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Programmes pour les délinquantes

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Détenues sous responsabilité fédérale - Projet d'entrevue de détenues dites à sécurité maximale : faire du temps sans se laisser faire par le temps

Segment de la population générale

7.1 Rôle des programmes
7.2 Participation aux programmes : questions de motivation
7.3 Programmes de base du SCC
7.4 Activités et programmes divers
7.5 Psychologie et services de counseling
7.6 Suggestions des femmes concernant les programmes

Dans cette section, on tient compte tout particulièrement des perspectives des femmes interviewées en ce qui concerne le rapport entre les programmes et la réduction de la cote de sécurité. Tel que discuté précédemment, tous les détenus sont soumis à une évaluation complète et intégrée, l'Évaluation initiale du délinquant. Il ne faut pas oublier que cette évaluation se compose de plusieurs volets : l'enquête communautaire initiale, l'évaluation initiale, l'évaluation de risque de comportement criminel, l'identification et l'analyse des besoins des détenus (IABD), les évaluations psychologiques et supplémentaires et le profil criminel. L'Évaluation initiale du délinquant fournit une évaluation appropriée et permet de fournir des renseignements précis pour faire un résumé des préoccupations particulières (le cas échéant), les besoins en matière de traitement de la délinquante, la possibilité de traitement et le risque de récidive estimé.

Au moyen de ce processus d'évaluation complet, les domaines de besoins criminogènes sont identifiés et ciblés pour l'intervention au moyen de programmes (étant donné que les besoins criminogènes sont des facteurs dynamiques, ils se prêtent à l'intervention). Le SCC a élaboré ce qu'il appelle des «programmes de base» afin de traiter tout particulièrement des domaines de besoins criminogènes de sorte que la probabilité de récidive des délinquantes est réduite. Le SCC a adopté l'approche cognitive et d'apprentissage social pour le perfectionnement personnel.

La Stratégie des programmes correctionnels à l'intention des femmes purgeant une peine fédérale (1994) présente les programmes de base qui s'adressent aux délinquantes. Ils sont semblables à ceux pour les hommes, à une exception près : les programmes pour les victimes de mauvais traitements ou de traumatismes. Il n'y a aucun lien manifeste entre le fait d'être victime de violence, de mauvais traitements ou de traumatismes et le comportement criminel; toutefois, l'incidence de ce type de victimisation est assez grave pour avoir souvent des répercussions sur l'adaptation des femmes et leur capacité de participer ou de profiter d'autres programmes pendant leur incarcération. Les programmes de base pour les femmes sont les suivants :

    1. programmes d'acquisition de compétences psychosociales (apprentissage cognitif des compétences et maîtrise de soi);

    2. programmes de lutte contre la toxicomanie;

    3. programmes d'alphabétisation et d'éducation permanente;

    4. programmes pour les victimes de mauvais traitements ou de traumatismes.

Étant donné que les programmes de base visent tout particulièrement un domaine de besoins identifié, ils sont obligatoires parce qu'ils constituent une partie du plan correctionnel de la délinquante. De plus, l'achèvement réussi des programmes de base identifiés dans le plan correctionnel d'un délinquant a tendance à avoir une influence positive sur les considérations en matière de libération conditionnelle. Par conséquent, les programmes de base sont distincts des divers autres programmes et services offerts, comme les programmes de loisirs, les programmes multiculturels et les programmes et services de santé. Bien que ces autres programmes et services fassent partie intégrante de la stratégie générale de programmes des délinquantes et puissent jouer un rôle dans la réinsertion réussie des délinquantes, ces programmes ne visent pas les facteurs criminogènes, n'ont statistiquement aucune incidence sur la récidive et la participation est axée sur l'intérêt et est de nature purement volontaire.

On a posé diverses questions aux femmes concernant les programmes offerts en établissement. Les questions concernaient leur compréhension du rôle et de l'utilité estimée des programmes en ce qui concerne la réduction de la cote de sécurité, leur participation aux programmes et les facteurs qui influencent leur participation, leurs perceptions des programmes de base du SCC, ainsi que des programmes et des activités de nature diverse, leurs opinions de la psychologie et le et leurs suggestions quant à de nouveaux programmes.

 

7.1 RÔLE DES PROGRAMMES

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On a observé de grandes différences entre les femmes du segment PG et celles du segment PBS au sujet de leur compréhension du rôle des programmes et de l'importance accordée par elles aux programmes, tout particulièrement comme véhicule de réduction de la cote de sécurité. Il y a eu aussi des différences marquées entre les femmes du segment PG et celles du segment PBS concernant les types de programmes auxquels les femmes participent et qu'elles trouvent utiles.

Segment de la population générale
  • Les six femmes du segment PG étaient conscientes du fait que leur participation aux programmes constituait un facteur de réduction de leur cote de sécurité. Lorsqu'on leur a demandé quelle était leur opinion concernant l'importance des programmes pour réduire leur niveau de sécurité, quatre des six femmes du segment PG (67 p. 100) ont considéré que les programmes étaient très importants (tout particulièrement, mais non exclusivement, les programmes de base).

    Eh bien, pour réduire vos facteurs, vous devez participer aux programmes. S'il n'y a aucun programme, vous ne pouvez réduire vos facteurs, ça vous prend plus de temps pour perdre la cote de sécurité maximale. (Kerry)

    ... vous voyez, une grande erreur qu'ils commettent est «eh bien, nous attendrons qu'elles obtiennent une cote de sécurité moyenne, puis elles peuvent y participer [au programme de base] dans [nom de l'établissement régional]» - mais je pense que le temps est venu. Je veux dire que vous voulez réduire votre cote de sécurité et en l'absence de ces programmes, vous n'avez que peu à montrer à part votre comportement - ce qui est bien - parce que vous devez continuer de bien vous conduire et tout ici - mais je pense qu'il devrait y avoir un plus grand nombre d'éléments que cela. (Alison)

  • Les femmes du segment PG ont estimé que les programmes qui avaient pour but de traiter de leurs besoins criminogènes et des risques qu'elles présentaient, ainsi que de leur détresse émotionnelle et de leur comportement, étaient particulièrement importants.

    Les programmes... vous aident à vous rendre compte que vous avez du talent et que vous pourriez le mettre à profit pour vous trouver du travail - pour avoir l'impression de réellement valoir quelque chose - parce que je pense que c'est quelque chose d'important pour un grand nombre de femmes... [les programmes sont] très importants - je crois que sans eux, on poireaute à faire son temps et tous les problèmes qui vous ont amené ici au départ sont toujours enfouis profondément en vous et à un moment donné, ils ressortiront - il y a un grand risque de récidive ici. (Alison)

    Je pense qu'ils sont très importants... Parce qu'ils peuvent contribuer dans une large mesure à la transition d'une cote de sécurité maximale à moyenne. Pour être en mesure de se comporter comme il faut, de cesser de prendre de la drogue, votre - vous savez - des choses comme l'automutilation. (Kerry)

  • Une femme était ambivalente en ce qui concerne l'importance des programmes, tandis qu'une autre a clairement affirmé qu'elle ne considérait pas les programmes comme étant importants.

    Je ne crois pas que c'est réellement important à l'heure actuelle. Bien sûr, ça me donnerait des habiletés - mais j'ai pris part à un grand nombre de ces programmes dans un autre établissement - et j'ai obtenu tous mes certificats d'eux. Et j'ai de la difficulté à me rappeler des choses - alors ça pourrait ne pas m'aider à l'avenir, parce que je pourrais l'oublier. (Melissa)

Segment de la population ayant des besoins spéciaux
  • Les femmes du segment PBS ont estimé que le rôle des programmes se rattachait beaucoup plus au fait d'occuper leur temps avec des choses intéressantes à faire que de traiter de leurs besoins criminogènes; toutefois, trois femmes (38 p. 100) ont fait des commentaires sur ce rapport.

    L'artisanat et l'expression artistique. Le gymnase, j'aime aussi la danse aérobique... c'est bon pour vous de vous tenir occupée et d'apprendre de nouveaux passe-temps. (Rita)

    Les programmes sont très importants - et c'est évident - ils accroissent l'estime de soi, la perception de votre propre valeur et votre niveau d'instruction - et sa conscience de soi, car on devient plus conscient de ce qu'il nous faut faire dans la collectivité. (Tina)

 

7.2 Participation aux programmes : questions de motivation

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Les questions d'entrevue ont examiné ce que les femmes considéraient être des facteurs touchant leur désir de participer ou non aux programmes. Pour les femmes des deux segments de la population, la participation aux programmes a été considérablement influencée par divers facteurs de motivation. Les femmes du segment PG ont signalé des facteurs précis qui influençaient leur motivation tandis que pour les femmes du segment PBS, les facteurs de motivation modifiant la participation aux programmes étaient généralement plus simples et dépendaient de la situation.

La réticence à participer à un modèle de groupe lors de la mise en _uvre d'un programme a été soulevée précisément par plus de la moitié (57 p. 100) des femmes interviewées. De plus, les questions de confiance et d'intérêt ont eu une incidence motivationnelle tout particulièrement saillante dans les deux segments de la population. En fait, les questions de confiance recoupent la plupart de ces facteurs de motivation.

    Par exemple, dans l'ensemble, je ne me sentais pas vraiment à l'aise au sujet des programmes... et je trouve difficile de faire confiance aux gens dont je viens de faire la connaissance, qu'il s'agisse des autres détenues ou des membres du personnel... et je pense, bien, je n'ai pas vraiment essayé, je ne me suis pas vraiment ouverte avant ces quelques derniers mois. (Pam)

Segment de la population générale

Les entrevues ont spontanément révélé chez les femmes quatre thèmes importants ayant une incidence sur leur motivation à participer aux programmes :

1. l'inconfort concernant le modèle de groupe et la dynamique des groupes;

2. l'utilité d'un programme;

3. l'indifférence envers les programmes;

4. le fait d'avoir quelque chose pour occuper son temps..

L'inconfort concernant le modèle de groupe et la dynamique des groupes

  • Quatre des femmes du segment PG (67 p. 100) ont exprimé de la réticence à participer à une partie ou à l'ensemble des programmes qui impliquaient un modèle de groupe. Les raisons de cette réticence concernaient des questions relatives à la crainte de partager, au fait de se sentir inconfortable et anxieux et aux difficultés générales de faire confiance aux autres participants.

    Je ne me sentirais pas à l'aise, je serais très mal à l'aise - j'aurais des attaques d'angoisse. Je ne sais pas - je ne leur fais pas du tout confiance... je ne fais pas confiance aux gens ici. (Melissa)

    Eh bien, je pense que les programmes sont importants - et parfois j'aimerais en profiter plus - mais souvent c'est le groupe qui m'empêche de faire quoi que ce soit. (Tanya)

  • Les quatre femmes avaient participé à au moins un programme qui avait été offert individuellement dans le but de résoudre ce problème de réticence.

    ... J'ai demandé un programme individuel - parce que je ne me sentais pas à l'aise dans un groupe... je n'ai jamais été dans un groupe - non jamais Ça ne me dérange pas de parler seul à seul avec quelqu'un, mais, dans un groupe je ne me sens pas à l'aise de parler... surtout si c'est personnel - lorsqu'il s'agit d'alcoolisme. Je veux que ce soit seul à seul parce que je ne me sens pas à l'aise de parler de mon problème d'alcool devant les gens. (Pam)

    Certaines personnes ne se sentent pas à l'aise dans un groupe. Il devrait y avoir plus de programmes individuels, oui, ce serait plus utile. (Chris)

  • Une des femmes a reconnu les avantages des programmes de groupe une fois que les femmes surmontent leur réticence à participer.

    Parce que je me suis rendu compte - je ne suis pas la seule qui a - par exemple des problèmes - et d'autres personnes partagent - donc je ne me sens pas si différente. J'ai l'impression que les gens vont me juger en raison de mon alcoolisme et autre affaire semblable, mais ça m'est égal maintenant... tout d'abord j'ai dû m'habituer à parler à quelqu'un au sujet de mon alcoolisme puis j'ai commencé à en parler dans un groupe... lorsque j'ai commencé à aller aux réunions des AA, je ne parlais pas, mais après avoir commencé à voir [nom du conseiller en toxicomanie] en octobre, je suis allée aux réunions des AA chaque [semaine] et je peux m'ouvrir à ces réunions. (Pam)

  • Les préoccupations concernant la dynamique négative des groupes, tout particulièrement le manque d'intérêt ou les attitudes perturbatrices des autres participantes, ont été évoquées par trois femmes comme ayant une influence sur leur participation aux programmes.

    D'accord - j'avais l'impression d'aller à l'encontre du but recherché ou quelque chose du genre à la Prison des femmes - Je n'avais pas l'impression qu'on me prenait au sérieux - parce que je pensais - je crois que c'est comme ça qu'est le milieu - c'est nous et eux. Je pense que tout le monde allait plus ou moins sortir juste à leur libération conditionnelle. Elles ne se concentraient pas sur leurs besoins et sur l'examen des secteurs de problèmes. Je pense qu'elles écoutaient seulement, ou s'assoyaient seulement pour qu'on inscrive qu'elles étaient présentes, pour qu'il soit reconnu qu'elles y avaient assisté. Je ne crois pas qu'elles avaient réellement l'esprit ouvert et assimilaient vraiment quoi que ce soit. (Alison)

L'utilité du programme

  • Considérer un programme comme étant utile a été le facteur motivant le plus important qui a influencé la participation des femmes. Toutes les six femmes du segment PG ont soulevé des questions relatives à ce facteur.
  • Selon elles, les éléments qui permettent de considérer les programmes utiles sont l'impression d'avoir «besoin» du programme, le sentiment que le programme lui-même a du mérite et le respect des compétences des responsables de la mise en _uvre du programme

    Pour moi, si je sais que j'en ai besoin, je suis heureuse de participer. Mais si je pense que je n'en ai pas besoin, je me sens mal à l'aise d'y aller. Comme l'année dernière, je participais au Programme d'apprentissage cognitif des compétences, mais je n'étais pas vraiment bonne, je n'étais pas vraiment prête à suivre ce programme l'année dernière... parce que je n'étais pas réellement prête sur le plan émotionnel à le faire. Parce que je ne pensais pas que j'en avais besoin... je ne crois pas qu'on devrait obliger quelqu'un à moins que cette personne n'en ait besoin... et j'aurais souhaité l'avoir essayé la première fois parce que j'aurais probablement obtenu une cote de sécurité moyenne si je l'avais fait... (Pam)

    Je veux participer au Programme d'apprentissage cognitif des compétences... je ne veux pas participer au programme de lutte contre la toxicomanie parce que je pense que, pour ma part, la toxicomanie est une question qui relève de chaque personne. (Chris)

    De toute façon, les programmes ne sont pas assez intensifs. Par exemple, s'ils l'étaient plus, je serais intéressée. (Tanya)

  • En ce qui concerne les compétences des responsables de la mise en oeuvre des programmes, trois femmes (50 p. 100) ont déclaré qu'il était important pour elles que ces derniers aient fait personnellement l'expérience du contenu du sujet (tout particulièrement la toxicomanie et l'abus sexuel).

    Eh bien, je pense [que les détenues] seront plus disposées à écouter quelqu'un qui n'a pas appris que dans les livres - quelqu'un à qui c'est arrivé, vous savez, comme pour les drogues, le secteur correctionnel, l'abus. Quelqu'un qui a eu la même expérience que vous - qui sait d'où vous venez et comment vous vous sentez - parce qu'elle est aussi passée par là. [Si elle ne sait pas ce que c'est]... elle pourrait avoir de bonnes intentions mais vous pensez qu'elle ne sait pas vraiment ce par quoi vous êtes passée - elle ne sait pas vraiment ce qui se passe. Il lui est plus difficile de mettre le doigt dessus - parce qu'elle n'a pas eu l'expérience. (Kerry)

L'indifférence envers les programmes

  • Quatre des femmes du segment PG (67 p. 100) ont reconnu qu'il y avait des périodes de temps considérable pendant lesquelles elles étaient indifférentes à la participation aux programmes en général. En rétrospective, deux de ces femmes ont attribué cette attitude au positionnent vis-à-vis le «code des détenues». Lorsqu'on leur a demandé ce qui pourrait avoir changé cette attitude, les femmes n'ont pas réussi à faire de suggestions, affirmant que l'ensemble du milieu renforçait essentiellement cette attitude et qu'à un moment donné, on n'aurait pas pu les «atteindre».

    Non, non je ne voulais pas [participer aux programmes]... Pour ma part, je n'étais pas intéressée - j'étais sur une voie très autodestructrice... Je ne sais pas comment il [le SCC] aurait pu [contourner l'attitude], je ne sais pas. (Kerry)

    Je pense que je n'étais pas prête à faire n'importe quoi... Je ne m'intéressais pas réellement à beaucoup... surtout aux programmes. (Tanya)

Le fait d'avoir quelque chose pour occuper son temps

  • Peu importe que les femmes aient considéré les programmes importants ou utiles, trois femmes du segment PG (50 p. 100) ont fait remarquer que, pour leur part, elles participaient en partie parce que cela occupait simplement leur temps.

    Je veux qu'on me paye. Je veux aussi faire quelque chose pour me tenir occupée... N'importe quoi [n'importe quel programme] - oui, je le ferais. (Melissa)

    Je pense, vous savez, que de travailler - je pense que c'est un facteur important pour moi parce que je suis le genre de personne - j'aime bouger, occuper mon temps - être toujours occupée, par exemple. (Alison)

Segment de la population ayant des besoins spéciaux

Les femmes du segment PBS établissent moins de distinction au sujet de leur participation aux programmes, donnaient moins de raisons pour participer ou non aux programmes et les raisons de leur participation étaient souvent accessoires. La participation était communément influencée par leurs évaluations quant à savoir si les programmes étaient «assommants», «difficiles» ou «amusants».

En comparaison avec les femmes du segment PG, les femmes du segment PBS ont soulevé des questions relatives à la participation au groupe qui concernaient davantage les incompatibilités situationnelles des participantes.

  • On a observé des différences entre les femmes qui avaient de médiocres aptitudes cognitives et celles qui fonctionnaient à un niveau cognitif plus élevé en ce qui concerne les types de programmes auxquels elles aimaient participer; notamment les femmes qui avaient un meilleur fonctionnement cognitif ont aimé participer à des programmes qui mettaient au défi leurs aptitudes cognitives et encouragé la conscience de soi.

    Oui, j'aime les programmes. Eh bien, je pense que nous devons tous continuer d'apprendre, vous savez. Et, plus nous accumulons de renseignements dans notre cerveau, plus nous pensons clairement, vous savez. Et nous pouvons penser à ce que nous devons faire d'une journée à l'autre. (Susan)

    Les choses comme les programmes d'éducation - vous apprenez plus de choses - vous apprenez à mieux vous connaître. (Tina)

  • Toutes les femmes du segment PBS aimaient les programmes créatifs; toutefois, les femmes ayant des aptitudes cognitives moins élevées avaient plus tendance à préférer participer à ce genre de programmes. En fait, les types plus créatifs de programmes étaient les premiers genres de programmes que les femmes à faibles aptitudes cognitives ont identifiés. Par ailleurs, les programmes qui mettaient au défi leurs aptitudes cognitives étaient considérés comme «trop difficiles» ou rejetés parce qu'ils étaient «ennuyeux».

    J'aime les programmes... l'artisanat, la couture. Parce qu'on fait de belles choses dont on est ensuite fière. Je suis allée chercher un livre de peinture au pochoir aujourd'hui - j'espère peindre un oiseau et des fleurs. (Rita)

    L'art... j'aime la peinture - je ne dessine pas très bien. Ou colorer ou quelque chose comme cela... voilà les programmes que j'aime. (Ellen)

    Je ne veux pas prendre part aux programmes. Parce qu'il est trop difficile pour moi de répondre aux questions - et je ne suis pas comme elles [autres détenues] - je n'ai terminé que ma cinquième année... J'ai essayé deux ou trois fois... deux ou trois semaines - mais c'était trop dur. (Clara)

    Je déteste les programmes... Je ne crois pas aux programmes. Ils sont trop ennuyeux. (Denise)

  • Les considérations portant sur la valeur des programmes n'ont pas joué chez les femmes du segment PBS le rôle critique qu'elles ont joué chez celles du segment PG. En fait, deux femmes ont clairement identifié ce facteur.

    Aucun de leurs programmes ne m'intéresse, mais je vais faire ce qu'ils veulent que je fasse. Je n'ai pas besoin d'eux... je n'en ai pas besoin, mais j'y participerai si cela signifie faire ce qu'ils veulent que je fasse... lorsque j'irai à la maison, je n'aurai pas à faire avec ces personnes. Je n'ai pas besoin d'habiletés en résolution de problèmes ou en adaptation. Je n'en ai pas besoin. (Kim)

  • La majorité des femmes du segment PBS ont fait des commentaires sur l'importance des programmes pour «occuper leur temps»; pour la majorité de ces femmes cette raison, en plus de celle d'être payée pour participer, constituaient les principales raisons de la mise en _uvre des programmes et de la participation à ceux-ci.

    Cela peut faire passer le temps, m'amuse et me permet d'apprendre. [Cela aide en ce qui concerne la réduction de la cote de sécurité] parce qu'on peut se concentrer complètement sur ce qu'on fait. (Rita)

    Les programmes m'aident beaucoup. Comment? Ils me tiennent occupée... quelque chose à faire. (Nicki)

    Pourquoi? L'argent. (Denise)

 

7.3 Programmes de base du SCC

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Tel que discuté au début de la section 7, la Stratégie des programmes correctionnels à l'intention des femmes purgeant une peine fédérale (1994) établit les programmes de base pour les détenues. Bien qu'ils ne soient pas obligatoires, les programmes de base sont expressément précisés dans le plan correctionnel d'une détenue afin de traiter des besoins criminogènes et sont offerts en conséquence. Les programmes de base pour les femmes, décrits à grands traits dans la Stratégie des programmes correctionnels à l'intention des femmes purgeant une peine fédérale, sont donnés dans les unités à sécurité élevée. Il s'agit de programmes d'acquisition de compétences psychosociales (c.-à-d. apprentissage cognitif des compétences, maîtrise de soi, compétences parentales), de programmes de lutte contre la toxicomanie, de programmes d'alphabétisation et d'éducation permanente et de programmes pour les victimes de mauvais traitements ou de traumatismes.

On a posé aux femmes interviewées un certain nombre de questions concernant les programmes de base du SCC. En particulier, on a demandé aux femmes de décrire les types de programmes qui leur sont offerts en vue de les aider à réduire leur cote de sécurité, de préciser à quels programmes de base elles avaient participé ou lesquels elles avaient terminés, d'indiquer si elles avaient trouvé ces programmes utiles et, le cas échéant, d'expliquer pourquoi elles étaient de cet avis et de préciser si elles souhaiteraient suivre d'autres programmes dans l'un des domaines cibles que traitent les programmes de base et, dans l'affirmative, pourquoi. Les réponses qui portent tout particulièrement sur des suggestions d'améliorations aux programmes de base sont discutées à la section 7.6.

Le tableau 7 montre le nombre de détenues non autochtones dites «à sécurité maximale» qui ont participé aux programmes de base du SCC. Les données de ce tableau sont tirées de comptes-rendus d'entrevues et du SGD. Le tableau précise la participation aux programmes de base du SCC, plutôt que l'achèvement de ces programmes. Les données sont présentées de cette façon pour deux raisons. Tout d'abord, les données sur la participation reflètent mieux les comptes-rendus d'entrevues - les femmes ont fait des commentaires sur les programmes particuliers en fonction de leur participation à ce programme, non de leur achèvement du programme avec succès. Ensuite, on a constaté de légers écarts entre les données provenant des entrevues et les relevés du SGD en ce qui concerne l'impression des femmes d'avoir suivi certains programmes de base du SCC. En particulier, pendant les entrevues, certaines femmes ont sous-entendu qu'elles avaient suivi maintes et maintes fois les mêmes programmes de base (ce qui n'est pas une politique habituelle du SCC), en partie en raison de ce qu'elles percevaient être un manque de programmes de rechange variés pour elles. Toutefois, lorsqu'on a vérifié cette tendance potentiellement distincte de répétition de programmes dans le régime correctionnel pour femmes, les données du SGD ont révélé que les femmes n'avaient pas en fait «suivi» les programmes de base du SCC de nombreuses fois, mais plutôt, les femmes des deux segments de population avaient particulièrement tendance à s'être «inscrites» maintes fois à ces programmes, mais abandonnaient sans achever le programme avec succès ou n'achevaient pas le programme avec succès en raison d'un transfert ou d'une libération conditionnelle.

Tableau 7
Participation aux programmes de base du SCC

 

Segment de la population générale

(n=6)

Segment de la population ayant des besoins spéciaux

(n=8)

PROGRAMME

Participation

(nombre)

Considéré

utile

Autres prog. souhaités

Participation

(nombre)

Considéré

utile

Autres prog. souhaités

Alphabétisation et éducation permanente

6

5

2*

5

3

1

Apprentissage cognitif des compétences

4

4

3

1

1

1

Maîtrise de soi

4

3

5

1

1

2

Lutte contre la toxicomanie

5

2

4

1

1

0

Victimes de mauvais traitements ou de traumatismes

3

3

3

2

2

1

    * Deux femmes ont signalé qu'elles aimeraient suivre des cours post-secondaires mais n'ont pas les moyens de le faire.

Dans l'ensemble, le tableau 7 montre que douze des quatorze femmes (86 p. 100) ont pris part à au moins un programme de base du SCC. La liste de programmes de base auxquels les femmes ont participé se compose de ce qui suit : alphabétisation et éducation permanente, apprentissage cognitif des compétences, maîtrise de soi, lutte contre la toxicomanie et victimes de mauvais traitements ou de traumatismes. Aucune des femmes interviewées n'a pris part au programme de compétences parentales. Le nombre moyen et médian de programmes de base du SCC auxquels les femmes ont participé était de 2 (écart-type = 1,7), les femmes du segment PG ayant participé à un plus grand nombre de programmes que les femmes du segment PBS. Plus particulièrement, toutes les femmes du segment PG ont pris part à au moins un programme de base du SCC en comparaison de six des huit femmes du segment PBS (75 p. 100). Le nombre moyen de programmes de base du SCC auxquels les femmes du segment PG ont participé était plus élevé que celui des programmes de base du SCC auxquels les femmes du segment PBS avaient pris part (3,7, écart-type = 1,0 par rapport à 1,2, écart-type = 1,3, respectivement).

Comme on peut le constater dans le tableau 7, les femmes considéraient habituellement utiles les programmes de base du SCC (parmi les cinq programmes, 76 p. 100 ont été jugés utiles par les femmes). En ce qui concerne les programmes que les femmes auraient le plus tendance à trouver utiles, il est encore une fois important d'examiner séparément les réponses des femmes des deux segments, compte tenu tout particulièrement du très faible nombre de programmes auxquels avaient participé les femmes du segment PBS. Dans la plupart des cas, les femmes du segment PBS ont considéré utile chaque programme auquel elles avaient pris part, soit 92 p. 100 dans l'ensemble (la seule exception étant le programme d'alphabétisation et d'éducation permanente, pour lequel deux des cinq femmes ne l'ont pas jugé utile). En comparaison, les trois quarts des programmes auxquels les femmes du segment PG avaient participé étaient considérés utiles par elles. Plus spécifiquement, deux programmes étaient considérés utiles par toutes les femmes du segment PG qui les avaient suivis : le programme pour les victimes de mauvais traitements ou de traumatismes et le programme d'apprentissage cognitif des compétences. En comparaison, le programme de lutte contre la toxicomanie était le programme considéré comme étant le moins utile (seulement deux des six femmes qui y avaient participé l'avaient trouvé utile).

Programmes d'alphabétisation et d'éducation permanente

En établissement, on met beaucoup l'accent sur l'amélioration du niveau d'alphabétisation et d'éducation permanente étant donné que la formation à ces égards est considérée essentielle à la réinsertion des femmes dans la communauté. On offre aux adultes une formation en rattrapage scolaire (les programmes d'éducation sont régis par les règlements provinciaux). De même, un cours de préparation à la formation générale (FG) est donné pour aider les délinquantes qui souhaitent essayer d'obtenir leur équivalence de douzième année. Diverses méthodes d'éducation des adultes sont utilisées, y compris des cours particuliers ou de groupe et l'apprentissage par ordinateur. En raison d'un certain nombre de facteurs, dont leur niveau de scolarité et d'attention, la participation des femmes aux programmes d'éducation a varié d'une heure par semaine à cinq journées complètes par semaine.

Segment de la population générale
  • Les six femmes du segment PG avaient participé (n=4) ou participaient actuellement (n=2) à un programme de rattrapage scolaire au moment de cette étude.
  • Cinq des six femmes (83 p. 100) ont aimé suivre un tel programme et ont estimé qu'il était utile.

    Je m'intéresse vraiment à mon travail scolaire pour obtenir mes certificats... auparavant, je détestais l'école, maintenant je commence à l'aimer parce que j'ai l'impression de faire quelque chose et je vois que j'en tire quelque chose et je reçois des rétroactions. Et, je n'ai pas l'impression d'être aussi stupide que je pensais l'être... je vais continuer de prendre des cours [quand je serai mise en liberté]. (Chris)

  • Deux femmes ont terminé l'équivalent de la douzième année (FG) pendant leur incarcération.

    Je pense que mon estime de moi est beaucoup mieux... il s'accroît vous savez. Lorsque j'accomplis quelque chose... comme obtenir mon diplôme de douzième année, il n'y a pas longtemps - ce qui m'a donné beaucoup. (Kerry)

  • Une femme a trouvé qu'il était trop difficile de se concentrer sur le rattrapage scolaire, compte tenu de son état émotionnel. L'école faisait obstacle à sa capacité de faire face à ses problèmes émotionnels; elle a été reconnaissante de pouvoir remettre le programme à plus tard.

    L'école n'aidait pas. Parce que j'avais trop de choses - je me concentrais sur les programmes, par exemple, la consultation individuel et autre chose... de sorte que l'école faisait obstacle et était trop difficile pour moi à ce moment-là et figurait sur mon plan correctionnel... Je pense qu'ils m'ont permis de reporter mes cours pendant quelque temps. (Melissa)

Segment de la population ayant des besoins spéciaux

  • Cinq femmes du segment PBS (63 p. 100) avaient participé à des programmes de rattrapage scolaire; trois le faisaient toujours. Quatre femmes ont fait le commentaire que de tels programmes étaient difficiles et frustrants, à différents égards.
  • Trois femmes ont considéré que les programmes éducatifs étaient utiles; deux femmes ont jugé que les programme de rattrapage étaient avantageux outre le fait d'occuper le temps et d'être une source de revenu.

    J'essaie de me rendre à la douzième année. Je veux simplement obtenir ma douzième année - ça m'aiderait parce que je serais fière de moi-même. Alors, lorsque j'arriverai à la douzième année, je pourrai montrer à mes amis que j'ai fait quelque chose dans ma vie. (Nicki)

Apprentissage cognitif des habiletés

Le programme d'apprentissage cognitif des habiletés, d'une durée de 72 heures, comporte plusieurs volets et est conçu de manière à être conforme aux principes d'un traitement correctionnel efficace. La formation a pour but d'aider les femmes en mettant l'accent sur l'apprentissage d'habiletés, pour les aider à gérer leur vie plus efficacement, et sur la capacité de raisonnement qui influe sur leur comportement, la résolution de problèmes, la capacité de prise de décisions, le processus de réflexion sur les choix et les conséquences, le raisonnement critique, la pensée créative et les habiletés sociales.

Segment de la population générale
  • Quatre des femmes du segment PG (67 p. 100) avaient participé aux programmes d'apprentissage cognitif des compétences. Toutes ont considéré le programme comme étant très utile. Les femmes ont indiqué que les programmes d'acquisition de compétences psychosociales étaient tout particulièrement utiles pour les aider à faire face à leur impulsivité et à leur attitude.
  • Trois de ces quatre femmes, ainsi qu'une autre femme du segment PG ont souligné qu'elles aimeraient participer à un plus grand nombre de programmes d'acquisition de compétences psychosociales.

    ... parce qu'avant je ne savais pas comment résoudre un problème. Je suis une personne très impulsive - lorsque quelque chose survenait, j'agissais immédiatement. J'apprends maintenant à prendre du recul, regarder la situation et voir si elle causera plus de dommage ou si elle aura une incidence sur moi ou quel sera le résultat - à long terme, à court terme - et voilà pourquoi je pense que ce programme m'est très utile. (Chris)

    Je pense qu'à la tête des priorités vient l'apprentissage cognitif des compétences - c'est là que vient le changement dans votre attitude - vos croyances et attitudes criminelles, vos habiletés sociales... vous ne traiterez pas de votre toxicomanie si vous n'écoutez pas. Si vous avez l'esprit étroit et si vous êtes trop en colère, vous ne pourrez pas avoir l'esprit ouvert et commencer à traiter de votre toxicomanie si vous avez toute cette colère et cette attitude au dedans de vous. Je crois vraiment que l'apprentissage cognitif des compétences et la maîtrise de soi devraient passer en premier. Puis, lorsque vous commencez à écouter et à comprendre ce qu'il y a à l'intérieur de vous, ce qui provoque la colère et ce qui vous donne cette attitude, vous pouvez ensuite commencer à traiter des raisons pour lesquelles vous êtes devenue toxicomane. (Alison)

Segment de la population ayant des besoins spéciaux

  • Une femme de ce segment avait participé aux programmes d'apprentissage cognitif des compétences. Elle l'a considéré utile, bien qu'elle ait aussi reconnu l'incidence négative de son degré de difficulté.

    J'y participais auparavant - je trouve cela difficile... peut-être ne pas le créer si difficile, ce serait bien. (Nicki)

Maîtrise de soi

Le programme de maîtrise de soi traite de la colère chez les femmes. Le programme donne aux participantes une meilleure compréhension des éléments et des sources de conflits, de leur de développer les habiletés qui lui laissent exprimer sa colère et faire face au conflit de manière plus saine et constructive. On présente aux femmes des techniques pour leur apprendre à écouter et communiquer, à se maîtriser et à clarifier les hypothèses.

Segment de la population générale
  • Quatre femmes du segment PG avaient participé à un programme de maîtrise de soi; trois d'entre elles l'ont jugé utile. La maîtrise de soi a pour but de permettre aux femmes d'acquérir de nouvelles habiletés afin d'éviter les réactions violentes et de traiter de situations stressantes et tendues. De plus, les femmes ont parlé de la valeur d'apprendre à comprendre leur colère et ce qui provoque cette colère. Une femme a suggéré que ces séances sont aussi un endroit où exprimer sa colère.
  • Les quatre femmes ont estimé qu'elles bénéficieraient d'autres programmes de maîtrise de soi et ont indiqué leur intérêt à participer à des programmes du genre.

    ... la maîtrise de soi est un gros élément ici... c'est tellement stressant et il y a habituellement beaucoup de tension pour cette raison - tout le monde se trouve presque toujours face à face... je pense vraiment avoir profité de ce programme [maîtrise de soi], mais je pense que je pourrais continuer. Eh bien, je pense qu'il m'a en quelque sorte donné un outil avec lequel travailler. Je veux dire, c'est de se rendre compte seulement à présent qu'il y a d'autres façons de se maîtriser - cet outil est en soi une aide. Si vous n'avez jamais appris d'autres manières de vous maîtriser que la violence physique ou les engueulades, vous ne connaissez que cela. Mais juste de savoir qu'il y a autre chose qui offre des choix différents, je pense que c'est le début des efforts personnels. Mais je pense aussi que d'aller plus loin - comme avoir des séances plus régulières sur la maîtrise de soi - permet d'exprimer quelque peu sa colère - qu'il s'agisse de jeux de rôle, ou simplement vous savez, le bâton de caoutchouc ou tout autre chose qu'on utilise - ou de petites poupées ou quoi que ce soit - toutes ces choses aident vraiment parce qu'on peut s'exprimer, à l'extérieur de l'unité. Cela aide à réduire le stress et aide les filles - d'une certaine manière, à rire de petites choses dont on ne rirait pas vraiment à un certain moment - on y réagirait tout probablement. Mais on pourrait rire des choses encore plus et se rendre compte que ce n'est pas vraiment une grosse affaire. (Alison)

    J'aimerais plus de programmes du genre maîtrise de soi. Je pense - les compétences en relations humaines - comme l'apprentissage cognitif - par exemple, comment faire face aux situations qui se présentent, sans violence - apprendre à s'affirmer au lieu d'être agressive ou passive. (Kerry)

  • Une femme a critiqué le programme, qu'elle juge «irréaliste» et «vague» en ce qui concerne la compréhension de l'origine de sa colère.

    J'ai participé à un programme de maîtrise de soi... Je n'en ai pas tiré beaucoup. Certaines parties m'ont semblé très irréalistes. Par exemple, s'asseoir et écrire - eh bien, lorsque je suis très en colère, je ne peux m'asseoir et écrire - Je ne peux pas faire cela... Je pense que c'est à moi de décider, si je veux cesser d'être en colère - et accepter le fait que les gens ne me mettent pas colère - je me mets en colère moi-même. Le programme était très vague, par exemple - j'aimerais mieux comprendre pourquoi je me mets en colère. (Tanya)

Segment de la population ayant des besoins spéciaux
  • Une femme du segment PBS avait participé à un programme de maîtrise de soi. Elle l'a trouvé utile, mais a trouvé le contenu difficile.

    Le programme de maîtrise de soi - oui, donnez-nous plus de temps pour le faire... il n'a aidé personne parce que nous avons dû le faire rapidement. (Nicki)

Programme de lutte contre la toxicomanie

Les programmes de lutte contre la toxicomanie du SCC s'inspirent du Modèle de changement (voir Prochaska, Norcross et DiClemente, 1994). Le programme de lutte contre la toxicomanie pour les femmes est conçu pour donner aux participantes un milieu sûr dans lequel les renseignements et les aptitudes nécessaires pour changer leur vie leur sont fournis. Le programme a également pour but d'aider à accroître le comportement positif relatif à l'alcool et à la drogue au moyen de changements au style de vie déterminés par la participante, de meilleures habiletés sociales et de l'auto-efficacité. Les programmes de prévention des rechutes sont aussi offerts; ces programmes sont conçus pour aider les femmes à identifier les signes avant-coureurs de rechutes et à les gérer, à établir un calendrier d'activités de récupération qui appuieront l'identification et la maîtrise continues des signes avant-coureurs et à appuyer les femmes qui veulent maintenir les changements positifs qu'elles ont apportés dans leur vie.

Segment de la population générale
  • Toutes les femmes du segment PG avaient la lutte contre la toxicomanie identifiée sur leur IABD comme secteur de besoin. Cinq femmes du segment PG avaient participé à un programme de lutte contre la toxicomanie du SCC. De même, deux des femmes avaient participé au programme de prévention des rechutes.
  • Quatre de ces femmes ont signalé qu'elles seraient intéressées à prendre part à d'autres programmes de lutte contre la toxicomanie. Trois de ces femmes ont exprimé un intérêt à participer à des programmes continus de lutte contre la toxicomanie.

    Elle [la toxicomanie] représentait un besoin puissant - je ne sais pas comment ils comprennent les dépendances et les choses du genre, mais j'ai l'impression qu'ils pensent «d'accord, elle va suivre ce cours» - et c'est tout comme un cours, c'est comme de suivre un cours de mathématiques ou autre du genre - «et une fois qu'elle aura terminé, tout ira bien». Mais l'alcoolisme ou tout autre genre de dépendance est un problème qui dure toute une vie et qu'il faut continuer de combattre pendant le reste de ses jours. Il faut que ce soit continu. (Alison)

  • Trois des femmes ont indiqué qu'elles préféreraient un programme plus structuré de lutte contre la toxicomanie.

    Je pense qu'un programme structuré de lutte contre la toxicomanie - qui soit structuré - pas quelque chose d'aussi peu organisé. (Melissa)

    Il doit y avoir à la fois de la documentation et des interractions... c'est ce que je dis, il faut aussi avoir de la documentation... mais je n'ai pas pensé avoir réellement la chance de faire face à mes sentiments et de comprendre mes impressions des choses. C'était beaucoup - vous devez faire ce travail-ci et ce travail-là - ce qui est bien et les filles en ont besoin de plus - mais je me rappelle leur en avoir parlé. J'ai dit ne pas avoir le sentiment qu'on m'aide tellement en raison de toutes ces données que je ne comprends pas, les choses ne me sont pas bien expliquées, je ne comprends pas mes sentiments. (Alison)

  • Pour la plupart, les femmes ont reconnu que les programmes de lutte contre la toxicomanie étaient importants, toutefois, une femme en particulier a estimé qu'on leur accordait trop d'importance :

    ... on peut s'asseoir ici et participer à un programme de lutte contre la toxicomanie pendant 25 ans, puis sortir, se piquer à l'héroïne et aller au bar - vous savez. Je pense que tout le monde sait ce qu'est la toxicomanie et ce qu'elle fait... Alors, c'est réellement quelque chose sur laquelle ils ne devraient pas insister. Oui, nous en avons besoin, mais ça ne devrait pas être le principal facteur. (Chris)

  • Comme on l'a mentionné précédemment, les qualifications des agents de programme étaient un point tout particulièrement important dans le contexte des programmes de lutte contre la toxicomanie :

    Je pense qu'un grand nombre des agents de programme... n'ont réellement pas passé par là. D'abord, ils n'ont jamais abusé d'intoxicants. Ils ne savent pas ce que c'est le besoin - comme celui que nous ressentons. Beaucoup de personnes croient faussement que c'est un désir. Je ne crois vraiment pas que c'est un désir ou une envie. Je crois que c'est un besoin, un besoin d'avoir quelque chose - un genre de soutien pour faire face à la vie. Et, jusqu'à ce qu'ils comprennent que c'est quelque chose dont nous avons besoin et qu'ils nous aident à changer le fait et se rendre compte que nous avons réellement d'autres facettes - comme nous avons d'autres choix. (Alison)

Segment de la population ayant des besoins spéciaux

À la différence des femmes du segment PG, les femmes du segment PBS (n=3 ou 43 p. 100) n'avaient généralement pas la lutte contre la toxicomanie comme secteur de besoin criminogène (IABD). Une seule femme du segment PBS avait participé au programme de lutte contre la toxicomanie et elle ne l'avait pas terminé.

Programmes pour les victimes de mauvais traitements ou de traumatismes

Les programmes pour les victimes de mauvais traitements ou de traumatismes sont uniquement offerts aux délinquantes. Les programmes ont été conçus pour aider les délinquantes à faire face à la violence qui leur a été faite, dont l'abus sexuel pendant l'enfance, les agressions sexuelles et la violence conjugale. Le terme «traumatisme» permet la considération des différentes formes, de l'intensité et de la durée de la victimisation dont les femmes ont souffert. Des programmes d'éducation et de sensibilisation sur les mauvais traitements et les traumatismes, ainsi que d'autres programmes «thérapeutiques», plus approfondis, sont offerts.

  • Les femmes des deux segments de population (3 PG, 2 PBS) ont considéré utiles les programmes pour victimes de mauvais traitements ou de traumatismes.

    ...à un moment donné, que ce soit dans cinq ou dix ans, je veux avoir une relation amoureuse. C'est pourquoi j'ai besoin du programme pour les femmes victimes de mauvais traitements : pour éviter de me retrouver dans une relation de violence et connaître les signes avant-coureurs d'une telle relation - parce que je les ignorais dans le passé. (Pam)

    ...elle [la conseillère] est venue pour traiter d'abus sexuel...et c'est quelqu'un, elle va s'inspirer de son passé - vous savez, elle a survécu à l'abus sexuel - et elle peut comprendre. Elle sait ce à travers quoi vous passez. Parfois, les commentaires qu'elle me faisait, j'avais l'impression qu'elle était dans ma tête. C'était tout comme «mon Dieu, cette femme sait exactement ce que je ressens - elle sait exactement où j'en suis. Ce fut réellement utile. (Kerry)

 

7.4 Activités et programmes divers

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Tel que décrit au début de la section 7, à part les programmes de base, il existe un certain nombre d'activités et de programmes divers offerts aux femmes des unités à sécurité élevée. Pendant les entrevues, les femmes des deux segments de la population ont identifié un certain nombre d'activités et de programmes divers qu'elles considéraient utiles pour améliorer en général la façon dont elles utilisaient leur temps et améliorer leur sens global de bien-être. Elles ont aussi noté l'incidence positive de ces programmes ou de ces activités sur la résolution de certains de leurs problèmes.

  • Les programmes d'éducation physique et d'exercice ont été considérés favorablement par 12 des 14 femmes (86 p. 100). La possibilité de se mettre en forme, de se défouler et d'améliorer leur santé physique étaient des raisons pour lesquelles les femmes ont considéré l'activité physique comme importante.

    Parfois, j'avais des douleurs le lendemain - mais ça m'aide en ce qui concerne ma colère. Hier, j'ai fait le tour du gymnase au pas de course - j'avais envie de courir. (Rita)

    ... nous avons besoin d'une belle salle d'exercices avec un instructeur - parce que l'activité physique va main dans la main avec un esprit sain - un corps sain est synonyme d'esprit sain. (Tina)

  • La plupart des femmes (n=10, 71 p. 100) estimaient qu'il serait avantageux pour elles d'avoir un plus grand nombre de programmes d'activités physiques et que ceux-ci devraient être structurés.

    L'éducation physique - absolument Parfois - je veux dire, nous n'avons pas assez d'éducation physique de manière à s'impliquer dans n'importe quel genre de programme - nous n'y avons pas beaucoup accès. Si je veux faire de l'exercice et me mettre en forme, alors je le ferai pleinement et complètement - et si je ne peux le faire, alors j'hésite à le faire. Voilà comment je suis. (Kerry)

    Nous avons besoin d'autres loisirs, d'après moi. J'aimerais bien qu'on ait du personnel de loisirs qui vienne nous aider avec les poids, joue au billard et autre - il n'y a pas beaucoup de loisirs ici...ils pourraient être mieux mis à profit. (Chris)

    Voyons - j'aime l'exercice - un peu plus d'exercice dans le gymnase. Et les moniteurs d'éducation physique. (Denise)

  • Parmi les autres activités et programmes divers auxquels les femmes ont participé et qu'elles ont trouvé utiles, mentionnons l'artisanat, l'expression artistique, la création littéraire, la relaxation, les Alcooliques Anonymes (AA) et les visites à la bibliothèque.

    J'aime beaucoup la création littéraire parce que je crois que vous savez - je fais de la poésie et j'aime écrire des nouvelles - et je crois que cela aide beaucoup en ce qui concerne la maîtrise de soi. Eh bien, les sentiments et les pensées que vous avez à l'intérieur, qui sont parfois profondément enfouis et vous n'avez peut-être pas envie d'en parler à un psychologue ou à n'importe qui d'autre - on peut les exprimer par la poésie, en écrivant. Et si vous n'aimez pas faire cela - ou si vous voulez vous débarrasser de ce que vous pensiez ou vous n'aimiez pas ce sentiment - vous pourriez le mettre à la poubelle - voilà, c'est parti. C'est simplement d'être capable de s'exprimer. Cela et je pense l'expression artistique est aussi très importante - faites ce que vous avez envie de faire pour vous exprimer. C'est une bonne façon positive de faire sortir ses sentiments. Et bien entendu, l'éducation physique - l'exercice est bon pour le stress, aussi. (Alison)

Il est clair que les activités et les programmes divers ont été jugés les plus utiles lorsqu'ils étaient considérés intéressants et pertinents. Comme il appert des citations suivantes, ce ne sont pas toutes les femmes qui partageaient le point de vue que ces activités étaient utiles. Il est intéressant de noter, toutefois, que l'auteure de la dernière citation a précisé que si le programme était quelque chose qui l'intéressait elle, par exemple le travail du bois, il serait bénéfique pour accroître son estime de soi.

    L'art thérapie... n'importe qui pouvait y participer... Je pensais vraiment que ça n'avait vraiment rien à voir avec moi - parce qu'on est censé exprimé ses sentiments au moyen de l'art - et je ne pensais pas vraiment que cela s'appliquait à moi. (Pam)

    Et puis, ils offrent ces petits cours bêtes comme, vous savez, le tricotage et la céramique et d'autres cours comme cela - eh bien, pour ma part, je crois qu'ils n'aideront personne à se réinsérer dans la communauté - apprendre comment faire un cendrier, vous savez? (Chris)

  • Presque toutes les femmes (n=12, 86 p. 100) avaient participé à des programmes d'emploi pendant leur incarcération dans un établissement à sécurité élevée. Les tâches de travail sont conçues pour aider les femmes à apprendre de nouvelles habiletés de travail et prendre de bonnes habitudes de travail en plus d'offrir les avantages supplémentaires de donner aux femmes un salaire en établissement et de les garder actives. Pour les femmes du segment PG, un emploi assez continu faisait partie de leur plan correctionnel tandis que l'emploi pour les femmes PBS avait plus tendance à se produire sporadiquement, selon leurs désirs. Les principales tâches de travail concernaient le nettoyage et le ménage, bien que certaines des femmes aient été employées à faire l'entretien de la cour et à travailler à la bibliothèque. Les femmes du segment PG considèrent que leurs activités d'emploi sont importantes, mais ont signalé qu'elles aimeraient des tâches plus variées.

    Mon emploi [travail dans la cour] - j'adore mon travail. Parce que j'ai l'impression d'être traitée comme [une personne] normale - comme si j'étais dans la société - comme si j'avais mon propre emploi. Je paie pour mes propres choses - et je me sens alors comme [quelqu'un] - au lieu d'être simplement une autre assistée sociale. (Susan)

    ...ils m'ont donné un emploi dans la cour et j'ai adoré faire ce travail. Nous avions l'habitude de nettoyer la cour tous les jours, sept jours par semaine...[ici je] nettoie, nettoie le gymnase, nettoie la roulotte... Si je n'avais pas changé mon attitude, je n'aurais pas toutes ces tâches...Ce que j'aime vraiment faire, c'est de nettoyer - [j'aimerais] un autre endroit à nettoyer - quelque chose à faire... Pour me faire sortir plus souvent de cette unité. (Nicki)

    L'emploi est réellement important parce que beaucoup d'emplois que nous avons ici sont comme des tâches de nettoyage, ce qui ne fait pas grand chose pour l'intelligence. Je veux dire, vous savez, balayer et laver les planchers et des choses du genre, c'est bien et tout, mais ça ne nous avancera pas vraiment à rien... parce que je veux dire, vous savez, c'est bien de nettoyer et des choses du genre, mais presque tout le monde sait comment le faire. Nous avons besoin de quelque chose qui représente un meilleur défi. (Alison)

 

7.5 Psychologie et services de counseling

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      Eh bien, j'ai besoin d'un psychiatre ou d'une autre personne du genre qui me parlerait avec profondeur. Pas simplement quelqu'un pour dire «oh, ça ne va pas aujourd'hui, oh ma pauvre, ceci et cela». J'ai besoin d'aide pour beaucoup de choses qui se passent en moi. Et je n'ai pas l'impression - je n'obtiens pas cette aide. Et, lorsque vous êtes en prison - je pensais qu'ils étaient censés plus ou moins vous préparer à vous réinsérer dans la communauté. Eh bien, je me réinsère dans la communauté encore avec ces sentiments en moi. Je ne parle pas d'alcool ni de drogue ni de choses comme cela - cela n'a rien à voir avec cela - je parle de sentiments à l'intérieur, auxquels je ne peux faire face - il n'y a personne ici à qui parler. Voilà une grosse préoccupation pour moi - parce que, vous savez, j'ai peur. (Chris)

De la thérapie individuelle est offerte dans tous les établissements pour femmes, y compris les unités à sécurité élevée, afin de traiter des problèmes de santé mentale et pour accroître l'auto-efficacité. La fréquence des séances et la durée du traitement sont déterminées par le psychologue et la détenue. Traiter des problèmes de santé mentale sous-jacents ou de la psychopathologie caractérologique qui contribue aux facteurs criminogènes peut aider une femme à s'engager dans un style de vie plus pro social. De même, le personnel psychologique aide à la mise en _uvre de divers programmes de groupe qui traitent des questions liées à la santé mentale.

La majorité de cette population a considéré les services de psychologie et de counseling comme importants pour elle. Rappelons qu'à la section 6.3, les six femmes du segment PG estimaient qu'un plus grand accès aux services psychologiques ou psychiatriques était un moyen de les aider à comprendre et gérer les raisons pour lesquelles elles étaient classées à sécurité élevée. Dans les deux segments de population, la plupart des femmes ont indiqué qu'elles avaient besoin sur le besoin d'avoir plus de services psychologiques, psychiatriques et de counseling. La question ici ne concerne pas la qualité des services actuellement offerts, mais plutôt le besoin d'un plus grand accès aux services.

Segment de la population générale
  • Chacune des femmes du segment PG croyait avoir besoin de services psychologiques, ou d'une certaine forme de counseling afin de résoudre ses problèmes.

      Cela [la psychologie] aide, aide sûrement, absolument... Je n'ai pas toujours eu cette attitude. C'était toujours l'inverse pour moi - c'était comme la psychologie sur mon dos, vous savez. Mais maintenant que j'ai en quelque sorte - que les choses commencent à changer pour moi, je pense qu'il est très important pour moi de résoudre mes problèmes. Comme l'abus; eh bien, et je pense que j'ai besoin d'aide en ce qui concerne l'impulsivité. Comment ne pas être si impulsive. Vous savez, c'est comme - fais-le et penses-y ensuite. Je suis très impulsive, je réagis... Souvent, il n'y a aucune colère - c'est impulsif. C'est comme si cela a quelque chose à voir avec le processus de réflexion. Vous avez une pensée et vous agissez sans même y penser. (Kerry)

  • De même, les femmes ont signalé que la psychologie les avait aidées à traiter de leurs problèmes émotionnels et personnels, avait amélioré leur conscience de soi en plus de les avoir sensibilisées à leurs stratégies d'adaptation.

      Eh bien, mes sentiments relatifs à la psychologie, vous savez - elle n'a jamais opéré de miracles, ne m'a jamais guérie ou rendue ou meilleure ou quoi que ce soit. Mais cela m'a fait comprendre, m'a fait comprendre mes habitudes, m'a fait comprendre certaines des raisons pour lesquelles je fais ce que je fais, m'a fait comprendre pourquoi je suis impulsive et au sujet de l'abus... elle m'a beaucoup aidée. Elle m'a aidée à mieux me comprendre moi-même, vous savez. Comprendre les cycles, vous savez, comme pourquoi vous vous tailladez ou pourquoi vous réagissez de telle ou telle façon, vous savez, quelles sont vos habitudes. (Kerry)

      Eh bien, mon ancienne psychologue m'a aidée à traverser beaucoup... elle était très bonne - elle m'a aidée à comprendre mon trouble de l'alimentation - elle m'a aidée pour beaucoup. Et, aussi, les rétroactions, elle m'a aidée pour cela. (Melissa)

  • Un plus grand accès aux services de psychologie a été jugé comme étant nécessaire par les femmes, surtout pour examiner plus en profondeur les questions de santé mentale. En particulier, les femmes ont suggéré des séances de counseling hebdomadaires.

    Mais, il y a une grosse lacune, je pense... parce qu'il manque réellement de personnel. Et, pour les détenues dites «à sécurité maximale», c'est dur, même lorsque vous voulez vous aider vous-même et parler à un psychologue et essayer de faire face aux problèmes et croire que vous êtes prête à le faire et à en parler, c'est dur parce qu'il manque beaucoup de personnel... Ce que je veux dire, c'est qu'ils n'ont pas les ressources humaines pour vraiment offrir du counseling et réellement faire face aux problèmes. Souvent, ils ne peuvent vous intégrer à l'horaire pour vraiment résoudre les problèmes. (Kerry)

    ... J'ai besoin de plus. Pas comme ici où je vois le psychologue une fois par semaine pendant quinze minutes. (Tanya)

    Je pense encore que le psychologue devrait avoir plus de temps pour vous. Il n'y a pas suffisamment de temps... J'aimerais le voir au moins une fois par semaine. (Melissa)

  • Une femme a fait le commentaire que peu importe les ressources limitées pour les séances de counseling hebdomadaires, on pouvait compter sur le service de psychologie en temps de crise.

    La psychologie est très, très limitée, vous savez, croyez-moi, je le sais. Je veux dire, si nous nous tailladons, par exemple - situation de crise - on peut habituellement les voir. Ils sont tous là autour de vous à ce moment-là. Mais, si tout va bien - si c'est seulement pour travailler à vos problèmes - comme les questions d'abus, d'abus de drogue, ou autre chose comme cela - comme le counseling une fois par semaine, cela ne se produit pas. (Kerry)

  • Les femmes du segment PG ont soulevé diverses autres questions relatives à la psychologie et au counseling. Une femme a parlé de l'importance d'offrir aux détenues un choix en ce qui concerne les conseillers.

    Peut-être que quelqu'un ne se sent pas assez à l'aise pour s'asseoir et parler à un psychologue. Peut-être qu'il préférerait parler aux représentants du YMCA qui viennent ici, ou à un conseiller, ou quelque chose du genre. Ils doivent s'assurer que lorsqu'ils parlent aux filles ils leur expliquent clairement qu'elles ont le choix. Si vous aviez le choix au sujet de la personne que vous voulez voir et comment vous voulez traiter de vos problèmes, qu'on vous donne ce choix - parce que je crois qu'elles n'auront pas le c_ur à cela - et ainsi elles ne seront pas honnêtes envers elles-mêmes ou vis-à-vis de ce qu'elles tentent de faire si elles n'ont aucun choix. (Alison)

Une autre femme a dit se soucier de la confidentialité de la thérapie et des répercussions possibles de son honnêteté et de la communication de renseignements très personnels au psychologue, surtout si ceux-ci ont une incidence défavorable sur les besoins criminogènes.

    Le gros problème relatif à la psychologie est - j'ai constaté que j'hésitais à être honnête en raison des conséquences que je risquerais de subir. Parce que, je veux dire, ils peuvent mettre tout sur papier et cela, je veux dire, comme si vous êtes - comme lorsque vous avez des pensées de violence et autres du genre - nous essayons de sortir de prison. Surtout lorsque vous êtes en [isolement] et autre, vous savez, et ils doivent faire une évaluation psychologique pour vous permettre d'en sortir - comme, je me suis rendu compte qu'il fallait leur dire... Par exemple, ce que je faisais avec le psychologue était - vous savez, si je devais le voir pour une évaluation ou les voir pour ceci ou pour cela - alors, je leur disais ce que je pensais qu'il voulait entendre pour obtenir un bon rapport. Et cela n'est pas la façon dont il faut utiliser la psychologie, parce qu'elle n'aide personne. C'est comme - comment être honnête avec quelqu'un afin d'obtenir de l'aide si j'ai peur des répercussions de mon honnêteté?... La psychologie, c'est bien - ça peut réellement vous aider - mais on dit les mauvaises choses au psychologue et il peut vraiment vous foutre dans la merde. Oui, j'en ai eu l'expérience avec deux ou trois psychologues. (Kerry)

Deux femmes ont soulevé des préoccupations concernant ce qu'elles considéraient être la tendance de la psychiatrie à «étiqueter» et «ravitailler en pilules». Ces deux femmes ont estimé qu'une telle pratique faisait réellement obstacle à la compréhension et la résolution des problèmes réels.

    Nous n'avons qu'une seule psychiatre... et elle vient et prescrit des pilules. Eh bien, les pilules n'aident pas tout le monde - j'ai pris du Prozac, du Tégrétol et du Lithium et tout le reste mais rien ne m'a aidée parce qu'elle ne se rend pas à la source... Vous savez, les pilules ne me font aucun bien - j'ai besoin de quelqu'un à qui parler sérieusement. Parce que c'est comme cela que les gens se suicident - si vous le faites, vous appelez quelqu'un à l'aide. Eh bien, j'ai besoin d'aide, écoutez-moi, «eh bien, voici des pilules» - eh bien, vous savez, c'est de la merde. (Chris)

    Je pense que la plupart de mes problèmes viennent de choses émotionnelles - la plupart d'entre elles - au lieu de psychiatriques. Je crois qu'on m'a mal diagnostiquée quelques fois... Je pense que les professionnels ne devraient pas vous étiqueter si rapidement - pourquoi faut-il mettre une étiquette à tout? Pourquoi dois-je être maniaco-dépressive? Alors, j'étais hyperactive toute la semaine dernière et cette semaine je suis toute déprimée. Qui s'en soucie? On peut gérer le problème... Mais tous ces diagnostics et tout le reste, des médicaments. Oh, elle est maniaco-dépressive - nous lui donnerons du Lithium. Elle est déprimée - nous lui donnerons du Prozac. Elle est hyperactive, nous lui donnerons du Nozenan. Elle est impulsive - nous lui donnerons du Tégrétol. Nous lui donnerons du chloroforme. J'ai pris de l'Elavil, du Tégrétol, du Nozenan, du Lithium, du Prozac. (Kerry)

Segment de la population ayant des besoins spéciaux
  • En général, bien que les femmes du segment PBS aient reconnu l'importance de la psychologie et du counseling, les. En fait, tel que signalé distinctions entre les genres d'aide en matière de counseling offerts par le personnel des services de psychologie et tout autre membre du personnel étaient souvent très floues. Le counseling était manifestement considéré par les femmes du segment PBS comme la responsabilité des divers membres du personnel et, en particulier, celle des agents de correctionailleurs dans ce document, les femmes du segment PBS croyaient vivement que les agents de correction devraient être conscients des besoins en matière de santé mentale des détenues et être capables d'y faire face.

 

7.6 Suggestions des femmes concernant les programmes

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Tout au long du processus d'entrevue, les femmes ont fait part d'idées et de suggestions concernant les programmes de base et les programmes divers, actuels et éventuels.

Suggestions générales pour améliorer les programmes de base

En plus des suggestions visant à améliorer les programmes de base déjà notées dans la section 7.3, on a proposé ce qui suit :

  • que les programmes offerts englobent un type d'analyse des besoins particuliers du groupe et que la pertinence du programme pour les besoins criminogènes des femmes soit précisée individuellement.

    Le directeur de programme, peu importe qui il est, le coordonnateur - devraient parler aux détenues plus au sujet de ce dont elles ont réellement besoin - quelque chose d'utile - pas quelque chose qu'elles connaissent déjà... oui, si c'était expliqué - pourquoi ce serait utile en ce qui concerne le crime commis et la récidive. (Pam)

  • que les programmes de traitement de la toxicomanie soient offerts continuellement. Plus précisément, que les femmes aient la possibilité de participer à un programme quelconque de lutte contre la toxicomanie juste avant la date de leur mise en liberté.
  • que la forme du programme offre aux femmes diverses façons de s'intéresser au contenu.

    Je pense qu'avec l'apprentissage cognitif des compétences - je pense que c'est comme cela qu'ils abordent le programme - comme, j'ai remarqué qu'il y avait beaucoup de documentation - ce qui est bien - c'est bien d'avoir de la documentation - mais je pense que beaucoup de jeux de rôle, c'est beaucoup mieux - pour une interaction réelle... En réalité, on pourrait appliquer cette idée-là à la plupart des programmes. (Alison)

  • que les questions concernant la dynamique de groupe soient examinées avec ardeur afin de ne pas déranger ceux qui veulent participer sérieusement. En particulier, les attentes relatives à la confidentialité doivent être clairement définies et on doit s'occuper des violations.

    ...peut-être ne suis-je pas à l'aise avec les participantes du groupe, peut-être ne sont-elles pas à l'aise avec moi. Si nous ne pouvons être réellement honnêtes lorsque nous parlons dans le cadre de ces séances - ces séances de counseling - elles ne feront réellement aucun bien à qui que ce soit. Je réussis bien dans le cadre de séances individuelles, j'ai vraiment du succès. Et, je fais bien aussi dans les groupes, mais seulement dans la mesure où je me sens à l'aise avec les participantes et la confidentialité. Parce que regardons les choses en face, les gens ne sont pas tous sérieux lorsqu'il s'agit de faire face à leur dépendance. Ils le font pour le programme, en raison du fait qu'ils doivent sortir, puis lorsqu'ils sortent, ils reviennent immédiatement. Mais si vous êtes réellement sérieux et quelqu'un se moque dans le coin de ce que vous dites - cela aura une grande incidence sur ce qui se passe. Alors, je pense qu'ils doivent réellement s'assurer que dans toute séance de groupe - tous les gens qui s'y trouvent soient très à l'aise - et que s'ils constatent qu'on ne respecte pas la confidentialité - cette personne ne sera plus admise dans le groupe, ou quelque chose comme cela. (Alison)

Suggestions de nouveaux programmes

Chaque femme avait au moins une suggestion de nouveaux programmes non actuellement offerts au sein de établissement où elle se trouvait. Encore une fois, il y avait encore des différences marquées entre les femmes des segments PG et PBS concernant l'étendue et la nature des programmes supplémentaires.

Segment de la population générale
  • En grande partie, les programmes que les femmes du segment PG ont suggéré se rattachaient à leurs besoins criminogènes, à leur santé mentale générale et aux sources particulières de détresse émotionnelle. Les suggestions communes englobaient des programmes afin d'améliorer l'estime de soi, traiter des problèmes d'abus, traiter des blessures infligées volontairement, améliorer les aptitudes en communication et les compétences sociales.

    Par exemple, les femmes violées et maltraitées et autre chose du même genre - ils n'ont personne qui peut parler à ces femmes - aucun programme - ils disent [par exemple] «nous avons ces programmes de traitement pour les alcooliques et les toxicomanes » - bon, d'accord - mais les choses vont plus loin que cela, vous savez. (Chris)

    J'aimerais voir un groupe pour les femmes maltraitées - je pense que c'est important - et cela fait partie de mon plan de traitement correctionnel. (Pam)

    J'aimerais voir plus de programmes qui traitent de certaines questions de violence... et savez-vous ? La plupart des femmes qui sont en prison ont été maltraitées. (Tanya)

    L'estime de soi - je crois que c'est très important. Il devrait y avoir beaucoup de programmes sur l'estime de soi. Parce que lorsqu'une personne n'a aucune estime de soi - vous savez, elle se taillade - elle n'a pas beaucoup avec quoi travailler, vous savez. (Kerry)

    Je pense qu'ils devraient avoir un programme pour les gens qui se blessent volontairement. Parce qu'il n'y a rien. Vous le faites, ils vous soignent, et c'est tout. Un psychologue peut venir vous parler pendant quelques minutes, mais les sentiments sont toujours là. (Tanya)

    L'interaction, je crois - avec les autres personnes - parce qu'il y a beaucoup de gens qui ne savent pas vraiment comment s'entendre avec les autres - alors, vous savez, quelque chose du genre serait très utile. (Chris)

  • De plus, les femmes ont fait des suggestions pour la maîtrise du stress ou les programmes de relaxation, les cours d'affirmation de soi et les programmes pour améliorer les habiletés de travail (p. ex. la formation en informatique).

    Gérer mon argent - parce que j'ai beaucoup de mal à le faire. L'établissement d'un budget, absolument, oui, parce que je me rends compte que j'ai beaucoup de difficultés à faire un budget... et c'est à ce moment là que je me crée des ennuis. (Chris)

    La maîtrise du stress - il n'y a aucune maîtrise du stress. (Melissa)

    Nous n'avons rien en ce qui concerne les métiers ou autre - par exemple, je sais que les hommes ont beaucoup d'occasions d'apprendre la mécanique automobile et l'électricité et autres choses du genre - et nous n'avons pas vraiment cela - alors peut-être une formation en informatique, je pense, serait vraiment importante... nous avons besoin de quelque chose qui présente un meilleur défi. (Alison)

  • Trois femmes ont pensé qu'un programme de soutien par les pairs serait bénéfique tant pour les femmes offrant l'appui que pour celles qui y ferait appel.

    Je pense que le soutien des pairs serait excellent - par exemple, pour les détenues qui ne souhaitent pas parler à un psychologue - ou ne veulent pas parler à un gardien -elles pourraient avoir une personne formée - une détenue formée - en psychologie - pour traiter des principaux problèmes, comme se taillader, éprouver du stress et vous savez, avoir tendance à vouloir se suicider. (Alison)

  • Deux femmes ont aussi fait des commentaires sur l'importance d'avoir certains programmes offerts qui sont mis en _uvre indépendamment du SCC.

    Mais je pense qu'il est important d'avoir plus de programmes qui ne sont pas mis en _uvre par des employés du SCC... un grand nombre des programmes étaient présentés par des personnes qui avaient des liens directs avec le SCC - ils rendaient compte au SCC. Et, ils font un rapport sur le résultat de votre programme - qui va directement à la gestion des cas. Moi, j'ai aimé participer aux programmes comme le programme de solutions de rechange à la violence - parce qu'il n'avait rien à voir avec le SCC - vous savez, vous y êtes allés pour vous-mêmes. (Kerry)

Segment de la population ayant des besoins spéciaux
  • Chaque femme du segment PBS a suggéré de nouveaux programmes qui concernaient des activités de loisirs, telles que divers sports et autres activités physiques, et l'artisanat.
  • Les suggestions supplémentaires englobent : un programme pour aider les détenues à cesser de fumer (Kim), un programme pour aider les femmes à traiter avec les détenues avec lesquelles je ne m'entends pas (Nicki), ou des conflits avec d'autres détenues, et des cours sur l'estime de soi (Tina).