Service correctionnel du Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Programmes pour les délinquantes

Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

LES DÉTENUES AUTOCHTONES À SÉCURITÉ MAXIMALE PURGEANT UNE PEINE FÉDÉRALE - QUE SONT DEVENUES LES PROMESSES DE « LA CRÉATION DE CHOIX »?

6. POINT DE VUE DU PERSONNEL DU SCC

Remarque : Des entrevues ont été réalisées auprès de huit membres du personnel. De nombreuses questions se rapportaient à une seule détenue autochtone. Par conséquent, certaines employées du SCC ont été interrogées plus d’une fois parce qu’elles travaillaient auprès de plusieurs détenues. C’est pourquoi nous n’avons pas indiqué les pourcentages.

Raisons de l’assignation de la cote de sécurité maximale

  • Toutes les employées interrogées ont dit que la toxicomanie est l’un des motifs qui explique la cote de sécurité maximale, car les détenues consomment encore de l’alcool ou de la drogue dans certains établissements. Les répondantes ont mentionné que les détenues feraient n’importe quoi pour se procurer de la drogue. Certaines délinquantes demandent à des visiteurs de leur apporter de la drogue ou se blessent délibérément pour être transférées d’urgence au centre psychiatrique régional.
  • La plupart des employées ont précisé que le comportement violent d’une détenue à l’égard du personnel et d’autres personnes constitue un motif pour lui assigner la cote de sécurité maximale. Une AGCE a mentionné d’autres motifs en plus du comportement violent : comportement perturbateur, risque d’évasion, problèmes de santé mentale.
  • La plupart des employées ont souligné que les détenues doivent reconnaître l’autorité et être capables d’accepter qu’on leur refuse des choses et de faire face à leurs problèmes sans se trouver d’excuses.
  • La majorité des employées estimaient qu’on ne peut aider les détenues autochtones si elles ne se conforment pas aux règles. Lorsqu’aucune accusation n’est portée contre une délinquante, cela signifie qu’elle obéit aux règles.
  • Certaines employées ont dit qu’il arrive qu’elles ne donnent pas leur appui à une détenue autochtone qui souhaite faire abaisser sa cote de sécurité, si elles estiment que la délinquante n’est pas prête à loger dans un milieu à sécurité moins élevée ou si la détenue a fait l’objet d’accusations et n’a pris aucune mesure en vue de diminuer son niveau de sécurité.
  • Des employées ont fait remarquer que certaines détenues autochtones sont internées depuis longtemps et que, par conséquent, leur déplacement d’un établissement à sécurité maximale comme le centre psychiatrique régional à un établissement à sécurité moyenne comme le pavillon de ressourcement doit être fait graduellement et avec prudence.

Évaluation initiale et plan correctionnel

  • Toutes les employées ont dit que le niveau de risque que présente une détenue autochtone est déterminé par l’Échelle de classement par niveau de sécurité, le rapport d’enquête communautaire, le rapport de police, les rapports psychologiques et les renseignements contenus dans le CIPC. Les rapports psychologiques évaluent la santé mentale de la délinquante, et les Services de santé sa santé physique. Dans certains établissements, le risque est déterminé en fonction des résultats de l’évaluation initiale qui a été effectuée à l’établissement où la délinquante était incarcérée auparavant. Le classement de certaines détenues autochtones est plus élevé en raison de leur jeune âge, de l’importance du dommage causé et de la gravité de l’infraction commise.
  • La majorité des employées ont souligné que les détenues devraient être évaluées individuellement et que les rapports récapitulatifs sur l’évolution du cas devraient être plus souples. Ces rapports sont rédigés tous les trois mois et sont utilisés comme mesure temporaire pour déterminer si la délinquante est admissible à un transfèrement.
  • Certaines employées étaient d’avis que les AC-2 devraient participer à la préparation des rapports récapitulatifs et des rapports d’activité, et qu’il faudrait mettre en évidence les comportements positifs des détenues.
  • Certaines employées ont dit que les femmes autochtones doivent travailler à combler les besoins personnels et affectifs définis dans leur plan correctionnel. Elles estiment que les délinquantes autochtones n’essaient pas de régler leurs problèmes affectifs.

Contenu et exécution des programmes

  • La plupart des employées estimaient que les femmes autochtones doivent suivre des programmes de compétences psychosociales et de maîtrise de la colère pour dominer leurs comportements spontanés et apprendre à ne pas réagir de manière exagérée aux situations. Il serait utile d’offrir à ces femmes un programme de maîtrise de la colère adapté à leur culture pour qu’elles apprennent le mécanisme de la colère du point de vue de leur propre culture.
  • La majorité des employées ont fait remarquer que les programmes plus intensifs pourraient être bénéfiques pour les délinquantes autochtones. Ce sont les besoins des femmes qui doivent déterminer quels programmes nous devons leur offrir.
  • La plupart des employées étaient d’avis que les programmes doivent être animés par des personnes qualifiées qui ont reçu la formation appropriée, et que le personnel de sécurité ne devrait pas animer de programmes parce que cela entraîne des problèmes de comportement chez les détenues.
  • La plupart des employées ont dit que les femmes autochtones doivent abandonner leurs habitudes de consommation de drogue et suivre des programmes et des traitements intensifs qui les y aideront.
  • Des employées ont signalé que certaines détenues autochtones sabotent les programmes de base (« toxicomanie », « aptitudes cognitives » et « maîtrise de la colère ») en ne coopérant pas avec les animateurs. Les employées reconnaissent que certains animateurs de programme sont intimidés par les détenues autochtones.
  • Des employées ont indiqué qu’elles donnent habituellement leur appui aux détenues autochtones qui désirent obtenir une cote de sécurité moins élevée en les encourageant à suivre les programmes. Dans les cas où la détenue prend des mesures, mais ne les mène pas à terme, certaines employées ont dit qu’elles continuent d’appuyer la délinquante et de l’encourager dans ses efforts.

Niveau du risque de réincarcération

  • Toutes les employées interrogées jugeaient que si les détenues autochtones recommençaient à consommer de l’alcool ou de la drogue, elles risquaient davantage de récidiver. De nombreuses femmes autochtones ont une dépendance à l’égard de drogues dures comme la cocaïne. Selon les employées, la toxicomanie est le principal facteur criminogène chez la plupart des délinquantes autochtones.
  • Plus de la moitié des employées ont dit que lorsque les femmes s’engagent dans une relation de violence (à cause de leur faible estime de soi) ou retournent à une relation de violence parce qu’elles ont peur, elles risquent davantage de récidiver. Les employées ont ajouté que les femmes autochtones doivent éviter ces relations de violence et s’abstenir de rencontrer leurs fréquentations de la rue.
  • La plupart des employées estimaient que pour que les détenues autochtones comblent leurs besoins, elles doivent suivre des programmes afin d’abaisser leur cote de sécurité. Les délinquantes doivent participer aux programmes de façon sérieuse : apprendre des choses, les mettre en pratique, les assimiler, et changer leur comportement. Le SCC peut aider ces femmes en déterminant les programmes qui leur sont nécessaires, en mettant en évidence les domaines dans lesquelles elles ont des besoins et en leur offrant des services intensifs de counseling (y compris du counseling psychologique).
  • La plupart des employées ont souligné que les détenues autochtones doivent chercher à abaisser leur cote de sécurité en apprenant de nouvelles aptitudes sociales et en ayant plus de communications ouvertes et d’interactions positives avec le personnel et les autres délinquantes. Les femmes qui sont associées à un gang doivent se dissocier de ce style de vie si elles veulent réduire leur niveau de sécurité.
  • La plupart des employées ont précisé que certaines détenues autochtones ont besoin de services intensifs de counseling individuel. Elles recommandaient aussi un traitement intensif en matière de toxicomanie pour certaines femmes.

Obstacles à la modification de la cote de sécurité

  • Toutes les employées interrogées estimaient que les deux difficultés pour les détenues autochtones étaient de ne pas être accusées d’infractions et de maîtriser leur agressivité. Les délinquantes autochtones expriment leurs émotions de façon agressive pour rester incarcérées ou pour être réincarcérées dans l’établissement où leur conjoint est détenu.
  • Certaines employées étaient d’avis qu’on devrait réexaminer à la même fréquence la cote de sécurité des hommes (tous les 12 mois) et celle des femmes (tous les 3 mois). Elles estimaient qu’un intervalle de 6 ou 12 mois entre les examens serait plus approprié et permettrait mieux d’évaluer le comportement des détenues. L’idéal serait de faire un examen tous les 6 mois et de rédiger un rapport récapitulatif entre les examens.

Établissements ou environnement

  • Certaines employées considéraient que les détenues autochtones à sécurité maximale devraient être logées dans un établissement séparé (établissement pour femmes), à niveaux de sécurité multiples, qui comporterait une cour de récréation. Dans cet établissement, il faudrait qu’on applique les procédures et qu’on surveille les déplacements de ces détenues afin de réduire les risques pour la sécurité.
  • Certaines employées ont suggéré qu’on agrandisse le centre psychiatrique régional parce que les détenues y sont trop à l’étroit, ou que les détenues autochtones aient leur propre établissement. Selon les employées interrogées, l’unité des femmes est trop petite pour les neuf femmes qui y sont incarcérées (cette unité est conçue pour recevoir jusqu’à douze détenues).
  • Les employées estimaient que les détenues autochtones qui ne sont pas motivées devraient être séparées de celles qui le sont. Cette mesure permettrait d’éliminer les actes d’intimidation et d’agressivité.
  • Les employées ont fait remarquer que les détenues autochtones devraient être logées dans un établissement qui renferme des unités résidentielles dotées de grandes aires communes (et non des cellules en rangée). Cet établissement devrait être géré comme un établissement à sécurité maximale, avec un système de laissez-passer. Les détenues seraient isolées dans leur unité lorsqu’elles ne seraient pas au travail, et leurs déplacements seraient mieux contrôlés. Les employées estiment que ces mesures pourraient inciter les détenues à suivre les programmes et à obtenir du counseling afin d’abaisser leur cote de sécurité et d’être transférées dans un autre établissement.
  • Les employées aimeraient que les détenues autochtones purgent leur peine :
    • dans un établissement pour femmes où la sécurité serait assurée de façon très stricte;
    • dans un établissement semblable au Centre de traitement du Nord à Sault Ste. Marie, en Ontario, pour une durée de six mois ou plus;
    • dans un centre régional de traitement ou un centre psychiatrique régional.
  • Certaines employées estimaient que le SCC pourrait aider les détenues autochtones en veillant à ce que leur conjoint ne soit pas incarcéré dans le même établissement, car les femmes ont de la difficulté à se concentrer sur leur croissance personnelle. Les détenues autochtones sont souvent accusées d’infractions disciplinaires pour avoir crié aux détenus masculins qui se trouvent à l’autre bout de la cour. Les femmes devraient être logées dans un établissement pour femmes séparé.
  • Certaines employées étaient d’avis que les détenues autochtones devraient purger leur peine dans un centre de traitement à niveaux de sécurité multiples pour femmes. Cette situation dispenserait les délinquantes dont on modifie la cote de sécurité d’être transférées d’un établissement à l’autre dans des provinces différentes. À cet établissement, il devrait y avoir du personnel infirmier et un psychiatre comme travailleurs de première ligne.
  • Certaines employées ont souligné que les détenues autochtones devraient avoir accès à une salle qui leur est entièrement destinée.

Soutien de la famille et de la collectivité

  • La plupart des employées ont dit que les détenues autochtones qui retournent vers leurs anciens amis et connaissances dans leur collectivité risquent davantage de récidiver. De nombreuses femmes autochtones n’ont d’autre soutien, après leur mise en liberté, que leurs anciens amis, connaissances et fréquentations.
  •  
  • La plupart des employées ont souligné que les détenues autochtones doivent respecter les conditions de leur mise en liberté et que le SCC devrait assurer une surveillance rigoureuse et donner un soutien à ces femmes. Les détenues pourraient être logées dans une maison de transition où on leur offrirait des programmes de compétences psychosociales, des programmes destinés aux femmes ayant été victimes de mauvais traitements pendant leur enfance, des programmes sur la violence familiale et les changements de la vie, et où elles pourraient recevoir les conseils d’un aîné.
  • Certaines employées estimaient que, pour ne pas être réincarcérées, les femmes autochtones doivent assumer la responsabilité de leurs actes et être convaincues qu’elles peuvent arriver à réintégrer la collectivité sans problème. Des programmes de développement de l’estime de soi pourraient aider ces femmes à reprendre confiance en elles. Les délinquantes doivent tirer profit des ressources et des réseaux de soutien de la collectivité, et continuer de participer activement aux activités autochtones. Certaines employées étaient d’avis que le SCC devrait fournir à ces femmes un plus grand accès à des réseaux de soutien et les réinsérer dans la société graduellement.
  • Certaines employées ont souligné que le SCC doit aider les femmes autochtones à trouver du travail. Il faudrait que ces femmes apprennent un métier et acquièrent des compétences de travail afin de pouvoir trouver un emploi après leur mise en liberté.