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La colère et les autres émotions chez les femmes: Analyse de la littérature

La colère chez les femmes incarcérées

Au cours d’une étude qui portait sur le suicide chez les femmes incarcérées qui étaient membres de la collectivité des premières nations, Grossmann (1992) remarque que le rôle du milieu carcéral, ainsi que celui des caractéristiques personnelles conservées par les femmes à l’intérieur même de la prison, constituent des facteurs importants pour une compréhension et un moyen potentiel de diminuer les taux de suicide chez ces détenues. Il est possible d’engager une analyse similaire au sujet de l’expression de la colère chez les femmes incarcérées. Sommers (sous presse) présente les récits personnels de femmes faisant état de leur comportement quand elles enfreignent la loi. D'après cette étude, les femmes reconnaissent quatre raisons : "le besoin, la séparation et l’influence des autres, la colère évidente et la crainte" (p.19). Faily et Roundtree, ont de leur côté étudié en 1979 les transgressions des règlements à l’intérieur d'une population de femmes incarcérées, et ont ainsi confirmé que "les caractéristiques, les expériences et les comportements des femmes criminelles avant l’incarcération influencent de façon considérable leur comportement en prison" (p.86). La fréquence antérieure d'abus physique ou sexuel (Grossmann, 1992; la société Elizabeth Fry, 1994; Katz et Hall, 1994; Singer et al., 1995), le manque de soutien social, une séparation forcée de leurs enfants (Flowers, 1987; la société Elizabeth Fry, 1994; Katz et Hall, 1994), et le taux élevé de consommation d’alcool et de drogues, comptent parmi les facteurs qui montrent la détresse dans laquelle les femmes se trouvent lorsqu’elles sont mises en état d’arrestation. Ces "facteurs psychologiques, économiques, sociaux, judiciaires et historiques" (Gwynn, 1993, p.103) viennent aggraver les conditions sévères que les femmes doivent affronter : un milieu "accablé de conflits préexistants" (Rucker, 1991) et où la rivalité domine. Les conditions de cet environnement incitent à l’abus de pouvoir et de contrôle, à la coercition et à la méfiance. D’autres facteurs qui contribuent à la colère chez les femmes incarcérées, proviennent de l’attitude soupçonneuse et méfiante de la part du personnel de sécurité, ainsi que la mise en application inconsistante des règlements (Rucker, 1991).