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Programmes pour les délinquantes

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La colère et les autres émotions chez les femmes: Analyse de la littérature

Recommandations concernant l’élaboration de nouveaux programmes

Les recommandations qui suivent ont été formulées à partir de la documentation relevée dans la littérature traitant du sujet, et sont destinées à l’élaboration de futurs programmes :

1. Une compréhension du programme dans son ensemble est nécessaire : cela comprend la colère/agression chez les femmes, l’une et l’autre considérées en soi, et nettement démarquées de ce qui est compris de l’expérience de la colère/agression chez l’homme; une compréhension des circonstances culturelles, sociales et psychologiques entourant la colère/agression.

2. La prise en compte du milieu socioculturel ethnique et racial, qui reconnaît la nécessité de préserver le caractère unique des influences culturelles dans leur variation.

3. Un programme devrait encourager les représentations de la colère reconnue distincte de l’agression chez les femmes.

4. Afin de faciliter une perception saine de l’expression de l’émotion; le milieu social de la colère chez la femme devrait être mis en valeur en soulevant la question de la façon négative dont est vue dans la culture la communication directe de la colère des femmes. La colère chez les femmes doit être reconnue en tant qu’élément visible et légitime.

5. Les programmes pourraient être plus efficaces s’ils faisaient intervenir une approche de groupe multidimensionnel associée à l’approche cognitive-relaxation pour les aptitudes sociales et l’apprentissage de méthodes de résolution de problèmes. Le programme doit offrir une certaine flexibilité, et permettre ainsi la discussion de problèmes personnels au moment où les membres du groupe en manifestent le besoin.

6. Il est extrêmement conseillé d’utiliser le rôle puissant du conte (Estés, 1992) afin de susciter le changement. L’approche du conte peut être incorporée dans toute forme de programme.

7. Le programme doit être offert sous forme intensive, autrement dit, des séances de groupe quotidiennes de trois heures, données sur une période d’une semaine, et de préférence deux, pour disposer ainsi du temps nécessaire pour la réalisation de la confiance élémentaire indispensable afin que la cliente puisse révéler des émotions personnelles.

8. S'il n'est pas possible d'offrir des séances de groupe quotidiennes, il faut proposer une alternative en organisant différemment le programme. Lorsqu’il est question de faciliter des situations dans lesquelles les solutions où "tout le monde est gagnant" peuvent être suscitées, et où la maîtrise progressive de la confiance est possible, il est alors recommandé de faire appel à des exercices expérientiels de construction de confiance dont l’objectif principal est l'expérience personnelle, et également d’utiliser la discussion des émotions. Il est suggéré comme approche optimale, que l'on emploie des séances de groupe intensives de trois jours, ensuite dix séances de suivi mensuelles de deux heures chacune.

9. Les excursions dans des régions reculées se présentent comme une possibilité bien distincte, dans la mesure où ce type de programme met surtout l’accent sur la construction de relations positives, la recherche de niveaux supérieurs de l’estime de soi et de confiance, une maîtrise positive du stress, et pour finir, une approche non-violente et créatrice à la résolution de problèmes.

10. Les groupes devraient bénéficier d’un deuxième soutien constitué par des femmes chefs ne vivant pas dans un milieu carcéral. Ces femmes doivent démontrer certaines compétences particulières à la compréhension des émotions, et savoir comment se développent les émotions, comment elles se retrouvent refoulées, et comment elles sont exprimées chez les femmes.

11. Il faut reconnaître que très souvent, les émotions sous-jacentes à une colère profonde sont la douleur, la perte et le chagrin associés à des traitements antérieurs violents. Les animatrices doivent faire preuve de grandes aptitudes lorsqu’elles abordent les problèmes reliés à un trauma physique, émotionnel, ou sexuel survenu tôt dans la vie des femmes.

12. Les animatrices doivent faire preuve de sensibilité et d’une grande connaissance des situations où les femmes ont perdu ou renoncé à la garde de leurs enfants.

13. Une attention particulière doit être consacrée à distinguer le traitement des femmes sujettes à la colère du traitement destiné à celles qui refoulent leur colère.

14. La décharge de la colère devrait être considérée avec la plus grande prudence.

15. Des séances d’orientation intensives au sujet du programme devraient être effectuées en collaboration avec le personnel de sécurité pour faciliter une approche coordonnée, une compréhension des problèmes fondamentaux soulevés par les femmes, et une connaissance des principes sous-jacents au programme.

16. Une priorité devrait être consacrée à l’importance des relations avec les conjoints, les enfants et les amis; il est essentiel de reconnaître la validité et accepter les relations hétérosexuelles et homosexuelles.

17. Un programme de visite des enfants est conseillé afin que soient maintenus les liens entre mères et enfants pendant toute la peine carcérale. Un tel programme devrait idéalement se dérouler en plein air.