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Programmes pour les délinquantes

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LES DÉTENUES AUTOCHTONES À SÉCURITÉ MAXIMALE PURGEANT UNE PEINE FÉDÉRALE - QUE SONT DEVENUES LES PROMESSES DE « LA CRÉATION DE CHOIX »?

9. RECOMMANDATIONS

Recommandation 1 :

De nombreuses détenues autochtones ont entre 25 et 40 ans, et on utilise encore contre elles les infractions qu’elles ont commises en tant que jeunes contrevenantes. Il ne faut pas tenir compte du dossier de jeune contrevenante dans l’évaluation initiale. Le SCC doit fixer un âge en-deçà duquel on ne recueillerait plus de renseignements contre les détenues, afin de tenir compte de leur maturité et de leur croissance personnelle.

 

Recommandation 2 :

Les détenues autochtones ont mentionné qu’on ne leur expliquait pas la cote de sécurité qui leur avait été assignée. Pour que ces femmes puissent travailler à l’abaissement de leur cote de sécurité, il faut leur expliquer les motifs à l’appui des modifications de la cote de sécurité, et leur montrer la relation entre le plan correctionnel et les modifications de la cote de sécurité.

 

Recommandation 3 :

Les détenues autochtones ont indiqué que l’évaluation initiale, les plans correctionnels et les programmes spécialisés doivent être fondés sur les besoins individuels, puisque ce sont les outils qui sont utilisés pour l’établissement des conditions associées à la libération conditionnelle. Certaines femmes ont des besoins spéciaux en raison des situations particulières qu’elles ont vécues : violence familiale, famille dysfonctionnelle, cycle de la violence, inceste et violence sexuelle, difficultés de couple, syndrome d’alcoolisme foetal, syndrome de la femme battue, tendances suicidaires, etc.

 

Recommandation 4 :

Comme l’évaluation initiale n’est pas fondée sur les besoins individuels, elle est discriminatoire à l’égard des détenues autochtones. Il faut reconnaître, dans le plan correctionnel, la valeur des éléments suivants : les effets bénéfiques des cérémonies autochtones et le soutien des aînés; les services de counseling offerts en tout temps par des aînés (les désaccords entre les détenues autochtones devraient être réglés avec l’aide des aînés); les programmes adaptés à la culture autochtone et le counseling individuel. Les employées du SCC ont souligné que le counseling individuel est la meilleure méthode pour les détenues autochtones, car celles-ci sont incapables de dévoiler certains renseignements au sein d’un groupe.

 

Recommandation 5 :

Les détenues autochtones ont dit que les audiences de libération conditionnelles sont reportées ou font l’objet d’une renonciation parce que le contenu de l’évaluation initiale n’est plus à jour et que le plan correctionnel est incomplet. Il faut absolument que l’évaluation initiale et les plans correctionnels soient préparés au moment opportun et tenus à jour, et que les AGC-1 soient disposés à rencontrer les détenues.

 

Recommandation 6 :

Les détenues autochtones doivent être évaluées et suivies par un psychologue autochtone, capable de tenir compte de leur réalité culturelle. Cette mesure permettra d’éliminer les préjugés dont les détenues ont été victimes. Une psychologue interrogée avait des préjugés à l’égard des femmes autochtones.

 

Recommandation 7 :

Les détenues autochtones doivent pouvoir communiquer avec l’enquêteur correctionnel. Il y a un numéro 800, mais les femmes ne sont pas autorisées à se servir du téléphone.

 

Recommandation 8 :

Le SCC doit offrir les programmes nécessaires et supprimer les retards dans tous les établissements, en particulier au pénitencier de la Saskatchewan, à l’établissement de Springhill et à la Prison des femmes. Les femmes sont obligées de participer à ces programmes pour abaisser leur cote de sécurité. Les programmes d’aptitudes cognitives, de maîtrise de la colère et de traitement de la toxicomanie sont souvent exigés dans le plan correctionnel, mais certains établissements ne les offrent pas.

 

Recommandation 9 :

Les détenues autochtones ne devraient pas avoir à suivre les mêmes programmes plusieurs fois ni à recommencer les programmes chaque fois qu’elles sont transférées à un autre établissement. Cette situation entraîne l’ennui et le désespoir.

 

Recommandation 10 :

Les programmes doivent être offerts par étapes, pour que les détenues autochtones acquièrent des connaissances, les assimilent et aient le sentiment d’avoir accompli quelque chose. Il faut tenir compte des comportements positifs, et non seulement remarquer les comportements négatifs.

 

Recommandation 11 :

Les détenues autochtones réclament de meilleurs soins de santé. Parfois, le personnel ne tient pas compte de leurs demandes. Pour qu’on leur donne des soins médicaux, les femmes doivent avoir recours à des mesures extrêmes, comme l’automutilation.

 

Recommandation 12 :

Les programmes de traitement de la toxicomanie doivent être animés par des personnes qualifiées, et non par des buveurs mondains. Les animateurs doivent être des particuliers ou des employés d’organismes qui font preuve de souplesse et n’ont pas un comportement autoritaire. Les personnes ayant vécu des expériences semblables à celles des délinquantes (ex-détenus, personnes ayant connu la pauvreté ou ayant vécu dans la rue) seraient plus dignes de foi.

 

Recommandation 13 :

Les détenues autochtones ont souligné que la culture autochtone doit être traitée avec respect. Actuellement, le personnel du SCC la tourne en ridicule. Il arrive qu’on fixe une limite de temps pour les cérémonies. On a aussi jeté aux rebuts de la nourriture ayant servi d’offrande au cours d’une cérémonie, alors qu’on aurait dû la brûler.

 

Recommandation 14 :

Les détenues autochtones réclament davantage de services de liaison autochtone afin d’obtenir des conseils et de l’aide pour régler leurs problèmes familiaux, davantage de rencontres avec des aînés, et la reconnaissance des effets bénéfiques que procurent les cérémonies autochtones dans tous les établissements, en particulier au centre psychiatrique régional, à la Prison des femmes et à l’établissement de Springhill. Dans un des établissements, l’agent de liaison autochtone n’est présent que deux demi-journées par semaine. Il faudrait idéalement embaucher d’autres agents de liaison qui seraient des Autochtones.

 

Recommandation 15 :

Le SCC doit embaucher plus d’Autochtones qui mettent leur culture en pratique et n’ont pas de préjugés à l’égard des détenues.

 

Recommandation 16 :

Les détenues autochtones ont besoin d’un programme de traitement spécialisé relativement aux comportements d’automutilation et aux tentatives de suicide.

 

Recommandation 17 :

Pendant leur incarcération et après leur mise en liberté, les détenues autochtones ont besoin d’un traitement intensif de la toxicomanie semblable au traitement de 28 jours offert dans les centres de traitement et d’un programme intensif de prévention des rechutes.

 

Recommandation 18 :

Les détenues réclament un programme de counseling par les pairs et un programme « Breaking Barriers ».

 

Recommandation 19 :

Les détenues autochtones ont besoin d’un programme de compétences parentales, pour apprendre comment jouer leur rôle de mère auprès de leurs enfants, durant les visites et après leur mise en liberté. De nombreuses femmes autochtones ont été absentes de leur foyer pendant de longues périodes parce qu’elles étaient incarcérées et elles n’ont pas pu apprendre les compétences parentales par l’exemple ou avec l’aide de leur famille.

 

Recommandation 20 :

Les détenues autochtones ont besoin d’avoir accès aux études postsecondaires ou universitaires. Certaines femmes autochtones ont entre dix et douze années de scolarité.

 

Recommandation 21 :

Il faut élaborer des programmes de vie autonome pour aider les femmes qui sont internées depuis longtemps et sont incapables de vivre de façon autonome dans un autre milieu. Il faut trouver des ressources et du soutien dans la collectivité pour ces femmes.

 

Recommandation 22 :

Le SCC doit accorder une somme d’argent aux familles qui rendent visite aux détenues autochtones incarcérées à l’extérieur de leur province de résidence, ou accorder une somme pour la réinstallation des familles qui doivent vivre dans la même collectivité que la détenue, par exemple lorsque la détenue a de jeunes enfants.

 

Recommandation 23 :

Les détenues autochtones doivent avoir la possibilité d’augmenter leur crédibilité dans le cadre de sorties avec escorte (PSAE) et de sorties sans escorte (PSSE). Ces sorties sont utilisées pour évaluer le risque d’évasion et permettre aux détenues d’abaisser leur cote de sécurité. Les femmes pourraient rendre visite à leur famille, dans leur collectivité. Ces sorties, organisées par des organismes, pourraient être accordées pour d’autres fins que des obsèques.

 

Recommandation 24 :

Plus de la moitié des détenues autochtones ont besoin de plus de contacts avec des bénévoles et des organismes, et de plus d’activités sociales avec leur famille et les membres de la collectivité. Ces occasions permettraient aux détenues d’établir des contacts avec des organismes qui pourront les aider dans la collectivité.

 

Recommandation 25 :

Il faut élaborer pour les détenues autochtones des plans prélibératoires et leur offrir des programmes de réinsertion sociale avant leur mise en liberté et pendant une plus longue période. Il faut aussi assurer un suivi dans la collectivité après leur mise en liberté. Ces détenues estiment qu’on doit leur fournir des ressources communautaires et établir des contacts dans la collectivité avant et après leur mise en liberté.

 

Recommandation 26 :

Le SCC doit offrir aux détenues autochtones des services de counseling par des aînés et des programmes et activités adaptés à leur culture avant leur mise en liberté. Ces activités peuvent être organisées par des organismes communautaires, comme les centres d’accueil autochtones.

 

Recommandation 27 :

Il faut aménager un établissement de traitement à niveaux de sécurité multiples pour les détenues autochtones, afin d’éliminer les transfèrements. Cet établissement pourrait être adjacent au centre psychiatrique régional, qui se spécialise déjà dans les programmes de traitement.

 

Recommandation 28 :

Il faut construire des annexes aux établissements à sécurité moyenne pour femmes pour y loger les détenues autochtones à sécurité maximale. Ces dernières ont suggéré que le SCC construise des annexes à sécurité maximale dans les établissements régionaux pour femmes pour qu’elles puissent être incarcérées avec d’autres femmes.

 

Recommandation 29 :

Les détenues autochtones ont besoin de cours de récréation plus grandes pour s’adonner à des activités sportives à l’extérieur.

 

Recommandation 30 :

Le SCC doit donner aux détenues un plus grand accès au lieu où se déroulent les sueries pour qu’elles puissent s’y rendre pour passer des périodes de calme.