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Programmes pour les délinquantes

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Le rôle parental et les expériences de violence des délinquantes : Examen des évaluations initiales des délinquantes

Les contacts avec les enfants pendant la période d'incarcération

Dans la plupart des évaluations initiales des délinquantes, les commentaires sur le domaine des besoins ne précisent pas si la femme a eu des contacts avec son enfant ou ses enfants pendant son incarcération. Ce genre de renseignement n'est indiqué que pour 114 femmes seulement, soient 35 % de toutes les femmes ayant des enfants. Il ne faut pas en conclure que les autres femmes n'ont pas de rapports avec leurs enfants; c'est simplement que les évaluations initiales ne contiennent pas l'information requise pour déterminer le pourcentage de femmes qui restent en contact avec leurs enfants pendant leur incarcération. Soixante-sept (67) des femmes pour qui ce renseignement figure dans le dossier d'évaluation initiale ont des rapports avec leurs enfants, 29 (25,4 %) n'en ont pas et 18 (15,8 %) ont l'intention de demander ou ont déjà demandé des visites familiales privées (rencontre dans l'intimité avec les enfants ou les membres de la famille dans des unités distinctes).

Dans la majorité des cas, les commentaires sur les domaines des besoins ne précisent pas la nature des contacts que les femmes ont avec leurs enfants pendant toute la durée de leur incarcération; ces commentaires sont plutôt d'ordre général comme ceux-ci : " ...est en relation continue avec ses enfants et les accompagne dans ce qu'ils vivent " ou " ...voit régulièrement ses enfants. " Certains dossiers contiennent toutefois des renseignements précis sur le genre de rapports entretenus avec les enfants. Selon l'information disponible, les visites et les appels téléphoniques sont les moyens les plus fréquemment utilisés pour maintenir le contact avec les enfants. Dans certains cas, la fréquence des appels et visites est mentionnée et va d'un appel par jour à un appel ou une visite " occasionnel ", à tous les mois ou à tous les deux mois.

    Il nous est apparu pertinent d'explorer la mesure dans laquelle les femmes qui maintiennent le contact avec leurs enfants pendant cette période s'occupaient aussi de leurs enfants avant leur incarcération. Le peu de données disponibles ne permet qu'une estimation approximative, mais donne à penser que les femmes qui vivent avec leurs enfants avant d'être incarcérées (à titre de chef de famille monoparentale ou avec l'enfant et son père) sont plus susceptibles de rester en rapport avec leurs enfants pendant leur incarcération. Il est cependant important de souligner que, selon les commentaires sur le domaine des besoins inscrits dans l'espace réservé à cet effet, un tiers des femmes qui maintiennent le contact avec les enfants pendant leur incarcération ne vivaient probablement pas avec ceux-ci à temps plein auparavant. Pour obtenir des résultats plus fiables, il faudrait toutefois réunir des données plus complètes sur la façon dont les femmes continuent de remplir leur rôle de mère.

D'autres aspects importants des rapports mère-enfants pendant l'incarcération méritent d'être examinés. Dans une grande mesure, les mères dépendent d'autres personnes pour leur " faciliter " les relations avec les enfants. En accord avec les constatations du Sondage, l'Examen des EI et tout particulièrement des commentaires sur le domaine des besoins, révèle qu'il existe parfois une relation positive et bienveillante entre la mère et la personne qui s'occupe de son enfant. Toutefois, des situations tout à fait contraires sont également décrites : la personne qui dispense des soins à l'enfant hésite à amener l'enfant dans l'établissement où la mère est détenue ou à aider celle-ci à maintenir le contact avec son enfant. Certains commentaires sur le domaine des besoins rappellent au personnel l'importance de tenir compte des besoins des femmes en tant que mères. Ainsi, certains dossiers indiquent que le personnel de l'établissement a aidé des femmes à communiquer avec les parents de famille d'accueil de leurs enfants et a tenté de faciliter le transfert d'un enfant dans une famille d'accueil vivant plus près de l'établissement. D'autres commentaires affirment que " la femme aurait tout intérêt à demander des visites familiales privées et à rester en contact avec ses enfants " sans que l'on puisse toutefois avoir la certitude que cette opinion reflète les besoins et les projets de la mère ou s'il s'agit simplement d'une hypothèse. Il est important d'établir une distinction entre le besoin réel qu'ont les femmes de rester en relation avec leurs enfants et des hypothèses formulées par d'autres personnes concernant la nature de ce besoin; cette question mériterait d'être étudiée de manière plus approfondie.