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Programmes pour les délinquantes

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DÉTAILS SUR L'HOMICIDE

Province et ville où l'homicide a été commis
Lieu de l'homicide
Contexte de l'homicide
Consommation d'alcool ou de drogue par la délinquante
Consommation d'alcool ou de drogue par la victime
Arme du crime
Cause du décès
Auteur de l'homicide

 

Province et ville où l'homicide a été commis

Dans les tableaux ci-dessous sont énumérées les provinces et les villes où les femmes ont commis leurs infractions. Seules les villes où au moins deux homicides ont été commis sont indiquées et celles ne comptant qu'un homicide sont regroupées dans la catégorie "autres villes". Dans le cas d'une seule des 181 femmes recensées, aucun renseignement sur le lieu du crime n'était disponible (N= 180).

La province ayant le taux d'homicide le plus élevé était l'Ontario où 33,3 % de ces crimes ont été commis. Ils ont été nombreux aussi au Québec, en Colombie-Britannique et en Alberta, y atteignant 18,3 %, 15,6 % et 11,7 % respectivement. L'Î.-P.-É. était la seule province qui ne comptait aucun homicide commis par une femme.

Dans la liste des villes énumérées ci-dessous, nombre des homicides ont été commis dans les principaux centres, par exemple, Vancouver, Edmonton, Calgary, Winnipeg, Toronto, Windsor, Montréal et Halifax. La ville comptant le taux le plus élevé d'homicides chez ces délinquantes est cependant Toronto (8,3 %).

Tableau 10

COLOMBIE-BRITANNIQUE - TOTAL = 28
Vancouver

11

Chase

3

Burnaby

2

Coquitlam

2

New Westminster

2

Autres villes

8

ALBERTA - TOTAL = 21
Edmonton

10

Calgary

7

Autres villes

4

SASKATCHEWAN - TOTAL = 10
Regina

2

Prince Albert

2

Kamsack

2

Autres villes

4

MANITOBA - TOTAL = 8
Winnipeg

6

Autres villes

2

   

Tableau 10 (cont'd)

ONTARIO - TOTAL = 60
Toronto

15

Ottawa

2

Windsor

6

Chatham

2

Uxbridge

2

Belleville

2

Scarborough

2

Mississauga

2

Autres villes

25

QUÉBEC - TOTAL = 33
Montréal

12

Québec

2

Autres villes

19

NOUVEAU-BRUNSWICK - TOTAL = 1
Chatham

1

NOUVELLE-ECOSSE - TOTAL = 13
Halifax

5

Antigonish

2

Dartmouth

2

Autres villes

4

TERRE-NEUVE - TOTAL = 3
St. John's

1

Autres villes

3

TERRITOIRES DU NORD -OUEST - TOTAL= 2
Autres villes

2

TERRITOIRE DU YUKON - TOTAL = 1
Whitehorse

1

 

Lieu de l'homicide

Le lieu de l'homicide a été déterminé dans 177 des 181 cas recensés. Les homicides ont surtout été commis à la résidence de la victime qui soit habitait avec la délinquante (21,7 %), soit n'habitait pas avec elle (31,6 %). Dans d'autres cas, l'homicide a été commis à la résidence de la délinquante (6,2 %). D'autres lieux d'homicide comprennent les résidences privées, par exemple la résidence de la délinquante et du coaccusé (4,0 %), la résidence d'une connaissance de la délinquante et de la victime (3,4 %), et la résidence d'un parent de la victime (0,6 %). Toutefois, les homicides ont eu lieu dans d'autres lieux également.

Par exemple, l'homicide a quelquefois été commis à l'extérieur (9,0 %), y compris dans un endroit boisé, une rue de la ville ou un fossé en bordure du chemin. Plusieurs des homicides ont eu lieu aussi dans des voitures et des garages de stationnement (6,2 %) ainsi que dans des établissements publics comme les banques, les universités, les prisons et les hôpitaux (4,0 %). Certaines victimes ont été tuées au travail (2,3 %), dans un hôtel ou une maison de chambres (1,7 %), ou dans un restaurant ou bar (1,1 %).

Dans l'ensemble, les homicides ont été commis plus souvent dans un lieu privé, comme une résidence, que dans un lieu public. Cette conclusion est étayée par les résultats de recherches antérieures (SCC, 1995; Boyd, 1988). Le graphique à tuyaux d'orgue ci-dessous illustre les cas dans lesquels l'information sur le lieu de l'homicide était disponible.

 

Contexte de l'homicide

Des renseignements ont été recueillis aussi sur ce qui s'est passé entre la délinquante et la victime juste avant l'incident mortel. Dans 175 des cas étudiés, le dossier a permis de déterminer le contexte de l'homicide. Les six autres cas sont exclus des analyses qui suivent.

Comme le montre le graphique ci-dessous, il s'agit le plus souvent d'une situation où la délinquante vole la victime pour obtenir de l'argent ou des biens; on peut supposer que la situation dégénère en violence et la victime perd la vie. C'est ce qui s'est produit dans 16,6 % des homicides.

Dans une autre situation qui se produit fréquemment (15,4 % des cas), la relation de la délinquante avec la victime l'exaspère et la perturbe émotionnellement. Par exemple, la délinquante en veut à son conjoint à cause de mauvais traitements, d'un divorce imminent, d'une infidélité, etc.

Dans 9,1 % des cas, la délinquante a commis un homicide parce qu'elle craignait pour sa vie ou par autodéfense. Ce type de situation comprend celle où la victime est le client d'une prostituée. Il l'assaille ou lui fait des avances sexuelles et elle refuse. La délinquante a peur et elle tue la victime pour mettre fin aux voies de fait ou pour s'enfuir. L'homicide du conjoint est inclus dans cette catégorie, mais seulement si le conjoint assaillait la délinquante au moment de l'homicide.

Un petit nombre de femmes, c'est-à-dire 2,9 %, ont tué leur victime par vengeance à cause de mauvais traitements sexuels infligés par cette dernière dans le passé. En général, la violence de la victime n'était pas orientée contre la délinquante, mais plutôt contre un enfant connu de celle-ci. La délinquante, dans un accès de colère, a donc tué la victime par vengeance.

Les disputes ont précédé la mort dans 14,9 % des cas. Typiquement, la délinquante et la victime se disputaient et généralement il était question d'alcool ou de drogue. La dispute a dégénéré et, ultérieurement, la victime a perdu la vie.

Dans une autre situation fréquente (12,0 % des cas), la délinquante, seule ou accompagnée, assaille ou maltraite la victime. Dans ce contexte, la délinquante inflige un préjudice physique à la victime qui perd la vie.

Un autre groupe de femmes, soit 10,9 %, ont tué leur victime lorsqu'elles étaient exaspérées par d'autres facteurs dans leur vie. Par exemple, une délinquante a déclaré qu'elle avait asphyxié son bébé alors qu'elle était en proie à des sentiments de frustration extrême au sujet de sa relation avec son conjoint. En pareil cas, les femmes peuvent passer sur la victime les frustrations et l'agressivité que d'autres éléments suscitent dans leur vie.

En outre, les femmes avaient souvent eu des problèmes d'argent avec la victime. Généralement, la délinquante cherchait à obtenir un héritage, une police d'assurance vie ou une autre somme d'argent de la victime. C'était le motif dans 7,4 % des homicides.

Des femmes ont aussi été reconnues coupables d'homicide lorsqu'elles ont allumé des incendies, participé à une transaction de drogue, essayé de causer un préjudice à la victime ou de l'effrayer, aidé quelqu'un à commettre un suicide, voulu éviter la honte à leurs yeux d'avoir un petit-fils ou une petite-fille illégitime, tâché de sauver un enfant d'un parent ou autre individu violent, voulu imposer le silence à la victime au sujet d'infractions commises dans le passé et ont été embauchées comme tueuses à gage. Pour faciliter l'analyse de ces cas, qui représentent chacun entre 1 % et 2 % de l'échantillon, ils sont classés dans la catégorie Autres (8,6 %). Les homicides commis pendant que la femme fuyait la police représentent 1,7 % des cas faisant partie de l'échantillon.

 

Consommation d'alcool ou de drogue par la délinquante

Bon nombre des délinquantes consommaient de l'alcool ou de la drogue au moment où elles ont commis l'homicide. Dans le cas des 169 femmes sur lesquelles ces renseignements étaient disponibles, 52,7 % avaient effectivement consommé de l'alcool avant de commettre l'homicide. Comme ces renseignements n'étaient pas disponibles dans près de 10 % des cas, cependant, il serait peut-être utile que le personnel veille à obtenir des renseignements plus précis.

Selon les résultats de recherches antérieures, il y aurait un lien entre la consommation d'alcool et le crime violent, particulièrement l'homicide (Mann, 1990).

Fait intéressant, 86,8 % des femmes autochtones faisant partie de l'échantillon avaient consommé de l'alcool au moment de l'homicide, comparativement à 45,4 % des femmes de race blanche.

L'information sur la consommation de drogues, y compris les médicaments d'ordonnance et les drogues illicites, était disponible uniquement dans les dossiers de 166 des femmes faisant partie de l'échantillon. Dans leur cas, les résultats révèlent que plus du tiers, soit 35,5 %, consommaient de la drogue au moment où elles ont commis l'infraction. Ces chiffres laissent supposer que l'alcool et la drogue pouvaient être en cause dans les événements qui ont amené ces femmes à commettre un homicide.

Selon les résultats des recherches précédentes, les femmes toxicomanes tuent plus souvent un étranger ou une connaissance qu'une personne avec laquelle elles ont une relation plus intime (Mann, 1990).

Environ le quart (25,0 %) des femmes faisant partie de l'échantillon avaient consommé à la fois de l'alcool et de la drogue au moment où elles ont commis l'infraction.

 

Consommation d'alcool ou de drogue par la victime

L'information sur la consommation d'alcool ou de drogue par la victime au moment de l'homicide était disponible dans 158 des cas sur 181. La victime avait consommé de l'alcool dans 52,5 % des homicides. Cette tendance est la même dans le cas des délinquantes.

La consommation de drogue était moins fréquente chez les victimes. Seulement 28,4 % des victimes avaient consommé des médicaments d'ordonnance ou des drogues illicites avant l'homicide. Comme dans le cas ci-dessus, un examen plus approfondi de la question dans le contexte des crimes commis serait utile et permettrait de mieux comprendre le rôle de l'alcool et de la drogue dans ces homicides.

Une analyse de 154 cas a révélé que, dans 46,8 % des homicides, la délinquante et sa victime avaient toutes deux consommé de l'alcool au moment de l'homicide. En ce qui a trait à la consommation de drogue, dans moins du quart (22,4 %) des 143 cas, la délinquante et la victime consommaient toutes deux de la drogue au moment de l'homicide. Dans 39,6 % des cas, ni la délinquante ni la victime n'avaient consommé de l'alcool au moment de l'homicide, et dans la majorité des cas (58,7 %) ni la délinquante ni la victime n'avaient consommé de la drogue.

L'alcool et la drogue réduisent les inhibitions, ce qui accroît la probabilité d'un comportement socialement inacceptable (Santé Canada, 1992).

 

Arme du crime

Le couteau était l'arme de choix de 31,8 % des délinquantes qui ont commis un homicide. Les couteaux et d'autres objets ont aussi servi dans 2,8 % des cas. Le deuxième choix était une arme à feu, pour 20,7 % des délinquantes. Des cordes ou d'autres articles enroulés, par exemple, des bas de nylon ou des serviettes, ont été les seules armes utilisées dans 4,5 % des homicides ou ont servi avec d'autres objets dans 4,5 % des cas. Des objets contondants comme des haches, des marteaux et des pierres étaient les armes utilisées par 4,5 % des délinquantes.

La force physique était un autre moyen employé pour éliminer la victime. La force physique comprend les voies de fait causant la mort, l'asphyxie par strangulation et des moyens autres que les armes. C'était le moyen employé dans 9,5 % des cas. Toutefois, le recours à la force physique ainsi qu'à d'autres armes, y compris les couteaux, les objets contondants et autres objets du même genre, constituaient le moyen employé le plus souvent pour commettre l'homicide. Les femmes ont eu recours à cette méthode dans une proportion de 15,4 %. Dans un cas particulier, la délinquante a eu recours en même temps à la force physique et à la drogue.

D'autres types d'armes meurtrières comprenaient le feu (1,7 %), l'eau (noyade) (1,7 %), la hache ou le marteau (1,7 %), une voiture avec laquelle la délinquante est passée sur le corps de la victime (1,1 %), le poison ou les drogues (0,6 %), le recours à la force et à la drogue (0,6 %), et un sac en plastique pour asphyxier la victime (0,6 %). Dans le tableau ci-dessous, ces armes sont regroupées dans la catégorie Autres. L'information sur le type d'arme utilisé n'était pas disponible dans trois des cas.

 

Cause du décès

Cette variable est liée de près à la précédente sur le type d'arme employée dans l'homicide. Elle révèle cependant quelques détails supplémentaires sur le degré de force utilisée et les diverses répercussions de ces armes sur la victime.

Comme le montre le graphique ci-dessous, de nombreuses victimes ont été poignardées à mort. Certaines ont perdu la vie après avoir été poignardé une fois (9,4 %), d'autres entre deux et dix fois (7,7 %) et d'autres encore ont subi des coups de couteau multiples, soit plus de dix (8,3 %). Dans un certain nombre de cas, soit 8,3 %, la victime a été poignardée à mort, mais le nombre exact de coups de couteau n'est pas précisé. Au total, la victime a été poignardée à mort dans 33,7 % des cas.

Comme on pouvait s'y attendre d'après le nombre d'armes à feu employées pour commettre l'homicide, 20,4 % des victimes ont été tuées d'un coup de feu. Il y a eu strangulation et asphyxie dans 7,7 % et 3,9 % des cas respectivement. Dans une proportion de 6,6 %, les victimes ont été battues à mort, 7,7 % ont été battues et poignardées et 2,8 % ont été battues et étranglées. Les autres causes de décès comprenaient les blessures à coup de hache et de marteau (4,5 %).

Dans environ 13,0 % des cas, les causes de décès comprennent l'incendie/ l'inhalation de fumée, la noyade, les coups et l'incendie, l'étranglement et les coups de couteau, l'étranglement et la noyade, les secousses, la négligence, la poussée pour faire tomber la victime d'une fenêtre, la mutilation, l'écrasement par une voiture, le poison et la drogue, la noyade et la drogue, les coups et les pierres lancées à la tête, les coups et l'asphyxie, et l'étranglement et l'agression sexuelle. Ces autres causes de décès entrent dans la catégorie Autres dans le graphique ci-dessous.

 

Auteur de l'homicide

L'étude visait en outre à déterminer qui était le véritable auteur de l'homicide, c'est-à-dire qui a commis l'acte qui a entraîné la mort de la victime. Comme le montre le tableau ci-dessus (N= 180), dans plus de la moitié des cas, (63,3 %), la délinquante était la personne réputée avoir tué la victime. Le coaccusé avait commis le crime et la délinquante avait été accusée à titre de complice ou conspirateur dans 16,1 % de ces cas. Dans 20,6 % des cas, la délinquante et le(s) coaccusé(s) avaient ensemble causé la mort de la victime.

Tableau 11

Auteur de l'homicide (N= 180)

Délinquante

114

63,3%

Coaccusé

29

7,1%

Délinquante et coaccusé

37

20,6%