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Programmes pour les délinquantes

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Détenues sous responsabilité fédérale - Projet d'entrevue de détenues dites à sécurité maximale : faire du temps sans se laisser faire par le temps

Segments de population

2.1 Population à l'étude et segments de population
2.2 Données démographiques sur la population à l'étude : renseignements personnels
2.3 Données démographiques sur la population à l'étude : infractions
2.4 Données démographiques sur la population à l'étude : milieu carcéral

Dans cette section, on décrit la population carcérale visée par cette étude. Cette description explique pourquoi la population est segmentée dans le rapport et résume certaines données démographiques relatives aux antécédents personnels, criminels et carcéraux des participants.

 

2.1 Population à l'étude et segments de population

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Population

On a offert à toutes les détenues non autochtones dites «à sécurité maximale» la possibilité de participer à ce projet et toutes, sauf une, ont choisi d'y prendre part (taux de participation de 93 p. 100). Par conséquent, les données résultant des entrevues avec les détenues dites «à sécurité maximale» sont des données sur la population plutôt que des données échantillons. Étant donné que, d'un point de vue statistique, il s'agit d'une petite population, la généralisation des résultats est extrêmement limitée. Les données devraient être interprétées comme étant propres à cette population au plan temporel.

Segments de population

Bien que la population de détenues non autochtones dites «à sécurité maximale» est limitée en nombre, des entrevues avec les détenues et les membres du personnel ont révélé que cette population est hétérogène. Par conséquent, considérer cette population seulement dans son ensemble serait trompeur et problématique. La mesure dans laquelle cette population est hétérogène est illustrée dans les réponses des femmes et du personnel qui souvent se distinguent clairement sur le plan des sous-populations.

Il existe un certain nombre d'agencements possibles des sous-populations selon le poids accordé aux facteurs comme la capacité et le fonctionnement cognitifs, l'importance et la nature des questions relatives à la santé mentale, le comportement antisocial et l'attitude criminelle, la durée de la peine, les questions et préoccupations en matière d'hébergement et tout croisement possible de ces facteurs.

Cette population de détenues non autochtones dites «à sécurité maximale» peut se distinguer en fonction des trois sous-populations identifiables suivantes, qui ne sont toutefois pas mutuellement exclusives ou fixes :

    1. celles qui ont de graves problèmes concernant leur comportement antisocial, leurs attitudes criminelles et leur adaptation au milieu carcéral (typiquement hébergées dans la population générale);

    2. celles qui ont des besoins spéciaux découlant de sérieux problèmes émotionnels et de santé mentale (habituellement hébergées dans la population ayant des besoins spéciaux);

    3. celles qui ont des besoins spéciaux provenant de limites cognitives et de déficience d'habiletés de base (hébergées dans l'une ou l'autre des sous-populations susmentionnées, mais souvent considérées et hébergées avec les détenues ayant des besoins spéciaux).

Ces trois sous-populations sont évidentes dans les données provenant de la recherche actuelle et sont conformes aux trois «constellations de groupes ayant des besoins spéciaux» de Warner (1998). Dans le présent projet de recherche, la distinction entre les deux dernières sous-populations a souvent été brouillée par les détenues et les agents de correction. Ces deux sous-populations ont fréquemment été groupées ensemble et considérées comme «ayant des besoins spéciaux». Ceci est aussi plus ou moins évident dans d'autres recherches connexes (Rivera, 1996 et Whitehall, 1995) conçues pour faire un examen des femmes ayant des besoins spéciaux en matière de fonctionnement et de santé mentale en comparaison avec la majorité des détenues de la population carcérale.

Pour diverses raisons, dont l'importance de la population à l'étude, le désir d'éviter de répartir cette population en très petites catégories, les similitudes dans les entrevues des deux dernières sous-populations et la confusion ces deux sous-populations tant par les détenues que par les agents de correction, on a jugé opportun aux fins de ce rapport de séparer la population de façon plus générale en seulement deux segments, c'est-à-dire la population générale (PG) et la population ayant des besoins spéciaux (PBS). Ces segments servent, en partie, de paramètres pour l'organisation de ce rapport. Toutefois, tandis que les données s'articulent autour de ces deux segments, on n'est pas sans ignorer qu'il y a en fait trois sous-populations et que toute intervention relative à cette population doit tenir compte de ce contexte.

La figure 1 illustre visuellement la composition des deux segments :

Le segment PG était composé de détenues ayant une cote de sécurité élevée en raison d'un comportement antisocial et d'attitudes criminelles ou d'un comportement antisocial, d'attitudes criminelles et de problèmes émotionnels et de santé mentale (aucune femme n'a été diagnostiquée comme présentant une pathologie répertoriée dans la classification Axis I du DSM-IV portant sur la schizophrénie et les autres troubles psychotiques ou encore comme présentant des troubles de même nature qui peuvent exister en présence de troubles psychotiques sans qu'il puisse être possible de les identifier spécifiquement5). Ce dernier groupe pourrait résider pendant de longues périodes de temps dans la population générale. La zone ombrée de la figure 1 représente visuellement le segment PG.

Le segment PBS était composé de femmes qui seraient placées dans l'une ou l'autre des sous-populations ou toute autre intersection6.

Enfin, en ce qui concerne la composition des segments de population, il faut insister sur les trois points suivants :

1. Terminologie. L'expression besoins spéciaux pourrait être jugée trompeuse étant donné que toutes les détenues dites «à sécurité maximale» devraient être considérées comme ayant des besoins spéciaux. Par conséquent, l'utilisation de cette expression dans le présent rapport sert à mettre en relief la différenciation pratique ou opérationnelle qui existe entre les femmes qui peuvent, pendant de longues périodes de temps, fonctionner au sein de la population générale et celles qui ne le peuvent pas, ces dernières étant désignées comme ayant des besoins spéciaux.

2. Cote de sécurité élevée. Il est important de souligner que les détenues dites «à sécurité maximale» sont évaluées selon la notation des trois volets mentionnés plus tôt : l'adaptation au milieu carcéral, le risque d'évasion et la sécurité du public. Pour être plus clair, précisons que les détenues ne sont pas classées à sécurité élevée seulement en raison de sérieux problèmes émotionnels ou de santé mentale et des limites cognitives ou des déficiences d'habiletés de base.

3. Composition des sous-populations. La composition des sous-populations et des segments de population est subjective et ces compositions ne sont pas mutuellement exclusives ou fixes. En particulier, il peut y avoir un chevauchement et une confusion entre les sous-populations; bien que la position de certaines femmes dans une sous-population particulière puisse demeurer assez statique, d'autres femmes pourraient passer d'une sous-population à une autre en raison de diverses variables fluides et pas toujours facilement perceptibles (p. ex. médicaments, facteurs de stress situationnels, comportement non déguisé). Bref, il est très utile d'avoir recours à des segments de sous-population et de population pour comprendre les différences générales entre les questions, les besoins, le traitement et la gestion de la population de détenues dites «à sécurité maximale», sans toutefois oublier la subjectivité, la fluidité et le contexte.

 

2.2 Données démographiques sur la population à l'étude : renseignements personnels

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  • Les quatorze femmes interviewées étaient âgées entre 23 ans et 48 ans, la moyenne d'âge et la médiane étant de 32 ans (écart-type=7,8 ans);une était de race noire et treize de race blanche.
  • En général, les femmes du segment PG étaient plus jeunes que celles du segment PBS. L'âge moyen des femmes du segment PG était de 28 ans (écart-type=5,9 ans) en comparaison de 35 ans (écart-type=7,8 ans) pour les femmes du segment PBS.
  • Toutes les femmes se sont identifiées comme étant actuellement célibataires; cinq femmes (36 p. 100) étaient divorcées. Six femmes (43 p. 100) étaient des mères (2 du segment PG et 4 du segment PBS).
  • L'éducation scolaire des femmes variait de la cinquième année à la douzième année. Dans le segment PG, trois femmes avaient terminé leur douzième année, deux avaient fini leur dixième année et l'autre avait complété sa huitième année. Dans le segment PBS, une femme avait terminé sa douzième année, trois avaient fini leur huitième année et les quatre autres femmes avaient complété leur cinquième année.

 

2.3 Données démographiques sur la population à l'étude : infractions

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Types d'infraction
  • En ce qui concerne leur première condamnation, les quatorze femmes avaient été reconnues coupables d'au moins une infraction violente (selon le classement du SCC). Parmi ces infractions, on comptait l'homicide (2 femmes), le vol qualifié (5 femmes), les voies de fait (2 femmes), l'agression sexuelle (1 femme) et l'incendie criminel (4 femmes).
Peine totale
  • ·Le tableau 1 montre les peines totales et distingue celles des détenues du segment PG de celles du segment PBS.

Tableau 1
Peine totale

Durée de la peine

Segment PG (n=6)

Nombre pourcentage

Segment PBS (n=8)

Nombre pourcentage

2 ans

0 0

1 12,5

2+ - 3 ans

1 7

4 50,0

3+ - 4 ans

1 7

1 12,5

Total partiel _ 4 ans

2 33,4

6 75,0

4+ - 6 ans

2 3,3

0 0

6+ ans

2 33,3

2 25,0

Total partiel > 4 ans

4 66,6

2 25,0

Durée moyenne de la peine

5,20 ans

(écart-type=2,0)

4,90 ans

(écart-type=4,2)

  • Les peines des femmes variaient de 2 à 12 ans. La peine moyenne est d'environ 5 ans (écart-type=3,3 ans).
  • Bien qu'il y ait peu de différences entre la durée moyenne de la peine des femmes des segments PG et PBS, on constate une plus grande variation dans la durée de la peine chez les femmes du segment PBS. En particulier, cinq des six femmes du segment PG (83 p. 100) purgeaient une peine de plus de trois ans (trois femmes, soit 50 p. 100, une peine de plus de cinq ans). En comparaison, trois des huit femmes du segment PBS (38 p. 100) purgeaient une peine de plus de trois ans (deux femmes, soit 25 p. 100, une peine de plus de cinq ans). La plupart des femmes du segment PBS (cinq femmes ou 63 p. 100) purgeaient une peine de moins de trois ans.

 

2.4 Données démographiques sur la population à l'étude : milieu carcéral

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Le Système informatisé de gestion des détenus (SGD) du SCC a été utilisé dans le but d'extraire des données relatives à un certain nombre de variables carcérales discutées ci-dessous. Sauf indication contraire, ces données ont été tirées du SGD pour les quatorze femmes interviewées. On a tenu compte de ces renseignements dans le but de donner une vue plus complète de cette population en ce qui concerne certaines variables correctionnelles enregistrées par le SCC. Des analyses statistiques (test d'hypothèse X) ont été faites afin d'évaluer grâce à l'observation les différences entre les segments de population; comme on pouvait s'y attendre, la plupart de ces analyses n'étaient pas statistiquement significatives (en raison en partie du petit nombre de femmes considérées dans cette étude).

Niveaux de risques et de besoins

Au moment de l'admission, on établit un niveau global du risque et des besoins pour chaque délinquante allant de faible risque, faibles besoins à risque élevé, besoins élevés. La cote globale de risque que présente chaque délinquante (soit «faible», «moyen» ou «élevé») est établie à partir des Lignes directrices sur le contenu de l'évaluation initiale du délinquant. Les données de cette évaluation se composent principalement du dossier du passé criminel qui fournit des renseignements précis sur les infractions passées et actuelles. Les données peuvent aussi englober des renseignements supplémentaires particuliers aux cas concernant tout autre détail pertinent aux facteurs de risque individuel. La cote globale des besoins criminogènes du cas (établie encore suivant les catégories «faibles», «modérés» ou «élevés») est obtenue pour chaque délinquante au moyen de l'Identification et l'analyse des besoins des détenus (IABD), un élément de l'Évaluation initiale du délinquant. L'IABD identifie sept domaines cibles de besoins criminogènes, dont l'emploi, les relations matrimoniales et familiales, les fréquentations, la toxicomanie, la vie sociale, l'orientation personnelle et affective, l'attitude générale (les domaines cibles particuliers sont traités de façon plus détaillée dans la section 4). En plus de donner une cote globale des besoins criminogènes, l'IABD fournit un énoncé du niveau de besoins dans chaque domaine cible. L'IABD est essentielle afin de déterminer la nature et l'intensité des programmes nécessaires dans le plan correctionnel d'une délinquante pour réduire la probabilité de récidive.

Le tableau 2 présente la répartition mixte des niveaux de risques et de besoins des femmes interviewées.

Tableau 2
Répartition en pourcentage des niveaux de risques et de besoins

Niveau de risques et de besoins

Total

nbre pourcentage

Segment PG

nbre pourcentage

Segment PBS

nbre pourcentage

Risque moyen/Besoins modérés
3 21,4 2 33,3 1 12,5

Risque moyen/Besoins élevés

2 14,3 1 16,7 1 12,5
Total partiel
5 35,7 3 50,0 2 25,0

Risque élevé/Besoins modérés

0 ----- 0 ----- 0 -----

Risque élevé/Besoins élevés

9 64,3 3 50,0 6 75,0
Total partiel
9 64,3 3 50,0 6 75,0
  • Au niveau du groupe, environ les deux tiers (64 p. 100) des femmes interviewées étaient désignées comme étant des délinquantes à risque élevé, un tiers (36 p. 100) était considérée à risque moyen et aucune d'entre elles ne présentait de faibles risques. De même, en ce qui concerne les besoins globaux, aucune de ces femmes n'avait de faibles besoins, une minorité (21 p. 100) était désignée comme ayant des besoins modérés et la plupart (79 p. 100) avaient des besoins élevés. Cette constatation est conforme aux résultats de Blanchette (1997) selon lesquels les délinquantes dites à «sécurité maximale, moyenne et minimale» se différenciaient en fonction de leurs niveaux de risques et de besoins.
  • Lorsqu'on compare les segments PG et PBS, certaines différences se dégagent relativement au niveau global de risque. Bien que la moitié des femmes du segment PG étaient classées comme délinquantes à risque élevé et l'autre moitié comme délinquantes à risque moyen, la majorité des femmes du segment PBS (75 p. 100) étaient identifiées comme présentant des risques élevés et le reste, comme présentant des risques moyens.

Aspects des cotes de sécurité :

Adaptation au milieu carcéral, risque d'évasion et sécurité du public

Tel qu'énoncé dans la section 1.3, trois dimensions sont évaluées et examinées pour déterminer la cote de sécurité : l'adaptation au milieu carcéral, le risque d'évasion et la sécurité du public. On s'est servi du SGD pour obtenir des données sur ces trois dimensions pour les femmes interviewées, tant en ce qui concerne la cote de sécurité initiale que les examens ultérieurs de leur cote. (Ces données étaient disponibles pour treize des quatorze femmes). Les sources primaires de cette information dans le SGD étaient l'Évaluation initiale du délinquant, les Rapports récapitulatifs sur l'évolution du cas et les plans correctionnels.

Aspects de la cote de sécurité relatif à la désignation «à sécurité maximale»

Au niveau du groupe, environ les trois quarts (77 p. 100) des femmes interviewées ont obtenu une cote «élevée» pour deux aspects ou plus. Une très faible minorité (n=2 ou 15 p. 100) a été évaluée comme ayant une cote «faible» et ceci, pour un seul aspect chacune (risque d'évasion).

Lorsqu'on compare les segments PG et PBS, des similarités se dégagent en ce qui concerne les aspects de l'adaptation au milieu carcéral (toutes les femmes des deux segments ont une cote «élevée») et du risque d'évasion (environ la moitié dans chaque segment ont une cote «moyenne»). Une importante différence (test X, p<0,01) entre les segments PG et PBS a été constatée au sujet de la sécurité du public. Plus précisément, bien que toutes les femmes du segment PBS aient obtenu une cote «élevée» en ce qui concerne la sécurité du public, seulement deux femmes du segment PG (33 p. 100) ont eu une cote «élevée», le reste recevant la cote «moyenne». Ces renseignements montrent des cotes élevées pour l'adaptation au milieu carcéral de toutes les femmes classées «à sécurité maximale». D'importance égale pour les femmes du segment PBS sont les cotes élevées de préoccupations relatives à la sécurité du public.

Le tableau 3 fournit un répartition en pourcentage des aspects de la cote de sécurité des femmes interviewées.

Tableau 3
Répartition en pourcentage des aspects de la cote de sécurité

    Aspect de la cote de sécurité :   Total (n=13)*

    nbre pourcentage

    Segment PG

    nbre pourcentage

    Segment PBS

    nbre pourcentage

    Adaptation au milieu carcéral Élevé 12 92,3 6 100,0 7 100,0
      Moyen 1 7,7

      0 -----

    0 -----
      Faible 0 -----

      0 -----

    0 -----
    Risque d'évasion
    Élevé
    4 30,8

      2 33,3

    2 28,6
      Moyen 7 53,8 3 50,0 4 57,1
      Faible 2 15,4 1 16,7 1 14,3
    Sécurité du public* Élevé 9 69,2 2 33,3 7 100,0
      Moyen 4 30,8 4 66,7 0 -----
      Faible 0 ----- 0 ----- 0 -----
    Nota : Test d'hypothèse X; * p<0,01

    * Renseignements disponibles pour treize des quatorze femmes (omission d'une femme du segment PBS).

Aspects de la cote de sécurité pendant la désignation «à sécurité moyenne»

Aucune des femmes faisant partie de cette étude n'a jamais été désignée «à sécurité minimale». Toutefois, six détenues (trois femmes du segment PG et trois femmes du segment PBS) ont été classées «à sécurité moyenne» à un moment donné de leur incarcération.

Lorsqu'on compare les segments PG et PBS, l'une des différences les plus notables concernait le moment où les femmes avaient obtenu une cote de sécurité inférieure. Pour ces trois femmes du segment PG, leur classification «à sécurité moyenne» a précédé leur classification «à sécurité maximale». Par contraste, deux des trois femmes du segment PBS avaient obtenu une réduction de leur cote, d'élevée à moyenne, l'autre femme avait été classée à l'origine comme moyenne (pendant un court temps) et sa cote avait été augmentée et abaissée deux fois.

En ce qui concerne les femmes du segment PG, dans les trois cas, ce sont leurs cotes d'évaluation relatives à l'adaptation au milieu carcéral qui sont passées à «élevées» (pour deux des femmes, elles sont passées de faibles à élevées) lorsque leur cote de sécurité a été augmentée de moyenne à élevée. De même, pour une femme, la cote d'évaluation relative au risque d'évasion et à la sécurité du public a aussi augmenté (de faible à élevée et de moyenne à élevée, respectivement).

Par opposition, il y a plus de variabilité chez les trois femmes du segment PBS en ce qui concerne les aspects pour lesquels elles avaient obtenu une cote de sécurité moins élevée. Pour une femme, la cote relative à l'adaptation au milieu carcéral et à la sécurité du public a été abaissée d'élevée à moyenne alors que pour les deux autres femmes, une réduction de la cote d'élevée à moyenne pour l'adaptation au milieu carcéral ou le risque d'évasion a amené une baisse de leur cote de sécurité. Après une période allant de six semaines à presque huit mois (moyenne = 21,9, Écat-type=21,8 semaines), les niveaux de sécurité des trois femmes sont de nouveau passés à élevée.

Prolongation des peines

Selon des renseignements tirés du SGD, neuf des quatorze femmes (64 p. 100) ont été reconnues coupables de nouvelles infractions commises au cours de leur incarcération. En tout, ces neuf femmes ont été déclarées coupables de 64 nouvelles infractions, une moyenne de sept infractions chacune (médiane = 5, écart-type=7,3).

Les peines des neuf femmes ont été prolongées en raison de ces nouvelles condamnations. La période totale de temps ajoutée à leur peine a varié de 30 jours à presque quatre ans et demi. La durée moyenne ajoutée aux peines de ces neuf femmes a été de 18 mois, 10 jours (écart-type = 21 mois, 15 jours). Quatre de ces femmes ont vu leur peine prolongée d'au moins du tiers de leur première peine.

Comme l'illustre la figure 2, les voies de fait étaient courantes parmi les condamnations supplémentaires (70 p. 100). Toutes les neuf femmes avaient été reconnues coupables d'au moins une condamnation pour voies de fait parmi ces condamnations supplémentaires; sept femmes avaient été reconnues coupables de voies de fait contre un agent de la paix ou un membre du personnel en uniforme et cinq, pour voies de fait contre d'autres détenues. Dans l'ensemble, aucune tendance ne s'est dégagée en ce qui concerne le moment pendant leur incarcération où ces voies de fait se sont produites. Toutefois, les femmes du segment PBS avaient plus tendance à être condamnées pour voies de fait (ainsi qu'à être l'objet de nouvelles accusations) à l'approche de leur date de mise en liberté.

En ce qui concerne tout particulièrement les voies de fait contre les membres du personnel, ce groupe de femmes est responsable d'un fort pourcentage de tels incidents dans les établissements. Bien qu'elles représentent moins de 10 p. 100 de la population carcérale totale, au cours des trois dernières années, ces femmes ont commis 60 p. 100 de toutes les voies de fait contre le personnel (malgré le fait que les quatorze femmes n'ont pas toutes été incarcérées pendant la période entière).

Des renseignements supplémentaires concernant la prolongation des peines sont fournis ci-dessous, séparément pour les deux segments de population.

Segment de la population générale

Cinq des six femmes du segment PG (83 p. 100) ont été déclarées coupables de nouvelles infractions commises pendant leur incarcération. En tout, ces cinq femmes ont été déclarées coupables de vingt-cinq nouvelles infractions. En moyenne, chacune de ces cinq femmes a été reconnue coupable de cinq nouvelles infractions (médiane = 2, écart-type=5,6).

La durée ajoutée aux peines de ces cinq femmes a varié de trente jours à trois ans, huit mois et sept jours. La durée moyenne ajoutée aux peines de ces femmes a été dix-neuf mois et demi (médiane = 8 mois, écart-type = 22 mois).

Chacune de ces cinq femmes a été déclarée coupable de voies de fait dans le cadre de ces condamnations supplémentaires : quatre femmes (67 p. 100) pour des voies de fait contre des agents de la paix et du personnel en uniforme (un total de douze condamnations) et trois femmes (50 p. 100) pour des voies de fait contre d'autres détenues (un total de quatre condamnations).

Segment de la population ayant des besoins spéciaux

Quatre des huit femmes du segment PBS (50 p. 100) ont été déclarées coupables de nouvelles infractions commises pendant leur incarcération. En tout, ces quatre femmes ont été déclarées coupables de 39 nouvelles infractions. En moyenne, chacune de ces quatre femmes a été déclarée coupable de 9,8 nouvelles infractions (médiane = 6,5, écart-type = 9,1).

La durée ajoutée aux peines de ces quatre femmes a varié de trois mois à presque quatre ans et demi. La durée moyenne ajoutée aux peines de ces quatre femmes était de dix-sept mois (médiane = 6 mois, écart-type = 24 mois).

Chacune de ces quatre femmes a été déclarée coupable de voies de fait dans le cadre de ces condamnations supplémentaires, trois d'entre elles (38 p. 100) contre des agents de la paix ou du personnel en uniforme (un total de vingt-sept condamnations) et deux (25 p. 100) pour voies de fait contre d'autres détenues (2 condamnations).

Sept des huit femmes du segment PBS ont été incarcérées en 1997, dont les quatre femmes condamnées pour voies de fait commises pendant leur incarcération; ces dernières ont été responsables de 45,8 p. 100 de toutes les condamnations pour voies de fait contre le personnel.

Les dix condamnations pour des infractions autres que des voies de fait l'ont été pour le fait d'avoir proféré des menaces (six condamnations), tentative d'acte criminel (une condamnation), évasion d'une garde légale (une condamnation), le fait de provoquer des troubles (une condamnation) et pour méfait (une condamnation).

En général, les femmes du segment PBS ont été condamnées à des sentences moins longues par nouvelle condamnation que les femmes du segment PG. Toutefois, étant donné qu'elles ont commis un plus grand nombre d'infractions, le temps qui s'est ajouté à leurs peines est comparable.

Pourcentage de la peine purgée à titre de détenues dites «à sécurité maximale»

Des données provenant du SGD ont servi à compiler le pourcentage de la peine purgée alors que ces femmes étaient dites «à sécurité maximale».

Au niveau du groupe, ces femmes ont purgé la plus grande partie de leur temps «à sécurité maximale» (81 p. 100 du temps purgé). Environ les deux tiers (64 p. 100) de ces femmes avaient purgé au moins les trois quarts de leur peine à titre de détenues dites «à sécurité maximale».

En moyenne, le pourcentage de temps purgé comme détenues dites «à sécurité maximale» était plus élevé pour les femmes du segment PBS (89 p. 100, écart-type = 20,2) que les femmes du segment PG (70 p. 100, écart-type = 33,6). De même, ceci est reflété dans le tableau 4, où toutes les femmes du segment PBS ont passé 55 p. 100 ou plus de leur temps à titre de détenues dites «à sécurité maximale», en comparaison de la moitié des femmes du segment PG ayant purgé moins de 55 p. 100 de leur peine comme de détenues dites «à sécurité maximale».

Tableau 4
Pourcentage de la peine purgée à titre de détenue dite «à sécurité maximale»

    Pourcentage de la peine purgée à titre de détenue dite «à sécurité maximale»

    Total

    nbre pourcentage

    Segment PG

    nbre pourcentage

    Segment PBS

    nbre pourcentage

    < 35,0 %

    1 7,1 1 16,7 0 -----

    35,0 - 55,0 %

    2 14,3 2 33,3 0 -----

    55,1 - 75,0 %

    2 14,3 0 ----- 2 25,0

    75,1 - 99,9 %

    1 7,1 0 ----- 1 12,5

    100,0 %

    8 57,2 3 50,0 5 62,5

5 Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, 4e édition (DSM-IV), présente un système de classification multiaxial de l'évaluation des troubles mentaux. Selon le DSM-IV, Axis I sert à signaler tous les divers troubles cliniques dans la classification sauf les troubles de la personnalité et la déficience mentale. Par exemple, les troubles Axis I englobent la schizophrénie et les troubles psychotiques.

6 Bien que du point de vue de la structure, l'établissement de Springhill et la Prison des femmes peuvent tous deux héberger les détenues ayant des besoins spéciaux séparément des autres, et d'ailleurs le font déjà, ceci n'a pas servi à déterminer quelles détenues des sous-populations seraient groupées pour ce rapport. Plutôt, la détermination du placement des sous-populations de détenues pour ce rapport a été fondée sur la rationalité dont elles ont fait preuve pendant l'entrevue et leur capacité et fonctionnement cognitifs évalués par diverses sources (fichiers du SGD, entrevues avec le personnel). Néanmoins, seulement trois détenues ont été placées différemment dans ce rapport que selon leur hébergement actuel; autrement dit, on a constaté une correspondance de 80 p. 100 entre le placement dans le segment de population aux fins de ce rapport et l'unité résidentielle actuelle.