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Programmes pour les délinquantes

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Le rôle parental et les expériences de violence des délinquantes : Examen des évaluations initiales des délinquantes

CONCLUSION

En règle générale, l'Examen des EI a mis à jour, chez les détenues sous responsabilité fédérale, des modèles maternels et des expériences de violence semblables à ceux qui avaient été cernés lors du Sondage. Les résultats font clairement ressortir la nécessité de continuer à aider les femmes à se sortir de difficultés découlant des mauvais traitements qu'elles ont subis et à assumer leur rôle de mère. Le Service correctionnel du Canada a reconnu l'importance de ces problématiques pour les femmes et c'est la raison pour laquelle le Programme de compétences parentales et le programme Survivantes de traumatismes et d'actes de violence font partie des programmes de base offerts aux délinquantes. Mais précisément à cause de la prévalence de ces problématiques chez les délinquantes, il serait utile de se demander dans quelle mesure ces programmes de base, sous leur forme actuelle, sont efficaces et suffisamment axés sur les besoins des femmes à l'égard de leur rôle de mère et de la violence subie. Plus particulièrement, en ce qui concerne la violence, la Stratégie des programmes correctionnels à l'intention des femmes purgeant une peine fédérale (1994) souligne la nécessité d'offrir à la fois une thérapie individuelle et de groupe aux femmes aux prises avec des problèmes de violence. Mais compte tenu de l'importance de cette problématique et de la forte proportion de femmes touchées par celle-ci, il faudrait sans doute énoncer des lignes directrices plus précises dans ce domaine, étudier plus à fond les besoins des femmes et veiller à les diriger vers les thérapies les mieux adaptées à leurs besoins.

En ce qui concerne le Programme de compétences parentales, il est important de mentionner que les auteurs des Lignes directrices sur les programmes de compétences parentales destinés aux femmes purgeant une peine fédérale (1995) affirment qu'il n'existe pratiquement aucune information sur la façon dont ces femmes s'occupent de l'éducation de leurs enfants et sur leurs compétences à cet égard, ce qui montre bien l'importance d'étudier cette question de manière plus approfondie. Cependant, les rapports parents-enfants s'établissent et évoluent dans un contexte précis. Il n'est donc pas suffisant de se renseigner sur les compétences parentales que possèdent les femmes ou qu'elles auraient besoin d'acquérir. Ces compétences doivent être évaluées et mises en relation avec la façon dont les femmes conçoivent la maternité, la perception qu'elles ont d'elles-mêmes en tant que mères et les liens qui existent entre la manière dont elles éduquent leurs enfants et ont elles-mêmes été éduquées par leurs parents. Compte tenu des expériences et des conceptions de rapports parents-enfants qui peuvent être celles des femmes, il est très important que le Programme de compétences parentales insiste plus particulièrement sur les éléments expérientiels et sur les modèles de comportement parental " intériorisés " au cours de l'enfance. Un autre aspect à prendre en compte en ce qui concerne les compétences parentales des femmes est la situation particulière de leurs enfants, c'est-à-dire leurs réactions comportementales et psychologiques à l'incarcération de leur mère et le stigmate associé à cet événement.

En résumé, les besoins des femmes ayant été assez bien cernés, il est recommandé de pousser plus loin la recherche afin de définir les lignes directrices d'une approche plus globale du processus de ressourcement et de réinsertion sociale. Des études plus approfondies devraient s'intéresser tout particulièrement aux effets interactifs possibles des différents aspects de la vie des femmes. Il serait sans doute utile d'étudier notamment les aspects suivants :

· la possibilité que les modèles parentaux et les expériences vécues par les femmes pendant l'enfance façonnent les relations qu'elles établissent avec leurs propres enfants et aient des répercussions sur la mère et l'enfant tant pendant l'incarcération que pendant la période ultérieure de réinsertion sociale;

· les relations entre la façon dont les femmes s'occupaient de leurs enfants avant d'être incarcérées et le besoin qu'elles éprouvent de maintenir ou d'établir des contacts avec ceux-ci pendant l'incarcération, dans le but de cerner les différents besoins des femmes et leurs difficultés psychologiques compte tenu des situations qu'elles vivent;

· la possibilité que les femmes aient vécu des expériences de violence fort différentes les unes des autres (et par conséquent aient des besoins différents) compte tenu du pourcentage extrêmement élevé de délinquantes qui ont indiqué avoir subi des mauvais traitements.