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Programmes pour les délinquantes

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Unité de garde en milieu fermé
Plan opérationnel

INTERVENTION INTENSIVE
EN MILIEU FERMÉ

Groupe de travail national de mise en œuvre

Stratégie d'intervention intensive auprès des délinquantes

 

Bureau de la Sous-commissaire pour les femmes

Administration centrale

Service correctionnel du Canada

Septembre 2003

 

 

Table des matières

Partie 1
Principes

A. Contexte
    Élaboration d'une Stratégie d'intervention intensive
    Intervention intensive en milieu fermé - Aperçu

B. Principes

C. Rôle de l'Unité de garde en milieu fermé

D. Locaux partagés

E. Questions liées à la séparation

Partie 2
Qui sont les détenues dites « à sécurité maximale » ?

A. Introduction

B. Risques et besoins

C. La population et les priorités
    Population générale
    Délinquantes ayant des besoins
    Condamnées à perpétuité

D. Analyse des besoins

E. Profil actuel

Partie 3
Établir l'environnement

Introduction

A. Dotation

B. Modèle de gestion : approche fondée sur l'équipe interdisciplinaire
    Plans et contrats
    Ententes de comportement

C.Intervention intensive : sécurité active et interaction entre le personnel et les détenues
    Environnement propice aux soins
    Interaction entre le personnel et les détenues
    Établir des limites
    Qu'est-ce que la motivation ?
    Le code des détenues
    Cas d'incompatibilité
    Activités liées aux gangs

D. Réunions d'équipe, plans correctionnels et réévaluation de la cote de sécurité
    Réunions d'équipe
    Plans correctionnels
    Réévaluation de la cote de sécurité

Partie 4
Opérations

A. Établissement d'une routine opérationnelle
    Profil de l'unité

B. Milieu physique de l'Unité de garde en milieu fermé
    Sécurité périmétrique
    Unité de garde en milieu fermé
    Poste de contrôle et rotonde
    Modules et cellules
    Salles polyvalentes
    Cuisine et utilisation de la cuisine
    Locaux du personnel
    Unité d'isolement
    La cour

C. Rondes et dénombrements

D. Fouilles

E. Déplacements
    Dans l'unité
    À l'extérieur de l'unité
    À l'extérieur de l'établissement

F. Gestion des locaux partagés
    Introduction
    Visites
    Visites familiales privées
    Services de santé
    Isolement
    Gymnase
    Bibliothèque/centre de documentation
    Aires d'artisanat
    École (autres programmes et aires de programmes)

G. Liens entre l'Unité de garde en milieu fermé et le reste de l'établissement

H. Gestion des situations d'urgence
    Interventions de l'équipe pénitentiaire d'intervention en cas d'urgence
    Protocoles à suivre dans les cas d'automutilation
    Protocole de gestion

I. Manuel de l'Unité de garde en milieu fermé à l'intention des détenues

J. Attentes et règles de l'Unité de garde en milieu fermé

Partie 5
Programmes

A. Introduction

B. But des programmes de l'Unité de garde en milieu fermé

C. Contexte
    Les points de vue des femmes
    •  Femmes non Autochtones
    •  Femmes Autochtones
    •  Cérémonies
    Violence manifestée par les femmes
    •  Jeunes filles et adolescentes
    •  Femmes adultes
    •  Conclusion

D. Méthodes d'intervention : thérapie comportementale dialectique et réadaptation psychosociale
    Thérapie comportementale dialectique (TCD)
    Réadaptation psychosociale (RPS)

E. Modèle de programmes
    Introduction
    État de préparation aux programmes
    Prestation des programmes
    Modèle de programmes - Aperçu
    •  Environnement propice aux soins
    •  Compétences en TCD/RPS
    •  Éducation
    •  Programmes correctionnels
    •  Programmes pour Autochtones
    •  Services de santé mentale
    •  Services d'Aînés et services spirituels et religieux
    •  Programmes d'emploi et programmes de formation professionnelle
    •  Activités récréatives
    •  Autres programmes et services

F. Comité des détenues/équipes d'entraide

Partie 6
Évaluation

A. Unités de garde en milieu fermé
    Vérification préalable à l'ouverture
    Évaluation préalable et postérieure à l'ouverture
    Évaluations progressives

B. Programmes

Partie 7
Transition

Partie 8
Protocole de gestion

Annexes

Annexe 1 : Profil des femmes classées au niveau de sécurité maximal

Annexe 2 : Lignes directrices pour l'élaboration d'une entente de comportement

Annexe 3 : Partie 5C (suite)

Annexe 4 : Contrat de traitement/consentement éclairé

Annexe 5 : Éducation

Annexe 6 : Syndrome d'alcoolisation fœtale/Effets de l'alcoolisation fœtale

Annexe 7 : L'immobilité intérieure : la méditation à l'établissement de Millhaven

Bibliographie


 

PARTIE 1 - PRINCIPES

 

Le présent plan opérationnel des unités de garde en milieu fermé est destiné aux détenues dites « à sécurité maximale » qui présentent des risques et besoins élevés. Il se divise en huit parties et fournit le cadre d'intervention intensive en milieu fermé : partie 1 : Principes; partie 2 : Qui sont les détenues dites « à sécurité maximale »; partie 3 : Établir l'environnement; partie 4 : Opérations; partie 5 : Programmes; partie 6 : Évaluation; partie 7 : Transition; partie 8 : Protocole de gestion.

A. Contexte

Élaboration d'une Stratégie d'intervention intensive

Accepté par le gouvernement fédéral en septembre 1990, le rapport du Groupe d'étude sur les femmes purgeant une peine fédérale1, La création de choix , recommandait une nouvelle approche correctionnelle pour la gestion des délinquantes de façon à répondre à leurs besoins particuliers. Pour l'essentiel, le rapport était axé sur les 80 à 90 % de femmes qui n'avaient manifestement pas besoin du niveau de sécurité assuré par la Prison des femmes, qui était à l'époque le seul établissement fédéral pour femmes au Canada. Le rapport arrivait à point nommé, car la majorité des femmes incarcérées se trouvaient dans un environnement d'un niveau de sécurité plus élevé que le nécessitaient leurs besoins et le risque qu'elles présentaient.

Avec l'ouverture des établissements régionaux recommandés par le Groupe d'étude et depuis l'incident survenu à la Prison des femmes en avril 1994 qui a mené à la création de la Commission d'enquête sur certains événements survenus à la Prison des femmes de Kingston (Commission Arbour), il est devenu clair que l'approche axée sur une vie communautaire ne répondait ni aux besoins d'une petite minorité de femmes, soit celles dites à « sécurité maximale », ni au risque qu'elles présentaient. Toutefois, La création de choix ne dit à peu près rien à ce sujet. Les auteurs pensaient que, après une courte période d'adaptation dans les unités à encadrement renforcé, les femmes s'intégreraient dans la population générale des établissements régionaux. Malheureusement, cette hypothèse s'est révélée fausse.

À la suite des incidents survenus à la Prison des femmes en avril 1994, le SCC a commencé à se demander comment il était possible d'accueillir dans les nouveaux établissements régionaux les femmes qui usent de violence à l'égard d'autrui. Le SCC a octroyé deux contrats pour des études documentaires, lesquelles ont été terminées au début de 19952 et ont servi de base à une réunion entre le SCC et des organismes non gouvernementaux et des experts tenue en juillet 19953. Une série d'incidents survenus à l'établissement pour femmes d'Edmonton en 1996 a entraîné la décision de créer des unités à sécurité maximale dans chaque région pendant que le Service élaborait une stratégie à long terme pour répondre aux besoins de ce petit groupe de femmes. Ces unités étaient aménagées dans des établissements pour hommes4, sauf en Ontario, où la Prison des femmes est restée ouverte5. Parallèlement à l'ouverture de ces unités, deux programmes intensifs de guérison ont été mis en œuvre pour les femmes ayant de graves problèmes de santé mentale, l'un au Centre psychiatrique régional (Prairies) et l'autre à la Prison des femmes.

Une série d'études a été effectuée à partir de 1995 sur les besoins en santé mentale des femmes (les rapports Whitehall (1995), Rivera (1996) et Warner (1997)) 6. Entre-temps, la Direction de la recherche du SCC procédait à des études comparatives du risque et des besoins des détenues dites « à sécurité maximale », « à sécurité minimale » et « à sécurité moyenne » a href="#_ftn7">7 ainsi que des détenus dits « à sécurité maximale »8. De la fin de 1997 au début de 1998, une seconde série d'études a été réalisée. Des détenues dites « à sécurité maximale » (Autochtones et non-Autochtones) ont été interviewées et il leur a été demandé pourquoi, selon elles, elles étaient classées au niveau de sécurité maximal et ce qui les aiderait à obtenir une cote inférieure. Ces deux rapports9 permettaient au Service de comprendre beaucoup mieux les besoins et les vues des détenues dites « à sécurité maximale ».

Le Service correctionnel du Canada a atteint un objectif important en établissant un régime correctionnel plus équitable et plus approprié pour les délinquantes au Canada grâce à l'ouverture d'établissements régionaux pour femmes entre 1995 et 1997. Toutefois, si le nouveau modèle est sûr et s'il est bénéfique à la plupart des délinquantes, il est apparu qu'il ne convenait pas au petit groupe de femmes qui présentent des risques et besoins élevés ou qui ont de graves problèmes de santé mentale. C'est pourquoi la Stratégie d'intervention intensive, fondée sur la recherche et l'expérience opérationnelle, a été présentée au Conseil du Trésor et approuvée en mai 1999.

Intervention intensive en milieu fermé - Aperçu

 

Le Service pense qu'il est nécessaire de disposer d'un modèle distinct pour les femmes classées au niveau de sécurité maximal. En fonction de recherches antérieures et actuelles et de l'expérience acquise en milieu opérationnel, le présent plan opérationnel sert de base à la partie de la stratégie qui s'attaque au risque et aux besoins des détenues dites « à sécurité maximale ». Celles-ci ont besoin d'une intervention intensive, mais d'après l'évaluation du risque, il faut que ce mode d'intervention ait lieu en milieu fermé, d'où l'Intervention intensive en milieu fermé. Le plan opérationnel connexe concernant le Milieu de vie structuré (MVS) traite des besoins des délinquantes à sécurité minimale et moyenne qui ont besoin d'un traitement psychiatrique plus intensif. Ces deux parties constituent la Stratégie d'intervention intensive .

L'intervention intensive en milieu fermé se compose de deux éléments – la sécurité passive (son niveau est plus élevé que celui que nécessitent les détenues dites « à sécurité minimale » et « à sécurité moyenne ») et une interaction soutenue entre le personnel et les détenues :

  1. Les unités à encadrement renforcé existantes dans chacun des quatre établissements régionaux pour femmes10 ont été rénovées de façon à créer des unités de garde en milieu fermé (plus de cellules et des locaux pour les programmes et le personnel ainsi qu'une cour d'accès réservé).
  2. Chaque Unité de garde en milieu fermé a un nombre suffisant d'employés bien formés pour permettre une intervention intensive et une sécurité active, grâce à une approche interdisciplinaire qui combine des éléments d'une intervention correctionnelle judicieuse, une sécurité active, des programmes appropriés et une intervention en santé mentale.

La stratégie fournit des locaux sûrs pour ces femmes tout en mettant l'accent sur l'intervention intensive du personnel, les programmes et les traitements adaptés à leurs besoins individuels. En gardant ces délinquantes dans leur milieu d'origine, il est possible de préparer et de planifier plus efficacement leur remise en liberté sans danger dans leurs collectivités d'origine, car la majeure partie de cette population purge des peines de moins de six ans. Les unités de garde en milieu fermé fonctionnent indépendamment du reste de l'établissement, ayant leurs propres secteurs de programmes. Les détenues dites « à sécurité maximale » sortiront de l'unité sous la surveillance du personnel (elles seront escortées). Elles auront accès aux autres secteurs de l'établissement à des moments où les autres détenues n'y seront pas. De cette manière, elles seront séparées, comme il convient, des détenues dites « à sécurité minimale » et « à sécurité moyenne ». Toutefois, les services administratifs et de soutien seront communs.

Cette stratégie donne suite à l'engagement du SCC d'élaborer une stratégie nationale pour les femmes qui présentent des risques et besoins élevés, ce qui a entraîné la fermeture des petites unités dans des établissements pour hommes, et à la promesse du gouvernement de fermer la Prison des femmes, comme le recommandait le Groupe d'étude en 1990.

 

B. Principes

La création de l'Unité de garde en milieu fermé repose sur la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition (LSCMLC), la Mission du Service correctionnel, La création de choix et la Stratégie en matière de santé mentale pour les délinquantes .

L'article 77 de la LSCMLC se lit comme suit :

77. Le Service doit notamment11, en ce qui concerne les délinquantes, leur offrir des programmes adaptés à leurs besoins spécifiques et consulter régulièrement, à cet égard, les organisations féminines compétentes ainsi que toute personne ou groupe ayant la compétence et l'expérience appropriées.

L'article 80 dit ceci :

80. Dans le cadre de l'obligation qui lui est imposée par l'article 76, le Service doit offrir des programmes adaptés aux besoins des délinquants autochtones.

Certains alinéas de l'article 4, en particulier, disent ceci :

4. Le Service est guidé, dans l'exécution de ce mandat, par les principes qui suivent :

a) la protection de la société est le critère prépondérant lors de l'application du processus correctionnel;
d) les mesures nécessaires à la protection du public, des agents et des délinquants doivent être le moins restrictives possible;
e) le délinquant continue à jouir des droits et privilèges reconnus à tout citoyen, sauf de ceux dont la suppression ou la restriction est une conséquence nécessaire de la peine qui lui est infligée;
h) les directives d'orientation générale, programmes et méthodes respectent les différences ethniques, culturelles et linguistiques, ainsi qu'entre les sexes, et tiennent compte des besoins propres aux femmes, aux Autochtones et à d'autres groupes particuliers;
i) il est attendu que les délinquants observent les règlements pénitentiaires et les conditions d'octroi des permissions de sortir, des placements à l'extérieur et des libérations conditionnelles ou d'office et qu'ils participent aux programmes favorisant leur réadaptation et leur réinsertion sociale.

Et l'article 30 :

30. (1) Le Service assigne une cote de sécurité selon les catégories dites maximale, moyenne et minimale à chaque détenu conformément aux règlements d'application de l'alinéa 96z.6).

(2) Le Service doit donner, par écrit, à chaque détenu les motifs à l'appui de l'assignation d'une cote de sécurité ou du changement de celle-ci.

Les articles 17 et 18 du Règlement sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition (RSCMLC) sont ainsi conçus :

17. Le Service détermine la cote de sécurité à assigner à chaque détenu conformément à l'article 30 de la Loi en tenant compte des facteurs suivants :

a) la gravité de l'infraction commise par le détenu;
b) toute accusation en instance contre lui;
c) son rendement et sa conduite pendant qu'il purge sa peine;
d) ses antécédents sociaux et criminels, y compris ses antécédents comme jeune contrevenant s'ils sont disponibles;
e) toute maladie physique ou mentale ou tout trouble mental dont il souffre;
f) sa propension à la violence;
g) son implication continue dans des activités criminelles.

18. Pour l'application de l'article 30 de la Loi, le détenu reçoit, selon le cas :

a) la cote de sécurité maximale, si l'évaluation du Service montre que le détenu :
  (i) soit présente un risque élevé d'évasion et, en cas d'évasion, constituerait une grande menace pour la sécurité du public,
  (ii) soit exige un degré élevé de surveillance et de contrôle à l'intérieur du pénitencier;
b) la cote de sécurité moyenne, si l'évaluation du Service montre que le détenu :
  (i) soit présente un risque d'évasion de faible à moyen et, en cas d'évasion, constituerait une menace moyenne pour la sécurité du public,
  (ii) soit exige un degré moyen de surveillance et de contrôle à l'intérieur du pénitencier;
c) la cote de sécurité minimale, si l'évaluation du Service montre que le détenu :
  (i) soit présente un faible risque d'évasion et, en cas d'évasion, constituerait une faible menace pour la sécurité du public,
  (ii) soit exige un faible degré de surveillance et de contrôle à l'intérieur du pénitencier.

Le document sur la Mission du Service correctionnel lui donne pour mandat ce qui suit :

Le Service correctionnel du Canada, en tant que composante du système de justice pénale, et dans la reconnaissance de la primauté du droit, contribue à la protection de la société en incitant activement et en aidant les délinquants à devenir des citoyens respectueux des lois tout en exerçant un contrôle raisonnable, sûr, sécuritaire et humain.

Et, en particulier, comme valeur fondamentale 1 :

Nous respectons la dignité des individus, les droits de tous les membres de la société et le potentiel de croissance personnelle et de développement des êtres humains.

Et comme valeur fondamentale 3 :

Nous estimons que le personnel du Service constitue sa force et sa ressource principale dans la réalisation de ses objectifs, et nous croyons que la qualité des rapports humains est la pierre angulaire de sa Mission.

Les Principes du changement décrits dans La création de choix sont les suivants :

  1. Pouvoir contrôler sa vie :c'est le processus par lequel les femmes prennent conscience de leur situation, reconnaissent leurs points forts, et sont appuyées et poussées à prendre les mesures nécessaires pour prendre contrôle de leur vie.
  2. Des choix valables et responsables :Les femmes ont besoin d'options qui leur permettent de faire des choix judicieux. La dépendance à l'égard de l'alcool ou des drogues, des hommes et de l'aide financière du gouvernement leur enlève la possibilité et la capacité de faire des choix.
  3. Respect et dignité : Le SCC s'est souvent vu reprocher sa tendance à encourager, donc à perpétuer, un comportement infantile de dépendance chez les délinquantes. Il faut un respect mutuel entre délinquantes, entre employés et entre les deux groupes.
  4. Environnement de soutien :La qualité de l'environnement (tant le milieu physique que le climat émotionnel) peut promouvoir la santé physique et psychologique et le développement personnel.
  5. Responsabilité partagée : Il y a un rôle à jouer pour tous les paliers de gouvernement, le système correctionnel, les organismes de bénévolat, les entreprises, les services du secteur privé et la collectivité dans l'élaboration de systèmes de soutien et la continuité du service aux délinquantes.

Les principes de base exposés dans la Stratégie en matière de santé mentale pour les délinquantes12 :

Bien-être

Le principe du bien-être consiste à promouvoir le bien-être de l'individu plutôt qu'à « traiter une pathologie » et comprend :

  • la mise en œuvre de programmes holistiques, à savoir des programmes qui tiennent compte du corps, de l'esprit, de l'âme et des émotions, ainsi que de la corrélation entre ces derniers dans un contexte familial et communautaire;
  • l'élimination des stéréotypes (y compris les diagnostics psychiatriques) dans la mesure où ceux-ci nous poussent à n'envisager les problèmes des femmes que sous l'angle de la santé mentale;
  • le renforcement des aptitudes nécessaires au développement personnel et à la vie autonome dans la collectivité;
  • la nécessité de faire participer des spécialistes de la santé mentale et d'autres personnes, y compris des fournisseurs de services et des ressources communautaires Autochtones, et les membres des familles des délinquantes, etc. à la réalisation des plans de traitement.

Accès

Ce principe, conformément à l'article 86 de la LSCMLC , met l'accent sur l'accès raisonable à des services de santé mentale essentiels et non essentiels de qualité, y compris :

  • le diagnostic précoce des problèmes de santé mentale et la détermination des besoins en matière de traitement;
  • les mesures d'intervention opportunes visant à atténuer l'intensification des symptômes et à prévenir les situations de crises aiguës;
  • des interventions adaptées à la complexité des cas des femmes souffrant de plusieurs troubles mentaux et d'autres diagnostics/problèmes qui exigent une intervention simultanée;
  • les services fournis conformément aux normes de la collectivité.

Adaptation aux besoins des délinquantes

La gamme des services de santé mentale doit être offertes en tenant compte de la spécificité reliée au sexe et d'une manière appropriée telles que :

  • seuls interviennent les employés bien sensibilisés à la situation des femmes et à leurs problèmes de santé mentale;
  • les programmes de traitement et les services tiennent compte des besoins particuliers des délinquantes et favorisent leur autonomie, les relations interpersonnelles et les relations constructives à l'enseigne du respect mutuel.

Participation des clientes >(principe de justice fondamentale)

Les délinquantes doivent participer activement à leur évaluation et à leur traitement en matière de santé mentale de manière que, dans toute la mesure du possible, elles jouent un rôle actif dans la planification de leur traitement et dans les décisions qui les intéressent.

Mesures les moins restrictives

Conformément à l'alinéa 4d (principes) de la  LSCMLC  :

  • le traitement est administré selon la méthode d'intervention la moins restrictive/intensive possible;
  • les femmes sont logées dans le milieu le moins restrictif possible sans que la sécurité du public ne soit pour autant compromise.

 

C. Rôle de l'Unité de garde en milieu fermé

Par une gestion cohérente, des structures claires, des modèles de comportement, un renforcement positif et des interventions cohérentes en temps opportun, l'Unité de garde en milieu fermé :

  • assure la garde sécuritaire et humaine des femmes dans le respect de leurs droits et des obligations faites par la loi;
  • favorise le changement dans les comportements des femmes et leurs capacités d'adaptation qui leur permettront de s'intégrer sans danger dans un cadre de niveau de sécurité moins élevé ;
  • intègre la délinquante, lorsque c'est possible, ou la sépare, lorsque c'est nécessaire (p. ex. intègre la délinquante à l'établissement, par exemple facilite la participation de la délinquante aux programmes offerts dans le reste de l'établissement lorsque l'évaluation du risque que celle-ci présente permet de conclure qu'une telle intégration comporte un risque acceptable).

 

D. Locaux partagés

Étant donné le faible nombre de détenues dites « à sécurité maximale », la création d'unités distinctes aurait donné lieu à une situation trop semblable à un isolement à long terme. Ces femmes doivent avoir l'occasion de quitter les unités de garde en milieu fermé. Malgré que les unités aient des locaux pour des programmes, le Service correctionnel a pris la décision de ne pas attribuer à l'Unité de garde en milieu fermé des espaces distincts réservés aux visites, des salles pour programmes spécialisés, un gymnase, des services de santé, des aires de formation professionnelle, etc. Les détenues de l'unité utiliseront plutôt les installations de ce genre qui existent déjà dans chaque établissement. Toutefois, les locaux partagés seront gérés suivant des horaires distincts pour la population dite « à sécurité maximale » et les déplacements des femmes seront, en tout temps, directement surveillés par le personnel.

Les occasions de sortir de l'Unité de garde en milieu fermé, sous une forme ou une autre de surveillance d'après les évaluations individuelles du risque , aideront à maximiser et à faciliter l'intégration de détenues dites « à sécurité maximale ». Cela peut se faire en permettant à ces dernières d'avoir accès à des ressources qu'elles n'ont pas dans l'unité, si le risque est acceptable (ce qui devrait se produire à un moment donné). Il est reconnu que le nombre des sorties de l'Unité de garde en milieu fermé ne sera pas identique pour toutes les détenues dites « à sécurité maximale ».

L'utilisation des locaux partagés sera abordée en détail à la Partie 4, Opérations.

 

E. Questions liées à la séparation

L'un des éléments de la Stratégie d'intervention intensive est l'utilisation de locaux partagés et la façon d'arriver à séparer les détenues dites « à sécurité maximale » de celles dites « à sécurité minimale » et « à sécurité moyenne » sans limiter ni compromettre les opérations de la partie principale de l'établissement, ou en les dérangeant le moins possible.

La séparation stricte - physique, visuelle et auditive - d'avec les hommes dans les unités rattachées aux établissements pour hommes était liée au sexe et aux problèmes de victimisation antérieurs, non au risque que présentaient les femmes. Par conséquent, le niveau de séparation requis dans les unités colocalisées n'est généralement pas envisagé pour les établissements régionaux. Ce qui est clair, c'est qu'un certain niveau de séparation existera et doit exister pour que l'on puisse protéger la population des niveaux de sécurité inférieurs contre l'intimidation 13 possible et pour veiller à ce que toutes les délinquantes soient gérées dans l'environnement le moins restrictif qui soit et le plus propice possible à la réintégration. On vise ainsi à laisser autant de liberté que faire se peut à la population dite « à sécurité minimale » et « à sécurité moyenne »; on s'attend toutefois à ce que les détenues à sécurité moindre se comportent convenablement. Ainsi, la séparation entre les populations sera assurée :

•  par l'affectation particulière de locaux (l'Unité de garde en milieu fermé elle-même);

•  par la définition des limites des secteurs situés aux alentours de l'unité de garde en milieu fermé et contrôles de ces limites (pour la population générale);

•  par des déplacements hors de l'unité sous la surveillance directe du personnel;

•  par des activités hors de l'unité (p. ex. gymnase) selon un horaire différent de la population générale;

•  les détenues dites « à sécurité minimale » et « à sécurité moyenne » ne participeront pas à des activités dans l'Unité de garde en milieu fermé (pour ce qui est des membres des équipes d'entraide et des représentantes des comités des détenues, voir la section 4 sur les programmes).

Les questions concernant les déplacements figurent dans la Partie 4, Opérations.

 

PARTIE 2 - Qui sont les DéTENUES dites « à sécurité Maximale » ?

L'article 18 du Règlement dit ceci :

18. Pour l'application de l'article 30 de la Loi, le détenu reçoit, selon le cas :

a) la cote de sécurité maximale, si l'évaluation du Service montre que le détenu :
  (i) soit présente un risque élevé d'évasion et, en cas d'évasion, constituerait une grande menace pour la sécurité du public,
  (ii) soit exige un degré élevé de surveillance et de contrôle à l'intérieur du pénitencier.

 

A. Introduction

Entre 1998 et 2000, le nombre de détenues dites « à sécurité maximale » est demeuré stable, se situant en moyenne entre 25 et 30 (de 7 % à 8 % de la population carcérale); cependant, il a connu une augmentation en 2001 et 2002, variant entre 40 et 50 (jusqu'à 14 % environ de la population).

La recherche et l'expérience opérationnelle montrent que beaucoup d'entre elles ont un grave problème de toxicomanie, ce qui oblige à prendre des mesures de sécurité pour empêcher l'introduction d'objets interdits et protéger les détenues contre l'intimidation et les pressions pour le trafic de drogues. La recherche montre en outre que les mauvais traitements d'ordre physique et sexuel subis par beaucoup de délinquantes sont liés à leur problème de toxicomanie et que la victimisation peut aussi mener à des difficultés de comportement.

De plus, la recherche révèle des différences statistiquement significatives entre les détenues dites « à sécurité maximale », « à sécurité moyenne » et « à sécurité minimale » sous plusieurs aspects14; en particulier, les premières ont des besoins plus grands et présentent un risque plus élevé que les autres femmes. Pour certaines, le risque principal est le risque d'évasion, mais, le plus souvent, le principal facteur de risque est leur comportement en établissement, souvent caractérisé par l'impulsivité et l'instabilité; ce qui leur permet difficilement de fonctionner de façon appropriée dans l'environnement de type communautaire des établissements régionaux.

En général, les comportements de ces femmes peuvent être sérieux et dangereux et se manifestent le plus souvent par des actions (planifiées ou non) :

  • contre elles-mêmes (tentatives de suicide et automutilation);
  • contre des personnes avec qui elles sont en étroite relation (voies de fait contre des codétenues ou des employés, y compris prise d'otages);
  • contre des objets inanimés (destruction de biens ou incendie en cellule).

Ces comportements constituent souvent des réactions impulsives à l'exaspération, à l'ennui, à des problèmes relationnels ou à des objections à des demandes ou ordres venant du personnel. Ils peuvent également donner aux délinquantes un avantage secondaire - un sentiment de pouvoir et de contrôle sur les autres ou l'environnement. Dans une unité où il y a incohérence de la part du personnel et où sont absentes une structure et des règles bien comprises, le risque de telles actions, individuelles ou collectives, augmente.

 

B. Risques et besoins15

L'étude que Blanchette a réalisée des évaluations du niveau des besoins des détenues dites « à sécurité minimale », « à sécurité moyenne » et « à sécurité maximale » fait ressortir des différences constantes et fiables entre les groupes dans six domaines de besoins mesurés à l'évaluation initiale : emploi, relations matrimoniales et familiales, fréquentations, toxicomanie, vie sociale et attitude générale. Le domaine « orientation personnelle et affective » est le seul dans lequel aucune différence sensible n'a été relevée, mais les données semblent révéler une tendance semblable. Il a été constaté que les détenues dites « à sécurité maximale » ont plus de difficultés que les détenues dites « à sécurité moyenne », qui, à leur tour, ont des besoins plus grands que les délinquantes dites « à sécurité minimale ».

Selon l'évaluation globale du risque et des besoins à l'admission dans un établissement fédéral, aucune des détenues dites « à sécurité maximale » n'a reçu une cote « faible » pour l'ensemble des besoins. Dans la vaste majorité (86 %) des cas, on a estimé qu'elles avaient des besoins « élevés »; une minorité (14 %) avaient des besoins « moyens ».

Le niveau de risque aussi était élevé chez les détenues dites « à sécurité maximale » : la majorité (77 %) étaient à risque « élevé », et les autres délinquantes (23 %) étaient à risque « moyen »16. Les analyses statistiques ont confirmé que les différences relevées quant aux niveaux de risque et des besoins étaient fiables.

 

 

Maximale

Moyenne

Minimale

Besoins

Élevés

86 %

43 %

10 %

Moyens

14 %

39 %

26 %

Faibles

---

18 %

64 %

Risque

Élevé

77 %

27 %

7 %

Moyen

23 %

56 %

18 %

Faible

---

17 %

75 %

 

Des variables multiples liées au risque et aux besoins font état de différences entre les groupes, attestant d'une progression correspondante entre le niveau de sécurité et les niveaux de risque et des besoins. Ces résultats permettent de conclure à l'hétérogénéité de la population carcérale de sexe féminin (les détenues diffèrent selon la cote de sécurité qui leur a été donnée) ainsi qu'à l'attribution des cotes de sécurité suivant les niveaux de risque et des besoins.

La comparaison de tous les indicateurs de tendances suicidaires autorisent à penser que les détenues dites « à sécurité maximale » présentent un risque plus élevé de suicide que celles classées aux niveaux de sécurité moyen et minimal. Alors que seulement de 11 % à 13 % des femmes des deux derniers groupes pouvaient avoir des tendances suicidaires selon l'évaluation faite à l'admission, environ 25 % de celles classées au niveau de sécurité maximal ont exprimé l'intention de se suicider. C'était le cas d'une délinquante seulement classée à sécurité moyenne et de quelques-unes (8,5 %) dites « à sécurité minimale ».

Un grand nombre (71 %) de délinquantes dites « à sécurité maximale » ont déjà fait des tentatives de suicide, par rapport à 42 % de celles dites « à sécurité moyenne » et à moins de 20 % des délinquantes dites « à sécurité minimale ».

Environ 35 % des délinquantes dites « à sécurité maximale » manifestaient des signes de dépression à l'admission, en comparaison de moins de 10 % des délinquantes dites « à sécurité moyenne » et de moins de 24 % de celles dites « à sécurité minimale ». Par conséquent, 57 % de celles classées au niveau de sécurité maximal ont fait l'objet d'une récente intervention psychiatrique et/ou psychologique, par rapport à 29 % et à 19 % de celles dites « à sécurité moyenne » et « à sécurité minimale » respectivement. Encore une fois, tous ces écarts étaient statistiquement fiables.

 

C. La population et les priorités

De l'expérience acquise à la fois dans les unités colocalisées et les unités de traitement intensif en santé mentale, le SCC a conclu ce qui suit :

  • Les femmes qui ont besoin d'un niveau plus élevé d'intervention représentent une petite population hétérogène, caractérisée par des besoins intenses et multiples et des incompatibilités avec d'autres femmes. Elles risquent davantage d'user de violence en milieu carcéral que la population des établissements à sécurité minimale et moyenne, et elles ont tendance à minimiser leur recours à la violence en établissement.
  • Les femmes Autochtones sont surreprésentées dans cette population, en particulier dans la région des Prairies. D'où le défi particulier qui consiste à leur offrir des programmes, et autres formes d'intervention, adaptés à leur culture.
  • La priorité est de motiver les femmes pour qu'elles apprennent à gérer et à maîtriser leurs comportements agressifs ou impulsifs au point que le risque qu'elles présentent soit atténué et qu'on puisse répondre à leurs besoins (ce qui pourrait éventuellement mener à l'attribution d'un niveau de sécurité plus bas). Cela est particulièrement important pour celles qui ne sont pas prêtes à s'engager dans leur plan correctionnel.
  • Un nombre important de ces femmes ont depuis longtemps de graves problèmes de santé mentale et ont besoin d'interventions intensives, souvent individuelles, sous forme de programmes et de traitements, pour gérer leur comportement et répondre à leurs besoins.

La recherche et l'expérience montrent également que, malgré sa nature hétérogène, la population des détenues dites « à sécurité maximale » se divise généralement en trois groupes17 (même s'il y a un petit nombre de femmes qui font partie de plus d'un groupe) :

Population générale

Ce groupe présente un comportement antisocial ou des attitudes criminelles, ou les deux, et des troubles affectifs ou de santé mentale. Certaines de ces femmes peuvent rester dans la population générale (sécurité maximale) pendant de longues périodes, mais elles ont parfois besoin d'une intervention plus intensive pour faire face à des crises.

Le but de l'intervention intensive est d'aider ces femmes à perdre leur attitude antisociale (qui peut les amener à ne pas participer aux programmes et à recourir à la manipulation et à l'intimidation) en établissant une relation de confiance professionnelle et en se concentrant sur la gestion du comportement et sur les compétences susceptibles de faire baisser leur niveau de sécurité. Elles ont généralement un grave problème de toxicomanie et ont longtemps subi des mauvais traitements. Elles ont tendance à dépasser les limites.

On peut en outre diviser cette population ainsi : les détenues qui refusent toute participation et pour lesquelles des interventions axées sur le comportement sont nécessaires; celles dont la date de mise en liberté approche (et qui peuvent ou non refuser de participer) et celles qui présentent un potentiel pour un niveau de sécurité moyen (et qui veulent participer).

 

Délinquantes ayant des besoins spéciaux

Cette définition s'applique à celles qui ont beaucoup de mal à fonctionner dans la population générale (sécurité maximale). Elles sont caractérisées par d'importants déficits cognitifs ou sont atteintes de graves troubles affectifs ou psychiques (plus que celles qui peuvent fonctionner dans le MVS), et/ou elles souffrent d'une maladie mentale grave. Elles ont généralement déjà été placées dans des hôpitaux psychiatriques ou des systèmes correctionnels provinciaux. Leurs difficultés peuvent les empêcher de participer aux programmes courants ou d'en retirer des bienfaits, et elles peuvent présenter des comportements instables et parfois violents.

Il leur faut, en permanence, un important soutien dans la vie quotidienne et des programmes adaptés à leurs capacités mentales pour qu'elles puissent acquérir des mécanismes plus appropriés de soin personnel/d'hygiène personnelle et d'adaptation. Pour elles, les unités de traitement intensif en santé mentale18 se sont révélées plus efficaces que les méthodes correctionnelles classiques pour modifier leur comportement.

 

Condamnées à perpétuité

Le troisième groupe de détenues dites « à sécurité maximale » purgent les deux premières années d'une peine d'emprisonnement à perpétuité. Chez certaines d'entre elles le risque et les besoins sont grands, alors qu'ils sont plutôt modérés chez d'autres. Dans un cas comme dans l'autre, les détenues doivent affronter les difficultés inhérentes aux premières années d'une peine d'emprisonnement à perpétuité.

 

D. Analyse des besoins

Une analyse des besoins a été effectuée au cours des premières étapes de la planification de la Stratégie d'intervention intensive pour contribuer à l'élaboration du plan de mise en œuvre. On a distribué un questionnaire pour étudier les questions suivantes : la santé mentale, les aptitudes et les difficultés à fonctionner dans la vie quotidienne, l'adaptation au milieu carcéral et les besoins en formation des membres du personnel. Le questionnaire a été rempli par des équipes interdisciplinaires dans chaque établissement pour femmes.

Les cas qui ont été retenus et examinés sont ceux des détenues dites « à sécurité maximale », des détenues qui avaient une cote de sécurité maximale au cours de l'année précédente, des détenues qui sont logées dans une unité de santé mentale ou un centre psychiatrique, et des détenues qui ne sont pas logées dans une unité de santé mentale, mais qui ont eu d'importants problèmes de santé mentale et/ou d'importantes lacunes au niveau des compétences psychosociales nécessitant un encadrement particulier ou une intervention supplémentaire considérable. On a ratissé large pour qu'aucune détenue ne soit oubliée.

Les données ont été réparties dans cinq catégories : sécurité maximale, sécurité maximale et besoins particuliers, besoins particuliers dans un centre de traitement, besoins particuliers à l'extérieur d'un centre de traitement, et antérieurement « à sécurité maximale ». Pour les besoins du présent Plan opérationnel, seuls les cas des détenues dites « à sécurité maximale » et ceux des détenues dites « à sécurité maximale » qui ont des besoins particuliers (BP) seront examinés (comme indiqué dans la section précédente).

Les résultats reflètent la recherche et l'expérience : bien que les délinquantes ayant des besoins spéciaux soient aux prises avec différents problèmes de santé mentale, les délinquantes ayant une cote de sécurité maximale ont tendance à éprouver des difficultés liées aux troubles de la personnalité. La toxicomanie est un problème pouvant atteindre divers degrés, tant chez les délinquantes classées au niveau de sécurité maximal que chez les délinquantes ayant des besoins spéciaux. Bien qu'une partie des délinquantes à sécurité maximale manifestent des comportements changeants et agressifs, un tel comportement semble plus fréquent chez le groupe de délinquantes ayant des besoins spéciaux.

Voir les tableaux suivants.

 


Problèmes de santé mentale

Maximale

Maximale/bp

Maladie mentale grave (MMG)

0

2

Troubles de la personnalité (TP)

7

2

Troubles cognitifs (TC)

2

2

MMG + TP

0

1

MMG + TC

0

0

TP + TC

2

1

Tous ces problèmes

0

1

Aucun de ces problèmes

9

0

 

graph

 


1 Expression utilisée parce que, à l'époque, beaucoup de femmes purgeant une peine de ressort fédéral étaient logées en vertu d'accords d'échange de services (AES) dans des établissements provinciaux pour être plus proches de leur milieu d'origine.
2Shaw, Margaret et Dubois, Sheryl, Comprendre la violence exercée par des femmes (février 1995), et Crump, Judy, La colère et les autres émotions chez les femmes (février 1995).
3 Voir Séance de remue-méninges : Comprendre la violence exercée par des femmes et faire face à leur colère, 5 – 7 juillet 1995 (SCC, octobre 1995).
4 On trouvait des unités pour femmes à l'établissement de Springhill, à Springhill, en Nouvelle-Écosse (fermée en mai 2003); au Centre régional de réception, à Sainte-Anne-des-Plaines, au Québec (ouverte au moment de la rédaction du présent plan); au pénitencier de la Saskatchewan, à Prince Albert, en Saskatchewan (fermée en mars 2003).
5 La dernière détenue a été transférée de cet établissement le 8 mai 2000, et l'établissement a fermé le 6 juillet 2000.
6 Pour plus de détails, voir le Plan opérationnel – Milieu de vie structuré, SCC, 2002.
7Rapport de recherche 1997 n o R-58,Évaluation du risque et des besoins chez les délinquantes sous responsabilité fédérale : comparaison des détenues dites « à sécurité minimale », « moyenne » et « maximale », Kelley Blanchette, Direction de la recherche, Service correctionnel du Canada, juin 1997.
8 Rapport de recherche 1997, no R-53, Détenus à sécurité maximale sous responsabilité fédérale : comparaison entre les sexes, Kelley Blanchette et Laurence L. Motiuk, Direction de la recherche, Service correctionnel du Canada, mars 1997.
9Détenues sous responsabilité fédérale - Projet d'entrevue de détenues dites à sécurité maximale : Faire du temps sans se laisser faire par le temps, Donna McDonagh, Ph.D, Service correctionnel du Canada, 1998 et Les détenues Autochtones à sécurité maximale purgeant une peine fédérale - Que sont devenues les promesses de «La création de choix»?, SkyBlue Morin, janvier 1999.
10Établissement Nova pour femmes, Truro (Nouvelle-Écosse); établissement de Joliette, Joliette (Québec); établissement Grand Valley pour femmes, Kitchener (Ontario); et établissement d'Edmonton pour femmes, Edmonton (Alberta). Même si la stratégie n'a pas d'effet direct sur le pavillon de ressourcement Okimaw Ohci à Maple Creek, en Saskatchewan, le SCC poursuivra ses efforts pour intégrer les femmes Autochtones dans cet établissement. D'ici la fin de 2004, une Unité de garde en milieu fermé sera créée à l'établissement Fraser Valley, le nouvel établissement fédéral pour femmes situé à Abbottsford (Colombie-Britannique).
11Art. 76. Le Service doit offrir une gamme de programmes visant à répondre aux besoins des délinquants et à contribuer à leur réinsertion sociale.
12 Jane Laishes (SCC), 1997-2002.
13 Nous pourrions envisager la possibilité d'intégrer, dans le programme d'orientation des détenues, un volet informatif portant sur le harcèlement, l'intimidation, le taxage et la façon de se comporter dans ces situations. La formation du personnel devrait également traiter ces sujets, du soutien qui peut être apporté aux femmes victimisées ainsi que des méthodes pour les habiliter à regagner confiance face à ces situations.
14Rapport de recherche n o R-58: Évaluation du risque et des besoins chez les délinquantes sous responsabilité fédérale : comparaison des détenues dites « à sécurité minimale, moyenne et maximale », Kelley Blanchette, Direction de la recherche, Service correctionnel du Canada, juin 1997
15 Ibid. (Résumé)
16En ce qui touche les détenues dites « à sécurité moyenne », 17 % présentaient un risque « faible », 56 % un risque « moyen » et le reste, 27 %, un risque « élevé ». Comme pour les détenues dites « à sécurité moyenne » et « à sécurité maximale », le niveau global des besoins, dans le cas des détenues dites « à sécurité minimale », correspondait à la cote de sécurité attribuée : ce risque a été jugé « faible » chez la majorité (75 %), « moyen » dans le cas de 18 % et « élevé » chez 7 % seulement.
17 Voir Détenues sous responsabilité fédérale - Projet d'entrevue de détenues dites à sécurité maximale : Faire du temps sans se laisser faire par le temps, Donna McDonagh, Ph.D, 1998 pages 11-13.
18 Au Centre psychiatrique régional (Prairies) et à la Prison des femmes avant sa fermeture.


 


Abus d'alcool ou d'autres drogues

Maximale

Maximale/BP

Toxicomanie

50 %

90 %

Alcoolisme

55 %

62 %

Polytoxicomanie

72 %

48 %

Médicaments d'ordonnance

10 %

25 %

 

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legende

 

Autres comportements

Maximale

Maximale/BP

Comportements suicidaires

30 %

89 %

Automutilation

58 %

58 %

Agression à l'endroit de membres du personnel

50 %

65 %

Agression à l'endroit d'autres détenues

55 %

55 %

 

graph
legende

 

L'analyse des besoins a également fait ressortir l'information suivante :

  • Sur huit détenues Autochtones dites « à sécurité maximale », sept ont été classées à sécurité maximale et une a été classée à sécurité maximale en plus d'avoir des besoins particuliers.
  • Activités quotidiennes : les détenues dites « à sécurité maximale » se sont montrées particulièrement responsables en ce qui concerne les soins personnels (se laver, s'habiller et manger) et les tâches ménagères.
  • Questions relatives aux programmes : moins de 15 % des détenues dites « à sécurité maximale » avaient besoin de programmes adaptés à leurs capacités cognitives, tandis qu'environ 25 % des détenues ayant des besoins particuliers nécessitaient des programmes adaptés.
  • Il a été déterminé que les deux tiers des détenues étaient capables de participer à des programmes de groupes, tandis qu'environ le tiers des détenues ayant des besoins particuliers pouvaient fonctionner dans ce type de contexte.
  • Isolement : au cours de l'année précédente, moins de trois quarts des délinquantes dites « à sécurité maximale » ayant des besoins particuliers ont été placées en isolement non sollicité. L'isolement sollicité a été utilisé pour environ la moitié des détenues qui ont des besoins particuliers.
  • La plupart des comportements et des besoins identifiés ci-dessus sont classés dans l'une des quatre grandes catégories de problèmes : dérèglements des émotions, abus d'alcool ou d'autres drogues, faibles habiletés en communications interpersonnelles et difficultés dans la vie quotidienne. Pour de nombreuses détenues, ces problèmes sont interreliés et probablement liés aux raisons pour lesquelles elles sont classées à sécurité maximale ainsi qu'à leurs besoins criminogènes.

 

E. Profil actuel1

La population dite « à sécurité maximale » diffère de la population générale (sécurité moyenne et minimale). En règle générale, les délinquantes sont plus jeunes, ont été condamnés dans une plus grande proportion pour des crimes contre la personne, ont des peines plus longues et ont eu plus de condamnations antérieures de ressort fédéral.

Facteur de comparaison

Sécurité maximale

Sécurité minimale
et moyenne

Population incarcérée

12 % (44)

77,4 % (284)

Âge

68,2 % (30) ont entre
20 et 34 ans

48,9 % (139) ont entre
20 et 34 ans

Meurtre au premier degré

4,5 %

4,9 %

Meurtre au deuxième degré

20,5 %

13,4 %

Infractions Annexe 1

61,4 %

53,2 %

Infractions Annexe 2

2,3 %

18,7 %

Infractions non visées aux annexes

11,4 %

9,9 %

Peine de moins de six ans

45,5 %

64,4 %

Aucune condamnation antérieure de ressort fédéral

63,6 %

79,6 %

 

PARTIE 3 – Établir l'environnement

La présente section établit l'environnement pour les opérations de l'Unité de garde en milieu fermé; elle traite de l'approche en équipe interdisciplinaire, des interactions personnel-détenues, de l'uniformité, etc.

 

Introduction

Tout d'abord, l'Unité de garde en milieu fermé doit être un environnement sain, sécuritaire et humain à la fois pour le personnel et pour les détenues. La sécurité est une responsabilité qui incombe à tous et pas seulement aux intervenants de première ligne .

Par rapport au reste de l'établissement, il y a plus de sécurité passive dans l'Unité de garde en milieu fermé; non seulement les consignes de sécurité sont plus strictes, mais la présence du personnel se fait sentir davantage et il y a plus de sécurité active. Cependant, il est essentiel que ces mesures de sécurité plus strictes ne se répercutent pas sur le reste de l'établissement. Leur impact doit être minimal.

 

A. Dotation

Le nombre de membres du personnel affectés à chaque unité dépend de la taille de celle-ci; cependant, les postes indiqués ci-après se trouvent uniquement dans l'Unité de garde en milieu fermé. La répartition présentée ci-dessous a servi à des fins de planification, mais elle peut être modifiée selon les exigences opérationnelles; en effet, l'utilisation de personnel supplémentaire pour les quarts de soir peut contribuer à maintenir la stabilité. On peut aider à assurer la transmission de l'information en faisant en sorte que les horaires de travail de certains membres du personnel se chevauchent. Toutes ces personnes constituent l'équipe interdisciplinaire (voir ci-dessous, section C).

 

Jour

 

Soir

 

Matin (nuit)

Chef d'équipe

Psychologue

Chef d'équipe
adjoint(e)2

Intervenant(e)s de première ligne

Conseiller(es) en comportement

Infirmière clinicienne

Agent(es) de programme

Agent(e) des services alimentaires

 

 

Intervenant(e)s de première ligne

Conseillèr(e) en comportement

Agent(e) de programmes3

 

 

Intervenant(e)s de première ligne

 

Le personnel de soutien et le personnel d'entretien servent aussi le reste de l'établissement.

La direction des établissements peuvent remplacer les employé(e)s de l'unité par certains employé(e)s de l'établissement général ou du MVS, notamment durant les pauses-repas, afin de leur donner un peu de répit. Tous les employé(e)s du reste de l'établissement qui travaillent dans l'Unité de garde en milieu fermé devraient avoir au moins suivi le programme de deux jours de sensibilisation à la santé mentale, bien que toute rotation importante du personnel doive être faite graduellement si possible. Les établissements devraient faire tous les efforts pour qu'en tout temps au moins un membre du personnel affecté à l'unité à temps plein soit présent.

La population dite « à sécurité maximale » n'est pas un groupe avec qui il est facile de travailler. Il est donc important que le personnel respecte ses limites professionnelles, sache comment éviter l'épuisement professionnel et s'occupe bien de sa santé. Bien que le fait de travailler au sein d'une équipe interdisciplinaire cohérente contribuera à atténuer les répercussions du travail dans l'unité, il serait bon pour maintenir l'efficacité de l'équipe d'organiser une journée des employés à l'occasion (à l'extérieur de l'établissement si possible) dans le but de renforcer la vision de la Stratégie d'intervention intensive, de s'attaquer aux problèmes communs et d'intensifier l'esprit d'équipe.

Pour les détails, veuillez consulter la description de travail de chaque poste et le Plan des ressources humaines, Partie A : Dotation4.

 

B. Modèle de gestion : approche fondée sur l'équipe interdisciplinaire

Une équipe interdisciplinaire (ÉID) est constituée de tout le personnel et de toutes les personnes qui travaillent dans l'unité; cela favorise la flexibilité et la créativité. Toutes ces personnes planifient et coordonnent les interventions, la mise en œuvre des programmes, les services et l'évaluation. L'équipe travaille ensemble en se concentrant sur les buts de la détenue (les objectifs du plan correctionnel), plutôt que sur les spécialités de chaque membre. Tous les membres de l'équipe ont leur mot à dire et apportent l'information dont ils disposent à la table des discussions5. Il est essentiel que tous les membres de l'équipe collaborent et ne se laissent pas prendre dans des rôles hiérarchiques de professionnels et de para-professionnels. Il est également important qu'une discipline n'entraîne pas la compartimentation de la détenue; chaque membre de l'équipe doit apporter sa contribution afin que celle-ci donne toute sa mesure. Chaque membre de l'équipe doit connaître les responsabilités et les rôles des autres membres.

La communication au sein de l'équipe doit être claire et comprise; tous les membres doivent être au courant de toute l'information. La population dite « à sécurité maximale », particulièrement les femmes qui présentent des caractéristiques de trouble de la personnalité limite, peut être portée à essayer de nuire à la cohésion du personnel; le personnel doit donc éviter de travailler isolé. La communication ouverte entre les membres du personnel, les discussions en profondeur sur les interventions et l'établissement de limites aux interventions du personnel minimiseront le risque de division.

La dissociation est un mécanisme de défense qui résulte du besoin de la femme de préserver son état mental et souvent son bien-être physique. Un grand nombre de femmes qui ont subi l'inceste ou la violence ont appris à séparer leurs sentiments très intenses. La dissociation devient une méthode de survie apprise pour faire face à des expériences traumatiques répétées. Certains individus peuvent séparer leur monde interne en deux parties : ce qui est « tout bon » et ce qui est « tout mauvais ». Certains membres du personnel sont idéalisés et perçus comme étant « tout bons », alors que d'autres seront regardés avec mépris et perçus comme étant inutiles et « tout mauvais ». Ces deux groupes de membres du personnel sont traités de façon différente et ainsi il peut se produire dans le personnel une polarisation et une division. Les employés qui auront été idéalisés auront l'impression que le personnel jugé « tout mauvais » par une détenue ne comprend pas celle-ci, et les employés qui auront été considérés comme « tout mauvais » estimeront que le personnel jugé « tout bon » se laisse manipuler par la détenue. Les comportements dissociants auxquels se livrent certaines femmes peuvent entraîner des perturbations dans toute l'unité. On peut alors voir l'épuisement professionnel s'installer rapidement chez certains employés6.

Toutefois, seuls les membres du personnel peuvent diviser le personnel . Les membres du personnel peuvent contrôler leurs réactions face à ce genre de comportement. Ils ne doivent jamais oublier de se traiter les uns les autres comme des professionnels, de régler leurs problèmes aux réunions de l'équipe interdisciplinaire, et que des opinions polarisées peuvent nuire à l'équipe.

Il est donc nécessaire que les membres de l'équipe interdisciplinaire communiquent entre eux , travaillent en collaboration et évitent d'être isolés, établissent des limites et laissent les détenues faire face aux conséquences de leurs actes. Ce niveau de communication aide les membres du personnel à intervenir de façon appropriée et à s'appuyer mutuellement lorsqu'ils font face à des femmes difficiles et souvent très perturbées.

L'échange d'informations au sein de l'équipe interdisciplinaire est essentielle. Cela entraîne une communication claire entre le personnel et amène tous les membres de l'équipe à travailler ou à intervenir auprès de chaque femme d'une manière uniforme (qui peut différer d'une détenue à l'autre). Tous les membres de l'équipe ont, à l'égard d'une détenue, les mêmes attentes en matière de comportement et s'entendent sur les activités auxquelles elle doit participer. De cette manière, chaque membre de l'équipe comprend son rôle dans les progrès de la détenue, ce qui permet d'éliminer le chevauchement des services. Au niveau pratique, la communication de l'information se fait également au moyen des procès-verbaux, des comptes rendus quotidiens de l'unité, des registres des interventions de chaque détenue, etc.

Des conflits sont susceptibles de se produire lorsque l'équipe a des décisions plus complexes à prendre. Pour s'assurer que les membres de l'équipe travaillent ensemble, il faut admettre l'existence de conflits et tenter de les régler. Le chef d'équipe doit tâcher de résoudre les différends et de favoriser la collaboration parmi les membres de l'équipe, toujours dans le but de fournir des soins et des services aux détenues.

Il doit y avoir régulièrement des réunions, à un moment déterminé de la semaine (au moins une fois par semaine). Tous les membres du personnel doivent s'efforcer d'assister à toute la réunion (même s'il est va de soit que ceux qui travaillent par quart seront absents les jours de repos et que certains employés devront rester à leur poste). Dans ces cas, ils doivent essayer de fournir une mise à jour et/ou de communiquer des informations à d'autres membres du personnel, qui pourront les présenter à la réunion). Dans des cas plus difficiles ou dans les cas de femmes en situation de crise, il peut s'avérer nécessaire de se réunir plus souvent et d'échanger des renseignements lors du bilan quotidien du quart de travail.

Il est possible que de petits groupes d'employés travaillent sur certains cas ou plans correctionnels en particulier pour ensuite faire part de leurs recommandations à toute l'équipe à des fins de décision. On pourra profiter de la réunion hebdomadaire pour discuter également d'autres questions touchant l'unité (comme la sécurité ou les programmes).

Le chef d'équipe assurera la liaison entre l'équipe interdisciplinaire de l'Unité de garde en milieu fermé et le Comité de coordination des soins, qui supervise les services de santé mentale de tout l'établissement de même que les admissions au MVS.

Cette approche d'équipe interdisciplinaire et la présence accrue du personnel dans l'unité faciliteront les interventions et le soutien individualisés qui aideront chaque femme à régler ses facteurs de risque et ses besoins.

 

Plans et contrats

L'équipe interdisciplinaire appliquera et, au besoin, mettra à jour les plans correctionnels individuels des femmes. Toutefois, des techniques de gestion et d'intervention plus spécifiques peuvent parfois être utilisées ponctuellement d'après les besoins et le risque de chaque détenue. Par exemple, pour certaines détenues, l'accent peut être mis davantage sur la gestion du comportement pendant une certaine période, et plus particulièrement sur la sécurité et les mesures de sécurité passive (qu'il s'agisse du temps à passer en cellule, du genre d'équipement de contrainte à utiliser ou de l'endroit où doit se trouver la détenue lorsque le personnel ouvre la porte de la cellule). Pour d'autres détenues, on insistera plutôt sur les attentes en matière de comportement et la participation aux programmes, et la manière dont le personnel doit intervenir quand la détenue commence à présenter des comportements inadéquats. Lorsqu'une femme est d'accord, et lorsque c'est pertinent, on peut établir d'autres ententes officielles de comportement. Comme dans le cas de tous les plans correctionnels, ces types particuliers de plans seront consignés et communiqués à la détenue.

 

Ententes de comportement

 

Une entente de comportement est une entente négociée , explicite et écrite entre deux ou plusieurs individus (p. ex. une détenue et le personnel de l'unité), qui est signée par la détenue et le conseiller en comportement7. Les ententes de comportement sont habituellement des interventions de durée limitée visant à rectifier des comportements relevés (les comportements peuvent inclure des pensées, des attitudes ainsi que des actes). Elles aident à clarifier les objectifs fixés d'un commun accord, à réduire la confusion au minimum et à favoriser une sorte de partenariat entre le personnel et la détenue. Cette dernière doit être consultée et prendre une part active à l'élaboration de l'entente et au processus décisionnel. C'est une façon d'encourager sa participation et son imputabilité. Le personnel et la détenue doivent convenir des mesures d'intervention qui seront prises pour en arriver au comportement visé. Des mesures d'intervention positives sont prises pour reconnaître les progrès accomplis, et les conséquences de l'absence de progression doivent aussi être exposées en détail.

Tout le personnel doit être au courant de l'entente et des mesures d'intervention qui ont été établies. La communication entre les membres du personnel est essentielle, sinon il peut y avoir division chez les employés si la femme manœuvre pour obtenir du renforcement de la part de certains membres du personnel ou échapper aux conséquences imposées par d'autres membres. Il convient également de noter que les femmes ne participent pas nécessairement de leur propre gré dans l'Unité de garde en milieu fermé. La ligne peut être mince entre une entente de comportement informelle et l'imposition de conditions produisant une impression d'« abus de pouvoir ».

L'entente doit indiquer ceci :

  1. Les attentes, les plans, les responsabilités et les interventions relativement au changement de comportement;
  2. Le type de comportement positif désiré (p. ex. parler poliment au personnel) et les renforcements positifs lorsque le comportement est démontré;
  3. Ce qui constitue l'absence du comportement (p. ex. ne pas parler poliment au personnel) et comment le personnel interviendra pour favoriser le comportement positif (et le renforcer lorsqu'il est démontré);
  4. Ce qui constitue un comportement négatif (p. ex. injurier le personnel) et les conséquences claires d'un tel comportement;
  5. Le consentement des deux parties.

Pour avoir des détails supplémentaires, voir les Lignes directrices pour l'élaboration d'une entente de comportement , à l'annexe 2.

Il est préférable de fragmenter le comportement désiré en petits gains raisonnables et accessibles. De plus, il est important de déterminer l'échéancier du renforcement et l'importance de l'agent renforçateur. Les agents renforçateurs ne sont pas nécessairement les mêmes pour toutes, et il faut que l'agent renforçateur soit significatif pour la femme. La meilleure façon de choisir des agents renforçateurs significatifs est de consulter la femme à ce sujet. Le personnel doit recourir au renforcement positif le plus souvent possible sans que celui-ci soit excessif. L'objectif au bout du compte est que la femme en vienne à exercer un renforcement sur elle-même et à développer sa propre motivation interne.

 

Processus

  • En règle générale, c'est le conseiller en comportement qui est chargé de consulter la détenue, le psychologue, l'intervenant de première ligne et le chef d'équipe, et de rédiger l'entente.
  • Avant de mettre la dernière main à l'entente, le conseiller en comportement doit présenter l'ébauche à l'équipe interdisciplinaire afin d'avoir son avis.
  • Une fois que l'équipe a approuvé l'ébauche, il est recommandé que le chef d'équipe envoie cette dernière au service de liaison en santé mentale de l'administration centrale, afin qu'il l'examine et consulte les Services juridiques pour s'assurer qu'elle est conforme aux politiques.
  • Après que l'entente a été examinée au niveau national, le directeur d'établissement (ou la personne désignée par lui) doit être informé de son existence par le chef d'équipe ou le psychologue.
  • Une fois que le directeur d'établissement a été informé, l'entente est finalisée et le personnel de l'Unité de garde en milieu fermé est avisé.
  • L'original de l'entente est versé au dossier et une copie en est remise à la détenue.

 


1 Source : SGD, données en date du 1 er juin 2003. Pour de plus amples détails, voir l'annexe 2.
2 Certains établissements ont décidé d'affecter un(e) chef d'équipe adjoint(e) à leur Unité de garde en milieu fermé.
3 Dans les unités plus importantes (EEF et EGVF). Il était prévu d'affecter un agent de programmes le soir, mais la convention des WP ne permet pas que ceux-ci travaillent après 18 h.
4 Voir Plan des ressources humaines pour la stratégie d'intervention intensive, Partie A : Dotation. Ce document donne de l'information sur le plan de dotation pour la stratégie (SCC, décembre 2000).
5 L'équipe interdisciplinaire ne remplace pas l'équipe de gestion des cas, mais elle décrit plutôt comment les membres du personnel de l'unité peuvent travailler ensemble, comme une équipe coordonnée et cohérente.
6Laishes 1998, adapté de Linehan.
7 Ce peut être une entente informelle rapidement conclue qui est écrite dans le registre quotidien ou un registre des interventions (p. ex. faites l'analyse de la chaîne de comportements et votre téléviseur vous sera rendu), mais il doit être clair que la détenue a donné son consentement et qu'il ne s'agit pas simplement d'une condition imposée.


 

C. Intervention intensive : sécurité active et interaction entre le personnel et les détenues

La Stratégie d'intervention intensive repose sur la sécurité active et la présence d'un nombre suffisant d'employés dûment formés dans les unités pour assurer une intervention intensive.

Un modèle de sécurité active signifie moins de barrières électroniques ou statiques et plus d'interactions individuelles. Voici, à ce sujet, un extrait du Rapport du Groupe de travail sur la sécurité1 :

Aucun autre facteur n'a autant d'importance pour la sécurité dans nos établissements. La sécurité dynamique a trait spécifiquement aux rapports qui s'établissent entre tous les membres du personnel et les délinquants avec lesquels ils travaillent. Chaque interaction entre ces deux groupes a un effet cumulatif sur l'ensemble de la culture du Service. Chaque interaction peut enrichir la culture institutionnelle positive ou miner les efforts collectifs déployés par de nombreuses personnes pour l'améliorer. L'examen des incidents relatifs à la sécurité a révélé à maintes reprises que les problèmes dans les établissements surviennent lorsqu'il y a peu d'interactions positives entre le personnel et les détenus.

C'est la culture d'un établissement qui détermine dans une large mesure la fréquence et la nature des interactions entre le personnel et les délinquants. Aucune loi, politique ou directive ne réussira à créer un climat qui favorise les interactions entre le personnel et les délinquants.

Le Groupe de travail formule la recommandation suivante : Que l'expression « sécurité active » soit définie et comprise comme étant l'ensemble des « actions qui contribuent à l'épanouissement de relations professionnelles positives entre les membres du personnel et les délinquants ».(p. 19 et 20).

Nous avons vu comment l'accroissement des restrictions (quoique parfois nécessaire) et/ou le désengagement du personnel peuvent mener à une augmentation du passage à l'acte, car les délinquantes tentent de faire contrepoids au glissement du « rapport de forces ». La nécessité d'un équilibre entre sécurité passive et sécurité active pour les détenues dites « à sécurité maximale » reflète tant la recherche que l'expérience opérationnelle. Le défi actuellement est de trouver et de maintenir cet équilibre. La sécurité active consistera en une combinaison de surveillance du personnel 24 heures sur 24 et d'intervention intensive et uniforme par une équipe interdisciplinaire.

En général, l'approche correctionnelle consiste à laisser les détenues dites « à sécurité maximale » livrées à elles-mêmes (peu d'interaction personnel-détenues, longues périodes dans la cellule). L'approche d'intervention intensive, fondée en partie sur l'expérience britannique, est tout à l'opposé. Une équipe interdisciplinaire sera constamment présente dans l'Unité de garde en milieu fermé : présence régulière du personnel à l'étage de l'unité et dans la cour; accompagnement des détenues lorsqu'elles vont dans les autres secteurs de l'établissement.

Il est essentiel de mettre en place cette approche avant l'ouverture des unités et de la maintenir une fois que les unités seront opérationnelles.

Environnement propice aux soins

L'Unité de garde en milieu fermé en soi, le niveau et le mode d'interaction entre le personnel et les détenues, la surveillance et la sécurité dynamiques, l'approche basée sur l'équipe interdisciplinaire : tous ces éléments combinés créent un environnement propice aux soins qui constitue le fondement de la totalité des programmes et des interventions. En dépit des mesures accrues de sécurité passive, les unités de garde en milieu fermé offriront un environnement sécuritaire et favorable (aux détenues et au personnel) afin de contrebalancer les aspects négatifs d'un environnement carcéral. L'environnement lui-même sera la structure sur laquelle s'appuieront les programmes et les interventions, et, à ce titre, il pourra soit favoriser soit entraver les progrès.

L'environnement doit : être bien structuré; être bien planifié de manière à être sécuritaire pour tout le monde; permettre de mettre à l'essai de nouvelles compétences; appuyer le changement et exprimer les attitudes d'acceptation et d'optimisme; permettre d'évaluer les progrès réalisés par les femmes2.

La communication ouverte, l'uniformité des règlements et des interventions, la fermeté accompagnée de flexibilité, tous ces éléments concourent à augmenter la stabilité et la sécurité. La sécurité ainsi que le jugement clinique et les pratiques correctionnelles efficaces constitueront la base de toutes les décisions. Le personnel doit être conscient que parfois les résultats tarderont et qu'il peut y avoir des rechutes. Il faut surtout maintenir les limites.

Un tel milieu comprend également un réseau de soutien pour le personnel. Il est important de veiller à communiquer les meilleures pratiques et à formuler des critiques constructives afin que toute l'équipe interdisciplinaire puisse se perfectionner. Les membres de l'équipe doivent être assez ouverts d'esprit pour pouvoir se demander entre eux s'ils auraient pu, par exemple, mieux exécuter leurs tâches ou intervenir autrement.

 

Interaction entre le personnel et les détenues

Le personnel a un rôle très important à jouer dans la création et le maintien d'un environnement qui renforce les comportements positifs et les efforts pour changer. Il est essentiel d'établir des interventions efficaces et de maintenir des limites appropriées. Toute interaction procure une occasion d'enseigner et le personnel doit faire un usage stratégique des mesures de contrôle.

Des rapports sur des projets d'entrevue publiés par Morin et McDonagh ressortent trois thèmes importants en ce qui concerne l'interaction entre les personnel et les détenues :

Le personnel doit être clair et cohérent dans l'application des règles, des politiques et des interventions. Les conséquences d'un manquement aux règles doivent être claires, uniformes et appliquées. Par exemple,
les règles doivent être énoncées clairement et affichées à un endroit où tous peuvent les voir (il faut expliquer clairement ces règles aux femmes qui ne savent pas lire);
l'environnement doit être favorable et cohérent afin de susciter l'établissement d'un climat de confiance;
le personnel doit mettre tout en œuvre pour respecter ses engagements afin de garder sa crédibilité;
le personnel doit travailler en collaboration de manière qu'il n'existe pas de division entre « nous » et « eux » au sein de l'unité et au sein de l'effectif.

 

La communication entre la direction, le personnel hiérarchique et les détenues doit être claire, cohérente et constante. Par exemple,
les plans correctionnels doivent se concentrer sur ce qui doit être fait pour réduire le niveau de sécurité auquel la femme est classée. En dépit des multiples besoins, il ne faut pas qu'ils soient surchargés;
les plans doivent être clairement expliqués à la femme (qui doit par ailleurs participer à leur élaboration); le personnel doit définir avec clarté ce que la femme doit faire pour abaisser son niveau de sécurité et pourquoi certains programmes sont nécessaires;
dans la mesure du possible, la direction doit appuyer les décisions du personnel.

 

Le personnel doit reconnaître, renforcer et encourager les comportements positifs plutôt que de réagir simplement aux comportements négatifs. Par exemple,
communication ouverte et positive, et interaction entre les membres du personnel et avec les détenues;
accent mis sur les comportements positifs et les mécanismes d'adaptation ainsi que sur les avantages que les femmes peuvent tirer de ces compétences plus positives (p. ex. la réponse appropriée à un trouble émotionnel); réduction progressive de comportements négatifs (dictés parfois par le besoin d'attirer l'attention);
les membres du personnel doivent avoir le comportement qu'ils attendent des détenues (p. ex. dire du mal au sujet d'autres membres du personnel devant des détenues ou blasphémer en parlant avec un autre membre du personnel et réprimander ensuite une détenue qui blasphème est un comportement inconsistant);
le personnel doit reconnaître que chaque pas en avant, aussi petit soit-il, est positif et tenir compte des étapes franchies (celles qui figurent dans le plan correctionnel et d'autres liées aux comportements quotidiens);
le personnel doit être capable de se rendre compte qu'une femme a besoin d'un répit bien légitime dans les programmes et les interventions, ou souhaite passer du temps seule;
dans la mesure du possible, il faut réduire au minimum l'interaction entre les femmes motivées et celles qui ne le sont pas afin de limiter la possibilité de sabotage des progrès individuels (et lorsqu'il est impossible de réduire l'interaction, il faut aider les femmes à réagir d'une manière adéquate et constructive à l'ingérence des autres);
utilisation d'ententes de comportement lorsque c'est approprié;
essayer d'aider les femmes à comprendre que leur vie serait meilleure dans un environnement moins fermé; les aider à sortir du présent pour envisager l'avenir.

Comme c'est indiqué dans les rapports McDonagh et Morin, les détenues dites « à sécurité maximale » ont continuellement mentionné la communication positive et cohérente avec le personnel , l'interaction et le renforcement parmi les facteurs qui les aidaient à abaisser leur niveau de sécurité, de même que le plan correctionnel lorsqu'il est approprié et réaliste (p. 51, p. 20 à 23). En général, les facteurs personnels qui aidaient les femmes à abaisser leur niveau de sécurité étaient le respect de soi, l'autodiscipline et la conscience de soi. (McDonagh , p. 49)

Un auteur important d'ouvrages sur le changement comportemental dit ce qui suit au sujet de la facilitation du changement de comportement (bien qu'il se concentre sur la dépendance à la cigarette, cet énoncé reste pertinent pour des pratiques correctionnelles efficaces) :

« Bien que je reconnaisse l'efficacité de la crainte pour faciliter le changement de comportement, je sens que rechercher un renforcement positif (une récompense dont on peut profiter) est plus avantageux que poursuivre un renforcement négatif (éviter quelque chose qu'on ne veut pas ressentir), parce que, d'après les recherches, le renforcement positif réussit mieux à étayer un nouveau comportement. Si la crainte est votre élément motivateur, lorsqu'elle disparaît, votre motivation disparaît aussi. En outre, la peur peut vous paralyser et vous empêcher d'avancer3 ».

Il est également important, pour tous les membres de l'équipe interdisciplinaire, de reconnaître que lorsqu'une femme n'est pas motivée à changer son comportement ou sa cote de sécurité, elle peut,

  • soit passer à l'acte afin de demeurer au niveau de sécurité maximal (les femmes ont tendance à minimiser leur violence dans l'établissement) (McDonagh, p 22));
  • soit tenter de faire échouer les efforts de celles qui essaient de se concentrer sur elles-mêmes. Dans ces cas, le personnel devra prêter une attention différente à cette femme afin d'éviter l'intensification de ses comportements perturbateurs (p. ex. si elle emploie la violence verbale, le personnel devra peut-être l'ignorer jusqu'à ce qu'elle se calme (pour autant que la sécurité soit assurée), bien qu'il puisse être difficile de déterminer où se situe la limite).

Ce type de comportement chez les détenues est vraisemblablement attribuable à un certain nombre de facteurs : avantages (par rapport à conséquences) de leur comportement et maintien du niveau de sécurité maximal; crainte des responsabilités à assumer dans le reste de l'établissement; peur du changement; ignorance de ce qu'elles doivent faire et de l'aide que les interventions et programmes peuvent leur apporter; souhait de demeurer avec des amies, de rester dans un environnement connu; incompatibilité; difficulté de garder de nouveaux comportements à cause de problèmes d'apprentissage (p. ex., problèmes cognitifs, syndrome ou effets del'alcoolisation fœtale).

 

Établir des limites

Travailler dans une Unité de garde en milieu fermé peut être stimulant et très satisfaisant pour le personnel, mais étant donné le niveau de risque et de besoins qu'on trouve généralement dans cette population, ce peut être aussi une expérience épuisante. Les membres du personnel doivent absolument : connaître leurs limites, notamment sur le plan émotionnel; reconnaître les signes de l'épuisement professionnel; être conscients du besoin de communiquer, de se soutenir les uns les autres et de travailler en équipe.

La formation spécialisée4 fournira au personnel les outils nécessaires pour reconnaître certains comportements ainsi que les émotions qui les dictent et les interventions nécessaires pour alléger ces comportements. Certaines des détenues dites « à sécurité maximale » ont de graves problèmes de santé mentale, d'autres prennent des médicaments ou ont de sérieux problèmes de comportement. Plus le personnel est au courant de ce type de situation et sait à quoi s'attendre, mieux il sera préparé à intervenir efficacement.

 

Qu'est-ce que la motivation ?

Il incombe à tout le personnel de motiver les femmes à développer des comportements constructifs et des compétences d'adaptation. Le Dr Weil, cité plus haut, tient les propos suivants, qui appuient les points de vue des femmes présentés dans les rapports McDonagh et Morin :

« La recherche [dans la dépendance à la cigarette] indique que faire une tentative de cesser de fumer est en soi le meilleur prédicateur de succès, même si la tentative elle-même n'a pas réussi… Essayer de ne plus fumer est déjà un engagement à modifier un comportement, une mesure de motivation; réussir ou échouer est moins important que le fait d'avoir essayé. Même si vous recommencez à fumer dans une semaine, vous aurez toujours le crédit que vous aura valu l'effort réalisé. En fait, l'effort ajoute à un réservoir de motivation qui un jour sera suffisamment plein pour entraîner le changement soudain qui permet aux gens de laisser tomber leurs habitudes sans avoir à se battre. Tel est le pouvoir de la motivation, mais il faut qu'il vienne de l'intérieur. Que vous soyez thérapeute, conseiller, ami ou parent, … tout ce que vous pouvez faire est de donner de bonnes raisons de modifier un comportement et d'apporter votre encouragement et votre soutien5. »
« Par définition, les habitudes sont des comportements répétitifs. Ils sont faciles et familiers; ce sont des ornières dans lesquelles on retombe tout en avançant dans la vie. Modifier ses habitudes est difficile, surtout au début, et exige un effort déterminé et du temps pour que les changements deviennent permanents… pour réussir il y a deux exigences : la motivation et la détermination d'amorcer le changement d'une part, et d'autre part, le temps de laisser les nouveaux modèles s'installer et se fixer6. »

La motivation7 c'est :

  • reconnaître un problème;
  • être prêt à envisager le changement;
  • chercher une manière de changer;
  • mettre en route et suivre une stratégie de changement;
  • être influencé par des processus interpersonnels et l'environnement.

L'entrevue motivationnelle c'est :

  • une intervention brève pour aider une femme à modifier son comportement en facilitant sa démarche tout le long des étapes de changement;
  • un style de counseling combiné à un ensemble de techniques qui servent à susciter la motivation et l'engagement à changer.

Comme les animateurs de programme efficaces, une personne qui mène une entrevue motivationnelle est une personne :

  • dotée d'une bonne capacité d'écoute, qui évite d'argumenter;
  • capable d'exprimer son empathie et de faire ressortir les discordances;
  • capable d'acceptation et encourageant l'auto-efficacité;
  • qui ne juge pas et sait composer avec la résistance.

Les techniques comprennent :

  • des questions ouvertes;
  • le recours à l'équilibre décisionnel (les avantages par rapport aux inconvénients de la décision);
  • l'encouragement à faire une déclaration de motivation personnelle (amener le client à présenter des arguments en faveur du changement).

Ce type d'interaction, qu'il serve de base à des interventions de comportements dialectiques ou de réadaptation psychosociale, contribuera grandement à assurer au personnel l'efficacité de ces interventions.

 

Le code des détenues

D'après le rapport McDonagh, le code des détenues était particulièrement important pour un grand nombre de femmes interviewées, particulièrement pendant les périodes où elles n'étaient pas intéressées à abaisser leur cote de sécurité. Une adhérence stricte au code implique que les femmes croient que ce qu'elles font pendant leur incarcération est sans conséquence; cela pose problème à celles qui investissent vraiment dans leurs efforts de réadaptation….Devenir réellement impliqué dans la manière dont on purge sa peine est jugé essentiel pour un changement de comportement et d'attitude nécessaire à la réduction de la cote de sécurité. Par conséquent, trouver des moyens concrets de mettre en question et de démolir le code des détenues est de la plus haute importance lorsqu'on gère ces délinquantes. (McDonagh, p. ii-iii)

Une présence accrue du personnel et une conduite modèle de ce dernier dans l'unité constituent la première étape pour faire en sorte que chaque femme mène à bien sa période d'incarcération.

 

Cas d'incompatibilité

Les cas d'incompatibilité semblent être courants chez les détenues dites « à sécurité maximale »; il s'agit souvent de problèmes relationnels. Ces problèmes peuvent entraîner des agissements ou des problèmes de gestion (p. ex. avoir à toujours déplacer les détenues à des moments différents) s'ils ne sont pas réglés rapidement.

L'une des premières étapes pour traiter les questions d'incompatibilité peut consister à créer des occasions où les détenues ont intérêt à mettre de côté leurs différences et à travailler ensemble. Résoudre les conflits et encourager les détenues à s'intéresser à leurs propres affaires plutôt qu'à celles des autres peut aider également à réduire les incompatibilités. L'Aîné, l'aumônier et le psychologue peuvent procurer aide et leadership dans ce domaine. Des initiatives en matière de justice réparatrice ou de la formation en médiation (ou le recours à des employés formés en médiation) peuvent également être utiles. Une meilleure compréhension des émotions et une amélioration des compétences pour gérer le stress et les émotions peuvent constituer l'étape suivante.

Bien qu'il ne soit pas nécessaire d'adopter un processus officiel, il pourrait être avantageux que chaque établissement utilise une approche uniforme pour régler les problèmes d'incompatibilité.

 

Activités liées aux gangs

Les questions touchant les gangs commencent à devenir un problème dans les prisons pour femmes8. Certaines femmes affiliées ou appartenant à différents gangs peuvent devenir incompatibles, et il est probable que certaines auront besoin d'aide supplémentaire pour se distancer de gangs auxquels elles auront été affiliées auparavant. Certaines femmes peuvent être traumatisées par la violence dont elles ont été témoins au sein des gangs; d'autres peuvent être liées à des gangs par l'intermédiaire de leur famille, et il pourrait être difficile pour elles de s'en dissocier. [Voir la Directive du commissaire n o 576, Gestion des gangs et des organisations criminelles.]

 

D. Réunions d'équipe, plans correctionnels et réévaluation de la cote de sécurité

Réunions d'équipe

Les réunions et conférences de cas de l'équipe interdisciplinaire doivent avoir lieu une fois par semaine. Un moment doit être choisi et inscrit à l'horaire de la semaine; chaque membre de l'équipe qui peut assister à la réunion doit y assister. Si c'est nécessaire, les déplacements peuvent être réduits dans l'unité pour faciliter la réunion. En outre, cela constituera un modèle de constance et les femmes sauront que leurs cas seront discutés à ce moment déterminé.

Chaque cas devra être examiné afin de déterminer les modifications à apporter aux interventions, l'allégement ou le resserrement des restrictions de sécurité, et les déplacements dans l'unité ou à l'extérieur. Une évaluation individualisée du risque que présente chaque femme devrait être faite régulièrement, et il devrait en être question à la réunion hebdomadaire. Comme on l'a mentionné précédemment, une partie de ce travail peut être effectué par des petits groupes qui font ensuite part de leurs recommandations à toute l'équipe interdisciplinaire à des fins de discussion et de décision.

En règle générale, les interventions quotidiennes doivent être consignées dans le registre quotidien et dans le Registre individuel des interventions (notamment au moyen d'une entrée structurée), si nécessaire. La formule Gestion du comportement et comportements cibles - Fiche quotidienne9 doit être remplie une fois par jour afin d'aider le personnel à suivre les progrès au fil du temps. Les principaux changements figureront dans le procès-verbal de la réunion de l'équipe interdisciplinaire et ils devront être incorporés dans le Suivi du plan correctionnel (ou dans d'autres documents si nécessaire). Chaque établissement doit élaborer un mécanisme de communication permettant de signaler immédiatement à tous les membres du personnel travaillant dans l'unité des changements importants dans les méthodes d'intervention ou d'autres informations pertinentes.

 

Plans correctionnels

Les plans correctionnels sont élaborés au début de la peine purgée par une détenue et, en règle générale, ils ne changent pas. Lorsqu'une femme est classée au niveau de sécurité maximal, les interventions (précisées dans le Suivi du plan correctionnel) doivent être axées sur les problèmes que la femme doit régler afin d'abaisser sa cote de sécurité. Beaucoup de détenues dites « à sécurité maximale» » ont de multiples besoins, de sorte que pour accroître leur motivation à régler les problèmes qui ont mené à la réévaluation de leur cote de sécurité et développer chez elles un sentiment d'accomplissement, il faut éviter que le plan soit trop chargé. Les questions ou programmes qui ne sont pas liés à la réévaluation de la cote de sécurité peuvent être abordés une fois que la délinquante est dans la population à sécurité moyenne ou minimale.

Il est également bien connu que quelques-unes des ces femmes ne pourront jamais fonctionner dans le milieu de vie communautaire de l'établissement, certaines en raison du risque qu'elles présentent. Ces besoins, leurs risques et les plans de réinsertion sociale continueront d'être gérés dans un environnement à sécurité maximale. Dans ces cas, des interventions correctionnelles devront s'étendre sur de longues périodes, et l'on devra peut-être répondre à de nombreux autres besoins et s'attaquer à d'autres risques que ceux à l'origine du classement de ces femmes au niveau de sécurité maximal.

 

Réévaluation de la cote de sécurité

Un examen de réévaluation de la cote de sécurité aura lieu tous les six mois afin de faciliter la réintégration de ces femmes en toute sécurité dans le reste de l'établissement aussi rapidement que possible10. À cet examen, on déterminera également les circonstances (degré, manière et motifs) des déplacements dans l'unité, si c'est nécessaire, et à l'extérieur de l'unité (par exemple, pour un accès accru aux programmes). Pour les femmes condamnées à l'emprisonnement à perpétuité à titre de peine minimale, l'examen de réévaluation de la cote sécuritaire n'a lieu que lors de leur évaluation après deux ans (conformément à la politique du SCC).

 

PARTIE 4 - OPÉRATIONS

La présente section traite des opérations de l'Unité de garde en milieu fermé, notamment des routines opérationnelles, des consignes desécurité (dénombrement, fouilles, déplacements), de la gestion des détenues, des conséquences des comportements inadéquats, etc.

 

A. Établissement d'une routine opérationnelle

Toutes les unités doivent établir une routine opérationnelle quotidienne, de fin de semaine et hebdomadaire. Il est indispensable que le personnel soit très familier avec les routines et les procédures établies pour toutes les détenues ainsi qu'avec les procédures développées pour certaines détenues en particulier. Voici un exemple de routine opérationnelle quotidienne :

 

Activité

Description

Bilan du quart de travail (env. 15 min)

Tous les rapports d'observation, les situations qui se sont produites au cours de la nuit, les rapports d'infraction dans l'établissement, le progrès des programmes ou les mises à jour, les rendez-vous quotidiens, etc.

Dénombrement

Conformément à la politique de l'établissement; détenues dans les cellules.

Déjeuner

Cellules ouvertes; repas dans les modules.

Entretien ménager

Nettoyage des modules et des cellules.

Services de santé

Revue des malades.

Programmes du matin/travail/ interventions individualisées

Des blocs de programmes ou de travail; interventions individualisées et réunions sur des questions de gestion de cas, avec l'Aîné ou l'aumônier, etc.; activités liées à la rémunération. Les femmes qui refusent de participer restent dans leur module et ne reçoivent que l'indemnité de base de 1 $11.

Dénombrement

Conformément à la politique de l'établissement; femmes dans les cellules.

Dîner

Détenues dans les modules.

Programmes de l'après-midi/travail/ interventions individualisées

Des blocs de programmes et de travail; interventions individualisées et réunions sur des questions de gestion de cas, avec l'Aîné ou l'aumônier, etc.; activités liées à la rémunération. Les femmes qui refusent de participer restent dans leur module et ne reçoivent que l'indemnité de base de 1 $.

Temps libre

Dans le module, dans la cour ou au gymnase, à la douche, lessive.

Bilan du quart de travail

Comme ci-dessus – détenues dans les modules.

Dénombrement

Conformément à la politique de l'établissement; détenues dans les cellules.

Souper

Repas pris dans le module.

Programmes du soir/interventions individualisées

Prévoir des blocs de temps au besoin. Artisanat, activités dans le gymnase, dans la cour, dans les salles de programme, etc.

Services de santé

Revue des malades.

Heure de rentrée et isolement cellulaire

Rentrée au module à 22 h; isolement cellulaire à 22 h 30.

Dénombrement

Conformément à la politique de l'établissement; détenues dans les cellules.

Bilan du dernier quart de travail

Comme ci-dessus.

 

Une routine hebdomadaire comprendra par exemple : une réunion de l'équipe interdisciplinaire de l'Unité de garde en milieu fermé; une réunion du Comité de coordination des soins; les séances au gymnase; du temps pour des visites, du temps à la bibliothèque ou au centre des ressources; l'utilisation des secteurs d'artisanat; des rendez-vous chez le médecin, etc. On peut y ajouter des services religieux, des séances de conseils spirituels, des séances de suerie, des fêtes, etc.

La routine de fin de semaine peut être moins structurée que la routine quotidienne (par exemple, un brunch plutôt qu'un déjeuner et un dîner), comprendre du temps libre supplémentaire, mais elle doit toujours inclure un certain nombre d'activités structurées.

 

Profil de l'unité

Périodiquement, il faut faire un profil officiel de l'unité à cause de l'évolution de la population de détenues, de leurs besoins, de leurs comportements et du risque qu'elles présentent ainsi que des déplacements de personnel. De cette manière, le personnel et la direction seront mieux préparés à intervenir, car ils sauront exactement qui se trouve dans l'unité.

Le travail permanent accompli par l'équipe interdisciplinaire pour établir et maintenir des plans d'intervention servira également à élaborer le profil de l'unité. D'autres domaines à évaluer : les incidents récents, toute activité ou comportement inhabituel chez les détenues, les occasions et les fêtes spéciales, l'annulation des visites ou de toute activité, les renvois de cas pour maintien en incarcération, diverses audiences de la CNLC, les saisies d'objets interdits, les achats à la cantine, l'accumulation d'aliments, les demandes de protection, tout renseignement de sécurité, etc.

La direction de l'établissement, les membres de l'équipe pénitentiaire d'intervention en cas d'urgence (ÉPIU) et d'autres employés qui ne font pas partie du personnel régulier de l'Unité de garde en milieu fermé mais qui, de temps en temps, font des remplacements occasionnels, doivent être tenus au courant du profil de l'unité.

 

B. Milieu physique de l'Unité de garde en milieu fermé

Sécurité périmétrique

Même si les femmes classées à sécurité maximale ont besoin d'un niveau de sécurité passive plus élevé que les détenues dites « à sécurité moyenne » et « à sécurité minimale », la sécurité périmétrique propre à un établissement à sécurité maximale pour hommes n'est pas nécessaire12. Un examen complet de la sécurité des établissements régionaux, effectué en 1996, a donné lieu à un certain nombre d'améliorations13. C'est pourquoi aucun changement n'a été apporté au périmètre de l'établissement, qui comporte actuellement les éléments suivants :

  • La hauteur de la clôture périmétrique, qui possède un « surplomb » en hauteur avec fil barbelé, est de huit pieds (à l'établissement Nova pour femmes, il y a une clôture périmétrique sur trois côtés seulement, puisque c'est le bâtiment de l'administration qui sert de périmètre à l'avant);
  • Un système de détection à la clôture donne l'alarme en cas d'intrusion ou de tentative d'évasion.
  • Un réseau de caméras de télévision en circuit fermé et un système d'éclairage à infrarouge permettent d'évaluer et de vérifier visuellement les alarmes.
  • Le système principal de contrôle de sécurité permet la surveillance de la clôture de sécurité périmétrique, des moniteurs de télévision et de toutes les alarmes.

 

Unité de garde en milieu fermé

Tant la conception et la construction que le niveau élevé de sécurité active assurée par le personnel de l'Unité de garde en milieu fermé compléteront ce périmètre. La structure physique de l'Unité de garde en milieu fermé a pour but :

  • d'empêcher tout déplacement non contrôlé et non surveillé dans l'unité et dans l'établissement;
  • de fournir un autre obstacle à l'évasion, en plus de la sécurité périmétrique existante;
  • d'appuyer et de faciliter la surveillance et l'intervention du personnel 24 heures par jour;
  • de fournir des locaux et des programmes séparément de ceux qui sont destinés aux détenues dites « à sécurité minimale » et « à sécurité moyenne »;
  • de fournir un environnement sécuritaire aux membres du personnel et aux détenues.

Des mesures de sécurité passive intégrées dans la conception et la construction de l'Unité de garde en milieu fermé comprennent notamment les éléments suivants :

Extérieur

  • le bâtiment est une construction incombustible et des murs extérieurs assurent la neutralisation de la population.

Intérieur

La conception varie selon l'aménagement de l'unité initiale à encadrement renforcé dans chaque établissement; toutefois, chaque Unité de garde en milieu fermé a trois niveaux de neutralisation : la cellule, le module (4 à 6 cellules) et l'unité elle-même (la clôture périmétrique de l'établissement constitue le quatrième niveau de neutralisation).

 

Poste de contrôle et rotonde

Le poste de contrôle fermé permettra de voir la plupart des secteurs de l'unité.

Dans l'aire centrale de l'Unité de garde en milieu fermé, il y a un espace (la rotonde) dont la taille et la conception varient d'une unité à l'autre.

La rotonde pourrait, par exemple, servir aux réunions d'unité avec toutes les détenues (du moment que l'on peut gérer tous les cas d'incompatibilité sans incidents); cependant, quotidiennement, l'accès à la rotonde sera contrôlé; les femmes n'auront pas la permission de s'y trouver seulement pour «se regrouper» sans justification (voir E. Déplacements).

 

Modules et cellules

Si l'on se fie à l'expérience opérationnelle, à la recherche et à la consultation, un module de quatre à six personnes est d'une taille gérable, n'entraîne pas d'isolement et permet au personnel de gérer les groupes séparément, au besoin. Par conséquent, les unités de garde en milieu fermé sont divisées en modules de quatre à six cellules chacun (cela aide aussi à réduire le bruit), qui pourront être gérés séparément selon, par exemple, le niveau de risque et les incompatibilités.

Chaque module est doté d'une porte sécuritaire, d'une aire de séjour/salle à manger commune, d'une machine à laver et d'une sécheuse ainsi que d'une grande salle de bain avec baignoire et/ou douche, d'un comptoir (avec évier, petit réfrigérateur, four à micro-ondes, bouilloire, grille-pain, etc.) pour la préparation de repas légers et de goûters. Les couteaux et autres outils tranchants seront fixés par des câbles ou gérés d'autres manières sécuritaires. Les appareils et les meubles seront fixés au plancher. Il sera permis de fumer dans les cellules, mais généralement pas dans les modules14.

Les cellules peuvent être verrouillées. La grandeur et l'emplacement des fenêtres sont choisis de façon à empêcher les détenues de sortir. Chaque cellule est munie d'une toilette et d'un lavabo. Dans chaque module, il y a une cellule accessible aux personnes handicapées.

 

Établissement

Cellules ordinaires

Nombre de modules

Nombre de cellules par module

Cellules d'isolement de l'unité (pour toute la population)15

Nova

10

2

5

3

Joliette

10

2

1 module de 4 cellules
1 module de 6 cellules16

4

Grand Valley

15

3

5

4

Edmonton

15

3

5

4

 

Salles polyvalentes

Lorsqu'il n'est pas possible de gérer en toute sécurité les femmes dans les locaux réservés aux programmes dans l'établissement proprement dit (même en appliquant des horaires distincts), celles-ci peuvent utiliser les deux17 salles polyvalentes dans l'unité pour les programmes, les activités spirituelles, le travail, les activités d'artisanat, l'exercice, etc. Les salles polyvalentes ont un espace d'entreposage. Le mobilier et l'équipement pourraient comprendre des chaises, des tables (non fixées au plancher), des tableaux noirs, des tableaux magnétiques, des matelas d'exercice et de l'équipement d'exercice portatif, du matériel d'artisanat et un(des) ordinateur(s).

On envisagera d'utiliser une salle, à temps partiel, pour les activités spirituelles et inter-religieuses communes (avec décor approprié). Toutefois, en raison de l'espace limité, cette salle devra également servir à de nombreuses autres activités. Même si le chef d'équipe devra parler d'autres utilisations de la salle avec l'aumônier ou l'Aîné, il peut être difficile de limiter l'utilisation de cette salle à des activités particulières.

À l'établissement d'Edmonton pour femmes (EEF), vu l'importance de la population autochtone et l'intégration de la spiritualité autochtone à tous les programmes, ainsi que le rôle accru des Aînés, il y a une salle additionnelle pour la spiritualité. Elle sera partagée par toutes les confessions pour les cérémonies, les enseignements, le travail en tête-à-tête entre l'Aîné et les femmes, etc.

Chaque établissement établira le calendrier de ses salles de programmes.

 

Cuisine et utilisation de la cuisine

Les unités de garde en milieu fermé ont une cuisine centrale où les repas sont préparés. La cuisine sera conçue pour permettre la cuisson et l'entreposage d'aliments suffisants pour une semaine dans l'unité et pour favoriser une approche souple à la préparation des repas (par le personnel seul ou le personnel assisté de détenues) et polyvalente (programmes de cuisine, par exemple). À cause de la construction sans issue de l'unité et la présence de cuisinières/fours, la politique exige qu'il y ait du personnel dans la cuisine chaque fois qu'une détenue s'y trouve. La cuisine peut être fermée à clé lorsqu'elle n'est pas utilisée.

Les repas seront préparés dans la cuisine de l'Unité de garde en milieu fermé et servis dans les modules. Chaque cuisine a des chariots pour transporter les aliments dans les modules (soit en plateaux préparés pour l'unité d'isolement, soit dans des plats). Les détenues mangent leur repas dans la salle à manger de leur module. De la coutellerie en plastique rigide sera mise à la disposition des détenues (qui la garderont dans leur cellule). La vaisselle reste dans le module; elle est nettoyée sur place et rangée dans un espace d'entreposage. Les plats et les casseroles sont nettoyés et rangés dans la cuisine centrale. Une fois le repas terminé et la vaisselle lavée, les objets de coutellerie utilisés seront comptés et rangés en lieu sûr.

L'agent des services alimentaires prépare les repas et/ou en supervise la préparation (les intervenants de première ligne ou les conseillers en comportement peuvent assurer une surveillance et une aide supplémentaires si c'est nécessaire). Il y aura des postes pour deux ou trois détenues dans la cuisine (une détenue par module, si possible). Les femmes employées dans la cuisine devraient participer à la planification hebdomadaire des menus avec l'agent des services alimentaires et à la préparation des repas pour l'unité. Le travail dans la cuisine est une activité quotidienne qui peut demander plus d'une femme par module. Tout doit être mis en œuvre pour que les détenues travaillant dans la cuisine participent à la préparation des repas afin d'assurer une plus grande efficacité et d'améliorer leurs habiletés sociales de base.

 

Locaux du personnel

À l'Unité de garde en milieu fermé, les membres du personnel de première ligne (intervenants de première ligne, conseillers en comportement et contractuels) auront des bureaux partagés, car ils sont censés passer le plus clair de leur temps à travailler auprès des femmes ou à les surveiller.

Le chef d'équipe, le psychologue et l'infirmière clinicienne disposeront de bureaux distincts, car il peut arriver qu'il leur faille plus d'intimité pour les tâches de gestion et le counseling. Il y aura une salle réservée aux entrevues et une salle de toilette pour le personnel.

 

Unité d'isolement 

Chaque Unité de garde en milieu fermé aura également une unité d'isolement située à l'intérieur de celle-ci, mais dans une aile séparée. Ce sera un local partagé : lorsqu'une détenue de la population générale sera mise en isolement, ce sera là. L'unité d'isolement sera gérée soit par le personnel de l'établissement principal, soit par le personnel de l'Unité de garde en milieu fermé, selon le tableau des affectations de chaque établissement.

L'unité d'isolement aura trois (3 - Nova) ou quatre (4) cellules avec eau courante, une buanderie, une salle de bain complète (douche et baignoire) et une petite cour. Au moins une cellule sera dotée d'une caméra de surveillance.

 

La cour

La cour extérieure est entourée d'un périmètre de 12 pieds de hauteur (habituellement une combinaison de clôtures et de murs), doté d'un système de détection. En général, la cour est située de façon à réduire au minimum les contacts avec les délinquantes dites « à sécurité minimale » et « à sécurité moyenne ». Le personnel y fera régulièrement des rondes lorsque des délinquantes s'y trouveront.

 

C. Rondes et dénombrements

Voir la Directive du commissaire n o 566-4. Pour les dénombrements debout, les femmes doivent se trouver dans les cellules.

Les principales vérifications et rondes effectuées au moyen du dispositif Deister doivent se faire selon les exigences de l'établissement. Les rondes doivent avoir lieu régulièrement (d'ordinaire toutes les 60 à 90 minutes). Si une femme est en isolement dans sa propre cellule dans un module de l'Unité de garde en milieu fermé, il appartiendra à l'établissement de déterminer la fréquence, suivant le risque existant ou préoccupations spécifiques.18

 

D. Fouilles

Une combinaison de mesures de sécurité passive et de sécurité active augmente à la fois l'efficacité et l'efficience en réduisant l'introduction d'objets interdits dans l'unité. Les techniques disponibles comprennent :

  • les chiens détecteurs de drogues;
  • les détecteurs ioniques (généralement à l'entrée principale);
  • les fouilles régulières de l'unité et des cellules (conformément au plan de fouille);
  • les fouilles régulières des aires communes (le personnel doit prendre et conserver cette habitude);
  • les fouilles des aires partagées avant l'arrivée de détenues dites « à sécurité maximale » et après leur départ;
  • la fouille de la cour extérieure de l'Unité de garde en milieu fermé avant l'arrivée et après le départ des femmes et surveillance durant les exercices.

Le plan de fouille de l'Unité de garde en milieu fermé doit être incorporé dans le plan de fouille de l'ensemble de l'établissement. Les fouilles minutieuses des cellules, des modules, de la cour et d'autres secteurs de l'Unité de garde en milieu fermé doivent être effectuées régulièrement, probablement plus souvent que dans le reste de l'établissement. Les fouilles des aires communes de l'établissement devrait se faire avant l'arrivée et après le départ des femmes (p. ex., gymnase, cour, salles de programmes). Le personnel travaillant dans ces locaux doit être vigilant en ce qui concerne l'échange d'objets interdits.

Les femmes qui rentrent dans l'unité ou qui en sortent feront l'objet d'une fouille discrète et/ou par palpation. L'autorisation écrite doit être incluse dans le plan de fouille de l'établissement et être appuyée d'un ordre permanent ou d'une consigne de poste conformément à l'alinéa 47 g ) du Règlement sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition19 :

L'agent [de l'un ou l'autre sexe] peut soumettre le détenu à une fouille ordinaire – discrète ou par palpation20 – dans l'un des cas suivants :
g) le directeur du pénitencier conclut à la possibilité d'introduction d'objets interdits dans le pénitencier et il autorise la fouille expressément par écrit.

Lorsqu'un membre du personnel du Service a des motifs raisonnables de croire qu'une détenue est en possession d'un objet interdit ou d'un élément de preuve relatif à la perpétration d'une infraction criminelle ou disciplinaire, il peut soumettre la détenue à une fouille discrète ou par palpation, ou une fouille à nu conformément à la LSCMLC, au RSCMLC et à la Directive du commissaire n o 566-7, Fouille des détenus (le Protocole opérationnel national - Dotation des postes de première ligne, c'est-à-dire le protocole en matière de dotation mixte s'applique toujours).

 

E. Déplacements

Dans l'unité

Même si la routine de l'unité sera établie en tenant pour acquis que les cellules des détenues ne seront pas verrouillées durant la journée et la soirée (mesures les moins restrictives possibles, donc les détenues sont confinées dans leur cellule seulement lorsque nécessaire) les déplacements dans l'unité seront structurés et prévus à l'avance, selon l'évaluation du risque. Par exemple, les femmes peuvent se déplacer de leurs cellules vers les modules, ensuite vers les salles de programmes ou pour assister à une entrevue de différentes façons : individuellement (cela peut être nécessaire pour quelques femmes) ou par module. Pour la revue des malades, les femmes vont probablement se déplacer une à la fois. Étant donné que la population est hétérogène, il peut y avoir à n'importe quel moment des femmes qui :

  • ont progressé au point où elles souhaitent s'engager dans des programmes et modifier leur comportement;
  • refusent de participer ou nuisent aux efforts de motivation;
  • exigent une approche de santé mentale individuelle et intensive;
  • sont incompatibles avec d'autres femmes de l'unité.

Les femmes doivent avoir la possibilité de se trouver dans un endroit où elles peuvent refuser en toute sécurité de participer à des comportements de groupe négatifs, apprendre à travailler avec d'autres femmes et avoir des relations constructives avec le personnel. Il faut qu'il y ait un équilibre entre la séparation et l'intégration, même dans cette population : un trop petit nombre d'individus entraîne un quasi-isolement et réduit la capacité d'apprendre l'interaction constructive avec les pairs; par contre, un groupe trop important augmente la possibilité de comportements d'imitation et d'action de groupe.

Le calendrier et les horaires au sein de l'unité doivent être organisés de manière à limiter les contacts entre les personnes incompatibles.

 


1 Rapport du Groupe de travail sur la sécurité, SCC (1999).
2 Adapté de Shiver, 1990 (document de discussion sur l'environnement thérapeutique).
3 Weil, Andrew M.D., 8 Weeks to Optimum Health, p. 10.
4 Voir le Plan des ressources humaines pour la stratégie d'intervention intensive, Partie B : Formation du personnel (SCC, 2000).
5 Weil, Andrew M.D., 8 Weeks to Optimum Health, page 8.
6 Ibid, page 39.
7 Tiré de Motivational Interviewing Training, Research Results and Operational Applications, présentation par Joel Ginsburg, Lynn Stewart et John Weekes (voir la bibliographie).
8 Dans d'autres régions du pays, des problèmes semblables peuvent être davantage causés par des différences raciales.
9 La formule CSC/SCC 0003-T (2003-03) (version Word) et la formule d'accompagnement Gestion du comportement et comportements cibles – Fiche quotidienne, Feuille des comportements cibles de la délinquante, CSC/SCC 0003-01T (2003-05) (version Word), font actuellement l'objet d'un projet pilote et pourraient donc être modifiées ultérieurement.
10 L'Échelle de réévaluation de la cote de sécurité des délinquantes élaborée/en cours de validation au moment de la rédaction du présent plan n'est normalement pas valide pour une période moindre que six mois.
11 La Directive du commissaire n o  730, Affectation aux programmes et paiements aux détenus . Ce niveau s'applique lorsque la détenue refuse de travailler, et non en raison d'un manque de programmes ou de travail.
12 Le Comité de direction a pris la décision de ne pas changer la sécurité périmétrique des établissements régionaux. Les mesures de sécurité passive pour les femmes et pour les hommes n'ont jamais été identiques. Les établissements régionaux pour femmes abritent des délinquantes dites « à sécurité minimale » et « à sécurité moyenne »; la sécurité périmétrique est plus stricte que celle du niveau de sécurité minimal pour hommes et moins que le niveau de sécurité moyen; toutefois, à l'interne, le fonctionnement se rapproche davantage du niveau de sécurité minimal en ce que les femmes vivent sans la présence de personnel dans les unités. La Prison des femmes était un établissement multisécuritaire, abritant des détenues des trois niveaux de sécurité; pourtant, son périmètre, s'il était plus imposant que celui des établissements régionaux, n'équivalait pas à celui d'un établissement à sécurité maximale pour hommes.
13Au moment de la rédaction du présent rapport, un deuxième examen de la sécurité passive dans les établissements pour femmes est en cours. Cet examen aboutira à l'élaboration de critères techniques clairs concernant ces établissements.
14 La décision appartiendra à l'établissement.
15 La ligne directrice veut que le nombre de cellules d'isolement équivaille à 5 % de la capacité pondérée.
16 En raison de l'aménagment initial de la charpente.
17 L'établissement Nova a une grande pièce qui peut être divisée en deux. L'EEF a, à sa demande, quatre petites salles pour les programmes.
18 Une DC sur les rondes et les patrouilles de sécurité est en préparation au moment de la publication du présent plan. Elle fournira des instructions supplémentaires une fois qu'elle sera publiée.
19Dans les rapports McDonagh et Morin, des femmes ont indiqué que la disponibilité de drogues dans les unités à sécurité maximale augmentait le risque.
20 Dans les établissements pour femmes, «le protocole en matière de dotation mixte» s'applique aussi à la fouille par palpation, en ce sens que les hommes ne peuvent soumettre des femmes à ce genre de fouille (ce que ne précise pas la DC 566-7).


 

À l'extérieur de l'unité1

Les Unités de garde en milieu fermé sont petites. Il faut donc faire sortir les détenues de l'unité de temps à autre. Les déplacements à l'extérieur de l'unité donnent au personnel la latitude d'évaluer les progrès d'une femme et le risque qu'elle présente. Des déplacements vers l'extérieur de l'unité se produiront; quand et comment ils se produiront (le degré, le type et les motifs des déplacements) dépendront de la politique de l'établissement à cet égard, des discussions menées par l'équipe interdisciplinaire et des évaluations du risque que présente la femme. Les délinquantes à sécurité maximale doivent être escortées et/ou supervisées lorsqu'elles sont à l'extérieur de l'unité.

La Liste de contrôle - Déplacements à l'extérieur de l'Unité de garde en milieu fermé2 est un instrument d'évaluation destiné à aider le personnel à évaluer le risque chez chaque femme. Il faut qu'elle soit réexaminée lors d'une réunion hebdomadaire de l'équipe interdisciplinaire et qu'une décision soit consignée dans le procès-verbal au moins une fois par mois, afin que les mesures restrictives soient diminuées dès que le risque est acceptable.

Le degré de déplacement à l'extérieur de l'Unité de garde en milieu fermé n'est pas identique pour toutes les femmes. Le chef d'équipe, qui est à la tête de l'équipe interdisciplinaire, décidera3 des déplacements à l'extérieur de l'unité. Le directeur d'établissement peut, s'il le désire, laisser le chef d'équipe prendre les décisions relatives au matériel de contrainte4. De façon générale :

  • les détenues se déplaceront à des moments déterminés et vers des endroits prédéterminés en rapport avec le calendrier ou l'horaire de l'établissement et seulement lorsque le risque est acceptable (sauf s'il s'agit d'une urgence médicale);
  • ces déplacements auront toujours lieu sous la surveillance directe du personnel;
  • le nombre d'employés et le type de personnel (p. ex., soit deux intervenants de première ligne, soit un intervenant de première ligne et un autre membre du personnel) seront déterminés d'après l' évaluation individuelle du risque ;
  • le recours au matériel de contrainte dépendra de l'évaluation individuelle du risque (voir ci-dessous).

De plus,

  • les détenues dites « à sécurité minimale » et « à sécurité moyenne » pourraient être mises au courant de l'heure à laquelle se produiront les déplacements des détenues dites « à sécurité maximale » afin qu'elles s'arrangent pour se trouver ailleurs, si elles le souhaitent [nota : chaque établissement décidera s'il veut ou non divulguer les informations sur les heures des déplacements généraux des détenues dites « à sécurité maximale » vu que ces déplacements pourraient constituer une occasion d'introduire dans l'unité des objets interdits];
  • si une femme à sécurité maximale a des antécédents d'incompatibilité avec une femme d'une cote de sécurité inférieure, l'horaire des déplacements et des exercices doit être prévu de manière à réduire les possibilités d'interaction;
  • si une détenue dite « à sécurité maximale » interagit de façon inadéquate (menaces verbales, par exemple), elle devrait être renvoyée immédiatement à l'Unité de garde en milieu fermé (c'est une règle de l'unité et elle devrait être ajoutée à la politique de l'établissement). On pourrait envisager d'entamer le processus disciplinaire, y compris les rapports d'infraction;
  • si des détenues d'une cote de sécurité inférieure interagissent de façon inadéquate avec des détenues dites « à sécurité maximale », on pourrait avoir recours au processus normal de discipline ainsi qu'à un examen de réévaluation de la cote, si c'est jugé nécessaire.

Ces approches réduisent au minimum les contacts physiques avec la population à sécurité minimale et moyenne; s'il survient néanmoins des interactions visuelles ou auditives négatives, le personnel, qui exerce une surveillance active, peut y voir.

Le cadre suivant des déplacements est proposé à des fins d'uniformité. Il est basé sur l'évaluation que fera le personnel à l'aide de la liste de contrôle Déplacements à l'extérieur de l'Unité de garde en milieu fermé .

 

Niveau

Description

Matériel de contrainte
et personnel

1

Pour quitter l'Unité de garde en milieu fermé, la femme doit être escortée et porter du matériel de contrainte; elle est toujours en présence du personnel (par exemple, pour aller obtenir des services de santé qui ne peuvent pas être offerts dans l'unité).

Menottes ou ceinture de force et/ou entraves; deux intervenants de première ligne.

2

La femme se trouve constamment sous une observation directe du personnel et elle utilise d'autres parties de l'établissement sans interagir avec les autres détenues.

Seules les menottes sont utilisées lors des déplacements vers des secteurs désignés; deux employés, dont un intervenant de première ligne.

3

La femme peut quitter l'unité sous une surveillance directe, elle est accompagnée à une aire de programme surveillée (où elle est en présence de détenues de la population générale) et, une fois le programme terminé, elle est ramenée à l'Unité de garde en milieu fermé.

Aucun matériel de contrainte; deux agents accompagnateurs (mais pas nécessairement des intervenants de première ligne).

4

La femme peut quitter l'unité sous une surveillance directe, elle est accompagnée à une aire de programme surveillée (où elle est en présence de détenues de la population générale) et, une fois le programme terminé, elle est ramenée à l'Unité de garde en milieu fermé.

Aucun matériel de contrainte; un agent accompagnateur (pas nécessairement un intervenant de première ligne).

 

À l'extérieur de l'établissement

Pour s'informer sur la procédure lorsque des délinquantes de cote de sécurité maximale doivent être escortées à l'exterieur de l'établissement, veuillez vous référer aux paragraphes 20 et 27 de la Directive du commissaire n o  566-6, Escortes de sécurité  : lors des escortes terrestres de détenues ayant une cote de sécurité maximale…il faut normalement prévoir au moins deux agents pour la première détenue (paragraphe 20). Dans le cas de détenues ayant une cote de sécurité maximale, il faut utiliser au moins deux sortes de matériel de contrainte (paragraphe 27).

 

F. Gestion des locaux partagés

Introduction

Les femmes de l'Unité de garde en milieu fermé partageront des locaux selon un horaire différent de celui des détenues de la population générale et suivant leur évaluation individuelle du risque. L'horaire doit être modifié de façon à ce que l'accès des détenues dites « à sécurité maximale » à ces locaux n'ait qu'une incidence partielle sur la population générale, bien qu'il puisse être difficile de tenir les deux groupes séparés durant les déplacements. Lorsque les détenues dites « à sécurité maximale » se trouvent dans des secteurs partagés de l'établissement, ces secteurs devraient être temporairement interdits au reste de la population.

 

Visites

Les femmes logées dans l'Unité de garde en milieu fermé utiliseront les secteurs des visites existants sur rendez-vous seulement et selon des horaires différents de ceux des délinquantes à sécurité minimale et moyenne. Cette mesure aura des répercussions sur l'ensemble de l'horaire des visites de l'établissement. Toutes les détenues devraient donc être informées du changement. Le secteur réservé aux visites sera interdit à la population générale durant la période des visites de l'Unité de garde en milieu fermé.

Tous les établissements ont (ou auront) un secteur réservé aux visites sans contact5. Le type de visites - visites-contacts ou visites avec séparation - sera déterminé d'après l'évaluation individuelle du risque de la détenue. Dans la plupart des établissements, l'aire des visiteurs est située près de l'entrée principale. Une procédure devrait être mise en place pour contrôler les déplacements des détenues et des visiteurs aux alentours afin de réduire au minimum le risque d'évasion. Il faudra également faire une évaluation pour déterminer si la délinquante peut ou non avoir accès à la petite cour adjacente à l'aire des visiteurs qu'il y a dans la majorité des établissements.

Chaque Unité de garde en milieu fermé dispose de deux employés pendant les quarts de jour, du lundi au vendredi, qui peuvent escorter les femmes à l'intérieur de l'établissement (laissant ainsi deux intervenants de première ligne dans l'unité). Au moins un des membres du personnel de l'Unité de garde en milieu fermé qui supervise les déplacements des détenues dites « à sécurité maximale » vers le secteur des visites y restera pour apporter son concours au poste en place. D'après la disposition de chaque secteur des visites, l'établissement peut avoir à déterminer combien de détenues dites « à sécurité maximale » peuvent s'y trouver ensemble. Le risque posé et le nombre de détenues dites « à sécurité maximale » dans le secteur des visites détermineront le nombre d'employés de l'Unité de garde en milieu fermé qui devront y rester.

S'il y a une délinquante dont le risque est jugé inacceptable dans le secteur général des visites (même des visites sans contact), on peut envisager d'autres dispositions.

Si des enfants visitent une détenue dite « à sécurité maximale », l'établissement évaluera le risque que présentent pour eux les autres délinquantes dites « à sécurité maximale » qui s'y trouveraient aussi. S'il existe des motifs valables de croire qu'il y a un risque pour l'enfant ou les enfants, un autre moment ou un autre endroit devrait être envisagé pour la visite de la délinquante qui crée ce risque.

 

Visites familiales privées

Le principe de l'utilisation partagée s'applique aussi à l'unité des visites familiales privées (VFP).6 Ces unités ont des portes et des fenêtres dotées de dispositifs d'alarme. Chacune a son propre patio ou sa cour. On établira des vérifications, dénombrements et autres mesures de sécurité accrus (différents de ceux dont on se sert pour les détenues dites « à sécurité minimale » et « à sécurité moyenne »). Dans les établissements où les VFP n'ont pas lieu dans un secteur à accès réservé ou interdit, les détenues dites « à sécurité minimale » et « à sécurité moyenne » n'auront pas la permission de visiter le secteur des VFP lorsqu'une femme à sécurité maximale s'y trouvera.7

Si l'on juge que le risque d'évasion d'une délinquante dite « à sécurité maximale » au cours d'une éventuelle VFP et le risque pour la collectivité de récidive avec violence si elle s'évade sont inacceptables, même avec des vérifications plus fréquentes ou d'autres mesures, il faut reconsidérer son admissibilité à une VFP. La DC no 770 – Visites, et la LSCMLC donnent le pouvoir d'agir en ce sens.

D'autres dispositions peuvent également être envisagées (selon le risque que pose la détenue); par exemple, elle pourrait retourner à l'Unité de garde en milieu fermé pour la nuit, plutôt que de rester avec sa famille à l'unité des VFP.

 

Services de santé

Même si une infirmière clinicienne sera affectée à l'Unité de garde en milieu fermé (et que, si cela s'avère nécessaire, les infirmières de l'établissement pourraient visiter l'unité), certaines interventions obligeront les femmes à se rendre au Centre de santé. Sauf en cas d'urgence, ces visites seront effectuées de manière à limiter les contacts avec la population générale, et les femmes seront surveillées par le personnel. Les renseignements d'ordre médical sont confidentiels, et les agents accompagnateurs doivent respecter cela. L'évaluation du risque peut déterminer si l'intervenant de première ligne doit rester dans la salle d'examen avec la détenue, mais il est possible que certains médecins insistent pour qu'il reste.

 

Isolement

Il y aura une unité d'isolement pour l'établissement en entier. Elle sera dans le bâtiment de l'Unité de garde en milieu fermé, mais tout de même éloignée des secteurs principaux de cette unité (selon l'aménagement des lieux, elle pourra être vue au moins en partie depuis le poste de contrôle). Le personnel de l'Unité de garde en milieu fermé devrait normalement se charger de l'unité d'isolement lorsqu'elle est occupée, mais il pourrait avoir besoin de l'aide du personnel de l'établissement. Comme les détenues en isolement ont tendance à suivre un horaire très précis, les déplacements et les interventions peuvent être prévus de façon à ce que le personnel nécessaire soit disponible. S'il le faut ou si cela convient, une détenue dite « à sécurité maximale » peut être isolée dans sa propre cellule.8 Les détenues ayant une cote de sécurité minimale ou moyenne ne seront pas placées en isolement à l'Unité de garde en milieu fermé, sauf dans des circonstances vraiment exceptionnelles (p. ex. une émeute) nécessitant une solution à court terme. Elles doivent être placées dans l'unité d'isolement.

Si une détenue dite « à sécurité minimale » ou « à sécurité moyenne » demande une période de réflexion (à l'extérieur de son unité résidentielle), il faut d'abord examiner des solutions de rechange aux cellules d'isolement (p. ex., places au centre de santé, utilisation de l'aire des VFP si elle est libre et si cela convient, etc.).

 

Gymnase

Le gymnase est normalement situé à une extrémité du bâtiment principal, ayant été conçu pour faciliter l'accès communautaire. En raison des consignes d'incendie, le gymnase ne peut normalement être fermé à clé même si les sorties sont dotées d'un dispositif d'alarme. Certains établissements peuvent être en mesure de verrouiller les portes temporairement.

Les détenues dites « à sécurité maximale » utiliseront le gymnase selon un horaire prédéterminé et sous la surveillance du personnel. La taille du groupe, ainsi que le nombre d'employés chargés de la surveillance, sera déterminée d'après les évaluations du risque individuel et de groupe.

Par exemple : pour qu'un nombre suffisant d'employés supervisent les femmes et que du personnel non affecté à la sécurité (p. ex., les conseillers en comportement) puisse « encadrer » le groupe ou participer à ses activités, les femmes qui restent dans l'Unité de garde en milieu fermé pourraient être placées dans leur cellule ou leur module. L'agent de programmes responsable du gymnase devrait également participer à l'élaboration et à la supervision des activités (lesquelles servent aussi de liens avec le personnel de l'établissement principal).

 

Bibliothèque/centre de documentation

Les femmes qui ont la permission de sortir de l'unité peuvent également aller à la bibliothèque ou au centre de documentation à des heures distinctes. La personne responsable de la bibliothèque s'occupera également des détenues dites « à sécurité maximale » qui se présentent à la bibliothèque. Si cette personne est une détenue, le conseiller en comportement, par exemple, pourrait faire le nécessaire pour que des livres et autres documents à lire soient apportés à l'Unité de garde en milieu fermé (c'est-à-dire que la détenue pourrait choisir les livres et un membre du personnel pourrait les apporter à l'unité).

Pour les femmes qui ne peuvent quitter l'unité, on prendra des dispositions pour qu'une sélection de livres, de magazines et de journaux leur soit apportée une fois par semaine. On peut présenter des demandes écrites au bibliothécaire. Il y aurait peut-être aussi la possibilité de faire une entente avec la bibliothèque municipale pour offrir plus de choix.

 

Aires d'artisanat

Si les femmes qui font de l'artisanat peuvent être gérées en dehors de l'unité, on peut faire en sorte qu'elles aient accès aux aires d'artisanat. Autrement, les salles polyvalentes pourront servir, ou encore les femmes pourront travailler dans le module ou leur cellule. Une surveillance sera nécessaire en ce qui a trait aux outils tranchants et aux aiguilles.

 

École (autres programmes et aires de programmes)

Même si la plupart des programmes sont dispensés dans l'unité, les aires de classe et de programmes peuvent aussi être partagées. Les femmes qui s'efforcent de faire abaisser leur cote de sécurité peuvent, si le risque est acceptable, assister à un programme avec la population générale.

Dans ces cas, le personnel les accompagnera à l'aire de programmes et les ramènera à l'unité. Si ces femmes assistent à un programme avec la population générale, on peut s'attendre à ce qu'elles n'aient pas besoin de surveillance au cours du programme; cependant, l'agent de programmes doit veiller à ce qu'elles ne quittent pas la salle sans surveillance et les intervenants de première ligne (de l'Unité de garde en milieu fermé ou de l'établissement) devraient effectuer une surveillance accrue de la salle par la fenêtre de la porte.

 

G. Liens entre l'Unité de garde en milieu fermé et le reste de l'établissement

Il est essentiel que le personnel de l'Unité de garde en milieu fermé entretienne des relations étroites avec ses collègues du milieu de vie structuré et du reste de l'établissement. Cela facilite la communication entre les membres du personnel, démystifie et aide à comprendre le risque et les besoins que présentent les détenues dites « à sécurité maximale » et permet au personnel de se tenir en relation avec ses collègues. Étant donné qu'il n'y a pas de salle du personnel dans l'Unité de garde en milieu fermé, les employés peuvent aller dans la salle du personnel de l'établissement pendant les pauses, ce qui leur donne aussi l'occasion de sortir de l'unité.

Le Comité de coordination des soins, qui supervise toutes les questions de santé mentale pour l'ensemble de l'établissement, et les réunions opérationnelles du matin assurent également au personnel et à la direction de l'unité un lien vital avec leurs collègues.

 

H. Gestion des situations d'urgence

 

Le modèle de gestion des situations d'urgence (voir la Directive du commissaire n o  567 – Gestion des incidents de sécurité) s'applique à l'Unité de garde en milieu fermé de la même façon qu'à tous les établissements du SCC. Tous les membres du personnel, y compris ceux qui travaillent dans l'Unité de garde en milieu fermé et ceux qui occupent des rôles clés, doivent être au courant de leurs rôles et de leurs responsabilités ainsi que de l'importance de l'interaction et de la communication au cours d'une crise. Toutes les directives du commissaire concernant la gestion des urgences, les plans d'urgence, etc., s'appliquent sauf avis contraire.

 

Interventions de l'Équipe pénitentiaire d'intervention en cas d'urgence

Conformément à la politique sur le recours à la force et à la réponse du SCC au rapport Arbour, les premières interventions planifiées doivent être faites par une équipe composée uniquement de femmes.

Dans la mesure du possible, on aura recours à des interventions verbales et à des négociations; cependant, si une situation s'aggrave (p. ex. passe à l'étape de la violence physique ou affective grave), le modèle de gestion des situations d'urgence offre une variété d'interventions possibles.

La séance d'aide après un stress dû à un événement grave sera particulièrement importante pour le personnel et les détenues parce que les unités sont petites. L'Analyse de la chaîne de comportements et le Bilan de décisions seront également des outils utiles (voir la partie 5 – Programmes) pour aider les détenues à reconnaître les actions et les comportements inadéquats.

 

Protocoles à suivre dans les cas d'automutilation

L'automutilation est un comportement fréquent chez un petit nombre de détenues. Il est important que l'unité revienne à la normale aussi rapidement que possible à la suite d'une automutilation. En vue de réduire l'effet d'entraînement entre détenues, il peut être préférable d'avoir un entretien individuel, «une à une», plutôt que de tenir une séance de groupe, pour indiquer les faits à l'origine de l'incident à celles qui en ont été témoins ou qui ont été affectées. Pour ce qui est de celles qui se mutilent, diverses interventions sont possibles, comme la TCD et d'autres interventions en matière de santé mentale9.

 

Protocole de gestion

Cette section n'a plus de valeur exécutoire. Le Protocol de gestion a été annulé le 1 mai 2011

I. Manuel de l'Unité de garde en milieu fermé à l'intention des détenues

Chaque établissement a un manuel (ou révisé le manuel existant) pour y inclure la description de l'unité, ses règles, son horaire et sa routine, les attentes à l'égard des détenues, la manière d'abaisser la cote de sécurité, la procédure de déplacement, le protocole de gestion, etc.

 

J. Attentes et règles de l'Unité de garde en milieu fermé

Ces attentes et règles seront affichées très visiblement à quelques endroits, y compris à l'entrée de l'unité, de manière à ce que le personnel, les détenues et les visiteurs soient au courant de ces règles et les appliquent systématiquement. D'autres règles devront être adoptées pour la cuisine, les buanderies et les salles de bain.

 

Attentes :
  • Respectez les autres en tout temps. Respectez leur espace et veuillez garder le bruit à un niveau acceptable.
  • Si vous ne comprenez pas quelque chose, n'hésitez pas à demander.
  • Il arrive que le personnel ne puisse pas vous répondre immédiatement, S.V.P., soyez patientes.
  • Les programmes et le travail sont obligatoires - S.V.P., soyez à l'heure .
  • Vous êtes responsable de votre cellule, de votre hygiène personnelle et de votre comportement.
  • Si des membres du personnel se présentent dans votre module, ils s'annonceront (sauf après l'heure de rentrée). S.V.P., v euillez être habillée de façon appropriée.
  • Si vous avez besoin d'être seule pour un moment, S.V.P. dites-le nous .
  • Concentrez-vous sur la peine que vous avez à purger, sans vous laisser déranger par des éléments extérieurs.

 

Règles :
  • Le langage offensif et les menaces ne seront pas tolérés. Réfléchissez avant de parler.
  • Les actes de violence ne seront pas tolérés. Réfléchissez avant d'agir.
  • Les visites entre les modules sont interdites.
  • Les visites dans les cellules sont interdites.
  • Une personne à la fois dans la salle de bain/douche.
  • N'utilisez les dispositifs d'alerte des cellules qu'en cas d'urgence.
  • Tous vos effets personnels doivent être consignés sur la feuille d'enregistrement des effets personnels (n o 514), qui doit être affichée dans votre cellule. Il est interdit de prêter ou d'échanger.
  • Vous devrez vous soumettre à une fouille ordinaire (fouille discrète ou par palpation) chaque fois que vous quitterez l'Unité de garde en milieu fermé et que vous y reviendrez.
  • Si vous vous comportez de façon inadéquate quand vous êtes à l'extérieur de l'unité, vous serez ramenée à l'unité sans délai.

 


1Chaque Unité de garde en milieu fermé sera dotée de deux postes de 250 jours (du lundi au vendredi) d'intervenant de première ligne pour le quart de jour, dont les titulaires seront chargés d'escorter et de surveiller des femmes à l'extérieur de l'unité. Si aucune escorte n'est prévue ni nécessaire, ces agents pourront travailler pendant leur quart dans l'Unité de garde en milieu fermé.
2 CSC/SCC 0005-T (R-03-05)(version Word). Ce formulaire a été élaboré avant l'ouverture et fait actuellement l'objet d'un projet pilote. Il pourrait être modifié au fur et à mesure que le personnel l'utilise.
3 À moins que le directeur d'établissement ne décide de conserver cette responsabilité.
4 Voir le paragraphe 12 de la Directive du commissaire no 567-3, Utilisation de matériel de contrainte : « Suivant une évaluation individuelle du risque et une fois que le directeur de l'établissement ou son délégué en a donné l'autorisation, le matériel de contrainte peut être utilisé pour protéger le personnel, les détenus et le public dans les circonstances suivantes : a. pour escorter les détenus à l'intérieur de l'établissement, notamment dans le cas : … iii. d'escortes de détenus à risque élevé. »
5Aux établissments Grand Valley, Joliette et d'Edmonton pour femmes, il y a une salle réservée aux visites sans contact à l'intérieur du secteur général de visites. Dans le cadre des rénovations, on a installé une salle de visites sans contact à Nova, adjacente à l'Unité de garde en milieu fermé.
6 Étant donné l'augmentation de la population, même de la population à sécurité minimale et moyenne, la nécessité d'ajouter des unités de visites familiales privées sera déterminée pour chaque unité opérationnelle; les données sur l'utilisation formeront la base de l'évaluation. S'il est nécessaire d'ajouter une unité de VFP, le meilleur endroit sera déterminé en fonction de l'emplacement de l'Unité de garde en milieu fermé.
7Dans certains établissements, les femmes peuvent visiter l'aire des VFP lorsque leurs co-détenues sont là avec leurs familles. Les visites des co-détenues ne sont donc pas possibles. C'est l'établissement qui doit déterminer si une détenue dite « à sécurité maximale » peut se trouver d'un côté de l'aire destinée aux VFP tandis qu'une détenue dites « à sécurité minimale » ou « à sécurité moyenne » se trouve de l'autre côté de cette aire.
8 Voir le rapport du Groupe d'examen de l'isolement préventif qui a défini l'isolement comme un état, et pas nécessairement comme un endroit.
9 Le centre psychiatrique régional a élaboré un protocole relatif à l'automutilation intitulé Parasuicidal Behaviours Handbook for Forensic Inpatients; le CPR offre toutefois un milieu de traitement volontaire différent des unités de garde en milieu fermé.


 

PARTIE 5 - PROGRAMMES

A. Introduction

Comme c'est généralement le cas au SCC, les programmes feront partie intégrante de la stratégie d'intervention intensive en milieu fermé. Il est important de reconnaître que les détenues dites « à sécurité maximale » n'ont pas toutes de constantes difficultés d'adaptation au milieu carcéral et qu'elles ne sont pas agressives tous les jours, toute la journée, et qu'elles seront libérées/intégrées dans la collectivité à un moment donné. Le fonctionnement de l'Unité de garde en milieu fermé doit être fermement axé sur la réinsertion , de préférence dans l'environnement communautaire de l'établissement d'abord, avant la mise en liberté dans la collectivité.

Étant donné la Stratégie d'intervention intensive qui est appliquée, les programmes correctionnels et de traitement, le travail, les programmes sociaux et les activités devraient tous contribuer à la réalisation de l'objectif de réinsertion des détenues dites « à sécurité maximale ».

La plupart des unités de garde en milieu fermé auront des populations mélangées. Le personnel devra tenir compte des besoins en matière de programmes des femmes dont les attitudes sont plus antisociales, de celles qui peuvent avoir des déficits cognitifs ou de lacunes au niveau des compétences psychosociales, des femmes Autochtones dont les programmes doivent être plus axés sur la culture et comprendre des cérémonies de guérison et d'autres types de cérémonies, ainsi que des femmes qui purgent les deux premières années de leur peine d'emprisonnement à perpétuité.

 

B. But des programmes de l'Unité de garde en milieu fermé

Les programmes visent surtout à régler les problèmes qui ont donné lieu au classement des femmes au niveau de sécurité maximal, de façon à ce que celles-ci soient reclassées en toute sécurité au niveau de sécurité moyen. Pour la plupart des délinquantes, l'adaptation au milieu carcéral s'est avérée la principale raison pour laquelle elles sont classées au niveau de sécurité maximal. L'intervention est principalement axée sur la gestion du comportement et l'acquisition de compétences de base pour plusieurs de ces délinquantes. Le formulaire Gestion du comportement et comportements cibles - Fiche quotidienne aidera le personnel à suivre les progrès.

Il n'est pas nécessaire de dispenser tous les programmes figurant dans le plan correctionnel, ni de répondre à chacun des besoins cernés. Les délinquantes ont elles-mêmes identifié que les plans correctionnels trop chargés étaient un obstacle à la réduction de leur niveau de sécurité. Lorsqu'une femme est reclassée au niveau de sécurité moyen, elle peut alors participer à un plus grand nombre de programmes.

 

C. Contexte

Les points de vue des femmes

Femmes non-Autochtones

Dans le rapport McDonagh, les détenues non-Autochtones dites « à sécurité maximale » ont exprimé les idées suivantes sur la façon dont les programmes les ont aidées à réduire leur cote de sécurité maximale :

 

Population générale

Population ayant des besoins spéciaux

Les programmes, particulièrement les programmes de base, sont tous utiles.

Tous les programmes sont considérés utiles, sauf les programmes d'éducation et d'alphabétisation.

Le programme Survivantes de traumatismes et d'actes violents et le Programme d'apprentissage cognitif des compétences sont particulièrement efficaces.

Le Programme d'apprentissage cognitif des compétences est considéré quelque peu difficile (n=1). Le programme Survivantes de traumatismes et d'actes violents est considéré très utile.

On accorde peut-être trop d'importance au Programme de traitement pour délinquantes toxicomanes; ce programme devrait être plus structuré et être offert de façon continue (prévention des rechutes, p.70)1

Pas un aspect couramment indiqué.

Il serait utile d'offrir plus souvent des programmes de maîtrise de la colère (p.70).

Ces programmes sont utiles, mais leur contenu est difficile (n=1).

Il faudrait organiser plus d'activités en gymnase et d'activités physiques.

Il faudrait offrir plus d'activités en gymnase et d'activités physiques.

L'emploi fait habituellement partie du plan correctionnel et est considéré très important; il faudrait prévoir des tâches plus variées.

L'emploi est habituellement plus sporadique.

 

La participation aux programmes et la motivation d'y participer comportait quatre thèmes :

 

Population générale

Population ayant des besoins spéciaux

Peu à l'aise avec le modèle de groupe et la dynamique de groupe (problèmes de confiance, détenues qui causent des ennuis)2.

La participation au groupe est davantage liée aux incompatibilités.

Programme considéré utile - elles ont besoin du programme; les animateurs possèdent de l'expérience au sujet des questions dont ils parlent.

L'« utilité » du programme n'est pas mise en doute, mais les programmes sur l'apprentissage cognitif des compétences étaient considérés trop difficiles ou ennuyants. Les programmes de créativité (p. ex. arts et artisanat) sont préférés.

L'indifférence envers les programmes est souvent liée au code des détenues.

 

Façon de passer le temps.

Façon de passer le temps.

 

Femmes Autochtones

Dans le rapport Morin, les femmes Autochtones ont indiqué les programmes qui semblent (et ne semblent pas) les avoir aidées à réduire leur niveau de sécurité :

 

Ce qui fonctionne

Ce qui ne fonctionne pas

Des programmes nouveaux et intéressants fondés sur la guérison et l'apprentissage expérientiel qui sont adaptés à la culture autochtone et dispensés par des animateurs Autochtones et des Aînés.

Les programmes plus axés sur des notions intellectuelles (p. ex. le Programme d'apprentissage cognitif des compétences) sont ennuyants et le fait de les suivre de nouveau les rend encore plus ennuyants. Les programmes ne sont pas adaptés à la culture autochtone.

Les programmes devraient comporter une base spirituelle et un soutien émotionnel. Il faut reconnaître que les cérémonies font partie du plan correctionnel.

Programmes axés sur des notions intellectuelles.

Les services de liaison autochtone et les services de counseling par des Aînés à temps plein et les cérémonies de guérison.

 

Des animateurs bien formés et qualifiés qui sont novateurs et qui rendent leurs programmes intéressants et souples, sans avoir un caractère autoritaire ni porter de jugements.

Le fait que des agents de correction ou des anciens agents de correction servent d'animateurs crée de l'animosité avec les femmes Autochtones qui considèrent alors que les programmes sont fondés sur le niveau de sécurité et non pas sur le traitement.

es besoins des femmes devraient déterminer les besoins en programmes, et non l'inverse.

Les femmes devraient pouvoir participer aux programmes quand elles sont prêtes.

Les femmes ne devraient pas être forcées de suivre des programmes pour lesquels elles ne sont pas prêtes.

Les retards liés à la prestation des programmes nécessaires et le fait de ne pas offrir de programmes pour punir les femmes et les inciter à se conformer aux règles et à obéir au personnel du SCC.

Le fait de suivre de nouveau des programmes une fois transférée dans un nouvel établissement.

Les programmes de réinsertion sociale dans la collectivité suivis avant la mise en liberté et pendant de longues périodes.

 

Les programmes doivent être dispensés par étapes, de façon à ce que les femmes soient fières d'elles-mêmes lorsqu'elles terminent chaque étape. Renforcement positif de la part du personnel.

Lorsque l'accent est mis seulement sur les comportements négatifs.

Le personnel et les animateurs de programme qui appuient et encouragent les femmes.

Lorsqu'on n'apporte pas volontiers de soutien ni d'encouragement.

 

Les programmes mentionnés dans le rapport Morin qui aideraient les femmes Autochtones comprennent entre autres :

  • Les programmes intensifs de traitement pour délinquantes Autochtones , les traitements et les programmes de prévention des rechutes pour régler les problèmes de toxicomanie (auxquels s'ajoute la prévention des drogues qui entrent dans l'établissement).
  • La prévention du comportement suicidaire et d'automutilation.
  • Les programmes sur la violence familiale , le cycle de violence et les relations de violence, les conséquences de la violence familiale et les familles dysfonctionnelles, le counseling de couple (s'il y a lieu) pour régler les problèmes de codépendance et d'estime de soi.
  • Les programmes pour aider à surmonter le chagrin et le deuil.
  • Les programmes d'apprentissage des compétences parentales - apprendre à s'occuper des enfants lors des visites et de la liberté.
  • Les programmes d'acquisition de compétences psychosociales et de maîtrise de la colère pour faire face aux comportements spontanés et apprendre sur la colère et d'autres émotions en tenant compte de la culture.
  • La nécessité d'avoir accès aux études postsecondaires ou universitaires.
  • Le programme Breaking Barriers avec les conseillers de l'équipe d'entraide.

Même si son rapport intitulé La stratégie relative aux gangs de jeunes Autochtones3 ne porte que sur les délinquants de sexe masculin, Mercredi y indique que «…la plupart des délinquants Autochtones qui ont exprimé une opinion à ce sujet ont dit avoir retiré des bienfaits personnels de la participation à un ou plusieurs programmes de base…» (p. 10). Toutefois, il a souligné que « …les programmes [qui] combinent l'instruction et la guérison pour offrir aux détenus Autochtones l'éducation qui les amènera à transformer leur vie par l'autodétermination, la croissance personnelle et la capacité de se prendre en main ». (p. 10 et 11)

 

Cérémonies

Mercredi explique aussi longuement le rôle des Aînés. Il ajoute que le travail des Aînés ne constitue pas un « programme » (p. 12), mais que la meilleure façon de comprendre leur intervention est de participer à une cérémonie. Il indique que « la cérémonie permet d'expliquer, de comprendre et d'appliquer un grand nombre des valeurs fondamentales de la vie traditionnelle. L'observation et une connaissance théorique des méthodes traditionnelles sont utiles pour prendre conscience de celles-ci, mais seule la pratique permet de saisir l'essentiel de ce mode de vie ». (p. 12 et 13).

Mercredi ajoute que « leur participation [des délinquants] à une cérémonie les amène à évaluer leur vie et les aide à en construire une meilleure sans les examens, tests ou évaluations habituels qu'utilisent les spécialistes ou autres intervenants du système correctionnel. (p. 13). Ce choix de mode de vie différent se manifeste au fur et à mesure qu'il progresse sur la voie de la connaissance et de la spiritualité traditionnelle. On peut essayer de faire semblant, mais cela ne dure pas éternellement. Chacun vient comme il est, mais s'il applique les enseignements dans sa vie quotidienne, il sera transformé. Sa vie s'améliorera au fur et à mesure de sa transformation en un être humain autonome, sûr de lui-même et responsable. Ce message de transformation…est la promesse que le Créateur a fait…Cette croyance est ancrée dans l'idée que l'ignorance peut être remplacée par une connaissance éclairée de soi en union avec le reste de la création ». (p. 16)

 

Les observations formulées par Mercredi mettent en relief l'importance d'intégrer les cérémonies, les enseignements traditionnels et les approches qui tiennent compte des particularités culturelles aux interventions et aux programmes signalés par les femmes Autochtones elles-mêmes.

 

Mercredi indique certaines des leçons ou des enseignements des peuples traditionnels4 :

La non-violence est un devoir personnel et est un mode de vie;

La bonté est une force et est un mode de vie;

L'honnêteté est la vérité et est un mode de vie;

Le partage aide à découvrir le pouvoir d'action et est un mode de vie;

La responsabilité personnelle nous élève et est un mode de vie;

Le pardon de soi est un acte d'amour et est un mode de vie;

La bienveillance envers soi et envers les autres est spirituelle et est un mode de vie.

 

Violence manifestée par les femmes

Les difficultés d'adaptation au milieu carcéral qu'éprouvent les détenues dites « à sécurité maximale » qui ont des répercussions à la fois sur le personnel et les délinquantes se manifestent par des comportements agressifs, de graves comportements d'automutilation et des comportements suicidaires.

Au cours des dix dernières années, un plus grand nombre de recherches ont été effectuées concernant la colère et la violence exprimées par les femmes. À cet égard, on conseille particulièrement la lecture des trois rapports suivants : Comprendre la violence exercée par les femmes de Shaw et Dubois; La colère et les autres émotions chez les femmes : Analyse de la littérature de Crump; et La violence chez les adolescentes : étude documentaire et corrélations de Leschied et autres (pour plus de détails, voir la bibliographie)5.

Même si l'étude de Leschied et autres porte surtout sur les jeunes filles et les adolescentes, le personnel des établissements relève dans notre population adulte de nombreuses similitudes quant aux caractéristiques et aux comportements. C'est pour cette raison ainsi que pour montrer comment l'agression et la violence peuvent se développer que nous présentons ici cette information sur les jeunes filles.

 

Jeunes filles et adolescentes6

Le nombre d'incidents violents au Canada est stable ou a diminué, mais le pourcentage de jeunes accusés de crimes de violence augmente deux fois plus vite chez les filles que chez les garçons (même si les garçons commettent plus de crimes violents que les filles en général - Leschied, p. 7). La définition de ce qui constitue la violence est maintenant élargie et inclut les menaces verbales et l'intimidation. Ainsi, les filles sont plus susceptibles, toutes proportions gardées, de recourir aux menaces verbales et à l'intimidation (p. 10).

Les études démontrent que, jusqu'à l'âge de 11 ans, les filles et les garçons recourent autant à la violence physique. Vers l'âge de 11 ans, les choses commencent à changer à mesure que les relations deviennent plus complexes - la majorité des filles qui manifestaient ouvertement leur agressivité apprennent à utiliser d'autres armes, comme le commérage et l'art de faire courir les rumeurs. Toutefois, les filles qui s'en tiennent à la violence physique « ont des aptitudes socio-cognitives limitées, et les interactions complexes caractérisant le groupe social leur échappent ». Elles sont donc plus enclines à s'imposer par la force (p. 14).

Plusieurs facteurs ont été relevés dans les écrits publiés concernant la violence exprimée par les filles. Plusieurs de ces facteurs sont semblables aux facteurs criminogènes généraux que connaissent ceux qui travaillent avec les détenues dites « à sécurité maximale » (p. 38 et 39, tableau) :

  1. Influences systémiques : tout comme les femmes, les enfants devraient être considérés dans leur contexte social. Leurs modèles de comportement peuvent influer sur leur comportement (p. 11). La violence manifestée par les adolescentes vise davantage à perturber les relations interpersonnelles, tandis qu'elle est plus directe chez les garçons (p. 16). Cela semble en partie attribuable à la façon dont les filles sont socialisées (p. 12).
  2. Famille : lesstyles de communication avec la famille (p. ex. violence verbale, faibles capacités en matière de résolution de problèmes), le mode de vie de la famille , (p. ex. manque de soutien et d'affection des parents, attachement affectif, rejet, cohérence en ce qui a trait aux attentes relatives au comportement), de même que la violence à la maison (qui mène souvent à la dépression) sont tous des facteurs inventoriés (p. 12/30). Des études ont montré que la corrélation entre le comportement violent des enfants et le comportement violent du père est plus forte dans le cas des filles que dans celui des garçons (p. 40)7. Une étude longitudinale a indiqué que «…le manque de soutien et d'affection des parents et la violence prédatrice et physique chez les femmes … la corrélation entre le manque de soutien et d'affectation était plus forte pour les adolescentes…la corrélation positive entre violence physique persistante et désunion de la famille seulement dans le cas des filles [c'est-à-dire non pas des garçons].» (p. 41)
  3. Pairs : la popularité des garçons au sein d'un groupe de pairs donné augmente proportionnellement à la violence qu'ils expriment, mais les filles semblent rejeter cette manifestation d'agressivité (p. 18). Toutefois, les filles qui continuent à être associées avec des pairs délinquants ont plus d'occasions de se livrer à des actes de délinquance. Les filles se joignent à un gang plus ou moins pour les mêmes raisons que les garçons, soit : pour échapper à un milieu défavorisé, pour se valoriser, pour le sentiment d'appartenance et d'identité (p. 45 et 46).
  4. École : Les études ont indiqué qu'il existe une corrélation significative entre la violence et le décrochage scolaire ou les mauvais résultats scolaires (p. 47). Selon une étude, «…le rejet social à l'école qu'expérimentent les filles ayant un comportement agressif favorise le maintien d'un tel comportement, une tendance légèrement plus marquée que dans le cas des garçons ». (p. 18) Les mauvais résultats scolaires sont également associés à d'autres problèmes, p. ex. grossesse chez les adolescentes, problèmes de comportement à l'endroit de leurs enfants, problèmes avec leurs enfants, dépression et anxiété. L'école joue un rôle préventif  : les filles violentes qui terminent leurs études secondaires s'en tirent mieux, toutes variables confondues; un plus grand nombre d'options leur sont offertes (p. 47).
  5. Traumatismes particuliers : un traumatisme peut déclencher chez les enfants un comportement « délinquant », p. ex, s'enfuir du foyer familial, mais ces réactions sont aussi perçues comme autant d'indices de la capacité de survie ou d'adaptation. Cependant, le fait de s'enfuir du foyer familial expose l'enfant à de nouvelles situations à risque élevé, voire à une revictimisation, ce qui continue le cycle (p. 19).
  6. Facteurs cognitifs : tout comme pour le risque criminogène en général, les facteurs cognitifs (les attitudes, les croyances, l'empathie, la résolution de problèmes, la légitimisation du recours à la force) sont importants pour prédire le risque. Une étude a montré qu' «….il y aurait une corrélation positive entre la prise de conscience des effets de la victimisation et la capacité de renoncer à la violence. » (p. 36)
  7. Comorbidité8 entre violence et autres troubles mentaux : selon diverses études, les troubles mentaux tels que la dépression, l'anxiété, les troubles d'adaptation et l'angoisse de séparation, sont plus fréquents chez les filles ayant commis des infractions avec violence (p. 20). Une autre étude a montré que « plus les tendances suicidaires étaient marquées, plus le comportement violent était fréquent. À la lumière de ces constatations, on peut conclure que l'on pourrait mieux évaluer la gravité du comportement suicidaire en fonction de l'expression de la violence ». (p. 57)
  8. Sexe : Selon une étude, « [M]ême si la violence est un phénomène beaucoup moins fréquent chez les filles que chez les garçons, parce qu'elle se manifeste de façon indirecte, et que le processus de socialisation est différent au féminin, les difficultés auxquelles les filles sont exposées sont bien plus graves que dans le cas des garçons » (p. 22). Il semble y avoir un paradoxe lié au fait que «…le risque de troubles multiples est plus grand chez les filles, même si le taux de prévalence d'un trouble donné est beaucoup moins élevé dans ce groupe ». (p. 23)
  9. Toxicomanie : des études ont montré qu'il y avait une corrélation significative entre la disposition à prendre des risques et la toxicomanie et d'autres comportements délinquants (appartenance à un gang, alcoolisme, vol et violence physique).

En bref,

  • «…les facteurs qui contribuent au risque de comportement antisocial, en général, ou de violence, sont complexes, et englobent des variables à la fois systémiques et individuelles (p. 60), «…le comportement violent est le résultat des interactions de facteurs contextuels, personnels et situationnels ». (p. 64)
  • La dépression et la victimisation semblent être des facteurs associés à l'adoption de comportements violents chez les femmes (Bonta, p. 2).9 Cette tendance qu'ont les filles à valoriser davantage les relations sociales est peut-être l'une des caractéristiques qui leur sont propres sur le chapitre de la comorbidité entre la violence et la dépression. (Leschied, p. 21)
  • La manifestation de la violence peut accroître la tendance à la dépression et au suicide chez les filles. (p. 64 «…la dépression et les idées suicidaires sont plus fréquentes chez les filles violentes »). La victimisation peut entraîner une augmentation de la violence, peut-être pour éviter une revictimisation. « Les jeunes femmes déprimées ont quatre fois plus de chances d'adopter un comportement violent et les filles qui sont victimes d'abus physiques ou sexuels ont aussi davantage tendance à faire preuve de violence. » (Bonta, p. 2). En d'autres termes, « il serait primordial de tenir compte des effets de la dépression sur la violence dans le traitement des adolescentes agressives…» (Leschied, p. 67).
  • Les filles ont tendance à recourir davantage à la violence indirecte ou interpersonnelle qu'à la violence physique lorsqu'on les compare aux garçons. Toutefois, «les preuves suggèrent en outre qu'à partir d'un certain âge, la violence exercée par les filles pourrait changer de forme et passer des menaces verbales et des ragots destinés à nuire à des relations à la violence physique. » (Bonta, p. 1). « La violence au féminin peut être interpersonnelle et indirecte, ou physique et directe…en revanche, l'escalade de la violence se fait par des voies différentes. Les garçons sont plus susceptibles de céder à une impulsion, tandis que les filles passent de la violence verbale à la violence interpersonnelle manipulatrice et, dans certains cas à la violence physique » (Leschied, p. 60). Le fait de cibler les comportements indirects et non physiques pourrait prévenir les comportements violents directs et physiques. (Bonta, p. 2)

 

Femmes adultes

Dans le cadre de leur étude, Shaw et Dubois ont examiné plus particulièrement la violence dans les établissements et dans les prisons, et une partie de l'information reflète les résultats des rapports de McDonagh et de Morin. Les diverses études que Shaw et Dubois ont examinées suggèrent ce qui suit (p. 35 à 38) :

  • La violence en établissement est un phénomène interactif : le surpeuplement, la « provocation » par les employés ou d'autres détenues, le manque d'expérience du personnel ou la tolérance à l'égard de la violence sont tous des facteurs situationnels qui sont en interaction avec les facteurs personnels et systémiques. Les voies de fait résultent souvent d'une interaction entre les facteurs internes et environnementaux et ne peuvent pas être attribuées à un état pathologique chez le patient
  • Les voies de fait dans les établissements sont souvent associées à des injonctions d'agir de la part des membres du personnel, au refus de demandes ou à l'imposition de peines.
  • Souvent, les membres du personnel ne sont pas conscients d'avoir déclenché un incident alors que les patientes diront avoir été « provoquées ».
  • Les femmes peuvent faire l'objet d'accusations d'infraction disciplinaire pour des inconduites plus minimes que les hommes.
  • Des taux plus élevés d'accusations d'infraction disciplinaire sont enregistrés dans les établissements à niveau de sécurité supérieur… ainsi que parmi les jeunes femmes célibataires.
  • Les femmes qui purgent une peine relativement courte tendent à faire l'objet d'accusations plus souvent que celles qui purgent une peine longue.
  • Les femmes qui ont des antécédents d'incarcération à l'adolescence sont plus susceptibles d'être accusées que les autres détenues.
  • Les femmes sont davantage portées à agir seules qu'en groupe (même si le SCC a connu les deux types de violence).
  • Façon dont les détenues perçoivent les incidents et les interactions : l'ennui et la « provocation » étaient considérés comme les principaux facteurs menant à des bagarres et des disputes; la privation de droits, le favoritisme, l'iniquité ou la victimisation leur semblaient être les principales sources de confrontation avec le personnel.
  • Le fait de considérer les femmes comme manipulatrices, violentes ou dangereuses avait pour effet de créer des attentes négatives au sein du personnel, ce qui encourageait une interprétation hostile des actions et suscitait de la résistance. La violence physique était généralement le résultat de pratiques sévères en établissement, qui suscitaient des réactions de défi de la part des détenues (comportements plus manifestes), résultant en toujours plus de châtiments.
  • Le style de gestion, les relations entre les détenues et le personnel, la formation du personnel et la taille de l'établissement semblent tous être des facteurs essentiels à l'examen de la violence et de la discipline.

Une étude effectuée aux États-Unis10 a abouti aux conclusions suivantes (p. 145) :

  • Il y a toujours un lien entre la violence en établissement et certaines caractéristiques démographiques et certains facteurs touchant la santé mentale et la victimisation.
  • L'âge, l'appartenance à un groupe minoritaire, l'obtention d'un score élevé pour le Brief Symptom Inventory (BSI) Global Severity Index, un test de dépistage positif du trouble de la personnalité antisociale ou de la personnalité histrionique ainsi que la victimisation sexuelle avant l'âge de 18 ans sont autant de facteurs qui ont contribué à établir un modèle important de prévision de la violence en établissement.
  • Ces résultats laissent penser que le comportement qui aboutit à l'incarcération de femmes et à la perpétration de violence dans cet environnement très structuré est une trajectoire multidimensionnelle qui est caractérisée, dans la plupart des cas, par une longue période prémorbide de violence, de troubles psychiatriques et d'inadaptation à la vie en général. (L'annexe 3 renferme de l'information supplémentaire à ce sujet.)

 

Conclusion

L'information fournie dans cette section ne sert pas à excuser le comportement violent des détenues, mais plutôt à l'expliquer. Elle indique que le comportement violent est complexe et cyclique et que de nombreux facteurs semblent y contribuer, dont le dysfonctionnement familial et parental, des facteurs liés au sexe (p. ex., la façon dont les filles sont socialisées), les comportements acquis, les croyances et les attitudes, le manque d'éducation, les capacités déficientes en matière de résolution de problèmes, la victimisation et une crainte de revictimisation, qu'elle soit physique ou sexuelle ou un sentiment d'impuissance face aux interventions arbitraires (réelles ou perçues comme telles) dans un milieu carcéral (le personnel peut ne pas être conscient du fait que ses actes très légitimes peuvent être perçus comme «provocateurs»).

De nombreuses détenues ont conservé un niveau de violence verbale qui est observé chez les adolescentes, tandis que d'autres continuent de recourir à la violence physique pour résoudre des conflits et des problèmes. Le comportement agressif chez de nombreuses femmes peut aussi être une indication de la dépression et d'idées suicidaires.

D. Méthodes d'intervention : thérapie comportementale dialectique et réadaptation psychosociale11

Ci-après sont brièvement décrites les deux méthodes d'intervention qui permettront de répondre à une grande partie des besoins relevés chez les femmes. Tout le personnel qui travaille dans l'Unité de garde en milieu fermé recevra une formation complète sur ces méthodes, dont voici un simple survol.

Les modèles de thérapie comportementale dialectique (TCD) et de réadaptation psychosociale (RPS) ont en commun certains principes et certaines méthodes d'intervention, par exemple : postulats sous-jacents suivant lesquels on vise à apporter du soutien à la cliente et à valider ce qu'elle vit tout en évitant de lui faire sentir qu'elle est une personne malade, réussite dans des contextes médico-légaux, critères d'admission et d'exclusion à des programmes, planification individuelle du traitement, acquisition de nouvelles compétences, diminution de la fréquence des comportements déviants, volet activités récréatives et loisirs, évaluation et recherche, formation du personnel et surveillance continue. Les femmes pour qui la TCD est efficace pourraient aussi retirer des bienfaits de la réadaptation psychosociale; par contre, certains concepts plus abstraits de la TCD pourraient convenir plus ou moins aux femmes qui ont surtout besoin de réadaptation psychosociale.

Le personnel qui travaille dans l'Unité de garde en milieu fermé a reçu une formation sur la TCD et la RPS qui est similaire à celle qui a été suivie par le personnel affecté à l'unité en milieu de vie structuré, mais qui met davantage l'accent sur la gestion du comportement et les interventions. Il a également été utile que d'autres employés qui travaillent régulièrement auprès des délinquantes suivent cette formation pour approfondir leurs connaissances et assurer la cohérence des interventions.

 

D. Thérapie comportementale dialectique12 (TCD)

La TCD a été appliquée dans des contextes médico-légaux et semble être l'une des approches les plus prometteuses auprès des femmes aux prises avec un grave dérèglement affectif et comportemental. On retrouve chez plusiers de ces femmes une combinaison de problèmes caractérisés par un comportement autodestructeur et/ou suicidaire, de graves problèmes interpersonnels, une perception de soi instable et négative, des distorsions et des troubles cognitifs ainsi qu'un comportement impulsif excessif et problématique13. En général, ces femmes :

 

Sont très sensibles

Réactions immédiates;
faible seuil pour les réactions émotives.

Réagissent fortement

Réactions extrêmes;
état d'excitation élevé qui nuit au processus de la pensée.

Retournent lentement au niveau de base

Réactions de longue durée qui les prédisposent à être grandement sensibles au prochain événement affectif.

 

Traditions philosophiques

La TCD repose sur une théorie biosociale du fonctionnement de la personnalité. Suivant cette théorie, c'est une combinaison de facteurs biologiques et environnementaux qui sont à l'origine des difficultés éprouvées par une personne et qui la maintiennent dans sa situation. Les difficultés personnelles découleraient :

  1. de déficiences dans d'importants domaines de compétences : compétences interpersonnelles, autorégulation, régulation des émotions et tolérance à la détresse;
  2. de facteurs personnels et environnementaux qui accentuent les comportements mésadaptés et entravent tant l'utilisation des habiletés comportementales existantes que l'acquisition de nouvelles compétences et capacités.

La TCD repose aussi sur deux autres traditions philosophiques et thérapeutiques : les approches cognitivo-comportementales et la théorie dialectique, lesquelles visent principalement à :

  • accroître la capacité à faire face aux situations ainsi qu'à ses émotions, etc.;
  • améliorer la motivation;
  • assurer la mise en pratique, dans d'autres environnements, des nouvelles compétences acquises;
  • accroître les aptitudes des membres du personnel (et leur motivation ) à réagir aux situations difficiles;
  • fournir un environnement structuré.

La TCD s'inscrit dans une perspective dialectique générale qui est le fondement sur lequel s'appuie la méthode d'intervention tout entière. La perspective dialectique met l'accent sur l'interrelation et la totalité de la réalité d'une personne et la synthèse (ou l'équilibre) des contraires. Cette approche considère que les personnes sont coincées dans des polarités : elles ont tendance à voir les choses en noir ou en blanc – il n'y a pas de nuances, comme en témoignent leur structure émotionnelle, de pensée et de comportement dichotomique et extrême ainsi que leur difficulté ou à leur inaptitude à se diriger vers une synthèse ou un équilibre.

La synthèse, ou l'équilibre, est recherchée à plusieurs niveaux : la principale dialectique est l'acceptation et le changement. D'une part, la TCD exige une confrontation, un engagement et une volonté de la femme d'assumer ses responsabilités. D'autre part, elle est beaucoup axée sur l'acceptation et la validation de la femme, tout en enseignant un large éventail d'habiletés comportementales. La confrontation (ou le changement) est contrebalancée par le soutien (ou l'acceptation), d'où l'utilisation du terme dialectique. Cela accroît l'adaptation de la personne face à l'ambiguïté et au changement, qui sont considérés comme des aspects inévitables de la vie. L'objectif réel est d'atteindre un équilibre – dans les actes, les émotions et la cognition - afin d'aider à créer une vie qui vaut la peine d'être vécue, à ses propres conditions.

Pour atteindre cet objectif, la TCD comprend des stratégies qui encouragent l'acceptation et la validation des capacités et du fonctionnement comportemental de la femme (p. ex. conscience de soi; on reconnaît que des aspects du comportement problématique peuvent avoir une fonction adaptative). Font contrepoids à celles-ci des stratégies favorisant le changement (p. ex. analyse du comportement, résolution de problèmes, procédures de substitution, acquisition d'habiletés) qui montrent à la femme des manières plus adaptées de régler des difficultés et l'aident à acquérir les habiletés requises à cette fin. Les stratégies dialectiques éclairent tous les aspects de la TCD.

La TCD a une hiérarchie d'objectifs de changement comportemental qui comporte trois phases de traitement. Le SCC se concentre sur la première phase, qui consiste principalement à aider les personnes à acquérir les capacités de base (p. ex. accroître les habiletés dans les domaines suivants : comportement, contact avec soi, relations interpersonnelles, régulation des émotions, tolérance à la détresse et maîtrise de soi) et à réduire les anomalies comportementales graves (p. ex. comportement suicidaire, comportements nuisant à la thérapie, comportements nuisant à la qualité de vie)14.

 


1 Le SCC fait l'essai en 2003 d'un programme de pointe en matière de traitement de la toxicomanie destiné aux délinquantes.
2Le programme d'amélioration de la vie familiale , qui est un préalable au programme Esprit du guerrier , présente la dynamique de groupe. Le programme offert au pénitencier de la Saskatchewan a obtenu du succès à cet égard
3 Mercredi, Ovide, La stratégie relative aux gangs de jeunes Autochtones : Rapport présenté au Service correctionnel du Canada sur les gangs de jeunes Autochtones aux membres du système correctionnel fédéral, octobre 2000.
4 La stratégie relative aux gangs de jeunes Autochtones, page 13.
5 Les rapports de Shaw et autres et de Crump sont disponibles dans le site www.csc-scc.gc.ca . Le rapport de Leschied et autres est disponible dans le site www.sgc.gc.ca .
6 Cette information est tirée du rapport de Leschied et autres (voir la bibliographie). La version Internet version a été utilisée.
7 Dans Female Offender Risk Assessment: The Case Management Strategies Approach, Motiuk et Blanchette (1995) ont déterminé que les sentiments envers le père (neutres ou hostiles) représentaient l'un des différents facteurs prédicteurs de récidive violente (Tableau 1), même si l'échantillon était petit (n= 81). Voir la bibliographie.
8 Diagnostics ou problèmes multiples.
9 Bonta James, Sommaire de recherche-Recherche et développment correctionnel , Solliciteur général du Canada, volume 5, numéro 3, mai 2000, La violence chez les adolescentes [Source : Leschied et autres, version Internet utilisée (voir la note en base de page no 2 et la bibliographie.]
10 Tiré de l'ouvrage intitulé Psychiatric symptoms, history of victimization, and violent behavior among incarcerated female felons: An American perspective(2002). Voir la notice complète dans la section Bibliographie.
11 Tiré d'un aperçu non publié de Donna McDonagh, décembre 1999
12 Cette section a été rédigée par Donna McDonagh.
13 La TCD a été élaborée par la Dre Marsha Linehan à l'intention des personnes qui répondent aux critères du trouble de la personnalité limite; les types de difficultés mentionnées ici sont caractéristiques du diagnostique de ce trouble. Voir : Linehan, M.M. (1993a). Cognitive-Behavioral Treatment of Borderline Personality Disorder. New York, NY: Guilford Press. Voir également : Linehan, M.M. (1993b). Skills Training Manual. L'efficacité de la TCD s'appuie sur des recheches cliniques utilisant des essais contrôlés (Linehan, M.M; Armstrong, H.E; Suarez, A; Allmon, A., and Heard, H.L. (1991). Cognitive-behavioral treatment of chronically parasuicidal borderline patients. Archives of General Psychiatry, 48. 1060-1064. Voir aussi : Linehan, M.M; Tutek, D.A; Heard, H.L., and Armstrong, H.E. (1994) Interpersonal outcome of cognitive-behavioral treatment for chronically suicidal borderline patients. American Journal of Psychiatry , 151, 1771-1776).
14La deuxième phase de la TCD vise la diminution du stress posttraumatique, et la troisième, l' augmentation du respect de soi et la réalisation des buts individuels.


 

Dans l'Unité de garde en milieu fermé

L'objectif de la TCD dans l'Unité de garde en milieu fermé, comme pour toute autre application de cette thérapie, est d'amener les détenues à acquérir des compétences et à les perfectionner pour être en mesure de changer le mode de comportement, la structure émotionnelle et le schéme de pensée qu'elles adoptent généralement lorsqu'elles sont aux prises avec les problèmes de la vie quotidienne, mais qui peuvent être plus particulièrement liés à leur cote de sécurité maximale.

Le personnel de l'équipe de traitement détermine les objectifs du traitement pour chaque femme participant au programme de TCD, de concert avec elle. Selon le modèle de Linehan, ces objectifs sont classés par ordre de priorité : les comportements mettant en danger la vie et les comportements destructeurs à l'égard de l'unité sont la priorité et sont adressés en premier. Une fois que des progrès importants ont été réalisés, l'attention est accordée aux comportements qui nuisent à la qualité de vie.

Le programme de TCD de l'unité est composé de quatre (4) éléments essentiels :

  1. le counseling individuel (psychothérapie) – une heure par semaine;
  2. les séances d'acquisition d'habiletés (individuelles ou en groupes de deux) – un minimume d'une leçon par semaine;
  3. e soutien et l'encadrement supplémentaires (en particulier dans les situations de crise);
  4. la consultation de l'équipe (personnel).

Le programme d'acquisition d'habiletés aide les femmes à acquérir des compétences comportementales qu'elles ne possèdent pas déjà et à les intégrer, de manière à pouvoir répondre d'une manière plus efficace et adroite sur une grande échelle (généralisation). Les modules d'enseignement des habiletés portent sur ce qui suit :

  1. les habiletés de base en contact avec soi (pour répondre à la confusion au sujet du soi et le dérèglement cognitif);
  2. les habiletés en relations interpersonnelles (pour adresser les problèmes interpersonnels);
  3. les habiletés en régulation des émotions (pour adresser la difficulté de maîtriser les émotions);
  4. es habiletés en tolérance à la détresse (pour adresser la difficulté de composer avec la détresse émotionnelle et de refréner l'impulsivité).

Cette formation donnée par le SCC comprend deux autres modules : orientation et transition . Ces modules traitent de l'établissement de buts, de la compréhension du processus de changement, de la maîtrise de soi, de l'analyse du cycle de la criminalité et de l'intégration, et de la prévention des rechutes.

Étant donné que l'objectif de la TCD est de modifier le comportement, l'analyse du comportement est un aspect clé de cette thérapie. Il convient donc d'évaluer d'une manière exacte et continue les habiletés comportementales que possède ou non la personne, tout au long du processus d'apprentissage, de développement, de perfectionnement et/ou d'utilisation accrue des habiletés. Pour aider à l'analyse du comportement dans les unités de garde en milieu fermé, on se sert du formulaire Gestion du comportement et comportements cibles - Fiche quotidienne (rempli par le personnel) et du Bilan de décisions1 (complété par les femmes). Selon le degré de participation de la délinquante, on peut employer un instrument plus complexe, soit l'analyse de la chaîne de comportements (complété par les femmes).

La TCD est un processus de collaboration qui fait appel à tous les membres de l'équipe interdisciplinaire et à chaque femme. Ensemble, ils trouvent l'intervention la plus efficace pour aider la délinquante à renforcer ses comportements d'adaptation. Le processus encourage les femmes à acquérir des aptitudes et à en généraliser l'utilisation pour s'attaquer de façon plus appropriée et efficace à leurs besoins, à un rythme compatible avec leurs besoins et leur style d'apprentissage.

 

Réadaptation psychosociale (RPS)

Mission : Améliorer le fonctionnement des personnes souffrant de déficiences psychiques à long terme de façon à ce qu'elles s'adaptent au milieu de leur choix et en soient satisfaites, tout en réduisant au minimum les interventions permanentes des professionnels qui s'en occupent.

L'approche axée sur la réadaptation psychosociale est le modèle global de programme le plus approprié, voire le plus efficace, pour les personnes qui ont des lacunes au chapitre des compétences de base et des capacités cognitives (particulièrement les personnes atteintes de maladies mentales graves et qui résistent au traitement, comme la schizophrénie et les troubles connexes). Une des hypothèses fondamentales de cette approche veut que toutes les personnes atteintes d'une maladie mentale, légère ou grave, puissent apprendre et grandir. La RPS vise surtout à aider les clientes à reprendre le contrôle de leur vie, de manière à pouvoir formuler des objectifs et à élaborer des plans qui leur permettront d'améliorer leur qualité de vie. Elle est fondée sur l'évaluation empirique permanente de l'efficacité des méthodes et des composantes des programmes.

Le concept de la RPS a été élaboré en raison de l'incapacité du système de santé mentale d'aider les personnes gravement atteintes d'une maladie mentale, ayant de graves problèmes de comportement et traitées par des méthodes de traitement traditionnelles (c'est-à-dire l'institutionnalisation et la médication). La réinsertion sociale de ces femmes a souvent été entravée par : le manque de soutien et les occasions insuffisantes de vivre dans la collectivité en raison de leur institutionnalisation, les ressources limitées, les compétences et les soutiens limités, l'isolement, et un sentiment profond de désespoir à cause de l'institutionnalisation, ainsi que des modèles de comportement peu convenables acquis à cause de l'institutionnalisation.2 Grâce à l'acquisition de compétences utiles et/ou au soutien du milieu, les délinquantes peuvent retourner dans leur collectivité où elles peuvent mener une vie satisfaisante. Les programmes ont contribué à l'augmentation des taux de patientes qui obtiennent leur congé et à la diminution des taux de réhospitalisation, même dans le cas des délinquantes souffrant des maladies mentales les plus graves.

Les interventions liées à la RPS ont permis d'améliorer les comportements adaptifs, notamment l'autonomie, les relations interpersonnelles, les compétences professionnelles et les compétences psychosociales, et de réduire les problèmes de comportement, y compris les comportements psychotiques et la violence. Elles utilisent une approche d'apprentissage social qui intègre un éventail de techniques fondées sur des principes d'apprentissage fondamentaux, de même qu'une variété de composantes liées à l'acquisition de compétences, à la rééducation cognitive, au renforcement positif, à la formation professionnelle et à la psychoéducation dans le cadre d'un calendrier hautement structuré. Dans la mesure du possible, les compétences sont enseignées dans le contexte quotidien où elles seraient habituellement utilisées. Par exemple, on fait acquérir aux clientes de bonnes habitudes d'hygiène personnelle lorsqu'elles se lèvent le matin et se préparent pour la journée.

L'approche RPS comprend également la socialisation, les activités récréatives et les loisirs. Ces activités principales permettent aux clientes de mettre en pratique les compétences acquises et d'acquérir de nouvelles compétences dans un contexte social normal.

Le changement de fonctionnement est un processus qui consiste à acquérir graduellementde nouveaux comportements, qui ne produit pas d'améliorations ni de guérisons soudaines et spectaculaires. Par conséquent, tous les rapports des membres du personnel avec les clientes, peu importe leur caractère courant, peuvent contribuer à ce processus ou nuire à celui-ci. La continuité des soins est essentielle pour aider les femmes à faire des progrès et à maintenir les progrès réalisés grâce aux interventions liées à la réadaptation psychosociale.

 

E. Modèle de programmes

Introduction

L'analyse des besoins ainsi que la recherche et l'expérience démontrent que dans la population carcérale à sécurité maximale, les principales difficultés relevées sont les caractéristiques comportementales des troubles de la personnalité, la violence (envers soi-même et envers les autres) et la polytoxicomanie.3 Pour les délinquantes à sécurité maximale ayant des besoins spéciaux, les aptitudes à fonctionner dans la vie quotidienne posent également des difficultés.

 

Comportements

Besoins

Violent

D'automutilation

Suicidaire

Manque de régulation des émotions/détresse; problèmes interpersonnels; difficultés à fonctionner dans la vie quotidienne; toxicomanie.

 

Les programmes visent surtout à régler les problèmes en raison desquels la femme est classée au niveau de sécurité maximal (habituellement l'adaptation au milieu carcéral). Dans le cas de nombreuses délinquantes, la principale intervention est susceptible d'être axée sur la gestion du comportement et l'acquisition des compétences de base .

Pour chaque détenue, l'équipe interdisciplinaire de l'Unité de garde en milieu fermé devra évaluer chacun des éléments suivants (et les ré-évaluer, s'il y a lieu) :

  • Quels comportements ayant mené au classement au niveau de sécurité maximal faut-il essayer de corriger ?
  • Pouvons-nous commencer maintenant à lui faire acquérir des compétences d'employabilité ou devons-nous d'abord essayer de lui faire corriger son comportement ?
  • Quelle stratégie d'intervention lui permettra-t-elle d'accroître ses comportements adaptifs (TCD ou RPS) ?
  • Quelle approche serait la plus efficace? (c'est-à-dire dans l'unité, sur une base individuelle, en petits groupes, dans un groupe régulier, à l'extérieur de l'unité) ?
  • Quels sont les objectifs et qu'est-ce qui sera considéré comme un succès dans son cas ?
  • Comment ses progrès seront-ils suivis ?

Dans un monde idéal, les problèmes qui ont donné lieu au classement au niveau de sécurité maximal d'une délinquante indiqueront ses facteurs criminogènes, ce qui permettra d'accroître l'efficacité des interventions et des programmes à long terme. Dans le cas de besoins multiples, il faudra préciser clairement l'objet principal des programmes et essayer de régler les problèmes de façon consécutive pour ne pas surcharger la femme de nombreux programmes ainsi que des objectifs qui doivent être atteints. Les besoins devront être évalués à plusieurs reprises afin d'évaluer si les programmes choisis sont efficaces.

 

État de préparation aux programmes

Certaines femmes devront d'abord s'employer à accroître leur motivation et leur état de préparation avant de commencer à acquérir des compétences. Des recherches ont démontré que certaines femmes passent par des étapes où elles ne veulent participer à aucun programme.

Afin de favoriser la conscience de soi, l'entrevue motivationnelle, la gestion du comportement et des ententes de comportement peuvent être nécessaires pour amener une détenue là où elle peut commencer à suivre certains programmes.

 

Prestation des programmes

Les programmes se donnent généralement en petits groupes (de deux ou trois femmes) ou sur une base individuelle. L'expérience a démontré que les programmes sont plus efficaces lorsqu'ils sont dispensés à un groupe de huit à douze participants, mais, compte tenu des besoins et des comportements des détenues dites « à sécurité maximale », des solutions de rechange peuvent être adoptées. L'absence d'un gros groupe n'est pas une raison pour ne pas dispenser le programme.

Selon les participantes, il peut être nécessaire d'offrir les modules des programmes en plus petites parties, dont certaines pourraient être répétées. Il faudra évaluer les besoins et les capacités de chaque femme ainsi que le risque qu'elle présente et tout comportement perturbateur au moment de déterminer la méthode de prestation de programmes qui lui convient le mieux.

 

Modèle de programmes - Aperçu

L'information figurant dans les sections précédentes permet d'élaborer un modèle de programmes pour l'Unité de garde en milieu fermé (voir les détails ci-dessous) et inclut les éléments suivants :

  • Environnement propice aux soins (voir la partie 3C)
  • Gestion du comportement et acquisition de compétences au moyen de la TCD ou de la RPS
  • Programmes d'éducation
  • Programmes correctionnels
  • Programmes spécialisés
  • Programmes et services de santé mentale
  • Services d'Aînés, services spirituels et religieux
  • Programmes d'emploi et de formation professionnelle
  • Activités récréatives
  • Autres programmes et services

 

Environnement propice aux soins

Comme mentionné précédemment, l'Unité de garde en milieu fermé en soi, le niveau et le mode d'interaction entre le personnel et les détenues, la surveillance et la sécurité actives et l'approche fondée sur l'équipe interdisciplinaire contribuent ensemble à créer un environnement propice aux soins qui sert de fondement à tous les programmes et les interventions.

 

Compétences en TCD/RPS

Ces deux approches offrent aux femmes les compétences requises pour répondre à la majorité des besoins identifiés et permettent de corriger leurs comportements inadaptés qui ont contribué à leur classement au niveau de sécurité maximal. Elles mettront l'accent sur l' enseignement et le renforcement des compétences de base en TCD/RPS pour corriger les comportements inadaptés et accroître la tolérance à la détresse.4 Lorsque les femmes acceptent de prendre part à ces programmes, elles doivent remplir la formulaire de consentement éclairé (voir l'annexe 4).

Le personnel enseigne les compétences en TCD et en RPS et les met lui-même en pratique, puisque toute interaction est un moment propice à l'enseignement . Tous les efforts doivent être mis de l'avant pour inciter les femmes à participer à ces programmes d'acquisition de compétences.

 

Éducation

Le Programme d'alphabétisation et d'apprentissage continu est un programme « de base »; un emphase particulier doit mettre ce programme en évidence puisqu'une bonne éducation est essentielle. Il faudrait favoriser et encourager la prestation des programmes d'éducation dans l'Unité de garde en milieu fermé.

Il a été démontré que l'éducation est un facteur qui protège à l'égard des comportements violents. Plus les femmes démunies peuvent s'instruire, mieux elles seront préparées à bien fonctionner dans la collectivité. Les programmes d'éducation, qui peuvent être dispensés en groupe ou individuellement, sont essentiels à la réinsertion sociale. Ils contribuent aussi à redonner aux femmes confiance en elles et à les inciter à se concentrer sur des problèmes autres qu'elles-mêmes. L'éducation et le travail peuvent être des façons saines d'apaiser temporairement la douleur émotionnelle.

Nos statistiques actuelles révèlent qu'environ le tiers des détenues dites « à sécurité maximale » ont un niveau d'instruction équivalent ou inférieur à la 9e année, mais qu'environ les deux tiers ont une capacité de lecture inférieure à la 9 e année. Quarante-quatre pour cent d'entre elles ont un niveau de lecture équivalent ou inférieur à la 6 e année. L'analphabétisme peut nuire énormément à la réinsertion sociale (voir l'annexe 5 pour une répartition détaillée).

Les difficultés d'apprentissage5 peuvent devoir être prises en compte pour les programmes d'éducation et d'autres genres de programmes. Certaines femmes pourront difficilement oublier leurs expériences scolaires négatives. L'interaction avec les enseignants et le travail scolaire permettent aux détenues de mettre en pratique dans un milieu différent leurs compétences liées à la TCD et à la RPS.

Chez certaines femmes, les obstacles à l'apprentissage peuvent être liés aux troubles du spectre de l'alcoolisation fœtale (TSAF). C'est le terme le plus récent qui est employé pour décrire à la fois le syndrome d'alcoolisation fœtale (SAF) - diagnostic médical qui fait référence à un ensemble spécifique d'anomalies lorsqu'on a confirmé l'exposition du fœtus à l'alcool, et les effets de l'alcoolisation fœtale (EAF), présence de certaines des caractéristiques du SAF, mais pas toutes, lorsqu'on a confirmé l'exposition du fœtus à l'alcool.

À l'adolescence et à l'âge adulte, les TSAF entraînent des déficiences de la mémoire à court terme, de l'impulsivité, des problèmes de jugement et de raisonnement abstrait, une difficulté à voir le lien de cause à effet, une faible compréhension des conséquences d'un geste, une difficulté à distinguer le bien du mal, une faible capacité d'adaptation, un faible sens des limites sociales (p. ex. la personne a peine à se rendre compte que son intégrité physique est menacée). Ils entraînent aussi une intolérance à la frustration, un comportement sexuel inadéquat, la consommation de substances intoxicantes, des troubles mentaux et des démêlés avec la justice. Cependant, souvent les aptitudes verbales de la personne ne sont pas altérées et celle-ci peut donner l'impression que son fonctionnement cognitif est plus élevé qu'il ne l'est en réalité6 (voir l'annexe 6).

 

Programmes correctionnels7

Les programmes correctionnels sont des interventions axées sur les multiples facteurs qui contribuent directement au comportement criminel.8 Bien que l'accent soit mis sur la TCD et la RPS, les programmes correctionnels devraient être offerts aux femmes qui demandent à les suivre. Ils peuvent servir de complément aux programmes d'acquisition des compétences de base en TCD et en RPS et donner aux femmes l'occasion de mettre leurs nouvelles compétences en pratique.

Habiletés de base : Raisonnement et réadaptation ou Cercles de changement (pour femmes Autochtones), Maîtrise de la colère et autres émotions, Compétences parentales. Si la femme suit la TCD, il n'est ni nécessaire ni utile de lui proposer en même temps Raisonnement et réadaptation ou Maîtrise de la colère et des émotions. Il faut lui offrir de suivre ces programmes une fois qu'elle a terminé la TCD ou lorsqu'elle a une cote de sécurité moyenne; toutefois, les programmes devraient être disponibles au besoin. Dans le cas des femmes qui suivent le programme d'acquisition de compétences en RPS, le programme Raisonnement et réadaptation/Cercles de changement pourrait commencer à être dispensé comme un complément aux autres programmes d'habilités de la vie quotidienne que la femme possède, mais il pourrait devoir être dispensé en plus petites parties.

La toxicomanie : dans le cas des femmes qui ont un fort désir de consommer des drogues, le Programme d'intervention pour délinquantes toxicomanes (ou des éléments de celui-ci) peut être un complément aux compétences en TCD et leur donner l'occasion d'adapter ces compétences à un ensemble de problèmes ou à un milieu différents.

Survivantes de traumatismes et d'actes de violence : encore une fois et en premier lieu, il est préférable qu'une femme acquiert des habiletés de tolérance à la détresse au moyen de la TCD afin de lui permettre de mieux gérer sa détresse. Une fois que les mécanismes d'adaptation (TCD) sont intégrés (et surtout lorsque la cote de sécurité devient moyenne), le programme à l'intention des survivantes de traumatismes et d'actes de violence peut-être amorcé. Il est important de noter que les normes de la société concernant la victimisation antérieure ont changé au cours de la dernière décennie. Les recherches révèlent maintenant que l'acquisition de mécanismes d'adaptation est plus efficace qu'une psychothérapie longue et intensive pour assurer la stabilité des femmes, bien que les programmes d'éducation et de sensibilisation soient toujours utiles. Comme la plupart des femmes ont indiqué qu'elles devaient régler ces problèmes, la composante Éducation et sensibilisation pourrait être offerte aux femmes se trouvant encore dans un établissement à sécurité maximale. Si elles intègrent avec succès les habiletés enseignées en TCD, elles n'auront peut-être pas besoin de suivre, dans sa totalité, le Programme à l'intention de survivantes de traumatismes et d'actes de violence.

 

Programmes pour Autochtones

Le programme Esprit du guerrier porte sur la prévention de la violence. Le Programme d'amélioration de la vie familiale (PAVF) est un préalable au programme Esprit du guerrier . Les programmes ont été mis à l'essai au début de 2002 au pénitencier de la Saskatchewan.9 Le Programme des cercles de changement est un programme d'apprentissage cognitif des compétences qui s'adresse aux délinquantes Autochtones.

 

Esprit du guerrier

Esprit du guerrier est un programme de guérison qui permet aux femmes d'analyser leurs actes de violence et de comprendre comment la violence a déterminé leur destin. Trouver l'origine de la violence est le premier pas vers la guérison et l'apprentissage d'autres façons de réduire ou de supprimer son comportement violent.

Le nom du programme est une métaphore culturelle. Le concept suppose la capacité de trouver et de suivre une voie, qui est une orientation de vie responsable à adopter. Il comprend le développement de qualités telles que la maîtrise de soi, l'éveil à la spiritualité et à la vie intérieure, la bonté et la bienveillance, l'endurance, la patience, le ressort moral, la capacité de lutter pour ce qu'il faut défender et préserver afin de maintenir un mode de vie sain.10

Le programme a huit grandes composantes et comporte 92 séances (possibles). L'animateur peut choisir les séances en fonction des besoins des participantes. L'Aîné joue un rôle important dans l'ensemble du programme. Chaque jour commence par la cérémonie du foin d'odeur, et chaque semaine se termine par un cercle de partage (qui peut être remplacé par une cérémonie s'il y a lieu).

Les huit composantes du programme sont : la sensibilisation à la colère, la sensibilisation à la violence, la sensibilisation aux origines familiales, la conscience de soi, l'acquisition de compétences, l'acquisition de compétences en groupe, la sensibilisation culturelle et l'apprentissage cognitif.

Il s'agit d'un programme très intensif. La formation et la sensibilisation du personnel sont essentielles, de même que la communication entre le personnel chargé du programme et le personnel correctionnel, pour veiller à ce que toutes les parties soient au courant de l'état de la détenue et des répercussions possibles des séances de la journée.

 

Le Programme d'amélioration de la vie familiale (PAVF)

Le Programme d'amélioration de la vie familiale (PAVF) précède le programme Esprit du guerrier . Il traite d'un certain nombre de questions communes que le programme Esprit du guerrier , mais à une intensité moindre. Plusieurs de ces femmes ont besoin de faire l' expérience d'une dynamique de groupe avant d'aborder certaines des questions traitées dans le programme Esprit du guerrier . Le programme PAVF les aide à se familiariser avec ces questions et la dynamique de groupe.

 

Services de santé mentale

Chaque Unité de garde en milieu fermé aura un psychologue à temps plein, une infirmière clinicienne et des conseillers en comportement qui travailleront intensivement auprès des femmes sur une base individuelle ou en petit groupe. Des ressources sont également disponibles pour des services psychiatriques. Dans certaines régions, le psychiatre est en liaison avec le chef des Services de santé; dans d'autres régions il fait rapport au psychologue. Comme il est peu probable que les psychiatres participent aux réunions de l'équipe interdisciplinaire, il est essentiel qu'un lien soit établi entre le psychiatre et l'équipe interdisciplinaire pour assurer le partage des renseignements.

 

Services d'Aînés et services spirituels et religieux

Pour les femmes Autochtones, le fait de renouer avec leurs traditions et leur culture par les enseignements et les cérémonies des Aînés leur permet de retrouver leur dignité et de reprendre le contrôle de leur vie et de leur comportement. Les enseignements et les cérémonies des Aînés doivent, si possible, être intégrés aux programmes.

Les Aînés et les aumôniers fournissent un enseignement spirituel et religieux ainsi que des services et des cérémonies dans ce domaine. Le chef d'équipe doit veiller à ce qu'ils soient des membres intégrés de l'équipe interdisciplinaire. Souvent, les chefs spirituels voient chez une personne des forces que le personnel correctionnel ne voit pas; ces forces peuvent aider les femmes à composer avec le risque qu'elle présente et leurs besoins afin de changer de niveau de sécurité.

L'enseignement de la méditation à des détenus dits « à sécurité maximale » par un moine bouddhiste obtient du succès à l'établissement de Millhaven. Ce genre de programme pourrait également être bénéfique aux détenues (voir l'annexe 7).

 

Programmes d'emploi et programmes de formation professionnelle

Il sera difficile d'occuper les détenues de ces petites unités et de leur trouver des emplois rémunérés. Il y aura deux ou trois postes de préposées à la cuisine, qui participent à l'établissement des menus et à la préparation des repas, au nettoyage des modules et des unités, à l'entretien de l'unité et de la cour extérieure et à d'autres programmes de travail en petits groupes.

D'autres activités sont également envisagées pour les détenues dites « à sécurité maximale » : participation au programme Corcan de l'établissement (ou à un autre programme de l'établissement); création de bases de données et rédaction de résumés de livres pour la bibliothèque (afin d'améliorer les capacités de lecture et d'écriture); couture, rapiéçage, reprisage; cours d'informatique; programme de jardinage/d'horticulture; confection de jouets; arts et artisanat; confection de sacs de médecine; confection de courtepointes; fabrication de papier (p. ex. création de cartes avec du papier recyclé); cours de cuisine et de nutrition (combinés à une discussion sur des sujets d'intérêt ou d'actualité); bénévolat pour des organismes locaux de bienfaisance, des organismes sans but lucratif ou des agences de Centraide.

 

Activités récréatives

Chaque Unité de garde en milieu fermé possède sa propre cour et une salle polyvalente qui peuvent être utilisées pour les activités récréatives. Les femmes auront accès au gymnase de l'établissement si le risque qu'elles présentent est acceptable.

 

Autres programmes et services

Cela comprend les services de santé, l'information sur la nutrition, l'admission et l'élargissement, la thérapie par l'art, la musicothérapie, les visites etc.

 

F. Comité des détenues/équipes d'entraide

Comité des détenues

Les détenues qui sont dans l'Unité de garde en milieu fermé auront besoin d'être représentées auprès de la direction et d'échanger des renseignements avec le reste de l'établissement. Cela est possible en mettant sur pied un petit comité (p. ex. une représentante par module et une présidente, qui sont assujetties aux mêmes délais que le comité de l'établissement), ou en prenant les dispositions nécessaires pour qu'une détenue représente l'Unité de garde en milieu fermé au sein du Comité des détenues de l'établissement (elle ne pourrait toutefois pas en être la présidente puisqu'elle n'aurait guère ou pas accès à l'établissement).

La dernière option peut être plus difficile à mettre en œuvre, selon la détenue qui est la représentante et la fréquence des réunions du Comité, et elle peut accroître les tentatives d'échange d'objets interdits. Elle permet toutefois de mieux intégrer l'Unité de garde en milieu fermé à l'ensemble de l'établissement. Une autre solution serait que la présidente du Comité à l'établissement principal rencontre à des moments déterminés la ou les représentantes de l'Unité de garde en milieu fermé

 

Équipes d'entraide

La plupart des établissements ont remporté du succès avec les équipes d'entraide, qui devraient pouvoir continuer à rencontrer les détenues dites « à sécurité minimale » et « à sécurité moyenne » qui sont en isolement. Dans trois des quatre établissements, on peut accéder à l'unité d'isolement sans traverser l'Unité de garde en milieu fermé.

Toutefois, la sécurité maximale et l'isolement sont deux questions différentes. Les femmes d'un niveau de sécurité inférieur ne sont pas autorisées à entrer dans l'Unité de garde en milieu fermé, mais l'on pourrait envisager (s'il y a lieu) de donner de la formation à une ou à plusieurs détenues de cette unité pour qu'elles puissent offrir leur soutien à des pairs. Il faudrait établir des paramètres concernant les interventions, y compris les délais, les fouilles, la façon d'apporter un soutien à une détenue dans un module différent, etc.

 


1Lorsqu'une délinquante a du mal à prendre une décision ou que sa réaction à une situation donnée est problématique, le personnel lui fait faire un bilan de décisions, qui lui permet d'évaluer rapidement le pour et le contre du choix d'un comportement donné ainsi que le pour et le contre d'un autre choix de comportement. Ainsi, les liens entre le comportement et le choix sont constamment renforcés, de façon à ce que la délinquante en vienne à adopter un comportement plus contemplatif et adaptif. L'idée que tout comportement constitue fondamentalement un choix est essentielle à la réalisation d'un changement comportemental, et elle représente un concept difficile à expliquer. À vrai dire, les participantes semblent, intuitivement, voir davantage un comportement comme un choix lorsque les options sont considérées avant d'agir. Elles ont de la difficulté à conceptualiser leur comportement comme un « choix » lorsqu'elles l'analysent rétrospectivement, surtout lorsqu'elles le considèrent comme étant réactif, impulsif ou autrement nécessaire ou inévitable.
2Plan opérationnel du MVS, Mise en œuvre de choix aux établissements régionaux  : Propositions de programmes pour les délinquantes ayant des besoins spéciaux , préparé par Alan Warner, 1998, p. 32.
3 Les femmes qui commencent à purger une peine d'enprisonnement à perpétuité peuvent ou non rentrer dans ces catégories de comportements et de besoins; les programmes devront leur être offerts en conséquence.
4 Certaines femmes pourront acquérir des compétences en TCD plus complexes; cela sera déterminé par une évaluation des progrès.
5 L'utilisation d'une méthode axée sur les troubles d'apprentissage a été passablement efficace auprès des femmes chez qui on a diagnostiqué des troubles du spectre de l'alcoolisation fœtale.
6 Lawryk, Liz, Fetal Alcohol Syndrome and Related Conditions - Implications for the Justice System. Voir la bibliographie.
7 La Stratégie des programmes correctionnels pour les délinquantes (mise à jour de la stratégie de 1994 qui faisait l'objet de consultations externes au moment de la publication du présent plan) établit trois genres de programmes : les programmes correctionels, les programmes de santé mentale et les programmes sociaux. Les programmes correctionnels visent les comportements criminels (p. ex., la toxicomanie). Les services de santé mentale ont pour but d'atténuer les symptômes et d'assurer le mieux-être (p. ex., troubles de la personnalité, schizophrénie). Les programmes sociaux (p. ex., éducation et emploi) favorisent et renforcent la bonne réinsertion sociale des délinquants comme membres productifs de la société. Ces programmes permettent aux délinquantes de montrer qu'elles ont acquis un certain mieux-être et favorisent le transfert et la généralisation des compétences acquises dans les programmes correctionnels.
8 Pour avoir des détails, voir la Directive du commissaire n o 726, Gestion des programmes correctionnels .
9 Le Programme de traitement intensif , élaboré et offert par le centre correctionnel pour femmes de Burnaby (et évalué par le SCC), est également un programme de prévention de la violence. Cependant, au moment de la rédaction du présent plan, la TCD et d'autres stratégies envisagées pourraient rendre ce programme superflu.
10 Tiré du guide de l'animateur du Programme Esprit du guerrier .


 

PARTIE 6 - Évaluation

A. Unité de garde en milieu fermé

Vérification préalable à l'ouverture

Chaque Unité de garde en milieu fermé a été soumise à une vérification avant que son ouverture soit autorisée. Cette vérification a porté sur les questions d'administration, de politiques et de sécurité.

 

Évaluation préalable et postérieure à l'ouverture

Une évaluation approfondie est effectuée pour évaluer la manière dont l'unité fonctionne de même que ses répercussions sur l'établissement et la population en entier. Cette évaluation porte sur les questions principales suivantes :

  1. Les unités de garde en milieu fermé satisfont-elles aux besoins de détenues dites « à sécurité maximale » ?
    • Les détenues participent-elles à des activités à caractère social ?
    • Leurs besoins sont-ils comblés ?
    • Comment le comportement des détenues est-il influencé ?
    • Comment les détenues perçoivent-elles leur environnement ?
  2. Comment les membres du personnel de l'Unité de garde en milieu fermé sont-ils touchés ?
    • Se sentent-ils en sécurité? Comment le risque peut-il être réduit au minimum ?
    • Sont-ils satisfaits de leur emploi ?
    • Sentent-ils qu'ils font partie d'une équipe interdisciplinaire opérationnelle ?
    • Ont-ils l'appui de leur superviseur ?
    • A-t-on recours à la sécurité active ?
  3. L'ajout des unités de garde en milieu fermé a-t-il influé sur les opérations de l'établissement ?
    • Comment les détenues dites « à sécurité minimale » et « à sécurité moyenne » sont-elles touchées ?
    • Comment le personnel de l'établissement est-il touché ?

 

Méthode

Le personnel et les détenues ont répondu à des questionnaires avant l'ouverture des unités de garde en milieu fermé (enquête préalable) et ils le feront à nouveau six mois après l'ouverture (enquête postérieure). D'autres enquêtes postérieures pourraient être effectuées ultérieurement. Les questionnaires ont été remplis selon l'échéancier suivant :

 

Enquête préalable (avant l'ouverture de l'Unité de garde en milieu fermé)

Enquête postérieure (six mois après l'ouverture)

Détenues dites « à sécurité maximale » incarcérées dans les unités colocalisées

Détenues dites « à sécurité maximale » des unités de garde en milieu fermé (certaines détenues auront répondu au questionnaire préalable, d'autres non; ce facteur sera pris en considération)

Personnel embauché pour travailler dans les nouvelles unités de garde en milieu fermé

Personnel des unités de garde en milieu fermé

Détenues du reste de l'établissement

Détenues du reste de l'établissement

 

La trousse des détenues dites « à sécurité maximale » comprend : des données de base fournies par les détenues; le QRS (Questionnaire sur les réactions souhaitables)1; le Questionnaire sur la maîtrise de soi; l'Inventaire des problèmes interpersonnels; la Liste d'évaluation de l'environnement correctionnel; et, le Sondage sur la sécurité et la protection personnelle.

La trousse du personnel comprend : des données de base fournies par les employés; le Questionnaire sur la satisfaction professionnelle; le Questionnaire sur l'appui des superviseurs (et des questions supplémentaires); le Questionnaire sur la santé et la sécurité au travail; et, le Questionnaire sur la sécurité et la protection personnelle. La Direction de la recherche publiera les résultats une fois que les enquêtes postérieures auront été effectuées et que les réponses auront été analysées.

 

Évaluations progressives

Tous les six (6) mois, le personnel établira pour chaque détenue l' Échelle de fonctionnement en établissement . L'information sera envoyée à la Direction de la recherche, à l'AC, aux fins d'analyse.

 

B. Programmes

Il est important de noter que certaines échelles sont également utilisées avant et après la RPS ou la TCD. Les pré- et post-tests qui s'appliquent à un programme en particulier, seront administrés indépendamment des évaluations précédemment décrites.

 

PARTIE 7 - TRANSITION

Une transition sans heurt aidera les nouvelles unités à établir le climat voulu et à partir du bon pied. Les plans pour la transition des unités colocalisées aux établissements régionaux ont été bien élaborés, et ils doivent tenir compte de nombreux différents aspects. Là où il y a des problèmes de gestion de la population (surpeuplement p. ex.), des critères précis ont été établis pour veiller à ce que les transfèrements soient sollicités autant que possible, et à ce que les transfèrements non sollicités soient transparents et équitables. Le personnel doit également être pris en considération dans cette transition, et ceux qui travaillent dans les unités colocalisées doivent être reconnus pour le travail qu'ils accomplissent depuis 1996.

Un bref Programme de gestion du changement était disponible aux détenues des unités colocalisées pour les aider à se faire à l'idée du changement à venir (il faut s'attendre à une certaine résistance; certaines femmes n'ont jamais voulu quitter la Prison des femmes).

Certains membres du personnel des unités de garde en milieu fermé ont pu passer du temps dans les unités colocalisées pour travailler avec le personnel et les détenues, de sorte qu'ils avaient rencontré ces dernières avant leur arrivée. Il était également important que le personnel partage l'information sur les unités de garde en milieu fermé, leur explique le fonctionnement et la routine, et démystifie le déménagement. Antérieurement, le guide de la détenue était généralement offert aux détenues des unités colocalisées avant leur transfèrement. Des photographies des Unités de garde en milieu fermé et des établissements régionaux ont également facilité le changement.

Les transfèrements se sont faits graduellement, à raison de deux ou trois détenues par semaine, et cela continuera ainsi. Un programme d'orientation bien structuré devrait être donné aux détenues dès leur arrivée.2 Un ou deux programmes non thérapeutiques (formation scolaire, cuisine, etc.) devraient également dès le début des transfèrements.

 

PARTIE 8 - PROTOCOLE DE GESTION3

Cette section n'a plus de valeur exécutoire. Le Protocol de gestion a été annulé le 1 mai 2011


1 Traduction de « Paulhus Deception Scale (Balanced Inventory of Desirable Responding) ».
2 Par exemple, le programme Moving Forward élaboré par les conseillers en comportement à l'EEF.


 

ANNEXE 1 - PROFIL DES FEMMES CLASSÉES AU NIVEAU DE SÉCURITÉ MAXIMAL

 

SEPTEMBRE 19971

FÉVRIER 19982

MARS 19993

JUIN 20004

Profil

Nombre

%

Nombre

%

Nombre

%

Nombre

%

Âge

Entre 20 et 34 ans

30

81 %

22

65 %

16

64 %

16

59 %

État civil

Célibataires (séparées, divorcées, veuves, dont la situation n'est pas précisée)

24

65 %

23

68 %

20

80 %

22

81 %

Conjointes de fait

10

27 %

7

21 %

4

16 %

3

11 %

Mariées

3

8 %

4

11 %

1

4 %

2

8 %

Total

37

100 %

34

100 %

25

100 %

27

100 %

 

Race

Blanche

19

51 %

13

38 %

18

72 %

16

59 %

Autochtone

15

41 %

17

50 %

7

28 %

10

37 %

Noire

1

3 %

2

6 %

0

-

0

-

Asiatique

0

0

0

0

0

-

0

-

Autre

1

3 %

1

3 %

0

-

0

-

Non précisée

1

3 %

1

3 %

0

-

1

4 %

Total

37

100 %

34

100 %

25

100 %

27

100 %

 

Purgeant une peine pour

Meurtre au premier degré

1

3 %

0

0

0

-

0

-

Meurtre au deuxième degré

6

16 %

2

6 %

7

28 %

5

18 %

Infraction prévue à l'annexe I

29

78 %

29

85 %

13

52 %

20

74 %

Infraction prévue à l'annexe II

1

3 %

1

3 %

2

8 %

1

4 %

Infraction non prévue aux annexes

0

0

2

6 %

3

12 %

1

4 %

Total

37

100 %

34

100 %

25

100 %

27

100 %

 

Durée de la peine

Moins de 3 ans

9

24 %

7

21 %

10

40 %

7

26 %

De 3 à 6 ans

12

32 %

14

41 %

1

4 %

5

18 %

De 6 à 10 ans

5

14 %

5

15 %

4

16 %

5

18 %

10 ans et plus

4

11 %

5

15 %

3

12 %

4

15 %

Emprisonnement à perpétuité ou d'une durée indéterminée

7

19 %

3

9 %

7

28 %

6

22 %

Total

37

100 %

34

100 %

25

100 %

27

100 %

 

Peine d'emprisonnement antérieure de ressort fédéral

Aucune

27

73 %

28

82 %

22

88 %

18

66 %

Une

7

19 %

3

9 %

1

4 %

5

18 %

Deux

1

3 %

1

3 %

1

4 %

2

8 %

Trois ou plus

2

6 %

2

6 %

1

4 %

2

8 %

Total

37

100 %

34

100 %

25

100 %

27

100 %

 


1 Données fournies par l'Évaluation du rendement – rapport du SGD du 17 septembre 1997 pour 37 délinquantes; 2 délinquantes classées au niveau de sécurité maximal viennent d'être admises, et le SGD ne renferme pas encore d'information à leur sujet.
2 Ces données portent sur toutes les détenues purgeant une peine de ressort fédéral classées au niveau de sécurité maximal; données fournies par l'Évaluation du rendement du SCC en février 1998 pour 34 femmes classées à ce niveau.
3 Ces données portent sur toutes les détenues purgeant une peine de ressort fédéral classées au niveau de sécurité maximal; données fournies par l'Évaluation du rendement du SCC en mars 1999 pour 25 femmes classées à ce niveau.
4 Ces données portent sur toutes les détenues purgeant une peine de ressort fédéral classées au niveau de sécurité maximal; données fournies par l'Évaluation du rendement pour 27 femmes classées à ce niveau – chiffres datant du 28 mai 2000.


 

ANNEXE 2

Lignes directrices pour l'élaboration d'une entente de comportement

Chaque entente doit contenir ce qui suit :

1. Une description claire et détaillée du comportement requis (comportement visé).

2. Un critère indiquant combien de temps cela devrait prendre (durée de l'entente) pour atteindre l'objectif désiré.

3. Le mode de collecte des données et le calendrier d'examen des progrès. L'entente devrait préciser la manière dont le ou les comportements visés seront observés, mesurés et enregistrés, et décrire en détail la procédure qui sera suivie pour tenir la femme au courant de ses accomplissements pendant la durée de l'entente.

Cette information doit être énoncée en termes généraux dans l'entente même afin que les femmes sachent que leurs progrès sont mesurés; les détails doivent toutefois être communiqués séparément à l'équipe interdisciplinaire (de sorte que l'entente ne soit pas trop longue ni compliquée).

4. Une indication claire des agents renforçateurs à utiliser, de l'échéancier du renforcement et des personnes qui procéderont au renforcement une fois que le critère aura été rempli.

Il faudra faire en sorte que les mesures d'intervention prises à des fins de renforcement soient appliquées le plus rapidement possible après le comportement

5. Un énoncé clair des dispositions expliquant les conséquences si l'entente n'est pas respectée en ce qui touche le délai ou la fréquence indiqués.

Cependant, si la femme choisit de se retirer de l'entente, elle se retrouvera dans la situation où elle était avant que l'entente entre en vigueur. Autrement dit, on ne peut ajouter d'autres conséquences.

6. L'identifications des problèmes pouvant survenir et la façon de les résoudre

7. Une clause de gratification qui indique le renforcement positif supplémentaire que la femme pourrait obtenir si elle dépasse les exigences minimales de l'entente.

8. Les signatures de la détenue et du conseiller en comportement ainsi que les dates de l'entente.

Le personnel devrait noter par écrit la date à laquelle le chef d'équipe a approuvé l'entente et celle à laquelle le directeur d'établissement en a été avisé.

 

ANNEXE 3

Suite de la Partie 5 - Programmes, C. Contexte, Violence manifestée par les femmes, Femmes adultes. Tiré de :Psychiatric symptoms, history of victimization, and violent behavior among incarcerated female felons: An American perspective, 2002 (voir la bibliographie).

  • Toutes les variables indépendantes, sauf l'âge et les résultats du dépistage du trouble de la personnalité antisociale, n'étaient pas comprises dans le modèle; ce dernier était néanmoins très significatif et permettait de prévoir un niveau tant faible qu'élevé de violence en établissement, avec un taux de sensibilité de 71 % et un taux de spécificité de 72 %. Il est rare de trouver une seule et même variable qui contribue pareillement à des taux élevés de sensibilité et de spécificité, ce qui donne à penser que de telles variables sont particulièrement pertinentes en ce qui touche la manifestation de la violence en prison. L'influence de la race, qui était évidente au long des analyses préliminaires, s'est retrouvée en dehors du modèle, ce qui semble indiquer que les résultats positifs du dépistage de troubles de la personnalité, qui étaient élevés chez les détenues appartenant à des groupes minoritaires, constituaient le facteur sous-jacent déterminant. (p. 145)
  • …l'étude actuelle confirme que les détenues possèdent des caractéristiques spécifiques, différentes de celles de leurs pairs masculins; elle met en relief le haut degré de troubles psychiatriques dont souffre cette population et elle rend intéressante la valeur prédictive des troubles de la personnalité relativement à la violence chez les femmes. … ces nouveaux thèmes et liens font ressortir la pertinence de tenir compte de la pathologie de la personnalité lorsqu'on évalue le risque de violence chez les femmes. Ils nous éclairent davantage sur la victimisation et les troubles précoces de comportement qui précèdent une criminalité soutenue à l'âge adulte. (p. 145)
  • Les différences raciales plutôt profondes relevées dans les types de détresse signalés par les Américaines de race blanche et les Afro-américaines mettent en évidence la nécessité d'avoir des services de santé mentale conçus pour répondre à ces divers styles de détresse, de conflit ou de victimisation vécus et/ou signalés. (p. 146)

 

ANNEXE 4

Contrat de traitement/consentement éclairé

Programme de traitement de
l'Unité de garde en milieu fermé

 

Je, soussignée, _____________________________ (nom en caractères d'imprimerie), numéro de SED______________de______________(nom de l'établissement) par les présentes accepte de participer au programme de traitement (TCD/RPS) offert à l'Unité de garde en milieu fermé.

 

  • Je comprends que la participation au programme de traitement peut accroître mon potentiel de réadaptation.
  • Je comprends que, pendant le programme de traitement, je devrai travailler activement à réaliser mon plan de traitement qui comprend une entente de traitement, et participer à des activités comme des séances de formation pour acquérir des habiletés particulières et des séances individuelles, effectuer des travaux et prendre les médicaments qui me sont prescrits (le cas échéant).
  • Je comprends que je suis libre de me retirer du programme en tout temps.
  • Je comprends que si je me retire du programme ou que j'en suis suspendue, je devrai peut-être attendre au moins un mois avant de pouvoir demander d'y participer de nouveau.
  • J'accepte que des renseignements sur mon plan de traitement et les progrès que j'aurai faits puissent être communiqués à l'équipe interdisciplinaire pour les fins de gestion de cas et d'autres fins pertinentes.
  • Je comprends que je dois participer aux étapes d'évaluation du traitement pour lesquelles on devra recueillir des données cliniques.
  • J'ai été informée des risques, des autres méthodes possibles de traitement et des conséquences que la participation au programme de traitement peut comporter. Je comprends les points énumérés ci-dessus et j'autorise _________________________________(psychologue), ou toute personne pouvant être désignée à cette fin, à coordonner ma participation au programme de traitement.

 

_____________________________ _____________________________

Signature Témoin

En date du __________(jour)_________________(mois), 20________(année).

Je, soussigné, ___________________________________(nom du membre du personnel), déclare avoir expliqué le contrat ci-dessus et la nature du programme de traitement en milieu fermé et répondu à toutes les questions de la personne qui a signé ci-dessus pour donner son consentement. Je suis d'avis que la personne qui a donné son consentement a la capacité de comprendre la nature du traitement proposé.

 

_____________________________ ___________________________

Signature Témoin

 

En date du __________(jour)____________(mois), 20_______(année).

 

Description des programmes de traitement offerts à l'Unité de garde en milieu fermé

La thérapie comportementale dialectique (TCD) est un programme thérapeutique complet qui fait appel à l'application de nombreuses stratégies de thérapie comportementale cognitive. Ces stratégies visent des problèmes de comportement graves qui ont des effets négatifs sur les réactions face à des situations stressantes et sur le sentiment que la vie vaut la peine d'être vécue.

Les deux éléments fondamentaux de la TCD sont : 1) la psychothérapie individuelle et 2) le développement des habiletés dans les domaines du contact avec soi, de la régulation des émotions, de l'efficacité interpersonnelle et de la tolérance de la détresse.

La réadaptation psychosociale (RPS) est une stratégie complète visant à subvenir aux besoins des personnes qui ont vécu des difficultés graves dans la plupart des activités quotidiennes ou qui sont aux prises avec des difficultés liées aux habiletés mentales. La participation à ce programme de traitement permet aux femmes d'acquérir des habiletés fondamentales pour développer leurs soutiens et leurs ressources afin de retourner ensuite dans la population carcérale générale.

Comme cela est mentionné dans le contrat de traitement/consentement éclairé, chaque femme devra accepter le plan de traitement qui sera élaboré par le personnel, pour lequel elle sera consultée, et s'engager à respecter une entente de traitement correspondante.

 

ANNEXE 5 - ÉDUCATION

Détenues dites « à sécurité maximale » - Niveaux scolaires

 

Aucun

1re
à la 3e
année

4e
à la
6e
année

7e
à la 9e
année

10e
année

Supérieur
à la 10e
année

Post-secondaire

Pas précisé

Total

Blanches

0

1

2

5

7

4

1

6

26

Autochtones

0

1

0

6

3

4

0

4

18

Autres

0

0

0

0

0

0

0

1

1

Total

0

2

2

11

10

8

1

11

45

% du total

 

4,4 %

4,4 %

24,4 %

22,2 %

17,8 %

2,2 %

24,4 %

 

 

graph
legende

 

DÉTENUES DITES « À SÉCURIT&Eeacute; MAXIMALE » -
NIVEAU DE COMPRÉHENSION DE LA LECTURE

 

Aucun

1re à la 3e
année

4e à la 6e
année

7e à la 9e
année

10e année

Supérieur à la
10e année

Pas précisé

Total

Blanches

6

1

5

3

3

8

0

26

Autochtones

3

0

4

6

2

3

0

18

Autres

0

0

1

0

0

0

0

1

Total

9

1

10

9

5

11

0

45

% du total

20 %

2,2 %

22,2 %

20 %

11,1 %

24,4 %

 

 

 

graph
legende

Ces renseignements, qui proviennent du Système de gestion des délinquants du SCC, comprennent toutes les délinquantes admises au système fédéral depuis 1995. Les données sur les détenues dites « à sécurité maximale » ont été filtrées pour être présentées ici.

Ces données révèlent qu'environ 42 % des détenues dites « à sécurité maximale » ont au moins terminé leur 10 e année. Toutefois, lorsque leur niveau de compréhension de lecture est évalué, seulement 36 % atteignent ce niveau. Presque 65 % n'ont même pas atteint le niveau de lecture de la 9e année, et 20 % sont analphabètes. Ces résultats indiquent que les données sont peut-être erronées, que les tests ne sont peut-être pas précis ou qu'il aurait pu y avoir des erreurs lors de l'entrée des données. Cela dit, on sait que certaines personnes obtiennent leur diplôme d'études secondaires sans savoir lire. Donc, si les niveaux de compréhension de lecture sont moindrement exacts,il est essentiel que le niveau d'alphabétisation soit amélioré chez ces femmes.

 

ANNEXE 6

SYNDROME D'ALCOOLISATION FŒTALE/EFFETS DE L'ALCOOLISATION FŒTALE
(tiré de Service correctionnel du Canada, Aperçu de l'environnement 1999)

Perspective nationale
  • Le syndrome d'alcoolisation fœtale (SAF) est un diagnostic médical qui fait référence à un ensemble spécifique d'anomalies lorsqu'on a confirmé l'exposition du fœtus à l'alcool. On utilise l'expression « effets de l'alcoolisation fœtale (EAF) » pour décrire certaines des caractéristiques du SAF, mais pas toutes. (Système canadien de surveillance périnatale, Santé Canada)
  • l'adolescence et à l'âge adulte, le SAF/les EAF causent des déficiences de la mémoire, des problèmes de jugement et de raisonnement abstrait et une faible capacité d'adaptation. Ils entraînent aussi une intolérance à la frustration, une faible compréhension des conséquences d'un geste, un comportement sexuel non approprié, un abus d'alcool et d'autres drogues, des troubles mentaux et des problèmes avec la justice. (Syndrome d'alcoolisme fœtal : Répercussions pour le service correctionnel, SCC)
  • On estime que le SAF est une des principales causes des malformations et des retards de développement évitables chez les enfants au Canada. Parmi les femmes qui boivent beaucoup pendant leur grossesse, on estime que l'incidence du SAF est de 43 sur 1 000 naissances vivantes. On a évalué que le taux national se situe entre 1 et 2 sur 1 000 naissances vivantes, ce qui laisse croire que plus de 350 enfants naissent avec le SAF chaque année. (Système canadien de surveillance périnatale, Santé Canada)
  • Des études épidémiologiques ont permis de conclure que les EAF sont de 3 à 4 fois plus fréquents que le SAF. Toutefois, les cas d'EAF sont moins susceptibles d'être diagnostiqués régulièrement ou observés par un professionnel de la santé et continuent de passer inaperçus. (Syndrome d'alcoolisme fœtal  : Répercussions pour le service correctionnel, SCC)
  • L'incidence du SAF/des EAF est beaucoup plus élevée chez certains groupes Autochtones du Canada. (Syndrome d'alcoolisme fœtal : Répercussions pour le service correctionnel, SCC)
  • Le Centre canadien de lutte contre les toxicomanies estime à environ 1,4 million de dollars les coûts supplémentaires en soins de santé, en éducation et en services sociaux associés aux soins que l'on doit prodiguer à une personne atteinte du SAF toute sa vie durant. (Système canadien de surveillance périnatale, Santé Canada)
  • Étant donné que le SAF n'a été découvert qu'au cours des 25 dernières années, il existe une énorme lacune sur le plan de nos connaissances et de notre habileté à diagnostiquer le SAF/les EAF chez les adultes. (Système canadien de surveillance périnatale, Santé Canada, s.d.)

 

Perspective régionale
  • Bien que la consommation d'alcool chez les femmes enceintes varie d'une province à l'autre, un sondage de Santé Canada a permis de constater que c'est au Québec qu'elle est la plus forte et dans les provinces de l'Atlantique qu'elle est la plus faible. (Système canadien de surveillance périnatale, Santé Canada, s.d.)
  • Une étude de 1996 a révélé que parmi les cas de SAF signalés en Saskatchewan cette année-là, 86 % étaient associés à des Autochtones. (Syndrome d'alcoolisme fœtal : Répercussions pour le service correctionnel, SCC)

 

Perspective internationale
  • Les estimations actuelles à l'échelle mondiale indiquent que l'incidence du SAF est de 1,9 cas sur 1 000. (Syndrome d'alcoolisme fœtal : Répercussions pour le service correctionnel, SCC)
  • On estime que le SAF affecte entre 0 et 4 nouveau-nés sur 1 000 dans les pays industrialisés. (Système canadien de surveillance périnatale, Santé Canada, s.d.)

 

ANNEXE 7

L'immobilité intérieure : la méditation à l'établissement de Millhaven
(tiré de Contact, vol. 8, no 5, mai 2001)

La pièce est immobile et paisible. Douze hommes sont assis en silence, les mains sur les genoux, les yeux baissés ou complètement fermés. Une voix leur rappelle doucement de se concentrer sur leur respiration, délicatement, sans exercer de pression - de laisser toutes autres pensées s'en aller et de se concentrer de nouveau sur leur respiration.

Ces hommes sont des détenus de l'établissement de Millhaven, en Ontario, et ils passent environ une heure par semaine dans une classe de méditation tenue dans la chapelle de l'établissement. La voix qui les amène à se concentrer sur leur respiration est celle de Kelsang Thekchen, un moine bouddhiste, de la tradition kadampa du bouddhisme mahayana, qui met la pratique séculaire de la méditation à la disposition des détenus de l'établissement de Millhaven.

 

La méditation au service des situations quotidiennes

Dans la tradition kadampa, on s'efforce d'intégrer la pratique de la méditation à la vie de tous les jours et de mettre en pratique les enseignements bouddhistes, pour faire des activités quotidiennes des étapes vers la révélation. Lorsque les hommes arrivent à la chapelle et prennent place sur les chaises, le moine Thekchen les accueille et leur parle des objectifs de la pratique de la méditation.

« Pendant quinze minutes, nous avons besoin de paix, de clarté et de concentration », dit-il aux hommes pour leur expliquer les raisons pour lesquelles ils doivent prendre du temps pour méditer en silence. « La méditation est une chose assez particulière - elle forme l'esprit et renforce le muscle mental intérieur. »

Les hommes assis dans la chapelle l'écoutent. À trente-deux ans, Thekchen est du même âge que certains des hommes présents dans la pièce. Alors qu'ils portent tous les jeans et les t-shirts typiques d'un établissement, Thekchen, lui, est habillé de tuniques bordeaux grenat et jaune du moine tibétain.

Né Darren Prout à Toronto, Thekchen a étudié le bouddhisme kadampa enseigné par le maître tibétain Geshe Kelsang Gyatso. En 1998, après de longues études, il est devenu moine et a reçu le nom monastique de Kelsang Thekchen. Depuis, il vit et enseigne au Centre bouddhiste Kuluta à Kingston.

 

L'introduction de la méditation à l'établissement de Millhaven

L'idée d'enseigner à l'établissement de Millhaven a germé en lui grâce à un membre du personnel du Service correctionnel du Canada (SCC) qui assistait à ses cours. « Brandy May, un agent de libération conditionnelle à l'établissement de Millhaven, se rappelle-t-il, venait à mes cours et à mes ateliers au Centre Kuluta depuis environ deux ans et nous parlions souvent des bénéfices que les gars à Millhaven, tout spécialement le groupe en évaluation, auraient pu tirer des séances de méditation. »

Le stress subi par les détenus nouvellement arrivés à l'unité d'évaluation de l'établissement de Millhaven peut être très grand. Ils arrivent à l'unité après avoir été condamnés. Ils y sont évalués avant d'être affectés à un établissement et d'y être placés.

« Brandy disait souvent qu'ils avaient besoin de la méditation », se rappelle Thekchen. Et celui-ci a offert ses services. Brandy May a donc abordé la question avec la directrice adjointe de l'établissement, Cathy Gainer, et l'aumônière, Gloria Lecomte, qui se sont montrées toutes deux très intéressées à aider à soulager le stress des détenus soumis à leur évaluation et très favorables à la tenue de cours de méditation pour les détenus de l'unité d'évaluation. Une fois qu'un calendrier approprié a été mis au point et le travail administratif terminé, les cours de méditation ont commencé.

 

« Il est important de garder un calme méditatif dans chaque situation »

«  Environ douze gars maintenant assistent régulièrement aux séances et ils sont heureux d'avoir l'occasion de trouver un peu de paix et de parler de choses, comme l'amour qu'ils doivent faire naître en eux et la colère qu'ils doivent vaincre », déclare Thekchen. Durant les séances de méditation, Thekchen parle aux hommes de certaines des difficultés qu'ils éprouvent et leur apprend que la méditation consiste à « prendre le contrôle de son esprit de façon à garder le contrôle de soi, quoi qu'il arrive. Grâce à ce contrôle, dit-il, il est possible de transformer une situation négative, bien que, ajoute-t-il, cette transformation est difficile lorsque les gars sont directement devant vous. »

« Chaque situation offre une occasion de former l'esprit et de cultiver la paix intérieure, explique Thekchen. Prenez la ferme résolution de cultiver cette paix. » « Il est important, explique-t-il aux participants à ses classes, de garder un calme méditatif dans toute situation. » Dans leurs relations avec les autres, il exhorte les hommes à « prendre conscience de leurs propres fautes et des bonnes qualités des autres ». « Soyez attentifs à votre état. »

À la fin de la séance, un détenu parle à Thekchen de l'échange qu'il a eu avec un nouveau compagnon de cellule, expliquant comment il l'a averti de ne pas allumer son téléviseur trop fort tôt le matin. « Je l'ai averti une fois, puis une deuxième fois et je n'allais pas l'avertir une troisième fois », a raconté le détenu, laissant entendre que le compagnon de cellule s'est retrouvé avec un téléviseur fracassé et qu'une altercation grave s'est ensuivie. « Mais après, j'ai essayé de penser à ses bonnes qualités et j'ai vu qu'il n'avait pas de famille, comme moi, et j'ai vraiment éprouvé quelque chose pour le gars. Alors, il est correct - il ne me dérange plus. »

 

L'introduction de la méditation à un établissement de sécurité maximale

Thekchen a commencé dernièrement à donner un autre cours de méditation à l'unité de sécurité maximale de l'établissement de Millhaven, appelée officieusement l'unité "J".

« Ma crainte initiale, relate l'agent de libération conditionnelle Brandy May pour ce qui est des détenus de l'unité "J", c'était qu'ils soient gênés de s'adonner à la méditation et de passer pour faibles auprès d'autres détenus particulièrement agressifs. » « Alors, j'ai abordé la question avec un délinquant condamné à perpétuité dont l'opinion et le flair me paraissaient dignes de confiance... Il sonda les troupes et me proposa d'aller de l'avant avec cette idée. »

Malgré l'encouragement officieux d'un détenu incarcéré depuis longtemps et malgré l'appui inconditionnel de l'administration de l'établissement, il était difficile de prévoir comment les détenus de sécurité maximale de l'établissement de Millhaven allaient réagir en se faisant dire de s'asseoir en silence et de se concentrer sur leur respiration par un jeune moine bouddhiste. Au début, Thekchen a trouvé les hommes de l'unité "J", qui étaient souvent d'humeur versatile, un peu plus difficiles à atteindre.

« Il leur a fallu quelque temps pour se calmer et les gars étaient un peu indisciplinés », raconte Thekchen relativement au premier cours de méditation, « mais ils ont vu rapidement que l'entraînement de l'esprit ressemble à l'entraînement physique avec les poids et haltères - tant que vous n'y travaillez pas, vous ne le maîtrisez pas. Alors, ils se sont calmés. »

Thekchen continue de donner un cours de méditation chaque semaine aux hommes incarcérés à l'unité d'évaluation de l'établissement de Millhaven et à ceux de l'unité "J". « Nous sommes tous égaux » explique-t-il. « Nous essayons tout simplement de trouver des façons de mettre fin à la souffrance. »

 

Cet article a été préparé avec l'aide inestimable de l'agent de libération conditionnelle Brandy May et de la directrice adjointe Cathy Gainer de l'établissement de Millhaven ainsi qu'avec l'aide de Kelsang Thekchen et des détenus de l'établissement de Millhaven.

 

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