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Programmes pour les délinquantes

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La zoothérapie dans les établissements correctionnels

MISE EN OEUVRE D'UN PROGRAMME DE ZOOTHÉRAPIE

N. Évaluation des programmes

Pour plusieurs raisons, l'évaluation de l'incidence des programmes de zoothérapie représente un défi pour les chercheurs (Cusack et Smith, 1984). Dans beaucoup d'établissements, on ne fait pas état de l'efficacité du programme de zoothérapie parce que le succès de celui-ci est facile à observer et qu'on se base souvent sur des témoignages plutôt que sur des données empiriques. De plus, beaucoup d'employés ne possèdent pas les connaissances nécessaires pour mener les évaluations requises. Enfin, celles-ci peuvent être coûteuses.

[Traduction] …on n'a pas établi de mesures normalisées de l'affection à l'égard des animaux domestiques. Plusieurs études de recherche ont abouti à la conclusion qu'il pouvait être difficile de mesurer l'attachement aux animaux [...] Il est préférable d'utiliser plusieurs mesures, des autodéclarations et quelques indicateurs objectifs qui peuvent être observés ou cotés par le personnel ou (idéalement) par des observateurs impartiaux. (Lago, Knight, Rohrer-Dann et Friend, 1985).

 

Le Pact Manual (Lago, Knight, Rohrer-Dann et Friend, 1985) donne une liste des raisons pour lesquelles il est recommandé d'évaluer les programmes de zoothérapie :

1. L'évaluation, à condition d'être soigneusement effectuée, permet de remettre les pendules à l'heure en fournissant d'autres éléments d'information à examiner.

2. Les résultats de l'évaluation fournissent des preuves de rendement qui aident à convaincre des clients futurs, d'autres membres de la collectivité, les professionnels de la santé et les organismes de financement de l'opportunité d'appuyer les programmes.

3. L'évaluation s'impose pour prévoir les prochaines mesures à prendre.

Cusack et Smith (1984) proposent des lignes directrices que les établissements peuvent utiliser pour évaluer l'incidence de leurs programmes :

  1. Individus et populations
  • Évaluer les changements survenus dans la population ou chez l'individu résultant directement de l'introduction de cette variable. Généralement, l'état préalable au traitement ou sans traitement constitue l'élément témoin tandis que l'état postérieur au traitement ou traité correspond à l'état expérimental. L'incidence de la variable constitue donc la différence entre l'état témoin et l'état expérimental.
  1. Comment mesurer l'effet
  • Tests normalisés
  • Avantage : Validité; ils sont considérés comme l'indicateur véritable de l'état mesuré et ils ont été essayés auprès de plusieurs populations.
  •  

    • Inconvénient : Il se peut qu'un établissement n'ait ni le temps, ni les connaissances et le personnel requis pour administrer ces tests, surtout auprès d'une population nombreuse.
    • Enregistrement vidéo
  • Il permet au chercheur d'étudier attentivement la séance aussi souvent que nécessaire pour examiner de près les comportements et les commentaires. Souvent, des changements minimes dans l'expression faciale, le mouvement des mains et le langage corporel peuvent être négligés au cours de l'interaction. Il s'agit aussi d'un excellent moyen à employer pour montrer à des zoothérapeutes novices exactement ce qu'ils doivent rechercher.
    • Variables précises – Verbalisation
  • Temps passé seul et diminution de la charge de travail du personnel.
  • Manifestation d'un nouveau comportement ou expression d'aspects laissés pour compte.
  • Nombre de patients près du chien.
  • Nombre de patients qui communiquent entre eux tout en communiquant avec le chien.
  • Réaction à une activité à laquelle le chien participe (par opposition à la réaction à une activité à laquelle le chien ne participe pas).
  • Effet reporté sur d'autres projets.
  • Interaction ou jeu provoqué par le patient (par opposition à l'animal domestique).
    • Évaluation subjective
  • La plupart des professionnels de la santé mentale utilisent leurs propres critères pour déterminer s'il y a eu amélioration chez un patient.
  • Lago, Knight, Rohrer-Dann et Friend (1985) expliquent les différentes composantes (contrôle et évaluation des résultats) du processus d'évaluation et les autres caractéristiques dont il faut tenir compte :

    [Traduction] Le contrôle correspond à l'établissement et l'examen réguliers de rapports faisant état des activités menées dans le cadre d'un programme. Ces rapports porteront par exemple sur le nombre d'animaux placés et le nombre de personnes participant à un programme de formation. L'information de contrôle doit être communiquée au président du comité compétent et aux réunions du conseil aussi régulièrement que les rapports normaux [...] Le rapport de contrôle doit être utilisé pour résumer les progrès accomplis dans le cadre d'un programme au cours d'une période donnée.

    L'évaluation des résultats est le processus par lequel on compare le rendement d'un service aux objectifs de l'organisation [...] Elle doit porter sur les changements survenus dans les expériences et la qualité de la vie des clients et des propriétaires. L'accent n'est pas mis sur les activités comme telles mais plutôt sur les effets souhaités ou négatifs que les activités ont eus sur les personnes âgées.

    L'information de contrôle accumulée est une des sources de renseignements employées pour évaluer les résultats.

    La façon la plus utile de faire entrer la clientèle en ligne de compte dans le processus d'évaluation consiste à noter les plaintes, les préoccupations ou les compliments au fur et à mesure qu'ils sont communiqués. Si le comité d'évaluation reçoit un rapport « d'incident critique » pour chaque communication importante provenant de la clientèle, on peut ajouter cette information au rapport d'évaluation indiquant les points sur lesquels le groupe devrait sans doute se pencher.

    Les études de cas résultant de la démarche des incidents critiques peuvent aussi être très utiles, surtout si elles portent sur un incident relativement rare.

    La zoothérapie offre un potentiel énorme en ce qui concerne les avantages, les coûts et la faisabilité de sa mise en oeuvre, elle peut être supérieure à la plupart des autres modalités de traitement (Cusack et Smith, 1984), et des évaluations formelles aideront à la faire appuyer et à la mettre en valeur.