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Programmes pour les délinquantes

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LES DÉTENUES AUTOCHTONES À SÉCURITÉ MAXIMALE PURGEANT UNE PEINE FÉDÉRALE - QUE SONT DEVENUES LES PROMESSES DE « LA CRÉATION DE CHOIX »?

5. POINT DE VUE DES DÉLINQUANTES AUTOCHTONES PURGEANT UNE PEINE FÉDÉRALE

Évaluation initiale et plan correctionnel

  • 100 % des détenues et des employées interrogées ont souligné l’importance du counseling individuel. Les délinquantes se disent incapables de dévoiler certains renseignements durant des séances de counseling en groupe. Les employées du SCC sont d’avis que le counseling individuel est la meilleure façon d’amener les délinquantes autochtones à se confier.
  • 100 % des détenues ont dit qu’elles auraient besoin de contacts plus fréquents avec des aînés. Les délinquantes devraient pouvoir consulter un aîné en tout temps, et ce genre de counseling devrait être reconnu dans le plan correctionnel. Elles devraient aussi pouvoir réclamer l’aide d’un aîné dans les cas de désaccord.
  • 13 des détenues (76 %) ont indiqué que l’évaluation initiale et le plan correctionnel devraient être faits en fonction de chaque délinquante. Certaines femmes autochtones ont des besoins qui sont liés à des facteurs particuliers - syndrome d’alcoolisme foetal ou effets de l’alcoolisme foetal, syndrome de la femme battue, tendances suicidaires, etc. - et qui nécessitent une évaluation individuelle et un plan correctionnel spécialisé. Ces outils sont aussi utilisés pour établir les conditions associées à la libération conditionnelle.
  • 13 des détenues (76 %) ont fait remarquer que les audiences de libération conditionnelle sont reportées ou font l’objet d’une renonciation parce que le contenu de l’évaluation initiale n’est plus à jour et que le plan correctionnel est incomplet. Il faut absolument que l’évaluation initiale et le plan correctionnel contiennent des renseignements à jour.
  • 13 des détenues (76 %) ont dit qu’on ne leur explique pas les motifs à l’appui du changement de cote de sécurité. Pour que les femmes autochtones puissent abaisser leur cote de sécurité, il faut leur expliquer les raisons qui justifient les changements de cote de sécurité et leur montrer la relation qui existe entre le plan correctionnel et ces changements.

Analyse

  • Dans l’évaluation initiale, on tient compte des antécédents des délinquantes en tant que jeunes contrevenantes. Certaines femmes estiment qu’on ne reconnaît pas leur croissance personnelle, leur changement de comportement et leur maturité affective. De nombreuses détenues autochtones ont entre 25 et 40 ans, et elles estiment avoir changé leur comportement au cours des 10 à 25 dernières années.

Contenu et exécution des programmes

  • 100 % des détenues estimaient que les cérémonies autochtones devraient être reconnues dans le plan correctionnel (pour les effets de guérison qu’elles procurent aux femmes autochtones).
  • 100 % des détenues ont dit que les programmes ne devraient pas être animés par des agents de correction II. Cette situation ne fait qu’attiser la colère et l’animosité des détenues.
  • 16 des détenues (94 %) ont indiqué qu’elles devraient pouvoir suivre un programme intensif de traitement de la toxicomanie, qui serait semblable au programme de 28 jours donné dans les centres de traitement et qui serait suivi d’un programme intensif de prévention des rechutes.
  • 13 des détenues (76 %) ont fait remarquer que les femmes autochtones auraient besoin d’un programme de traitement spécialisé qui porterait sur l’automutilation et les comportements suicidaires.
  • 13 des détenues (76 %) étaient d’avis que les femmes autochtones, en fonction de leurs besoins individuels, devraient pouvoir suivre des programmes spécialisés qui porteraient sur le chagrin et les pertes, la vie sans violence et les conséquences de la violence familiale, les familles dysfonctionnelles, le cycle de la violence, ainsi qu’un programme de counseling pour les couples qui porterait sur l’interdépendance affective et le développement de l’estime de soi.
  • 13 des détenues (76 %) ont fait observer que le SCC devrait offrir davantage de programmes adaptés à leur réalité culturelle, qui seraient reconnus dans le plan correctionnel et animés par des Autochtones.
  • 13 des détenues (76 %) ont souligné qu’elles ne devraient pas avoir à suivre le même programme plusieurs fois ou à recommencer un programme après un transfèrement dans un autre établissement.
  • 13 des détenues (76 %) estimaient que les programmes devraient se dérouler par étapes, ce qui permettrait aux participantes d’acquérir des connaissances dans certains domaines, de les assimiler et d’avoir le sentiment d’avoir accompli quelque chose. Il faut tenir compte des comportements positifs, et non remarquer seulement les comportements négatifs.
  • 4 des détenues (24 %) étaient d’avis que les femmes autochtones devraient pouvoir faire des études postsecondaires ou universitaires. Certaines délinquantes autochtones ont entre dix et douze années de scolarité.
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  • 4 des détenues (24 %) ont dit que les femmes autochtones devraient pouvoir suivre un programme de compétences parentales pour apprendre à jouer leur rôle de mère durant les visites et après leur mise en liberté. Beaucoup de femmes autochtones ont été absentes de leur foyer pendant de longues périodes parce qu’elles étaient incarcérées, et elles n’ont pas pu apprendre des compétences parentales en suivant un exemple ou avec l’aide de leur famille.
  • 2 des détenues (12 %) ont fait remarquer que la Prison des femmes devrait cesser de retarder la participation des détenues aux programmes.
  • 2 des détenues (12 %) ont souligné que la Prison des femmes devrait offrir plus de services de liaison avec les Autochtones et plus de services de counseling par les aînés, et qu’elle devrait reconnaître ces activités dans le plan correctionnel.

Analyse

  • Les programmes devraient être fondés sur la spiritualité et offrir un soutien psychologique. Ils ne devraient pas être axés seulement sur la colère et les comportements négatifs, mais aussi sur les comportements positifs.
  • Les détenues autochtones estiment qu’on ne devrait pas les forcer à suivre des programmes, et qu’elles devraient pouvoir y participer lorsqu’elles se sentent prêtes. Les établissements fédéraux doivent absolument offrir aux délinquantes autochtones des programmes spécialisés qui sont adaptés aux femmes et à la culture autochtone. Il faut offrir des programmes axés sur les femmes et fondés sur la culture et la spiritualité autochtones dans tous les établissements où sont incarcérées des femmes autochtones.
  • Certains programmes seraient très utiles pour les femmes autochtones : prévention du suicide et de l’automutilation; programmes intensifs de traitement de la toxicomanie; programmes de prévention des rechutes; programme « Breaking Barriers » (Surmonter les obstacles) avec le soutien de pairs conseillers; possibilité de consulter un aîné en tout temps; plus de cérémonies de guérison; programmes de réinsertion sociale avec réseaux de soutien; programmes sur la violence familiale et le cycle de la violence; programmes de compétences parentales; autres programmes.
  • Les programmes de développement de l’estime de soi amèneraient les femmes autochtones à être fières d’elles et à reprendre confiance en elles. Les programmes portant sur l’interdépendance affective et sur les relations de violence, ainsi que le programme « Vivre sans violence », informent les femmes sur ce genre de relations complexes et pourraient les empêcher de retourner à une relation où il y a de la violence lorsqu’elles seront mises en liberté.

Besoins physiques, psychologiques, sociaux, etc.

  • 13 des détenues (76 %) réclamaient de meilleurs soins de santé et ont dit que, parfois, le personnel ne tenait pas compte de leurs demandes. Dans certains cas, les délinquantes autochtones ont recours à des mesures extrêmes, comme l’automutilation, pour qu’on leur donne des soins médicaux.
  • 13 des détenues (76 %) ont souligné qu’elles devraient être évaluées par un psychologue autochtone qui connaît bien leur réalité culturelle. Certains psychologues sont difficiles à comprendre à cause de la barrière des langues; dans d’autres cas, les délinquantes n’arrivent pas à établir de relation avec le spécialiste à cause de l’obstacle de la culture.
  • 10 des détenues (58 %) ont dit que la culture autochtone doit être traitée avec respect. Certaines femmes ont signalé que le SCC imposait parfois des limites de temps aux cérémonies. On a aussi mentionné que de la nourriture ayant servi d’offrande avait été jetée dans les ordures, alors qu’il aurait fallu la brûler.
  • 4 des détenues (24 %) ont fait remarquer qu’il faudrait offrir des programmes de vie autonome pour aider les femmes qui sont internées depuis longtemps et qui sont incapables de vivre à l’extérieur. Il faudrait trouver des ressources communautaires pour aider ces femmes.
  • 3 des détenues (18 %) ont précisé que les femmes autochtones voudraient obtenir du soutien de leurs pairs et pouvoir suivre un programme « Breaking Barriers ».

Analyse

  • Les détenues et les employées sont d’avis qu’il faudrait offrir plus de programmes adaptés à la réalité culturelle autochtone, comme les sueries (au moins une fois par semaine). Les détenues voudraient que le lieu où se déroulent les sueries soit reconnu comme un endroit sûr à cause de son caractère sacré, et elles voudraient qu’on les autorise à s’y rendre lorsqu’elles ont besoin d’espace et de calme.

 

Obstacles à la modification de la cote de sécurité

  • 100 % des détenues ont fait observer qu’il y a un manque de communication entre la direction, les intervenants de première ligne et les délinquantes. En cas de problème, c’est aux femmes autochtones qu’on reproche d’être manipulatrices. Ce transfert de responsabilité est opprimant pour les détenues.
  • 100 % des détenues ont parlé du langage grossier qu’elles utilisent et de leurs accès de colère lorsque le personnel les pousse à bout. Bien qu’elles se servent de ce genre de langage comme mécanisme d’adaptation, elles se voient imposer de nombreuses accusations. Si elles ne peuvent pas avoir recours à ce moyen pour exprimer leur colère, elles devront la refouler, ce qui les amènera à être violentes envers les autres ou à commettre des actes d’automutilation.
  • 100 % des détenues ont souligné que le personnel du SCC ne prend pas les actes d’automutilation au sérieux. La plupart des employées les considèrent comme un moyen d’attirer l’attention plutôt que comme une façon d’alléger les tensions causées par l’incarcération et d’extérioriser la douleur et la colère.
  • 13 des détenues (76 %) étaient d’avis que le SCC devrait veiller à ce que les programmes de base soient offerts dans tous les établissements. Selon leur plan correctionnel, les délinquantes doivent suivre les programmes de base - développement des aptitudes cognitives, maîtrise de la colère, traitement de la toxicomanie - pour abaisser leur cote de sécurité, mais ces programmes ne sont pas offerts dans tous les établissements.
  • 13 des détenues (76 %) ont souligné que lorsqu’elles sont honnêtes et directes et qu’elles disent ce qu’elles pensent, on les juge manipulatrices et argumentatrices.
  • 13 des détenues (76 %) ont fait remarquer qu’on ne leur donnait pas de chance. Ainsi, le SCC n’a jamais donné suite à une demande qu’avait faite une délinquante pour être transférée au pavillon de ressourcement. Certaines femmes ont dit que bien qu’elles n’avaient aucune accusation en instance et qu’elles n’avaient été impliquées dans aucun conflit, le personnel leur avait dit qu’elles n’avaient pas une assez bonne attitude. D’autres se sont fait dire qu’elles étaient anti-sociales et qu’elles faisaient bande à part, alors qu’elles essayaient d’éviter les ennuis.

Analyse

  • Dans le système fédéral, il y avait deux femmes autochtones qui purgeaient une peine provinciale et à qui on ne donnait pas de programmes qui leur permettent de progresser vers l’atteinte des objectifs de leur plan correctionnel. Le personnel leur a dit que c’était à cause des retards dans les formalités administratives des systèmes fédéral et provincial.

 

Opinions à propos du personnel

  • 100 % des détenues ont souligné que les programmes de traitement de la toxicomanie devraient être animés par des personnes qualifiées (et non par des buveurs mondains). Le personnel de correction travaillant ou ayant déjà travaillé pour le SCC ne devrait pas donner de programmes. Les animateurs devraient plutôt être des personnes d’organismes extérieurs, n’ayant pas un style autoritaire. Les personnes ayant vécu des expériences semblables à celles des délinquantes (ex-détenus, personnes ayant connu la pauvreté ou ayant vécu dans la rue) seraient plus dignes de foi.
  • 15 des détenues (88 %) ont dit avoir pris des mesures pour abaisser leur cote de sécurité, mais n’avoir pas reçu l’appui du personnel pour diverses raisons.
  • 13 des détenues (76 %) ont fait remarquer que le SCC devrait embaucher plus d’employés autochtones qui pratiquent leur culture et ne portent pas de jugement.
  • 13 des détenues (76 %) estimaient être jugées d’avance par le personnel et être victimes d’un manque d’empathie et de compassion.
  • 13 des détenues (76 %) ont indiqué que le personnel n’était pas très d’un grand secours, en particulier les AC-II.
  • 13 des détenues (76 %) ont mentionné qu’elles avaient maîtrisé leur comportement et demandé de suivre des programmes, mais que le personnel n’avait pas répondu à leur demande.
  • 13 des détenues (76 %) ont fait observer qu’il devrait y avoir un psychologue autochtone à temps plein à l’établissement. Cette situation éliminerait les préjugés dont les femmes estiment être victimes avec un psychologue non autochtone.
  • 9 des détenues (53 %) ont souligné que les retards dans l’exécution des plans correctionnels sont dus au fait que les AGC-I ne travaillent pas d’assez près avec les délinquantes. Les AGC-I doivent être prêts à collaborer avec les détenues.
  • 2 des détenues (12 %) ont dit avoir reçu l’aide du personnel et des animateurs de programmes pour abaisser leur cote de sécurité.

Établissements ou environnement

  • Toutes les détenues du centre psychiatrique régional ont dit que cet établissement devrait offrir plus de services de liaison autochtone et de services de counseling par des aînés, et qu’il devrait reconnaître, dans les plans correctionnels, les effets bénéfiques des cérémonies autochtones.
  • Toutes les détenues du pénitencier de la Saskatchewan étaient d’avis que cet établissement devrait offrir plus de services de liaison autochtone et de services de counseling par des aînés, et qu’il devrait reconnaître, dans les plans correctionnels, les effets bénéfiques des cérémonies autochtones. Il faut que le pénitencier de la Saskatchewan trouve une solution aux retards et offre aux délinquantes autochtones les programmes qui leur permettront de réaliser leur plan correctionnel.
  • Toutes les détenues de l’établissement de Springhill ont souligné que cet établissement devrait offrir plus de services de liaison autochtone et de services de counseling par des aînés, et qu’il devrait offrir aux délinquantes autochtones les programmes qui leur permettront de réaliser leur plan correctionnel.
  • 100 % des détenues ont fait remarquer qu’on devrait agrandir les établissements à sécurité moyenne pour femmes afin d’y loger aussi les délinquantes autochtones à sécurité maximale.
  • 100 % des détenues ont réclamé une cour plus grande afin de pouvoir pratiquer plus d’activités sportives à l’extérieur.
  • 13 des détenues (76 %) voudraient avoir un plus grand accès au lieu où se déroulent les sueries pour y passer des périodes dans le calme.
  • 6 des détenues (35 %) étaient d’avis qu’il faudrait aménager un établissement pour les délinquantes autochtones à sécurité maximale plutôt que de les loger dans des pénitenciers à sécurité maximale pour hommes (p. ex. le pénitencier de la Saskatchewan et l’établissement de Springhill). Ces établissements n’offrent pas aux femmes les programmes qui leur permettraient d’abaisser leur cote de sécurité.
  • 4 des détenues (24 %) ont déjà demandé de faire un appel téléphonique pour communiquer avec l’enquêteur correctionnel, mais le personnel ne leur a pas permis de se servir du téléphone.
  • 3 des détenues (18 %) ont été accusées de multiples infractions aux règlements pour avoir parlé à leur petit ami ou à leur conjoint qui était incarcéré dans le même établissement (pénitencier de la Saskatchewan et établissement de Springhill).
  • 2 des détenues (12 %) ont souligné que la Prison des femmes devrait offrir aux délinquantes autochtones les programmes qui leur permettraient de réaliser leur plan correctionnel, et qu’elle devrait offrir plus de services de counseling par des aînés.

Analyse

  • Les détenues autochtones ont indiqué qu’elles voudraient avoir plus de loisirs et de périodes à l’extérieur. Elles voudraient aussi avoir accès à un gymnase et à une cour de récréation plus grande.
  • Les détenues autochtones ont souligné qu’il serait préférable qu’elles soient logées dans un centre de traitement à sécurité maximale pour femmes. Elles ont dit que le fonctionnement du centre psychiatrique régional devrait être plus souple. Deux femmes autochtones ont fait remarquer que ce n’est pas l’établissement qui devrait changer, mais l’attitude du personnel à l’égard des délinquantes autochtones. La petite dimension de l’unité des femmes ne permet pas les déplacements, et certaines femmes estiment que les interactions sont trop intimes.
  • De nombreuses délinquantes autochtones ont recommandé qu’on utilise le pavillon de ressourcement de Maple Creek comme modèle. C’est un endroit où les délinquantes peuvent travailler sur elles-mêmes, dans leur propre culture et dans un milieu de vie familier, sans se sentir enfermées dans une cage. La plupart des détenues ont dit qu’elles voudraient purger leur peine dans un établissement où elles auraient accès à des activités sociales et à des programmes.
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  • Certaines femmes autochtones ont dit qu’elles aimeraient purger leur peine dans un établissement comme l’établissement d’Edmonton pour femmes. Les membres du personnel estimaient que cet établissement, s’il était à sécurité maximale, serait idéal parce qu’on y offre des cours d’informatique, des programmes, et des cours de sérigraphie et de cuisine.
  • Les détenues autochtones ont suggéré que le SCC ajoute des ailes à sécurité maximale aux établissements à sécurité moyenne pour femmes afin qu’elles puissent être incarcérées avec d’autres femmes. En outre, certaines ont souligné que les cloisons entre les chambres des rangées devraient être insonorisées. Le pénitencier de la Saskatchewan devrait réaménager les rangées parce qu’il n’y a aucun moyen d’atténuer le bruit des postes de télévision et de radio, le bruit des conversations, etc. Les femmes ont parfois besoin d’être seules et tranquilles, mais les cellules sont trop rapprochées. Les délinquantes voudraient être autorisées à avoir accès au lieu où se tiennent les sueries pour passer des moments de solitude dans le calme.
  • De nombreuses détenues autochtones, dans tous les établissements, estimaient que les établissements correctionnels n’appliquaient pas les recommandations du rapport « La création de choix ».
  • Une détenue autochtone purgeant sa peine à l’extérieur de sa province de résidence a indiqué qu’elle souhaiterait purger sa peine dans un établissement à sécurité maximale situé plus près du lieu de résidence de sa famille.
  • Les détenues autochtones ont fait remarquer qu’elles aimeraient purger leur peine dans un établissement pour femmes plutôt que d’être entreposées dans un établissement pour hommes. Elles voudraient être logées dans un établissement bien organisé où on utiliserait une approche cohérente avec les délinquantes autochtones. Elles ne veulent pas que les règles changent d’une journée à l’autre.

Soutien de la famille et de la collectivité et réinsertion sociale

  • 100 % des détenues ont fait remarquer que le SCC devrait offrir des services de counseling par des aînés. Les délinquantes doivent participer de façon régulière à des activités et à des programmes adaptés à leur culture avant leur mise en liberté. Ces activités pourraient être organisées par les services de liaison autochtone, des employés autochtones ou des organismes communautaires comme des centres d’accueil autochtones.
  • 15 des détenues (88 %) ont dit qu’elles auraient besoin de suivre des programmes de réinsertion sociale avant leur mise en liberté et pendant une période plus longue. Elles auraient aussi besoin d’un suivi après leur mise en liberté.
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  • 13 des détenues (76 %) auraient besoin de plus de services de liaison autochtone pour recevoir des conseils et de l’aide pour des questions familiales. Dans un des établissements, l’agent de liaison autochtone n’est présent que deux demi-journées par semaine. Les délinquantes voudraient que l’agent de liaison soit autochtone et qu’il soit en poste à temps plein.
  • 9 des détenues (53 %) ont souligné qu’elles voudraient qu’on leur accorde des permissions de sortir avec escorte (PSAE) et des permissions de sortir sans escorte (PSSE) afin qu’elles puissent augmenter leur crédibilité. Ces permissions sont utilisées pour évaluer le risque d’évasion et permettre aux délinquants d’abaisser leur cote de sécurité. Les femmes pourraient rendre visite à leur famille dans leur collectivité; ces visites pourraient être organisées par des organismes.
  • 9 des détenues (53 %) jugeaient qu’elles devraient pouvoir suivre des programmes de réinsertion sociale et avoir accès à des réseaux de soutien dans la collectivité. Ce genre d’aide contribuerait à la réduction de la récidive.
  • 9 des détenues (53 %) ont dit qu’elles auraient besoin d’avoir plus de contacts avec leur famille et avec des bénévoles et des organismes de la collectivité, dans le cadre d’activités qui pourraient être organisées par des particuliers et des organismes. Ces occasions prépareraient les délinquantes à établir des liens avec leur famille et leur permettraient de rencontrer des personnes de la collectivité qui pourraient les aider.
  • 4 des détenues (24 %) estimaient qu’elles auraient besoin d’un plan prélibératoire pour favoriser leur réinsertion sociale.
  • 4 des détenues (24 %) ont souligné qu’elles devraient avoir la possibilité de suivre dans la collectivité les programmes qu’elles n’ont pas suivis en établissement.
  • 4 des détenues (24 %) ont fait observer qu’elles auraient besoin d’un traitement intensif de la toxicomanie, suivi d’un programme intensif de prévention des rechutes après leur mise en liberté.
  • 1 détenue autochtone (6 %) a dit que le SCC devrait fournir une somme d’argent pour les familles qui rendent visite aux femmes qui sont incarcérées à l’extérieur de leur province de résidence, ou encore pour réinstaller les familles qui doivent demeurer dans la même collectivité que la détenue (p. ex les mères incarcérées qui ont de jeunes enfants).

Analyse

  • Les détenues autochtones estiment qu’on devrait leur offrir des ressources communautaires et établir un réseau de soutien communautaire avant leur mise en liberté et au moment où elles sont libérées.
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  • Le rapport « La création de choix » préconisait qu’on rapproche les détenues de leur famille, mais certaines femmes autochtones sont incarcérées encore plus loin de leur famille qu’avant. Plus de la moitié des employées du SCC ont fait remarquer que les délinquantes autochtones doivent continuer de recevoir le soutien et la visite des membres de leur famille. Certaines détenues ont quatre enfants. Les femmes pourraient rendre visite à leur famille, dans leur collectivité; les rencontres seraient organisées par des organismes. Ces permissions ne seraient pas accordées uniquement à des fins de compassion, comme les obsèques.
  • Les programmes de réinsertion sociale devraient commencer à être offerts pendant que les femmes sont incarcérées. Après leur mise en liberté, il y aurait continuité dans la collectivité. On retrouve cette directive à l’article 5 de la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition, qui stipule que « ...le Service correctionnel du Canada, auquel incombent les tâches suivantes : [...] b) la mise sur pied de programmes contribuant à la réadaptation des délinquants et à leur réinsertion sociale; c) la préparation des détenus à leur libération; [...] ». Toutefois, il n’en a pas été ainsi dans la pratique. Il faut offrir des ressources communautaires et établir un réseau de soutien communautaire pendant l’incarcération et après la mise en liberté.