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Programmes pour les délinquantes

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Étude sur le programme mére-enfant

Troisieme volet
Prévenir : Un objectif à viser

A. Le concept de négligence
B. Les différentes sortes de négligence
C. L'identification des situations de négligence
D. Les cause de la négligence
E. Les modèles de traitements et services

Comme on a pu le constater, le processus du développement de l'enfant entre zéro et six ans est un phénomène "complexe". Les théories dans ce domaine sont nombreuses et aucune n'est vraiment complète. Cloutier et Renaud (1990).

Une question fondamentale se pose. Comment en effet peut-on s'assurer que l'enfant entre zéro et six ans développera normalement ses capacités physiques, cognitives, affectives et sociales? Cette question demeure fondamentale pour tous les parents mais aussi pour tous les éducateurs ou intervenants qui oeuvrent auprès des jeunes enfants quelle que soit leur "situation de vie". Elle prend une connotation particulière lorsqu'on veut substituer le milieu familial par un milieu de garde en établissement de réadaptation tel que le SCC. Comment en effet aider l'enfant à se développer normalement lorsqu'il est séparé du milieu où la majorité des enfants sont traditionnellement gardés soit le milieu familial naturel?

Plusieurs interrogations et de nombreuses controverses au sujet de la garde des jeunes enfants dans des milieux substituts (crèches, services de garde, foyer d'accueil, etc.) et des effets sur le développement de l'enfant, particulièrement sur le développement social et son adaptation ont été soulevées. Les résultats des études dans ce domaine manquent de cohérence et sont encore difficiles à interpréter surtout lorsqu'il s'agit des effets sur l'enfant. Van Crombrugge et Vandemeulebroecke (1994). "Ceci est étonnant", disent les auteurs, "parce que les effets négatifs sur le développement social sont des plus évidents lorsqu'il s'agit de crèche". Les auteurs se basent sur une étude fort intéressante de Belsky (1988) sur le réseau restreint de contacts pour l'enfant dans de tel contexte: Encore une fois, il n'y a pas de consensus sur ce qui est "vraiment bon" pour un enfant dans ces contextes.

Malgré les divergences, les auteurs s'entendent tout au moins sur un plan: la prévention de la négligence et des abus. "La prévention permet de réduire chez l'enfant les déficits et les retards". Turisse et Blouin (1994). Les auteurs insistent sur le rôle des parents dans cette démarche, "ils doivent demeurer les éducateurs de première ligne; ils doivent aussi savoir comment dépister les problèmes avant que ceux-ci ne deviennent trop sérieux".

De nombreuses interrogations ont en effet été soulevées par rapport aux risques de la négligence et des mauvais traitements à l'égard des enfants, particulièrement chez les enfants entre deux et cinq ans dans les milieux à risque. Ce type d'études est abondamment cité dans les manuels de psychologie du développement de l'enfant. Beaucoup d'auteurs se sont penchés sur cette problématique particulièrement sur celle qui concerne la négligence affective plus difficile à évaluer et à mettre en évidence.

Le peu de données disponibles ne permet pas encore d'affirmer avec certitude que la garde d'un enfant avec sa mère en établissement peut exercer une influence nuisible à l'épanouissement de l'enfant et conduire à des comportements de négligence à cet égard. Ceci devrait cependant faire l'objet de recherches subséquentes. Néanmoins, plusieurs dimensions sont retenues en tant que facteurs de risque. Ces dimensions mettent en cause des caractéristiques personnelles des mères et des enfants et celles des contextes situationnels. Dans cette perspective, un certain nombre de programmes ont vu le jour depuis les deux dernières décennies. De façon générale, leur application est prévue en milieu familial. Ils prennent de plus en plus la forme de soutien social non-professionnel aux parents, surtout aux mères. Les objectifs de ces interventions sont de soutenir la mère dans son rôle parental, prévenir le développement de problèmes de toutes sortes chez l'enfant et favoriser le développement de la relation parent-enfant.

Cet intérêt social vis-à-vis de la prévention de la négligence et des abus à l'égard des enfants dans les milieux à risque élevé exige qu'on lui accorde ici une attention spéciale. Il appartiendra ensuite aux services correctionnels d'être vigilants par rapport à ce problème et d'intervenir si des problèmes existent et surtout, de mettre tout en place pour les prévenir.

Cette section vise donc à identifier la nature de ce problème et les moyens disponibles actuellement pour permettre de minimaliser les effets négatifs d'un milieu autant sur l'enfant que sur la relation mère-enfant.

 

A. Le concept de négligence

[ Les données présentées dans les sections A., B., C., D., et E. sont tirées du Rapport d’évaluation du projet "Connexion" par Labreque, R. et Guédon, M.C., Bérubé, D. (1995) et de Guédon, Bélanger, Bérubé, Rousseau (1989).]

La négligence à l'égard des enfants est l'une de ces réalités facilement saisies par le bon sens, mais qui défie toute définition précise dès qu'on veut les opérationnaliser de façon objective à des fins d'intervention ou de prévention. Les auteurs qui ont étudié cette problématique soulignent toutes les difficultés inhérentes à son identification et à son évaluation (entre autres Coulborn-Faller (1981); Giovannoni et Becerra (1979); Helfer (1987); Maidman (1984); Mayer-Renaud et Berthiaume (1986); Polansky et al. (1981)).

L'une des meilleurs définitions de la négligence, de l'avis de plusieurs spécialistes, est celle qui a été proposée par Polansky et son équipe. Ceux-ci décrivent la négligence comme suit:

C'est une situation dans laquelle le parent ou le responsable de l'enfant, délibérément ou par inattention extrême ou ignorance, permet que l'enfant souffre d'une condition présente de laquelle il pourrait être soustrait et/ou ne lui procure pas les éléments jugés essentiels pour le développement de ses capacités physiques, intellectuelles et affectives. (Polansky et al. (1981).

La négligence se définit donc en référence à l'enfant et aux circonstances dans lesquelles il est amené à vivre, soit par une carence plutôt que par rapport aux motivations ou aux caractéristiques des personnes qui en sont responsables (habituellement les parents).

Beaucoup d'auteurs ne font pas de différence nette entre négligence et abus et englobent les deux dans la même problématique, soit celle de la maltraitance envers les enfants. Une distinction sémantique existe. Ainsi, on s'accorde à reconnaître que la négligence concerne une omission de soins alors que l'abus se réfère plutôt à la commission d'actes nuisibles à l'enfant, notamment de violence. En outre, certains indices militent en faveur d'une étiologie différente des deux problématiques. Ainsi plusieurs auteurs, comme Kadushin (1974), sont d'avis que la négligence est plus souvent liée que l'abus à des facteurs de stress externe, alors que l'abus relèverait davantage de facteurs de stress interne. Comme le font remarquer les experts de la récente commission d'enquête sur les services de santé et les services sociaux québécois (Commission Rochon), le débat à ce sujet n'est pas encore tranché (dossier enfants 0-11 ans, 1986). Si certaines situations relèvent clairement de l'une ou de l'autre problématique, d'autres sont beaucoup plus ambiguës. Il y a parfois un recouvrement entre négligence et abus et certaines situations de négligence pourraient facilement s'interpréter comme des agressions déguisées envers l'enfant. En pratique toutefois, on parlera de négligence plutôt que d'abus chaque fois que la carence de soins ne s'accompagnera pas de violence active envers l'enfant.

 

B. Les différentes sortes de négligence

On distingue habituellement plusieurs types de négligence, en se basant sur les domaines concernés par la carence de soins. Après un inventaire de la documentation disponible sur le sujet, Mayer-Renaud et Berthiaume (1985) établissent les catégories suivantes :

Négligence physique : alimentaire (avec retard de croissance chez le jeune enfant), vestimentaire, d'hygiène, de logement, manque de surveillance, manque de sécurité;

Négligence médicale : lorsque l'enfant ne reçoit pas les soins médicaux dont il a besoin;

Négligence affective : froideur, manque d'interactions parents-enfants, manque d'intérêt envers l'enfant, d'attention, de stimulation, interactions surtout négatives;

Négligence éducative : marquée surtout par une attention insuffisante envers les impératifs de la fréquentation scolaire;

Négligence institutionnelle ou communautaire : qui se situe à un autre niveau puisqu'elle se rapporte aux situations ne relevant pas de la responsabilité de la famille de l'enfant.

En fait, deux grandes catégories se dégagent: la négligence physique et la négligence affective. La seconde accompagne fréquemment la première (Coulborn-Faller (1981); Kempe (1987); Maidman (1984); Polansky et al. (1981)). On peut la retrouver à l'état pur et elle est beaucoup plus difficile à évaluer et à mettre en évidence (Cantwell (1980); Cruickshank (1985); Giovannoni et Becerra (1979); Mayhall et Norgad (1983)). Malgré la gravité des conséquences pour le développement de l'enfant, il est difficile d'en faire un élément d'intervention judiciaire (Boehm (1970)).

 

C. L'identification des situations de négligence

Sauf dans les cas extrêmes, l'identification et l'évaluation des situations de négligence à des fins d'intervention posent des problèmes délicats à cause de la mouvance des variables qui s'y rattachent. L'intervention n'est en effet justifiée que si on a des raisons solides de penser que la carence de soins observée porte atteinte ou risque de porter atteinte au développement de l'enfant. Or, la formulation d'un jugement à ce sujet s'entoure d'un halo d'incertitude :

• les connaissances que l'on possède actuellement sur ce qui est vraiment nécessaire au développement d'un enfant sont insuffisantes pour permettre l'établissement de critères indiscutables en la matière;

• les données concernant ce qui est souhaitable, quant à la façon d'élever un enfant, varient d'une culture à l'autre et même d'une époque à l'autre à l'intérieur d'une même culture (Korbin, 1987);

• compte tenu des différences individuelles, il est difficile de prédire l'impact d'une situation donnée sur un enfant donné et, surtout, de formuler des normes générales à cet égard.

Dans notre société, il y a des signes caractéristiques qui permettent de reconnaître une situation de négligence. Il faut admettre, toutefois, que le jugement porté à cet effet découle d'un consensus social par rapport à ce qui est souhaitable pour le bien-être de l'enfant, un consensus qui n'est pas nécessairement partagé par tous les parents. Les questions de valeurs et de culture sont d'une grande importance dans ce dossier. (Gilles et Lancaster (1987), Giovannoni et Becerra (1979), Korbin (1987)). Au Québec, l'article 38 de la loi sur la protection de la jeunesse contient plusieurs dispositions relatives à la carence de soins sous différents aspects: soins physiques et psychologiques, conditions matérielles d'existence, sécurité et surveillance, fréquentation scolaire, entre autres. D'après les enquêteurs de la Commission Rochon, cette interprétation n'est pas univoque et varie selon les directeurs de Protection de la jeunesse (Dossiers enfants 0-11 ans 1986).

 

D. Les cause de la négligence

De multiples facteurs ont été associés à des conditions pouvant entraîner des comportements de négligence envers les enfants. Ils vont de la pauvreté, du fanatisme religieux en passant par l'ignorance des soins à donner aux enfants, des problèmes de santé physique ou mentale, des problèmes de toxicomanie ou d'alcoolisme, un manque de maturité affective des parents, des valeurs particulières par rapport à l'éducation des enfants, une piètre qualité du milieu social environnant, etc. De façon générale, on s'accorde à reconnaître que les comportements de négligence résultent de facteurs internes et externes, soit psychologiques et environnementaux, avec des accents différents sur ces facteurs selon les situations.

 

E. Les modèles de traitements et services

L'examen de la documentation disponible permet de repérer différentes sortes d'interventions visant à prévenir la négligence. Ces interventions ne sont pas mutuellement exclusives et peuvent être entreprises simultanément, ce que recommandent d'ailleurs de nombreux auteurs qui notent que la lourdeur des situations dans certains cas exige que l'on s'attaque à plusieurs problèmes. Nous distinguerons ici trois catégories d'interventions, selon que l'on s'adresse d'abord à l'enfant, à la famille ou au milieu. Toutes ces interventions peuvent être qualifiées de préventives en ce sens qu'elles visent à éviter les situations nuisibles au développement normal de l'enfant. Nous terminerons par le modèle d'intervention et de services du Centre Rosalie Jetté.

1. Retrait de l'enfant et placement dans un milieu substitut

Lorsque les parents d'un enfant ne semblent pas en mesure d'en prendre soin adéquatement, on peut juger opportun de retirer cet enfant à ses parents pour le placer dans un milieu susceptible de mieux répondre à ses besoins. C'était autrefois la solution la plus fréquente. Ainsi, au Québec, "une majorité des enfants ont été retirés de façon quasi-irréversible à leurs parents" (Zeller, 1987).

A l'heure actuelle, les interventions privilégient le maintien de l'enfant avec les parents avec les mesures de soutiens appropriées. Le placement d'enfant dans un milieu substitut n'apparait plus comme une solution valable que s'il est définitif. Par conséquent, il ne peut plus être envisagé que comme une solution de dernier recours lorsque tous les autres moyens ont été épuisés. Tous les auteurs dans le domaine soulignent le fort attachement éprouvé par la plupart des enfants envers leurs parents biologiques même en présence de problèmes familiaux graves et le déchirement que représente pour eux une séparation d'avec la «vraie famille». Il semble que rien ne puisse vraiment guérir la profonde blessure psychologique subie par les enfants abandonnés par leurs parents.

2. Interventions centrées sur la famille

Avec cette politique actuelle de maintien de l'enfant dans son milieu familial, les interventions visant à améliorer la qualité de vie des familles ont pris une importance particulière. Les approches pouvant être utilisées à cette fin varient selon les situations et les causes principales auxquelles on peut attribuer les comportements de négligence: approches thérapeutiques (individuelle, conjugale, familiale) lorsque les comportements sont reliés à des facteurs psychologiques (maladie mentale, immaturité affective, toxicomanie, rejet de l'enfant, etc.), approches éducatives lorsqu'elle est attribuable surtout à de l'ignorance concernant les soins à donner aux enfants (surtout en matière de nutrition), aide matérielle ou instrumentale enfin lorsque la situation dépend surtout de problèmes matériels ou de difficulté d'organisation. Suivant les cas, différents types de ressources peuvent être mis à contribution: professionnels des sciences humaines ou de la santé, éducateurs, groupes communautaires, auxiliaires familiales, aidants non-professionnels, centre de jour, garderie.

3. Interventions centrées sur le milieu.

Les interventions centrées sur le milieu ont démontré que la qualité du milieu social environnant, en particulier, sa capacité de support en regard du stress vécu joue un rôle déterminant dans l'orientation des événements. Dans ce domaine, c'est la combinaison stress et manque de support social qui semble se manifester à l'apparition des problématiques. Ont été soulignés par les auteurs, l'isolement social ou la piètre efficacité du réseau social en matière de support.

Partant de cette constatation, de nombreux spécialistes recommandent, pour prévenir ou diminuer l'incidence de l'abus et de la négligence, d'améliorer la qualité du tissu social et des réseaux de support dans les milieux identifiés comme des milieux à risque. Ainsi selon Frenette (1983), les parents s'adapteront plus facilement à leur rôle si le support social se manifeste dans quatre domaines spécifiques :

• acquisition des connaissances et des habilités requises pour prendre soin d'un enfant;

• validation de leur façon d'être et d'agir avec l'enfant;

• partage des émotions diverses parfois inattendues et intenses qui les envahissent;

• l'accès à des ressources matérielles et humaines répondant à leur situation personnelle.

Frenette relie ces quatre domaines spécifiques à cinq fonctions de support: le support informatif, la rétroaction, le support émotif, le support matériel et l'assistance physique. Lepage et Guay (1984) soulignent que, pour planifier un type d'intervention vraiment approprié à la situation personnelle des parents, il faut pouvoir compléter les cinq niveaux de support par des interventions sur le réseau. Lepage et Guay suggèrent d'analyser le réseau de support des familles à partir des six niveaux d'analyse suivants :

1. Vérifier si les parents ont un réseau de support social.

2. Identifier le type de support que les parents reçoivent :

• de leurs sources d'aide informelle (parenté, ami-e-s, voisin-e-s, etc.)

• de leurs sources d'aide formelle (professionnel-les, CSS, CLSC, etc.)

3. Vérifier si les parents sont satisfaits du support qu'ils reçoivent de leurs réseaux (informel et formel).

4. Identifier les besoins des parents qui ne sont pas comblés par leurs réseaux.

5. Vérifier si les parents utilisent leurs ressources potentielles d'aide.

6. Identifier le type de support que les parents veulent recevoir et les ressources informelles ou formelles qu'ils souhaitent utiliser.

Ce type d'analyse, selon Lepage et Guay (1985), permet d'identifier à la fois les besoins de support des parents, l'aide qui leur est accessible et les moyens qu'ils veulent utiliser pour combler leurs besoins. Il devient alors plus facile de planifier une intervention vraiment appropriée à la situation personnelle des parents.

Ce document est particulièrement important parce qu'il présente des éléments qui sont jugés essentiels aujourd'hui au développement d'une approche écologique du rôle de parent et qui sont utilisés dans la majorité des études évaluatives soit: les supports informatif, émotif, instrumental ou physique, la socialisation et les interventions sur le réseau, les notions de réseau social et de réseau de support, etc. Dans l'objectif d'aider les intervenants à soutenir des parents dans l'amélioration de leur compétence parentale et à intervenir sur le réseau, les types de soutien sont discutés en profondeur. On y présente le ASSIS de Barrera (Arizona Social Support Interview Schedule, 1981), une mesure validée du réseau de support social. Cet instrument a été traduit et adapté pour le Québec par Lepage (1984). L'utilisation de l'aide non professionnelle, les types d'interventions pouvant être dirigées sur le réseau, la création d'un nouveau réseau social et l'utilisation des ressources communautaires et bénévoles y sont aussi présentées. Cette perspective de recherche se retrouve aujourd'hui dans divers programmes d'intervention qui ont été mis en application ces dernières années entre autres:

Le projet «De la visite» qui vise une clientèle de nouveaux parents vivant dans des milieux identifiés «à risque» (prévention primaire). Tout en dynamisant le réseau de soutien de la famille, l'intervenante travaille à développer la compétence parentale de la mère. Évaluée par Durand et al. (1988) l'intervention des mères visiteuses se caractérise par les cinq types de soutien déjà mentionnés: les soutiens affectif, informatif, instrumental et physique et les interventions sur le réseau. Cette intervention a eu des effets positifs sur la relation mère-enfant, sur l'état émotif ou physique de la mère ainsi que sur la relation de couple.

L'amélioration de la qualité du tissu social et des réseaux de support dans les milieux à risque peut se réaliser grâce au développement de projets communautaires, en créant soit des groupes d'entraide, soit différents mécanismes qui favorisent les relations interpersonnelles. C'est en travaillant sur le milieu social et non plus uniquement sur la famille qu'on espère prévenir ou diminuer l'incidence de la violence.

Le projet-pilote «La Parentèle» avait comme objectifs de favoriser le développement optimal des dyades parents-enfants et de favoriser l'implication des familles dans leurs milieux respectifs. L'évaluation a été réalisée par Beaudry et al. (1992). Celle-ci démontre que cette intervention non professionnelle a permis d'améliorer les relations parents-enfants, d'éviter des placements, de briser l'isolement des mères, d'intégrer des familles immigrantes à la société québécoise.

Le projet «Marrainage» utilise aussi, une approche non professionnelle et se caractérise par les cinq fonctions de support pré-citées: le support matériel et l'assistance physique, la rétroaction. la socialisation, les supports émotif et informatif. Elle a été évaluée par Moreault et al. (1992). Ce type d'intervention a permis d'améliorer la situation familiale dans 54% des cas. Les effets observés sont: une amélioration de la compétence parentale, une augmentation du bien-être psychologique chez les mères, une meilleure connaissance et une meilleure utilisation des ressources communautaires, une amélioration de la relation conjugale et finalement une amélioration de l'environnement physique (relations de support).

Certaines observations ont amené à penser que ce n'est pas tant la qualité de l'environnement social qui est en jeu que la qualité des liens que les parents entretiennent avec cet environnement. Les recherches de Polansky et al. (1981) entre autres, parlent de la «profonde solitude» des parents négligents. Les parents sont isolés mais ce ne serait pas nécessairement parce que le milieu n'a pas le potentiel voulu en termes de support social. Ce serait aussi, et surtout, parce que ces parents entretiennent cet isolement par leur mode de fonctionnement particulier et leur incapacité à nourrir des relations sociales satisfaisantes (Polansky et al. 1981, 1985; Seagull, 1987). En d'autres termes, l'isolement serait une des conséquences du mode de fonctionnement sous-jacent à la négligence, en particulier des difficultés au niveau des relations interpersonnelles. Dès lors, il ne suffit pas d'enrichir le milieu social pour diminuer le problème. Il faut aussi viser à améliorer la dynamique des relations interpersonnelles et la qualité des interactions dans les réseaux primaires des familles concernées, d'où l'intérêt d'une approche comme l'intervention de réseaux.

4. Interventions de réseaux

L'intervention de réseaux est une pratique relativement récente au Québec. Plusieurs adaptations du modèle original de Speck et al. (1973) ont donné naissance à différents types d'interventions utilisées dans des contextes variés, en santé mentale (Blanchet, 1992) ou en service social (Brodeur et Rousseau, 1984). Le modèle que nous décrirons ici est celui de Brodeur et Rousseau (1984).

Les principes de base de ce mode d'intervention sont les suivants :

Les réseaux primaires, c'est-à-dire les groupements informels constitués d'individus qui ont une signification les uns pour les autres (parents, voisins, amis...) sont de première importance dans l'étiologie des problèmes psycho-sociaux de même que dans la solution de ceux-ci;

Les symptômes de maladie mentale ou de mésadaptation qui peuvent apparaître chez un individu traduisent en fait un dysfonctionnement du collectif (réseau primaire) auquel il appartient, soit l'incapacité des membres de ce collectif à entretenir entre eux un mode de rapport adapté au mieux-être de chacun;

Une intervention orientée vers un établissement de ce fonctionnement peut permettre aux membres du réseau de prendre collectivement la responsabilité de leurs problèmes et d'y trouver des solutions adaptées à leur «culture interne». L'intervention a donc une double préoccupation: la reconstruction ou la consolidation du collectif ("collectivisation"), et l'expression des capacités de prise en charge, par lui-même, de ce collectif («autonomisation»).

Le rôle de l'intervenant, dans ce contexte, se situe à mi-chemin entre le clinique et le communautaire. Par une présence régulière auprès des parents et la pratique de l'écoute active, cet intervenant s'attache à faire ressortir la dimension collective des problèmes mentionnés, à clarifier le jeu des rapports entre les membres de la famille, à améliorer la qualité des interactions, à favoriser éventuellement une ouverture sur d'autres membres; il cherche aussi à stimuler des initiatives pour redéfinir les problèmes et formuler des solutions qui respectent la culture. Il ne se centre pas sur les symptômes identifiés au départ, mais sur la qualité du fonctionnement du réseau et la façon dont celui-ci répond aux besoins de ses membres. Finalement, il joue un rôle de consultation auprès d'une famille travaillant lui-même à son propre développement.

Appliquée au contexte de la prévention de la négligence, cette intervention part de l'hypothèse selon laquelle le problème du traitement inadéquat des enfants refléterait un dysfonctionnement de l'ensemble du réseau primaire de la famille en cause. L'intervention s'attacherait alors à repérer ce réseau, à dynamiser les interactions entre les individus qui le forment, puis à l'amener à formuler des solutions.

Les réseaux sociaux qui existent par contre ne sont pas toujours en mesure d'assurer le bien-être de leurs membres (Auslander et Litwin, 1987; Blanchet, 1982; Gorlick, 1988; McIntyre, 1986; Pancoast, 1981; Schilling, 1987; Van Meter et al., 1987). Dans le processus décrit précédemment, on peut avoir affaire à plusieurs situations pouvant être vus a priori comme des obstacles à l'intervention de réseau. En fait, ces situations requièrent surtout des choix particuliers de stratégies :

• Le réseau de support peut être extrêmement limité ou quasiment inexistant, concordant en cela avec les observations faites sur l'isolement des familles à risque et leur grande mobilité. L'intervention cherchera alors à actualiser le réseau potentiel et à stimuler le développement de nouvelles relations.

• Le réseau existant, surtout s'il s'agit d'un réseau de parenté, peut avoir un effet négatif sur la situation et contribuer à entretenir les problèmes. L'intervention trouvera alors tout son sens puisqu'elle vise justement à favoriser un fonctionnement plus positif du réseau, au besoin en l'incitant à s'ouvrir sur des éléments extérieurs.

• Il se pourrait que les comportements de négligence ne soient pas reliés à un fonctionnement interne inadéquat du réseau, mais expriment plutôt un style de vie cohérent de celui-ci: valeurs particulières quant à l'éducation des enfants, par exemple. Dans un tel cas, l'intervention visera à clarifier les choix profonds, à confronter ces choix avec les valeurs sociales dominantes et à amener le réseau à définir des solutions pour résoudre les conflits éventuels (ce qui pourrait aller jusqu'à l'acceptation d'un placement définitif pour les enfants).

Le projet "Connexion" est une intervention de réseaux qui privilégie aussi une approche non professionnelle. L'évaluation par Labrecque et Guédon (1994), a démontré que ce type d'intervention avait entraîné les résultats suivants chez les mères :

• une amélioration significative des relations inter-personnelles;

• une grande amélioration de la forme physique;

• une amélioration de l'estime de soi, une plus grande confiance en elle, beaucoup lus d'affirmation et la mise en place de projet personnel;

• des progrès importants ont été notés, particulièrement au niveau des comportements de soumission et d'agressivité chez les mères, plus de stabilité et moins de manipulation.

Au niveau de l'isolement social:

• On a observé une plus grande ouverture à utiliser les ressources disponibles dans l'environnement (ressources naturelles, institutionnelles et communautaires) et une plus grande satisfaction par rapport à l'aide reçue.

• On a observe une amélioration significative de la relation mère-enfant;

• Une amélioration importante de la situation de négligence.

5. Intervention et réadaptation

a. Modèle du Centre Rosalie Jetté

Le centre Rosalie Jetté est l'un des quatre centres de réadaptation pour mères en difficulté au Québec. Il est situé à Montréal et il existe depuis plusieurs années. Son expertise dans le domaine de l'adaptation au rôle parental est considérable.

S'inscrivant dans la continuité du rôle des CLSC et autres partenaires, il offre des services de réadaptation aux mères aux prises avec des difficultés graves d'adaptation au rôle parental. Les objectifs généraux sont de permettre à la mère de poursuivre ou de reprendre son développement tout en lui permettant d'assumer adéquatement son rôle parental et collaborer à l'intégration sociale de la mère et de l'enfant. Le centre offre quatre modes de services de réadaptation dont deux à l'interne et deux à l'externe.

Les services à l'interne sont des foyers-groupe et des unités de vie individualisée. Les foyers de groupe sont des structures d'accueil stimulantes et sécurisantes par leur organisation physique qui fournit un encadrement adéquat à la mère et à son enfant. Les unités de vie individualisée offrent un cadre physique et un régime de vie à la mère et à l'enfant qui se rapproche de la vie en appartement. Les services à l'externe sont offerts sous forme de suivi à domicile ou de suivi en centre de jours. Les principales activités sont des visites régulières au domicile des parents, des visites supervisées dont l'objectif est d'évaluer la capacité parentale, des activités permettant le développement des capacités parentales, des suivis individuels et une garderie.

Le centre offre aussi des services indirects visant à supporter les organismes publiques ou communautaires: l'évaluation et l'orientation, la formation professionnelle, des services conseils, des interventions de recherche visant l'action. L'ensemble des services professionnels s'inscrit dans cinq programmes cadres :

• L'adaptation à la situation de grossesse et à la maternité.

• Le développement de la capacité parentale.

• La présence d'un réseau affectif significatif.

• Le développement personnel de la bénéficiaire.

• L'intégration sociale et professionnelle.

Comme dans l'ensemble des programmes axés sur des interventions sur le milieu, leur action tient compte de l'environnement. Tout en travaillant à développer un réseau de support social, on tente de développer la compétence parentale et d'établir la relation mère-enfant.

L'articulation du processus de planification de son intervention repose sur deux concepts théoriques importants celui "d'attachement mère-enfant" et de "capacité parentale". Le centre dispose de plusieurs outils d'évaluation validés en rapport avec les concepts techniques. Par exemple, le Q-SORT sur l'attachement mère-enfant (Waters & Deane, 1985), le Q-SORT des comportements maternels (Pederson & Moran, 1990), The Child Well-Being scales (Magura et Beth S. Moses, 1986) concernant le bien-être des enfants avec l'exercice des responsabilités parentales. L'expérience acquise ainsi que la compétence du personnel ont permis de développer une grille de lecture de l'attachement mère-enfant.

Les conditions d'ordre clinique et légal, sous-jacentes à l'intervention, sont à considérer.

b. Les conditions d'ordre clinique

• Compte tenu de la place importante des parents et de leur responsabilité dans le développement de l'enfant, l'organisation des services doit prendre un caractère de soutien et de renforcement de la relation mère-enfant.

• Parce que les nombreux besoins physiques, cognitifs, sociaux et affectifs peuvent interférer dans la relation mère-enfant, le plan doit permettre d'offrir des services selon un mode personnalisé. Cette deuxième condition clinique prend une importance particulière lorsqu'il s'agira par exemple d'évaluer la pertinence d'héberger un enfant à temps plein ou à temps partiel.

c. Les conditions d'ordre légal

• Le Centre n'intervient que dans le cadre des législations.

• Le Centre reçoit son mandat à partir de la demande des parents (mère et/ou père), d'une décision de la DPJ ou d'une décision du tribunal de la jeunesse.

• Le Centre réalise son intervention en tenant compte des règles et dispositions prévues à ces lois (LSSS, LPJ, LJC).

Nous tenons à remercier Madame Micheline Vallières-Joly du Centre Rosalie Jetté qui a bien voulu nous donner l'autorisation de reproduire une vue d'ensemble des trois programmes cadres visant le développement de la compétence parentale. Cette vue d'ensemble est tirée du document produit par le CRJ (juin 1992) et constitue une ressource importante pour le programme mère-enfant pour FPPF.

d. Vue d’ensemble de trois programmes cadres Centre Rosalie [ Les données présentées à la section d. sont tirées du document Cadre de référence des services et programmes de réadaptation Centre Rosalie Jetté (1992).]

1. Le Programme-Cadre

«L’adaptation à la situation de grossesse et à la maternité»

Ce programme-cadre regroupe divers programmes qui ont tous pour but de favoriser chez la bénéficiaire la reprise en main de sa vie personnelle à l'occasion de sa grossesse et de sa maternité. Ces programmes sont :

1.1 Le suivi prénatal.

1.2 Le suivi post-natal.

1.3 Devenir mère.

1.1 LE SUIVI PRÉNATAL

Ce programme vise à préparer la future mère à l'accouchement et à l'intégration du bébé dans la vie de la mère. Ce programme regroupe un ensemble d'activités dont :

• l'information relative à la grossesse, à l'accouchement et aux exercices de respiration;

• la visite de la salle d'accouchement;

• l'échange quant au vécu physico-psycho-émotif durant la grossesse et l'accouchement.

1.2 LE SUIVI POST-NATAL

Ce programme vise à supporter la mère de façon à ce qu'elle réponde adéquatement aux besoins du nourrisson en lui apportant une alimentation adéquate, les soins nécessaires, une sécurité affective et un environnement stimulant et sécurisant.

Cette réponse aux besoins de son enfant devra permettre un nouvel équilibre entre ses propres besoins et ceux de son enfant. Les activités sont directement reliées aux soins et à l'alimentation du bébé et de la mère.

1.3 DEVENIR MERE

Ce programme vise à transformer chez la mère le désir de grossesse en désir réel d'enfant, vise à ce que la mère reconnaisse son enfant comme un individu séparé et autonome, vise à ce que se fasse pour la mère une mise au point entre :

• l'équilibre délicat de ses propres besoins de dépendance et ses aspirations à l'autonomie;

• l'intégration d'une image corporelle plus ou moins bien associée à son image d'elle-même comme femme;

• sa relation consciente et inconsciente avec ses parents et les images parentales qui en ont découlé.

Cette remise en question (démarche thérapeutique) s'actualise dans les rencontres d'accompagnement prévues au processus de planification de l'intervention.

2. Le programme-cadre

«Le développement de la capacité parentale»

Ce programme-cadre regroupe divers programmes qui ont tous pour but de favoriser chez la bénéficiaire du Centre Rosalie Jetté la reprise en main de sa vie personnelle par le développement de sa compétence à s'occuper de son enfant et à assumer sa responsabilité de parent. Ces programmes sont:

2.1 Les soins et le développement de l'enfant.

2.2 La relation mère-enfant (attachement).

2.3 Le projet de vie pour l'enfant (adoption).

2.4 L'évaluation de la capacité parentale.

2.5 Le développement de la capacité parentale.

2.1 LES SOINS ET LE DÉVELOPPEMENT DE L'ENFANT

Ce programme vise à fournir à la mère en difficulté les moyens requis pour lui permettre d'assurer à son enfant les soins requis pour sa sécurité et son développement. Ce programme regroupe un ensemble d'activités dont :

• l'information relative aux besoins et à la sécurité d'un enfant;

• l'acquisition des connaissances requises pour adapter les soins aux besoins de l'enfant et ce, de façon à permettre le développement bio-psychosocial de l'enfant;

• l'apprentissage du langage chez l'enfant;

• l'apprentissage de la socialisation par l'enfant;

• l'acquisition des habiletés requises pour garantir la stabilité et la sécurité d'un enfant (gardiennage).

2.2 LA RELATION MERE-ENFANT (ATTACHEMENT)

Ce programme vise à favoriser chez la mère en difficulté le développement d'un attachement sécure avec son enfant; il l'amène à investir la relation avec l'enfant. Ce programme regroupe un ensemble d'activités dont :

• l'apprentissage à l'observation de l'enfant;

• le développement des attitudes favorisant un attachement sécure avec l'enfant;

• l'apprentissage du jeu avec l'enfant;

• l'organisation du régime de la vie quotidienne avec l'enfant;

• le développement des instruments d'imagerie mentale de la mère en regard de l'enfant;

• l'imposition de limites raisonnables à l'enfant ou la gestion de la discipline;

• la gestion des crises, du «non», des comportements indésirables et de l'enfant «agité»;

• les ateliers de stimulation du jeune enfant et de sa mère;

• la gestion de l'arrivée du deuxième enfant;

• les activités de répit offertes à la mère;

• les activités en piscine.

2.3 LE PROJET DE VIE POUR L'ENFANT (ADOPTION)

Ce programme vise à favoriser l'adoption volontaire de l'enfant par consentement de la mère lorsqu'elle n'est pas en mesure d'assumer adéquatement la responsabilité de son enfant, l'adoption pouvant être considérée comme la réparation de la carence affective. Ce programme regroupe diverses activités dont:

• la prise de conscience de sa difficulté à assumer l'enfant;

• la requête volontaire en adoptabilité;

• les exercices de prise en charge visant à faire réaliser à la mère qu'elle ne peut assumer l'enfant et qu'elle aime l'enfant pour lui-même;

• les activités de support et d'accompagnement spécifiques offertes à la mère qui fait adopter son enfant ou qui se voit imposer une adoption par le tribunal.

2.4 L'ÉVALUATION DE LA CAPACITÉ PARENTALE

Ce programme vise à faire le point des acquis de la mère ou de la future mère en tant que parent responsable de son enfant. Il assure un point de départ fiable pour le travail de développement de la capacité parentale. Ce programme regroupe diverses activités dont:

• l'observation des comportements de la mère avec son enfant;

• le rapport formel au tribunal;

• les rencontres exploratoires;

• les visites supervisées;

• les activités programmées.

2.5 LE DÉVELOPPEMENT DE LA CAPACITÉ PARENTALE

Ce programme vise à faire acquérir à la mère les habiletés, les attitudes et, au besoin, les connaissances requises à l'exercice des diverses responsabilités parentales telles la protection, l'autorité, l'affection, l'éducation et les modèles d'identification pour l'enfant. Ce programme regroupe diverses activités dont :

• l'information à la mère quant aux comportements avec son enfant;

• les rencontres exploratoires;

• les jeux de rôle;

• le support à l'activité parentale.

3. Le programme-cadre

«La présence d’un réseau affectif significatif (familial ou autres)

Ce programme-cadre a pour but de favoriser chez la bénéficiaire la reprise en main de sa vie personnelle par la création ou la regénérescence des liens avec sa famille, la création de son propre réseau familial et la création d'un réseau affectif significatif. Ces programmes sont :

3.1 La relation de couple.

3.2 Les relations avec la famille.

3.3 La relation avec le réseau élargi.

3.1 LA RELATION DE COUPLE

Ce programme permet à la mère de se voir comme femme et amante en relation avec un conjoint, impliquée dans son projet de vie avec un enfant de manière à garantir son propre bien-être, sa sécurité et celle de son enfant. Ce programme regroupe diverses activités dont :

• les rencontres avec les éducatrices;

• la réflexion sur la relation existante avec le conjoint;

• l'intégration du conjoint dans le plan d'intervention de la mère.

3.2 LA RELATION AVEC LA FAMILLE

Ce programme permet à la mère de se situer avec son enfant dans un milieu parental plus large où elle peut trouver support et assistance. Ce programme regroupe un ensemble d,activités dont :

• les relations avec les parents de la bénéficiaire (grands-parents de l'enfant);

• les relations avec les beaux-parents;

• l'information sur les droits parentaux et grands-parentaux;

• le rôle des grands-parents comme support au développement de l'enfant;

• le support aux grands-parents dans leur rapprochement avec leur fille ou leur petit-enfant.

3.3 LES RELATIONS AVEC LE RÉSEAU ÉLARGI

Ce programme vise à développer chez la mère des contacts positifs avec son milieu en utilisant et en référant adéquatement aux ressources de son milieu d'où la création d'un réseau de support en milieu naturel.

Les relations avec le voisinage, les amis, la garderie, les membres des organismes communautaires sont un type d'activités intégrées à ce programme.