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Programmes pour les délinquantes

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Détenues sous responsabilité fédérale - Projet d'entrevue de détenues dites à sécurité maximale : faire du temps sans se laisser faire par le temps

Installations

8.1 Climat et culture de l'établissement
8.2 Milieu physique et hébergement
8.3 Surveillance
8.4 Relations interpersonnelles entre les détenues et le personnel
8.5 Incarcération plus près du domicile
8.6 Approche multidisciplinaire à la santé mentale
8.7 Mise en liberté dans la communauté

    [Si je n'avais pas été transférée] je pense qu'on m'aurait enfermée [détenue]. C'était un nouveau départ pour moi. On m'a donné la chance de recommencer à zéro. J'aurais probablement écopé d'autres chefs d'accusation et au bout de deux ou trois ans, on m'aurait probablement étiquetée comme délinquante dangereuse ou quelque chose comme cela, vous savez. J'étais dans cette voie. Je n'allais réellement nulle part. (Kerry)

Les femmes ont signalé divers facteurs d'ordre institutionnel, structurel et organisationnel comme importants pour elles en ce qui concerne la manière dont elles purgeaient leur peine et s'adaptaient à leur incarcération. De plus, ces facteurs ont eu une grande répercussion sur leur capacité et leur volonté de traiter de leurs besoins. Ces facteurs englobaient le climat et la culture de l'établissement, le milieu physique et l'hébergement, la surveillance et les relations entre les détenues et le personnel. Ces facteurs sont complexes et interreliés. Il est difficile, sinon impossible, de considérer ces facteurs indépendamment les uns des autres. Si on considère l'abus de drogue dans l'établissement, par exemple, la consommation de drogue fait partie du milieu et de la culture de l'établissement tandis que l'accès à la drogue est influencé par le milieu physique, l'hébergement et la surveillance, et l'aide pour lutter contre la toxicomanie est influencée par les relations entre les détenues et les membres du personnel.

Dans ce rapport, ces facteurs d'ordre institutionnel, structurel et organisationnel ont été séparés pour fin de description; il faut souligner, toutefois, que la force de ces facteurs importants réside dans leurs rapports les uns avec les autres.

 

8.1 Climat et culture de l'établissement

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Naturellement, le milieu carcéral dans lequel les femmes se trouvent a des répercussions diverses sur elles - dont les effets associés au milieu physique, (examinés séparément dans la sous-section 8.2) à la surveillance et au personnel (examinées dans les sections 8.3 et 8.4).

Un certain nombre de considérations en matière de climat et de culture de l'établissement ont été soulevées tout au long de rapport. En particulier, l'influence d'un milieu positif et constructif a été signalée en ce qui concerne le changement des attitudes et des comportements négatifs. En plus de ces considérations, les femmes ont mentionné que le «code des détenues» et les conflits avec les autres détenues avaient comme effet d'empirer leur comportement.

Les femmes du segment PG étaient plus à même de soulever des points particuliers concernant le thème du climat et de la culture de l'établissement que les femmes du segment PBS. Cinq des six femmes du segment PG (83 p. 100) ont dit que le milieu carcéral empirait leur comportement.

    ... je sais que pour moi, je sais comment j'étais avant d'aller en prison et puis je sais le genre de choses que je faisais pendant que j'étais en prison, en ce qui concerne la violence - et je pense que je suis simplement devenue un produit de mon milieu. Je le crois vraiment. Et la raison pour laquelle je dis cela est que lorsque j'étais dans la communauté, je n'étais jamais violente comme j'ai dû l'être à la Prison des femmes... et même la drogue. Je n'étais pas un ange lorsque j'étais dans la communauté, je prenais de la drogue et j'avais des dépendances. Mais lorsque j'étais à la Prison des femmes, j'ai pris de la drogue que je n'avais jamais vue dans la communauté. (Kerry)

    ... chaque année que j'ai passée en prison, je me suis empirée de plus en plus. Mon attitude n'était pas aussi mauvaise lorsque je suis arrivée que six ou sept mois plus tard. D'autre part, je crois que cela dépend de la personne, de la personnalité. (Alison)

    Je me suis sentie attirée, comme une suiveuse, et j'ai fait ce que les autres s'attendaient que je fasse - lorsque j'y pense maintenant, je ne peux pas croire que c'est arrivé - parce que je ne suis pas vraiment du genre à faire tout ce que les autres font. (Pam)

L'influence de la cohésion du groupe de détenues et la pression vers l'uniformité, surtout dans le segment PG, sont fortes.

    Je pense qu'on aurait une certaine attitude envers une personne qui ne voulait pas vous savez, ne voulait plus en faire partie Oui, oui. On dirait, par exemple, qu'est-ce qui te fait penser que tu es, vous savez, meilleure que nous?... c'est un groupe très uni, vous savez... (Kerry)

Certainement, la cohésion du groupe produit un climat qui soutient la polarisation entre les détenues et le personnel. Par exemple, les femmes en ont identifié la manifestation dans l'acceptation de la tendance à maintenir le «code des détenues».

    Même lorsque je suis arrivée ici [transférée], vous savez, j'avais de la difficulté à m'adapter - vous savez, parce que, c'est comme... lorsque je suis descendue ici, il m'a été difficile de cesser d'adhérer au code des détenues - c'est encore le cas, c'est encore le cas... et ils considèrent cela antisocial - vous savez, vous êtes censée être pro sociale. Ils jugent ces choses comme étant des comportements antisociaux et des attitudes antisociales. (Kerry)

    ... c'est enfoncé dans votre tête pendant que vous êtes en prison... vous savez, le code - que vous n'êtes pas censée parler aux gardiens, vous êtes censée ne rien faire. (Alison)

    J'ai l'impression qu'un grand nombre de ces femmes sont des mouchardes - ce n'est peut-être pas à moi de juger - parce qu'un grand nombre d'entre elles se débrouillent très bien - mais le fait qu'elles sont des mouchardes m'incite à mal agir - peut-être qu'elles ne connaissent rien de mieux... C'est comme ça que je me sens une bonne partie du temps. (Tanya)

Dans la section 6, les femmes elles-mêmes ont vu ce changement de mentalité comme une partie intégrante d'un cycle positif global d'adaptation et de changement. Les femmes ont donné des exemples de ce changement d'origine tant interne qu'externe (p. ex. une approche de l'établissement à la tolérance zéro de la dynamique du «code des détenues»).

    C'est un choix - c'est un choix qu'on fait. Les gens deviennent méfiants - pourquoi parle-t-elle au gardien - parce que j'étais comme cela... mais j'en suis venue à me rendre compte que cela n'était pas ce qui était important. (Alison)

    J'avais des problèmes ici. Une fille en particulier - je ne dirai pas son nom. Elle était en isolement protecteur à la Prison des femmes... ce fut un choc pour moi de descendre ici et de me trouver en compagnie de personnes avec lesquelles je ne serais habituellement pas- ou que je ne fréquenterais pas. Et je l'ai affrontée un jour. Et, ils m'ont mis en isolement - et ils ont dit non, tu ne vas pas utiliser le code des détenues ici et nous ne tolérons pas cela ici. Et je n'ai jamais même agressé cette femme - je l'ai simplement affrontée - et j'ai été mise en isolement... Et ils vous gardent en isolement pendant longtemps ici... Me faire rédiger ce gros plan pour sortir - comme si j'étais un cas psychiatrique ou autre chose du genre. (Kerry)

(Une discussion plus poussée sur les avantages que les femmes ont identifiés au sujet de la décomposition des habitudes de communication et des attitudes personnel-détenues qui sèment la discorde et sont arbitraires se trouve plus loin, dans la section 8.4).

La principale préoccupation des femmes du segment PBS au sujet du climat et de la culture de l'établissement concernait l'incompatibilité avec les autres détenues.

    Ils peuvent me mettre en colère et me rendre suicidaire - jusqu'à ce que, si je le deviens, je pourrais probablement finir par battre quelqu'un un de ces jours... aussi lorsqu'elles se menacent l'une l'autre et commencent à faire beaucoup de bruit et autre chose du genre - cela me dérange vraiment. J'ai envie de me débarrasser de celles qui sont mauvaises - oui, les terrasser. (Tina)

    Les autres femmes - elles me vexent Elles sont plus intelligentes que moi. Elles aiment me harceler pour que je me vexe et fasse des choses stupides... je me sens bien mieux lorsque personne ne me contrarie. (Clara)

 

8.2 Milieu physique et hébergement

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L'unité des femmes à l'établissement de Springhill et la Prison des femmes offrent un hébergement sûr aux détenues dites «à sécurité maximale». La structure physique de ces établissements est brièvement décrite ci-dessous :

Unité de Springhill. L'unité des femmes à l'établissement de Springhill est très petite. Il y a un corridor de cellules d'un côté de l'unité; du côté opposé se trouvent l'évaluation initiale et les cellules d'isolement. Dans l'espace au milieu, il y a la buanderie, des toilettes et des douches et une salle commune avec une petite cuisine (à laquelle ont accès les détenues des cellules de la population générale et des cellules de l'évaluation initiale). Le bureau et le poste du personnel est situé entre le corridor de cellules d'un côté et les cellules d'évaluation initiale et d'isolement de l'autre côté et compte des miroirs d'observation pleine hauteur qui donnent sur la salle commune. Bien que la structure physique prévoit une séparation physique avec portes verrouillées entre les détenues (par l'intermédiaire des divers secteurs de cellules), le bruit peut clairement être entendu d'un bout à l'autre de l'unité.

Prison des femmes. La structure physique de la Prison des femmes est vieille et restrictive; il y a de nombreux corridors étroits, des escaliers abrupts et des barrières verrouillées. Le bâtiment a de nombreuses caractéristiques d'une prison à sécurité élevée dont celle d'être entourée d'un gros mur de ciment. Les unités résidentielles des détenues qui résident toujours à la Prison des femmes sont contenues dans une série de cellules à barreaux appelée la rangée A (principalement utilisée pour les détenues dites «à sécurité moyenne et élevée» de la population générale) et l'unité de besoins spéciaux (encore, divers profils de sécurité). Bien que les deux aires se composent de cellules à deux niveaux, le deuxième étage de la rangée A n'est pas utilisé. Au moment des entrevues, des travaux de construction étaient en cours afin de modifier la rangée B dans l'intention d'y loger les détenues de l'unité de besoins spéciaux qui ont un niveau de fonctionnement plus élevé, tout en maintenant la séparation physique entre ces détenues et la population générale. Une nouvelle unité d'isolement de sept cellules a été construite dans le sous-sol de la prison.

De toute évidence, le milieu physique dans lequel les femmes vivent peut avoir des effets variés. Bien qu'elles aient reconnu que le milieu physique pourrait avoir de nombreuses répercussions sur la réalité des femmes incarcérées, les femmes ont parlé des questions d'espace, de mouvement, de silence thérapeutique et d'incompatibilités avec les autres détenues. Encore une fois, bien qu'on ait séparé ces éléments ci-dessous, comme on peut le constater par les citations qui les accompagnent, ces questions se chevauchent et les rapports entre elles créent souvent une tension dynamique négative. Il est aussi important de se rappeler que malgré de sérieuses limites imposées par les milieux physiques, un grand nombre de femmes des deux installations ont signalé de nombreuses façons dont le milieu avait eu une incidence positive sur elles.

Installations

Toutes les femmes interviewées à l'établissement de Springhill ont fait observer que l'unité était trop petite, l'espace manquait de variété et les mouvements étaient restreints. Aussi, plusieurs femmes ont mentionné être désolées que les hommes aient aussi à subir des restrictions de mouvement en raison de leur présence dans l'établissement9.

    L'unité est trop petite. Si vous avez un problème avec quelqu'un, il n'y a nulle part où aller pour vous en éloigner. On a besoin de plus d'espace... pas de plus de détenues, plus d'espace. Nous avons seulement notre cellule et l'aire commune. Voilà les deux endroits où nous pouvons aller - pas de grosse décision. (Kerry)

    Je pense que l'agencement actuel ne vaut rien. Eh bien, d'une part, lorsque vous entrez par la porte principale - vous arrivez juste devant les cellules... ça devrait être séparé... afin qu'il n'y ait pas des gens qui entrent et sortent par le corridor principal... une cuisine, où les femmes peuvent elles-mêmes faire leur propre repas - ça serait bien. Et, c'est vraiment trop petit - c'est vachement trop petit. Tout le monde se trouve toujours collé l'un sur l'autre, vous savez. On ne peut s'éloigner de personne. Voilà pourquoi je ferme mon rideau et je verrouille ma porte... j'ai vraiment besoin d'être seule pendant un bout de temps. (Tanya)

L'endroit est tellement petit - l'unité est tellement petite - nous sommes tellement restreintes dans ce qu'on nous permet de faire...et je ne dis pas que ce n'est pas mauvais pour les hommes aussi, parce que ce l'est - parce que souvent ils doivent être enfermés lorsque nous nous rendons à divers endroits. C'est très malcommode, voilà ce que c'est...Je pense que si nous avions plus accès à l'établissement, ce serait fantastique... mais je pense que je cherche les miracles ici, parce que c'est un établissement pour hommes. Mais on nous permet d'aller au gymnase cinq fois par semaine. Nous pouvons aller à la bibliothèque - c'est dans une autre partie du bâtiment... c'est un processus lent. (Alison)

Dans cet endroit, nous ne pouvons bouger sans que les gars soient enfermés dans leurs cellules - nous ne voulons pas que les gars se fassent enfermer tous les jours... nous essayons tout simplement de faire de notre mieux. (Nicki)

Malgré les difficultés imposées par le milieu physique de l'unité de l'établissement de Springhill, un grand nombre des femmes ont fait des commentaires sur les façons dont le milieu a eu des répercussions positives sur elles. La séparation des exigences et la mentalité de «pensée de groupe» d'une plus grande population de délinquantes, tout particulièrement de celles qui ont passé du temps à la Prison des femmes au début des années 1990 et avant, ont été considérées comme utiles pour établir une certaine perspective concernant l'adhésion stricte au «code des détenues». Aussi, comme il sera discuté dans les sections 8.3 et 8.4, la structure physique a mené au résultat connexe d'une présence visible et constante du personnel dans l'unité. Ceci a signifié la capacité de limiter la présence et l'utilisation de drogues, de limiter l'expression de comportements négatifs et a offert des occasions de meilleures relations entre les détenues et le personnel, éléments qui ont tous contribué à réduire l'adhésion stricte au «code des détenues».

En ce qui concerne les détenues à la Prison des femmes, les commentaires des femmes des segments PG et PBS étaient étonnamment favorables, bien qu'elles aient mentionné l'aspect morne, l'âge et le mauvais état de l'établissement. Les femmes du segment PBS ont plutôt fait des commentaires sur le fait qu'on répondait à leurs besoins de base et que le milieu physique leur donnait un sentiment de sécurité (les quatre dernières citations proviennent des femmes du segment PBS).

Je ne sais pas - je pense que c'est parce que c'est une prison à sécurité élevée, elle doit être - mieux fermée et - je ne vois vraiment aucun problème à ce sujet... Les cellules sont un peu petites. Je ne peux vraiment penser à rien d'autre. Je ne pense pas que cela devrait être très différent de la sécurité moyenne - à moins que ce ne soit vraiment nécessaire. (Pam)

Ça m'est égal d'être ici. (Melissa)

Ici? Ce n'est pas vraiment si mauvais - ça pourrait être pire. (Clara)

L'immeuble est vieux - mais j'aime ça - j'aime que le soir on m'enferme toute seule, vous savez... j'aime ça parce que personne ne peut m'attaquer la nuit. (Susan)

Ça m'est égal. J'ai un lit, des draps, des draps propres, des vêtements propres. De quoi manger. (Denise)

Hébergement des détenues dites «à sécurité maximale» dans les établissements régionaux

Il n'est pas étonnant que, pendant la discussion sur l'établissement où elles résidaient actuellement, on ait soulevé la question de la possibilité que des détenues dites «à sécurité maximale» puissent être hébergées dans des établissements régionaux. À cet égard, deux thèmes se sont dégagés des entrevues :

    1. la plupart des femmes ont exprimé l'opinion que les détenues dites «à sécurité maximale» devraient être hébergées à un endroit différent de leurs homologues dites «à sécurité moyenne et minimale» (n=12, 86 p. 100);

    2. moins d'un quart des femmes interviewées (n=3, 2 PG, 1 PBS, 21 p. 100) ont suggéré que des dispositions soient prises afin d'héberger les détenues dites «à sécurité maximale» dans des établissements régionaux (malgré que des dispositions soient prises pour que les détenues dites «à sécurité maximale» soient hébergées séparément).

Deux des femmes interviewées ont aussi suggéré que, même si les détenues dites «à sécurité maximale» sont hébergées ailleurs, un plus grand accès aux établissements régionaux soit offert. Ces thèmes ressortent des citations ci-dessous.

Je ne pense pas que les détenues dites «à sécurité moyenne et maximale» devraient être hébergées ensemble. (Tina)

Je pense que des endroits comme [établissement régional], s'ils avaient une maison pour les détenues dites «à sécurité maximale» - une fois qu'on y serait, il suffirait de se sortir de la maison - au lieu de se sortir d'un établissement pour hommes pour pouvoir aller dans un établissement à sécurité moyenne. Parce que vous êtes là, vous voyez de quels privilèges vous êtes privée lorsque vous êtes dans un établissement à sécurité maximale. C'est donc un encouragement d'être une détenue dite «à sécurité minimale ou moyenne». Vous êtes encouragée à faire mieux. Je pense que la même chose devrait s'appliquer aux détenues qui ont des besoins spéciaux, maintenant que j'y pense - s'il y avait une maison pour les détenues qui ont des besoins spéciaux - comme ces maisons réservées à la population générale ou autre, vous savez, cette maison est réservée aux détenues ayant des besoins spéciaux, cette maison est réservée aux détenues dites «à sécurité maximale» - et vous vous efforcez d'abaisser votre cote de sécurité maximale. Du mieux que vous faites, le plus de privilèges que vous obtenez jusqu'à ce que vous soyez transférée à une maison à sécurité moyenne. Je pense que ce serait approprié. (Kerry)

Comme le nouvel établissement et le reste des nouveaux établissements régionaux au Canada - ils ont été conçus pour les détenues dites «à sécurité maximale, moyenne et minimale» - mais lorsqu'il y a eu des problèmes dans l'ouest, ils ont dû arranger les choses quelque peu et les mettre ailleurs - je pense réellement qu'il devrait y avoir quelque chose d'organisé où nous pourrions aller [établissement régional] pour nos programmes - bien que nous soyions des détenues dites «à sécurité maximale» - nous pourrions y aller et avoir des rapports avec le reste des femmes, ce qui amorcerait le processus d'insertion même avant d'arriver à un tel endroit... Par exemple, monter dans une fourgonnette, se rendre à cet endroit et participer avec les autres femmes. (Alison)

Silence thérapeutique

L'importance d'avoir accès à un endroit où règne un silence thérapeutique, typiquement sous forme d'une cellule d'isolement, a été soulevée par un certain nombre de femmes des deux populations. Leurs raisons pour avoir accès à un tel endroit englobaient le désir de réfléchir, d'avoir un «temps de repos» de leurs occupations journalières et le besoin d'un lieu sûr lorsqu'elles se sentent accablées et sont un danger pour elles-mêmes.

Il n'y a pas assez d'espace en isolement si vous voulez avoir un peu de temps tranquille, vous savez. Si vous avez seulement besoin de deux ou trois jours à vous seule, vous savez, parce que pendant que vous êtes dans la population carcérale vous devez aller travailler. Vous devez faire ceci et vous devez faire cela, et si vous ne participez pas aux séances de groupe, ils ne cessent de vous demander «qu'est-ce qui ne va pas, qu'est-ce qui ne va pas?». Et parfois, ce n'est vraiment rien... vous voulez seulement un peu de silence. (Kerry)

On aurait peut-être besoin d'une autre pièce où aller... une pièce où on pourrait juste aller et peut-être rester seule et simplement avoir de l'espace pour soi. Parce que je pense que nous en avons toutes besoin. Je pense que d'être en présence des unes et des autres tout le temps accroît la tension.

Questions relatives à l'incompatibilité des populations

Dans l'ensemble de ce rapport, les différences entre les femmes hébergées dans la population générale et les femmes que l'on considérait comme ayant des «besoins spéciaux» sont devenues claires. Comme l'illustre la citation ci-dessous, dans diverses mesures, les femmes font elles-mêmes la distinction entre ces sous-populations.

Il y a beaucoup de genres différents - de toutes les classes sociales - il y a des personnes dans la population normale et il y en a qui sont très spéciales, avec des besoins spéciaux. On considère que j'ai des besoins spéciaux élevés, et mon amie... est jugée comme ayant des besoins spéciaux encore plus élevés que les miens. Et, aussi, il y a des personnes qui ont seulement de faibles besoins spéciaux. (Tina)

Cette différenciation des sous-populations a soulevé des préoccupations concernant l'hébergement et les interventions. En majeure partie, les femmes de chaque segment étaient d'accord avec la séparation physique en ce qui concerne l'hébergement et les programmes des sous-populations (au moins deux), exprimant souvent leur frustration relativement aux situations de proximité trop grande.

Il y a tellement un grand nombre de personnalités différentes - la population normale qu'on l'appelle - sont celles qui peuvent avoir des rapports et s'entendre avec les autres - l'unité de besoins spéciaux s'adresse principalement aux femmes qui ont d'énormes problèmes de comportement - ou beaucoup de problèmes émotionnels en raison desquels elles ne peuvent avoir beaucoup de gens autour d'elles et des choses comme ça. Les différences dans les crimes y contribuent aussi habituellement. Je pense que c'est surtout comme cela - je veux dire que je ne pense pas qu'ils devraient cesser - je pense que c'est très important - parce que je crois vraiment que pour être capable de s'adapter et de se réadapter, vous devez être dans un milieu où vous vous sentirez à l'aise - si vous êtes une détenue de l'unité de besoins spéciaux et vous vous trouvez dans la population générale et vous êtes toute paranoïaque et vous ne savez pas qui va vous battre ou qui fera ceci - cela vous causera des problèmes que quelqu'un vous batte ou non parce que vous serez paranoïaque tout le temps, des gens devront aller en isolement - il y aura toujours un conflit. (Alison)

Ça me dérangerait si elles [les femmes de l'unité de besoins spéciaux] se trouvaient dans la population [générale] - je veux dire, je ne leur ferais jamais de mal - vous savez, parce qu'elles n'ont pas réellement les deux pieds sur terre de toute façon. (Tanya)

Eh bien - lorsqu'elles [les détenues de l'unité de besoins spéciaux qui ont de faibles performances] se menacent les unes les autres et commencent à faire du tapage - ça me dérange vraiment. Ça me donne envie de me débarrasser de celles qui causent des ennuis - oui, les terrasser. (Tina)

Pour diverses raisons, qui ne sont pas toujours altruistes, les femmes du segment PG ont soulevé des préoccupations selon lesquelles les femmes du PBS obtiennent des traitements et des interventions qui leur conviennent.

Je pense que parce que souvent les femmes dans l'unité de besoins spéciaux ou peu importe ne peuvent vraiment faire quoi que ce soit pour elles-mêmes - je crois que de simples tâches comme la cuisine, le nettoyage - vous savez, prendre une douche - des personnalités différentes, toutes les personnalités différentes - je pense qu'elles ont besoin de beaucoup plus de patience, elles ont constamment besoin d'attention - vous savez, dépendre des autres détenues pour leur donner une attention constante, pour se nettoyer cause aussi de la tension - alors que ce n'est pas du tout nécessaire. (Alison)

Par exemple, il y a des gens ici - dans l'unité de besoins spéciaux - elles ont réellement besoin d'aide, vous savez, et elles n'obtiennent pas ce genre d'aide. Elles ont besoin de psychiatres ou de psychologues et de gens qui les voient, et cela ne se produit pas ici. Et puis, nous devons vivre avec ce genre de personnes. Par exemple, vous savez, ma tolérance pour m'entendre avec des personnes cinglées n'est pas très bonne. Elles me tapent vraiment sur les nerfs - les cinglées - parce que je n'ai aucune tolérance pour elles. Certaines personnes en ont, mais pas moi... elles hurlent et continuent. C'est irritant. Il devrait y avoir un endroit juste pour elles et une personne compétente qui s'en occupe... Parce que je ne crois pas que c'est à nous de le faire. Et je ne crois pas que le personnel et nos infirmières devraient être - vous savez, nous pourrions en avoir besoin à un moment donné puis ils doivent aller s'occuper des cinglées. Je pense qu'elles devraient avoir leur propre section, leur propre personnel et leur propre infirmière avec elles 24 sept [24 heures sur 24 et sept jours par semaine] - un peu comme un petit hôpital psychiatrique... C'est très irritant - c'est très irritant, parfois on peut les entendre - frapper et hurler sans arrêt et c'est irritant et cela me dérange. (Chris)

Certainement, la citation précédente soulève la question du stigmate. Le stigmate envers la maladie mentale et les limites cognitives était courant pendant les entrevues. La tolérance des femmes du segment PG envers les femmes qu'elles considéraient avoir des «besoins spéciaux» était conditionnelle et variée. Toutefois, la plupart ont reconnu leur manque de compréhension concernant certaines des manifestations comportementales.

Quatre des six femmes du segment PG (67 p. 100) ont fait des commentaires sur les conséquences négatives de certains éclats des femmes de l'unité de besoins spéciaux, dont celle d'avoir été elles-mêmes enfermées dans leur cellule comme conséquence.

Si une détenue a des ennuis, on a toutes des ennuis. Je pense qu'il devrait s'agir d'un processus individuel... si c'est un incident isolé, il devrait être traité de la sorte, parce que je crois que cela cause aussi de la tension. Parce que s'il y a un arrêt complet et quelqu'un doit aller en isolement et la population normale est enfermée dans les cellules pendant des heures et des heures, cela cause de la tension entre les détenues - parce qu'elles disent que nous sommes enfermées à cause d'elle. Alors, je pense que c'est aussi un gros problème. (Alison)

Eh bien, si quelque chose se passe, ils nous enferment dans nos cellules. Je deviens très en colère. Je me mettais très en colère à cause de [nom d'une détenue] - elle était là-bas [unité de besoins spéciaux] avec ses sottises et nous nous faisions toutes enfermer dans nos cellules - un soir on nous a enfermées dans nos chambres à 20 h pour l'amour de Dieu. Je sais qu'elle fait beaucoup de choses pour se faire remarquer et cela me rendrait complètement malade de savoir qu'elle est juste là-bas - pourquoi ne peut-elle pas juste dire aux gardiens - «écoutez, j'ai besoin d'un peu d'attention, venez me parler»? (Tanya)

 

8.3 Surveillance

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Il y a des différences marquées entre la surveillance des femmes du segment PG à l'établissement de Springhill et celles des femmes à la Prison des femmes. Tel que mentionné à la section 8.2, la taille et l'agencement de l'unité de Springhill signifient que les femmes sont principalement à la vue du personnel. Aussi, les membres du personnel quittent souvent leur bureau pour créer des rapports avec les femmes. Par ailleurs, l'agencement de la rangée A de la Prison des femmes est tel que les agents de correction sont principalement à un poste à l'entrée de la rangée et font périodiquement des tournées.

Bien que les femmes du segment PG de l'établissement de Springhill reconnaissent la tension que des espaces restreints et une surveillance accrue produisent parfois, elles ont aussi fait part de leur ambivalence concernant une telle surveillance à la lumière de certains des avantages qui en résultent. En particulier, elles ont fait des commentaires sur l'importance d'une présence visible et constante du personnel pour éliminer peu à peu les paramètres rigides du «code des détenues», modifier la manière d'exprimer les comportements négatifs (p. ex. voies de fait, intimidation) et limiter l'utilisation de la drogue.

Oui, parce qu'il y a moins de femmes [il y a moins de situations violentes], mais aussi parce que, il n'y a réellement pas moyen que vous pourriez vous en tirer. Vous ne pourriez jamais frapper quelqu'un dans l'unité et ne pas vous faire prendre - c'est tellement une petite unité - et vous savez ce que je veux dire?... Dans une petite unité où les gardiens sont juste devant vous - pas juste devant vous tout le temps, mais - le bureau est juste là, l'aire commune est juste là - tout est juste là. Alors, s'il y a un problème - comme je m'en rends compte pour moi, lorsque j'ai un problème avec quelqu'un, je dois en quelque sorte me forcer - c'est presque comme - je m'aperçois que je dois être - c'est presque d'avoir à être malhonnête d'une façon - c'est ce que je constate - et ce n'est pas moi du tout - mais c'est ce que je vois. Parce que si je n'aime pas une personne et que je le fais savoir, le personnel se rend compte de la tension - puis c'est un gros problème - puis ils ne veulent pas les deux dans la même unité. Alors, évidemment, une personne doit aller en isolement - et si c'est elle qui dit quelque chose - c'est comme ce qui m'est arrivé à moi et [nom de la détenue] - j'ai dit quelque chose et ils m'ont envoyée en isolement - «oh, tu causes des problèmes, tu causes des problèmes». Vous savez ce que je veux dire? Alors, on vous force presque à vous entendre avec les autres. (Kerry)

 

8.4 Relations interpersonnelles entre les détenues et le personnel

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Vous devez vous rendre compte que si vous hurlez sans arrêt - personne ne vous entendra. (Alison)

Il ne fait aucun doute que les relations entre les détenues et le personnel constituent la pierre angulaire des expériences des femmes à l'intérieur de la prison. Les femmes ont reconnu et exprimé que si cette pierre angulaire est bien cimentée - c'est-à-dire, que si les relations entre les détenues et le personnel sont ouvertes, honnêtes, cohérentes, respectueuses et stimulantes, il y a en retour une incidence positive sur leur attitude, leur comportement et leur adaptation.

L'attitude des gardiens... voilà pourquoi un grand nombre des détenues ici qui causaient des problèmes à la Prison des femmes ne posent aucun problème ici. Simplement à cause de la façon dont le personnel nous traite. (Kerry)

Diverses considérations concernant les relations entre les détenues et le personnel ont été soulevées à la section 6.6 en ce qui concerne les femmes qui ont déterminé ce qui leur était utile pour réduire leur cote de sécurité. En particulier, les femmes ont soulevé l'importance d'une communication et d'une interaction positives avec le personnel, d'un renforcement positif de la part du personnel et des changements dans le comportement des membres du personnel qui correspondent à ceux des détenues. Ces considérations et d'autres questions seront examinées plus en détail ici. Toutes les femmes ont fait des commentaires sur diverses relations positives et négatives entre les détenues et le personnel dans chaque établissement. Il est important de noter que les comparaisons négatives quant à la dynamique entre les détenues et le personnel à la Prison des femmes, lorsque mises en contraste avec celles à l'établissement de Springhill, comme dans la citation ci-dessus, doivent être examinées en tenant compte du contexte de la Prison des femmes avant l'intégration du personnel du Centre régional de traitement (CRT) et de sa philosophie 10.

Attitudes négatives du personnel

Les femmes des segments PG et PBS ont signalé que les attitudes et les comportements négatifs du personnel avaient d'importantes répercussions sur elles. Les femmes ont estimé que les attitudes négatives du personnel indiquaient un manque de respect en plus de les intimider, de réduire leur sens du moi, de les frustrer et parfois, de les provoquer délibérément.

Les attitudes négatives [du personnel] me frustrent - elles me frustrent vraiment. Parce que j'ai l'impression de ne rien valoir, vous savez, et qu'ils sont meilleurs que moi... Je n'aime pas leurs attitudes... ces gens ici, «oh, tu ne travailleras pas aujourd'hui?» - et ils ferment votre porte violemment et vous enferment dans votre chambre. Vous leur posez une question, ils se mettent en colère. Ce n'est pas - comme, la façon dont vous parlez à une personne, la fait sentir très différente - la façon dont vous abordez une personne et dont vous lui parlez. Si vous allez simplement gueuler, eh bien elle n'aura pas un très bon sentiment. Oui, c'est de notre faute que nous sommes ici, puis après, nous en payons le prix. Ils ont un emploi - si ce n'était pas pour les détenues, ils n'auraient pas d'emploi. Alors ils devraient en tenir compte aussi, et s'ils ne peuvent s'adapter et n'aiment pas les détenues, eh bien ils devraient se trouver un autre emploi ailleurs. (Chris)

Il y a eu des employés négatifs - certains qui crient après nous, jurent et disent qu'ils aimeraient bien ne pas travailler dans l'unité de besoins spéciaux, je déteste cela ici, je n'aime pas travailler avec ces personnes Ça me fait vraiment quelque chose, oui - nous n'avons pas nécessairement - ce n'est pas de notre faute, vraiment, que nous sommes dans l'unité de besoins spéciaux, vous savez, ne vous en prenez pas à nous. Ils se mettent en colère - je n'aime pas qu'ils soient furieux contre nous. (Melissa)

Il y en a quelques bons - mais un grand nombre - je ne sais pas si c'est de l'épuisement professionnel ou quoi - ils ont de très mauvaises attitudes - et seulement leur parler pendant une minute me rendrait folle. Ils semblent vraiment aimer cela. (Tanya)

Ultimement, les conséquences de mauvaises relations entre les détenues et le personnel peuvent entraîner des conflits et des mises en accusation.

Lorsque vous vous entendez avec le personnel, cela signifie moins de chefs d'accusation, moins de conflits. Je veux dire, s'il y a des ogres là-dedans [bureau du personnel], vous savez - les gens se plaindraient, on écoperait d'accusations et on ne pourrait jamais faire réduire sa cote, vous savez. (Tanya)

Attitudes positives du personnel

Des équipes respectueuses et sérieuses [gardiens] - sérieuses au sujet de la façon dont elles traitent les gens - par mesure de respect. Si le personnel me respecte, je le respecte. Si vous voulez me traiter comme une moins que rien, je vous rendrai la pareille. (Denise)

Les femmes interviewées ont identifié un certain nombre de facteurs qui ont reflété ou influencé de façon positive les attitudes du personnel, notamment la communication ouverte, le renforcement et l'encouragement positifs, la constance, un personnel régulier et dévoué et la formation du personnel; ces facteurs sont décrits ci-dessous.

Communication ouverte

La communication ouverte comprend les éléments suivants : parler, écouter, respecter, comprendre, faire preuve d'empathie et de bienveillance. Des indications de la pratique de communications ouvertes se trouvent dans le genre de conversation (du personnel et des détenues), une diminution des conflits, la résolution des différends de façon non autoritaire, ainsi qu'un meilleur moral.

Les femmes ont mentionné qu'une communication ouverte était essentielle à la destruction des murs ou des obstacles invisibles jusqu'ici essentiels au maintien de leur identité bien campée, adverse et uniforme à l'intérieur de la prison.

Beaucoup de choses à la Prison des femmes - c'est au moment où tu passes par la porte - c'est eux et c'est nous - et aussi longtemps qu'il y a cela - je veux dire, quand tu as un problème ou autre chose là-bas, comme les gardiens ne viennent pas vers toi et disent «comment ça va?» ou «as-tu un problème que nous pouvons discuter?». Mais je trouve qu'ici, ils font un effort pour venir nous parler et nous demander si nous avons un problème et nous donnent différentes possibilités - «eh bien, tu peux parler au psychologue ou parler avec nous, ou parler avec quelqu'un d'autre ou juste rester seule». Ils nous donnent la liberté de choisir comment on veut s'occuper du problème. Et, vous savez, si tu t'en occupes de la façon habituelle - de la façon que moi je m'en occupe à la Prison des femmes - tu vas en isolement et c'est tout... comme là-bas, c'est tellement eux et nous - absolument pas de communication - on t'appelle par ton nom de famille. Ici c'est différent - juste le fait d'être appelée par son prénom - cela fait vraiment une différence... je crois vraiment que si j'étais toujours là-bas, je serais toujours la même, comme avant. Il n'y aurait pas de communication, je ne sentirais pas comme si je recevais de l'aide ou que je progressais - j'aurais plus le sentiment de faire du temps. (Alison)

Quand ils ne vous engueulent pas - quand ils montrent de l'intérêt. La façon dont ils te parlent - comme quand ils te traitent comme une personne, pas comme une détenue - comme juste une détenue - ils te parlent comme à une vraie personne. (Melissa)

...Je pense que je vais mieux depuis que je suis ici - et je ne sais pas ce qui m'a changée- si c'est l'environnement ou l'état d'esprit - mon propre état d'esprit - mais, vous savez - ils m'ont donné une chance ici, vous savez. Quand je suis arrivée ici, ils m'ont dit en quelque sorte, «nous ne voulons pas savoir ce que vous avez fait à la Prison des femmes. Oui, nous avons vu votre dossier et oui, cela nous effraie un peu, mais vous pouvez démarrer à neuf ici et nous ne vous traiterons pas comme un cas psychiatrique ou comme si vous étiez violente. Vous recommencez à zéro ici, nous vous jugerons sur ce que vous ferez ici. Et ce que vous ferez ici influera sur où vous vous dirigerez à partir d'ici». Cela était très important - très, très important. Et je trouve que la manière dont le personnel me traite ici est totalement différente de comment j'ai été traitée à la Prison des femmes. Et toute l'atmosphère est totalement différente, beaucoup moins tendue. Vous savez, c'est une unité beaucoup plus petite, les gardiens ont un bon contact avec les détenues, les détenues ont de bons rapports avec les gardiens. Je veux dire que parfois [nom de deux agents de correction] - ils viennent dans votre cellule... s'assoient et me parlent...vous savez, juste bavarder, vous savez, ce genre de relations. Et cela réduit beaucoup la tension. Quand j'étais à la Prison des femmes, j'étais paranoïaque, vraiment paranoïaque du personnel... Mais c'est différent maintenant... avant je pensais qu'ils cherchaient à m'attraper - je pensais cela. Mais c'est différent maintenant. (Kerry)

Parfois elle [l'AC II] dit - comme si moi je parle - disons que j'avais envie de me taillader - elle viendrait dans ma chambre et me parlerait - et avant de rentrer chez elle, elle dirait - «peux-tu me promettre que tu ne feras rien?» - et je peux lui promettre que je ne ferai rien. (Tanya)

Un modèle de communication ouverte entre elles-mêmes et le personnel peut donner aux femmes une norme saine qu'elles peuvent adapter à leurs propres interactions. L'exemple suivant montre comment on l'a utilisé pour négocier avec succès des améliorations.

Représentante des détenues - c'était vraiment une chose difficile à faire [à établir] - comme, je devais aller à des réunions interminables avec le directeur d'établissement et le reste du personnel pour m'efforcer de souligner l'importance de la présence d'une représentante des détenues... je pense qu'ils comprennent vraiment à présent combien c'est important et, aussi longtemps que nous avons une représentante des détenues, alors si quelqu'un est en isolement ou quelqu'un arrive - quelqu'un reçoit toujours de l'aide. Et je pense qu'ils le voyaient plus ou moins comme étant des croyances criminelles et des attitudes criminelles - le code des détenues. Je ne pense pas qu'ils étaient compréhensifs, mais je pense que quelques conversations et un peu plus de communication les ont aidés à se rendre compte que c'est très important d'avoir une représentante pour la rangée. (Alison)

Renforcement et encouragement positifs

L'importance que les femmes accordent à la présence ou au manque de renforcement et d'encouragement positifs reçus du personnel a déjà été discutée dans les sections 6.3, 6.6 et 6.7. Il est nécessaire de le signaler encore une fois ici afin de souligner son importance comme partie intégrante des relations entre les détenues et le personnel.

...Je pense que si... peut-être que si quelqu'un devait se soucier un peu, vous comprenez... comme si quelqu'un m'avait dit que je pouvais [réussir], vous comprenez ce que je veux dire? Cela aurait aidé. (Kerry)

Je pense que s'il [le personnel] voit que vous essayez de vous aider et s'il voit que vous vous comportez bien, il reconnaîtra vos efforts...il vous dira seul à seul «on pense que tu t'es très bien débrouillée et on est très fier de la façon dont tu fais ceci ou fier de la façon dont tu fais cela». Je pense que c'est très important ici... ici, ça fait une grosse différence. (Alison)

Constance

Un manque d'uniformité perçue, dans le milieu général et, plus particulièrement, par rapport à la communication avec le personnel, fait naître l'insécurité et l'anxiété chez les femmes. La majorité des femmes (6 PG, 4 PBS, c'est-à-dire 71 p. 100) ont insisté sur l'importance de l'uniformité des messages du personnel en ce qui concerne les règlements, le comportement et les limites et les conséquences qui en découlent.

L'uniformité - oh mon Dieu - parfois ils en inventent - comme un gardien peut penser qu'une chose est - comme une règle - est nécessaire, puis les autres n'en feront pas une grosse affaire. Je m'y habitue maintenant. Mais au début c'était vraiment dérangeant. Quelques-unes de ces règles qu'ils avaient - je ne sais pas, je ne sais pas... ça aiderait s'il y avait plus de constance. Alors tu sais comment te comporter et tu n'es pas bouleversée si une personne dit une chose et l'autre dit non, t'as pas besoin de faire cela, fais ceci - parce qu'alors tu ne sais pas que tu fais quelque chose de mal et puis tu peux te faire accuser? Eh bien, je pense qu'ils devraient être plus constantes, parce que cela réduit la possibilité que j'écope d'autres accusations sans le savoir - comme sans vraiment vouloir faire quelque chose à ma façon. Comme, si c'est constant, je ne me dispute pas avec eux. (Pam)

Importance d'un personnel régulier

Les femmes ont aussi identifié l'importance de la présence d'un personnel régulier dans les unités. Plus particulièrement, la familiarité des employés avec les unités était considérée comme étant essentielle au développement et au maintien de relations interpersonnelles efficaces et sensibles.

Quelques employés... ne savent pas si on est là ou non. Si nous allons au bureau pour poser une question - ils crient après nous et nous disent de poser la même question dans une heure. C'est bien, parce que certains employés se soucient de vous. Le seul personnel qui se soucie, c'est tout le personnel qui travaille dans cette unité. (Nicki)

Les employés réguliers ici sont bons... enfin, quelques-uns se soucient vraiment - il y en a quelques-uns à qui je parle tout le temps. Ça aide. Je leur parle quand ils font leur ronde. Quelquefois [nom d'un AC II] vient dans ma chambre et parle avec moi, comme quand je suis contrariée, mais il y en a d'autres - ils ne travaillent pas vraiment ici tout le temps - mais ils nous viennent avec ces attitudes - c'est comme si toute l'unité est contrariée quand cette personne est là. (Tanya)

Formation du personnel

Un certain nombre de femmes ont aussi insisté sur l'importance de la formation du personnel en ce qui concerne les questions qui touchent les femmes et une meilleure compréhension et une plus grande sensibilité de la part du personnel quant à leurs préoccupations de santé mentale.

Les gardiens devraient être plus conscients de la santé mentale, parce qu'un grand nombre de personnes qui sont en prison sont coincées dans le système...[plutôt] ils devraient être mis dans un hôpital en quelque part et réinséres lentement dans la société... Je pense qu'ils [les agents de correction] ont besoin de plus de formation, d'une formation plus approfondie et d'une meilleure compréhension... Je pense qu'ils devraient avoir des cours de psychologie. (Tina)

Je trouve - parfois - que c'est dur pour eux [le personnel] de comprendre pourquoi il y a tellement de personnalités - je trouve que quelques-uns ne savent pas comment réagir face à ça. Je pense qu'une plus grande formation du personnel pour savoir comment traiter les détenues ici aiderait vraiment beaucoup. Plusieurs d'entre eux sont vraiment bons, mais quelques-uns ont vraiment beaucoup des caractéristiques d'un gardien, et ils ne se rendent pas compte que les filles ici doivent être traitées différemment et avec sensibilité... comme quand il y a un incident, quand quelqu'un perd la boule dans sa cellule ou quelqu'un se taillade - ils [le personnel] ne savent pas vraiment comment s'en occuper. (Alison)

 

8.5 Incarcération plus près du domicile

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Le rapport du Groupe d'étude, La création de choix (1990), portait sur l'éloignement de nombreuses délinquantes de leurs familles, cultures et communautés. En particulier, le Groupe d'étude a reconnu qu'en raison de leur faible nombre, la majorité des délinquantes sous responsabilité fédérale étaient hébergées dans un établissement central, la Prison des femmes. Parmi ses recommandations, le rapport propose l'établissement de quatre établissements régionaux et d'un pavillon de ressourcement pour que les femmes puissent être incarcérées plus près de leur propre communauté. Conformément à cette vision de l'hébergement local des femmes, on a pris des dispositions afin d'accommoder les détenues dites «à sécurité maximale» dans les établissements régionaux existants pour hommes. Compte tenu du petit nombre de détenues dites «à sécurité maximale» et leur éparpillement à travers le Canada, ceci a également causé certaines difficultés en ce qui concerne la gamme de programmes qui leur sont offerts et l'établissement de l'horaire de ces programmes.

L'importance de purger leur peine dans un établissement plus près du domicile a été examinée auprès des femmes interviewées pendant cette étude. On leur a demandé si l'endroit où elles étaient hébergées avait de l'importance pour elles. Si on leur donnait hypothétiquement le choix, est-ce qu'elles choisiraient d'être plus près de chez elles ou d'être hébergées avec un groupe plus grand de détenues dites «à sécurité maximale» pour lesquelles, en raison de la masse critique, une plus grande gamme de programmes pourraient être offerts?

Segment de la population générale
  • Les femmes du segment PG étaient également divisées en ce qui concerne l'importance de purger leur peine dans un établissement plus près de leur domicile. De plus, toutes les six femmes du segment PG ont déclaré que, si elles devaient faire un choix, elles préféreraient participer à des programmes intensifs que d'être plus près de chez elles, particulièrement si ces programmes étaient d'une durée limitée.

Je ne suis pas retournée à la maison depuis 1985, alors ça ne me dérange pas du tout. (Chris)

Je veux être près de la maison. Il devrait y avoir un endroit comme le CPR [centre psychiatrique régional (Prairies)] quelque part dans l'Est - même au Nouveau-Brunswick en quelque part. (Tanya)

C'est bon d'être près de ta famille et c'est bon d'avoir le soutien de la famille, mais je crois que si tu as vraiment le soutien de la famille ce n'est pas important à quelle distance on doit se rendre pour les programmes - vous savez que la famille est là pour toi. Et je pense vraiment que les programmes sont importants... et s'il faut faire quelques kilomètres de plus pour les programmes - je pense que c'est la meilleure solution. Parce que c'est ce qui va t'aider à y arriver dehors - ça va t'aider à te réinsérer dans la société, parce que sans cela - eh bien, sans les programmes, eh bien, si tu as juste le soutien de ta famille, c'est excellent, mais sans les programmes aussi, tu ne t'occupes toujours pas vraiment des choses qui t'ont amené dans cet endroit en premier lieu. Alors je pense que si tu dois aller loin pour les programmes... si tu veux vraiment changer en dedans, et que tu as vraiment changé ton attitude - je crois que tu voudrais y aller. (Alison)

Comme, c'est compliqué - être dans ta province, plus près de chez toi - ou être quelque part où tu recevras de l'aide. Alors je pense que ce devrait être quelque part où tu obtiendras de l'aide... Beaucoup de gens peuvent ne pas penser comme ça. Quand j'étais vraiment troublée, je ne pensais pas de la même façon... Mais je veux dire, comme si c'était une sorte de programme de traitement ou quelque chose comme ça... intensif, où tu peux aller pour six mois, vous savez, de la thérapie intensive et après retourner dans sa région - alors oui. (Kerry)

Segment de la population ayant des besoins spéciaux

  • Six des huit femmes du segment PBS ont répondu à cette question. Cinq des six femmes (83 p. 100) ont dit que cela ne ferait aucune différence pour elles si elles pouvaient ou non purger leur peine dans un établissement plus près de leur domicile. La plupart de ces femmes ont signalé ne pas être en communication avec leurs familles. De même, cinq des six femmes (83 p. 100) ont déclaré qu'elles choisiraient les programmes avant de choisir d'être plus près de chez elles si un tel choix devenait nécessaire. Deux des femmes avaient déjà pris cette décision (transfèrement sollicité d'une unité à sécurité élevée à une autre).

      J'aime mieux être ici. (Denise)

      Ça m'est égal où ils me mettent. (Kim)

      Cela ne fait aucune différence pour moi. (Susan)

Ce n'est pas une préoccupation pour moi - c'était un transfèrement sollicité. Je n'ai pas beaucoup de temps pour eux [la famille] ou quelqu'un d'autre... Je veux faire quelque chose de ma vie. (Tina)

 

8.6 Approche multidisciplinaire à la santé mentale

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Une approche d'équipe multidisciplinaire a été mise en place tant dans l'unité des femmes de l'établissement de Springhill qu'à la Prison des femmes afin d'aider à établir le contexte des soins intégrés des détenues. Le fondement d'une approche d'équipe multidisciplinaire est une consultation concertée du personnel qui repose dans une large mesure sur les alliances de travail solides et l'échange interactif d'information entre toutes les personnes touchées. Le personnel qui possède des compétences dans divers domaines, comme l'administration, la sécurité, la mise en _uvre des programmes, la gestion des cas, les soins de santé et les soins de santé mentale, partagent l'information et formulent ensemble des stratégies afin d'établir un parcours plus holistique pour l'intervention correctionnelle. Par exemple, l'échange interactif d'information entre les agents de correction et le personnel de santé mentale peut aider à mettre en lumière l'effet réciproque des problèmes de santé mentale et des manifestations de comportement difficile en établissement. L'approche d'équipe multidisciplinaire sera examinée de façon plus approfondie à partir des points de vue du personnel, dans la partie C. En particulier, en ce qui concerne les femmes interviewées, leur compréhension du fait que l'information pertinente à la gestion de leur cas est partagée au sein de l'équipe et leur familiarité avec les réunions de l'équipe de personnel sont des indications de la sensibilisation des détenues à une approche d'équipe multidisciplinaire.

Presque toutes les femmes ont parlé de l'importance et de l'incidence de l'interaction avec tout le personnel qu'elles rencontrent dans l'établissement. Bien que les agents de correction aient probablement le plus de contact avec les femmes, l'interaction avec d'autres professionnels, par exemple, des infirmières et des infirmiers, des psychologues (et à la Prison des femmes, des techniciens en science du comportement), des AGCE, des gérants d'unité et même des directeurs d'établissement, a été considérée comme importante et parfois monumentale dans l'expérience des femmes. L'importance que les femmes attribuent aux interactions diverses avec le personnel justifie une approche multidisciplinaire en matière de santé mentale.

Eh bien [nom] est une infirmière ici. Elle a été la première personne qui a essayé - enfin que je sache - elle a essayé de m'aider. J'ai commencé à lui parler et m'ouvrir à elle... de toute façon, elle est infirmière, une femme gentille et je suis allée pour de points de suture un soir - et puis le lendemain je l'ai vue et elle avait cette poupée - c'était la petite poupée la plus vachement laide qui soit - cette petite poupée jaune - toute ensoleillée, vous savez - alors nous l'avons appelée soleil. Elle avait des points de suture sur ses bras et des choses du genre et [nom de l'infirmière] a dit que chaque fois que tu sens que tu veux te faire du mal, fais du mal à la poupée - et chaque fois que j'étais contrariée, je, vous savez, lui arrachais un de ses membres - jusqu'à ce que éventuellement - wow - elle s'est désintégrée. Et ensuite, au fil du temps je me suis rendu compte, mon Dieu, vous savez, j'étais contrariée cette fois-là et je ne me suis pas tailladée. (Kerry)

Des médicaments... ils me soumettent à des tests psychologiques ici et j'ai les miennes - j'ai deux infirmières qui me sont désignées - j'ai un BST [technicien en science du comportement] qui m'est affecté - [nom du psychologue] m'est assigné et j'ai [nom de l'AGCE] et [nom] mon AC II - et ils passent tous du temps avec moi chaque jour et ils se réunissent et dressent des plans à mon sujet... les gardiens ont des rapports avec moi, passent du temps avec moi et je passe beaucoup de temps avec mon psychologue et je passe du temps - mon BST passe beaucoup de temps avec moi. Je pense jusqu'à présent, je pense que [cet endroit] est sur la bonne voie pour les détenues. C'est mon opinion. (Tina)

 

8.7 Mise en liberté dans la communauté

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La réinsertion des délinquantes dans la communauté se produit de différentes façons. La mise en liberté sous condition englobe la permission de sortir avec surveillance (PSAS) et la permission de sortir sans surveillance (PSSS), mais les détenues dites «à sécurité maximale» ne sont pas admissibles aux PSSS. En outre, il y a la semi-liberté, la libération conditionnelle totale (la date d'admissibilité à la libération conditionnelle se trouve généralement à un tiers de la peine purgée, mais peut être établie par le juge à la moitié de la peine purgée au moment de la détermination de la peine) et la libération d'office (aux deux tiers de la peine purgée). À la date d'expiration du mandat, les délinquantes qui n'ont pas été mis en liberté sous condition retournent dans la communauté sans restrictions en matière de surveillance. Bien que les détenues soient tenues de faire une demande pour la semi-liberté et la libération conditionnelle totale, en vertu de la libération d'office, les délinquantes ont le droit11 de purger le dernier tiers de leur sentence dans la communauté sous la surveillance d'un agent de libération conditionnelle et doivent respecter toute condition imposée par la Commission nationale des libérations conditionnelles (conditions semblables à celles imposées aux délinquantes en vertu de la surveillance de la semi-liberté ou de la libération conditionnelle totale). Ces conditions pourraient englober, par exemple, la résidence dans un établissement communautaire (dont le respect des règlements et des heures de rentrée de l'établissement), la participation à des programmes ou des traitements communautaires et l'abstention de drogues et d'alcool. L'omission de respecter les conditions imposées pourrait signifier la suspension et la révocation de la libération d'office et le retour à l'établissement.

On a posé des questions aux femmes concernant leur mise en liberté dans la communauté et le rôle du SCC dans la communauté. Les femmes ont identifié divers obstacles possibles à la réussite de leur réinsertion dans la communauté, y compris le manque d'habiletés sociales dans la communauté (segment PBS), des interactions problématiques avec les agents de libération conditionnelle et la répétition d'anciennes habitudes, tel que l'abus de drogues et les relations empreintes de violence. De plus, plusieurs femmes ont identifié une peur de la récidive. Cette peur pourrait les empêcher de reconnaître les tendances à l'inadaptation et ce qu'elles doivent faire pour les éviter.

Je dois vraiment apprendre à vivre dans la communauté - des choses que je n'ai pas faites depuis très longtemps - l'épicerie, un budget, trouver un emploi et des choses comme ça et le conserver -demeurer et travailler à un emploi. Et je suis considérée - classifiée - déficiente mentale - en fait j'aurais besoin d'une agente chargée personnellement de mon cas et comment est-ce que je ferais ça? (Tina)

J'ai toujours des ennuis avec la loi... Enfermez-moi [maintien en incarcération]. (Denise)

Je pense qu'une autre chose importante, ce sont les agents de libération conditionnelle - j'en connais qui peuvent être vraiment, vraiment, vraiment méchants... mais [ils devraient] te donner un peu plus de liberté et je pense, avoir un peu plus de respect pour toi et t'aider à te rendre compte qu'ils sont là pour t'aider, qu'ils ne sont pas simplement en train d'attendre que tu te mettes de nouveau dans le pétrin pour te balancer de nouveau en prison. (Alison)

Et je sais que quand je sortirai - je ne suis pas vraiment sûre - parce que j'ai seulement [donne son âge] - mais plus tard - que ce soit dans cinq ou dix ans - je veux avoir une relation - c'est pour cela que j'ai besoin du programme pour les femmes maltraitées - pour me tenir loin d'une relation violente - parce que je ne savais pas à ce moment-là - je n'avais que quinze ans quand j'ai eu cette relation. Je ne peux vraiment penser à rien - est-ce que le SCC a des programmes pour les femmes maltraitées, qu'il offre dans la communauté? Ce serait une idée, n'est-ce pas? (Pam)

Bon - la drogue, ça augmente les risques. La drogue et les fréquentations - ça augmentera certainement mon risque - et probablement ma stabilité émotionnelle. Qu'est-ce qu'elle sera quand je serai mise en liberté - ce sont les choses qui augmenteront mon risque. Que peut faire le SCC pour m'aider quand je sortirai? Je ne sais pas, mais je pense qu'une chose serait le counseling - quelqu'un qui m'aiderait à m'occuper de mes problèmes - et du counseling qui ne me coûterait pas les yeux de la tête - quelque part où je peux aller sans payer de grosses sommes pour voir un psychiatre. Un peu comme - même si c'est seulement une consultation - mais je pense définitivement que je vais avoir besoin de suivi une fois que je pars d'ici, vous savez... Et je dois penser aux bonnes choses et les laisser me diriger au lieu de penser aux mauvaises choses et me laisser déprimer. Je pense que je dois rester sur le droit chemin - je dois éviter la drogue - et je pense que si je peux le faire, je resterai loin de la prison et je m'en sortirai bien. (Kerry)

J'ai peur de sortir d'ici et d'échouer de nouveau, vous savez - comme ma mère sera tellement heureuse quand je sortirai - et la dernière fois, je suis restée en dehors de la prison pendant trois mois - c'est tout - avant d'être condamnée à purger cette peine. (Tanya)

9 Les unités à sécurité maximale pour femmes, comme celle de l'établissement de Springhill, fonctionnent comme des établissements séparés et distincts dans les établissements pour hommes existants. Les femmes qui résident dans ces unités sont séparées de la population de détenus en ce qui concerne le logement, les programmes et les loisirs. Par conséquent, le mouvement de détenus est limité lorsque les femmes quittent leur unité afin d'avoir accès aux installations qui sont partagées (p. ex. gymnase, bibliothèque).

10 On avait prévu fermer la Prison des femmes et transférer les femmes à une unité spéciale du Centre régional de traitement (CRT) à l'intérieur du pénitencier de Kingston (un établissement pour hommes). Toutefois, l'amorce de poursuites par certaines femmes opposées à ce transfèrement non sollicité et l'Association canadienne des Sociétés Elizabeth Fry (ACSEF) a fait en sorte que le SCC accepte de laisser les femmes à la Prison des femmes jusqu'à ce que des dispositions soient prises pour ne pas exiger leur transfèrement à un établissement pour hommes. Par conséquent, le personnel du CRT qui devait travailler dans l'unité a été transféré à la Prison des femmes en juin 1997. Pendant ce temps, il a assumé la responsabilité des programmes et travaille avec le personnel de correction, dont beaucoup de membres se trouvaient déjà à la Prison des femmes. Même au cours de la courte période de temps pendant laquelle le nouveau personnel et la méthode de traitement ont été en place, un changement dans la philosophie et la gestion de cette population de femmes a été évident.

11 Certaines dispositions concernant le maintien en incarcération constituent des exceptions au processus de libération d'office. En vertu du processus de maintien en incarcération, le SCC doit renvoyer à la Commission nationale des libérations conditionnelles les cas de délinquants qu'il croit commettront une infraction violente ou une infraction grave en matière de drogue avant la fin de leur sentence. Si la Commission nationale des libérations conditionnelles est d'accord, elle peut soit ordonner que le délinquant soit maintenu en incarcération dans un pénitencier jusqu'à la date d'expiration du mandat ou mis en liberté dans la collectivité, mais avec la condition qu'il soit hébergé dans un établissement résidentiel communautaire pendant la période de la libération d'office.