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Programmes pour les délinquantes

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CARACTÉRISTIQUES DE LA DÉLINQUANTE

Âge au moment de l'infraction
Race
État civil
Conditions de vie
Nombre d'enfants
Situation d'emploi
Principale source de revenu
Niveau de scolarité
Antécédents de toxicomanie
Antécédents d'agression sexuelle, de violence physique et psychologique
Antécédents de troubles mentaux

 

Âge au moment de l'infraction

Les délinquantes avaient en moyenne 31,2 ans au moment de l'homicide. Le graphique ci-dessous révèle cependant que l'âge variait de 16 à 63 ans et que la majorité se situaient dans la fourchette des 20 à 40 ans. Ces chiffres sont tirés des données entrées sur 179 des 181 femmes condamnées pour homicide. Il importe de signaler que la catégorie des 13 à 18 ans comprend une jeune délinquante dont l'affaire a été transférée à un tribunal pour adultes lorsqu'elle a atteint 16 ans. Fait intéressant, près du quart des délinquantes faisant partie de l'échantillon étaient âgées de plus de 40 ans. Étant donné la moyenne d'âge des femmes dans la population carcérale générale (20 à 34 ans), les délinquantes condamnées pour homicide ont tendance à être plus âgées.

 

Race

La majorité (69,4 %) des délinquantes condamnées pour homicide et purgeant une peine sous responsabilité fédérale sont de race blanche, 21,1 % sont autochtones 8, 5,5 % sont de race noire et 2,8 % sont asiatiques. Les femmes d'autre origine ethnique 9 représentent 1,7 % de l'échantillon. Les femmes autochtones sont sous-représentées au sein du système de justice pénale, puisqu'elles ne constituent que 2 % de la population canadienne dans son ensemble (LaPrairie, 1989; Statistique Canada, 1991).

 

État civil

Comme le montre le tableau ci-dessous, l'information sur l'état civil de la délinquante au moment de l'homicide était disponible dans le dossier de 179 des 181 femmes sur lesquelles portait la présente étude. Il ne faut pas oublier que ce renseignement précise simplement l'état civil de la délinquante au moment de l'homicide, peu importe qu'elle ait eu ou non d'autres relations matrimoniales auparavant. Une femme mariée au moment de l'homicide, par exemple, peut l'avoir été auparavant et être donc aussi divorcée. Cependant, il a souvent été difficile d'obtenir et d'interpréter ce genre de renseignements détaillés.

Dans le cas des 179 femmes, 33 % étaient célibataires au moment où elles ont commis l'infraction. La moitié avaient une relation avec un conjoint de fait (27,9 %) ou étaient mariées (22,3 %). Les autres étaient soit divorcées (9,5 %), séparées de leur mari ou conjoint de fait (6,1 %), ou veuves (1,1 %).

Tableau 4

État civil au moment de l'homicide (N= 179)

État civil

Nombre de délinquantes

Pourcentage

Célibataire

59

33 %

Conjointe de fait

50

27,9 %

Mariée

40

22,3 %

Divorcée

17

9,5 %

Séparée

11

6,1 %

Veuve

2

1,1 %

 

Conditions de vie

Les renseignements sur les conditions de vie de la délinquante au moment de l'infraction étaient disponibles dans le dossier de 168 femmes. Bon nombre de ces femmes, soit 26,2 %, habitaient avec leur conjoint de fait ou mari ou avec leur ami(e) de c_ur et 20,8 % habitaient avec leur conjoint de fait ou mari et avec leurs enfants. Cette catégorie comprend les partenaires de sexe masculin et féminin. D'autres femmes, soit 14,3 %, habitaient seules et 8,9 % habitaient sans conjoint mais avec au moins un enfant qui était le leur ou non. Un petit nombre de femmes, soit 7,1 %, habitaient avec leurs parents et quelques femmes, c'est-à-dire 3,6 %, habitaient avec d'autres membres de leur famille, par exemple, un oncle et une tante. D'autres femmes (3,6 %) habitaient avec des colocataires qui n'étaient pas membres de leur famille, ou avec leur enfant et d'autres membres de la famille (2,4 %), ou encore avec leur ami(e) de c_ur (2,4 %). Les autres femmes, soit 10,7 %, se trouvaient dans d'autres types de situations, par exemple, elles habitaient dans un foyer de groupe ou étaient incarcérées dans un pénitencier.

 

Nombre d'enfants

Dans la plupart des cas (68,5 %) au moins un enfant habitait avec la délinquante ou bien ses enfants étaient confiés aux soins d'une autre personne. Certaines femmes, soit 31,5 %, n'avaient pas d'enfant. Sept était le nombre maximal d'enfants qu'avait une délinquante. Des renseignements sur les enfants des délinquantes étaient disponibles dans 178 des 181 cas. Ces chiffres ne comprennent pas les enfants nés après que la délinquante ait commis l'homicide.

    Tableau 5

    Nombre d'enfants de la delinquante au moment de l'homicide (N= 178)

    Nombre d'enfants

    Nombre de délinquantes ayant ce nombre d'enfants

    Pourcentage

    Aucun enfant

    56

    31,5 %

    1 enfant

    44

    24,7 %

    2 enfants

    33

    18,5 %

    3 enfants

    21

    11,8 %

    4 enfants ou plus

    24

    13,5 %

 

Situation d'emploi

Dans le cas de 171 des femmes, leurs dossiers contenaient des renseignements sur leur situation professionnelle au moment de l'infraction. Plus de la moitié (55,6 %) étaient sans emploi au moment de leur arrestation, c'est-à-dire qu'elles n'occupaient aucun type d'emploi, légal ou illégal. Par contre, 21,1 % avaient un emploi relativement stable. L'industrie du sexe était aussi un employeur relativement important - 11,1 % de ces femmes étaient prostituées au danseuses exotiques. Par ailleurs, 4,7 % travaillaient à leur propre compte, généralement comme gardiennes d'enfants ou artisanes. Quelques-unes (5,3 %) avaient un emploi temporaire, par exemple, un travail saisonnier ou autre type d'emploi occasionnel et le reste (2,3 %) étaient étudiantes au moment de leur arrestation.

 

Principale source de revenu

Nous avons tâché dans cette analyse de déterminer la situation financière de la délinquante au moment de l'homicide. Dans le cas des délinquantes qui avaient plus d'une source de revenu, nous avons retenu la source principale. Les dossiers de 12 femmes ne contenaient malheureusement pas ces renseignements.

L'aide sociale était la principale source de revenu de 40,8 % des 169 femmes recensées. Aux fins de la présente analyse, l'aide sociale comprend le bien-être, les allocations familiales, les prestations d'invalidité et tous autres fonds qu'affectent le gouvernement ou d'autres organismes du genre. Le revenu de 28,4 % des femmes provenait d'une certaine forme d'emploi légal et 7,7 % s'acquittaient de leurs obligations financières en menant des activités illégales, par exemple la prostitution, le vol, la fraude et d'autres actes criminels. Quelques femmes, soit 7,7 %, étaient financièrement à la charge d'une autre personne, par exemple un mari ou un parent, 7,7 % seulement n'avaient aucune source de revenu, et 1,8 % avaient un revenu provenant d'une autre source, par exemple d'un héritage.

 

Niveau de scolarité

Le niveau de scolarité est la dernière année scolaire officielle que la délinquante a réussie avant de commettre l'homicide. Ce renseignement manque dans le dossier de 12 des 181 femmes. Dans le cas des 169 autres, cependant, ces renseignements ont été recueillis, analysés et exposés dans le graphique ci-dessous.

Huit virgule neuf pour cent des délinquantes avaient tout au plus leur sixième année. Bien que 65,1 % aient suivi des études secondaires, seulement 13,6 % avaient obtenu leur diplôme. Parmi ces dernières, 12,4 % ont une certaine scolarité postsecondaire, c'est-à-dire qu'elles ont suivi des cours à l'université, au collège ou à l'école des médecins, et quelques-unes ont obtenu le diplôme du programme.

 

Antécédents de toxicomanie

La toxicomanie était une réalité dans la vie de bon nombre de ces femmes. Aux fins de la présente étude, la toxicomanie comprend la consommation excessive d'alcool et (ou) de drogue 10 à n'importe quel moment dans la vie de la délinquante. Elle comprend la consommation de drogues illicites comme la marijuana et l'héroïne, ainsi que la consommation excessive de médicaments d'ordonnance, par exemple le Valium. Elle ne comprend pas la consommation sociale d'alcool ou la consommation occasionnelle de \substances. Il n'y avait aucune information sur le rôle de l'alcool et (ou) de la drogue dans la vie de 4 femmes. Plus des deux tiers des autres femmes, soit 67,2 %, avaient des antécédents de toxicomanie. Seulement 32,8 % n'avaient aucun problème antérieur d'alcool et (ou) de drogue.

Tableau 6

Antécédents de toxicomanie

N= 177

Oui

119

67,2 %

Non

58

32,8 %

Nous avons tâché de déterminer exactement quelles étaient les substances consommées. Dans le cas des 101 femmes qui avaient des problèmes de toxicomanie, 26,1 % consommaient uniquement de l'alcool et une proportion légèrement moindre, soit 15,1 %, consommaient uniquement des drogues. La plupart des femmes, soit 58,8 %, avaient des antécédents comprenant les deux types de toxicomanie.

 

Antécédents d'agression sexuelle, de violence physique et psychologique

Bon nombre de ces femmes avaient des antécédents de violence. Aux fins de la présente étude, les diverses formes de violence relevées sont la violence physique, par exemple les châtiments corporels et les voies de fait, les mauvais traitements sexuels, soit l'agression sexuelle et l'atteinte à la pudeur, et la violence psychologique, par exemple la violence verbale et la négligence. Les trois formes de violence ont été regroupées parce qu'il a été difficile de déterminer le type et la gravité des mauvais traitements subis selon les renseignements au dossier. Par conséquent une, deux ou les trois formes de violence et tous les degrés de gravité sont inclus.

Comme le montre le tableau ci-dessous, 82,3 % des femmes ont déclaré avoir été victimes de violence. Dans 17,1 % des cas, cependant, le dossier ne contenait aucun renseignement attestant d'antécédents de violence. 11

Tableau 7

Antécédents d'agression sexuelle,

de violence physique et psychologique

(N=181)

Oui

149

82,3 %

Non

32

17,7 %

Nous avons tâché de déterminer non seulement s'il y avait eu des antécédents de violence, mais aussi la nature de la relation entre l'agresseur et la délinquante 12.

Dans 49 cas, la relation exacte entre la délinquante et l'agresseur n'était pas précisée. Dans les autres cas, les femmes qui avaient subi de mauvais traitements (37,1 %) ont été victimes de leur partenaire intime. Cette catégorie comprend le conjoint de fait et le mari, précédent et actuel, ainsi que les ami(e)s de c_ur. Cette catégorie peut comprendre aussi la violence infligée par plus d'un individu. La délinquante peut, par exemple, avoir été victime de violence infligée par son mari actuel et un conjoint précédent.

Les autres sources de violence comprenaient les parents de la délinquante (un parent naturel ou beau-parent), des membres de la famille et des personnes non apparentées, qui comptaient pour 25,0 % des cas.

Certaines femmes ont aussi été victimes de plus d'un agresseur, par exemple, le mari actuel ou un conjoint précédent, un parent naturel ou un beau-parent et des membres de la famille, qui comptaient pour 12,9 % des cas.

En outre, plusieurs femmes avaient été victimes de violence de la part de plus d'un agresseur, par exemple le conjoint et des personnes non apparentées (6,1 %) et d'autres, seulement de la part de personnes non apparentées (5,3 %).

Un groupe relativement important de femmes (13,6 %) ont été victimes de divers agresseurs qui n'entrent pas dans les autres catégories, par exemple, des enfants à l'école, des étrangers, des cousins, des oncles, etc.

Fait intéressant, plus du tiers des femmes ont été victimes d'une forme quelconque de violence dans l'enfance et à l'âge adulte. Par conséquent, on peut soutenir qu'elles ont été victimes de mauvais traitements toute leur vie.

 

Antécédents de troubles mentaux

Dans le cas de 178 des 181 délinquantes, le dossier contenait des renseignements sur les problèmes de santé mentale, mais ces renseignements étaient sommaires. En outre, il a souvent été difficile de déterminer précisément le problème 13. Divers médecins ou travailleurs de la santé mentale peuvent interpréter et diagnostiquer différemment le même cas et le même problème. Il ne faut pas oublier non plus que les renseignements recueillis portent sur les antécédents complets des troubles mentaux de la délinquante qui peuvent ou non avoir joué un rôle dans la perpétration de l'homicide. Ces renseignements figurent au dossier de 178 des délinquantes visées par la présente étude ; dans 35,3 % des cas, il était précisé qu'elles avaient éprouvé des troubles mentaux auparavant et dans 64,7 %, qu'elles n'en n'avaient pas éprouvé.

Tableau 8

Antécédents de troubles mentaux

(N= 178)

Oui

61

35,3 %

Non

112

64,2 %

Le type de problème était précisé dans le cas de 51 des 61 femmes ayant des antécédents de troubles mentaux. La dépression était le problème le plus fréquent, c'est-à-dire dans 29,4 % des cas. Cependant, il ne faut pas oublier que la gravité de la dépression varie et que les cas les moins graves ne sont peut-être pas documentés. Selon les diagnostics, ces femmes souffraient le plus souvent du trouble de la personnalité limite, 7,8 % étaient atteintes de schizophrénie, 5,9 % avaient une personnalité multiple, 5,9 % souffraient d'un trouble bipolaire et une femme avait une personnalité passive-agressive.

Le tiers de ces femmes (33,3 %) avaient plus d'un trouble ou des troublent entrant dans d'autres catégories (obsessive-compulsive, trouble panique). Voir les définitions de ces troubles mentaux à l'annexe I.

8 Aux fins de cette étude, «autochtone» s'entend des membres des Premières nations, des Inuit et des Métis.

9 «Autre» s'entend des ressortissantes des Indes orientales et des mulâtres.

10 Comme l'indique un rapport publié par Santé nationale et Bien-être social Canada en 1989, les drogues sont classées comme licites ou illicites pour des raisons essentiellement historiques et judiciaires plutôt que d'après le risque lié à leur consommation.

11 C'est-à-dire que soit ces femmes n'ont pas été victimes de violence, soit les mauvais traitements n'ont pas encore été révélés ou consignés.

12 L'agresseur n'était pas nécessairement la victime de l'homicide.

13 Il convient de signaler que les détenues ont accès à toute une gamme de services de santé mentale, allant des séances de counselling individuelles avec des psychologues, d'autres fournisseurs de services de santé mentale ou d'Aînés à différents groupes de soutien selon le «modèle du mieux-être». Dans les Prairies, le Centre psychiatrique régional offre un programme de guérison intensif aux délinquantes ayant des troubles de la personnalité qui demandent à subir un traitement. Les délinquantes qui purgent leur peine sous surveillance dans la collectivité ont accès à des services de santé mentale ainsi qu'à des services de counselling dans la collectivité.