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Programmes pour les délinquantes

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Stratégie des programmes pour délinquantes août 2004

Partie 2 - Programmes correctionnels, programmes de santé mentale, programmes d'éducation, programmes d'emploi et d'employabilité et programmes sociaux

Introduction

Les programmes correctionnels visent les comportements criminels (p. ex. la toxicomanie). Les services de santé mentale ont pour but d'atténuer les symptômes et d'assurer le mieux-être (p. ex. troubles de la personnalité, schizophrénie). Les programmes d'éducation préparent les délinquantes à avoir de meilleures possibilités d'emploi après la mise en liberté. Les programmes d'emploi et d'employabilité sont des interventions qui mettent un accent direct sur l'accroissement de l'aptitude au travail chez les délinquantes. Les programmes sociaux (p. ex. programme d'intégration communautaire et programme de loisirs) favorisent et renforcent la réinsertion sociale réussie des délinquantes à titre de membres productifs de la société. Ces programmes permettent aux délinquantes de montrer qu'elles ont acquis un certain mieux-être et favorisent le transfert et la généralisation des compétences acquises dans les programmes correctionnels.

La distinction à faire entre ces types d'intervention permet au SCC de mieux répartir ses ressources en fonction du mandat que la loi lui confie. Chaque type d'intervention joue un rôle essentiel dans une réinsertion sociale sûre et réussie et peut atténuer le risque présenté par les délinquantes à divers stades de leur peine.

PROGRAMMES CORRECTIONNELS

Programmes pour délinquantes toxicomanes

D'après les recherches, les délinquantes ont habituellement une gamme et des types de problèmes de toxicomanie différents de ceux des délinquants . Il se vérifie de plus en plus que les troubles de l'alimentation, les troubles graves de l'humeur (p. ex. dépression) et les antécédents de toxicomanie, peut-être liés au syndrome de stress post-traumatique, sont très fréquents chez les délinquantes toxicomanes. Il importe de signaler que les conséquences physiques de la toxicomanie sont souvent pires chez les femmes que chez les hommes et que les séquelles physiologiques graves de l'alcoolisme, par exemple, peuvent se manifester chez les femmes avec une consommation moindre et après une moins longue période de consommation.

Des spécialistes ont avancé que les programmes étaient plus efficaces lorsqu'ils tenaient compte de tous les éléments d'un contexte. Une composante clé du Programme d'intervention pour délinquantes toxicomanes (PIDT) est le développement communautaire. Le cadre du PIDT est le renforcement de la collectivité ou du « milieu » par l'intégration des programmes. Il s'agit d'une évolution vers une approche systémique de la toxicomanie plutôt qu'un ensemble de programmes distincts. L'interdépendance des différentes composantes peut susciter un élan et faire passer les programmes au-delà de la structure et du contenu vers la vie quotidienne et l'expérience du changement, créant ainsi un environnement propice pour continuer à s'abstenir de drogues et d'alcool dans le milieu immédiat. Les efforts de développement communautaire contribuent à la poursuite des objectifs des programmes en favorisant une culture institutionnelle constructive. Comme stratégie de développement communautaire, les unités de soutien intensif qui ont été créées dans les établissements pour délinquantes complètent les programmes offerts par un mode de logement qui aide les délinquantes déterminées à continuer de s'abstenir de faire usage d'alcool et de drogues. Il y a d'autres stratégies de développement communautaire : entraide entre les pairs, groupes d'entraide et forums communautaires.

Voici les composantes du PIDT :

  • Engagement initial;
  • Éducation et prétraitement;
  • Intervention thérapeutique intensive cognitive-émotive;
  • Maintien des acquis en établissement et dans la collectivité.

Thérapie pour délinquantes ayant commis des délits à caractère sexuel

La thérapie pour délinquantes sexuelles est offerte dans tous les établissements pour délinquantes. On dénombre cinq modules qui concernent expressément les délinquantes sexuelles : maîtrise de soi; excitation sexuelle déviante; distorsion cognitive; intimité, relations et fonctionnement social; empathie et sensibilisation au traumatisme des victimes. Les principaux objectifs de la thérapie des délinquantes sexuelles consistent à repérer les facteurs qui les ont influencées et à leur apprendre comment lutter contre ces facteurs plus efficacement pour réduire les risques de récidive. Les facteurs qui influent sur les femmes qui commettent des délits à caractère sexuel peuvent comprendre la victimisation antérieure et (ou) les relations avec les partenaires intimes.

Un Protocole d'évaluation et de traitement des délinquantes ayant commis des délits à caractère sexuel a été mis en oeuvre pour assurer la cohérence dans l'évaluation et le traitement de ce groupe restreint de délinquantes. En outre, une consultante nationale en délinquance sexuelle féminine peut offrir des conseils pour chacun des cas. L'intervention commence par une évaluation spécialisée au moment de l'admission, elle se poursuit ensuite de façon continue et comprend un suivi dans l'établissement et dans la collectivité. Des évaluations à court et à long termes seront réalisées. En l'absence d'outil empirique d'évaluation des facteurs statiques et dynamiques, l'évaluation se fait d'après la réceptivité à la thérapie.

Programme de raisonnement et de réadaptation (Apprentissage cognitif des compétences - Révisé)

La documentation donne à penser que les lacunes dans le domaine des compétences psychosociales sont courantes chez les femmes qui ont maille à partir avec la loi. Par conséquent, le Programme de raisonnement et de réadaptation adapté aux délinquantes est offert à celles-ci dans les établissements qui les accueillent.

Le Programme de raisonnement et de réadaptation comprend 38 séances qui sont axées sur le développement du raisonnement dans les rapports interpersonnels pour permettre une gestion efficace de la vie personnelle. Le programme cible les lacunes cognitives qui ont été expressément cernées :

  • Discipline et maîtrise de soi : impulsivité;
  • Discipline et maîtrise de soi : piètre maîtrise des émotions;
  • Égocentrisme et perspective sociale;
  • Affirmation de soi et interaction sociale;
  • Attitudes criminelles et attributions;
  • Raisonnement critique;
  • Rigidité du style cognitif.

Programme de maîtrise de la colère et des émotions

Le Programme de maîtrise de la colère et des émotions a également été adapté aux délinquantes qui ont appris à recourir à la violence ou à utiliser la colère pour régler les conflits. Le Programme intègre les expériences passées des délinquantes comme survivantes et comme agresseures. Des périodes sont prévues pour discuter des problèmes personnels, et il est question de l'importance du soin et de la garde des enfants, des antécédents de mauvais traitements et des expériences de deuil dues à des pertes et à des traumatismes. Il est également reconnu que le contexte des relations des délinquantes est une priorité.

Le Programme de maîtrise de la colère et des émotions comprend 25 séances de groupe de deux heures. Les séances sont divisées en six parties. Elles reposent sur une approche cognitivo-comportementale de l'atténuation de la colère. Le but est de faire acquérir aux délinquantes les aptitudes nécessaires pour gérer la colère et d'autres émotions liées à l'agression et aux comportements antisociaux. Bien que le programme soit principalement axé sur la maîtrise de la colère, il comprend aussi une section portant sur la gestion d'autres émotions négatives.

PROGRAMMES DE SANTÉ MENTALE

Introduction

Les programmes de santé mentale adaptés aux femmes doivent tenir compte des expériences et des besoins en matière de santé mentale des détenues. Cela comprend notamment des facteurs comme des antécédents de marginalisation et des situations qui peuvent comprendre la pauvreté, la discrimination, les mauvais traitements et la toxicomanie.

La Directive du commissaire 840 sur les services de psychologie définit le traitement comme une intervention thérapeutique qui vise les comportements directement liés à la criminalité et les besoins essentiels en matière de santé mentale. La Stratégie de 2002 en matière de santé mentale pour les délinquantes définit les principes essentiels à tous les services de santé mentale offerts aux délinquantes. Les principes sont le mieux-être, l'accès, l'orientation sur les délinquantes, la participation des clientes et l'application des mesures les moins restrictives possible. Ces principes sont compatibles avec ceux qui sont définis dans La création de choix.

Mauvais traitements et traumatisme

Ce n'est que depuis le début des années 90 qu'on reconnaît de la grande prévalence de la violence dans la vie des femmes incarcérées. Les enquêtes effectuées auprès des délinquantes au Canada révèlent que la majorité d'entre elles sont des survivantes de mauvais traitements et d'actes de violence dans leurs familles d'origine ou à cause de leurs partenaires intimes. Une étude réalisée en 1998 sur les délinquantes qui purgent des peines pour homicide a révélé que 82 % d'entre elles avaient été victimes de violences physiques ou sexuelles au cours de leur vie . Des études antérieures ont montré que de 60 à 90 % des détenues des établissements fédéraux canadiens avaient été victimes d'une certaine forme de violence. En outre, on a constaté que les délinquantes sous responsabilité fédérale ont souffert de violence pendant des périodes plus longues et à un âge plus précoce. On a constaté que les mauvais traitements étaient plus répandus chez les délinquantes autochtones .

Bien qu'on n'ait pas établi de lien direct entre la survie aux mauvais traitements et actes de violence et l'activité criminelle, les services aux survivantes sont un élément important du traitement des délinquantes, et c'est le rapport La création de choix qui a cerné ce besoin. Chacun des établissements pour délinquantes a des contrats en cours avec des organismes dans la collectivité pour offrir un counseling aux survivantes de mauvais traitements et de traumatismes (Se reporter aux Lignes directrices du programme d'aide aux survivantes de traumatismes et d'actes de violence).

Thérapie comportementale dialectique

La thérapie comportementale dialectique est un programme de traitement en santé mentale systématique et complet qui vise le dérèglement émotif et les difficultés comportementales qui y sont associées. Dans la TCD , le comportement problématique est considéré comme le résultat 1) des lacunes dans des compétences importantes dans les relations interpersonnelles, la maîtrise de soi et la tolérance à la détresse, et 2) des facteurs personnels et environnementaux qui renforcent les comportements mésadaptés et (ou) entravent l'utilisation des aptitudes comportementales existantes et l'acquisition de nouvelles aptitudes et compétences.

La TCD vise à faire acquérir des compétences pour résoudre les problèmes de dérèglement dans le domaine des émotions, des relations, des cognitions et des comportements tout en améliorant les comportements d'adaptation. Son but est de faire en sorte que la personne améliore sa pensée dialectique et son profil émotif et comportemental – pour acquérir et perfectionner les aptitudes à déceler et à modifier les modèles rigides et dichotomiques associés à des problèmes importants dans la vie courante qui causent une détresse considérable.

La TCD est un processus qui suppose des efforts de collaboration entre les cliniciennes ou les intervenantes et la personne pour concevoir l'intervention la plus efficace. Le processus encourage la personne à acquérir des aptitudes et à en généraliser l'utilisation pour s'attaquer de façon plus appropriée et efficace à ses besoins en santé mentale et autres besoins à un rythme compatible avec ses besoins et son style d'apprentissage.

Le SCC a adapté trois modèles de TCD qui sont offerts dans les établissements pour délinquantes. Ils se distinguent par l'intensité des composantes de traitement et le milieu : la TCD détaillée et complète (pour les détenues incarcérées en milieu de vie structuré); la TCD générale (pour les détenues de la population générale); la TCD en milieu de garde fermée (pour les délinquantes en milieu de garde à sécurité maximale). Les deux principales composantes de la thérapie sont : 1) la psychothérapie individuelle (une heure par semaine); 2) les séances d'acquisition d'habilités en TCD (individuellement et (ou) en groupe). Il incombe que, dans l'application de la TCD, ces deux composantes soient offertes en même temps; les détenues ne peuvent pas suivre les séances d'acquisition d'habiletés en TCD sans suivre en même temps une psychothérapie individuelle. La thérapie comprend aussi d'autres éléments : soutien/encadrement; consultations en équipe (diverses consultations officielles ou non avec des membres de l'équipe de traitement de la TCD); consultations nationales sur la TCD.

L'acquisition d'habiletés en TCD suppose une séance de deux heures toutes les semaines ou toutes les deux semaines, au cours desquelles on enseigne des habiletés particulières jugées pertinentes pour s'attaquer aux problèmes de dérèglement dans le domaine des émotions, des relations, des cognitions et des comportements.

Il y a six modules :

Quatre portent sur l'acquisition d'habiletés dans les domaines suivants

  • Contact avec soi;
  • Efficacité dans les relations interpersonnelles;
  • Maîtrise des émotions;
  • Tolérance de la détresse.

Deux portent sur les aspects suivants :

  • Formulation des objectifs;
  • Maîtrise de soi;
  • Généralisation de l'utilisation des habiletés;
  • Analyse et intégration d'éléments concernant le cycle de criminalité et la prévention des rechutes.

Les modules de ce programme d'acquisition d'habiletés en TCD sont habituellement suivis au moins deux fois pendant la participation au traitement. Dans les modèles détaillé et complet et général de la TCD, les séances d'apprentissage suivent un ordre séquentiel. En ce qui concerne le modèle en milieu fermé, l'ordre des modules est établi en consultation avec le psychologue de l'unité (en fonction des besoins de la personne), et le contenu est donné individuellement ou en dyade.

Dans le modèle de TCD détaillé et complet du SCC, l'acquisition des habiletés est une exigence constante pendant que la détenue est en milieu de vie structuré.

Réadaptation psychosociale

La réadaptation psychosociale est une approche complète qui constitue le modèle de programme le plus approprié et peut-être le plus efficace pour les personnes ayant des besoins d'apprentissage en compétences de base et des difficultés cognitives (particulièrement les personnes atteintes d'une maladie grave et persistante, p. ex. les maladies mentales graves et qui résistent au traitement comme la schizophrénie et les troubles connexes). Selon une hypothèse fondamentale de l'approche, toutes les personnes atteintes d'une maladie mentale, peu importe sa gravité, ont le potentiel d'apprendre et de s'épanouir. La RPS a pour objectif principal d'aider les clientes à reprendre leur vie en main afin qu'elles puissent formuler des buts et des plans destinés à améliorer leur qualité de vie.

La réinsertion sociale réussie dans la collectivité a souvent été empêchée par : la perte des opportunités dans la collectivité et perte des soutiens à cause de l'institutionnalisation; ressources, habiletés et soutiens limités; isolement et sentiment de désespoir découlant de l'institutionnalisation; schèmes de comportement inappropriés acquis durant l'institutionnalisation.

Les interventions en RPS se sont révélées efficaces pour renforcer les comportements d'adaptation, y compris la capacité d'autonomie, l'habileté en communications interpersonnelles, l'aptitude professionnelle et les compétences psychosociales et pour réduire les comportements problématiques, notamment les comportements psychotiques et agressifs. La RPS a recours à l'approche de l'apprentissage social qui intègre diverses techniques fondées sur les principes d'apprentissage fondamentaux ainsi que sur diverses composantes : acquisition d'habiletés, rééducation cognitive, renforcement positif, formation professionnelle et psycho-pédagogie. La RPS se déroule suivant un horaire très structuré. Dans la mesure du possible, les habiletés sont enseignées dans le contexte quotidien où elles seraient habituellement mises en pratique.

PROGRAMMES D'ÉDUCATION, PROGRAMMES D'EMPLOI ET D'EMPLOYABILITÉ, ET PROGRAMMES SOCIAUX

Introduction

Alors que les programmes correctionnels et les programmes de santé mentale mettent l'accent sur la personne et les facteurs qui contribuent directement à un comportement criminel, les programmes d'éducation, les programmes d'emploi et d'employabilité, et les programmes sociaux sont des interventions qui sont axées sur la réinsertion sociale des délinquants en toute sécurité. Les programmes d'éducation sont des interventions visant à réduire le risque de récidive et à préparer les délinquantes à participer à d'autres programmes tels que des programmes d'emploi et d'employabilité et des programmes correctionnels. Les programmes d'emploi et d'employabilité sont des interventions qui mettent un accent direct sur l'accroissement de l'aptitude des délinquantes au travail et visent, en définitive, l'obtention d'un emploi durable dans la collectivité à la mise en liberté. La recherche a constamment montré que l'instabilité professionnelle permet de prévoir la récidive . Par conséquent, l'emploi est considéré comme un domaine important qui peut aider les délinquantes dans leurs efforts pour continuer à respecter les lois. L'emploi doit être identifié dès l'évaluation initiale, intégré aux plans correctionnels et dans la planification de la libération. Les programmes de formation professionnelle et toutes affectations liées au travail doivent être considérés comme un ensemble de moyens intégrés servant à combler les lacunes importantes en matière d'employabilité et d'emploi chez les membres de la population carcérale.

Les programmes sociaux aident les délinquantes à définir des modes de vie prosociaux, à choisir des activités professionnelles et des loisirs qui leur permettront de s'intégrer comme membres productifs de la société et citoyennes respectueuses des lois. Les délinquantes sont encouragées à participer à des activités et à des programmes sociaux qui se rapportent à leurs intérêts et à leurs besoins. Les programmes sociaux permettent le transfert des compétences acquises dans les programmes correctionnels, ils enseignent aux délinquantes des modes de vie sains et les initient à des choix prosociaux. Même s'ils ne visent pas directement le mieux-être ou les comportements criminels, les programmes sociaux, comme activités qui appuient les programmes correctionnels et de santé mentale, jouent un rôle essentiel dans les efforts du SCC à encourager les délinquantes à devenir des citoyennes respectueuses des lois. Les établissements sont tenus d'offrir des programmes d'éducation, des programmes d'emploi et d'employabilité et des programmes sociaux qui sont jugés essentiels pour les efforts du SCC visant la réinsertion sociale sûre et réussie des délinquantes.

PROGRAMMES D'ÉDUCATION ET PROGRAMMES D'EMPLOI ET D'EMPLOYABILITÉ

Programmes d'éducation

L'éducation est un programme essentiel si on veut aider les délinquantes à devenir des membres productifs de la société. Les établissements sont tenus d'offrir des programmes d'éducation conformément à la Directive du commissaire 720 sur l'éducation des délinquants. L'objectif de la DC 720 est de : « Fournir aux délinquants des programmes d'éducation sanctionnés ou certifiés par la province qui répondent aux besoins cernés chez les délinquants en matière d'éducation et qui les aident à réintégrer la collectivité comme citoyennes respectueuses des lois. » Le but visé est d'encourager activement les délinquantes à terminer leur 10e année comme condition préalable d'emploi, pendant la durée d'une peine de ressort fédéral. Cela n'empêche pas la participation à des affectations d'emploi également.

Dans tous les établissements pour délinquantes, celles-ci peuvent terminer des programmes d'éducation sanctionnés ou certifiés par la province.

Le programme Les clés de l'alphabétisation de la famille propose une approche originale et souple de l'alphabétisation tout en facilitant l'apprentissage, et il est étroitement lié aux programmes de compétences parentales. Le programme vise à lier l'alphabétisation aux compétences parentales et à encourager des attitudes et comportements familiaux constructifs. Il s'agit d'un programme d'alphabétisation qui renforce et enrichit les capacités de lecture et d'écriture.

Programmes d'emploi et d'employabilité

L'emploi représente un défi unique pour les femmes, car elles sont confrontées à un double obstacle : elles possèdent un casier judiciaire et appartiennent à des groupes défavorisés sur le plan social au chapitre de l'accès à un emploi valable. Par conséquent, on a besoin de programmes d'emploi et d'employabilité non pas seulement en établissement, mais également dans la collectivité.

L'employabilité est un important facteur déterminant dans la promotion de la réinsertion sociale réussie. La responsabilité collective du SCC est de veiller à ce que les délinquantes soient prêtes à occuper un emploi. Pendant leur incarcération, les délinquantes doivent avoir l'occasion d'acquérir des compétences relatives à l'employabilité, d'acquérir une expérience de travail attestée, de comprendre, en en faisant l'expérience, les attentes de rendement des employeurs du secteur privé sur les plans du rythme et de la qualité du travail, des heures de travail, etc. Une fois dans la collectivité, les femmes ont besoin d'aide et de soutien pour décrocher un emploi valable. À cette fin, il faut orienter les délinquantes vers les centres d'emploi dans la collectivité, s'il y a lieu et au moment approprié, selon leurs besoins.

Les programmes de formation professionnelle durent généralement trois mois et sont accrédités par un tiers. Ils permettent aux femmes d'acquérir des compétences professionnelles qui les prépareront à obtenir un emploi en établissement ou dans la collectivité. Les programmes de formation professionnelle destinés aux délinquantes doivent fournir une formation d'un volume, d'une intensité et d'une qualité suffisants dans un emploi qui prépare au marché du travail. Le test d'orientation professionnelle est exigé pour les femmes qui satisfont aux critères. Dans la mesure du possible, les résultats du test doivent être appariés aux débouchés appropriés en établissement.

Les établissements sont tenus d'offrir des possibilités d'emploi aux délinquantes.

PROGRAMMES SOCIAUX

Programme d'acquisition des compétences parentales

Le Programme d'acquisition des compétences parentales a été conçu d'après des Lignes directrices de 1995 (Lignes directrices sur les programmes de compétences parentales destinés aux femmes purgeant une peine fédérale). Les lignes directrices ont été élaborées de façon à aider le SCC à préparer, élaborer, mettre en œuvre et évaluer des programmes d'acquisition de compétences parentales pour les délinquantes. Elles ont également été prévues pour aider les concepteurs de programmes à concevoir et à offrir une documentation qui correspond le mieux aux besoins d'une population particulière.

En 1999, une étude fondée sur une révision des évaluations initiales des délinquantes à l'admission a constaté que 81,2 % des délinquantes ont ou ont eu des enfants. Un grand nombre d'entre elles s'inquiètent parce qu'elles ont perdu la garde d'un ou de plusieurs enfants, et elles disent que le contact avec leurs enfants, peu importe leur âge, est essentiel à leur bien-être personnel.

Les programmes d'acquisition de compétences parentales les plus prometteurs permettent aux mères et aux enfants d'établir ou de rétablir leurs liens, dans certains cas, au moyen de contacts à long terme. Le plus souvent, ces programmes comprennent des visites par les enfants. Ces visites favorisent l'établissement ou le rétablissement de liens positifs entre les mères et les enfants; lesquels liens sont reliés aux principes de la théorie relationnelle. En encourageant les femmes à établir des liens positifs avec leurs enfants, les programmes donnent des avantages considérables : des mères plus stables peuvent, après avoir réglé leurs problèmes avec le système de justice pénale, être des modèles prosociaux pour leurs enfants.

Par conséquent, les établissements pour délinquantes sont tenus d'offrir des programmes d'acquisition des compétences parentales.

Programme mère-enfant

Un programme unique destiné aux délinquantes est le Programme mère-enfant. D'après la Directive du commissaire 768 sur le Programme mère-enfant en établissement, ce programme vise à « créer un milieu favorisant le maintien et le développement de la relation mère-enfant ». La considération première est le bien-être de l'enfant dans toutes les décisions relatives à la participation au Programme mère-enfant. Il faut notamment garantir la sûreté et la sécurité ainsi que le bien-être physique, affectif et spirituel de l'enfant. Les établissements sont tenus d'offrir le Programme mère-enfant aux détenues admissibles. Toutefois, le respect de cette exigence dépend de la disponibilité de locaux à long terme.

Programme d'intégration communautaire

Le programme d'intégration communautaire a été conçu pour aider les délinquantes à effectuer la transition vers la collectivité en leur proposant une information pertinente. Il vise les objectifs suivants : donner de l'information factuelle sur la vie dans la collectivité; influencer l'état de préparation des participantes à s'intégrer dans la société; atténuer les tensions liées à la vie dans la collectivité; donner aux participantes l'occasion d'évaluer objectivement leur mode de vie; influencer la motivation de la réussite; cerner et définir des objectifs qui aideront à progresser sur le plan personnel; renforcer la prise de conscience des obstacles dans la poursuite des objectifs; familiariser les participantes avec les possibilités d'action positive; leur faire mieux connaître les ressources précieuses qui existent dans la collectivité. Le Programme d'intégration communautaire doit être offert à toutes les délinquantes, soit en établissement ou dans la collectivité.

Choisir la santé dans les prisons (CSP)

Le programme Choisir la santé dans les prisons a été élaboré dans le but d'éduquer les délinquantes sur divers sujets liés à la santé afin qu'elles puissent faire des choix sains. Durant le programme, plusieurs sujets sont abordés, notamment la gestion du stress, l'importance de faire de l'exercice, les différents types de maladies infectieuses et les renseignements sur la nutrition.

Le programme Choisir la santé dans les prisons comprend neuf sections qui sont constituées de huit thèmes d'atelier individuel. Les séances durent une heure. Les exposés écrits de l'atelier durent une demi-heure et visent à favoriser la discussion.

Programme d'entraide des détenues

Le Programme d'entraide des détenues, qui repose en partie sur la théorie relationnelle, est un programme national qui fait appel aux détenues. Des détenues offrent un soutien à d'autres détenues. Les libérées conditionnelles peuvent offrir un soutien semblable à d'autres libérées conditionnelles dans la collectivité. Les membres de l'Équipe d'entraide sont bénévoles et acceptés en fonction de leurs qualités personnelles et reçoivent une formation pour offrir des services de soutien à leurs pairs. Des évaluations récentes ont montré que les délinquantes qui suivent cette formation se sentent responsables. En outre, les recherches ont établi la valeur de ce programme comme moyen de créer un milieu sûr et sécuritaire dans les établissements.

Programme d'initiation aux loisirs

Le Programme d'initiation aux loisirs est un programme national conçu au niveau local par les établissements. Il fait la promotion de la santé, du mieux-être et de la saine alimentation. Les activités de loisirs et la participation avec et dans la collectivité sont un sujet important de préoccupation pour les délinquantes.

Programme Option-Vie

Contrairement à la plupart des délinquantes, celles qui sont condamnées à perpétuité n'ont pas de date de mise en liberté déterminée. Le programme Option-Vie est un service novateur offert en partenariat par le SCC, la Commission nationale des libérations conditionnelles et des organisations non gouvernementales. Il s'agit d'un concept correctionnel qui fait participer des femmes et des hommes condamnés à perpétuité mais libérés sous condition, qui ont réussi à bien fonctionner dans la société depuis au moins cinq ans. La mission du programme Option-Vie consiste à motiver les détenues et à mobiliser des ressources en vue de la réinsertion sociale progressive sous surveillance en ayant recours aux services d'intervenant(e)s accompagnateur(trice)s et aux services communautaires. On recrute des intervenant(e)s accompagnateur(trice)s qui retournent dans l'établissement pour contribuer à l'élaboration des programmes pour les détenues condamnées à perpétuité, aider à motiver les détenues, les aider dans leur réinsertion sociale et contribuer ainsi à la sécurité du public

Le programme Option-Vie est diffusé au moyen des trois composantes clés suivantes : services d'intervenant(e)s accompagnateur(trice)s, programmes et services offerts dans la collectivité et sensibilisation du public. Les intervenant(e)s accompagnateur(trice)s s'emploient à aider d'autres condamnées à perpétuité à réaliser des activités productives pendant leur incarcération. Les programmes et services communautaires visent à aider les condamnées à perpétuité dans leur réinsertion sociale au moment de leur libération. Les intervenant(e)s accompagnateur(trice)s et d'autres membres du partenariat (SCC, CNLC et organismes communautaires parrains) organisent des rencontres avec des groupes d'intérêt en vue de mieux faire connaître au public le concept des services correctionnels efficaces et humains ainsi que la situation des condamné(e)s à perpétuité, ce qui permet d'obtenir en retour l'appui de la collectivité. Ils font également de la prévention auprès des jeunes en leur parlant des moyens qui sont à leur disposition pour ne pas tomber dans la toxicomanie ou le crime et en proposant des modèles de comportement positif.

Spiritualité et services de spiritualité

La spiritualité est un élément clé pour toutes les femmes : elle influe sur leur perspective de la vie, sur leur confiance en soi, leur but, leurs valeurs morales et éthiques et, en dernière analyse, sur leurs choix . De plus, la spiritualité est fortement liée au chagrin et à la perte, ce qui constitue un aspect important du ministère de l'aumônerie.

Le Comité interconfessionnel de l'aumônerie agit à titre consultatif auprès du SCC et veille à ce que les délinquants aient accès à des soins religieux et spirituels qui répondent aux normes acceptables. Le service d'aumônerie offert aux femmes est représenté au Comité interconfessionnel. Les croyances et pratiques spirituelles sont souvent liées de près à la culture personnelle, et c'est un besoin à satisfaire. Pour s'acquitter de l'obligation d'offrir des services spirituels, le SCC tient compte de divers facteurs : prescriptions alimentaires, écritures sacrées, jours différents de culte, pratiques de culte différentes, dirigeants religieux ou spirituels divers. Le Manuel sur la satisfaction des besoins religieux et spirituels au SCC fournit des indications et offre une orientation relativement aux normes communautaires, outre ce que l'on peut retrouver en milieu carcéral. Grâce à la liaison avec les bénévoles et les groupes confessionnels dans la collectivité, le SCC s'efforce de répondre aux besoins multiconfessionnels des délinquantes en offrant un soutien par l'entremise du groupe confessionnel.

Les délinquantes autochtones ont accès à des Aînés, et à des activités sociales traditionnelles, culturelles et spirituelles.

Les aumôniers communautaires offrent des initiatives innovatrices et positives qui aident les femmes à réussir leur réinsertion sociale en toute sécurité. Mentionnons, entre autres, les cercles de soutien. Idéalement, les cercles commencent pendant l'incarcération de la femme et se poursuivent bien après la mise en liberté de la femme dans la collectivité. Cette aide prend la forme du mentorat, du soutien par les pairs et du soutien pratique. Les cercles aident bon nombre de femmes à ne pas retourner en prison.

Programme de dressage de chiens

Le Programme de dressage de chiens proposé dans certains établissements pour délinquantes s'est avéré bénéfique à bien des égards. Les participantes peuvent acquérir des compétences très spécialisées dans le dressage pour offrir des services utiles dans la collectivité, acquérir une compétence qui peut les aider à trouver un emploi valable et leur permettre d'utiliser les compétences acquises dans les programmes correctionnels. Par exemple, la détenue qui travaille comme maître-chien obtient de nombreux avantages, car elle :

  • Contribue à la société en sauvant un chien indésirable et en le dressant;
  • Vit une relation d'acceptation totale et exempte de jugement;
  • Est exposée à un autre groupe affranchi en dressant un chien de soutien;
  • Devient habile en analyse du comportement—conditionnement opérant, un système de dressage fondé sur la récompense;
  • Pratique l'auto-discipline et l'établissement de limites;
  • Apprend à mettre fin à une relation de manière saine;
  • Apprend à respecter les efforts et les réussites d'autrui.

Réadaptation par les loisirs

La réadaptation par les loisirs fait appel aux services de loisirs pour des interventions réfléchies sur quelques comportements physiques, émotifs, cognitifs ou sociaux afin d'amener des changements et de promouvoir la croissance et l'épanouissement personnel. Cette réadaptation encourage les délinquants à acquérir des compétences, une sensibilisation, des connaissances nécessaires pour des activités de loisirs (lancement, planification, participation) et conserver un mode de vie enrichissant et autonome. Cela devient un facteur important de la maîtrise de soi et de la prévention des rechutes. Les types d'activités facilitées par le ludothérapeute comprennent les arts et artisanat, la musique, les jeux et le conditionnement physique.

Programme d'horticulture

L'horticulture est proposée dans certains établissements pour délinquantes. L'objectif du programme est double : favoriser l'épanouissement personnel par la connaissance de soi et le travail avec d'autres; favoriser l'acquisition de connaissances et de l'autonomie. Les connaissances horticoles et la capacité d'organiser le travail préparent mieux les délinquantes à occuper un emploi

Arts et artisanat

Tous les établissements reconnaissent les arts et artisanat comme une activité de loisir valable. La Directive du commissaire 760 sur les activités de loisir est le document de politique qui permet d'offrir les activités artistiques et artisanales aux populations carcérales.