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Programmes pour les délinquantes

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Programmes communautaires exemplaires à l’intention des femmes purgeant une peine fédérale : Analyse documentaire

Recherches sur les délinquantes

I. Lives and futures (date inconnue)
II. Creative Alternatives to Recidivism (1987)
III. Étude sur la mise en liberté (1991)

 

I. Lives and futures: a report on community program alternatives for high risk/high need women in the criminal justice system (date inconnue)

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Le travail d’Elizabeth Kappel portait sur les services nécessaires pour répondre aux besoins des délinquantes à risque élevé. Elle a étudié 46 femmes détenues sous responsabilité fédérale ou provinciale qui n’avaient jamais obtenu la liberté conditionnelle ou dont la liberté conditionnelle avait été révoquée. Les résultats de sa recherche l’ont amenée à conclure que les programmes offerts dans la collectivité ne répondaient pas aux besoins spéciaux des femmes (p. 74). Elle a constaté que les organismes communautaires ne donnaient pas tous au mot « risque » le même sens; il pouvait en effet s’agir d’une délinquante dangereuse, à besoins élevés ou susceptible de récidiver (p. 46-47). Cette divergence dans les définitions influençait les interventions auprès des femmes; plus une femme était défavorisée ou avait des problèmes, plus il était difficile pour elle d’obtenir les services requis dans la collectivité (p. 47). Cette constatation s’applique tout particulièrement aux femmes qui ont purgé une peine sous responsabilité fédérale.

Kappel a exploré la notion d’un modèle de programme individuel qui vise à faire graviter les ressources autour de la femme afin de répondre à ses besoins particuliers dans la collectivité (p. 64). Dans ce modèle, il s’agit de créer des services en fonction de la femme plutôt que de tenter d’intégrer cette dernière à des programmes en place. Kappel insiste sur l’importance fondamentale de la thérapie et sur la nécessité d’évaluer tous les aspects de la vie d’une femme afin de déterminer ses besoins. Elle ajoute que les femmes doivent se voir offrir un choix de programmes et elle recommande de mettre des services à leur disposition en se basant sur les principes suivants :

1. Il faut offrir des programmes qui répondent aux besoins des femmes plutôt que de chercher à intégrer ces dernières aux programmes;

2. Les programmes doivent être conçus selon une approche holistique et faire entrer en ligne de compte des aspects comme le logement, l’emploi, la thérapie, les services, les relations et les droits de citoyenne de la femme;

3. Les services et le processus de transformation doivent partir du point où en est la femme dans sa vie et progresser à un rythme acceptable pour elle;

4. Les services et le processus de transformation doivent aller dans le sens voulu par la femme et non pas celui dans lequel d’autres personnes voudraient l’orienter (p. 59).

Kappel reconnaît que ce modèle individualisé serait vraisemblablement plus coûteux que les modèles de groupes, mais elle fait observer qu’il le serait en définitive moins que des périodes prolongées d’incarcération (p. 70-71).

 

II. Creative Alternatives to Recidivism (1987)

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Une deuxième étude, réalisée par Crozier et Van Nispen (1987), a également abouti à la conclusion que les programmes offerts actuellement aux femmes dans la collectivité ne répondaient pas aux besoins cernés chez ces dernières. Les chercheurs ont effectué une enquête auprès de détenus des deux sexes en Saskatchewan et ils ont conclu que les délinquantes figuraient parmi les groupes les plus défavorisés, sur les plans social et économique, de la province (p. 7). Ils ont obtenu des résultats encore plus frappants lorsqu’ils ont fait entrer en ligne de compte l’origine raciale; ils ont en effet constaté que 83 % des détenues en Saskatchewan étaient des Autochtones, alors que les Autochtones forment 6 % de la population totale de la province, et que les programmes offerts ne faisaient pas entrer en ligne de compte ce rapport (p. 14). Ils ont conclu qu’il fallait offrir des programmes répondant mieux à la diversité des besoins des détenues.

 

III. Étude sur la mise en liberté (1991)

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Pour effectuer leur étude sur la mise en liberté, Shaw et ses collaborateurs (1991c) ont interviewé 57 femmes purgeant une peine fédérale qui avaient obtenu une mise en liberté sous condition. Ils ont découvert, chez les femmes étudiées, plusieurs besoins fondamentaux liés aux aspects suivants :

1. les relations avec les membres de la famille, notamment en ce qui concerne la garde des enfants et l’accès aux enfants;

2. l’emploi;

3. la situation financière;

4. le logement;

5. la toxicomanie;

6. la santé physique et mentale;

7. les rapports avec le personnel du système de justice pénale (1991c, p. 16-21).

Ces auteurs ont déterminé que les services offerts aux délinquantes qui avaient été mises en liberté ne répondaient pas à leurs besoins. Ils ont conclu que les femmes étaient mal préparées à leur mise en liberté puisqu’elles n’avaient pas eu l’occasion de s’occuper d’aspects fondamentaux comme l’emploi et le logement. À la lumière de leurs discussions avec les femmes, les auteurs ont recommandé ce qui suit :

1. la communication d’une information plus abondante pour planifier la mise en liberté;

2. la multiplication des maisons de transition et des programmes communautaires et l’assouplissement des conditions applicables;

3. une réduction des conditions imposées aux femmes qui obtiennent la libération conditionnelle;

4. la possibilité de changer de surveillant sans qu’on pose de jugement;

5. la possibilité de refuser des programmes de traitement ou des services de counseling;

6. l’accroissement du nombre de logements à loyer modique; la création de programmes d’emploi, de lutte contre la toxicomanie et de traitement en cas de violence physique ou sexuelle;

7. l’offre de conseils et d’un soutien en matière financière (1991c, p. 24-25).

L’analyse des recherches révèle clairement que les femmes purgeant une peine fédérale qui sont mises en liberté présentent une foule de risques et de besoins auxquels ne répondent pas convenablement les services et programmes en place. En outre, l’origine raciale ou ethnique des femmes influe sur ces risques et besoins. Les femmes ont également des exigences propres à leur sexe et liés à l’attitude de la société à l’égard des femmes en général.