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Programmes pour les délinquantes

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Étude sur le programme mére-enfant

Introduction

Le petit nombre de femmes purgeant une peine fédérale (FPPF) a fait que cette population n'a pas été la cible d'un grand nombre d'expériences novatrices. Elle n'a pas fait non plus l'objet d'interventions préventives adaptées à leurs besoins spécifiques. Citons entre autres le fait que les deux tiers des femmes incarcérées sont des mères souvent monoparentales ayant de jeunes enfants de moins de cinq ans dont elles sont le seul soutien et l'épreuve que constitue pour elles et leurs enfants le fait de vivre séparés. Pourtant, "le développement de la compétence parentale et l'établissement de la relation mère-enfant sont à la fois des caractéristiques et des attentes sociales à l'endroit de toutes les mères y compris celles qui présentent des difficultés graves d'adaptation" CRJ (1992). Lorsque l'on comprend ce fait social et ce qu'il implique, il devient impérieux de rechercher de nouvelles stratégies mieux adaptées à la culture et aux besoins spécifiques des mères PPF et à ceux de leurs enfants.

Après avoir ciblé ce grave problème que constitue la séparation mère-enfant et les préoccupations qu'elle entraîne, compte tenu du nombre élevé de mères chez les FPPF, un groupe d'étude (1990) s'est penché sur cette réalité. On a reconnu le manque dans le développement de programmes et de services et plus encore, au niveau de l'évaluation de ces programmes lorsqu'ils existent.

La majorité des programmes existants s'inscrivent en effet dans le cadre de programmes de visites publiques (programme de garde) ou de séjours occasionnels ou à temps partiel en établissement ou en centre de probation. Dans le cas où des programmes de séjour à temps plein existent effectivement, citons entre autres le cas des pouponnières à long terme en milieu carcéral, ils ont été "marqués par la controverse". Celle-ci découlait en partie du manque d'information objective ou des divergences d'opinions en ce qui concerne le développement des liens affectifs. Cannings (1990). D'un autre côté, le manque d'évaluation systématique de ces programmes a fait de la cohabitation mère-enfant en milieu carcéral (de longue ou de courte durée), un phénomène paradoxal. Il existe pourtant des données qui démontrent comment des programmes bien structurés peuvent produire un effet préventif.

Une des recommandations du Groupe d'étude (1990) vise à permettre aux femmes de cohabiter avec leurs enfants à temps plein ou à temps partiel dans l'établissement où elles sont amenées à séjourner sous réserve d'un certain nombre de conditions et critères. Cette recommandation a été acceptée par le gouvernement. Plusieurs points nécessitaient néanmoins d'être approfondis, notamment: les étapes critiques du développement de l'enfant, les conditions essentielles à son bien-être, l'impact du contexte sur son développement, les suggestions et les solutions à y apporter, la pertinence de mettre en place des programmes d'acquisition de compétences parentales pour les bénéficiaires et de former le personnel.

Le présent document a donc été élaboré dans le but d'approfondir ces questions. Il sera aussi l'occasion de situer le programme mère-enfant dans le cadre de l'aménagement et du fonctionnement des établissements pour FPPF. Ce document se veut un complément à ce qui existe déjà. Il ne reprendra donc pas tout ce qui concerne l'infrastructure déjà abondamment exposée dans le plan opérationnel. Il se divise en quatre volets. Le premier porte sur les stades du développement de l'enfant et ses besoins fondamentaux; le deuxième s'attachera à situer le programme dans le contexte de l'aménagement et des services pour FPPF; le troisième portera sur la prévention et le quatrième présentera quelques suggestions pour rendre le programme plus efficace.