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Programmes pour les délinquantes

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l'Établissement Nova pour femmes

Prison saine — Résumé

Introduction
 
  PS1 Tous les rapports d'inspection comprennent un résumé des conditions et du traitement des détenues en fonction des quatre critères d'une prison saine qui ont été présentés pour la première fois dans le présent examen thématique du Bureau d'inspection intitulé Suicide is everyone's concern , publié en 1999.
Les critères sont les suivants :

Sécurité Les détenues, même les plus vulnérables, sont logées en toute sécurité.
Respect Les détenues sont traitées avec respect et dignité humaine.
Activités bénéfiques Les détenues peuvent participer à des activités qui sont   susceptibles de les aider, et on s'attend à ce qu'elles y participent.

Réinsertion sociale On prépare les détenues à la réinsertion sociale et on les aide à réduire les risques de récidive.
  PS2 D'un bout à l'autre du rapport, on compare les résultats issus du questionnaire d'enquête rempli par les femmes à l'Établissement Nova pour femmes avec les réponses regroupées provenant des questionnaires remplis par les prisonnières dans douze établissements pour femmes en Angleterre depuis avril 2003, que nous appelons comparateur. On y fait également référence aux résultats obtenus à l'Établissement Grand Valley pour femmes en Ontario, que nous avons également inspecté. Les résultats complets de l'enquête se trouvent à l'Annexe 3.

  Sécurité
 
 
 
PS3 À Nova, le logement en milieu de vie ouvert a créé une ambiance profitable qui permet aux femmes d'effectuer certains choix dans leur vie. Il semble que cela ait contribué à la réduction des incidents d'automutilation. Les procédures d'admission étaient inadéquates. Notre enquête a permis de cerner des sentiments de manque de sécurité et de victimisation, et il n'y avait pas d'aide structurée pour les femmes avant qu'elles ne soient transférées dans les unités résidentielles sans personnel. Les conditions à l'unité d'isolement étaient très contraignantes. À l'unité de garde en milieu fermé, le contrôle était excessif et contrastait violemment avec les conditions détendues et agréables dans le reste de l'établissement.


  PS4 Même si elles ne relevaient pas de la compétence du Service correctionnel du Canada  (SCC), les femmes arrivaient à Nova après avoir parcouru un long trajet et munies d'entraves, peu importe le risque qu'elles présentaient pour la sécurité. On a proposé à certaines femmes d'aller aux toilettes dans des endroits publics inappropriés.

  PS5 Les nouvelles détenues recevaient un bon accueil initial de la part de l'agente de renseignements de sécurité. Même si les femmes étaient généralement satisfaites de leur traitement à l'arrivée, la procédure d'admission était très précipitée, et on ne disposait pas de suffisamment de temps pour rassurer les nouvelles détenues ou aborder les inquiétudes ou préoccupations particulières.

  PS6 Il n'y avait pas de procédures courantes concernant la première nuit en détention, et on fournissait trop peu d'information sur ce qui se devait se passer dans les 24 premières heures. On comptait énormément sur les autres femmes, mais il n'y avait aucune mesure afférente officielle concernant l'entraide des détenues. Dans notre enquête, seulement 63 % des répondantes ont déclaré avoir eu quelque chose à manger le jour de leur arrivée, ce qui était bien pire que le pourcentage cumulatif de 90 % dans les prisons pour femmes en Angleterre. Toutes les nouvelles détenues avaient droit à un premier appel téléphonique gratuit de dix minutes. Les intervenant(e)s de première ligne assuraient l'orientation par le truchement de modules. On fournissait ainsi des renseignements utiles qui contribuaient à rassurer les nouvelles détenues, mais cela se faisait parfois trop tard, et le personnel n'avait pas toujours vérifié comment les femmes s'en tiraient au cours de leurs premiers jours en détention.

  PS7 Dans presque tous les domaines de notre enquête, les répondantes ont indiqué qu'elles se sentaient beaucoup moins en sécurité que les femmes dans les prisons en Angleterre et au pays de Galles. Les femmes ont mentionné que la réponse aux appels d'urgence se faisait parfois attendre. Quarante-neuf pour cent ont déclaré avoir été victimisées par une autre détenue, contre un comparateur anglais de 24 %. Il n'y a pas eu d'enquête interne quant à l'ampleur et à la nature de l'intimidation, ou « usage de la force » comme on l'appelle au SCC, et il n'y avait aucune surveillance continue centralisée et claire de l'étendue du problème. La plupart des femmes ont dit qu'elles se sentaient généralement à l'abri, mais qu'elles étaient préoccupées par le sort de quelques femmes plus vulnérables. Les politiques en matière de harcèlement avaient trait principalement aux questions touchant l'emploi du personnel, et il n'y avait aucun processus évident destiné à aider le personnel à prendre des mesures à l'égard des soupçons d'usage de la force. Il y avait peu de soutien structuré pour les victimes ou de programmes pour venir à bout des intimidatrices.

  PS8 Il y avait très peu d'incidents d'automutilation, ce qui était sans doute favorisé par le milieu ouvert et non restrictif. On cernait bien les préoccupations à l'égard des femmes pouvant être exposées à un tel risque, particulièrement à l'unité en milieu de vie structuré (MVS), et les psychologues participaient bien en évaluant les femmes et en leur offrant un soutien. Des femmes qui présentaient un risque d'automutilation étaient placées à l'unité d'isolement, dans une cellule équipée d'une caméra. Rien n'attestait clairement la fréquence de cette procédure; il était donc impossible d'en apprécier la pertinence, mais elle était courante pour les nouvelles détenues considérées comme présentant un risque si elles ne signaient pas une renonciation. La formation de mise à jour en prévention du suicide s'imposait.

  PS9 Dans la majeure partie de la prison, la sécurité physique était minimale, l'accent étant mis sur la sécurité active. On recevait un volume important de renseignements de sécurité; ces renseignements étaient bien gérés et consignés dans chaque cas, mais il n'y avait aucune surveillance continue des tendances. Faute de personnel dans les unités résidentielles, il y avait relativement peu d'interaction avec les femmes, et on se fiait à la bonne connaissance qu'avait le personnel de chaque femme plutôt qu'à l'activité sociale et communautaire.

  PS10 Entre avril et août 2005, 24 femmes avaient été placées à l'unité d'isolement, pour un total de 57 au cours de l'exercice précédent. La durée moyenne du placement en isolement était de huit jours dans le cas de l'isolement non sollicité et de deux jours pour l'isolement sollicité. L'isolement était dûment autorisé et surveillé. Les femmes participaient aux examens, mais peu d'objectifs spécifiques étaient déterminés. Les installations et activités à l'unité d'isolement étaient limitées de sorte que les femmes n'avaient guère l'occasion de montrer des changements. Il y avait peu d'interaction positive avec le personnel, et les repas étaient servis par l'ouverture de la porte.

  PS11 Les conditions restrictives de l'unité de garde en milieu fermé contrastaient considérablement avec la culture et le milieu ouvert du reste de l'établissement et semblaient être mal assorties aux principes du rapport intitulé La Création de choix . Conformément à l'instrument de classement du SCC, on réévaluait la cote de sécurité de certaines femmes à la suite d'un mauvais comportement en établissement plutôt qu'en fonction du risque d'évasion ou du risque pour la sécurité du public. Même si, durant le jour, les femmes à l'unité de garde en milieu fermé passaient la majeure partie de leur temps à l'extérieur de leur cellule, seules des activités limitées étaient proposées, d'où un sentiment de répression. La plupart des femmes ne savaient pas trop combien de temps elles seraient susceptibles de demeurer à cet endroit ou de quelle manière on prenait les décisions à leur sujet.

  PS12 Les audiences disciplinaires se déroulaient généralement dans une atmosphère détendue, mais précipitée, et les femmes n'avaient guère la possibilité de fournir une explication pour leur défense ou pour atténuer les dommages. Toutefois, les sanctions n'étaient pas lourdes. Il n'y avait aucune surveillance continue régulière de la qualité ou de l'uniformité du traitement. Les enregistrements audio étaient de piètre qualité sur le plan technique, et la tenue des audiences comportait certaines lacunes en matière de procédure.

  PS13 On avait peu recours à la force, qu'il ait été planifié ou imprévu. On faisait bon usage de l'enregistrement sur bande vidéo des situations où il y avait eu recours à la force pour protéger le personnel et les femmes. Le recours à la force planifié était bien organisé, expliqué et exécuté. L'utilisation d'entraves à l'intérieur de l'établissement était inappropriée, et il était difficile d'imaginer dans quelle situation leur utilisation serait justifiée.

  PS14 L'établissement administrait des tests de dépistage des drogues par la prise d'échantillons d'urine à 5 % de la population; 10 % ont obtenu des résultats positifs depuis le début de l'année. Les mesures de sécurité visant à réduire l'approvisionnement étaient satisfaisantes. L'entretien à la méthadone n'était pas disponible jusqu'à ce qu'on ait accepté un placement dans la collectivité après la mise en liberté.

  Respect
 
 
 
PS15 Les rapports entre le personnel et les détenues étaient généralement positifs et respectueux, mais il y avait peu d'interaction non officielle et de possibilités d'illustrer des modèles de comportement positifs dans les unités résidentielles. Le milieu physique et les conditions de vie de la plupart des femmes étaient de haute qualité. On était généralement satisfait de la qualité de la nourriture. La gestion des plaintes requérait une certaine attention. On répondait, en grande partie, aux besoins spirituels, mais les femmes autochtones croyaient qu'elles ne jouissaient pas d ' un accès équitable aux installations réservées à la spiritualité. À l'établissement, l'expérience des femmes appartenant à une minorité ethnique faisait l'objet de peu de surveillance continue. Les infirmières offraient généralement un service décent, mais il y avait absence d ' orientation sur le plan clinique, et l 'amélioration des pratiques en matière de prescription s 'imposait . Certaines femmes attendaient trop longtemps pour voir le médecin.


  PS16 Les femmes avaient habituellement une opinion favorable à l'égard du traitement que leur réservaient les membres du personnel et de l'aide qu'ils leur offraient. Les interactions avec les intervenant(e)s de première ligne (agent(e)s de correction) étaient détendues, mais souvent réactionnelles. Dans notre enquête, 73 % ont déclaré qu'elles étaient traitées avec respect — proportion similaire au comparateur anglais.

  PS17 Près de la moitié des répondantes à l'enquête ont mentionné avoir rencontré leur intervenant(e) de première ligne au cours de leur première semaine — soit environ le double du comparateur anglais de 25 % —,  et 63 % ont dit que leur intervenant(e) de première ligne avait été utile ou très utile, ce qui est, encore une fois, supérieur aux chiffres des enquêtes anglaises. Les intervenant(e)s de première ligne rédigeaient des inscriptions structurées de bonne qualité aux Registres des interventions sur chaque femme, tous les 30 jours. Il n'y avait pas de présence systématique du personnel aux unités résidentielles de sorte qu'il y avait relativement peu d'interaction non officielle et de possibilités d'illustrer des modèles de comportement positifs. Depuis peu, les agent(e)s de correction portaient l'uniforme, et on ne pouvait préciser l'incidence que cela aurait sur les relations.

  PS18 La plupart des femmes avaient des conditions de vie satisfaisantes dans les unités résidentielles qui équivalaient aux normes dans la collectivité. Nous n'avons constaté aucun des problèmes habituels en établissement (accès aux douches, produits de nettoyage et buanderie), même si les chambres pour les nouvelles détenues n'étaient pas toujours bien préparées et que les matelas n'étaient pas tous en bon état. Il était difficile d'effectuer un appel téléphonique en privé. Les nouvelles détenues n'ont pas toutes obtenu des vêtements à leur taille.

  PS19 Toutes les femmes, sauf celles à l'unité de garde en milieu fermé et à l'unité d'isolement, cuisinaient pour elles-mêmes. Dans notre enquête, 67 % des femmes, contre un comparateur de 34 % dans les prisons pour femmes en Angleterre, ont déclaré que la qualité de la nourriture était bonne ou très bonne. Les aliments offerts répondaient aux lignes directrices du Guide alimentaire canadien. Des nouvelles détenues n'ont pas obtenu un repas à leur première journée. Dans certaines unités résidentielles, la nourriture était source de querelles. Ces derniers temps, il y avait eu peu de formation pour que les femmes puissent cuisiner pour elles-mêmes.

  PS20 La cantine (magasin de la prison) fonctionnait bien. Dans notre enquête, 84 % des répondantes ont dit avoir eu accès à la cantine dans les 24 heures de leur arrivée, comparativement à 17 % dans les enquêtes effectuées en Angleterre.

  PS21 Les femmes pouvaient aisément obtenir les formulaires de demande et de plainte, et la plupart avaient accès en toute confidentialité à la directrice de l'établissement. Toutefois, près d'un tiers des répondantes à l'enquête ont confié qu'on les avait amenées à retirer une plainte ou incitées à le faire. Cela semblait lié au règlement informel, mais un examen plus poussé s'impose. Même si on respectait généralement les délais prévus par le SCC, les réponses aux plaintes mettaient trop de temps à arriver. Les données sur les plaintes individuelles abondaient, mais il n'y avait pas d'analyse locale concernant l'information de gestion et l'assurance de la qualité, et on misait trop sur la surveillance continue à l'échelle régionale et nationale.

  PS22 Un ministre chrétien (équivalent temps plein) répondait aux besoins spirituels, avec une participation bénévole active et un Aîné autochtone. Même si les installations de spiritualité étaient suffisantes pour la plupart des services, on s'y trouvait à l'étroit, car elles avaient été construites pour une population beaucoup plus petite. Les femmes autochtones n'avaient pas l'impression de jouir d'un accès satisfaisant à la salle de spiritualité.

  PS23 Il y avait 11 femmes autochtones et cinq femmes noires; les autres étaient de race blanche. Ces chiffres ne sont pas très élevés, mais il n'y avait pas de surveillance continue de l'accès aux installations ou aux services en fonction de l'identité raciale ou culturelle, sauf l'accès aux programmes par les Autochtones. Les plaintes de discrimination raciale n'étaient pas indiquées et surveillées séparément, et on nous a dit qu'il n'y en avait eu aucune au cours du présent exercice. On avait créé une sororité autochtone, secondée par un agent de liaison. C'était là une initiative intéressante pour répondre aux besoins de ce groupe en plein essor.

  PS24 Les soins de santé primaires étaient assurés principalement par des infirmières qualifiées, mais il n'y avait aucune personne désignée pour diriger les soins de santé. Le médecin offrait un service limité. Les services de santé mentale étaient dirigés par des psychologues et reliés aux soins de santé seulement si un psychiatre avait vu la patiente. L'espace réservé aux soins de santé était très restreint, car il avait été conçu pour une population beaucoup plus petite. La majeure partie des soins de santé était dispensée dans la collectivité; il y avait cependant des restrictions quant au nombre d'escortes possible, et certaines femmes devaient attendre un certain temps, particulièrement pour les rendez-vous en physiothérapie.

  Activités bénéfiques
 
 
 
PS25 Les femmes pouvaient circuler librement dans l'établissement, sauf celles classées à sécurité maximale. Environ la moitié suivait des cours. La plupart étaient occupées à temps plein, y compris dans le cadre de programmes correctionnels, mais il y avait place à amélioration quant à la qualité du travail offert. Quelques femmes avaient bénéficié de possibilités d'acquérir des compétences intéressantes pour faciliter l'obtention d'un emploi dans les domaines comme l'horticulture, la signalisation des lieux de travail, le contrôle de la circulation et le dressage de chiens, mais ces possibilités étaient trop rares.


  PS26 À l'exception du petit nombre de femmes hébergées à l'unité de garde en milieu fermé, aucune femme n'était confinée en tout temps, et elles avaient libre accès aux terrains durant la journée. Celles à l'unité de garde en milieu fermé pouvaient passer la majeure partie de la journée à l'extérieur de leur cellule. Il y avait des périodes régulières de temps libre chaque jour, pour tout le monde. Bon nombre des femmes employaient bien ce temps en participant à une activité structurée, souvent dirigée par des bénévoles. L'accès aux activités de loisirs pour les femmes logées à l'unité de garde en milieu fermé était trop restreint. Les possibilités d'interaction avec le personnel durant le temps libre étaient limitées.

  PS27 Les services d'éducation étaient offerts en vertu d'un contrat : 2,5 enseignants répondaient à divers besoins. La planification de l'éducation se faisait à l'entrevue initiale, et les liens étaient appropriés avec l'apprentissage antérieur. Bon nombre de femmes étaient tenues de suivre des cours en raison de lacunes antérieures sur le plan de l'éducation, et environ la moitié participait aux services d'éducation. Toutefois, peu de femmes demeuraient suffisamment longtemps à Nova pour terminer la formation de base des adultes, et on n'avait pas encore prévu de procédure destinée à les aider à le faire dans la collectivité. On était en train d'instaurer l'élaboration du portfolio.

  PS28 Avec 39 emplois à temps partiel et des projets supplémentaires à l'occasion, il y avait tout juste suffisamment de travail pour la population actuelle. Toutefois, la plupart des emplois étaient au service de nettoyage et d'entretien général. L'approche était souple face à la gestion du travail : elle permettait aux femmes de participer aux cours et aux programmes. Les emplois étaient annoncés et ouverts à toutes, et il y avait des liens valables avec le plan correctionnel pour la reconnaissance des compétences acquises au travail. On proposait une gamme raisonnable de qualifications professionnelles en horticulture, en dressage de chiens, en signalisation des lieux de travail et en contrôle de la circulation, mais il fallait prévoir plus de possibilités permettant d'acquérir des compétences monnayables. Il n'y avait pas d'analyse des besoins destinée à vérifier si le travail offert était pertinent pour la population, mais les compétences professionnelles proposées étaient axées sur le marché du travail. Dans notre enquête, 62 % des répondantes ont mentionné que les compétences qu'elles avaient acquises dans le cadre de leur emploi les aideraient à la mise en liberté.

  PS29 La bibliothèque était dotée d'une détenue. Dans notre enquête, un peu moins de la moitié des répondantes ont mentionné l'avoir utilisée au moins une fois par semaine. On y trouvait une gamme intéressante de traités juridiques et de documents sur les droits de la personne; on avait également accès aux directives du commissaire. On répondait aux besoins des spécialistes et on avait aisément accès aux ordinateurs à la bibliothèque.

  PS30 Dans notre enquête, 54 % des femmes ont déclaré fréquenter le gymnase au moins deux fois par semaine, ce qui est beaucoup plus que le comparateur anglais de 25 %. On y trouvait une salle de sport et de l'équipement pour l'entraînement cardio-vasculaire, mais aucune orientation n'était offerte, et les femmes devaient compter sur les autres pour être initiées au fonctionnement de l'équipement. Il y avait peu de jeux d'équipe organisés et aucun lien réel entre le gymnase et la promotion de la santé.
 

  Réinsertion sociale
 
 
 
PS31 La planification en vue de la réinsertion sociale se fondait sur une stratégie provinciale, mais les éléments n'étaient pas tous pleinement intégrés à l'échelle locale. La planification correctionnelle exhaustive débouchait sur la participation appropriée aux programmes correctionnels de qualité supérieure, lesquels étaient convenablement classés par ordre de priorité. Il fallait veiller à ce que les programmes soient appropriés pour les femmes autochtones. Le programme de traitement de la toxicomanie axé sur les femmes était intéressant; il correspondait aux besoins de bon nombre de détenues. Le programme Survivantes de traumatismes et d'actes de violence offrait un soutien valable, et une proportion élevée de femmes y participaient. Pratiquement toutes les femmes qui quittaient l'établissement avaient un logement. Très peu de membres de la famille et d'amis rendaient visite, et on ne faisait pas grand-chose pour favoriser et promouvoir de meilleurs liens.


  PS32 La planification en vue de la réinsertion sociale se fondait sur la stratégie du district de la Nouvelle-Écosse pour les libérées conditionnelles. Toutefois, aucun mécanisme n'était prévu pour suivre de près ou rassembler les divers comités locaux qui dispensaient les services en matière de réinsertion sociale. À l'échelle locale, il n'y avait pas de surveillance du rendement ni d'analyse des données visant à améliorer la pratique et à garantir la préparation opportune des rapports en vue de la libération conditionnelle. Un large éventail de partenariats communautaires locaux offraient des programmes en matière de réinsertion sociale, notamment le logement. Aucune femme ne quittait sans avoir obtenu un logement, mais pour ce qui est de l'aide à l'emploi, de l'aide sociale et de l'éducation, la tâche revenait à l'agent de libération conditionnelle et aux ressources communautaires à l'échelle locale. Peu de permissions de sortir avec escorte avaient trait au maintien des rapports familiaux ou à un emploi.

  PS33 Il était difficile d'obtenir des données sur les mesures afférentes à la libération conditionnelle et à la mise en liberté. Vingt-neuf femmes avaient dépassé la date de leur libération conditionnelle totale, mais il n'y avait pas de ventilation ni d'analyse claire, et il était possible que les horaires de certains programmes aient entraîné des retards. Dans notre enquête, 70 % des répondantes ont mentionné qu'elles avaient fait quelque chose ou que quelque chose leur était arrivé durant le temps qu'elles étaient à Nova qui réduirait leur risque de récidive à la mise en liberté, ce qui était beaucoup mieux que le comparateur anglais de 43 %.

  PS34 Le système de planification correctionnelle était exhaustif, avec l'apport de l'agent de libération conditionnelle dans la collectivité et des personnes clés. L'affectation aux programmes débutait dès que les femmes arrivaient afin qu'elles puissent les mener à terme avant leur date de mise en liberté la plus rapprochée. Les femmes qui étaient réincarcérées après la révocation de leur libération conditionnelle reprenaient leur plan correctionnel existant, mais mis à jour. Les listes d'attente pour les programmes étaient surveillées de façon continue à l'échelle nationale. Dans notre enquête, 53 % des répondantes, contre un comparateur de 26 %, ont mentionné qu'elles participaient un peu ou beaucoup à l'élaboration de leur plan correctionnel.

  PS35 Les besoins des femmes à l'égard du comportement délinquant faisaient l'objet d'une évaluation initiale approfondie. On examinait la pertinence de certains des instruments pour les femmes et les femmes autochtones. Les programmes étaient classés par ordre de priorité pour répondre aux besoins de la population. Dans notre enquête, 67 % des répondantes estimaient que leurs programmes correctionnels les aideraient à la mise en liberté. Dans le MVS, le travail effectué dans le cadre des programmes était imposant, notamment la sensibilisation et le maintien des acquis pour la population générale, avec une approche multidisciplinaire que l'on ne retrouvait pas ailleurs à l'établissement. Le programme Survivantes de traumatismes et d'actes de violence offrait un soutien à 33 femmes.

  PS36 La cote de sécurité était déterminée conformément à l'instrument de classement du SCC, lequel, comme on l'a souligné, accordait trop d'importance au comportement des femmes à l'établissement ainsi qu'au risque qu'elles présentaient pour la sécurité. On avait récemment instauré une nouvelle Échelle de réévaluation du niveau de sécurité pour les femmes (ERNSD), mais il était trop tôt pour en déterminer l'effet. À Nova, il n'y avait guère de différence entre le niveau de sécurité moyenne et le niveau de sécurité minimale, et les femmes avaient peu de possibilités de connaître des conditions de libre autonomie.

  PS37 À Nova, seulement six femmes purgeaient une peine d'emprisonnement à perpétuité. Leurs besoins spéciaux étaient peu reconnus, même si les cas que nous avons échantillonnés révélaient une planification correctionnelle consciencieuse. Certaines passeraient des années à Nova, mais il manquait d'emplois valables pour les aider à acquérir et à perfectionner des compétences durant cette période. Une intervenante du programme Option-Vie effectuait des visites une fois par mois pour offrir un soutien aux condamnées à perpétuité. Il s'agissait d'une initiative intéressante, mais l'établissement n'était guère concerné. Jusqu'à tout récemment, les condamnées à perpétuité étaient maintenues au niveau de sécurité maximale pendant les deux premières années de leur peine, sauf si on reconnaissait à l'échelle nationale que des circonstances exceptionnelles s'appliquaient. D'après les chiffres fournis par le SCC, il semblerait que, dans certains cas, cela s'était produit dans la période de deux ans. Le pouvoir avait simplement été délégué aux directeurs d'établissement.

  PS38 On ne lésinait pas sur le droit aux visites. Les heures de visite étaient appropriées, l'approche était souple afin d'accommoder les visiteurs, et l'aire des visites était agréable. Jusqu'à présent, il n'y avait pas eu de visites avec séparation en 2005. Malheureusement, peu de femmes recevaient des visites. Celles pouvant en recevoir étaient frustrées par les retards à obtenir les autorisations de sécurité. Aucune aide financière n'était prévue pour les familles qui ne pouvaient pas effectuer de visite en raison des coûts afférents; il n'y avait pas non plus de soutien familial particulier pour favoriser et faciliter les rapports familiaux. Les plans correctionnels ne reconnaissaient pas entièrement le besoin de maintenir des liens familiaux. Le Programme de visites familiales privées était excellent, mais l'installation prévue à cette fin était, là encore, sous-utilisée. Nous étions heureux de constater que les journées de la famille étaient organisées deux fois par année.

  PS39 Compte tenu des rares visites, la communication par courrier et par téléphone était importante. Dans notre enquête, 53 % des répondantes ont déclaré qu'il y avait des problèmes avec le courrier, ce qui était bien pire que le comparateur anglais de 33 %. Le traitement du courrier dépendait trop d'une seule personne. Une restriction générale sur les appels à des numéros de téléphone mobile empêchait certaines femmes de communiquer avec leur famille et leurs amis et, dans certains cas, on mettait des semaines à vérifier les NIP (numéros d'identification personnelle).

  PS40 Le programme de traitement de la toxicomanie axé sur les femmes était intéressant : il répondait aux besoins de nombreuses femmes à Nova. Dans notre enquête, 69 % pensaient que le programme de traitement de la toxicomanie les aiderait à la mise en liberté, comparativement à 31 % dans les enquêtes effectuées en Angleterre. Il y avait un programme à participation volontaire de prévention des rechutes offert en soirée, qui attirait une forte participation et qui avait une bonne cote auprès des femmes.