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LE PAVILLON DE RESSOURCEMENT PLAN OPÉRATIONNEL FINAL

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Février 1993

TABLE DES MATIÈRES


GLOSSAIRE DES TERMES

Eskwewuk Femmes autochtones purgeant une peine fédérale

Kikawinaw Directeur

Kikawisinow Directeur adjoint

Kimisinaw Agent de gestion des cas

Ke-Kun-Wem-Kon-A-Wuk Cercle du pavillon de ressourcement


Introduction

Le Groupe d'étude sur les femmes purgeant une peine fédérale a mis en évidence la nécessité d'un modèle correctionnel différent pour répondre aux besoins des femmes autochtones incarcérés. L'établissement d'un pavillon de ressourcement répondra à ce besoin.

Pour que les femmes guérissent ou se ressourcent, le pavillon de ressourcement et les activités qui s'y dérouleront doivent répondre aux besoins de celles à qui ils sont destinés - les femmes autochtones.

Il convient de répondre à tous les besoins: le rôle parental des femmes autochtones, leur passé de victimes d'abus, leur participation à des activités criminelles, leurs faibles niveaux de compétence et d'éducation et leur peu de réussite en milieu de travail. Le pavillon de ressourcement fournira des programmes d'aide et encouragera l'autonomie, de meilleures relations humaines et un comportement responsable. Le cadre physique peut influencer le comportement - et en fait il l'influence - en répondant à une série de critères indépendants. Un pavillon de ressourcement bien conçu répondra à une série de critères propres à favoriser la guérison, le bien-être et la prestation de programmes.

Environ 75 p. 100 des femmes autochtones ont des enfants et le souci qu'elles ont du bien-être de leurs enfants arrive en tête de leurs préoccupations. Les études ont également démontré que les femmes incarcérés reçoivent généralement moins de visiteurs que les hommes. L'organisation de visites pour les mères et les enfants et l'adoption de mesures afin que les enfants aient une expérience positive sont des éléments cruciaux pour le bien-être de tous. Le pavillon de ressourcement sera conçu avec des pièces polyvalentes ou aménagées de façon à offrir la possibilité d'y mener diverses activités.


MODÈLE DE GESTION

Le pavillon de ressourcement sera administré selon un modèle non hiérarchique. Il a y aura une Kikawinew, ou directrice de l'établissement, qui relèvera d'un conseil de gestion constitué de trois aînés du pavillon de ressourcement national, d'autochtones et du sous-commissaire, comme indiqué à la page 4. La directrice sera un membre du comité de gestion régional et relèvera du sous-commissaire régional. La directrice aura également la responsabilité d'assurer la liaison et de travailler en collaboration avec le conseil des aînés, la collectivité autochtone et les femmes purgeant une peine fédérale dans le pavillon de ressourcement. Ces relations seront fondées sur le partage du savoir et les échanges concernant l'apprentissage.


STRUCTURE ORGANISATIONNELLE

La structure originale est représentée par le cercle qui est le symbole de la vie dans les cultures autochtones étant donné que la vie est une spirale de croissance infinie.

Si l'on commence par le cercle intérieur, on trouve le centre, Eskwewuk ou les femmes autochtones purgeant une peine fédérale. Elles sont le centre du pavillon de ressourcement et du processus de ressourcement. C'est là que les femmes prennent la décision de prendre le chemin qui mène à la guérison.

Dans le second cercle à partir du centre, Kikawinaw ou la directrice, est celle qui soutient, aide et guide les femmes autochtones dans leurs décisions. La directrice est chargée de la direction générale des services et des activités relatifs aux programmes du pavillon de ressourcement. La Kikawinaw donne aux femmes les instruments qui leur permettront de faire des choix judicieux et responsables. La Kikawinaw est un membre du comité de gestion régional. Elle relève du troisième cercle et lui rend des comptes, de même qu'au quatrième cercle, le Ke-Kun-Wem-Kon-A-Wuk.

Le troisième cercle à partir du centre représente le sous-commissaire de la région, qui est responsable de tous les établissements correctionnels fédéraux de sa région et relève directement du commissaire.

Le quatrième cercle à partir du centre représente les Ke-Kun-Wem-Kon-A-Wuk, qui nous incitent à prendre soin de nous-mêmes. Ce sont les gardiens de la vision du pavillon de ressourcement et ils assurent l'orientation, l'aide et le soutien aux deux cercles intérieurs, la Kikawinaw et les Eskwewuk. Ke-Kun-Wem-Kon-A-Wuk est constitué de trois aînés du Pavillon de ressourcement national, d'aînés de la région de Nekaneet et de membres du Comité de direction autochtone et non autochtone à l'échelon national, régional et local (auparavant le Comité original de planification du pavillon de ressourcement).

Le cercle extérieur représente le commissaire, qui est responsable devant le Solliciteur général du Canada.


LA CONCEPTION DU PAVILLON DE RESSOURCEMENT

Comme l'énonçait le document La création de choix, &laqno;L'établissement, qui s'harmonisera au milieu naturel environnant, se remarquera par sa structure circulaire. Il a comprendra une salle de réunion centrale et circulaire, où se tiendront les cérémonies, les enseignements, les ateliers avec les Aînés, etc.; un appartement que pourront occuper tour à tour les Aînés, les enseignants et les guérisseurs qui pueront un rôle important dans les activités; et une garderie qui permettra aux femmes d'être avec leurs enfants.»

Agencement intérieur. Les éléments ci-dessous seront intégrés à l'agencement intérieur des pavillons:

  • Moquette
  • Lumière naturelle à profusion, créant une ambiance agréable et plantes
  • Alliance de garde-robes encastrées dans les chambres individuelles et de certains meubles comme des bureaux et des chaises
  • Canapés dans la salle de séjour
  • Souplesse dans la disposition des meubles et la personnalisation des chambres et des pièces communes
  • Utilisation de matériaux et de finitions contribuant à l'atténuation du bruit
  • Thermostats et gradateurs individuels permettant aux femmes de régler le chauffage et l'éclairage dans leur chambre et dans les autres zones des pavillons résidentiels
  • Choix de couleurs et de finitions qui représentent le ressourcement holistique

Préoccupations relatives à l'agencement et au cadre. L'aménagement de l'espace devrait être souple de façon à ce qu'on puisse modifier et étendre les programmes; la capacité d'expansion étant particulièrement importante. Il convient d'accorder une attention particulière à l'installation du câblage et de la tension électrique qui doivent permettre le changement. Les niveaux de bruit peuvent être réduits grâce à un traitement acoustique des murs et des plafonds. Les pièces doivent également être divisées au moyen de panneaux conçus avec des matériaux qui absorbent le son.

Le secteur de livraison et de ramassage des matériaux et des marchandises doit être facilement accessible aux véhicules. Il convient de construire des locaux adéquats pour les activités de réception, de gestion des stocks et de comptabilité qui seront informatisées.

Chaque pavillon résidentiel sera doté d'une cuisine adéquate te en fonction du nombre de femmes qui y vivent, y compris les aménités habituelles et des provisions pour une semaine (cuisine bien équipée, salle à manger, placards, installations d'entreposage des aliments, réfrigérateur, congélateur, cuisinière, four à micro-ondes, lave-vaisselle, ustensiles de cuisine, etc.).

La conception du pavillon de ressourcement sera holistique et influencée par de nombreux facteurs: emplacement, dimensions, vision et population; par conséquent, on ne s'inspirera pas pour sa conception des autres installations régionales. Certains éléments, dont il est tenu compte dans la conception d'un établissement correctionnel, demeurent valables, mais la façon dont les décisions sont prises et les priorités qui sont établies doivent être influencées par les préoccupations et les besoins des femmes autochtones purgeant une peine fédérale. Par exemple, l'on sait que les femmes autochtones ont un lien puissant avec la nature, un sentiment d'unité avec notre mère la Terre et un lien de parenté avec les animaux. Elles éprouvent le besoin de marcher en communiant avec la Création, comme le définit la vision du pavillon de ressourcement. L'aménagement de sentiers de marche et de terrains pour les activités de plein air suffisamment vastes pour permettre des réunions de famille, ainsi que l'installation de bancs placés à différents endroits à l'extérieur sont donc essentiels. Le plan du pavillon de ressourcement sera circulaire et il sera doté d'une source d'eau naturelle sur le terrain pour les cérémonies rituelles et de sentiers de promenade. L'intérieur doit être conçu pour intégrer à l'environnement naturel de façon holistique et on prévoiera une salle de tipi en cèdre. Les aires de réception du public et d'accueil des visiteurs seront imprégnées d'une atmosphère chaleureuse.

Le pavillon de ressourcement comprendra une salle du conseil pour les audiences de la Commission nationale des libérations conditionnelles, les réunions du personnel la formation et les autres réunions. La salle du conseil sera utilisée pour les discussions de cas régulières qui auront lieu de façon à assurer une communication adéquate entre tous les membres du personnel et les femmes du pavillon de ressourcement.


PAVILLONS RÉSIDENTIELS FAMILIAUX ET PAVILLONS RÉSIDENTIELS POUR CÉLIBATAIRES

Les logements seront comme un véritable foyer et le reflet du mode de vie traditionnel et contemporain. Les concepts traditionnels de décoration, les couleurs et les objets d'art seront choisis par les femmes. Chaque pavillon résidentielle aura des chambres à coucher, des salles de bain, une cuisinette et un coin salle à manger, une salle de séjour, une buanderie et une salle de jeu pour les enfants (dans les logements qui abritent des enfants). Chaque pavillon résidentielle aura une petite cour avec un patio.

Chaque logement aura un bureau qui pourra servir pour les réunions avec les autres femmes et les discussions confidentielles. Le bureau sera suffisamment vaste pour accueillir deux ou trois personnes et meublé de façon confortable.

Une aire d'entreposage permettra aux femmes de ranger leurs effets personnels.

Les logements seront dotés de chambres suffisamment grandes pour qu'on y installe un berceau ou un lit gigogne et comprendront une garde-robe encastrée, des commodes, de l'espace pour mettre des rayons, etc. Quinze chambres auront une chambre à coucher voisine pouvant loger jusqu'à 3 ou 4 enfants. Les 15 autres chambres seront des chambres d'une personne.

Les logements et les chambres seront meublés; toutefois, les femmes qui purgent des peines de longue durée pourront avoir droit à certains meubles personnels. Le pavillon de ressourcement sera aménagé de façon à pouvoir accueillir une femme purgeant une peine de longue durée.

Chaque pavillon résidentielle aura suffisamment de salles d'eau équipées de toilettes, d'un lavabo et d'un bac ainsi que d'une baignoire ou d'une douche convenant à la fois aux célibataires et aux familles. Par ailleurs, les salles de bain seront équipées de coiffeuses suffisamment grandes pour deux personnes.

Chaque chambre sera munie d'une serrure extérieure de façon à ce que les femmes puissent être en mesure de fermer la porte à clé lorsqu'elles ne sont pas là. Les femmes devraient être en mesure d'entrer dans leur chambre quand elles le désirent. Des serrures verrouillables de l'intérieur devraient être aménagées, pourvu que le personnel puisse avoir accès.


PLAN DE VIE PERSONNEL

Pour être significatif et efficace, le plan de vie personnel doit être préparé de manière à tenir essentiellement compte des besoins individuels des femmes, être axé sur la libération le plus tôt possible et demeurer centré sur l'individu plutôt que sur les formalités administratives. Tous les programmes doivent être fondés sur le travail d'équipe. Le plan de vie personnel répondra au besoin d'atteindre un équilibre affectif, physique, mental et spirituel de façon à en arriver une vie équilibrée.

On mettra l'accent sur le processus de ressourcement grâce à des enseignements ayant trait à la culture autochtone, à des cérémonies et à un mode de vie harmonieux pour atteindre cet équilibre. L'établissement de son plan de vie personnel se fera avec la participation éclairée des aînés, du personnel, de la Kimisinaw, de la collectivité et de l'animatrice communautaire (lien essentiel entre la femme et sa localité d'origine).


MODE DE VIE INDÉPENDANT

Le pavillon de ressourcement sera constitué de petits pavillons résidentiels logeant deux femmes avec ou sans enfants. Un mode de vie indépendant implique que les femmes s'occuperont de l'éducation de leurs enfants, de l'entretien du logement, de leurs courses, de la préparation de repas et de l'entretien de leur linge. Ce mode de vie sera fondé sur des interactions personnelles et des rapports mutuels entre les femmes et le personnel.

Préparation des repas

Les femmes prépareront le petit déjeuner, des repas rapides et des goûters dans leur maison, les repas principaux étant préparés dans la cuisine communautaire. Dans la mesure du possible, elles feront leurs propres courses d'épicerie dans la localité ou sur place.

Entretien du linge

Les femmes seront responsables de l'entretien de leur linge et chaque pavillon résidentiel aura une buanderie équipée d'une machine à laver de modèle courant, d'un sèche-linge, d'un fer à repasser, d'une planche à repasser, d'une machine à coudre, etc. Par ailleurs, il y aura des machines à laver et des sèche-linge de modèle commercial dans le secteur de service et d'entreposage (l'une des pattes de la tortue).

Les femmes du pavillon de ressourcement entretiendront le linge de l'établissement comme celui de la cuisine centrale, le linge de l'infirmerie et les vêtements des femmes qui ne sont pas en mesure de le faire.

Vêtements

Les femmes seront autorisées à porter leurs vêtements personnels; cependant, le pavillon de ressourcement fournira des vêtements appropriés et à la mode et des tissus pour les femmes qui ne peuvent acheter leurs propres vêtements. Des robes et des chemises de nuit devraient être disponibles pour les suées et les cérémonies, de même que des bouts de tissu pour les offrandes.

Entretien de la maison

Chaque femme sera responsable de l'entretien de sa propre chambre. Les aires communes seront nettoyées par les femmes de chaque logement.

Le pavillon de ressourcement fournira les produits d'entretien nécessaires, ainsi qu'une aire d'entreposage centrale pour les diverses fournitures requises.

L'entretien de l'extérieur et des bâtiments de l'administration pourrait donner lieu à des emplois pour les femmes ou être confié à du personnel recruté par contrat.


ADMISSION/TRANSFÈREMENT/MISE EN LIBERTÉ

Le pavillon de ressourcement accueillera des femmes autochtones purgeant une peine fédérale pendant toute la durée ou pendant une partie de cette peine, quelle que soit leur cote de sécurité. Par conséquent les femmes peuvent être admises directement au moment de la détermination de la peine, de la révocation de leur libération conditionnelle ou être transférées d'autres établissements, y compris le centre correctionnel de Burnaby. Les femmes purgeant une peine fédérale qui ont été mises en liberté, mais dont la libération a été par la suite révoquée, peuvent être admises directement au pavillon de ressourcement plutôt que d'être détenues dans des établissements provinciaux, des centres de détention provisoire ou d'autres cellules de détention en attendant une décision concernant leur libération conditionnelle.

Des femmes non autochtones peuvent être acceptées au pavillon de ressourcement pourvu qu'elles puissent faire valoir que les programmes et les services offerts seraient propres à favoriser leur processus de ressourcement.

Le pavillon de ressourcement disposera d'un programme d'orientation au cours duquel une évaluation complète sera effectuée.


ÉVALUATIONS INITIALES

Le processus d'admission et d'évaluation du pavillon de ressourcement sera conforme aux recommandations de La création de choix. On n'utilisera que des instruments qui ont été validés par des spécialistes dans leur domaine de façon à ce qu'ils soient pertinents pour les femmes et adaptés à la culture des autochtones. Les aînés joueront un rôle essentiel dans l'évaluation.


PROGRAMMES DE DÉVELOPPEMENT PERSONNEL

Une proportion importante de femmes ont des démêlés avec le système de justice pénal en raison de crimes accessoires aux crimes commis par les hommes qui étaient leurs compagnons. Par ailleurs, les femmes ont souvent une perception faussée de leur rôle et de leurs relations avec les hommes. Le fait que ces relations aient été accompagnées de sévices, d'abus sexuels et de cruauté mentale ne change guère l'aptitude des femmes à briser le cycle de l'autodestruction, 11 est largement reconnu que les femmes souffrent d'une faible estime de soi. L'une des clés de ce problème réside dans l'image qu'elles ont d'elles-mêmes dans ce contexte. Les programmes autochtones fournissent un puissant instrument pour transmettre aux femmes de nouvelles valeurs correspondant à leurs rôles et responsabilités en tant que femmes.


PROGRAMMES

Les programmes donnent aux femmes la possibilité d'acquérir des compétences et d'entreprendre le processus de guérison. Des programmes bien conçus donneront aux femmes les outils dont elles ont besoin pour introduire dans leur vie les changements qui s'imposent et avoir un mode de vie harmonieux. Les programmes seront fondés sur la participation de l'individu ou du groupe.

Des programmes destinés spécialement aux autochtones seront offerts. Ils comprendront des éléments comme l'étude des langues autochtones, des enseignements sur les rôles et les responsabilités traditionnels des hommes et des femmes autochtones, les diverses coutumes et leur importance ou leur portée, des cours sur les différents remèdes traditionnels et sur l'identification des plantes, des racines et des herbes, le rituel de la suerie, les cérémonies et l'enseignement du cercle sacré, les danses traditionnelles et d'autres activités culturelles seront accessibles, de même que la possibilité d'acquérir les techniques traditionnelles de tannage et de séchage des peaux.

À l'appui de la large gamme de programmes et de services, le plan du pavillon de ressourcement devrait prévoir des pièces pour les individus et les petits groupes. Ces pièces doivent être aménagées avec des matériaux, des meubles et des couleurs qui touchent la sensibilité culturelle des autochtones pour renforcer le processus de ressourcement des femmes autochtones purgeant une peine fédérale.

Pour maintenir le lien entre la femme et sa famille, des mécanismes de soutien extérieurs et d'autres mesures importantes sont essentiels à l'appui du processus de ressourcement. Les aires d'accueil des visiteurs doivent être aménagées de façon à tenir compte du concept de la famille étendue (&laqno;All My Relations»).

Les programmes extérieurs qui encouragent la marche et la conversation en groupe et l'aménagement d'aires pour la réflexion revêtent une importance particulière pour le processus de ressourcement des femmes autochtones dans la mesure où ils permettent d'entrer en rapport avec notre mère la Terre (la terre et la nature) et l'univers.

Des services seront assurés, dans la mesure du possible, dans la collectivité conformément aux recommandations de La création de choix. Les programmes doivent être holistiques, centrés sur les femmes et adaptés à leur culture; ils doivent encourager le développement de l'estime de soi et l'indépendance des femmes. Axés vers la libération, ils doivent tous concourir au bien-être spirituel, physique, affectif et mental des femmes.

Conformément à ce modèle de programme, le pavillon de ressourcement disposera d'une Kikawinaw, qui sera responsable de la gestion administrative de tous les programmes, y compris la prestation de programmes particuliers, de la gestion des contrats et de la détermination des ressources humaines et financières.

Tous les programmes seront fondés sur un travail d'équipe.

Habituellement, les programmes structurés ne se dérouleront pas dans les pavillons résidentiels, mais rien n'interdît aux femmes d'avoir des programmes en petits comités ou des réunions de groupe dans ce cadre.

Certains programmes nécessitent des locaux spécialisés et équipés à cette fin. Ils seront donc données dans des salles de classe destinées à l'enseignement général et professionnel, dans le secteur de l'infirmerie et dans des aires de ressourcement spirituel ou autre.


PROGRAMMES D'ENSEIGNEMENT GÉNÉRAL ET PROFESSIONNEL

Programmes d'enseignement général

L'enseignement à tous les niveaux - y compris l'acquisition de compétences professionnelles de base, les cours sanctionnées par une attestation, l'apprentissage des langues autochtones et les études autochtones reconnues par des crédit de l'université, etc. - sera dispensé de façon à assurer la conformité aux normes de la collectivité ou aux normes provinciales et à faire en sorte, par conséquent, que les femmes atteignent des niveaux d'éducation qui leur permettent de jouer un rôle utile dans la collectivité où elles retourneront vivre. Les études de niveau primaires, secondaire et postsecondaire axées sur l'emploi seront considérées comme un emploi en établissement et rémunérées.

Dans la mesure du possible, l'enseignement sera donné à l'extérieur du pavillon de ressourcement, avec des services sur place comme solution de rechange pour les personnes qui ne peuvent pas assister à des cours à l'extérieur. Parmi les situations obligeant à offrir ces services sur place, mentionnons la présence de femmes qui doivent purger une peine d'une longue durée avant d'avoir droit à une permission de sortir sans surveillance, à une libération pour travail dans la collectivité ou à une semi-liberté. On donnera également aux femmes la possibilité de bénéficier d'un enseignements à distance, notamment de suivre des cours par correspondance ou de bénéficier de téléconférences et de programmes d'ordinateur. Si les femmes ont le droit de participer à des programmes communautaires, on devrait envisager la possibilité de cours du soir et autres.

Le plan et l'aménagement du local destiné à l'étude doivent répondre à divers intérêts, et le climat doit favoriser l'apprentissage. Il est important de créer un climat d'apprentissage qui ne soit pas intimidant. On peut concevoir des salles d'étude convenant pour quatre à six femmes ou des salles de classe plus grandes qui peuvent être subdivisées et permettent la participation de la collectivité.

L'enseignement assisté par ordinateur s'est également révélé efficace pour les adultes. Certaines salles de classe doivent être de dimension pertinente et conçues pour l'aménagement de cabines d'apprentissage équipées d'ordinateurs. Ces cabines devraient avoir un traitement acoustique pour atténuer le son et donner un sentiment d'intimité et de tranquillité. Il convient d'aménager une salle de classe comprenant un espace et le câblage appropriés pour du matériel audiovisuel.

Il faut accorder une attention particulière à l'alphabétisation, et prévoir un espace pour des leçons particulières. Le tutorat - qu'il soit assuré par d'autres femmes, des bénévoles ou le personnel - s'est révélé particulièrement efficace pour l'apprentissage de base de la lecture et de l'écriture.

Une bibliothèque ou un centre de ressources sera conçu pour faciliter les fonctions qui se dérouleront sur place, permettre la lecture, l'audition d'enregistrements sur bande, le visionnement de vidéocassettes, l'étude et l'accès à l'apprentissage à distance, l'apprentissage assisté par ordinateur, l'étude ou la rédaction de devoirs sur ordinateur, etc.

Une alcôve, équipée de cabines d'apprentissage, d'ordinateurs et de machines à écrire, indépendante du reste de la bibliothèque ou du centre de ressources, doit être aménagée. L'utilisation de parois en vitre et de matériaux acoustiques dans ce secteur atténuera le son provenant du reste de la bibliothèque. Le poste de travail de la bibliothécaire sera suffisamment vaste pour permettre la réception et le catalogage des livres. Ce poste de travail sera muni d'un petit évier.

Formation professionnelle

Les programmes de formation professionnelle offerts doivent tenir compte de l'évolution des compétences en demande dans la collectivité et s'écarter des professions traditionnellement féminines. La planification des locaux destinés à la formation professionnelle doit être souple pour répondre aux changements continus de cet enseignement et aux besoins individuels des femmes.

Les locaux destinés à l'enseignement professionnel ne doivent pas être adaptés à un programme en particulier mais conçus comme une aire ouverte qu'il est possible de subdiviser facilement et qui peut accueillir divers équipements. De petits laboratoires d'enseignement professionnel situés à proximité de l'aire de formation professionnelle sont recommandés pour créer un environnement mieux adapté, alliant la pratique à la théorie. Des secteurs de rangement sécuritaire pour les outils, les matériaux bruts et les matériaux combustibles doivent être prévus et inclus dans le plan. Les matériaux de construction devraient être du modèle habituellement utilisé pour les ateliers d'industrie légère.

Formation d'animatrices de cours d'apprentissage de l'autonomie fonctionnelle

Une formation intensive d'animatrice de cours d'apprentissage de l'autonomie fonctionnelle sera axée sur la modification du comportement - de négatif positif - à l'aide de la pression du groupe. Grâce à la formation intensive d'animatrices de cours d'apprentissage de l'autonomie fonctionnelle, les participantes se libéreront de leur passé, travailleront dans le présent et formeront des projets d'avenir. La formation leur permettra également d'obtenir un certificat d'animatrice de cours d'apprentissage de l'autonomie fonctionnel. Des dispositions devraient donc être prises pour aménager une aire propre à accueillir de 10 à 15 personnes et équipée de tables de travail. Il faut également prévoir un espace ouvert adéquat pour les exercices de jeux de rôle et les activités de groupe.

L'enregistrement vidéo et le visionnement des cassettes est un instrument de rétroaction valable pour les jeux de rôle.

Aptitude à l'emploi. C'est là un aspect particulièrement important de l'apprentissage de l'autonomie fonctionnelle, mais qui ne nécessite pas d'attestation Les activités qui favorisent l'aptitude à l'emploi devraient inclure des jeux de rôle interactifs, des travaux pratiques d'établissement de demandes d'emploi et l'invitation d'orateurs pour parler des possibilités de carrière.


EMPLOI/INDUSTRIE/PETITE ENTREPRISE/COENTREPRISE

On prévoit qu'au maximum quelque 25 p. 100 des femmes seront employées et rémunérées dans ce qu'on considère traditionnellement comme les services en établissement, comme le travail ménager, l'entretien, certains emplois administratifs, la garde d'enfants pour d'autres, etc. Ces postes correspondent, quant aux caractéristiques, aux types de postes analogues dans la collectivité. Toutefois, une femme pourrait consacrer une demi-journée à des cours, une demi-journée au travail, une demi-journée à son développement personnel, une demi-journée au travail et ainsi de suite.

Si certaines femmes le désirent, elles peuvent être employées pour assurer l'entretien du terrain, à savoir jardiner, tondre la pelouse, planter des fleurs et autres. Diverses petites coentreprises nécessitent un matériel spécial et un espace destiné à cette activité. C 'est le cas pour le macramé et le tissage; la poterie et la céramique; la broderie perlée et la confection de bijoux: la maroquinerie et le tannage des peaux et la vannerie. Un fumoir sera nécessaire pour préparer les peaux en vue du tannage, de même que des cadres pour l'écharnage des peaux à l'extérieur. L'emploi est également assuré par l'exploitation d'une industrie ou d'une petite entreprise présentant les caractéristiques ci-dessous:

  • appui et participation de l'entreprise locale à la collectivité, y compris les possibilités d'emploi après la mise en liberté;
  • entreprise à forte concentration de main-d'oeuvre ne nécessitant pas d'importants investissements de capital ou de machinerie;
  • les femmes qui n 'ont pas les compétences de base requises pour trouver un emploi devraient se voir offrir la possibilité d'acquérir les compétences nécessaires et un certificat par des études ou une formation, par ex.: services à l'enfance, diplôme en éducation des jeunes enfants;
  • partenariat avec la collectivité, avec certains travailleurs ou travailleuses de la collectivité venant au pavillon de ressourcement;
  • les femmes, en particulier celles qui purgent des peines de longue durée, suivant leurs compétences et leur expérience, doivent participer à différentes affectations de travail au sein de diverses entreprises afin d'être stimulées et de conserver le désir d'un perfectionnement progressif;
  • les normes de la collectivité concernant le salaire minimum, la rémunération, les pratiques commerciales, la sécurité et les avantages sociaux s'appliqueront.

Aux fins de la politique en matière de rémunération, l'emploi inclut la participation aux activités d'éducation, de développement spirituel et personnel visant à répondre aux besoins des femmes liés au ressourcement et à la préparation à la mise en liberté sous condition. Par ailleurs, les femmes qui gardent leurs propres enfants à plein temps seront considérées comme occupant un emploi et recevront une rémunération en conséquence.


PROGRAMMES FAMILIAUX

La majorité des femmes autochtones sont mères et sont extrêmement angoissées à l'idée des conséquences de leur incarcération sur leurs enfants. De plus, les problèmes de distance et de garde peuvent rendre difficiles les visites. Des programmes familiaux (en particulier parents-enfants) sont essentiels pour aider les femmes à maîtriser leur angoisse, à entretenir de solides relations avec leurs enfants et à devenir des parents plus efficaces.

La prestation de programmes familiaux a des répercussions applicables sur la conception du pavillon de ressourcement. Le pavillon de ressourcement ne devrait pas être un lieu intimidant pour les enfants et les femmes devraient se sentir à l'aise d'y amener leurs enfants.

D'autres programmes seront offerts pour favoriser de meilleures relations parents-enfants, comme l'envoi de lettres, des appels téléphoniques et l'utilisation des cours d'artisanat pour confectionner des cadeaux pour les enfants afin d'aider les mères à se sentir plus près de leurs enfants et d'améliorer leur communication avec ces derniers.

Cours sur l'art d'être parent. Des cours sur l'art d'être parent devraient être dispensés dans le but d'aider les mères qui décident de ne pas avoir leurs enfants sur place avec elles à vivre la séparations d'avec leurs enfants, par exemple un programme sur l'acception de ses limites personnelles. Des cours sur l'art d'être parent ne nécessitent pas nécessairement un cadre particulier.


PROGRAMME D'ACCUEIL DES MÈRES ET DE LEURS ENFANTS

Au cours des consultations du Groupe d'étude, les femmes autochtones purgeant une peine fédérale ont indiqué que la douleur d'être séparées de leurs enfants était leur principale préoccupation et qu'elles accordaient une extrême priorité à l'accroissement des contacts. Une enquête mense en 1989 par Margaret Shaw a montré que 77 p. 100 des femmes autochtones purgeant une peine fédérale étaient mères de famille et avaient de quatre à cinq enfants chacune.

En accord avec la politique publique actuelle concernant les garderies sur place, ce service sera également accessible au personnel. On s'attend à ce qu'un nombre égal d'enfants de résidentes et de non-résidentes participent au programme de garderie.

Le Groupe d'étude a recommandé en particulier la mise en place de ressources pour répondre aux besoins des mères. Cette recommandation était fondée sur l'idée que la période d'incarcérations devait être utilisée à bon escient pour maintenir et même renforcer les relations parents-enfants qui aideront les familles, les femmes et leurs enfants et favoriseront une bonne réinsertion des femmes dans leur collectivité.

Le principe directeur du programme d'accueil des enfants est de respecter au mieux les intérêts de l'enfant et de faciliter le choix des femmes d'assumer activement leur rôle parental. Le Groupe d'étude sur les femmes purgeant une peine fédérale a reconnu que les réponses correctionnelles traditionnelles à l'incarcération des mères sont de plus en plus à l'origine de problèmes. L'initiative à l'intention des enfants facilitera une approche sur plusieurs plans afin de répondre aux besoins individuels par l'élaboration d'une gamme de solutions pour l'interaction mère-enfant. Parmi les approches possibles, mentionnons un réseau subventionné de foyers d'accueil à proximité du pavillon de ressourcement, un meilleur programme de visites de la famille, des visites après l'école et un programme de garderie sur place pour les enfants d'age préscolaire résidant avec leur mare au pavillon de ressourcement. L'éventail de solutions proposées appuie les principes du Groupe d'étude qui privilégient de véritables choix, le portage des responsabilités, la délégation de pouvoirs et une approche holistique pour répondre aux besoins des femmes autochtones.

Comme les enfants sent considérés comme des dons du Grand Esprit qui n 'appartiennent pas aux parents, mais sent élevés jusqu'à l'âge adulte aux fins du Créateur, l'un des principaux aspects importante du programme d'accueil des enfants a trait au fait qu'il renforce et reconnaît la valeur des enfants dans la culture traditionnelle autochtone.

Le programme d'accueil des enfants sera administré avec le maximum de flexibilité possible pour répondre aux besoins de la mère et de l'enfant.

Description du programme

L'objectif de ce programme est de favoriser le lien entre les mères et les enfants. La description qui suit vise à suggérer certains paramètres relatifs au programme tout en laissant suffisamment de souplesse pour répondre à divers besoins. Les formules présentées doivent donc être considérées comme une démarche holistique destinés à privilégier un lien plus direct entre la mère et l'enfant. Diverses solutions de résidence et de visite seront proposées aux enfants et à leur mère. On fera régulièrement le point pour vérifier si la participation au programme continue à être dans l'intérêt supérieur de l'enfant. Les éléments du programme doivent être intégrés et aider les enfants et les mères dans leur passage d'une étape à une autre.


GARDERIE SUR PLACE

Une garderie sera aménagée à proximité des pavillons résidentiells familiaux et le service sera coordonné ou géré par un personnel professionnel ou diplômé à l'intention du personnel, des femmes et de la collectivité. La garderie devrait assurer des services de garde des bébés et des enfants au cours de la journée, pendant que les méres travaillent ou participent à des programmes. La garderie sera au coeur de centre des enfants du pavillon de ressourcement. Il est suggéré que les heures d'ouverture soient prévues de facon à ce que l'etablissement ouvre ses portes environ une demi-heure avant le début du quart de jour et ferme à 18h. Ces heures pourraient être prolongées si la demande le justifie et si les ressources sont suffisantes. La garderie disposerait d'une cuisine pour la préparation des déjeuners et des goûters des enfants. L'ambiance du centre des enfants doit être stimulante, sécuritaire, agréable, colorée et accueillante.

Le centre des enfants servira à diverses fonctions, y compris la garderie, d'aire de réunion pour les groupes de formation et de soutien ainsi que pour les séances de counseling privé.

Le centre des enfants assurera un service de garderie pendant les fins de semaine et pourrait servir pour la prestation de programmes en soirée et, en fin de semaine, pour des programmes connexes comme:

  • des cours sur l'art d'être parent
  • des groupes de soutien des parents
  • le counseling des personnes affligées ou vivant une séparation
  • le counseling familial
  • des cours de secouriste
  • un cours de garde d'enfants sanctionné par une attestation
  • la formation de travailleuse des services à l'enfance
  • les enfants de familles exploitées et violentes
  • la lutte contre les maladies transmissibles

Des services de garde d'enfants seraient requis le soir et pendant les fins de semaine, lorsque la garderier est fermée, de facon à ce que les mères puissent participer à des programmes ou disposer de temps pour elles-mêmes ou de tranquillité.

Une coordonnatrice ayant la compétence requise s'occupera du programme des enfants, et sera chargée de la gestion de tous les éléments du programme, y compris la garderie et la liaison avec les autorités de protection de l'enfance, le personnel et la mère. Lorsque la fréquentation de l'école maternelle est obligatoire ou souhaitée, des dispositions pourront être prises pour le transport par autobus de l'enfant à la maternelle de la collectivité locale.

Résidence à plein temps

Dans le cas des ententes de garde partagée, les enfants et les mères concernés seront considérés comme des résidents à plein temps bien que les enfants ne puissent être au pavillon de ressourcement que deux semaines par mois. La mère et l'enfant vivront dans un pavillon résidentiel familial avec d'autres mères et d'autres enfants Les mères sans enfants ne se verront pas interdire d'habiter dans une maison logeant des enfants exclusivement en raison du fait qu'elles n'ont pas d'enfants dans le programme de résidence; toutefois, il convient d'agréer les demandes des personnes qui veulent habiter dans des pavillons sans enfants.

Les mères et les enfants doivent disposer d'une salle de bain complète privée. Des aires de jeu, à l'intérieur et à l'extérieur, sont nécessaires dans chaque pavillon résidentiel qui loge des enfants Les aires de jeu doivent être bien visibles des maisons.

Résidence à temps partiel (toutes les fins de semaine et pendant les vacances)

Ce programme est destiné aux enfants qui ont été en résidence à plein temps et qui sont par la suite transférés dans une maison de type familial (foyer d'accueil spécialisé pour les enfants pendant les mois d'été ou les congés scolaires), ou chez une personne qui prendra soin d'eux. Les enfants d'âge scolaire et leur mère devraient se voir accorder la possibilité d'être ensemble pendant les fins de semaine et d'autres soirs lorsque l'enfant n 'a pas d'école. Les visites après l'école devraient également être prévues au programme.

Les mères et les enfants qui participent au programme devraient être logés dans un pavillon résidentiel qui leur donne accès à un choix de pièces si cette formule convient à la mère. Chaque fois que c 'est possible, les mères et les enfants devraient avoir le choix entre partager la même chambre avec un lit gigogne ou un lit à sangles ou disposer d'une chambre pour la mère et d'une chambre séparée pour l'enfant dans le logement de la mère.

Ce programme devrait donner accès au même soutien, aux mêmes installations et au même matériel que dans le cas des enfants participant à un programme de vie à plein temps au pavillon.

Séjour occasionnel (pour la nuit, généralement jusqu'à deux ou trois nuits par mois)

Ce programme permettrait d'accueillir la famille et l'enfant pendant les périodes de crise ou d'urgence ou lorsque l'enfant est plus âgé au moment de l'incarcération de sa mère ou de sa participation au programme. L'enfant ou la mère peuvent avoir un traumatisme découlant de la mort d'une personne aimée, ou d'une séparation, qui pourrait nécessiter l'installation temporaire de l'enfant avec la mère. Cette situation donnerait également lieu à des arrangements de garde et de visites occasionnelles.

Les modalités de logement dans le cadre de ce programme devraient être souples et, dans la mesure du possible, donner à la mère ou à l'enfant le choix entre occuper la même chambre ensemble ou loger dans des chambres distinctes dans le même pavillon résidentiel. Il conviendrait également de faire preuve de souplesse en autorisant la mère à déménager dans une maison qui accueille les enfants pendant la durée de la visite et à retourner ensuite dans son propre logement à la fin de la visite. Si le pavillon réservé aux visites familiales privées est libre, il pourrait être, également utilisé pour ce genre de visites, mais la visite ne doit pas dépendre de l'accessibilité du pavillon.

Placements en famille d'accueil ou autres

Des formules doivent être prévues pour les placements à plein temps ou de dépannage à l'intérieur et à l'extérieur de l'établissement si la mère est incapable de prendre soin de ses enfants en raison de circonstances particulières (maladie physique ou mentale).


CRITÈRES D'ADMISSIBILITÉ POUR PARTICIPER AU PROGRAMME D'ACCUEIL DES ENFANTS

Les critères d'admissibilité doivent être fondés sur les besoins individuels de chaque enfant et de chaque femme. Le programme d'accueil des enfants est conçu de façon à fonctionner d'une manière globale en assurant un large éventail de possibilités aux femmes et aux enfants pour qu'ils nouent et entretiennent des relations. Les divers volets du programme sont axés vers les différents groupes d'âge des enfants afin de donner toute la flexibilité voulue pour assurer la transition dans le cas des enfants qui sont nés lorsque leur mère était incarcérée et des enfants des femmes qui ont été récemment condamnées et dans les cas d'urgence lorsque les services de garde extérieurs habituels sont interrompus ou lorsque l'enfant a subi un traumatisme quelconque.

L'âge de l'enfant participant au programme ne doit pas être déterminé exclusivement en fonction de son âge chronologique, mais plutôt en fonction d'événements marquants, comme son entrée en première année.

La participation au programme vise à être le plus possible conforme à la vie réelle. Il incombe à la mère de prendre toutes les dispositions nécessaires, comme de placer l'enfant à la garderie pendant ses heures de travail ou de cours et de trouver une gardienne occasionnelle lorsque c 'est nécessaire. La garde des enfants sera assurée par des personnes accréditées, d'autres résidentes ou un service de l'extérieur, selon les dispositions prises par la mère. Toutes les mères qui participent au programme ne doivent pas être nécessairement la mère biologique des enfants en cause, mais il est prévu que les femmes admissibles devront avoir la responsabilité des enfants concernés, comme la garde légale de l'enfant ou l'autorisation du tuteur légal. En, raison de cette responsabilité, la participation des femmes et des enfants au programme se fera sur une base volontaire.

Admissibilité de l'enfant à la résidence à plein temps

Admissibilité de la mère

L'admissibilité fondée sur intérêt supérieur de l'enfant doit être guidée par l'idée que toute mère qui le souhaite sera admissible en tant que participante au programme. Dans les cas où il y a un différend concernant la garde légale des enfants cette décision doit être prise par les tribunaux de la famille, le chef et le conseil de première nation ou l'organisme central correspondant pour les Métis. Toutefois, lorsque la garde légale de l'enfant n 'est pas contestée, il appartient à la Kikawinew et à la mère de déterminer quel est l'intérêt supérieur de l'enfant. Cette décision tiendra compte des éléments suivants:

  • l'existence, au moment de la décision, d'une relation positive continue entre la mère et l'enfant;
  • l'évaluation de la santé physique et mentale de la mère, à l'exclusion de l'incapacité;
  • le consentement du chef et du conseil de première nation ou de l'organisme central correspondant pour les Métis ou des autorités juridiques ou de protection de l'enfance, le cas échéant;
  • les arrangements pris par la mère pour avoir des services de garde de dépannage, soit dans la collectivité ou au sein du pavillon de ressourcement (famille, amie, foyer d'accueil, etc.). Les autres arrangements peuvent être, notamment, la garde de l'enfant par toute autre personne détenant la garde légale dans le cas des ententes de garde conjointe, les autorités de protection de l'enfance lorsqu'on a recours à des foyers d'accueil ou lorsque l'enfant doit partir dans le cas où la mère est incapable de poursuivre le programme, soit temporairement ou de façon permanente pour une raison quelconque;
  • la coopération de la mère pour permettre les rencontres entre l'enfant et d'autres membres importants de sa famille (père, grands-parents, frères et soeurs) lorsque les visites sont recommandées par la première nation, l'organisme central correspondant pour les Métis ou les tribunaux;
  • une demande de réinscription au programme à la suite d'un retrait volontaire ou involontaire sera prise en considération si c 'est dans l'intérêt supérieur de l'enfant;
  • une mère qui est condamnée pour cause de sévices ou de négligence à l'égard d'un enfant ne sera pas admissible au programme de résidence tant qu'elle n 'aura pas été réintégrée dans ses droits par le chef et le conseil de la première nation, l'organisme central correspondant pour les Métis ou les tribunaux; qu'elle n'aura pas bénéficié d'un traitement et participé à une série d'interactions sous surveillance avec son enfant ou ses enfants.

Admissibilité de l'enfant

On considère qu'il est dans l'intérêt supérieur de l'enfant de vivre avec sa mère au pavillon de ressourcement en tenant compte des facteurs ci-dessous:

  • évaluation de la santé de l'enfant;
  • consentement du chef et du conseil de première nation, de l'organisme central correspondant pour les Métis, du tribunal ou des autorités de protection de l'enfance, le cas échéant;
  • il convient d'éviter le plus possible de perturber l'enfant et l'on doit prendre en considération son besoin de stabilité, selon l'opinion des professionnels compétents, de la mère ou des autres membres de la famille;
  • le consentement de l'enfant, dans la mesure du possible.

Admissibilité de l'enfant à une résidence à temps partiel et à des séjours occasionnels

Ce programme vise à s'ajouter aux visités familiales privées pour inclure des visites le soir, pendant les fins de semaine et pendant les congés scolaires. Il doit être envisagé comme un élément du programme de résidence de façon à assurer une régularité.

Admissibilité de la mère

  • le critère fondamental d'admissibilité au programme à temps complet sera adapté pour tenir compte des besoins de résidence à temps partiel et de séjours occasionnels:

Admissibilité des enfants

  • le chef et le conseil de première nation, l'organisme central correspondant pour les Métis ou les tribunaux, les autorités de protection de l'enfance ou la personne détenant la garde légale des enfants doivent donner leur consentement lorsque c 'est nécessaire:
  • la transition entre la résidence à temps partiel et les séjours occasionnels vise à accorder de la souplesse pour faciliter le passage de l'enfant d'une résidence à temps plein ou à temps partiel à des visites régulières. Par conséquent, l'âge de l'enfant lorsqu'on choisit cette formule doit se situer au début de la quatrième ou de la cinquième année scolaire pour la résidence à temps partiel et à la fin de la sixième année pour les séjours occasionnels. Le séjour occasionnel est également prévu pour les cas où un enfant a besoin temporairement de contacts supplémentaires avec sa mère.

Admissibilité de l'enfant au programme élargi de visites régulières

Le programme des visites régulières est élargi et l'on donne la possibilité pour les enfants de rendre visite à leur mère régulièrement pendant des périodes prolongées, par exemple après l'école.

Admissibilité de la mère

  • toutes les femmes, sauf celles qui ont pu se voir refuser le droit de visite par le chef ou le conseil de première nation, l'organisme central correspondant pour les Métis, les tribunaux ou les autorités de protection de l'enfance, seront admissibles.

Admissibilitié de l'enfant

Tous les enfants qu'une femme indique sur sa liste de visiteurs, qu'il s'agisse de ses enfants naturels ou d'autres enfants dont elle a la responsabilité, seront admissibles à des visites régulières dans la mesure où les formulaires de consentement auront été remplis, lorsqu'il y a lieu.

Programmes des enfants

  • Le personnel de la garderie doit être accrédité.
  • L'instructrice de soins de garde doit assurer une formation sanctionnée par un certificat.
  • L'instructrice doit assurer une formation au gardiennage d'enfants sanctionnée par un certificat de garde d'enfants. Les membres de la collectivité sont admissibles au programme sanctionné par un certificat.
  • La coordonnatrice des programmes des enfants coordonnera les activités suivantes:
    • cours sur l'art d'être parent
    • formation sanctionnée par un certificat pour les femmes (gardienne d'enfants et monitrice de garderie)
    • garderie
    • réseau de foyers d'accueil
    • counseling des personnes affligées ou pour la séparation
    • séjours occasionnels ou d'urgence
    • visites des enfants, y compris les séjours temporaires
    • jouets et aires de jeu
    • groupes de soutien des parents
    • soutien général des mères participantes
    • sensibilisation à la violence familiale et aux abus sexuels
    • thérapie par le jeu
    • enseignement de la culture et des langues autochtones
    • concepts relatifs à notre mère la Terre
    • liaison avec le chef ou le conseil de première nation, l'organisme central
    • correspondant pour les Métis ou les autorités de protection de l'enfance

«UN JOUR COMME LES AUTRES»

ESKWEW'S PI-MAT-SO-WIN (Un jour dans la via d'Eskwew)

Eskwew se réveille à l'aube, en entendant le chant des oiseaux. Doit-elle sauter du lit pour aborder le nouveau jour ou rester chez elle à prier et à méditer? Il est toujours merveilleux de voir le soleil apparaître à l'horizon Elle se sent alors si proche du Créateur, quand elle assiste à l'éveil de la Création. Elle décide de sauter du lit et s'habille.

Elle prend le sentier qui mène à la clairière dans les bois et marche. Elle pense aux autres soeurs qui se préparent toutes pour cette nouvelle journée, chacune à sa façon. L'une d'entre elles est peut-être à genoux en train de prier Dieu à côté de son lit, une autre plongée dans une méditation de yoga et il y a celle qui ne sait pas encore remercier le Créateur pour le nouveau jour, parce qu'elle est dans une période de révolte et de refus.

Voilà, le soleil est déjà à l'horizon. Eskwew dit sa prière du matin au Grand Esprit, puis chante son chant du matin. Elle sent toute la bonté et l'amour du Créateur quand elle est ainsi devant le spectacle de sa Création. Elle s'assied dans une douce méditation, se laissant pénétrer par l'amour du Créateur et ressentant la chaleur de sa mère la Terre.

Empreinte de la sérénité du jour nouveau, Eskwew revient à sa chambre pour se rendre avec ses soeurs dans la grande salle à manger pour le déjeuner. L'appel a lieu à 7 h 30.

Pendant qu'elle mange, elle regarde autour d'elle - son foyer depuis deux ans. Eskwew se sent si différente aujourd'hui de ce qu'elle était le pur de son arrivée. Elle ne savait pas à quoi s'attendre On lui avait bien dit que ce lieu était différent, mais était-ce vrai? Elle n 'en croyait pas ses yeux!

Eskwew s'était sentie si seule, séparée de sa famille et de ses amis. Elle s'était sentie comme abandonnée et le plus dur était d'être privée de sa fille de quatre ans, Tanis, qu'elle aimait plus que tout au monde. Parfois, elle éprouvait une sorte de panique intérieure, la peur de ne pas arriver à tenir le coup à compter ainsi les jours, jusqu'à sa libération conditionnelle.

Elle avait cependant appris qu'à chaque jour suffit sa peine, avec l'aide d'un aîné. Il lui avait fallu réapprendre que la vie, en harmonie avec la Création et le Grand Esprit, nous est donnée un pur à la fois. Rien ne doit être tenu pour acquis, en particulier la vie...

Et quel voyage jusqu'à cette petite retraite isolée! Chacune s'attendait à trouver un établissement dans un centre urbain avec du bruit et de l'activité. Et elles étaient arrivées à Maple Creek, qui est si tranquille. Mais elles ne s'étaient pas arrêtées là. Le voyage s'était poursuivi sur cette route de gravier avec des virages en lacets. Et là, elles étaient arrivées dans un coin perdu au milieu des baissons et des arbres. Est-ce la réserve? Le lieu semble familier, cependant, avec toute cette étendue d'herbe et ces arbres.

Comme elles arrivaient devant le bâtiment qu'elles appelaient le pavillon de ressourcement, elle avait été surprise. &laqno;Ça n'a pas tellement l'air d'une prison, avait-elle pensé, de l'extérieur pas du tout». Elle était entrée et une femme l'avait accueillie. Était-ce une gardienne? Elle ne portait pas d'uniforme. Où étaient les autres femmes, celles qui étaient enfermées?

Après l'admission, on avait montré à Eskwew où elle allait vivre, puis on lui avait fait faire le tour du complexe et on l'avait informée des règles de vie en ces lieux. Quelle curieuse expérience que ce premier jour! En fait, chaque pur depuis avait été toute une expérience, au cours de laquelle elle avait appris à vivre avec 29 autres femmes condamnées, le personnel, les aînés et les gens de la collectivité.

Eskwew considérait qu'elle avait mûri surtout avec l'aide de sa Kimisinaw, de sa conseillère, de son animatrice et des aînés, qui l'avaient aidée à connaître ses besoins et l'avaient guidée dans ses décisions. Ils l'avaient aidée à établir son plan de vie personnel pour ce qu'elle appelle &laqno;Pi-Mat-So-Win», vivre sa vie dans le droit chemin. À partir de là, elle avait appris à être responsable de son propre comportement et à travailler pour acquérir un mode de vie indépendant. Elle a beaucoup grandi sur le plan spirituel et elle comprend maintenant mieux qu'il lui fallait troquer son ancien mode de vie contre un nouveau.

Lorsque Eskwew a été pour la première fois incarcérée, Tanis a vécu avec sa tante. Mais elle était malheureuse et agitée. Les conseillers avaient pensé que Tanis se sentirait plus en sécurité si elle vivait avec sa mère. Eskwew, sa conseillère et Kimisinaw avaient donc pris la décision de faire venir Tanis, dans le cadre du programme résidentiel du pavillon de ressourcement. En raison du travail et du programme d'études d'Eskwew, il lui fallait mettre Tanis à la garderie mais, elles auraient encore du temps pour être ensemble après le travail et les cours. C'était si bon d'avoir son bébé avec elle. Eskwew pense qu'elle a réussi à conserver son lien avec sa fille au cours de ces années si critiques pour le bébé ou le tout-petit.

L'an prochain, Tanis aura cinq ans et sera prête à entrer à la maternelle. Eskwew se demande si elle doit la laisser retourner vivre avec sa tante, dans la collectivité, ou si elle doit la garder avec elle jusqu'à sa libération dans six mois. Vivre dans la collectivité permettrait à Tanis de bénéficier d'un plus grand nombre de programmes auxquels elle pourrait participer. Eskwew pourra voir Tanis pendant les fins de semaine et elle aura vraiment besoin de ces moments-là pour maintenir leur lien mère-fille.

Il est 7 h 30, la préposée du pavillon de ressourcement est arrivée pour faire l'appel. Elle bavarde avec Eskwew, sa compagne de résidence et leurs enfants. Eskwew a un programme de travail pour le matin et un programme de formation à l'ordinateur l'après-midi. Aujourd'hui, elle a besoin de prendre son lunch étant donné que c 'est l'assemblée hebdomadaire de la sororité. Elle habille Tanis et la prépara pour la garderie. À 8 h 15, elles partent pour la garderie.

La compagne de résidence d'Eskwew, que Tanis appelle sa tantine, a choisi de rester chez elle avec son bébé pour répondre à tous ses besoins, pendant au moins quelques mois.

Eskwew se rappelle combien il est exigeant et quelle lourde responsabilité c 'est d'être une mère avec un petit bébé et elle comprend les efforts de sa compagne. Tanis avait deux ans lorsqu'elle est arrivée au pavillon de ressourcement. Ces deux dernières années, en plus d'élever sa fille, elle a terminé ses études secondaires et obtenu l'équivalent d'une douzième année. Elle a également suivi le cours d'administration des affaires offert au collège communautaire local et le cours de formation d'animatrice de cours d'apprentissage de l'autonomie fonctionnelle au pavillon. Maintenant, elle suit un cours d'informatique pour mettre à jour et compléter son cours d'administration des affaires. Avec toutes ces attestations de cours, elle devrait être capable de se trouver un emploi une fois qu'elle sera libérée.

Certaines femmes travaillent à la ville et au bureau de la bande, mais Eskwew a choisi de travailler au pavillon de ressourcement pour rester près de sa fille. Au cours de sa pause santé pendant son programme de travail, Eskwew appelle sa Kimisinaw pour vérifier l'heure de son rendez-vous pour sa séance de counseling le lendemain. Elle attend ces séances avec impatience, mais il est parfois difficile de revenir sur certaines de ses expériences passées.

À 11 h 30, il y a un autre appel plus officiel pour relever les présences et vérifier la participation de chacune. Au début, Eskwew était irritée par ces appels. Lorsqu'on faisait l'appel, elle avait l'impression qu'on la considérait comme malhonnête et irresponsable. Maintenant, elle comprend que le SCC est obligé de rendre des comptes et elle essaie d'y voir une simple formalité pour sa propre protection et la protection de la collectivité.

À l'heure du déjeuner, Eskwew et les autres membres de la sororité se réunissent pour l'assemblée hebdomadaire afin de préparer leur Pow-Wow annuel et de présenter un rapport sur leurs diverses activités bénévoles. Eskwew est chargée de distribuer les affiches à toutes les personnes qui seront invitées. Elle a fait les affiches à l'ordinateur, elle est donc prête à présenter son rapport. Tout ce dont elle a besoin, maintenant, c 'est d'avoir la liste d'envoi et un plus grand nombre de femmes pour faire les enveloppes à expédier. Elles espèrent qu'elles auront leur Pow-Wow à l'extérieur, cette année, et tout le monde prie pour avoir du beau temps.

Après l'assemblée de la sororité, Eskwew participe à son programme prélibératoire. Elle est assez excitée à propos de sa libération, mais elle n 'en éprouve pas moins une certaine tristesse lorsqu'elle pense à ses soeurs qu'elle laissera derrière elle.

Le programme prélibératoire se prépare avec des gens qui la renseignent sur ce qu'elle trouvera dans la collectivité à sa sortie. On l'aide à envoyer des demandes d'emploi et à se préparer en vue d'entrevues d'emploi éventuelles. On lui a fourni de l'information sur les services de counseling dans la collectivité, ainsi qu'un profil de la collectivité et de ses ressources. La partie de préparation à l'emploi du programme comprend des jeux de rôle sur des situations d'entrevue d'embauchage, diverses questions connexes, l'établissement d'un budget et la gestion du temps. Ce programme, qui est destiné à donner confiance en soi, a bien préparé Eskwew à entrer sur le marché du travail. Avec sa formation en administration des affaires et en informatique, elle est convaincue qu'elle obtiendra un emploi à sa libération. À la fin de la séance, l'instructrice fait l'appel.

Sur le chemin du retour vers son logement, Eskwew s'arrête à sa boîte aux lettres. Il n'y a rien au courrier aujourd'hui, mais elle attend une lettre dans les prochains jours. Elle se dirige vers la garderie pour prendre Tanis qui est tout habillée et qui joue à l'extérieur sur le terrain avec les autres enfants qui attendent également leur mère. Elles rejoignent la maison en s'arrêtant pour parler à d'autres parents qui viennent chercher leurs enfants.

La compagne de résidence d'Eskwew a invité la Kimisinaw à prendre le thé avec elles. Elles demandent des nouvelles de l'une des soeurs qui a passé les deux derniers purs dans le pavillon de sécurité. La Kimisinew indique qu'elle va bien et qu'elle devrait rapidement retrouver la communauté. Les aînés ont été extrêmement utiles pour la guider, de même que les autres membres de l'équipe qui s'occupaient de son bien-être. Il est maintenant temps de dîner, et elles se rendent à la salle à manger communautaire.

Après le dîner, elles iront au centre des loisirs pour la soirée de cinéma qui a lieu une fois par mois. Les femmes et leurs invités ont la chance de regarder un film et de se tenir compagnie. Ce soir, la soeur d'Eskwew sera là. Sa venue donne à Eskwew la possibilité de discuter avec elle de l'entrée de Tanis à la maternelle.

À 21 h 30, toutes les femmes sont de retour dans leur logement. Eskwew et sa compagne de résidence jouent aux cartes et bavardent de leurs visites respectives la soirée de cinéma. Elles rient en faisant remarquer qu'il faudrait qu'on leur trouve de meilleurs films, - mais elles savent que l'intérêt de la soirée, c 'est de se retrouver avec la famille et des amis.

À 22 h, on frappe à la porte. C 'est la préposée du pavillon de ressourcement qui fait le dernier appel de la journée.

Préparé par:

Sky Blue Morin


SOINS DE SANTÉ

La création de choix signalait que les soins de santé préoccupent considérablement presque toutes les femmes incarcérées. Les principales préoccupations ont trait au manque d'accès à des traitements médicaux, à la disponibilité de ces traitements et à l'attitude du personnel lorsqu'elles présentent leurs demandes. La création de choix recommandait que des services médicaux soient assurés, à l'extérieur des établissements si possible, de façon à mieux répondre aux besoins de services de santé des femmes et à élargir leur choix d'une façon correspondant le plus possible à ce qu'on offre dans la collectivité.

En plus de respecter les recommandations relatives à la santé de La création de choix, il est essentiel que les services soient assurés de manière conforme aux objectifs de l'Énoncé de mission et des valeurs fondamentales du SCC. L'Énoncé de mission et La création de choix préconisent la prestation de services de santé intégrés et holistiques. De même, il y a plusieurs années, le SCC a adopté des normes de soins de santé, y compris une série de 12 Principes régissant la prestation des services de santé. Ces principes (reproduits à l'annexe A, à l'exception de deux, les principes 7 et 10, qui sont analysés plus loin) sont conformes au rapport La création de choix.

Le SCC dispose maintenant d'une excellente possibilité d'intégrer une approche novatrice aux services de santé destinés aux femmes. Les principes qui sous-tendent la prestation de soins de santé au pavillon de ressourcement sont de déléguer des pouvoirs en créant des choix et en réduisant les inégalités: d'instaurer le partage des responsabilités en favorisant l'établissement de systèmes pertinents de soutien et d'autoprotection; et, par-dessus tout, en créant un climat favorable. La participation active des femmes autochtones purgeant une peine fédérale, en tant que consommatrices parfaitement informées, à la détermination de leurs objectifs et de leurs stratégies de santé est essentielle pour la mise en oeuvre de ces principes. Dans le même temps, le SCC doit reconnaître la nécessité de services de santé non traditionnels et professionnels spécialisés pour répondre aux besoins des femmes autochtones.

Les services de santé des enfants qui vivent sur les lieux devraient être assurés par le régime de services de santé de la province. Ce serait un retour en arrière pour le SCC que d'assumer cette responsabilité et d'essayer ensuite d'obtenir des services dans la collectivité, alors que les enfants ont déjà droit à ces services. Sur le plan pratique, toutefois, il ne serait pas difficile, lorsqu'un médecin praticien vient examiner des femmes sur place, de lui demander d'examiner les enfants en même temps, comme il le ferait dans un cabinet privé; c'est l'assurance-maladie provinciale qui prendrait en charge ces consultations. Il convient par ailleurs de prendre des dispositions pour des visites régulières à l'extérieur du pavillon. Tout acte médical nécessitant une intervention spéciale comme de la petite chirurgie, requérant l'aide du personnel, une surveillance spéciale postopératoire ou autre, devrait avoir lieu dans la collectivité. Les dossiers médicaux des enfants devraient être conservés par le médecin praticien.

Les femmes autochtones purgeant une peine fédérale auront accès à des services de santé conformes aux pratiques généralement acceptées dans la société canadienne. On adaptera une approche holistique mettant l'accent sur le lien entre la santé physique, et la santé mentale, spirituelle et affective, la bonne forma physique et la sentiment de bien-être. Les professionnels de la santé, les guérisseurs autochtones et les aînés, les professionnels non spécialistes de la santé mais prenant soin des détenues (personnel de gestion des cas, travailleuses sociales, conseillers sur l'abus d'intoxicants et autres) et les femmes autochtones purgeant une peine fédérale doivent travailler en collaboration pour réaliser les objectifs particuliers correspondant aux besoins de chaque femme.

Les femmes auront accès aux services et aux programmes de la collectivité en sa rendant sur place, dans la mesure du possible, accompagnées de personnes bénévoles et, lorsque c 'est nécessaire, d'un membre du personnel.

Le personnel soignant, les conseillers et le personnel des organismes communautaires assument le rôle d'éducateurs dans la promotion de la santé, de l'hygiène dentaire, du bien-être, de la nutrition, des soins à prodiguer aux bébés et aux enfants, de la bonne forme physique, etc. Le personnel soignant entretiendra des rapports réguliers avec les femmes, non seulement dans le secteur de l'infirmerie, mais dans tous les outres secteurs du pavillon de ressourcement. Les activités de counseling et d'éducation pourraient se dérouler dans l'un des logements habités par les femmes par convention mutuelle. L'adoption d'une philosophie et d'une démarche de promotion de la santé devrait contribuer également à créer un climat favorable en permettant de découvrir les problèmes ou soin du pavillon de ressourcement et de proposer des solutions correctives aux femmes et au personnel de l'établissement.

On assurera les services de santé en concluant des ententes avec les ressources de la collectivité, notamment:

  • avec les aînés et les guérisseurs traditionnels autochtones;
  • avec les centres communautaires multidisciplinaires de santé et de santé mentale (médecins, psychologues, infirmières, travailleurs ou travailleuses sociaux, ergothérapeutes, phytothérapeutes, praticiens ou praticiennes de la médecine non traditionnelle, etc.);
  • avec des cabinets de groupe ou sein desquels un médecin est chargé d'engager des praticiens et de répondre aux besoins, y compris les besoins d'hospitalisation, par contrat avec le SCC;
  • avec des associations féminines et autres groupes de soutien dans la collectivité;
  • avec des hôpitaux communautaires, de préférence des établissements hospitaliers d'enseignement associés à une université et des établissements psychiatriques provinciaux;

La liste ci-dessus n'a pas la prétention d'être exhaustive mois plutôt d'insister sur l'importance d'une liaison souhaitable avec la collectivité. Les centres de santé communautaires et las autres établissements analogues pourraient assurer des services cliniques, de diagnostic, thérapeutiques et de prévention et faire la promotion de la responsabilité à l'égard de la santé auprès des résidentes du pavillon de ressourcement en adaptant une formula comportant des visites ou pavillon et un service de consultation à l'extérieur. Un tel arrangement offrirait aux femmes le même choix de praticiens et de services que celui dont bénéficie le grand public de la collectivité voisine.

Les femmes obtiendraient un rendez-vous avec un spécialiste selon les mêmes critères que les habitants de la collectivité locale. Lorsqu'une seconde opinion est recommandée, soit par le médecin praticien, soit à la demande des femmes elles-mêmes, les coûts associés à cette consultation devraient être pris en charge par le SCC. L'accès direct devrait être surveillé pour éviter les abus. On s'écarte ici du principe du SCC (annexe A) énonçant qu'une seconde opinion demandée par le délinquant, en l'absence de recommandation du médecin, peut être autorisée, mais aux frais du délinquant.

La création de choix note que &laqno;Les femmes emprisonnées estiment avoir perdu la maîtrise de leur propre corps et ne pas jouir des types de conseils et de médicaments qui leur seraient normalement offerts. Elles affirment avoir grand besoin d'un meilleur accès aux services de santé physique et mentale, à la possibilité d'obtenir une deuxième opinion, et à la chance de choisir un médecin ou un spécialiste des médecines douces. Les femmes ont affirmé que trop de membres du personnel médical les traitent comme des délinquantes et non comme des patientes. Trente des 38 femmes autochtones qui se sont prononcées sur cette question ont affirmé avoir besoin de personnel de soins de santé et de personnel connexe autochtone. Les femmes purgeant une peine fédérale veulent que l'on mette davantage l'accent sur la médecine préventive, une meilleure nutrition et de plus grandes possibilités d'exercice physique.»

Comme l'on sait que les comportements d'automutilation et des pensées suicidaires vont souvent de pair, tout le personnel doit bénéficier d'une formation et connaître les techniques de prévention du suicide pour renforcer la prévention et faire des interventions plus tôt, pratiquer la RCR et administrer les premiers soins. Une formation analogue devrait être offertes aux femmes autochtones purgeant une peine fédérale.

Dans le domaine particulier de la santé mentale, à part la prestation de services continus d'évaluation, de traitement et de prévention des rechutes visant à traiter les troubles mentaux, le plan de santé mentale doit également mettre l'accent sur la promotion de la santé et la prévention. Idéalement, les femmes auront le choix entre des conseillers ou des thérapeutes hommes ou femmes. Le but, comme dans le cas de la santé physique, est de créer un climat qui permet aux femmes de faire des choix judicieux et responsables. L'approche relative à la prestation de services doit par conséquent viser à réduire la dépendance à l'égard du système de santé et privilégier l'autonomie. Les services seront donc également assurés en tenant compte des possibilités de déplacement, et en ayant recours aux ressources communautaires dans la mesure du possible. Lorsque des soins actifs sont requis et qu'il n'est pas possible qu'ils soient assurés dans la collectivité, ils seront assurés à l'extérieur. Dans l'intérêt supérieur des femmes tous les services devraient être adaptés à leur culture.

En raison du caractère diversifié des besoins en matière de santé mentale et du petit nombre de patientes, le plan de santé mentale doit être souple et adapté aux besoins globaux de la population. Une gamme complète de services doit être assurée, dans le pavillon de ressourcement ou à l'extérieur, y compris les services ci-dessous:

  • évaluation et traitement psychiatriques;
  • évaluation, services et programmes psychologiques;
  • programmes de lutte contre l'abus de substances intoxicantes;
  • prévention du suicide et atténuation des comportements d'automutilation;
  • maîtrise de la colère
  • intervention en cas de crise.

Les services psychiatriques et psychologiques devraient idéalement être dispensés par un hôpital d'enseignement local, mais il est plus probable que le SCC devra obtenir les services par contrat. Il conviendrait de privilégier la liaison avec les ressources spécialisées locales comme les groupes de soutien des femmes, les thérapeutes spécialistes des agressions sexuelles, les alcooliques anonymes, les conseillers autochtones, etc.

Une femme qui ne se sent pas bien doit avoir la possibilité, sans consultation ou autorisation médicale, de rester dans sa chambre sans être pénalisée. Si cette situation persiste, elle doit être invitée à consulter un médecin. Il convient cependant d'être vigilant à l'égard de cette disposition pour éviter les abus.

Pour répondre aux besoins de médicaments, il y a deux solutions. Le pavillon de ressourcement peut passer un contrat avec une pharmacie de l'extérieur et, dans ce cas, les services et les coûts devraient être identiques à ceux pratiqués dans le grand public. L'autre solution consiste à engager un pharmacien pour un certain nombre d'heures par semaine; le pharmacien fournirait les médicaments sous des emballages comportant des doses uniques (emballages coques). Les femmes seraient encouragées à être responsables de leurs propres ordonnances et le personnel saisirait toutes les occasions possibles pour vérifier si les femmes comprennent bien la nature du médicament la raison de la prescription et ses effets secondaires. Les femmes pourraient conserver des quantités définies de médicaments à faible risque de pharmacodépendance pour auto-administration, mais les médicaments à risque élevé de pharmacodépendance devraient être administrés à chaque prise par une infirmière.

La conception du secteur de l'infirmerie devrait privilégier la qualité de la vie grâce à des caractéristiques comme une lumière naturelle abondante et une ambiance intérieure et extérieure favorisant la relaxation. L'infirmerie devrait être située dans un secteur facilement accessible aux ambulances et aux dispensateurs de soins de santé. L'infirmerie devrait être conçue de façon à inciter au bien-être en favorisant les activités, le counseling, l'éducation, plutôt que de mettre l'accent sur la maladie.

Les services seraient assurés dans la collectivité locale conformément aux recommandations de La création de choix. Toutefois, il convient de prévoir certains aménagements pour permettre la prestation de soins sur place.

Il convient d'aménager un local et de disposer de matériel pour assurer la gamme complète de services dont l'accessibilité est garantie de façon courante à l'extérieur. Le minimum comprendrait:

  • une salle d'examen pour le médecin
  • un local pour des bureaux en commun pour:
    • un bureau pour la surveillante des services de santé
    • un bureau pour les psychologues
    • un bureau pour les conseillers en santé mentale
    • un bureau pour le commis des services de santé ou de psychologie
      • une pièce pour l'entreposage des médicaments à bonne température (réfrigérateur, évier, etc.)
      • une pièce de rangement des fournitures et du matériel médical, etc.
      • une pièce pour les malades en observation à court terme
      • une salle de réunion pour un grand groupe avec des cloisons amovibles et des rayons pour le classement des dossiers médicaux ou psychologiques
      • une salle d'attente pour les patientes
      • une salle de bain

    Il est important de se rappeler qu'on pourra avoir besoin d'un local pour le bureau d'un dentiste et d'un optométriste et pour la médecine non traditionnelle. Ces éléments dépendront de la capacité d'obtenir des services de ces professionnels.


    SERVICES ET PROGRAMMES

    La nécessité de disposer au pavillon de ressourcement de membres du personnel ayant une formation dans une discipline des professions de la santé est cruciale pour la viabilité d'une approche de type communautaire à la prestation de soins de santé. La personne choisie doit connaître tes tendances des systèmes de prestation de soins de santé, les problèmes juridiques et éthiques du domaine, de même que les pratiques administratives. La responsable assurerait la coordination des services et la transmission sélective de l'information. Elle se chargerait de la liaison avec la collectivité pour assurer la prestation de services efficaces et efficients. Les professionnels de la santé du pavillon de ressourcement doivent savoir ce qu'a prescrit un praticien de l'extérieur. Il faut tenir à pur des dossiers cliniques et privilégier l'approche en équipe en veillant à ce que le contrat entre le dispensateur de soins de la collectivité et le pavillon de ressourcement stipule bien que l'infirmière, le médecin, le conseiller, les guérisseurs traditionnels et les aînés doivent participer régulièrement à des discussions de cas au pavillon de ressourcement.

    Pour assurer l'accessibilité à des traitements et services compétents et de haute qualité, le professionnel de la santé qui recommande la consultation de spécialistes doit être en rapport avec divers spécialistes comme des gynécologues, des psychologues. des endocrinologues, des médecins de famille, des infirmières, des conseillers et des phytothérapeutes ainsi qu'avec des guérisseurs traditionnels et des aînés.

    L'éducation devrait être un élément vital de l'infirmerie. Grâce à des stratégies de promotion de la santé et de prévention, les femmes autochtones purgeant une peine fédérale seraient incitées à mieux comprendre les problèmes de santé des femmes et leurs propres problèmes de santé en particulier.

    La liste ci-dessous, qui n 'a pas la prétention d'être exhaustive, donne une idée du type de services auxquels les femmes jugent particulièrement important d'avoir accès:

    les cercles bénéfiques et les cercles de la parole

    des thérapeutes de groupe (psychologues cliniciens) pour les thérapies individuelles et de groupe

    des services psychiatriques spécialisés dans les thérapies de longue durée pour les survivantes d'abus sexuels et de sévices; les femmes souffrant de dépression, d'anxiété, de troubles de la nutrition, les femmes victimes de violence familiale et les femmes ayant des problèmes relationnels.

    Counseling

    Le counseling est différent du traitement psychiatrique - il n'est généralement pas aussi structuré, il ne nécessite pas d'être administré par un médecin et il peut prendre diverses formes. Trois types particuliers de counseling nous intéressent - le counseling par un ancien, le counseling situationnel et les groupes de soutien:

    Le counseling par un ancien. Le counseling par un ancien sera offert pour répondre aux besoins des femmes dans tous les domaines du bien-être physique, mental, affectif et spirituel. Le pavillon de ressourcement disposera d'une aire dédise aux services et aux cérémonies spirituelles et de bureaux pour les aînés.

    Counseling situationnel. Les femmes ont besoin d'aidé pour faire face aux préoccupations quotidiennes et régler les questions concernant leur famille, leur situation juridique ou autre. Le counseling situationnel sera assuré par des séances inscrites à l'emploi du temps et en fonction des besoins. Les nouvelles venues peuvent avoir besoin d'un plus grand nombre de séances avec une conseillère, de même que les femmes ayant des besoins spéciaux.

    Groupes de soutien. L'une des façons les plus efficaces d'assurer le counseling est par l'intermédiaire de groupes de soutien. Ces groupes permettent aux gens de discuter de sujets de préoccupation mutuelle dans une atmosphère ouverte, non menaçante.

    Le programme de groupes de soutien devrait comprendre des groupes spécialisés dans les problèmes particuliers aux femmes, notamment la question des abus sexuels. La majorité des femmes ont été victimes, à un degré quelconque, de sévices d'abus sexuels ou de violence psychologique. La formule du groupe de soutien s'est révélée extrêmement efficace pour aborder ces problèmes.

    Une thérapie béhavoriale cognitive, qui a été spécialement conçue pour les femmes et qui est culturellement adaptée, est une méthode spécialisée valable pour:

    • la maîtrise de la colère
    • la gestion du stress
    • l'art d'être parent et le développement de l'enfant
    • la thérapie conjugale et familiale
    • la communication et l'intimité
    • la séparation et le divorce
    • l'abus d'intoxicants
    • le syndrome prémenstruel
    • le vieillissement
    • l'éducation sexuelle
    • les soins prénatals
    • la ménopause
    • la lutte contre les maladies transmissibles

    Traitement

    • Psychothérapie (particulièrement dans les cas de dépression, de troubles anxieux, de problèmes de développement personnel et d'abus sexuels)
    • Counseling (gestion du stress problèmes relatifs au style de vie, nutrition)
    • Thérapie conjugale/relationnelle
    • Thérapie familiale
    • Counseling de personnes affligées
    • Abus d'intoxicants
    • Thérapie individuelle et de groupe
    • Tous les instruments d'évaluation doivent être validés pour s'assurer qu'ils sont adaptés aux femmes et culturellement pertinents.

    Hygiène dentaire

    L'hygiène orale et l'hygiène dentaire sont des domaines que les femmes purgeant une peine fédérale ont souvent négligés. Il convient de mettre particulièrement l'accent sur une bonne éducation dans ce domaine, alliée à un examen dentaire, à de la prophylaxie et à des traitements y compris la restauration. On ne saurait trop insister sur le fait qu'une dentition en bon état est une nécessité de base dans la mesure où elle influence l'aspectesthétique.

    À traiter par le personnel: Annexe C


    MODIFICATIONS REQUISES AUX PRINCIPES DIRECTEURS ACTUELS

    • Les femmes purgeant une peine fédérale doivent être autorisées à choisir un dispensateur de services dans une gamme de solutions raisonnables.
    • Les guérisseurs autochtones seront reconnus comme d'importants dispensateurs de services en matière de soins de santé. Cette disposition n'est pas conforme au principe 10 du SCC (voir l'annexe A) qui stipule que les services de santé doivent être assurés par des professionnels de la santé enregistrés auprès d'un organisme de réglementation professionnelle canadien. On s'écarte également de ce principe lorsqu'on emploie des travailleurs sociaux pour assumer le rôle de thérapeutes professionnels.

    Un psychologue clinicien sera présent sur place, pour coordonner les services de santé mentale ambulatoires assurer des services internes faciliter les initiatives d'autonomie et assurer des services d'intervention en cas de crise. Cette personne travaillera dans le cadre d'une équipe intégrée de protection de la santé mentale avec les autres membres du personnel soignant, les guérisseurs autochtones la patiente, la Kimisinaw et les dispensateurs de soins de la collectivité.

    Un membre du personnel infirmier devrait posséder une expérience pertinente en obstétrique. Les psychologues psychiatres et conseillers doivent avoir de l'expérience et des connaissances particulières dans le domaine de la santé mentale des femmes.


    SANTÉ MENTALE

    Les conclusions d'une enquête sur la santé mentale commandée par le Service correctionnel du Canada ont révélé qu'il y avait des différences entre les hommes et les femmes en ce qui a trait aux types de troubles mentaux et à leur incidence et qu'un certain nombre de problèmes psychiatriques dont souffraient les femmes purgeant une peine fédérale peuvent être directement liés à des expériences passées d'abus sexuels dans l'enfance ou continus de sévices et d'agression sexuelle. L'étude souligne qu'il existe un besoin urgent de prestation de services pertinents de santé mentale axés sur les besoins particuliers des femmes autochtones purgeant une peine fédérale.

    Dans le domaine particulier de la santé mentale, à part la prestation de services continus d'évaluation, de traitement et de prévention des rechutes visant à traiter les troubles mentaux, le plan de santé mentale doit également mettre l'accent sur la promotion de la santé et la prévention. Idéalement, les femmes auront le choix entre des conseillers ou des thérapeutes hommes ou femmes. Le but, comme dans le cas de la santé physique, est de créer un climat qui permet aux femmes de faire des choix judicieux et responsables. L'approche relative à la prestation de services doit par conséquent viser à réduire la dépendance à l'égard du système de santé et privilégier l'autonomie. Les services seront donc également assurés en tenant compte des possibilités de déplacement, et en ayant recours aux ressources communautaires dans la mesure du possible. Lorsque des soins actifs sont requis et qu'il n'est pas possible qu'ils soient assurés dans la collectivité, ils seront assurés à l'extérieur. Dans l'intérêt supérieur des femmes, tous les services devraient être adaptés à leur culture.

    Lorsqu'une femme a besoin de soins actifs, ces soins seront assurés dans la collectivité dans un contexte approprié et sensible à la culture autochtone, avec la consultation préalable de l'équipe, du conseil des aînés et d'autres femmes purgeant une peine fédérale.

    Un Groupe de travail sur la santé mentale du SCC a examiné en 1990 la prévalence, le caractère récent et la gravité des troubles mentaux dans la population féminine purgeant une peine fédérale. Les résultats ont indiqué que les délinquantes présentent une incidence exceptionnelle de besoins en matière de santé mentale. Dans pratiquement toutes les grandes catégories de troubles mentaux, les femmes éprouvaient des perturbations nettement plus graves que les délinquants. Dans le cas de la schizophrénie, le pourcentage était presque trois fois plus élevé que chez les hommes et deux fois plus élevé pour la dépression. On a trouvé des taux d'incidence plus forte de troubles psychosexuels et les névroses post-traumatiques étaient également extrêmement élevées, causées dans la plupart des cas par des abus sexuels et des sévices subis dans la petite enfance. Ces données, alliées à l'incidence courante et alarmante de l'automutilation et du comportement suicidaire, témoignent de la nécessité d'une stratégie globale de protection de la santé mentale, centrée sur les femmes de type communautaire, à orientation culturelle pertinente et mettant l'accent sur les contacts avec les familles.

    En raison du caractère diversifié des besoins en matière de santé mentale et du petit nombre de patientes, le plan des services de santé mentale doit être souple et les services facilement accessibles. Une large gamme de services doit être assurée, soit dans le pavillon ou à l'extérieur, y compris les services ci-dessous :

    • guérisseurs et guérisseuses
    • counseling par un ancien autochtone
    • counseling familial
    • prévention du suicide et atténuation du comportement d'automutilation
    • enseignements spirituels sur le caractère sacré de la vie
    • maîtrise de la colère
    • intervention en cas de crise

    Il convient de privilégier les liens avec les ressources locales spécialisées comme les groupes de soutien des femmes autochtones, les thérapeutes pour les cas d'agressions sexuelles, des groupes comme les Alcooliques anonymes, les enseignants et les conseillers autochtones, etc.

    Services de santé mentale. Un programme de prestation de services de santé mentale doit être élaboré pour déterminer quelles sont les femmes qui ont besoin de services et aider ces femmes en fonction de l'acuité de leurs besoins. Il faut donc prévoir des services de transition et de liaison pour les préparer à leur réintégration dans la collectivité au moment de leur libération.

    Une procédure de diagnostic doit être établie pour assurer que les femmes qui ont besoin de services de santé ou de santé mentale sont identifiées. Le processus d'évaluation comprendra une évaluation de la santé mentale et, même lorsque les femmes n'ont pas besoin de services au moment de l'évaluation, un système de vérification périodique et de recommandation en vue d'une évaluation doit être mis en place pendant toute la durée de la peine.


    ABUS DE SUBSTANCES INTOXICANTES

    De même que pour les services de santé mentale, le type de programme offert pour le traitement des femmes qui abusent de substances intoxicantes doit être planifié de façon à ce que le local où il sera dispensé puisse être inclus dans le plan du pavillon. La gamme de services pour le traitement des personnes qui abusent de substances intoxicantes sera variée, allant de programmes d'éducation à des groupes de soutien comme les Alcooliques et les Narcotiques anonymes, les Enfants adultes anonymes et de programmes de counseling à des programmes de traitement des malades hospitalisés dans la collectivité, qui sont destinés spécialement aux autochtones

    Un programme global de traitement des alcooliques ou des toxicomanes doit inclure une évaluation de la gravité de la dépendance à l'admission, du counseling concernant l'abus d'intoxicants, ainsi que des services de traitement et de liaison pour le suivi dans la collectivité où les femmes retourneront à leur libération.

    Il convient de disposer de locaux adéquats pour assurer les enseignements relatifs à la culture et aux langues autochtones et les programmes concernant les abus d'intoxicants, quel que soit le degré d'intensité. Les réunions des Alcooliques anonymes et des Narcotiques anonymes nécessitent une salle de dimension suffisante; les services d'éducation et de counseling nécessitent des locaux, une salle destinée spécialement à la thérapie de groupe et au counseling individuel.


    LOISIRS

    Le pavillon de ressourcement accordera de l'importance à l'exercice et offrira des programmes administrés par des personnes compétentes et extrêmement motivées qui inciteront et faciliteront les activités de loisirs réunissant les femmes et la collectivité, et y participeront,

    Les activités de loisirs constituent une part importante de l'environnement; elles assurent le relâchement indispensable des tensions et donnent des possibilités d'exercice physique. Les femmes ont souvent des préférences et des besoins différents de ceux des hommes en matière de loisirs et l'organisation d'équipes sportives n'est pas aussi prioritaire. Ces préférences auront une influence sur la conception globale.

    Un gymnase central est indispensable pour l'administration d'un programme de loisirs efficace. Étant donné que le pavillon de ressourcement abritera très vraisemblablement des femmes de différents groupes d'âge et purgeant des peines de durée différente, il convient d'être sensible à ces besoins en établissant le programme de loisirs.

    Comme le gymnase pourrait également être utilisé pour jouer du tambour et chanter, il doit être insonorisé ou situé à un endroit où le bruit n 'aura pas d'incidence sur les activités ou n'impiétera pas sur l'espace auditif privé des autres.

    Types de programmes et installations. Les types de programmes qui seront offerts sont: choix d'exercice physique incluant des cours d'aérobique, salles d'exercice équipées d'arthrocycles, de trépigneuses et de poids et haltères.

    Les installations de loisirs doivent comprendre à la fois des salles d'exercice et des terrains de plein air où des activités en équipe, en groupe ou individuelles peuvent se dérouler.

    Les activités de loisirs devraient servir à promouvoir la santé, être une extension de l'apprentissage ou être intégrées à l'apprentissage, faciliter l'acquisition de compétences, une utilisation créative des heures de loisirs et la gestion du stress. Dans la mesure du possible, les femmes purgeant une peine fédérale devraient être incitées à encourager leur famille et d'autres visiteurs à participer à ces activités.

    Les activités seront organisées de façon à pouvoir être intégrées à l'emploi du temps des femmes.

    La collectivité devrait avoir facilement accès aux aires de loisirs.

    Des téléviseurs avec liaison par satellite seront accessibles dans chaque chambre des femmes purgeant une peine fédérale, de même que dans les aires communes de chaque pavillon résidentielle. Par ailleurs, chaque logement devrait avoir une chaîne audiovisuelle domestique comprenant un téléviseur, un magnétoscope et une radio.

    Certaines activités qui nécessitent des équipements importants (piscine, par exemple) pourraient avoir lieu dans la collectivité. Toutefois, il sera possible pour les résidentes de lancer des programmes de souscription afin de doter le pavillon de ressourcement d'installations de ce genre.


    SPIRITUALITÉ

    Les programmes de spiritualité et les cérémonies sont destinés aux femmes autochtones purgeant une peine fédérale mais il faut également prévoir la présence de bénévoles, de membres des familles et d'amis, et être en mesure d'accueillir de petits groupes confortablement. A certaines occasions, le personnel assistera à des événements. On peut prendre comme hypothèse que chaque femme pourrait inviter deux ou trois personnes pour chaque événement. Il est prévu que les personnes de la collectivité seront invitées à assister à nombre de ces événements, comme les célébrations, les cérémonies ou autres.

    La guérison, dans la tradition autochtone, a lieu dans un cadre circulaire de même que les événements - célébrations ou rituels des femmes. Il faut donc aménager un espace circulaire pour ce genre de réunions. Il devrait y avoir une lumière naturelle abondante dans ce secteur.


    LA SALLE DU TIPI EN CÈDRE

    La salle du tipi en cèdre devrait être construite avec la forme d'un tipi et être suffisamment vaste pour accueillir environ 30 personnes. Elle devrait voir un foyer au centre, posséder un espace d'entreposage pour le bois, une fontaine alimentée par de l'eau de source, des murs en cèdre, des bancs autour du foyer, des portes panoramiques coulissantes et des fenêtres qui s'ouvrent, un espace d'entreposage, pour les articles non utilisés et un office ventilé ainsi qu'une salle pour le séchage des herbes. Des peaux de buffle et d'ours seront disponibles pour les cérémonies.

    Il devrait également y avoir une salle de recueillement tranquille à côté de la salle du tipi en cèdre accessible aux femmes, 24 heures par pur, où elles pourraient aller pour méditer ou simplement pour être seules Cette salle permettra à la femme qui l'utilise de ne pas être dérangée.

    Il y aura un espace extérieur destiné à l'aménagement de sueries et l'on prévoira leur déplacement de temps à autre. Il y aura également un espace pour entreposer et protéger le bois des éléments. Un vestiaire mobile sur les lieux est nécessaire. Les sueries doivent être situées à un endroit qui permet de bénéficier d'intimité et à l'écart des autres bâtiments. Le terrain doit être suffisamment vaste pour accueillir les gens qui jeûnent dans un endroit privé à l'écart des sueries et des autres bâtiments.


    VISITES

    Les visites jouent un rôle essentiel en contribuant à maintenir le contact avec la famille et les amis et seront considérées comme un programme important. L'aménagement d'une aire d'accueil des visiteurs est donc une priorité et cette pièce doit être de dimension suffisante pour accueillir la famille et la famille étendue (&laqno;all my relations»).

    Il faut être conscient de l'importance cruciale du maintien des liens avec les personnes importantes de la collectivité. Les programmes de visite et de correspondance seront souples de façon à répondre aux besoins des femmes.

    L'aire d'accueil doit être située à proximité de la garderie et ces dernières doivent se trouver à proximité de l'entrée principale du pavillon de ressourcement pour faciliter l'accès des visiteurs.

    Le pavillon de ressourcement comprendra une aire de réception accueillante et de type familial, suffisamment vaste pour accueillir 40 à 50 p. 100 de la population en prévoyant trois ou quatre invités par femme.

    Le pavillon de ressourcement comprendra un centre d'activités intérieur pour les enfants équipé de livres, de tables, de jouets, de jeux de société et autres convenant à des enfants de différents groupes d'âge, en plus d'un terrain de jeu extérieur et d'une aire destinée aux visiteurs de tous âges. Ces aires dotées de toilettes, devraient être visibles du logement des parents et facilement accessibles.

    Pavillon pour les invités

    Le pavillon de ressourcement comprendra une maison à deux logements indépendants côte à côte pour les invités, entièrement équipés qui logera divers visiteurs, dans un endroit privé, sur le terrain.

    La maison disposera d'une aire d'activités extérieure pour les enfants, d'une aire de pique-nique et d'une aire de barbecue.

    Correspondance

    Le pavillon de ressourcement aura un bureau de poste central doté de boîtes à lettres fermées à clé pour le courrier et chaque femme aura sa propre clé. Le bureau de poste disposera de deux grandes boîtes fermées à clé pour les colis. La clé pour ouvrir les boîtes contenant les colis sers placée dans la boîte aux lettres de la destinataire et intéressée sera alors chargée de remettre la clé dans une boite aux lettres prévue à cet effet.

    Téléphone

    Une ligne téléphonique pour cinq résidentes sera située dans chaque maison à un endroit qui permettra aux femmes de téléphoner en toute intimité. Chaque femme aura droit à un minimum de deux appels téléphonique par mois. Un téléphone payant fonctionnant avec des pièces de monnaie pour les appels interurbains sera installé.


    SERVICES ALIMENTAIRES ET DIÉTÉTIQUES

    Un jardin potager et un jardin d'herbes potagères fourniront des légumes frais et des herbes qui s'ajouteront aux produits obtenus par les modes d'approvisionnement habituels. Du gibier, des baies et d'autres aliments non cultivés seront accessibles pour les fêtes et à d'autres occasions. Ces aliments traditionnels peuvent constituer un régime régulier.

    Une chambre froide sera aménagée pour le rangement des légumes

    Il y aura une coordonnatrice responsable de tous les éléments du programme alimentaire. Cette personne sera chargée en particulier des approvisionnements du pavillon de ressourcement, du menu, de l'entreposage central des aliments et de veiller à ce que toutes les cuisines satisfassent aux normes sanitaires et de sécurité. Les commandes d'aliments et l'établissement des menus devraient se faire en collaboration avec les femmes de chaque pavillon résidentiel.

    Chaque pavillon résidentiel recevra des provisions pour une semaine, mais les femmes pourront également faire leurs achats. Les provisions alimentaires seront déterminées d'après les menus suggérés par les femmes autochtones purgeant une peine fédérale.

    On disposera d'un local central d'entreposage des aliments d'une capacité suffisante pour stocker deux semaines de provisions. Ce local central devra être situé à proximité de la cuisine communautaire.

    Des cours et de l'information sur la nutrition et les aliments seront accessibles au pavillon de ressourcement.


    CUISINE COMMUNAUTAIRE

    Dans toutes les réunions sociales autochtones, le partage de la nourriture est symbolique et est une manifestation de respect et de gratitude et d'insertion sociale. De façon à respecter cette tradition, le pavillon de ressourcement disposera d'une cuisine et d'une salle à manger communautaires.

    La cuisine communautaire sera équipée d'un poêle à bois qui servira pour cuire les repas de fête et de cérémonie. Par ailleurs, une cuisinière traditionnelle sera fourni pour les femmes qui ne sont pas à l'aise avec un poêle à bois ou qui veulent prendre des cours de cuisine. A proximité de la cuisine, une grande salle à manger sera aménagée qu'on utilisera régulièrement pour les fêtes traditionnelles et les réunions qui nécessitent qu'on serve un repas à un grand nombre de personnes.


    BÉNÉVOLES

    Le pavillon de ressourcement encouragera la participation de membres de la collectivité à titre de bénévoles. Le programme de bénévoles sera géré par le pavillon de ressourcement:

    • qui évalue le nombre de bénévoles dont il a besoin;
    • qui recherche des personnes qualifiée et chaleureuses des collectivités environnantes;
    • qui fournit de l'information ou une formation aux bénévoles sur les besoins généraux et particuliers des femmes avec lesquelles ils travailleront;
    • qui surveille et évalue le programme;
    • qui reconnaît les contributions des différents bénévoles et du groupe.

    Le pavillon de ressourcement répondra, dans la mesure du possible, aux besoins de la collectivité au chapitre des bénévoles grâce, éventuellement, à la participation des femmes à des activités bénévoles ou en partageant ses locaux avec la collectivité lorsqu'il n 'en a pas besoin pour ses activités ou programmes. Cette façon de procéder permettra aux femmes d'avoir recours à l'aide des bénévoles de la collectivité et de rendre la pareille. Les activités bénévoles des femmes favoriseront leur réinsertion sociale et permettront à celles qui purgent de longues peines de trouver de la variété et de donner un sens à leur vie.


    MODÈLE DE SÉCURITÉ

    L'objectif du modèle de sécurité est d'assurer la sécurité du public, des femmes et du personnel en choisissant un concept environnemental qui favorise le ressourcement, le bien-être et la réinsertion réussie des femmes le plus rapidement possible dans la collectivité.

    Les exigences de sécurité pour la gestion des femmes ne sont pas les mêmes que celles de la gestion des hommes. De façon générale, les femmes devraient être considérées comme des personnes ayant des besoins élevés plutôt que comme des personnes à haut risque. Environ 3 à 5p. 100 des femmes présentent des risques pour elles-mêmes en raison d'un comportement d'automutilation.

    La création d'un environnement propre à donner aux femmes et au personnel un haut niveau de sécurité et de confort est impérative et cet objectif sera réalisé grâce à une interaction humaine intense. Ce sont l'intensité des interventions et interactions humaines que l'on privilégiera, et non l'isolement, en cas de comportement indésirable.


    PRINCIPES DE FONCTIONNEMENT

    Le pavillon de ressourcement sera caractérisé par une atmosphère de paix et de confiance qui contribuera à la réduction du stress. On veillera à répondre aux besoins des femmes et elles se verront présenter des choix pour la gestion de leur vie quotidienne et la planification de leur avenir, si bien qu'elles seront incitées `à accepter des responsabilités et à les assumer. Toutes ces activités se dérouleront dans un cadre physique où l'on dispose de locaux adéquates et de toute l'intimité voulue et où l'on privilégie la guérison et le bien-être.

    Les principes du pavillon de ressourcement sont de favoriser:

    • l'établissement d'un lieu sûr pour les femmes autochtones;
    • une attitude bienveillante à l'égard de soi-même, de sa famille et de la collectivité;
    • la confiance dans les plans individuels que les femmes contribuent à établir pour elle-mêmes;
    • la compréhension du rôle bienfaisant des enfants dans la guérison parce qu'ils sont plus prêts du monde spirituel;
    • la fierté de survivre à un passé et à des expériences difficiles;

    Ces principes de fonctionnement ne sont pas:

    • la mise en place de mesures de sécurité comme celles qui sont actuellement utilisées par le SCC comme des murs, des clôtures en fil barbelé, des tours de contrôle, des chiens de garde, des armes;
    • des barreaux ou des barrières;
    • une pavillon d'isolement préventif.

    Il conviendra d'aménager certains dispositifs électroniques le long de la route menant à la propriété pour détecter l'approche de véhicules en dehors des heures d'ouverture. Les dispositifs de détection ne doivent pas être considérés comme des mesures de confinement mais plutôt pour le repérage des allées et venues sur les lieux et aux alentours.

    L'entrée du pavillon de ressourcement sera sympathique et accueillante et s'intégrera au cadre naturel par l'aménagement d'arbustes et d'arbres. Des dispositifs de détection doivent être installés pour surveiller également les allées et venues dans ce secteur.

    A l'extérieur, tous les bâtiments seront dotés de détecteurs électroniques qui peuvent être contrôlés manuellement. Le poste de contrôle sera situé à proximité de l'entrée du bâtiment de l'administration. Les détecteurs électroniques seront sur les portes extérieures et sur les fenêtres de tous les logements et bâtiments.


    SÉCURITÉ DYNAMIQUE ET INTERVENTION DE SOUTIEN

    La sécurité s'appuie sur une interaction active et valable entre le personnel et les femmes. En entretenant des relations humaines approfondies avec les femmes, le personnel est mieux en mesure de comprendre les problèmes éventuels et d'y réagir avant qu'ils n 'aboutissent à des situations de crise. La responsabilité de chaque membre du personnel est de prendre toutes les mesures qui sont en son pouvoir pour atténuer les problèmes par une intervention et du counseling de soutien et également de partager l'information avec d'autres.

    Un climat d'interaction humaine facilite également les interventions d'aide. Une atmosphère propre à aider les femmes à comprendre leur comportement, favorise la guérison, encourage la responsabilité, donne des possibilités de croissance et incite à faire des projets pour l'avenir.

    Les interactions humaines doivent faire intervenir toutes les personnes qui s'occupent des femmes. L'approche doit être holistique et associée à une responsabilité collective du comportement et des besoins qui s'ajoutent à toute autre aide individuelle particulière dont les femmes peuvent avoir besoin. On mettra fortement l'accent sur le fait qu'on doit rendre compte personnellement du comportement, en tenant compte du cas particulier de chaque femme.


    FONCTION DE SÉCURITÉ DU PAVILLON DE RESSOURCEMENT

    Le pavillon de ressourcement sera construit comme un complexe circulaire et en harmonie avec le terrain, mettant à profit tous les facteurs environnementaux qui favorisent le bien-être comme la lumière, l'air frais, les couleurs, l'eau, l'espace et l'intimité. Les dispositifs de sécurité du pavillon de ressourcement correspondront à ce qu'on attend d'un milieu ouvert et de ressourcement, comme le proposait le rapport du Groupe de travail. Les allées et venues dans le pavillon de ressourcement seront libres et fluides. Les déplacements à l'extérieur, de même qu'à l'intérieur du pavillon, favoriseront l'interaction non seulement parmi les personnes qui travaillent et résident en ces lieux, mais également avec divers participants de l'extérieur. Les activités de sécurité appuieront ces allées et venues et ne devraient pas les entraver.


    INTERVENTIONS SPÉCIALES DE SÉCURITÉ/POSSIBILITÉS

    Il est nécessaire de disposer d'un pavillon résidentiel de sécurité pour accueillir un petit pourcentage de femmes qui auront besoin qu'on restreigne leurs mouvements pendant une période de temps à l'intérieur du pavillon de ressourcement. Le pavillon résidentiel de sécurité devrait être situé à un endroit rapidement accessible et permettant une surveillance accrue par le personnel, mais non d'une fa,con qui pourrait empêcher les femmes de participer aux programmes. Le pavillon résidentiel de sécurité permettra d'avoir accès au terrain.

    Le pavillon résidentiel de sécurité aura le même aspect que les autres pavillons résidentiels et comprendra des chambres que l'on peut fermer à clé. Les fenêtres seront en verre sandwich et munies de détecteurs électroniques,

    Les différentes pièces du pavillon résidentiel de sécurité devront être équipées d'un système de surveillance par télévision à circuits fermés. Le pavillon résidentiel de sécurité sera entièrement verrouillable mais d s'agira d'un dispositif discret. Le pavillon de ressourcement devra être doté de panneaux de surveillance d'alarme, de matériel de premiers soins, d'un guide des procédures opérationnelles et de plans d'urgence.

    La femme vivant dans le pavillon résidentiel de sécurité continuera ses activités selon certaines conditions restrictives. Son programme ne devrait pas être automatiquement interrompu parce que ses besoins de sécurité ont augmenté. Ces conditions restrictives pourraient inclure que la femme soit accompagnée par

    • un aîné
    • un membre du personnel
    • une autre femme
    • ou qu'elle porte un bracelet électronique.

    Ces conditions s'appliquent également aux femmes autorisées à participer à des activités culturelles traditionnelles comme jeûner en forêt, séjourner dans la suerie et méditer dans la nature.

    Lorsqu'une femme est en situation de crise, la formule préférée sera qu'elle demeure dans son propre pavillon résidentiel en ayant accès aux personnes de soutien et aux lieux où elle se trouve le plus à l'aise, et qu'on lui offre les ressources nécessaires. Les principales techniques d'intervention doivent être le recours à du counseling, l'organisation de cérémonies et d'autres formes d'aide.


    ANNEXE A

    PRINCIPES RÉGISSANT LA PRESTATION DES SERVICE DE SANTÉ PAR LE SERVICE CORRECTIONNEL DU CANADA

    Pour assurer un service global depuis l'admission du délinquant jusqu'à sa libération, on doit observer les principes suivants indispensables à l'organisation et à la prestation des services de santé:

    1.Application d'une approche pluridisciplinaire à la prestation de services au délinquant durant toute sa peine;

    2.Le délinquant reste en premier lieu responsable du maintien et de l'amélioration de son état de santé, en dépit des contraintes inhérentes à l'environnement carcéral;

    3.Le délinquant a le droit d'avoir accès, dans les limites du raisonnable, à une gamme complète de services de santé visant la prévention, le traitement et la réadaptation, et d'un niveau conforme aux normes communautaires généralement acceptées;

    4.La prestation des services de santé doit être adaptée à l'âge, au sexe et à l'état du délinquant et doit respecter la religion et les valeurs spirituelles de la personne;

    5.Le délinquant sain d'esprit a le droit de refuser un traitement ou un avis sauf disposition contraire à la Loi. Le professionnel de la santé est dans l'obligation de fournir l'information nécessaire pour permettre au délinquant de prendre sa décision en toute connaissance de cause;

    6.Le délinquant a droit à la confidentialité de l'information médicale le concernant. Les normes de confidentialité doivent être conformes aux normes professionnelles, aux directives du Commissaire, à la Loi sur la protection des renseignements personnels et autres dispositions des lois fédérales;

    7.Les normes professionnelles actuelles encouragent l'obtention d'une seconde opinion s'il a le moindre doute. Le SCC fournira ce service sur demande du médecin. Toutefois, le délinquant devra payer de sa poche lorsqu'il aura lui-même demandé cette seconde opinion;

    8.Le système de prestation des services de santé au sein du SCC doit répondre aux exigences des lois fédérales existantes et des lois provinciales applicables;

    9.Le système de prestation des services de santé doit se baser sur le modèle communautaire, en visant particulièrement la collectivité carcérale et en intervenant au niveau de l'individu et du groupe. Les services curatifs et préventifs doivent être coordonnés de manière à encourager la continuité des soins pendant toute la durée de la peine;

    10. Les services de santé doivent être assurés par des professionnels de la santé enregistrés auprès d'un organisme de réglementation professionnel canadien (ou éligible pour l'enregistrement), de préférence dans la province où ils pratiquent;

    11. La gamme et le niveau de services de santé offerts au délinquant doivent être déterminés par une politique et vérifiés régulièrement; et

    12. Toutes les recherches entreprises doivent être approuvées par un comité d'examen des recherches chargé de veiller à ce qu'elles soient conformes aux normes déontologiques quant à la conception et à la supervision, et à ce que le participant donne son consentement par écrit, de son plein gré et en toute connaissance de cause.


    ANNEXE B

    Les données sur la santé réunies à la Prison des femmes pour le mois de mars 1991 donnent l'impression d'un nombre extrêmement élevé de contacts avec le personnel de la santé. Pour 111 femmes purgeant une peine fédérale dans cet établissement, il y a eu plus de 100 consultations de médecins sur place. Il y a eu plus de 1 000 séances de counseling sous la direction du personnel infirmier, ce qui signifie en moyenne neuf séances par femme par mois. Il y a eu administration de médicaments plus de 3 000 fois, en moyenne 30 fois par mois par femme. Six femmes ont été hospitalisées à l'extérieur. Il y a eu deux consultations à l'extérieur et 129 rendez-vous sur place pour des services spécialisés, les plus fréquents étant du domaine de la psychiatrie (47), de la physiothérapie (48), pour les soins dentaires (20); les autres consultations sur place étaient pour des soins d'optométrie (16), pour de la chirurgie mineure (6), pour des soins orthopédiques (3) et pour des soins dermatologiques.

    Les statistiques de Santé nationale et de Bien-être social Canada sur les femmes et les services de santé pendant leurs années de fécondité portent à croire que les données susmentionnées pour la Prison des femmes ne sont pas irréalistes. De même, les médecins qui travaillent dans des endroits isolés indiquent que l'isolement entraîne des contacts plus fréquents que ce ne serait autrement le cas. Il est possible que l'incarcération (l'isolement) affecte actuellement la fréquence avec laquelle les délinquantes de l'établissement consultent les services de santé et qu'en raison de l'incidence de ces facteurs environnementaux (l'emprisonnement), on ne puisse guère espérer une baisse importante du niveau de besoins ou de demandes au pavillon de ressourcement envisagé. Cette idée souligne l'importance de créer un environnement aussi favorable que possible par une sélection attentive de tout le personnel et c 'est peut-être là un domaine où l'on pourrait mener des recherches pour connaître les divers effets d'un cadre carcéral qui est matériellement conçu et doté d'un personnel compétent pour créer un cadre de soutien.


    ANNEXE C

    BESOINS ESTIMATIFS EN MATIÈRE DE RESSOURCES

    Administratrice des services de santé ou de santé mentale

    L'administratrice est tenue d'assurer la surveillance et la coordination de tous les services de santé physique et mentale et de faire preuve de sensibilité à l'égard des besoins culturels des femmes autochtones.

    Elle assure une communication ouverte et efficace entre tous les membres de l'équipe multidisciplinaire et les organismes de l'extérieur.

    Elle est chargée de la prestation quotidienne efficiente et ininterrompue de services de santé physique et mentale à l'intérieur du pavillon de ressourcement.

    Elle aide les autres professionnels de la santé physique et mentale dans leur évaluation des femmes autochtones purgeant une peine fédérale et dans l'administration des traitements thérapeutiques répondant à leurs besoins.

    Elle crée un environnement qui encourage la promotion de la santé des femmes purgeant une peine fédérale et du personnel également.

    Elle assure la présence d'un personnel infirmier adéquat (personnel régulier et personnel de secours) pour l'infirmerie à raison de 12 heures par jour 7 jours par semaine.

    Elle veille à ce que les pratiques professionnelles de soins de santé soient conformes aux normes provinciales et aux normes du SCC.

    Elle négocié, organise et coordonne la prestation de services de santé physique et mentale par l'établissement de contrats avec le pavillon de ressourcement et dans la collectivité.

    Elle recrute des bénévoles aux fins des soins de santé.

    Statut : Employée

    Capacité (80 résidentes) : 1

    Capacité (de 15 à 30 résidentes) : 1