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Programmes pour les délinquantes

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Détenues sous responsabilité fédérale - Projet d'entrevue de détenues dites à sécurité maximale : faire du temps sans se laisser faire par le temps

Segment de la population générale

6.1 Responsabilité pour la réduction des niveaux de sécurité
6.2 Processus d'examen de la cote de sécurité
6.3 Comment est-ce que le SCC peut aider à aborder les raisons du classement?
6.4 Obstacles identifiés à la réduction de la cote de sécurité
6.5 Efforts de la part des femmes pour réduire leur cote de sécurité
6.6 Facteurs que les femmes considèrent utiles pour tenter de réduire leur cote de sécurité
6.7 Facteurs qui, selon les femmes, ne sont pas utiles pour réduire la cote de sécurité

Dans la section précédente, on a résumé les perceptions générales des femmes concernant la réduction de la cote de sécurité. Dans la section 6, les aspects généraux du processus réel de réduction de la cote de sécurité sont discutés. Plus particulièrement, présentées dans cette section sont les opinions des femmes concernant à qui incombe la responsabilité de réduire les cotes de sécurité, le processus d'examen des cotes, ce que le SCC pourrait faire pour aider à aborder les raisons d'être de leur cote de sécurité élevée et ce qu'elles estiment être les obstacles à la réduction de leur cote. Sont aussi considérées dans cette section les réponses des femmes aux questions relatives à leurs tentatives de réduire leur cote de sécurité et, le cas échéant, les facteurs considérés comme étant utiles ou non.

 

6.1 Responsabilité pour la réduction des niveaux de sécurité

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On a posé la question suivante : «À qui incombe la responsabilité de réduire les cotes de sécurité des détenues dites «à sécurité maximale» - au SCC, à la détenue, ou aux deux?». Neuf femmes ont répondu à la question et toutes ont estimé que la responsabilité était partagée entre la détenue et le SCC (quatre femmes du segment PBS n'ont pas compris ce que voulait dire la question et l'une du segment PBS n'y a pas répondu). Changer son comportement et son attitude et se conformer à son plan correctionnel, dont la participation aux programmes, ont été jugé comme étant la responsabilité des détenues tandis que la mise en _uvre de programmes pertinents, la volonté de modifier sa perception des détenues et la reconnaissance de la tentative du changement de la part d'une détenue ont été vus comme des responsabilités premières du personnel.

Les deux. Bien sûr, les deux. Tous les psychologues, tous les gardiens et tous les agents de gestion des cas - ils ne peuvent le faire à moins que vous soyez disposée à le faire. Mais une fois que vous l'êtes, ils doivent vous rencontrer à mi-chemin. Si vous faites un effort, je pense qu'ils devraient réellement le reconnaître... (Kerry)

Je pense que tout le monde devrait y mettre son grain de sel, vous savez... Je pense que vous tenez une réunion par exemple - et vous discutez de choses - parce qu'un grand nombre de femmes ont des facteurs que les agents de gestion des cas risquent d'ignorer - et cela pourrait être important vous savez. (Tanya)

Je pense que tout le monde doit travailler ensemble - c'est comme cela que ça devrait être... la personne, le SCC et la directrice de l'établissement parce qu'elle est à la tête de l'établissement - ainsi tous trois devraient travailler à réduire la cote de sécurité. (Chris)

Les deux. Parce que la détenue doit changer - changer son attitude et tout et puis le SCC doit s'assurer qu'il est prêt. (Nicki)

Il incombe à la détenue de se prouver - oui. Mais la responsabilité du SCC, s'il veut que nous - la femme - la détenue - aidions à réduire notre niveau, nous avons besoin que le SCC mette en _uvre des programmes pour nous. Des programmes et différentes choses pour que nous puissions nous aider à obtenir une cote de sécurité moyenne, je pense. (Tina)

 

6.2 Processus d'examen de la cote de sécurité

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Un certain nombre de questions qui portent sur le processus d'examen de la cote de sécurité ont été examinées dans les entrevues. On a posé des questions concernant la connaissance que les femmes avaient de la fréquence des examens de la cote de sécurité pour les détenues dites «à sécurité maximale», si les femmes étaient d'accord avec la fréquence et leur compréhension générale et leurs commentaires sur le processus d'examen, incluant les améliorations qui pourraient y être apportées.

Neuf femmes (64 p. 100) savaient que les examens de la cote de sécurité avaient lieu tous les trois mois. Sept femmes (50 p. 100) étaient d'accord avec les examens trimestriels de la cote de sécurité. Tel que discuté ci-dessous, les femmes du segment PG ont montré une plus grande connaissance et une plus grande compréhension du processus d'examen de la cote de sécurité.

Segment de la population générale
  • Toutes les femmes du segment PG ont signalé volontairement que les examens de la cote de sécurité étaient faits tous les trois mois.
  • Quatre des femmes du secteur PG (67 p. 100) étaient d'accord avec un examen trimestriel de la cote de sécurité; une femme était d'avis que les examens devraient être faits tous les six mois, une autre estimait qu'ils devraient se faire toutes les six semaines
  • Trois des femmes croyaient que plus de renseignements sur le processus d'examen devraient être fournis à la détenue.
  • Quatre des femmes du secteur PG (67 p. 100) ont, sans qu'on la leur demande, exprimé l'opinion qu'un plus grand nombre de personnes devraient participer au processus d'examen de la cote de sécurité; deux de ces femmes ont estimé que les détenues devraient aussi y prendre part.

Ils le font tous les trois mois, je pense. C'est bien je crois. Cela vous donne trois mois pour acquérir un bon comportement... Je pense que lorsqu'ils font l'examen, la détenue devrait être présente -elles ont beaucoup à dire, non? - au lieu qu'ils [les membres du personnel] s'assoient et prennent toutes les décisions. (Tanya)

Je pense que le service de psychologie devrait aussi y participer, ainsi que les AC II [agent de correction II qui fait aussi fonction d'intervenant de première ligne], et toutes les personnes qui ont affaire à la détenue je crois - tel que peut-être l'aumônier - tous ceux qui ont une relation avec la détenue, vous savez. (Melissa)

... Et peut-être même avoir le droit d'assister à ces réunions pendant lesquelles ils augmentent ou réduisent votre cote de sécurité. Je sais qu'ils ont beaucoup de choses à dire - mais lorsqu'il s'agit de votre cas - comme on vous permet d'assister à la réunion du comité d'examen des cas d'isolement si vous êtes en isolement - je crois que vous devriez avoir le droit d'assister à ces réunions lorsqu'on parle de vous et lorsqu'on décide de votre vie - je pense que vous devriez pouvoir vous défendre. (Alison)

Segment de la population ayant des besoins spéciaux
  • Six des huit femmes du segment PBS ont compris les questions concernant l'examen de la cote de sécurité. De ces six femmes, la moitié savait que les examens de la cote de sécurité se déroulaient tous les trois mois.
  • La moitié des femmes était d'accord avec des examens trimestriels de la cote de sécurité. Parmi celles qui n'étaient pas d'accord, l'une croyait que les examens devraient avoir lieu tous les trente jours, une autre tous les deux mois et une était sans opinion.
  • Aucune des femmes du segment PBS n'a offert de commentaires sur le processus actuel d'examen de la cote de sécurité ou sur les améliorations possibles.

 

6.3 Comment est-ce que le SCC peut aider à aborder les raisons du classement?

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En ce qui concerne la facilitation de la réduction de la cote de sécurité, on a demandé précisément aux femmes comment elles pensaient que le SCC pourrait les aider concernant les raisons pour lesquelles elles sont classées à sécurité élevée, tout particulièrement en ce qui concerne leurs besoins criminogènes. Évidemment, l'incidence de divers facteurs sur la cote de sécurité a été examinée tout au long des entrevues. Cette sous-section, toutefois, n'identifie que les facteurs suggérés par les femmes lorsqu'on leur a spécifiquement posé cette question.

Six femmes (3 PG et 3 PBS) ont fait des suggestions quant aux programmes, dont le besoin d'un plus grand accès aux programmes. On traitera de toutes les considérations relatives aux programmes séparément dans la section 7. Six femmes (2 PG et 4 PBS) ont soulevé des questions relatives à la dotation en personnel. Ces préoccupations sont présentées ici; toutefois, on traitera de façon plus détaillée des relations interpersonnelles entre les détenues et les membres du personnel dans la section 8.4. Encore une fois, on a observé des différences entre les deux segments de la population quant au contenu et à l'étendue de leurs suggestions quant aux façons dont le SCC pourrait les aider à traiter des raisons pour leur cote de sécurité élevée.

Segment de la population générale
  • Toutes les six femmes du segment PG ont indiqué, de leur propre chef, qu'un plus grand accès aux services psychologiques ou psychiatriques serait la manière dont le SCC pourrait les aider relativement aux raisons pour lesquelles elles sont classées à sécurité élevée. (On traite tout particulièrement de ces services dans la section 7.5.)
  • Deux femmes (33 p. 100) ont suggéré qu'un plus grand encouragement de la part du personnel serait utile.

Peu importe ce que vous faites de bon - la négativité est toujours au premier plan. Et je ne pense pas que c'est juste, ils devraient reconnaître les aspects positifs. (Chris)

  • Une femme a estimé que d'avoir plus de choses à faire pour occuper son temps serait profitable.

C'est une bonne idée pour nous de travailler - d'avoir des choses à faire. Je ne veux pas parler pour les autres mais ce n'est pas toujours bon d'avoir trop de temps libre. Parfois, cela veut dire que tout le monde s'intéresse aux affaires des autres et certaines personnes peuvent trop s'en mêler. Cela peut mener à des problèmes. (Alison)

Segment de la population ayant des besoins spéciaux
  • Le facteur le plus courant identifié par les femmes du segment PBS en ce qui concerne la manière dont le SCC pourrait les aider à propos des raisons pour lesquelles elles ont une cote de sécurité élevée, portait sur les préoccupations du personnel, tout particulièrement en ce qui concerne la sensibilisation du personnel aux questions de santé mentale (n=4 ou 50 p. 100).

Tout d'abord... je dois dire que le personnel a besoin d'une plus grande formation pour traiter - il a besoin de plus de formation pour connaître et comprendre la maladie mentale. (Tina)

... nous voulons seulement le personnel habituel - parce que le personnel habituel nous connaît - travaille bien ici - si vous avez un problème, on vient vous parler - si ce ne sont pas les membres du personnel habituel - ils ne savent pas au juste ce qui se passe dans cette unité - ce qui nous cause beaucoup d'ennuis. (Nicki)

  • Une femme a dit que le SCC ne pouvait rien faire pour l'aider :

Je ne pense pas qu'il puisse aider à n'importe quel égard - il faut simplement que je termine ma peine. (Kim)

 

6.4 Obstacles identifiés à la réduction de la cote de sécurité

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Les entrevues ont porté sur ce que les femmes considéraient être le plus gros obstacle prévenant la réduction de leur cote de sécurité. Les femmes du segment PG avaient beaucoup plus tendance à identifier les obstacles et fournir beaucoup plus de détails dans l'explication qui accompagnait leur réponse.

Segment de la population générale

Bien que la formulation de la question ait incité les femmes à identifier «le» plus gros obstacle empêchant la réduction de leur cote de sécurité, plusieurs des femmes du segment PG ont nommé plus d'un obstacle.

  • Quatre femmes (67 p. 100) ont identifié des comportements, dont leur comportement à l'intérieure de l'établissement, comme étant le plus gros obstacle empêchant la réduction de la cote de sécurité. Deux de ces femmes ont aussi spécifiquement identifié des préoccupations concernant la toxicomanie.

Je pense que c'était d'essayer de ne commettre aucune infraction - parce que être inculpé c'est chose facile ici. (Pam)

La question de drogues... oh l'autre gros obstacle est de ne pas avoir un comportement stable - pas tant d'avoir un mauvais comportement que d'être déprimée et de me couper. (Melissa)

Le plus gros obstacle... la drogue... toutes les trois semaines, toutes les quatre semaines - oh, ils me pinçaient à chaque fois - analyse d'urine, analyse d'urine et encore analyse d'urine. Et je refusais. Et si je ne refusais pas, on y trouvait des traces de drogue. Et l'amende est de 50 $, d'une manière ou de l'autre - alors, il n'y a pas moyen de gagner. (Kerry)

  • Trois femmes (50 p. 100) ont signalé un manque de soutien (dans l'établissement ou la famille) comme le principal obstacle à la réduction de leur cote de sécurité.

Ma crainte - c'était une crainte de - ma famille ne m'acceptait pas, je n'avais aucun soutien, vous savez, alors pourquoi essayer... Je crois vraiment personnellement que si je n'avais pas surmonté cette crainte et si je n'avais pas rétabli une relation avec ma famille - j'aurais probablement laissé le temps faire - je n'aurais pas été maître de moi-même, je n'aurais pas été productive de la façon dont je le suis maintenant - j'aurais simplement laissé le temps faire et attendu la date d'expiration de mon mandat et je serais sortie et je serais probablement revenue parce que je n'aurais résolu aucun problème. (Alison)

Segment de la population ayant des besoins spéciaux

Trois des huit femmes du segment PBS (38 p. 100) n'ont pas répondu lorsqu'on leur a demandé d'identifier les obstacles à la réduction de la cote de sécurité.

  • Parmi les cinq femmes du secteur PBS qui ont répondu à cette question, deux femmes (40 p. 100) estimaient qu'il n'y avait aucun obstacle à la réduction de leur classement.
  • Deux femmes (40 p. 100) ont identifié leur comportement de voies de fait comme le principal obstacle à la réduction de leur cote de sécurité.
  • Une femme estimait que la commission des libérations conditionnelles était son principal obstacle.

 

6.5 Efforts de la part des femmes pour réduire leur cote de sécurité

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On a posé aux femmes un certain nombre de questions concernant leurs efforts pour réduire leur cote de sécurité. En particulier, on a examiné si elles avaient fait quelque chose pour réduire leur cote de sécurité et, dans l'affirmative, ce qu'elles avaient fait et, en général, ce qui était utile ou non pour tenter de réduire leur cote de sécurité. Deux tiers des femmes (n=9 ou 64 p. 100) ont signalé avoir fait des choses précises pour essayer de réduire leur cote de sécurité.

Segment de la population générale
  • Cinq des six femmes du segment PG (83 p. 100) ont affirmé avoir tenté de réduire leur cote de sécurité. Chacune de ces cinq femmes a mentionné diverses choses qu'elle avait tenté de faire afin de réduire sa cote de sécurité - toutes comportaient le respect de leur plan correctionnel ou l'amélioration de leur comportement en établissement.

Un bon rendement au travail - huit mois passés dans les mêmes emplois - la consultation du psychologue sur place - la participation à ces programmes dès maintenant - et mon adaptation dans la rangée [transférée à la population générale]. (Pam)

Eh bien, j'ai travaillé avec le service de psychologie et c'était toujours le but - essayer de ne pas prendre de drogue. Essayer de lutter contre le milieu des stupéfiants. Mais je n'ai jamais été capable de le faire. (Kerry)

  • Une femme a avoué n'avoir rien fait pour essayer de réduire sa cote de sécurité.

Je ne sais pas - parce qu'une partie de moi s'en moque - et c'est la partie qui gagne généralement donc je ne fais habituellement rien. (Tanya)

Segment de la population ayant des besoins spéciaux
  • Quatre des huit femmes du segment PBS (50 p. 100) ont rapporté avoir tenté de réduire leur cote de sécurité. Trois de ces quatre femmes ont chacune identifié une seule chose qu'elles avaient fait afin de réduire leur cote de sécurité - la plupart portait sur l'amélioration de leur comportement (p. ex. «J'agis comme il faut» ou «Je garde mon calme»). La quatrième femme a signalé être déçue que ses efforts d'éviter toute accusation et de participer plus pleinement aux programmes n'avaient pas été reconnus promptement.

Mais voilà, j'ai fait ça et je n'ai pas réussi à obtenir la cote de sécurité moyenne - je n'ai eu aucun chef d'accusation pendant trois mois, je suivais les programmes et on ne m'a jamais classée à sécurité moyenne. (Tina)

  • Deux femmes (25 p. 100) ont clairement affirmé qu'elles ne souhaitaient rien faire afin de réduire leur niveau; une femme a mentionné qu'elle tenterait de bien se comporter afin de réduire sa cote de sécurité et l'autre femme n'a pas compris la question.

Rien - absolument rien... Je prends les choses comme elles viennent. Je n'ai rien à dire à propos de quoi que ce soit. (Kim)

Je n'ai pas encore tenté d'avoir un bon comportement mais j'aimerais bien l'essayer, oui. (Clara)

 

6.6 Facteurs que les femmes considèrent utiles pour tenter de réduire leur cote de sécurité

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On a demandé aux femmes d'identifier et de discuter de ce qu'elles considéraient utile pour essayer de réduire leur cote de sécurité. Sept femmes (50 p. 100, c.-à-d. 4 PG et 3 PBS) ont signalé spontanément que les programmes (examinés à la section 7) leur étaient utiles lorsqu'elles tentaient de réduire leur cote. On a observé des différences entre les réponses des femmes du segment PG et celles du segment PBS quant à la nature et à la portée des facteurs qu'elles ont identifiés comme étant utiles. En particulier, chaque femme du secteur PG a signalé de nombreux facteurs et a répondu à cette question avec un plus grand intérêt et de façon plus détaillée que les femmes du groupe PBS qui, dans la plupart des cas, n'ont signalé spontanément qu'un facteur - habituellement relié au personnel.

Segment de la population générale

Les femmes du segment PG ont identifié des facteurs tant personnels que carcéraux comme étant utiles lorsqu'elles tentaient de réduire leur cote de sécurité. Leurs réponses sont groupées en conséquence.

Facteurs personnels

Les femmes du segment PG ont identifié divers facteurs personnels qu'elles considèrent utiles pour essayer de réduire leur cote de sécurité, dont une plus grande prise de conscience, la discipline personnelle et le respect de soi. Les femmes ont reconnu le rôle des programmes, de la psychologie et de counseling comme des éléments aidant à faciliter ces facteurs personnels (examinés en détail dans la section 7.6).

  • Dans leurs réponses relatives à ce qui est utile pour elles en ce qui concerne la réduction de leur cote de sécurité, quatre des femmes PG (67 p. 100) ont parlé de l'importance d'un cycle positif ou d'un bon cycle qui englobe généralement leur attitude et leur changement de comportement. On a mentionné, à ce chapitre, les éléments suivants: les femmes «qui font leur propre temps», qui examinent leurs propres problèmes, qui se distancient d'une mentalité gardiens-détenues, qui ne sont pas découragées ou bouleversées par les décisions de l'établissement. Afin de saisir toute l'ampleur de cet aspect, un certain nombre de citations assez longues sont fournies ci-dessous.

Le fait que je me débrouille bien ici - plus longtemps je fais bien, mieux je me sens au sujet de moi-même et mieux je me sens au sujet de moi-même, mieux je fais - c'est comme un bon cycle alors - au lieu d'un mauvais cycle pendant lequel pire vous vous sentez au sujet de vous-même, pire est votre comportement, pire vous vous sentez, plus de temps vous écopez, plus de merde on vous donne. C'est un cycle... comme s'éloigner de la drogue... comme c'était difficile - parfois - parce qu'il y a beaucoup de peur, parce qu'on est très anxieux. Mais ensuite vous vous rendez compte que vous réussissez par vous-même, tout comme lorsque vous ne réagissez pas à quelque chose ou lorsque, vous savez, vous ne vous tailladez pas pour un mois - ou deux mois s'écoulent sans que vous vous coupiez. Et une situation se présente qui vous aurait fait piquer une crise ou vous aurait fait vous taillader mais vous ne l'avez pas fait. Et chaque fois que cela arrive vous vous sentez de mieux en mieux au sujet de vous-même. Vous savez, parce que vous réussissez par vous-même... Je ne prends plus de drogue depuis mai - et c'est la première fois de ma vie depuis que j'ai commencé à prendre de la drogue que je peux vraiment dire cela. Mon analyse d'urine n'avait aucune trace de drogue et j'ai eu envie de l'encadrer parce que je n'en avais jamais eu aucune auparavant. (Kerry)

Mon changement d'attitude est vraiment ce qui m'a aidé... Je crois que le changement s'est produit pour moi lorsque je suis arrivée en isolement... Et, la façon dont je me suis créé des problèmes - tout d'un coup - neuf chefs d'accusation de suite - comme menacer le personnel - puis ils ont dû venir dans ma cellule pour me calmer - ils ont dû utiliser des dispositifs de contrainte... Mais lorsque je suis allée en isolement - je ne sais pas - j'ai pensé à tout et j'ai simplement dit «[Alison] tu ne vas nulle part - regardes où tu vas - tu ne fais que t'engouffrer de plus en plus... tu vas travailler à obtenir ta cote de sécurité moyenne et t'efforcer d'aller au nouvel établissement et regarde-toi maintenant. Tu te mêles des affaires de tout le monde et tu ne fais pas ton propre temps - tu fais tiens les problèmes des autres - tu es stressée». Je pense que la lumière s'est allumée et j'ai dit «quelque chose doit changer. Je dois réellement commencer à travailler à mes problèmes parce que je n'ai pas été honnête avec moi-même». Maintenant, depuis environ trois ans... je me leurrais en croyant que tout allait bien - et je me suis dit «ça ne se peut pas que tout aille bien lorsque tu perds la boule comme ça dans ta cellule comme une sorte de maniaque - lorsqu'il n'y a rien qui ne va pas d'un point de vue psychologique à cet égard - je ne suis pas mentalement dérangée - mais j'agissais comme une personne mentalement troublée - réellement... parce que je ne me concentrais pas du tout sur mon problème - et c'était de m'occuper de mon problème d'alcool, de colère et d'y faire face. Et je me rappelle avoir frappé à la porte et mon AC II [intervenant de première ligne] était au bureau et je lui ai simplement dit «pouvez-vous s'il vous plaît me faire sortir de prison?». J'ai dit «c'est ce que je veux vraiment - je suis réellement prête à changer». Je crois que je me suis simplement fatiguée de tout, fatiguée de mon comportement, fatiguée des réactions que j'obtenais, tout ce que j'essayais de faire... puis, lorsque vous essayez de changer votre attitude, vous commencez à mettre ensemble les morceaux du casse-tête - cela vous aide à vous rendre compte, que oui - si je change mon attitude un peu, vous savez, des choses vont se produire pour moi. Nous allons commencer à communiquer et je vais commencer à traiter de ce qui doit être traité... Il fallait que ce soit en moi, oh absolument, parce que les gens [le personnel] essayaient de me parler tout ce temps - c'est comme «oh oui, vous ne savez pas de quoi vous parlez, tout va bien pour moi». Mais ce n'était pas vrai. Et, j'ai dû changer en dedans pour venir aussi loin que je suis venue... puis tout a commencé à faire du sens - toutes ces choses que les gens essayaient de me mettre dans la tête. Mon AGC [agent de gestion des cas], mon AC II - ils savaient - continuaient de me dire que j'avais des aptitudes, que tout irait bien, qu'il suffit de croire en soi et d'avoir un peu plus de confiance. Je manquais vraiment de confiance... et lorsque j'ai commencé à changer en dedans, tout a commencé à faire du sens. Je n'ai jamais eu d'autres chefs d'accusation. (Alison)

Ça commence à venir naturellement - étant donné que les choses vont bien dans un domaine, alors... plus le temps s'écoule et je continue de bien faire à d'autres égards. Et, étant donné que je me conduis bien depuis trois mois sans - comme, bien m'alimenter et tout et tout- je me rends compte qu'il est difficile de croire que j'étais comme cela auparavant. Lorsque j'y pense maintenant - j'étais une personne différente ou quelque chose de la sorte. (Pam)

Facteurs de l'établissement

Les femmes du segment PG ont identifié divers facteurs institutionnels comme leur étant utiles lorsqu'elles tentent de réduire leur niveau de sécurité, dont une communication et une interaction positives avec le personnel, un renforcement positif du personnel, une moins grande disponibilité de la drogue, un plan de traitement correctionnel jugé approprié et réaliste et diverses mesures incitatives (p. ex. visites familiales).

  • Quatre des six femmes du segment PG (67 p. 100) ont insisté sur l'importance pour elles de la communication et de l'interaction positives avec le personnel en ce qui concerne la réduction de leur niveau de sécurité.

Eh bien, je pense que plus les voies de communication sont ouvertes entre le personnel et les détenues, plus c'est utile. Cela aide vraiment. Au début, je ne pensais pas que cela aidait parce que j'avais toujours mon attitude... et j'ai dit «oh, c'est de la merde - ils s'assoient là et essaient de jouer au Scrabble avec nous, ils nous parlent, ils nous demandent comment nous allons - qu'est-ce que c'est cette foutaise?». Parce que vous savez, il ne faut surtout pas parler à un gardien. Lorsqu'on y pense vraiment, vous pensez que c'est vraiment stupide - parce que vous devez être dans la collectivité et vous devez parler aux gens et être sociable - je veux dire qu'il est idiot de penser comme ça... Et d'accord, parler aux gardiens et communiquer ne signifie pas qu'on est un mouchard, ne veut pas dire qu'on moucharde son ami ou quelque chose de la sorte. C'est plutôt une question de communication. Et je veux dire, aussi longtemps que vous faites votre propre temps et que vous vous occupez de vos propres oignons et discutez avec les gardiens de vos problèmes, je n'y vois rien de mal... cela m'a vraiment aidé. (Alison)

Tout est dans la façon dont le personnel se comporte avec vous, sans avoir à [vous] pousser pour ceci ou pour cela. Il y a un respect commun ici - ils nous respectent, nous les respectons, c'est mutuel... J'ai appris que simplement parce qu'une personne porte l'uniforme ne signifie pas qu'elle est mon ennemie. Et je n'ai jamais au grand jamais ressenti cela [auparavant] - jamais du tout, vous savez. Tout est dans l'interaction - personnel-détenues - ça marche, ça marche. Ça aide vraiment. Et tout ce qu'il faut, vous savez, c'est qu'ils traitent les choses un peu différemment. Ils nous traitent un peu différemment, nous les traitons différemment. De plus en plus, nous arrivons à mi-chemin, oui. (Kerry)

  • En particulier, quatre des six femmes du segment PG (67 p. 100) ont aussi mentionné l'importance pour elles d'un renforcement positif de la part des membres du personnel, en particulier que ceux-ci reconnaissent les efforts que font les femmes vers le changement positif. De même, trois femmes (50 p. 100) ont fait observer qu'il était très utile que le personnel adapte son propre comportement en réponse aux changements d'attitude et de comportement des femmes.

Qu'est-ce qui a été utile? À mesure que j'ai changé, le personnel a semblé modifier son attitude envers moi - parce que s'il était resté le même, il aurait été frustrant, en plus de penser que cela ne marche pas non plus de penser à qu'est-ce que je vais faire? J'aurais probablement eu l'impression d'être dans un purgatoire et que je n'allais nulle part. Mais j'ai remarqué qu'ils changeaient aussi leur attitude envers moi - donc j'ai dit, d'accord, je comprends maintenant - fais preuve de respect et on te traitera avec respect - et c'est ce qui se passe - parfois, il y a des problèmes - ça et là - mais ce ne sont pas de gros problèmes, c'est comme ça la vie, vous savez, il y a toujours des hauts et des bas - il faut y faire face. (Alison)

L'effort doit être reconnu. Par exemple [dans le passé], j'ai remarqué que je pouvais bien me conduire pendant 2 ou 3 mois et que rien ne changeait - et ainsi je commençais ensuite à mal agir. Mais [maintenant], vous savez, j'obtiens de l'encouragement... lorsque j'ai commencé à connaître les membres du personnel et qu'ils ont commencé à me connaître aussi - je faisais de gros efforts - et il s'en sont réellement rendu compte - ils s'en sont rendu compte et vous savez, ils ont réellement été les premiers à m'attribuer le mérite pour cela. Et, cela m'a vraiment aidé... Lorsque vous savez que vous le faites, ça va, mais lorsqu'une autre personne le reconnaît, cela fait une grosse différence. De l'encouragement. (Kerry)

  • Deux femmes ont fait des commentaires sur la moins grande disponibilité de drogues comme leur étant utile.

Eh bien, il y a une moins grande disponibilité [de drogues]. Alors, il n'y a pas trop de fois où il faut être forte - et, vous savez... cela aide. (Kerry)

  • Deux femmes ont mentionné divers facteurs de motivation qui leur sont utiles, comme les visites familiales.

Les visites dans la petite maison [maison pour les visites familiales privées] - elles étaient [utiles], oui, pour montrer que j'étais capable de m'adapter et qu'on me faisait confiance. (Melissa)

... et c'était l'entente - si je pouvais ne pas prendre de drogues pendant trois mois, ils m'accorderaient une visite familiale - et je l'ai fait une fois. Parce que quand vous êtes une détenue dite «à sécurité maximale», vous ne pouvez pas obtenir une visite contact avec votre famille. Par exemple, si votre analyse d'urine révèle des traces de drogue ou autre, ils vont refuser de me donner une visite contact pendant deux ans et demi, vous savez, avec ma propre famille... habituellement ça prend six mois avant qu'ils considèrent vous accorder une visite contact, mais dans mon cas, j'ai fait une entente - seulement parce qu'elle [AGCE] ne pensait pas que j'y parviendrais... alors cela a été utile à ce moment-là. (Kerry)

  • Enfin, une femme a fait remarquer que le fait qu'on lui ait permis de «recommencer à zéro» était très important en ce qui la concerne, pour l'aider à travailler à la réduction de sa cote de sécurité.

Je pense que le fait que cela m'a été expliqué clairement qu'on me permettrait de recommencer à zéro a fait une différence. Et, cela m'a stimulé. Ce fut comme, oui tu sais que ces gens sont prêts à te donner une chance, je vais la prendre... C'est très important - très, très important. (Kerry)

Segment de la population ayant des besoins spéciaux
  • Six des huit femmes du segment PBS (75 p. 100) ont répondu à ces questions. Encore une fois, les réponses fournies ont été courtes et toutes ont eu tendance à se concentrer sur les ressources du personnel, tout particulièrement l'encouragement et l'aide du personnel.

Le personnel remarque lorsqu'on respecte les règlements et tout et tout. Oui - les femmes ici et le personnel. Ils m'épaulent. (Nicki)

Les gens - ils travaillent tous à essayer de m'y faire parvenir [réduire sa cote à moyenne]. Le personnel. Ils m'en parlent - et ils peuvent en discuter au téléphone et écrire des choses à ce sujet. C'est ce qu'ils ont fait l'an dernier. (Rita)

[Nom de l'AGCE] - Eh bien, elle me parle un peu... elle m'aide. J'aime bien tous les gardiens ici. (Susan)

L'interaction avec les gardiens - au lieu de passer la moitié du temps dans leur bureau, les gardiens apprennent à connaître les gens avec lesquels ils travaillent et à s'asseoir - dire, voilà qui je suis, voilà qui tu es. Maintenant, j'ai besoin de votre aide. On vous paye pour m'aider, alors remuez-vous le cul et commencez à m'aider - au lieu de vous asseoir et ne rien faire. Voilà ce que je pense. (Tina)

 

6.7 Facteurs qui, selon les femmes, ne sont pas utiles pour réduire la cote de sécurité

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Les réponses des femmes aux questions concernant ce qui n'a pas été utile pour réduire leur niveau de sécurité ont été véritablement à l'opposé de ce qu'elles ont considéré comme étant utile. Par conséquent, à première vue, cette section peut sembler redondante. Toutefois, l'envers de certains de ces facteurs offre un point de vue intéressant.

Segment de la population générale
  • Quatre des six femmes (67 p. 100) ont identifié un manque de reconnaissance positive de la part du personnel ou des interactions difficiles avec le personnel comme étant des facteurs qui ne sont pas utiles pour réduire le niveau de sécurité. Les citations suivantes illustrent les sentiments des femmes.

J'ai essayé quelques fois - mais, c'est vraiment difficile. Même lorsque vous vous comportez bien, lorsque vous faites mieux - c'est tellement grand ici - c'est très difficile de faire en sorte qu'on nous remarque. Je crois que là, une fois qu'on s'est fait une réputation, il est bien difficile de s'en défaire. Je n'ai jamais vu quelqu'un qui a réussi à le faire à l'intérieur d'un établissement. (Kerry)

...J'estime avoir fait beaucoup depuis pour m'améliorer Et ils devraient en tenir compte, mais ils se concentrent uniquement sur le négatif. Et, depuis, j'ai fait tellement de choses positives - bon rendement au travail et tout le reste. Mais, c'est ce qu'ils font ici - les membres du personnel - ils ne voient que la négativité, la négativité... C'est très décourageant - parce que vous pouvez participer à des programmes jusqu'à ce que mort s'ensuive, obtenir des relevés de travail et tout et tout - et c'est très bien - vous aurez une analyse d'urine révélant des traces de drogue - comme l'an dernier - et ils ne se concentrent que sur cela. (Chris)

Je pense que de ne pas reconnaître ce qui doit être reconnu - voilà un facteur important... si nous faisions quelque chose de bien, nous n'étions - ce n'était pas reconnu, il n'y avait aucun mérite... (Alison)

  • Bien qu'elles reconnaissent le besoin d'une période de trois ou quatre mois entre les examens de la cote de sécurité afin de surveiller les changements dans le comportement, deux femmes (33 p. 100) ont fait des commentaires sur la difficulté de faire face à cette période de temps.

Eh bien, ce qui fait surtout obstacle - je pense les limites de temps - peut-être. Parfois notre comportement est très bon mais vous avez quand même cette période de temps à passer. La période de temps standard, je pense que c'est pendant quatre mois, ou quelque chose comme ça, qu'il ne faut pas avoir de mises en accusation et se conformer à son plan correctionnel. Je pense que c'est difficile parfois de suivre son plan correctionnel en ce qui concerne le comportement, vous savez. Je sais que je me suis bien conduite pendant quelques mois et ce fut difficile de parcourir ce chemin, mais les choses commencent à marcher pour moi. Mais c'est plus ou moins la limite de temps. (Alison)

  • Deux femmes (33 p. 100) ont identifié ce qu'elles considéraient être un plan correctionnel inapproprié ou irréaliste comme facteur peu utile à la réduction de leur cote de sécurité.

Les autres [plans correctionnels] étaient réellement négatifs - tout était négatif. Et, c'était vu je pense... certaines choses étaient complètement fausses - mais lorsque je l'ai vu en entier, noir sur blanc, j'ai cru que je ne pourrais jamais changer... comme lorsque je l'ai vu [le plan correctionnel], il y avait beaucoup de problèmes à résoudre et j'ai pensé - je ne peux pas le faire parce que je croyais que c'était beaucoup trop pour moi en si peu de temps. J'ai eu le sentiment d'être submergée. (Pam)

  • Une femme a fait état du fait qu'elle sent qu'il lui est nécessaire et difficile de refouler ses émotions de manière à ce qu'elles n'aient pas une incidence sur les décisions du personnel à son égard.

Mais ce qui n'a pas été utile, c'est que lorsque j'étais en colère, je ne leur ai pas montré [au personnel] que j'étais furieuse. Si j'étais en colère à propos de quelque chose, je ne leur disais pas, de sorte que cela n'a pas été utile parce que cela me faisait refouler ma colère, sans l'exprimer... Je ne voulais pas que cela ait une incidence sur leur opinion de moi... mais ce n'est pas utile de la garder en dedans - je pense que c'est bien de s'exprimer - encore une fois, d'une façon non violente, bien entendu. (Alison)

Segment de la population ayant des besoins spéciaux
  • Cinq des huit femmes du segment PBS (63 p. 100) ont répondu à ces questions. Encore une fois, ces réponses ont été brèves, se concentrant cette fois-ci sur les interactions négatives avec le personnel. Il est important de noter, toutefois, que les femmes n'ont pas considéré que ces interactions négatives avaient une grande incidence sur leur cote de sécurité.

Certains membres du personnel me tapent sur les nerfs - et puis... lorsque vous commencez à huit heures du matin avec votre problème d'attitude - je vous dis, je ne sais pas pourquoi vous travaillez dans cette unité. (Nicki)

Ils sont vexés - les membres du personnel - à cause des détenues et ils ne devraient pas en avoir le droit... ce n'est pas utile. (Denise)