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Programmes pour les délinquantes

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Détenues sous responsabilité fédérale - Projet d'entrevue de détenues dites à sécurité maximale : faire du temps sans se laisser faire par le temps

11 BESOINS ET QUESTIONS DU PERSONNEL

    Nous les traitons un peu différemment - vous avez tendance à avoir un peu plus de compassion. Nous avons plus de compassion pour elles... Et, elles reviennent nous remercier, ce qui est quelque chose qu'on ne voit jamais chez les hommes. C'est un monde complètement différent.

Le personnel a signalé que de travailler avec des détenues dites «à sécurité maximale» était exigeant - tant sur le plan émotionnel, que physique et mental. Il a aussi signalé que ce travail était gratifiant. Les entrevues ont révélé un certain nombre de thèmes liés à des domaines de besoins et des questions concernant le personnel.

Tous les membres du personnel de première ligne ont fait part du besoin de formation. Ils ont exprimé leur besoin d'information et de formation concernant les divers problèmes émotionnels et de santé mentale qu'ont les détenues dites «à sécurité maximale». Le personnel souhaite approfondir ses connaissances au sujet des raisons et des effets des problèmes de santé mentale, des interventions pharmaceutiques, de la résolution non violente de conflits, des habiletés en matière de counseling informel et obtenir des renseignements sur les raisons pour lesquelles les femmes se tailladent et comment intervenir de façon appropriée.

Tout. Tout ce que nous pourrions obtenir. Quelque chose pour nous aider à comprendre leurs humeurs ou leurs comportements [ceux des femmes]. Au sujet des médicaments - comment ils fonctionnent - pour comprendre un peu plus que la raison pour laquelle [les femmes] font certaines des choses qu'elles font... comme comprendre que certains des médicaments rendent la bouche sèche et lorsque une détenue continue de demander du jus ou du lait - alors nous comprenons que ce n'est pas parce qu'elle est exigeante. Pas tellement des choses sur la sécurité - mais plutôt sur les comportements - par exemple, pourquoi se tailladent-elles? Plus au sujet des questions de santé mentale pour que nous soyons mieux en mesure de traiter de n'importe quel problème. Par exemple, lorsque nous avons un poste de nuit - ce serait bien d'avoir un peu plus de renseignements. Il n'est pas réaliste de penser que les détenues se comporteront mal seulement entre 8 h et 16 h.

Un aspect négatif concernant le travail avec certaines des détenues dites «à sécurité maximale» pour moi aurait été d'avoir certains des cas du genre psychiatrique pour lesquels je ne suis pas formé et que ceci soit un élément stressant de plus - en raison de leur manque de prévisibilité et quoi d'autre.

De même, le personnel a exprimé un grand besoin de ressources en personnel spécialisé.

En ce qui concerne les femmes qui ont des besoins élevés en santé mentale - nous avons besoin de soutien professionnel, sinon la frustration est simplement horrible.

Le personnel a exprimé l'importance et leur besoin de rétroactions et de renforcement positifs, tant en ce qui concerne leur rendement général au travail que les interventions particulières.

[Les cadres supérieurs] nous envoient de nombreux messages par TeamLinks [courrier électronique interne] ou des encouragements - comme «bon travail», et c'est bien d'être reconnu... parce que c'est tellement petit ici, les gestionnaires en prennent connaissance... et parfois ce seront les détenues qui diront quelque chose et [les cadres supérieurs] diront «continue ton beau travail».

Le personnel des deux établissements a signalé le besoin pour le personnel d'être tenu de rendre compte. Des attitudes et un comportement inopportuns ou délibérément provocants de la part de quelques-uns de leurs collègues a affligé le personnel, surtout lorsque les cadres supérieurs ne font rien. De l'avis du personnel, l'omission de rendre leurs collègues responsables de ces comportements et de ces attitudes constituait une approbation tacite de leurs gestes et a ainsi rendu beaucoup plus difficile pour eux d'interragir de façon appropriée et avec constance avec les détenues.

En particulier, le personnel de l'établissement de Springhill a signalé être isolé du personnel qui travaille dans les autres unités. Le personnel a fait remarquer que leurs pairs ont minimisé leurs efforts dans l'unité des femmes, considéré l'unité comme problématique et dérangeante et identifié les femmes comme des cas pathologiques. De plus, le personnel a indiqué que des comparaisons entre les délinquants et les délinquantes étaient souvent faites, les délinquantes étant souvent accusées d'obtenir un traitement de faveur. Ceci a semblé mettre le personnel dans la position d'avoir constamment à défendre les impressions selon lesquelles les délinquantes sont traitées différemment, c'est-à-dire plus favorablement.

Les gens [autres agents de correction] qui ne travaillent pas ici - ils se moquent de nous - c'est difficile - on nous agace beaucoup - très souvent... ils n'ont jamais travaillé ici, mais ils connaissent l'histoire.

Le personnel de l'établissement de Springhill a souligné ses préoccupations au sujet de la quantité d'espace limité dont disposent les détenues dites «à sécurité maximale».

L'inconvénient - j'y retourne souvent - est que nous avons des femmes dans un établissement pour hommes - elles sont très limitées parce qu'elles ne peuvent physiquement quitter l'unité résidentielle.

Aussi, le personnel de l'établissement de Springhill a soulevé des préoccupations concernant la proximité de l'unité d'isolement et de l'unité résidentielle et l'incidence pour les détenues et le personnel. Les membres du personnel qui voient un incident qui conduit à un isolement ou qui doivent s'en occuper doivent néanmoins continuer d'avoir des contacts avec la détenue alors qu'elle est en isolement.

Avec les délinquants - le détenu se calmera plus tôt parce qu'il ne traite pas avec le même personnel qui était mêlé à l'incident original. Ici, il n'y a aucune séparation - il n'y a aucun isolement. Le problème pour le membre individuel du personnel - si cela se produit le premier jour d'un quart de travail - et qu'il lui reste six autres jours à traiter avec une détenue en isolement et les problèmes continuent de revenir sans cesse - ni l'un ni l'autre n'aura de repos.

Le personnel a identifié le besoin d'une meilleure stratégie de communication, de façon interne, entre les régions et au niveau de l'administration centrale du SCC.

On a besoin de plus de communication entre ici et l'établissement régional - il n'y en a pas autant qu'il devrait y en avoir. Quoi qu'il en soit, ils résistent parce que nous sommes des dinosaures et nous leur résistons parce que nous estimons qu'ils ne sont capables de faire leur travail assez bien pour traiter d'un ou deux problèmes qui pourraient surgir. [C'est une] question de perception - non de réalité.

Les agents de correction, en particulier, ont identifié le besoin d'un processus de communication interne plus complet qui soit particulier à leurs relations avec les femmes.

Avant que les cadres supérieurs participent à la prise de décisions sur les détenues individuelles, faites en sorte qu'ils demandent à la détenue, «Est-ce que tu t'es adressée - à quiconque gère la rangée aujourd'hui?» ou «En as-tu parlé à ton surveillant correctionnel?».

Le personnel a affirmé que des rapports entre les établissements régionaux sont essentiels pour faciliter les transfèrements et assurer que des renseignements importants sur les femmes sont transmis.

Enfin, le personnel a soulevé des préoccupations concernant la clarté du message de l'administration centrale en ce qui concerne l'orientation future, les programmes et leur emploi continu avec les délinquantes.