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Programmes pour les délinquantes

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CARACTÉRISTIQUES DES VICTIMES

Nombre de victimes
Sexe des victimes
Âge des victimes
Relation entre la victime et la délinquante
Cohabitation avec la victime
Antécédents de mauvais traitements et conflits antérieurs avec la victime
Activité de la victime

 

Nombre de victimes

Toutes les femmes sauf six avaient été condamnées pour un homicide ayant fait une seule victime. Il n'y avait aucun cas comptant plus de deux victimes. Fait intéressant, dans les cas où il y avait plus d'une victime, il s'agissait d'adultes et d'enfants.

 

Sexe des victimes

Une très grand nombre (73,6 %) de victimes de ces homicides étaient des hommes et 25,3 % étaient des femmes. En outre, deux délinquantes comptaient chacune un homme et une femme comme victimes.

 

Âge des victimes

La fourchette d'âge des victimes allait d'un nouveau-né de quelques heures à peine jusqu'à une personne âgée de 83 ans. Les homicides recensés avaient fait en tout 187 victimes. Des 150 victimes dont l'âge au moment du décès est connu, 30 étaient des jeunes 19 et 120, des adultes. Les graphiques qui suivent montreront la large fourchette d'âge des victimes.

L'âge moyen des victimes jeunes était de six ans. Fait intéressant, la plupart (66,3 %) étaient âgées de moins de cinq ans. Par rapport à l'échantillon, les jeunes âgés de moins de cinq ans représentaient 12,7 % de l'ensemble des victimes.

L'âge moyen des victimes adultes au moment du décès était de 43 ans. La plupart des victimes étaient âgées de 26 à 60 ans, mais le quart (25,0 %) avaient moins de 30 ans.

 

Relation entre la victime et la délinquante

L'un des objectifs de la présente étude était de déterminer les victimes de ces infractions et leur relation avec la délinquante. Le graphique ci-dessous révèle de nombreux types différents de relations entre ces femmes et leurs victimes. Certaines des catégories sont fondées sur celles établies dans le document L'homicide au Canada : un tableau synoptique (Statistique Canada, 1976).

Dans plus du quart des cas (26,0 %), la victime était le partenaire intime, le mari ou le conjoint de fait ou encore l'ami(e) de c_ur de la délinquante. Dans le cas des délinquantes dont il était impossible de déterminer s'il s'agissait d'un partenaire actuel, précédent ou séparé (13 sur 47), il s'agissait dans 2,8 % des cas d'anciens partenaires (catégorie comprenant les conjoints de sexe masculin et féminin).

Dans 19,3 % des cas, la victime avait un lien de parenté avec la délinquante; ces victimes comprenaient l'enfant de la délinquante (7,1 % des cas), un autre enfant dont la délinquante prenait soin 20 (5,5 % des cas), le père ou la mère et des membres de famille de délinquante. Dans un cas, il s'agissait de l'homicide d'un enfant et du conjoint. Une autre catégorie de victimes (5,0 %) comprend des membres de la famille de fait de la délinquante, comme des parents de son conjoint ou ami de c_ur ou la conjointe ou l'amie de c_ur des hommes que la délinquante fréquentait.

Dans 51,3 % des cas en tout, il y avait un lien de famille entre la victime et la délinquante. Ce groupe comprend les partenaires intimes, les anciens partenaires, les autres membres de la famille de la délinquante et les membres de la famille du conjoint de fait ou partenaire de cette dernière.

Dans le cas des relations avec les connaissances (31,5 %), il s'agissait de relations où la victime était connue de la délinquante mais n'était pas nécessairement au nombre de ses intimes. Ces personnes comprenaient des voisins, l'avocat de la délinquante, une autre détenue dans le même établissement, des colocataires, des amis ou des amants éventuels, ou encore des personnes que la délinquante avait rencontrées dans le passé. En outre, cette catégorie comprenait les connaissances que la délinquante avait rencontrées par l'entremise du coaccusé.

Souvent aussi, la victime avait une relation d'affaires avec la délinquante (5,5 % des cas). Ces victimes comprenaient les clients d'une prostituée, une prostituée dont l'époux de la délinquante avait retenu les services, un chauffeur de taxi et un trafiquant de drogue.

Les représentants des forces de l'ordre, par exemple, des agents de police et un membre du personnel du foyer de groupe qui hébergeait la délinquante, étaient les victimes dans 2,2 % des cas.

La catégorie des autres victimes (8,2 %) comprend des étrangers qui n'avaient jamais rencontré la délinquante avant l'homicide. Conformément aux résultats d'autres études (Statistique Canada, 1976; Boyd, 1988; Nouwens, 1991; SCC, 1995), ces femmes avaient été reconnues coupables d'avoir tué des personnes avec lesquelles elles auraient eu une relation. Dans la majorité des cas (84,6 %), la victime était un intime ou une connaissance de la délinquante. Seulement 15,4 % des délinquantes ne connaissaient pas leur victime au moment de l'infraction.

 

Cohabitation avec la victime

Dans la plupart des cas (65,5 %) la délinquante n'habitait pas avec sa victime. Il y avait cependant 61 délinquantes (33,9 %) qui habitaient avec la victime au moment de l'homicide. Dans un cas, la délinquante habitait avec deux de ses victimes au moment de l'homicide (ce cas a été inclus dans la catégorie Oui). Fait intéressant, dans environ 85 % des cas, la victime était connue de la délinquante.

 

Antécédents de mauvais traitements et conflits antérieurs avec la victime Haut de la page

Nous avons tâché au cours de la présente étude de déterminer s'il y avait eu des antécédents de mauvais traitements ou des conflits entre la délinquante et la victime avant l'homicide. Dans les 175 cas où cette information a été fournie, 44 % des délinquantes avaient des antécédents de mauvais traitements ou avaient vécu des conflits avec leur victime alors que 55,4 % n'en n'avaient pas eu. Dans le cas d'une délinquante, sa relation avec l'une de ses victimes était empreinte de mauvais traitements et de conflits, mais non avec l'autre. Il importe de signaler que les mauvais traitements et les conflits entre délinquante et victime varient probablement selon l'âge de la victime ainsi que la nature de la relation entre la victime et la délinquante.

Dans les 78 cas où il y avait eu des antécédents de mauvais traitements ou des conflits entre la victime et la délinquante avant l'homicide, l'information quant au type de mauvais traitements ou de conflit était disponible. Le graphique ci-dessous montre les divers types de conflits entre la délinquante et la victime.

Le plus fréquent type de conflit était celui où la victime avait maltraité ou harcelé la délinquante. Il s'agit de 37,2 % des cas faisant partie de l'échantillon. Dans 17,9 % des cas, la délinquante avait harcelé ou maltraité sa victime avant l'homicide. Dans 5,1 % des cas, la délinquante et la victime avaient usé de violence l'une envers l'autre. En outre, dans un dossier (1,3 %), la violence était mentionnée mais l'auteur n'était pas révélé.

Les disputes représentaient un autre type de conflit entre délinquante et victime, les désaccords dans la relation 21 comptant pour 17,9 %, les disputes en général pour 16,7 % et les questions d'argent, pour 3,8 %.

 

Activité de la victime

L'activité de la victime au moment de l'homicide était au nombre des facteurs examinés au cours de la présente étude. Cette analyse a aidé à faire la lumière sur l'incident et à révéler si la victime était ou non agressive envers la délinquante à ce moment-là ou si elle était plus passive. Les dossiers de 171 femmes contenaient l'information sur cette variable.

On constate d'après le graphique ci-dessous que de nombreuses victimes étaient passives au moment de l'infraction. Autrement dit, 25,7 % des victimes étaient couchées ou assises, endormies ou inconscientes au moment où l'homicide a eu lieu.

Dans certains cas, la victime montait en voiture ou était déjà assise dans la voiture au moment de l'homicide (7,0 % des cas); elle était donc dans un endroit où sa capacité d'action était restreinte.

Certaines victimes étaient au travail ou en fonction (4,7 %). Ces victimes étaient des agents de police, des propriétaires de magasin et d'autres personnes accomplissant leurs tâches lorsque la délinquante a commis son infraction. D'autres encore étaient à la maison (5,8 %) mais leur activité n'était pas précisée.

Certaines victimes, (3,5 %) pleuraient ou avaient des troubles respiratoires. Ces victimes étaient généralement des enfants et la délinquante a causé leur mort en voulant contrôler ou régler la situation.

Dans d'autres cas, la victime était engagée dans des activités sexuelles avec la délinquante (3,5 %), prenait un verre (2,9 %), s'éloignait de la délinquante (2,9 %) et ouvrait la porte (2,9 %) lorsqu'elle a perdu la vie.

Dans d'autres cas encore (10,5 %), la victime au moment de l'homicide se rendait à l'école ou en revenait à pied, se promenait avec la délinquante ou le coaccusé, entrait ou sortait de la résidence de la délinquante, était séquestrée, montrait des photographies de la famille à la délinquante, amusait la délinquante, parlait avec elle, elle la faisait sortir de force de son appartement, révisait un véhicule, prenait un bain, attendait la délinquante, urinait derrière une voiture, jouait dans la cour et sortait d'un restaurant. Chacune de ces activités représente 2 % ou moins des cas dans lesquels des renseignements étaient disponibles sur l'activité de la délinquante au moment de l'homicide.

D'autres victimes contrariaient activement la délinquante au moment l'homicide, se disputant avec elle (18,7 %) ou l'assaillant (7,6 %). Dans ce dernier cas, il s'agissait d'avances sexuelles rejetées ou de violence physique.

En outre, certaines victimes se disputaient avec le coaccusé de la délinquante ou l'assaillait au moment de l'homicide (4,1 %).

Il semble en général que la plupart des victimes (69,4 %), n'étaient pas en train de provoquer la délinquante au moment de l'homicide, alors que 30,6 % se disputaient avec la délinquante ou son coaccusé au moment de l'infraction.

19 «Jeunes» s'entend des nouveau-nés jusqu'aux jeunes âgés de 18 ans.

20 Beaux-fils ou belles-filles, enfants en famille d'accueil ou autres enfants dont la délinquante a la garde.

21 Les désaccords dans la relation portent non seulement sur les problèmes dans la relation entre la délinquante et son conjoint, mais aussi sur les problèmes entre la délinquante et une amie, ou son père et sa mère, par exemple.