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Programmes pour les délinquantes

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Mise en œuvre de choix aux établissements régionaux : Propositions de programmes pour les délinquantes ayant des besoins spéciaux

III. Principes et procédures des programmes spécialisés proposés dans le domaine de la santé mentale

Dans les sections qui suivent, on propose deux modèles de programmes distincts pour les établissements régionaux qui correspondent à la distinction établie entre les femmes qui essentiellement font face à des défis sur le plan cognitif et qui ont des besoins liés aux compétences de base et les femmes qui essentiellement souffrent de détresse affective. Dans les deux cas, il s'agit de programmes de santé mentale et il faut par conséquent qu'ils soient structurés et dispensés en conformité avec la Stratégie en matière de santé mentale des délinquantes (Laishes, 1997). Les principes clés de cette stratégie sont décrits ci-dessous par rapport à ces programmes. Le lecteur est prié de se reporter aux pages 7 à 9 de la Stratégie en matière de santé mentale où il trouvera la description originale des principes dans le contexte plus large dans lequel ils sont censés s'appliquer.

1. Bien-être

    · Les programmes doivent être des programmes holistiques qui « tiennent compte du corps, de l'esprit, de l'âme et des émotions, ainsi que de la corrélation entre ces derniers dans un contexte familial et communautaire » (p. 7).

    · Il faut éviter les stéréotypes et ne pas s'en servir comme critères d'admission à ces programmes, dans la mesure où ils obscurcissent les besoins uniques de chaque individu. Les programmes doivent également renfermer des mesures pour réduire la stigmatisation venant des autres délinquantes et la création de stéréotypes par elles.

    · Dans le cadre des programmes, il faut mettre l'accent sur l'enseignement et le renforcement des aptitudes nécessaires à la vie autonome dans la communauté, plutôt que sur la simple adaptation au milieu carcéral.

    · Les programmes doivent être multidisciplinaires et faire appel à des professionnels du domaine de la santé mentale ainsi qu'à d'autres importantes ressources, y compris à des fournisseurs de services autochtones, des ressources communautaires et des familles, etc.

2. Accès

    · Les programmes doivent, d'une part, permettre de repérer les problèmes et les besoins tôt et d'intervenir rapidement en réponse à ceux-ci et, d'autre part, respecter les normes adoptées dans la communauté.

3. Adaptation aux besoins des femmes

    · Les programmes « doivent être axés sur les femmes et adaptés à leurs besoins particuliers de sorte que :

    - seuls les employés préoccupés par la situation des femmes et leurs problèmes assurent ces services;

    - les programmes et les services sont élaborés pour répondre aux besoins particuliers des délinquantes, et favorisent l'autonomie personnelle, les rapports avec les autres et les relations constructives basées sur le respect mutuel (p. 8).

4. Participation des clients

    · « Les délinquantes doivent participer activement à leur évaluation et à leur traitement de sorte que, dans la mesure du possible, elles jouent un rôle actif dans la planification de leur traitement et dans les décisions qui les concernent » (p. 9). Les personnes qui participent à ces programmes doivent le faire de plein gré, après avoir formulé leurs attentes à cet égard. Il faut reconnaître qu'il se peut qu'il soit nécessaire pour certaines femmes de participer à l'un de ces programmes pour pouvoir habiter dans un établissement régional.

5. Mesures les moins restrictives

    · Ces programmes doivent être offerts aux établissements régionaux de sorte que « le traitement [soit] administré selon la méthode d'intervention la moins restrictive/intensive possible [sans que cela ne pose de danger pour le public]» (p. 9), afin que les femmes assument la plus grande responsabilité possible pour leur vie au quotidien et qu'elles vivent dans un milieu d'habitation normalisé conforme aux normes qui s'appliquent dans la communauté.

La Stratégie en matière de santé mentale renferme un certain nombre d'autres éléments/principes essentiels sur lesquels doit reposer la prestation des services de santé mentale et qui sont pertinents dans le cadre des propositions dont il est question dans le présent document (voir les pages 9 à 15 de la Stratégie en matière de santé mentale pour les délinquantes, Laishes, 1997). Compte tenu de la nature des besoins de ces femmes, il est important d'accorder une grande priorité à plusieurs de ces éléments qui, par conséquent, sont considérés comme des principes clés additionnels à adopter dans le cadre des programmes proposés.

6. Structure et milieu

    · « Une structure et un milieu stables sont des facteurs déterminants dans la réussite des programmes » (p. 9). Cela est particulièrement important dans le cas des femmes qui ont des besoins plus prononcés. Un élément clé des efforts visant à maintenir une structure stable consiste à créer un ensemble de relations stables qui permettent à la femme individuelle de faire confiance aux autres et à elle-même. Les relations stables et fondées sur la confiance représentent un aspect essentiel des deux propositions de programmes.

7. Intégration/communication des renseignements

    · « La direction doit veiller à ce que le modèle de mise en _uvre des programmes de santé mentale intègre toutes les activités pertinentes, prévues dans le continuum de soins » (p. 11). Même si, dans la partie II du présent rapport, on différencie différentes constellations de besoins parmi les femmes ayant des besoins spéciaux, il est essentiel que l'on accorde la priorité aux besoins et circonstances uniques de chaque femme. Inévitablement, certaines décisions importantes et difficiles devront être prises pour décider de la meilleure façon de desservir chacune de ces délinquantes. Par conséquent, il est proposé que l'on crée une seule procédure multidisciplinaire d'évaluation et de décision pour l'ensemble des femmes renvoyées à ces programmes spéciaux au sein d'un établissement. La décision quant au type de programme auquel elle participera doit appartenir à la femme et à l'équipe multidisciplinaire, afin d'éviter qu'il y ait des conflits entre les programmes pour ce qui est de l'admissibilité des candidates ou que de la pression soit exercée au niveau opérationnel sur une personne en particulier, qui pourrait alors contourner le processus décisionnel multidisciplinaire.

8. Transition

    · « Il est essentiel de dispenser des services de transition aux délinquantes qui passent d'un établissement à un autre ainsi que d'un établissement à la société en général, pour réduire le risque de récidive et assurer une certaine continuité des services qu'elles reçoivent » (p. 10). La transition est un concept particulièrement important lorsqu'on s'occupe des femmes ayant des besoins spéciaux et mérite qu'on s'y attarde étant donné que ces femmes ont beaucoup de difficulté à faire la transition d'un environnement à un autre, en raison de l'importance que revêtent pour elles des relations stables fondées sur la confiance.

9. Formation/sensibilisation du personnel

    · « La formation et la sensibilisation continues du personnel en ce qui a trait aux problèmes de santé mentale qu'éprouvent les délinquantes sont essentielles pour l'établissement d'un climat de compréhension, d'acceptation et de tolérance à l'égard de ces femmes, et pour le renforcement de la confiance et des compétences des employés. Toutefois, on ne devrait recruter que des employés manifestant un intérêt marqué pour travailler auprès de femmes ayant des besoins en santé mentale » (p. 12). Ces programmes spéciaux nécessitent l'adoption d'approches distinctes et exigent qu'une haute priorité soit accordée a) au recrutement d'employées qui manifestent un intérêt marqué pour l'intervention auprès de femmes ayant des constellations de besoins précis, 2) à la formation et au soutien continus du personnel pour qu'il applique des approches propres aux programmes et 3) au soutien à accorder au personnel, à cause des importantes exigences auxquelles il devra faire face dans l'intervention auprès de ces femmes.