Service correctionnel du Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Programmes pour les délinquantes

Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Mise en œuvre de choix aux établissements régionaux : Propositions de programmes pour les délinquantes ayant des besoins spéciaux

Introduction et but

La publication et l'acceptation, en 1990, par le gouvernement fédéral du document La création de choix : Rapport du groupe d'étude sur les femmes purgeant une peine fédérale ont marqué l'adoption d'une nouvelle vision des services correctionnels destinés aux délinquantes au Canada reposant sur la décision de fermer la Prison des femmes à Kingston, en Ontario, et de la remplacer par quatre établissements régionaux répartis à travers le Canada et un pavillon de ressourcement pour les autochtones. Ce projet reposait sur cinq grands principes énoncés comme suit : « pouvoir contrôler sa vie », « des choix valables et responsables », « respect et dignité », « environnement de soutien » et « responsabilité partagée ». Même si ce document renfermait une vision qui devait guider la création de nouveaux établissements et systèmes et qui était accompagnée de certaines recommandations précises, il était nécessaire d'élaborer un processus de mise en _uvre détaillé pour y donner suite.

Les recommandations contenues dans le rapport ont été mises en _uvre, et on a créé des structures physiques et adopté des rôles pour le personnel, des méthodes de dotation et des politiques et procédures qui répondaient à certaines pressions exercées dans l'intervalle concernant les programmes à instaurer, les règles financières à observer et les facteurs politiques à prendre en considération. Il en est résulté un type d'installations résidentielles qui ont été construites dans les nouveaux établissements régionaux et qui se présentaient sous la forme de maisons, dans lesquelles étaient hébergées de sept à dix personnes. Les femmes qui habitent dans ces maisons sont tenues de faire leur propre cuisine, d'y faire le ménage et de s'occuper de leur milieu immédiat, en faisant l'objet d'un minimum de surveillance. Cette approche consistant à loger les femmes dans des maisons a eu de bons résultats pour la majorité des femmes, qui trouvent qu'il s'agit d'une expérience émancipante lorsqu'on la compare à la culture carcérale que l'on trouvait antérieurement à la Prison des femmes. Toutefois, pour une minorité de femmes ayant des besoins spéciaux, le modèle d'hébergement régional a échoué. Des femmes individuelles n'ont pas réussi à s'habituer à la vie dans ces maisons, ont agressé des membres du personnel ou d'autres détenues, sont passées à l'acte ou ont adopté un comportement autodestructeur. Une expérience ayant consisté à héberger les femmes ayant des besoins spéciaux dans une installation résidentielle structurée à l'établissement Nova en 1996 s'est terminée par un incident violent. En raison d'incidents qui sont survenus dans les établissements régionaux, des femmes classées au niveau de sécurité maximale ont été transférées à des installations fermées et séparées à l'établissement de Springhill, à la Prison des femmes à Kingston et au Pénitencier de Saskatchewan. En outre, certaines femmes au niveau de sécurité moyenne ont été transférées à ces établissements à sécurité maximale, parce qu'elles étaient incapables de fonctionner dans les maisons au sein des établissements régionaux à cause des besoins spéciaux auxquels elles font face, et plus particulièrement lorsqu'elles requièrent des services de santé mentale plus intensifs.

Dans des rapports récents portant sur les femmes purgeant une peine fédérale (Laishes, 1997; Rivera, 1996; Whitehall, 1995), on souligne sans cesse l'importance de créer des programmes spéciaux et des options résidentielles dans les établissements régionaux pour les femmes qui ont des besoins spéciaux dans le domaine de la santé mentale afin qu'elles puissent mener une existence utile dans l'environnement le moins restrictif possible. Dans le secteur des services correctionnels, il y a une exigence en vertu de la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition selon laquelle les femmes doivent être incarcérées dans l'environnement le moins restrictif possible. De plus, la vision décrite dans La création de choix est de créer des installations résidentielles qui sont conformes aux « normes de la communauté ». En réalité, la création d'un seul type d'installation résidentielle pour tous les membres de la société (quel que soit son mérite) n'est pas conforme à la situation dans la communauté, où tout un éventail d'options résidentielles existent pour les personnes ayant des besoins spéciaux. Par exemple, les femmes qui souffrent de graves problèmes de santé mentale peuvent déménager entre différentes installations, selon leur état de santé et leur besoin de structure, qu'il s'agisse d'un appartement surveillé, d'une petite maison à options ou d'une situation où elles vivent en autonomie et ont recours à des services de consultation externe. Pour les personnes dans la communauté qui souffrent de problèmes cognitifs ou au comportement difficile, la tendance a été de créer de petits foyers à options, justement parce que ces personnes ont eu de la difficulté à gérer leurs relations interpersonnelles dans des situations de vie en communauté.

Le but de la présente étude se présente comme suit :

    ...examiner les besoins des femmes qui requièrent des options résidentielles et des programmes spéciaux et formuler des recommandations et des propositions de programmes précises pour faciliter leur hébergement en toute sécurité dans les établissements correctionnels à niveau de sécurité moyenne ou minimale.

La recherche s'est limitée aux régions de l'Atlantique et de l'Ontario, car il a été constaté dès le début de l'étude que c'est dans ces deux régions que l'on trouve le plus grand nombre de femmes ayant des besoins spéciaux qui pourraient être hébergées dans des établissements régionaux, si des programmes spéciaux y étaient instaurés. Les modèles de programmes recommandés pourraient être adoptés dans d'autres établissements régionaux.

Dans le cadre de la recherche, on a mené un vaste nombre d'entrevues avec des employées à différents niveaux organisationnels à l'établissement Nova, à l'Unité des femmes à l'établissement de Springhill, à l'établissement Grand Valley et à la Prison des femmes à Kingston. On a mené des entrevues, de façon officieuse, avec des femmes ayant des besoins spéciaux à l'établissement de Nova, à l'établissement de Springhill et à la Prison des femmes et, aux quatre établissements, on a examiné des dossiers et des rapports d'incident (voir l'Annexe A, où l'on trouve une liste des personnes ainsi interrogées). À l'établissement Nova, on s'est réuni avec le Comité des détenues et le Conseil consultatif régional de la région de l'Atlantique. L'auteur a rencontré le Comité des détenues et des représentants de la Société Elizabeth Fry et du Conseil consultatif de citoyens à l'établissement Grand Valley. L'auteur, qui est un psychologue qui exerce sa profession dans la communauté et qui a de l'expérience particulière en ce qui concerne l'intervention auprès de personnes souffrant de graves problèmes mentaux et de déficiences cognitives dans des contextes institutionnels et en ce qui concerne l'élaboration et de l'évaluation des programmes, s'est penché sur des ouvrages de recherche et sur des rapports pertinents des services correctionnels pour approfondir ses connaissances à ce sujet. L'auteur possède aussi de l'expérience dans le domaine des services correctionnels communautaires. Lors d'un grand nombre des entretiens qu'il a eus avec le personnel et les détenues dans la région de l'Atlantique, l'auteur était accompagné de Donna Pineo, une infirmière ayant une vaste expérience de la gestion des programmes de réadaptation psychosociale destinés aux personnes qui ont de graves problèmes de santé mentale et de fonctionnement dans la société, tels qu'assurés dans les établissements et dans la communauté. Mme Pineo a agi comme conseillère dans le cadre de l'élaboration du présent rapport.

De façon générale, dans le cadre de son étude limitée, dont la durée était de dix semaines et qu'il a effectuée à temps partiel, l'auteur a essayé d'obtenir le plus grand nombre de perspectives possibles et d'en tenir compte au moment de la rédaction du présent rapport et des propositions de programmes. Bien que les gens aient différentes façons d'aborder les problèmes et mettent souvent l'accent sur différents éléments, ce qui était le plus frappant était le vaste consensus qu'il y avait parmi les répondants quant aux problèmes auxquels il faut s'attaquer et quant aux approches qui semblent les plus prometteuses. Le rapport est divisé en cinq sections : 1) revue des expériences liées aux programmes mis sur pied pour les femmes ayant des besoins spéciaux dans les régions de l'Atlantique et de l'Ontario depuis l'ouverture des établissements régionaux, 2) définition des constellations de besoins des différents groupes parmi ces femmes, 3) définition des principes sur lesquels devraient reposer les options en matière de programmation et les procédures de prestation des programmes, 4) proposition de programme de réadaptation psychosociale pour les femmes qui ont des besoins au chapitre des compétences de base et des capacités cognitives et 5) proposition de programme de thérapie comportementale dialectique pour les femmes souffrant de détresse affective et de graves problèmes comportementaux.