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Programmes pour les délinquantes

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Comprendre la violence exercée par des femmes : Un examen de la documentation

Mesures et instruments

Instruments d'évaluation élaborés pour les femmes

Dans ce domaine, il n'y a à peu près rien à mentionner à propos des mesures et des instruments concernant les femmes. La plupart des instruments de mesure ou des évaluations se rapportant aux domaines de la gestion de la colère, de l'évaluation du risque et du besoin de la prévision du risque, de la violence et des voies de fait en établissement, sont basés sur les hommes ou se référent à des populations d'hommes.

Thomas (1993) souligne de manière semblable que les instruments de mesure de la colère des femmes n'ont pas encore été élaborés. « La plupart des instruments de mesure de la colère en usage actuellement ont été élaborés par des hommes (par exemple, Spielberger et al., 1983) et une méthode répandue d'élaboration d'instruments a emprunté des articles d'instruments élaborés antérieurement. » (p. 261) Personne ne considère les récits personnels des femmes sur la façon dont elles se sentent lorsqu'elles sont en colère. Thomas souligne ainsi que la plupart des instruments donnent « frapper », comme une expression de colère, mais jamais pleurer, une réponse communément obtenue des femmes, lors de son étude.

La plupart des systèmes de classification des établissements concernant l'évaluation du risque et du besoin, également fondés sur des populations d'hommes, sont américains. Les évaluations de leur pertinence pour des délinquantes femmes indiquent que, immanquablement, elles surclassent les femmes sur le plan de la sécurité (ce qui est vrai également pour le Canada), n'ont pas été adaptées pour convenir aux populations de femmes ni validées pour elles (Nesbitt and Argento, 1984; Burke and Adams, 1991; Shaw, 1991 (a)). Plusieurs de ces échelles insistent d'abord sur la sécurité et le risque plutôt que sur le besoin, bien que l'on reconnaisse que les femmes sont beaucoup moins violentes que les hommes, en prison ou au dehors. Dans une discussion à propos de la classification de la sécurité dans les prisons novatrices pour femmes aux États-Unis, Axon (1989, p. 72) signale qu'elle était regardée comme « une question très simple avec les délinquantes femmes » et qu'elle ne demandait pas un système de classification très perfectionné.

On a fait quelques essais d'application à des populations de femmes des prédicteurs de risque existants, utilisés pour les hommes. Loucks et Zamble (1994) mentionnent les constatations préliminaires de cette étude de détenues sous responsabilité fédérale. Simourd et Andrews (1994), dans une méta-analyse des études de la délinquance, ont trouvé que les facteurs de risque étaient identiques pour les hommes et pour les femmes. Bonta, Pang, Wallace-Capretta (sous presse) signalent l'examen des études de prévision fait par Gendreau et al. (1992), qui a démontré que très peu d'études ont inclus les populations de femmes. Leur propre étude, appliquant l'échelle d'ISR (échelle d'information statistique sur la récidive) utilisée pour la prévision de liberté conditionnelle fédérale pour des détenues sous responsabilité fédérale, a trouvé que la plupart des femmes étaient classifiées à faible risque et qu'il n'y avait qu'une association modérée avec la récidive. Un certain nombre de facteurs de risque qui permettent de prévoir la récidive des hommes sont inefficaces lorsqu'il s'agit des femmes. Leur tentative d'inclure des facteurs plus appropriés aux délinquantes femmes n'a pu donner davantage de résultats positifs. Et finalement, Coulson (1993) a signalé l'emploi de l'inventaire du niveau de supervision pour prévoir la récidive de détenues sous responsabilité provinciale, en Ontario. Il conclut que l'inventaire semble être utile pour sélectionner les femmes à risque élevé et à risque faible, en vue d'une libération conditionnelle et de placement en maison de transition. Cependant, l'étude démontre pour les femmes un pointage de risque en moyenne beaucoup plus faible, par comparaison avec les détenus sous responsabilité provinciale en Ontario.

 

Instruments d'évaluation élaborés pour les femmes

En reconnaissant le besoin d'élaborer des instruments davantage basés sur les femmes, Scarth et McLean (1993) ont proposé d'utiliser la connaissance personnelle des femmes pour contribuer à l'élaboration d'un inventaire des aptitudes et des besoins psychologiques des femmes. Ils soulignent plusieurs problèmes soulevés par les évaluations traditionnelles qui n'arrivent pas à tenir compte de l'expérience des femmes en tant que femmes. À part une évaluation des besoins de traitement des femmes ayant des problèmes de toxicomanie, élaborée également à la Prison des femmes (Lightfoot and Lambert, 1991, 1992), il semble que peu de progrès aient été faits dans ce domaine jusqu'à présent. Cette étude fait ressortir le fait que l'on n'a pas diagnostiqué que plusieurs femmes dépendaient de la drogue ou de l'alcool, ni qu'elles infligeaient de mauvais traitements, bien qu'une sérieuse détérioration mentale ait été signalée le jour de leur infraction (Lightfoot and Lambert, 1992), soulignant ainsi les limites des systèmes de classification normalisés.

Dans l'ensemble, la taille d'un établissement, ses objectifs généraux et les caractéristiques de ses détenues semblent bien être des facteurs importants dans la détermination du risque. La population de détenues sous responsabilité fédérale et les nouvelles installations seront très petites, comparées à de nombreux établissements d'États et fédéraux des États-Unis, ainsi qu'aux établissements pénitentiaires du Canada. À cause de la règle des deux ans, une proportion élevée des populations de femmes condamnées pour meurtre ou homicide involontaire coupable, sont probablement des délinquantes primaires et ont peu de chance de récidiver. Puisque l'attention générale recherchée dans La création de choix se veut centrée sur les besoins des femmes, on peut se demander si un instrument de classification élaboré d'abord pour la prévision du risque peut être utile. De plus, comme le souligne la section précédente, le comportement en établissement, qui est souvent utilisé pour classifier le risque, est basé sur le comportement individuel, sans évaluer le rôle de l'établissement lors d'un événement.