Service correctionnel du Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Programmes pour les délinquantes

Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Programmes communautaires exemplaires à l’intention des femmes purgeant une peine fédérale : Analyse documentaire

Programmes exemplaires

Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry
Coverdale Centre, Halifax (Nouvelle-Écosse)
Grant House, Toronto (Ontario)
Council on Prostitution Alternatives, Portland (Oregon)
Program for Female Offenders, Pittsburgh (Pennsylvanie)
Genesis II for Women, Inc., Minneapolis (Minnesota)
Community Connection Resource Centre, San Diego (Californie)
Womencare, Inc., New York (New York)

 

Les programmes offerts aux femmes purgeant une peine fédérale après leur mise en liberté ont été passés en revue à la lumière des critères définis ci-dessus. À cette occasion, on a pu constater qu’il existe une information abondante sur les services communautaires destinés aux délinquants du sexe masculin, mais qu’il n’en est rien dans le cas des femmes. Le problème de la criminalité féminine attire plus d’attention depuis une décennie, mais on ne trouve guère d’études sur les programmes communautaires. La plupart des recherches sur les programmes destinés aux femmes portent sur les programmes offerts en établissement. L’analyse documentaire n’a pas permis de découvrir de programmes communautaires répondant expressément aux besoins cernés chez les femmes purgeant une peine fédérale.

L’analyse a également révélé que peu de services destinés aux femmes étaient conçus expressément pour les délinquantes; dans beaucoup de programmes, on accepte ces dernières, mais la plupart des participantes n’ont pas d’antécédents criminels. De plus, nombre de services accessibles aux femmes, surtout ceux qui sont conçus à l’intention des Autochtones, sont ouverts aussi aux hommes. En outre, la plupart des programmes semblent être axés sur un problème en particulier plutôt que de suivre une démarche holistique en matière de traitement. Il s’agit là d’une conception traditionnelle basée sur un modèle masculin. Comme on l’a déjà signalé, celui-ci ne répond pas parfaitement aux besoins des femmes purgeant une peine fédérale. De plus, les programmes découverts étaient concentrés dans les centres urbains; il n’y avait guère ou pas de ressources accessibles aux femmes dans les petites localités. La pénurie de programmes conçus expressément pour répondre aux besoins des femmes autochtones était particulièrement marquée dans les provinces des Prairies, où la demande de tels programmes était la plus forte.

Sans être conçus expressément à l’intention des femmes purgeant une peine fédérale, quelques programmes présentaient des possibilités intéressantes pour les femmes ayant des démêlés avec la justice. Étant donné le délai imposé pour l’achèvement du présent rapport, il a été impossible d’effectuer une évaluation structurée, mais l’auteur présente dans les pages qui suivent son opinion subjective, en se basant néanmoins sur les critères d’établissement de programmes efficaces énoncés précédemment.

 

Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry

Haut de la page

L’Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry (ACSEF) offre un nombre considérable de services aux femmes qui ont des démêlés avec la justice. D’après le règlement de l’ACSEF, 19 organismes autonomes assurent aux femmes, à l’échelle du Canada, diverses formes d’aide à toutes les étapes du système de justice pénale. Les sociétés Elizabeth Fry offrent en effet des services d’éducation, de counseling et de soutien ainsi que divers programmes aux femmes et à leur famille. Elles financent un certain nombre de maisons de transition, de maisons d’hébergement, de lignes d’écoute téléphoniques, de programmes axés sur les compétences parentales, d’ateliers sur l’éducation et l’emploi, et des groupes d’entraide. Elles s’efforcent de répondre aux nombreux problèmes propres aux femmes ayant des démêlés avec la justice.

Une série d’établissements fonctionnant sous la direction de l’ACSEF - Detweiler House à Kingston (Ontario), Ellen House à Brampton (Ontario), Fergusson House à Ottawa (Ontario), La Maison Thérèse-Casgrain à Montréal (Québec), Balaclava Residence à Vancouver (Colombie-Britannique) et Elizabeth Fry Society Residence à Toronto (Ontario) - visent à aider les femmes qui ont eu des démêlés avec la justice à réintégrer la société. Les maisons de transition accueillent de 8 à 25 femmes (la capacité d’accueil varie selon la maison) qui y vivent sous surveillance. On y offre des séances de counseling individuel et de groupe pour aider les femmes à régler les problèmes causés par la violence sexuelle, physique ou psychologique et la toxicomanie, ainsi que des programmes pour les aider à atteindre leurs objectifs sur les plans de l’éducation et de l’emploi.

Le Women Growing Employment Project parrainé par la Société Elizabeth Fry de Toronto est un programme de préparation à l’emploi visant à aider les femmes qui ont eu des démêlés avec la justice à poursuivre leurs études et à obtenir un emploi. La formation vise à inculquer aux participantes les compétences pratiques requises pour travailler dans le domaine de la gestion de bureau ou de l’aménagement paysager intérieur. Le programme comprend huit semaines de cours en dynamique de la vie, 14 semaines de cours sur l’aménagement paysager intérieur ou la gestion de bureau et six semaines consacrées à la recherche d’emploi et au placement. Les participantes touchent une rémunération pendant toute la durée du programme.

Le Sexual Assault Support Healing and Advocacy Program (S.A.S.H.A.) de la Central Okanagan Elizabeth Fry Society, en Colombie-Britannique, assure des services de soutien et de défense des intérêts aux femmes qui ont été victimes de violence sexuelle ou qui ont subi une agression sexuelle récemment ou par le passé. Le programme comprend également un service d’écoute téléphonique fonctionnant 24 heures sur 24 et des séances de counseling individuel et de groupe.

La section locale de Hamilton coordonne un groupe d’entraide appelé Opportunities for Women qui est ouvert aux femmes confrontées à des problèmes tels que le manque d’estime de soi, des difficultés à exercer ses responsabilités parentales, l’incapacité de gérer ses finances, la séparation et le divorce. Les membres du groupe abordent également des questions comme les rôles que les femmes sont appelées à jouer dans la société, la prise de conscience de soi et l’affirmation de soi, l’établissement de buts, la résolution de problèmes, la prise de décisions et l’utilisation des ressources communautaires. Les réunions ont lieu toutes les semaines au moment qui convient le plus aux participantes. La Société Elizabeth Fry de la Nouvelle-Écosse offre également des cours sur l’affirmation de soi et des ateliers pour développer l’estime de soi appelés 1,000 WATTS (Women's Assertiveness Training and Theatre Sisterhood), qui ont lieu deux fois par année et qui durent six semaines.

Les sociétés Elizabeth Fry n’offrent pas des services exclusivement aux femmes qui purgent une peine sous responsabilité fédérale; en effet, elles aident également les femmes qui purgent une peine sous responsabilité provinciale et celles qui risquent d’avoir des démêlés avec la justice. En outre, à cause des compressions budgétaires, les sociétés ont été forcées de réduire sensiblement le nombre de leurs programmes. Dans l’ensemble, néanmoins, les sections locales de l’Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry offrent le plus vaste éventail de services utiles aux délinquantes sous responsabilité fédérale du Canada.

 

Coverdale Centre, Halifax (Nouvelle-Écosse)

Haut de la page

Le Coverdale Centre existe en tant qu’organisme communautaire depuis 1980, même s’il intervient auprès des femmes qui ont eu des démêlés avec la justice depuis 1923. Le personnel applique des principes centrés sur les femmes et travaille en équipe; il comprend deux travailleurs sociaux, un thérapeute et un conseiller en toxicomanie. Le centre offre des services qui suivent la femme de son entrée dans le système de justice pénale jusqu’à sa mise en liberté, en passant par sa période d’incarcération. Il n’y a pas de limite de temps; une femme peut avoir accès au centre indéfiniment. Celui-ci offre notamment des services d’aide juridique, d’intervention en matière de violence familiale, de counseling en toxicomanie, de santé mentale et d’aide en matière de soins des enfants.

 

Grant House, Toronto (Ontario)

Haut de la page

La Grant House est un établissement résidentiel accueillant pour un séjour de longue durée 10 délinquantes ayant des problèmes de toxicomanie auxquelles sont offerts des services expressément conçus pour elles. Les femmes y sont encouragées à devenir sobres dans un milieu propice à la guérison et à la croissance. On confie les participantes à un(e) intervenant(e) de première ligne qui discute de questions particulières au cours des séances de counseling individuel. Une composante essentielle du programme consiste en des activités de groupe portant sur les sentiments, l’autonomie, l’alphabétisation, la dynamique de la vie et la thérapie par l’art. On utilise également les ressources de la collectivité, y compris les groupes Alcooliques anonymes, Narcotiques anonymes et Cocaïne anonyme. Après avoir terminé le programme, les participantes peuvent prendre part à un programme de suivi les aidant à faire face à leurs préoccupations courantes.

 

Council on Prostitution Alternatives, Portland (Oregon)

Haut de la page

Le Council on Prostitution Alternatives offre un programme non résidentiel en quatre phases aux femmes qui veulent quitter le milieu de la prostitution. Environ 84 % des participantes ont été reconnues coupables de délits majeurs. Le personnel comprend d’anciennes prostituées et des femmes ayant connu d’autres formes de violence ou qui sont des alcooliques ou des toxicomanes en voie de guérison. Les animatrices du programme mettent l’accent sur la découverte des pouvoirs d’action et la guérison, et elles considèrent les prostituées comme des survivantes ou des victimes d’une violence de longue durée. On offre aux femmes des séances de counseling individuel et de groupe, un soutien psychologique et d’ordre pratique (vêtements, alimentation, aide financière), une aide en matière d’éducation et des services d’intervention. Le programme commence par une phase de stabilisation, est suivie des étapes de réorientation, de reconstruction et d’encadrement, et couvre divers aspects : counseling en matière de violence sexuelle, traitement pour toxicomanie, dynamique de la vie, acquisition de compétences parentales et sensibilisation aux questions de santé. Le programme dure environ 18 mois, après quoi les participantes sont admises dans un foyer de transition. L’aide à court terme comprend des services d’urgence (alimentation, tickets d’autobus, aiguillage vers des maisons d’hébergement) et des groupes de soutien à porte ouverte.

 

Program for Female Offenders, Pittsburgh (Pennsylvanie)

Haut de la page

Le Program for Female Offenders offre des services de traitement de jour et un programme en établissement aux femmes qui ont commis des crimes graves et qui ont besoin de formation professionnelle et d’un emploi. Les participantes apprennent les techniques du traitement de texte, de la saisie de données, de la recherche et du marketing; après le programme, elles sont employées comme opératrices de vente au téléphone. On les prépare aussi à subir le test de connaissances générales, et on leur offre des cours en dynamique de la vie, des programmes de traitement de la toxicomanie et un counseling en santé mentale. Il y a une garderie pour les enfants, et des programmes destinés à répondre aux besoins de ces derniers. Un programme de suivi permet de surveiller les progrès accomplis par les participantes et d’assurer à ces dernières un soutien, des services de garde d’enfants et des services d’aiguillage vers d’autres ressources communautaires.

 

Genesis II for Women, Inc., Minneapolis (Minnesota)

Haut de la page

Genesis II for Women consiste en un programme de traitement de jour à l’intention des délinquantes et de leurs enfants. On effectue des évaluations approfondies afin d’élaborer pour chaque femme, en fonction de ses besoins, un plan individualisé et très structuré. L’accent est mis sur les services aux parents et à la famille, l’éducation et le counseling, ainsi que sur des aspects particuliers liés à la toxicomanie, à la violence sexuelle, à la violence familiale et aux relations. Les activités quotidiennes consistent en séances de thérapie individuelle et de groupe, en cours sur les compétences parentales et en dynamique de la vie, en séances de préparation au test de connaissances générales et en séances de perfectionnement professionnel. Les responsables offrent également un programme de développement des enfants ouvert aux enfants de la naissance jusqu’à l’âge de 12 ans. Les services de suivi incluent un groupe de soutien qui se réunit toutes les deux semaines; en outre, le personnel communique régulièrement par téléphone avec les femmes pendant les deux années suivant la participation au programme.

 

Community Connection Resource Centre, San Diego (Californie)

Haut de la page

Le Community Connection Resource Centre (CCRC) offre des services de jour aux délinquantes de retour dans la collectivité; l’accent est mis sur l’emploi et sur le soutien du groupe en vue de favoriser l’autonomie. Ces services consistent notamment en cours en dynamique de la vie, services aux familles, aiguillage vers différentes aides (vêtements, alimentation, garde d’enfants), évaluation et formation professionnelles et services de placement. Les programmes propres au centre incluent Freedom First (groupe de soutien à l’intention des ex-détenues animé également par d’anciennes détenues), We Can (groupe de motivation à l’emploi), Jobs Plus (groupe dont le but est d’aider les femmes à conserver leur emploi), un atelier sur les compétences en matière d’emploi, un groupe de lutte contre l’alcoolisme et la toxicomanie et un programme de réconciliation entre la victime et l’agresseur. La durée d’utilisation des services du centre varie selon la personne, mais elle est ordinairement de deux à six mois.

 

Womencare, Inc., New York (New York)

Haut de la page

Womencare est un programme d’intervention administré par des bénévoles à l’intention de mères sortant d’une prison de l’État. Durant la période de réintégration, les bénévoles assurent un soutien et une aide aux mères et à leurs enfants. Les responsables communiquent avec les mères 90 jours avant leur mise en liberté et les mettent en rapport avec des bénévoles, en tenant compte des besoins des femmes et de leurs enfants et des capacités des bénévoles. Ces dernières sont d’ex-détenues de différentes origines ethniques, des employés des services correctionnels, des ménagères et des spécialistes qui suivent un programme approfondi d’orientation et de formation portant sur des questions comme la sensibilité aux différences culturelles et l’égalité. Les bénévoles connaissent également les ressources de la collectivité et aiguillent les femmes vers des organismes de logement, des services sociaux, des centres d’emploi et des services de counseling familial.