair avec les principes de responsabilité partagée et de choix judicieux et responsables dans un environnement favorable mentionnés dans La Création de choix.

Le service de santé du pavillon offre un large éventail de services aux résidentes. Dès son arrivée, la nouvelle résidente a une première « prise de contact » avec une des infirmières, qui remplit alors une évaluation des risques d'automutilation et de suicide. Quelques jours plus tard, la résidente reçoit une évaluation de son état de santé officielle, qui permet d'établir un plan de traitement pour assurer un suivi des soins et répondre aux besoins de la résidente. Pour recevoir des soins de santé autres que des services de psychologie, les résidentes sont escortées dans la collectivité (Maple Creek, Medicine Hat, Saskatoon, Regina, etc.). Les services de psychologie sont assurés par un psychologue contractuel, qui se rend au pavillon de ressourcement Okimaw Ohci six jours par mois. On procède alors à une nouvelle évaluation des risques d'automutilation et de suicide pour chaque nouvelle résidente. On en profite aussi pour établir les traitements requis, entreprendre des thérapies, remplir des résumés cliniques et des rapports d'étape et procéder aux évaluations préliminaires de risque, aux évaluations du risque associé aux PSAE et aux PSSE, aux examens des cas d'incarcération à perpétuité, aux examens en vue d'un éventuel maintien en incarcération et aux évaluations du risque associé à la semi-liberté et à la libération conditionnelle totale, en accordant la priorité aux besoins en santé mentale des résidentes.

Les services et les enseignements que le service de santé offre aux résidentes s'inspirent à la fois de la médecine traditionnelle et occidentale. Des programmes de promotion de la santé et de prévention des maladies sont offerts en permanence, tels Choisir la santé dans les prisons, le Programme de sensibilisation à la réception, le Programme de sensibilisation et de prévention du suicide et les Cercles des gardiennes du savoir.

D'une durée de deux semaines, le Programme CSP (Choisir la santé en prison) est un programme de promotion de la santé préconisant l'adoption de modes de vie sains. Ce programme dont le degré de difficulté correspond à la 7 e année comprend 18 modules portant sur les sujets suivants : choix de vie, exercices favorisant la santé, nutrition, comprendre la santé, corps sain, planification des naissances, stress, hépatites A, B et C, VIH/sida, tuberculose, maladies transmises par voie aérogène, salmonellose, infection, ce qui se produit et comment, maladies transmissibles sexuellement, poux et gale, rage et tiques, et programme pré libératoire. Se greffent à ces modules divers modes d'apprentissage pour adultes tels que les vidéocassettes éducatives, les travaux en groupe, les séances individuelles au besoin, les devoirs et les cercles de partage, de façon à rendre cette expérience valable et à l'adapter à la culture et au sexe des participantes.

L'organisme All Nations Hope /Aids Regina Network se rend au pavillon plusieurs fois par année pour offrir un programme éducatif interactif sur le VIH et le sida d'une demi-journée. Le programme explique ce qu'est la vie avec le VIH/sida par l'entremise d'orateurs invités tout en établissant un réseau de contacts pour assurer le soutien dans la collectivité.

Atelier de sensibilisation et de prévention du suicide

Cet atelier d'une durée de trois heures est donné à l'aide d'un manuel comportant deux parties. La première partie explique ce qu'il faut savoir et faire. Il y est question de définitions, de mythes et réalités sur le suicide, d'information sur le sujet, d'agents stressants pouvant mener au suicide et de signes et symptômes associés au risque de suicide. La deuxième partie renseigne les résidentes sur ce qu'elles doivent faire si une personne songe au suicide, qu'il s'agisse d'elles-mêmes ou de quelqu'un d'autre.

Cercles des gardiennes du savoir

Ce programme constitue en fait la version Autochtone du Programme de soutien par les pairs et a comme objectif de prévenir et de freiner la progression du VIH/sida parmi les délinquants(es) Autochtones des établissements fédéraux. La résidente apprend à devenir une résidente conseillère appelée à conseiller et à soutenir les résidentes séropositives ou atteintes du sida. Le VIH/sida est le sujet principal, mais il est question aussi d'hépatites A, B et C et de tuberculose. Le programme d'une durée de deux semaines propose neuf cercles d'information abordant les sujets suivants : introduction, faits essentiels, vie sexuelle, sexualité et rôles assignés à chacun des sexes, comportements à risque, acquisition de compétences, dépistage du VIH, promotion de la santé et questions de santé parmi les Autochtones, soins personnels et réduction du stress, planification de programme. Le manuel conçoit l'éducation comme un droit et non comme un privilège, les Autochtones ayant le droit d'être informés sur la façon de se protéger. Les résidentes qui suivent ce programme ne deviennent pas toutes gardiennes du savoir pour l'ensemble du pavillon de ressourcement, mais le deviennent pour elles-mêmes. La résidente reconnue comme coordonnatrice et chef de file des gardiennes du savoir assume un rôle de soutien auprès des résidentes séropositives ou atteintes du sida et devient une source d'information ayant trait à la prévention, aux soins, au traitement et au soutien apporté aux autres.

Bien que la gestion du Programme mère-enfant relève de la Division des programmes, le service de santé du pavillon de ressourcement contribue à sa bonne marche en veillant à ce que les femmes enceintes reçoivent l'information et les soins prénataux et postnataux appropriés en temps opportun. Il y parvient avec l'aide de l'infirmière de la santé publique et la communauté médicale. Des services de santé sont offerts aux enfants qui vivent au pavillon avec leurs mères. Celles-ci sont encouragées à devenir responsables de leur santé, en inscrivant notamment leurs nouveaux nés au programme de vaccination offert dans la collectivité locale. Cette forme de soutien est nécessaire et appréciée des résidentes, qui sont nombreuses à ne pas avoir eu la chance de s'occuper de leurs enfants dans un climat favorable.

L'accès libre au service de santé permet aux résidentes de discuter de questions et de ce qui les préoccupe avec l'infirmière en poste. Bien souvent, ces discussions donnent lieu à des « moments consacrés à des enseignements » par le personnel.

Annexe A : Politique, mandat et cadre législatif

La gestion et le fonctionnement du pavillon de ressourcement reposent sur la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition (LSCMLC), la Mission du Service correctionnel du Canada, les principes de La Création de choix , la Stratégie en matière de santé mentale pour les délinquantes et la Stratégie des programmes correctionnels à l'intention des femmes purgeant une peine fédérale.

Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition

Les établissements régionaux ont pour fondement la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition (LSCMLC),

plus particulièrement l'article 3 :

Le système correctionnel vise à contribuer au maintien d'une société juste, vivant en paix et en sécurité, d'une part,

  • en assurant l'exécution des peines par des mesures de garde et de surveillance sécuritaires et humaines, et d'autre part,
  • en aidant au moyen de programmes appropriés dans les pénitenciers ou dans la collectivité, à la réadaptation des délinquants et à leur réinsertion sociale à titre de citoyens respectueux des lois.

4. Le Service est guidé, dans l'exécution de ce mandat, par les principes qui suivent :

  • la protection de la société est le critère prépondérant lors de l'application du processus correctionnel;
  • les mesures nécessaires à la protection du public, des agents et des délinquants doivent être le moins restrictives possible;
  • le délinquant continue à jouir des droits et privilèges reconnus à tout citoyen, sauf de ceux dont la suppression ou restriction est une conséquence nécessaire de la peine qui lui est infligée;
  • ses directives d'orientation générale, programmes et méthodes respectent les différences ethniques, culturelles et linguistiques, ainsi qu'entre les sexes, et tiennent compte des besoins propres aux femmes, aux Autochtones et à d'autres groupes particuliers;
  • il est attendu que les délinquants observent les règlements pénitentiaires et les conditions d'octroi des permissions de sortir, des placements à l'extérieur et des libérations conditionnelles ou d'office et qu'ils participent aux programmes favorisant leur réadaptation et leur réinsertion sociale;
  • il veille au bon recrutement et à la bonne formation de ses agens;
  • leur offre de bonnes conditions de travail dans un milieu exempt de pratiques portant atteinte à la dignité humain;
  • un plan de carrière avec la possibilité de se perfectionner;
  • ainsi que l'occasion de participer à l'élaboration des directives d'orientation générale et programmes correctionnels.

En outre, l'article 30 établit les exigences relatives à la cote de sécurité des délinquants :

  • 30(1) Le Service assigne une cote de sécurité selon les catégories dites maximale, moyenne et minimale à chaque détenu conformément aux règlements d'application de l'alinéa 96(6).

L'article 70 de la LSCMLC concerne les conditions de vie :

  • Le Service prend toutes mesures utiles pour que le milieu de vie et de travail des détenus et les conditions de travail des agents soient sains, sécuritaires et exempts de pratiques portant atteinte à la dignité humaine.

Comme le mentionnait le groupe d'étude, des programmes appropriés qui répondent aux besoins propres aux femmes forment des composantes essentielles des établissements régionaux. Les articles 76 et 77 de la LSCMLC stipulent ce qui suit :

  • Le Service doit offrir une gamme de programmes visant à répondre aux besoins des délinquants et à contribuer à leur réinsertion sociale.

Comme le souligne l'article 77, le SCC doit proposer des programmes qui répondent aux besoins des délinquantes :

  • Le Service doit notamment, en ce qui concerne les délinquantes, leur offrir des programmes adaptés à leurs besoins spécifiques
    • et consulter régulièrement, à cet égar :
    • , les organisations féminines compétentes
    • ainsi que toute personne ou groupe ayant la compétence et l'expérience appropriées avec les délinquantes.

Enfin, la nécessité de proposer des programmes spécialisés pour répondre aux besoins des délinquants(es) Autochtones est soulignée dans l'article 80 :

  • Dans le cadre de l'obligation qui lui est imposée par l'article 76, le Service doit offrir des programmes adaptés aux besoins des délinquants Autochtones.

Annexe B : Mission du Service correctionnel du Canada

Le pavillon de ressourcement respecte l'Énoncé de Mission du SCC :

Le Service correctionnel du Canada, en tant que composante du système de justice pénale et dans la reconnaissance de la primauté du droit, contribue à la protection de la société en incitant activement et en aidant les délinquants à devenir des citoyens respectueux des lois, tout en exerçant sur eux un contrôle raisonnable, sûr, sécuritaire et humain.

Les valeurs fondamentales et objectifs stratégiques suivants lui tiennent particulièrement à cœur :

Valeur fondamentale 1 – Nous respectons la dignité des individus, les droits de tous les membres de la société et le potentiel de croissance personnelle et de développement des êtres humains.

Objectif stratégique 1.7 – Respecter les différences sociales, religieuses et culturelles de tous les délinquants.

Valeur fondamentale 2 – Nous reconnaissons que le délinquant a le potentiel de vivre en tant que citoyen respectueux des lois.

Objectif stratégique 2.2 – Voir à ce qu'on réponde aux besoins particuliers des délinquants Autochtones et des délinquantes.

Valeur fondamentale 3 – Nous estimons que le personnel du Service constitue sa force et sa ressource principale dans la réalisation de ses objectifs, et nous croyons que la qualité des rapports humains est la pierre angulaire de sa Mission.

Objectif stratégique 3.4 – Exiger des employé(e)s qu'ils/elles passent autant de temps que possible en rapport direct avec les délinquants.

Annexe C : La Création de choix

Le développement permanent des établissements pour femmes est orienté par les objectifs et la Vision de La création de choix – le rapport du groupe d'étude sur les femmes purgeant une peine fédérale, qui privilégiait une vision holistique à l'égard du traitement des délinquantes. Cinq principes y étaient définis :

Pouvoir contrôler sa vie – Les femmes pourront contrôler leur vie si elles comprennent mieux leur situation, si elles connaissent leurs points forts, si elles sont appuyées et si elles sont encouragées à agir de façon constructive.

Choix valables et responsables – Les femmes ont besoin qu'on leur présente diverses options afin qu'elles puissent faire des choix responsables. La dépendance à l'égard de l'alcool, de la drogue, des hommes et de l'aide sociale a privé les femmes de la possibilité et de la capacité à faire des choix.

Respect et dignité – Le Service correctionnel du Canada a souvent été critiqué pour sa tendance à encourager (et donc à perpétuer) chez les femmes la dépendance et les comportements infantiles. Le respect mutuel est nécessaire parmi les délinquantes, parmi les membres du personnel, et entre les délinquantes et le personnel.

Environnement de soutien – La qualité de l'environnement peut favoriser la santé physique et psychologique ainsi que le développement personnel.

Responsabilité partagée – Tous les paliers de gouvernement, le secteur correctionnel, les organismes bénévoles, les entreprises, les prestataires de services du secteur privé et la collectivité ont un rôle à jouer dans la mise en place de systèmes de soutien et dans la continuité des services pour les femmes purgeant une peine fédérale.

Annexe D : Stratégie en matière de santé mentale pour les délinquantes

La Stratégie en matière de santé mentale pour les délinquantes (2002) se veut un cadre de référence pour l'élaboration des services psychiatriques offerts aux délinquantes. Elle tient compte des besoins en soins de santé mentale des femmes en général et des délinquantes en particulier. Elle définit les difficultés et les problèmes que connaissent les délinquantes ayant des troubles de santé mentale et présente les mesures d'intervention et les programmes exigés par la loi et les politiques en vigueur pour régler ces problèmes. En outre, la Stratégie propose un continuum de soins de santé mentale en plus d'illustrer l'interdépendance de tous les programmes et services destinés à favoriser le bien-être mental des délinquantes.

L'objectif des services de santé mentale pour les délinquantes est d'instaurer et maintenir un continuum coordonné de soins répondant aux différents besoins des délinquantes ayant des problèmes de santé mentale dans le but de maximiser leur bien-être mental et de faciliter leur réinsertion sociale.

Selon la Stratégie , les principes fondamentaux qui sous-tendent la mise en œuvre de programmes et de services de santé mentale pour les délinquantes sont :

Le bien-être

Ce principe cherche à promouvoir le bien-être plutôt que le « traitement de la pathologie », notamment par une approche holistique et la mise en œuvre de programmes holistiques, l'élimination des stéréotypes, le renforcement des aptitudes nécessaires au développement personnel et à la vie autonome, et la participation des spécialistes de la santé mentale ainsi que des membres de la famille, des Aînés(es), etc. Il reconnaît aussi l'importance de tout ce qui entoure la santé et l'expérience des femmes (corps, esprit, âme et émotions) et leurs relations à l'intérieur de l'établissement et de la collectivité.

L'accès

Donner raisonnablement accès à des services de santé mentale essentiels et non essentiels aux délinquantes, conformément aux normes de la collectivité, ce qui comprend des évaluations précoces des besoins et des mesures d'intervention opportunes visant à atténuer l'intensification des symptômes et à prévenir les situations de crise aiguë.

L'adaptation aux besoins des délinquantes

Les programmes et les services doivent être adaptés aux besoins particuliers des délinquantes de sorte que seuls interviennent les employés bien sensibilisés à leur situation. Ils doivent favoriser leur autonomie, les relations interpersonnelles et les relations constructives à l'enseigne du respect mutuel. Un programme adapté aux besoins des délinquantes comprend un plan de traitement interdisciplinaire détaillé répondant aux besoins des délinquantes, nourrit l'espoir et le désir de changer, fait intervenir un personnel compatissant toujours présent et entrevoit des perspectives positives.

La participation des clientes (un principe de justice fondamentale)

Les délinquantes doivent participer le plus activement possible à l'évaluation initiale, à la planification de leur traitement et aux décisions qui les intéressent. Le bien-être est le fruit d'un processus de croissance personnelle et du désir de changer : personne ne peut l'imposer. Les établissements correctionnels traditionnels qui ne reconnaissent pas le bien-fondé de la participation des clientes créent un effet « institutionnalisant » entraînant un désengagement et une infantilisation des délinquantes dont ils assurent la garde. Ce qui limite sérieusement la capacité des délinquantes à réussir leur réinsertion sociale et à se percevoir comme des femmes débrouillardes, personnellement responsables et capables de se bâtir une vie qui vaut la peine d'être vécue.

Les mesures les moins restrictives

Le traitement doit être administré selon la méthode d'intervention la moins restrictive/intensive possible, sans que la sécurité du public ne soit pour autant compromise.

Annexe E : Stratégie des programmes à l'intention des femmes purgeant une peine fédérale

La Stratégie des programmes à l'intention des femmes purgeant une peine fédérale (2004) a été élaborée pour assurer l'uniformité des programmes offerts dans les établissements pour femmes. Elle s'appuie sur la Stratégie correctionnelle du SCC, dont elle respecte les principes, mais est assez souple pour prendre en compte les besoins des délinquantes. Ce document oriente l'élaboration des programmes et décrit la stratégie générale des programmes correctionnels à l'intention des délinquantes.

En cherchant à déterminer quels étaient les programmes à l'intention des délinquantes les plus efficaces, un certain nombre de variables ont été prises en compte. Deux thèmes semblent communs aux études sur les délinquantes. Premièrement, tous les auteurs reconnaissent que, dans la plupart des cas, les activités criminelles des femmes sont largement associées à leurs antécédents et à leurs conditions de vie. C'est particulièrement vrai dans le cas des délinquantes Autochtones. Deuxièmement, on a adopté une approche holistique dans les programmes correctionnels destinés aux délinquantes. D'autres facteurs influencent aussi l'élaboration de programmes dont les études, les programmes déjà offerts, la théorie à l'origine de la programmation destinée aux délinquantes et le nombre relativement faible de délinquantes incarcérées. Pour être efficaces, les programmes à l'intention des délinquantes doivent comprendre les six éléments suivants : principes axés sur les femmes, principes de l'éducation des adultes, diversité, approche analytique, structure des programmes, processus.

Malgré le nombre peu élevé d'études mesurant l'efficacité des programmes à l'intention des délinquantes, le SCC a adopté à l'échelle nationale des programmes favorisant l'apprentissage cognitif et social, une stratégie qui a prouvé son efficacité auprès de la population carcérale. Ainsi, les programmes correctionnels se fondent sur la théorie de l'apprentissage social, une approche qui s'est avérée particulièrement efficace à l'égard des changements de comportement souhaités chez les délinquants. Cette théorie repose sur le concept qui veut que le comportement s'acquière par imitation, observation, exposition répétée et renforcement. La théorie de l'apprentissage social appuie le principe selon lequel les processus cognitifs sont liés à l'environnement et à l'expérience; que les expériences d'apprentissage social influencent la vision que les délinquants ont d'eux-mêmes et du monde, et que cette vision influence à son tour la façon dont ils perçoivent leur environnement et y réagissent (Ross et Fabiano, 1985).

La Stratégie des programmes à l'intention des femmes purgeant une peine fédérale (2004) dresse la liste des programmes de base offerts dans les établissements pour femmes. Il s'agit des mêmes programmes que ceux offerts aux hommes, à l'exception du programme pour les victimes de mauvais traitements et de traumatismes. Il n'y a pas de liens établis entre la violence, les mauvais traitements et les traumatismes subis et le comportement criminel. Cependant, les effets de ce type de victimisation sont assez graves pour affecter la capacité de la délinquante concernée à s'adapter et à tirer avantage d'autres programmes pendant son incarcération. Les programmes de base offerts aux délinquantes sont : le Programme d'acquisition de compétences psychosociales, le Programme d'intervention pour délinquantes toxicomanes, le Programme d'alphabétisation et d'éducation permanente et le programme pour les victimes de mauvais traitements et de traumatismes. Les programmes de base cherchent à répondre à des besoins établis et sont obligatoires en tant qu'éléments du plan correctionnel de chaque délinquante.

L'élaboration et la prestation de programmes efficaces aident les délinquantes à s'attaquer aux facteurs criminogènes identifiés au moment de leur peine jugé le plus propice, tout en réduisant le risque pour la sécurité publique. Les programmes offerts au pavillon de ressourcement Okimaw Ohci sont énumérés dans un calendrier s'étendant sur une période de 18 mois, ce qui permet au personnel d'entreprendre la planification des programmes au moment opportun.

Tel qu'énoncé dans la Stratégie des programmes à l'intention des femmes purgeant une peine fédérale (2004), les programmes d'emploi à l'intention des délinquantes doivent offrir suffisamment de possibilités de formation professionnelle de qualité qui répondent aux besoins du marché du travail, en mettant l'accent sur les emplois qui permettraient aux délinquantes de toucher un salaire assurant leur indépendance financière.

L'inventaire des emplois au pavillon s'établit comme suit : entretien des véhicules, pose de céramique, entretien extérieur, cuisine (préparation des aliments et distribution), bibliothécaire, adjointe aux Aînés(es), entretien des bâtiments (peinture, réparation des dommages, etc.), responsable de la cantine (à temps partiel une fois par semaine), préposée adjointe à la rémunération des délinquantes, aide de garderie.

Les programmes de formation professionnelle, d'emploi et de loisirs ont une envergure régionale du fait que le type d'activités offertes dépend des ressources à la disposition de la collectivité locale. Dans le cas des programmes de formation professionnelle et industrielle, on a d'abord mis l'accent sur des activités à court terme et la création d'un inventaire des emplois afin d'éviter tout délai dans la rémunération des délinquantes.

Annexe F : Profil des délinquantes du pavillon de ressourcement Okimaw Ohci

La population du pavillon de ressourcement Okimaw Ohci a diminué au cours des six dernières années. Le 31 août 2003, le pavillon comptait 22 résidentes. La moyenne d'âge des résidentes était de 34 ans et les femmes Autochtones étaient en majorité (18).

Facteur comparatif Population
incarcérée
Sécurité
moyenne
Sécurité
minimale
Aucun niveau de sécurité pour l'instant

Population carcérale

18

11

6

1

Meurtre au premier degré

0

0

0

0

Meurtre au deuxième degré

0

0

0

0

Annexe I

83,3 %

10

4

1

Annexe II

5,6 %

0

1

0

Ne figurant pas à l'annexe

11,1 %

1

1

0

Peine inférieure à six ans

72,2%

6

6

1

Aucune condamnation antérieure à une peine de ressort fédéral

94,4

11

5

1

Célibataires

61,1 %

6

4

1

Mariées, union libre

38,9 %

5

2

0

Le pavillon de ressourcement comptait 20 résidentes en 1997, 27 en 2000 et 18 en 2004. Ce qui représente une augmentation de 35 % de 1997 à 2000, et une diminution de 33,3 % de 2000 à 2004.

En 2004, 61,1 % des femmes étaient célibataires et 38,9 % étaient mariées ou vivaient en union libre.

À l'égard de la race, la proportion de femmes Autochtones a diminué au même rythme que dans la population en général (33,3 %). En 2004, les femmes Autochtones constituaient le groupe prédominant et formaient 83,3% (15) de la population du pavillon.

Les femmes de race blanche (3) formaient 16,7 % de la population générale. Au 31 octobre 2004, la moyenne d'âge des résidentes du pavillon était de 31 ans, avec un âge médian de 29 ans.

Au 31 octobre 2004, aucune femme purge une peine pour meurtre au premier et deuxième degré.

Type d'infractions en 2004

Environ 83,3 % des délinquantes purgeaient une peine pour une infraction figurant à l'annexe I.

Environ 5,6 % des délinquantes purgeaient une peine pour une infraction figurant à l'annexe II et 11,1 % pour une infraction ne figurant pas à l'annexe.

Pour la période du 1 er avril 2004 au 31 octobre 2004, il y a eu 3 révocations au pavillon de ressourcement.

Depuis avril 2004, il n'y a pas eu de nouvelles admissions au pavillon, alors qu'il y en avait eu 3 en 1997.

Pourcentage de délinquantes purgeant une peine inférieure à trois ans :

1997 - 25 %
2001 - 35 %
2003 - 31,8 %
2004 - 27,8 %