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Programmes pour les délinquantes

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LES DÉTENUES AUTOCHTONES À SÉCURITÉ MAXIMALE PURGEANT UNE PEINE FÉDÉRALE - QUE SONT DEVENUES LES PROMESSES DE « LA CRÉATION DE CHOIX »?

8. CONCLUSION

Le SCC a établi des politiques et des lignes directrices claires au sujet des femmes autochtones purgeant une peine fédérale. Notre rapport démontre cependant qu’il ne respecte pas ses propres politiques dans le cas des détenues autochtones à sécurité maximale. La Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition, les Directives du Commissaire, les objectifs stratégiques de la Mission et les objectifs corporatifs, et le rapport La création de choix sont des documents qui reconnaissent la culture et les croyances spirituelles autochtones; toutefois, les délinquantes autochtones à sécurité maximale affirment que les programmes et services adaptés à leur culture sont inexistants ou qu’il sont insuffisants parce qu’elles ne peuvent pas en profiter au moment opportun. Les délinquantes incarcérées dans les établissements à sécurité maximale connaissent de nombreuses difficultés parce que les politiques ne sont pas appliquées comme elles le devraient.

Les détenues autochtones et les membres du personnel qui travaillent auprès d’elles nous ont aidés à mettre le doigt sur les problèmes associés à l’abaissement de la cote de sécurité des femmes autochtones. Ces deux groupes ont parlé des mêmes questions et des mêmes préoccupations. Ils ont aussi recommandé le même genre de mesures pour aider les détenues autochtones à réduire leur niveau de sécurité. Ils ont également insisté sur l’importance de la culture et des traditions.

Le traitement qu’on accorde aux détenues autochtones ne les aide pas à prendre leur vie en main. C’est pourquoi certaines de ces femmes commettent des actes d’automutilation, consomment des substances intoxicantes ou ont des problèmes de comportement. Si le SCC appliquait rigoureusement les diverses stratégies qu’il a établies, il apporterait automatiquement des solutions à ces problèmes et favoriserait la guérison de ces femmes.

Les détenues et les employées des établissements doivent, dans une certaine mesure, avoir les mêmes buts. Ces buts sont la communication, la compréhension et le respect. Notre rapport aidera les lecteurs à mieux comprendre les difficultés auxquelles se heurtent les détenues autochtones à sécurité maximale. En mettant en oeuvre les recommandations formulées dans le rapport, le SCC montrera qu’il tient compte des opinions des détenues autochtones et de son personnel quant aux mesures qui peuvent aider les délinquantes à abaisser leur cote de sécurité.

Le SCC a la responsabilité et l’obligation, à l’égard des détenues autochtones, d’examiner les recommandations du présent rapport et de les mettre en oeuvre pour que les programmes correctionnels qu’il leur offre respectent les croyances culturelles et les valeurs spirituelles de ces femmes. En reconnaissant la culture et la spiritualité autochtones et en mettant les recommandations en oeuvre, le SCC éliminera une partie de la discrimination et du racisme dont les détenues autochtones sont victimes dans le système correctionnel.

La responsabilité du SCC à l’égard des détenues est bien définie dans ses objectifs corporatifs : réadapter les délinquants et les réintégrer dans la société le plus tôt possible, et élaborer et offrir des programmes fondés sur les résultats de recherches qui répondent aux besoins particuliers des délinquants afin de favoriser leur réinsertion sociale. Le SCC et ses établissements n’ont pas assumé leur responsabilité d’offrir des programmes adaptés aux femmes et à la culture autochtone.

La Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition stipule que les programmes correctionnels doivent respecter les différences ethniques, culturelles et linguistiques, ainsi qu’entre les sexes; cependant, les établissements ne se conforment pas tous à cette disposition. Tous les établissements doivent offrir aux détenues autochtones des programmes spécialisés conçus pour des femmes et axés sur la culture et la spiritualité autochtones.

Dans le rapport La création de choix, on reconnaissait qu’il fallait adopter une approche plus globale pour combler les besoins particuliers des détenues en matière de programmes. Le SCC n’a pas entièrement appliqué les recommandations de ce rapport en ce qui concerne les détenues autochtones, puisque les données de notre recherche montrent que ces femmes ont été négligées. On ne les traite pas de manière à les aider à prendre leur vie en main. Dans leurs contacts avec le personnel, elles se sentent impuissantes. On ne leur a pas donné la possibilité de faire des choix valables et responsables, puisqu’elles ont dû suivre les mêmes programmes plusieurs fois et participer à des programmes qu’elles jugeaient inutiles. Les détenues autochtones estiment aussi que le milieu dans lequel elles sont incarcérés n’est pas un environnement de soutien.

La Directive du Commissaire no 720 énonce la manière dont les Autochtones doivent être traités dans les pénitenciers fédéraux. Le SCC ne s’est pas tenu entièrement à cette politique dans le cas des femmes.

Le SCC n’a pas assumé sa responsabilité et son obligation à l’égard des détenues autochtones; il a négligé de respecter leurs croyances culturelles et leurs valeurs spirituelles. Bien que les objectifs du SCC, la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition, les recommandations du rapport La création de choix et les Directives du Commissaire soulignent que le SCC doit offrir des programmes qui reconnaissent la culture et les croyances spirituelles autochtones, certaines détenues autochtones ont affirmé être victimes de discrimination et de racisme. Pour toutes ces raisons, les détenues autochtones n’ont pas réussi à retourner dans leur collectivité ou à réintégrer la société