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Programmes pour les délinquantes

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l'Établissement Nova pour femmes

Section 4 : Soins de santé

Résultats escomptés
Les détenues doivent être prises en charge par les Services de santé qui évaluent leurs besoins en matière de santé et qui y donnent suite durant leur incarcération en plus de promouvoir la continuité des soins de santé et des soins sociaux à la mise en liberté. La norme des soins de santé fournis est équivalente aux soins que les détenues s'attendraient à recevoir dans la collectivité.

 
4.1 Dans notre enquête, les femmes avaient une opinion plus positive de la qualité générale des soins de santé que les prisonnières en Angleterre et au pays de Galles. Il n'y avait pas eu d'évaluation des besoins en matière de santé, mais la qualité des services avait fait l'objet d'une enquête. Les habiletés et compétences des infirmières étaient très diversifiées, mais les systèmes et processus officiels faisaient défaut, et il n'y avait pas de responsables désignés. Les services de soins primaires étaient décents, même si certaines femmes pouvaient attendre trop longtemps pour voir un omnipraticien. Les locaux réservés pour les soins de santé étaient restreints. Les rendez-vous à l'extérieur étaient généralement respectés, mais il y avait des retards pour la physiothérapie. Il pouvait y avoir des erreurs de transcription dans le traitement des ordonnances de même que d'autres erreurs. La promotion de la santé était satisfaisante, et la gestion des maladies infectieuses, remarquable. Les services de santé mentale, dirigés par le service de psychologie, devaient être mieux intégrés aux soins de santé.

 
  Environment
 
4.2 L'espace réservé aux soins de santé était très restreint, ayant été conçu pour une population plus petite. L'aire d'attente se trouvait dans le corridor; les sièges y étaient confortables, et on y trouvait de la documentation sur la promotion de la santé. Il n'y avait pas de sonnette à la porte d'entrée, et toute autre personne, outre le personnel des soins de santé, devait cogner à la porte pour entrer. L'espace ne permettait de recevoir qu'une femme à la fois. À l'entrée se trouvait un bureau administratif et un secteur restreint pour l'administration des médicaments, avec une ouverture vers l'aire d'attente. Il n'y avait qu'une salle de traitement, qui comprenait un petit bureau et un divan pour le traitement. Les infirmières partageaient un bureau, même s'il y avait un autre petit bureau éloigné des services principaux que l'infirmière spécialisée dans les maladies infectieuses utilisait.

4.3 Tous les médicaments étaient entreposés dans une pièce, où l'on conservait également toutes les autres fournitures médicales. Deux réfrigérateurs servaient pour les médicaments : un pour entreposer la méthadone (il était verrouillé) et l'autre renfermait les vaccins et de la nourriture. On ne surveillait pas régulièrement les températures des réfrigérateurs. Un réfrigérateur distinct servait à l'entreposage des spécimens.

4.4 Dans la pièce où se trouvaient les produits médicinaux, il y avait une petite trousse d'urgence comprenant des bandages et d'autres fournitures de premiers soins ainsi qu'une planche dorsale et de l'oxygène. Dans la trousse se trouvaient des tubes de crème antiseptique ouverts. Il n'y avait aucune vérification documentée de l'équipement.

4.5 L'établissement ne disposait pas d'un défibrillateur ni d'une trousse d'accouchement d'urgence. L'hôpital local se trouvait à proximité, mais à notre avis, cela ne constituait pas une solution de rechange satisfaisante.

  Dotation
 
4.6 Six infirmières autorisées étaient en poste. Il n'y avait pas de chef des soins de santé, et chaque infirmière assumait une responsabilité spécifique et relevait du sous-directeur. Toutefois, cela supposait qu'il n'y avait pas de responsable clinique clairement désigné. Les infirmières travaillaient par quarts afin d'offrir un service de huit heures jusqu'à 22 h du lundi au vendredi, et de 10 h 30 à 19 h, la fin de semaine. Toutes les infirmières détenaient une autorisation d'exercer. Un administrateur travaillait cinq heures par jour. Au moment de notre inspection, deux élèves-infirmières avaient choisi d'effectuer un stage à Nova.

4.7 Le personnel des soins infirmiers avait entrepris de suivre un perfectionnement professionnel, mais aucun des membres du personnel n'avait suivi une formation de mise à jour en réanimation au cours des 12 mois précédents. Aucun d'entre eux ne faisait l'objet d'une supervision clinique officielle. Ils disposaient d'un plan annuel en amélioration du rendement et faisaient l'objet d'une évaluation annuelle de la part du sous-directeur.

4.8 Deux omnipraticiens de la collectivité locale assuraient les services médicaux : un était disponible de 13 h à 14 h 30, le mercredi après-midi, trois semaines sur quatre, pour la population générale. Toutes les deux semaines, ils assuraient également les services de la clinique pour les femmes logées à l'unité de garde en milieu fermé et à l'unité d'isolement.

4.9 Un psychiatre offrait une séance d'une demi-journée toutes les deux semaines. Les infirmières provenant de l'organisme Infirmières de l'Ordre de Victoria assuraient les cliniques de soins des pieds toutes les six semaines.

  Dossiers
 
4.10 Les dossiers cliniques étaient gardés dans le bureau des infirmières aux Services de santé. La qualité des documents variait et les documents n'indiquaient pas si la détenue avait quitté l'établissement. Les notes cliniques étaient archivées, mais il était possible de les récupérer si une femme était réincarcérée; entre-temps, on utilisait un dossier temporaire. On obtenait des télécopies des notes prises au moment des rendez-vous d'urgence ou des rendez-vous courants à l'hôpital afin de tenir à jour les registres de traitements. Les fiches dentaires étaient versées aux dossiers cliniques. Les psychologues gardaient des dossiers de cas distincts sur chacune de leur cliente.

4.11 Le médecin rédigeait les ordonnances de médicaments dans les dossiers cliniques, et les infirmières les transcrivaient sur la feuille de commande de la pharmacie. Le pharmacien créait, par ordinateur, les dossiers d'administration des médicaments qui étaient conservés par ordre alphabétique dans la réserve des produits médicinaux. Une infirmière télécopiait à la pharmacie les commandes concernant les médicaments renouvelés. Il semblait y avoir peu ou pas de vérification des commandes à la pharmacie. Si une femme refusait des médicaments, après discussion avec elle, les infirmières barraient d'une ligne jaune l'ordonnance pour indiquer qu'elle avait été interrompue.

4.12 Les membres du personnel des soins infirmiers travaillaient selon divers ordres permanents, dont certains étaient répétés, ce qui portait donc à confusion. Un d'entre eux nous préoccupait, car il mentionnait que les membres du personnel des soins infirmiers pouvaient interrompre la médication si une femme avait été impliquée dans un incident violent ou si elle s'était infligée des blessures. Le personnel ne semblait pas au courant de la politique et nous a assuré que cela ne s'était jamais produit.

  Prestation de soins
 
  Soins primaires
 
4.13 La prestation des soins de santé ne reposait pas sur une évaluation des besoins. Au début de 2005, on avait procédé à l'agrément des Services de santé, mais on avait évalué la qualité de la prestation plutôt que de vérifier si la pratique répondait aux besoins.

4.14 Les infirmières voyaient les nouvelles détenues habituellement dans les quelques heures suivant l'arrivée, pour les vérifications préliminaires, y compris une évaluation de base de la santé mentale. Les femmes étaient aiguillées vers un psychologue s'il était jugé opportun de le faire. Le guide de la détenue comprenait de l'information sur les services offerts par les Services de santé.

4.15 L'infirmière spécialisée dans les maladies infectieuses voyait les femmes dans les deux semaines suivant leur arrivée pour une entrevue approfondie sur les maladies infectieuses et les facteurs de risque. La démarche comprenait la première partie d'un test de dépistage de la tuberculose en deux étapes, lequel était répété chaque année. Elle comprenait également des questions et des tests concernant l'hépatite, le VIH/sida (y compris le counseling avant et après les tests) ainsi que les maladies transmises sexuellement. De quatre à six semaines s'écoulaient avant que l'on obtienne les résultats à tous les tests. L'infirmière spécialisée dans les maladies infectieuses communiquait aux femmes leurs résultats et prévoyait d'autres examens hématologiques ou un rendez-vous pour qu'elles puissent voir le médecin au besoin. Les résultats étaient également transmis à l'administration centrale du SCC. Les femmes pouvaient demander de subir à nouveau le test des maladies infectieuses à tout moment lorsqu'elles étaient à Nova. Toute femme soupçonnée d'avoir la tuberculose était transférée à l'hôpital local, car Nova ne disposait pas des installations d'isolement.

4.16 Une infirmière spécialisée dans les maladies infectieuses présentait également des séances d'enseignement en groupe au sujet des maladies infectieuses, de la prévention et du traitement. Les femmes qui y participaient recevaient une trousse de désinfection à l'eau de Javel et une trousse de contraception comprenant des condoms, de la gelée lubrifiante et des digues dentaires.

4.17 Il y avait une base de données informatisées des évaluations de santé annuelles de toutes les patientes comme les tests de dépistage de la tuberculose, les tests de Papanicolaou et la vaccination antigrippale, le cas échéant. Toutefois, les données n'étaient pas à jour. Il y avait également un système fondé sur le papier, lequel semblait plus fiable.

4.18 Si une détenue voulait voir un membre de l'équipe des soins de santé, elle pouvait présenter une demande écrite. Toutefois, la plupart parlaient simplement aux membres du personnel lorsqu'elles ramassaient leurs médicaments ou à 8 h 40, au moment de l'évaluation et des autorisations d'absence pour cause de maladie. À d'autres occasions, certaines femmes frappaient simplement à la porte des Services. Elles pouvaient également communiquer avec les infirmières par téléphone à partir de leur unité résidentielle par l'entremise du bureau d'accueil.

4.19 Les infirmières travaillaient selon des ordres permanents et pouvaient administrer certains médicaments. Elles renvoyaient les femmes à un médecin au besoin.

4.20 Une omnipraticienne assurait une présence de deux heures, trois semaines sur quatre, afin de voir les femmes faisant partie de la population carcérale générale. La quatrième semaine, elle assistait à la réunion multidisciplinaire sur le traitement à la méthadone. Les femmes disaient qu'elles attendaient trop longtemps pour voir le médecin, et que cela pouvait prendre jusqu'à trois semaines suivant l'arrivée pour obtenir des médicaments sur ordonnance. Au moment de notre inspection, il n'y avait pas de clinique du médecin en raison de la réunion sur le traitement à la méthadone. Le mercredi de cette même semaine, huit femmes étaient déjà inscrites sur la liste d'attente pour voir le médecin la semaine suivante. Si un nombre beaucoup plus élevé de femmes avaient besoin de voir le médecin ce même jour, la liste serait classée par ordre de priorité, et le médecin ne pourrait pas voir toutes les personnes inscrites, ce qui était inacceptable.

4.21 Le médecin se rendait également aux unités de garde en milieu fermé et d'isolement toutes les deux semaines, lorsqu'elle voyait toutes les résidentes.

4.22 Les médicaments destinés à la population carcérale générale étaient administrés à quatre heures de traitement différentes durant la semaine, et à trois heures de traitement différentes la fin de semaine. La méthadone était administrée à une heure distincte. Les femmes devaient faire la queue à l'extérieur de l'immeuble de l'administration, et un(e) des deux intervenant(e)s de première ligne qui surveillaient la queue les laissait entrer une à la fois. Les infirmières enlevaient les comprimés des emballages-coques avant l'heure d'administration des médicaments et les déposaient dans des petites boîtes à pilules avec le nom de la patiente. C'était une pratique mauvaise et inutile.

4.23 Les médicaments étaient remis par l'ouverture de la porte des Services de santé, et la plupart étaient administrés sous « observation directe ». Les produits médicinaux étaient habituellement fournis pour 30 jours, sauf si l'ordonnance précisait une période plus courte. On ne demandait pas de pièces d'identité aux femmes. Il était permis d'avoir en sa possession certains médicaments, comme les antibiotiques, sans évaluation du risque documentée. On annotait les tableaux de médicaments à l'heure où ils étaient administrés.

4.24 Les femmes nous ont dit que les somnifères étaient administrés à 19 h 30, ce qu'elles considéraient comme étant trop tôt, et on nous a donné des exemples de femmes qui tombaient endormies tout en essayant d'effectuer les tâches assignées dans le cadre de leurs programmes. C'était là une mauvaise pratique. Si un médicament spécifique était prescrit pour être donné lorsque le personnel des soins infirmiers n'était pas en service, il était déposé dans une enveloppe et remis au surveillant correctionnel afin qu'il les remette à la patiente à l'heure appropriée, lorsque les deux parties signaient pour attester l'administration des médicaments.

4.25 La méthadone était administrée à 8 h durant la semaine et à 11 h 30 la fin de semaine. Une infirmière assumait la responsabilité spécifique concernant la méthadone. Elle assurait la liaison avec les femmes qui en prenaient et participait aux réunions mensuelles sur le traitement à la méthadone. Les cinq femmes participant au traitement à la méthadone devaient fournir une pièce d'identité pour que le personnel des soins infirmiers administre le médicament. Elles prenaient la méthadone, laquelle était mélangée au préalable à un jus de fruits, en se tenant debout devant l'ouverture de la salle de traitement; elles devaient demeurer assises dans l'aire d'attente pendant 20 minutes avant de partir, sous l'observation de deux intervenant(e)s de première ligne chargé(e)s de s'assurer qu'elles ingéraient la méthadone.

4.26 La fin de semaine, l'heure d'administration du traitement en matinée, à 11 h 30, posait problème pour les femmes autochtones qui participaient à une « suerie » (cérémonie autochtone) le samedi matin et qui n'étaient dont pas en mesure de ramasser leurs médicaments à prendre le matin. Les autres femmes étaient également mécontentes des heures différentes d'administration du traitement la fin de semaine. Une des répondantes à notre enquête a formulé des commentaires sur l'effet négatif qu'avaient les heures d'administration du traitement sur son état pathologique.

4.27 On apportait les médicaments aux femmes logées à l'unité de garde en milieu fermé et à l'unité d'isolement. Ils étaient administrés à partir de l'aire de visites, en présence d'un(e) intervenant(e) de première ligne.

4.28 Les femmes ne pouvaient pas voir un pharmacien pour discuter de leurs médicaments, pas plus qu'il n'y avait de feuillets de renseignements à l'intention des patientes au sujet des médicaments qui étaient prescrits.

4.29 À Nova, il n'y avait pas de service de dentisterie, et les femmes se rendaient chez un dentiste dans la collectivité. À l'instar des autres rendez-vous à l'extérieur, les membres du personnel essayaient de ne pas fixer de rendez-vous avant que l'on ait précisé la cote de sécurité de la détenue, ce qui pouvait prendre jusqu'à 90 jours. Le personnel des soins infirmiers se chargeait de l'examen dentaire, mais n'avait suivi aucune formation particulière à cette fin. Dans notre enquête, seulement 16 % des répondantes ont qualifié de bons ou de très bons les services dentaires.

4.30 Les services de physiothérapie n'étaient pas non plus offerts sur place. On nous a dit que les femmes à l'unité de garde en milieu fermé et à l'unité d'isolement n'étaient pas envoyées à l'extérieur pour le traitement. Seulement deux femmes à la fois pouvaient se rendre à des séances de physiothérapie et, si d'autres séances venaient tout juste de commencer, une femme pouvait attendre trop longtemps, jusqu'à 20 semaines, avant qu'on la voie, ce qui était inacceptable.

4.31 Toutes les autres listes d'attente étaient gérées par le professionnel de la santé compétent dans la collectivité. Les femmes ont révélé que les membres du personnel qui les escortaient durant les rendez-vous à l'extérieur étaient habituellement respectueux et qu'il n'y avait pas de mesure de sécurité inutile. Une femme a mentionné la gentillesse du personnel.

4.32 Outre le Programme des maladies infectieuses, il y a eu d'autres activités de promotion de la santé, dont une foire sur la santé en juillet 2005. Chaque année, on administrait le test de Papanicolaou, et les services mobiles de mammographie s'étaient rendus à Nova (toutes les femmes âgées de plus de 40 ans avaient droit au dépistage par mammographie). Selon les estimations du personnel, 90 % des femmes fumaient, mais aucun service n'était offert afin qu'elles renoncent au tabac. On prévoyait instaurer ce service dans le cadre de la politique du SCC concernant l'interdiction de fumer dans les établissements au début de 2006. Les femmes pouvaient acheter la thérapie de substitution de la nicotine auprès des services de santé, mais cela était méconnu. Il n'y avait pas de programme de gestion du poids ou de saine alimentation.

4.33 Les Services de santé fermaient à 20 h. Si une femme ressentait un malaise après cette heure, elle devait utiliser des remèdes simples achetés à la cantine. Pour les cas urgents, les agent(e)s pouvaient communiquer avec les services paramédicaux. Chaque unité résidentielle disposait d'une trousse de premiers soins. Il incombait à la représentante de l'unité résidentielle de la vérifier et de la ravitailler en s'adressant aux Services de santé au besoin. Toutefois, les femmes à qui nous avons parlé n'étaient pas au courant.

4.34 Une infirmière voyait les femmes avant la mise en liberté et leur remettait un approvisionnement d'un mois de tout médicament prescrit, leur offrait la possibilité de subir un test de dépistage des maladies infectieuses et leur donnait une trousse de contraception ainsi que les numéros de téléphone des personnes-ressources utiles. Elles recevaient également un exemplaire des examens hématologiques et des tests de Papanicolaou subis lorsqu'elles étaient à Nova. Les membres du personnel ne les aidaient pas à s'inscrire auprès d'un médecin, sauf si la femme avait besoin d'un traitement médical continu. Si le traitement continu pour une maladie infectieuse (comme l'hépatite C) était requis, les membres du personnel s'efforçaient assidûment de veiller à ce qu'elles aient obtenu des rendez-vous au préalable à une clinique de traitement des maladies infectieuses. Le personnel des soins de santé n'était pas toujours informé suffisamment à l'avance de la mise en liberté d'une femme, et les dispositions concernant le traitement continu étaient souvent prises à la suite d'un préavis extrêmement court.

  Santé mentale
 
4.35 Le service de psychologie gérait les services de santé mentale. Nova comptait trois psychologues — un responsable de la population carcérale générale, un à l'unité en MVS, et le troisième aux unités de garde en milieu fermé et d'isolement. Ils ne faisaient pas l'objet d'une supervision clinique et comptaient donc sur le soutien par les pairs. Les agents de libération conditionnelle, les intervenant(e)s de première ligne et les membres du personnel des soins de santé pouvaient renvoyer une femme aux psychologues, et les femmes pouvaient également se présenter spontanément. Le psychologue chargé de la population carcérale générale comptait 30 clientes et avait recours aux techniques de thérapie comportementale dialectique pour les aider concernant différents aspects comme l'adaptation à l'établissement, la dépression et l'angoisse. Dans un premier temps, le psychologue rencontrait la plupart des clientes une fois toutes les deux semaines, pour une période de huit semaines, puis leur cas était revu. Les psychologues conservaient leur propre dossier du cas.

4.36 Une des infirmières possédait une vaste expérience de la santé mentale. Elle était rattachée à l'unité de garde en milieu fermé et à l'unité d'isolement en plus d'assumer la responsabilité des femmes logées à l'unité en MVS. Elle administrait le programme de réadaptation psychosociale.

4.37 Un psychiatre rencontrait les femmes faisant partie de la population carcérale générale une fois toutes les deux semaines, et celles logées aux unités de garde en milieu fermé et d'isolement l'autre semaine. Il incombait au psychiatre de prescrire les antipsychotiques et les somnifères. Les psychologues pouvaient renvoyer les femmes au psychiatre et, au besoin, prendre des dispositions concernant les consultations urgentes. Si une femme voyait le psychologue et le psychiatre, le psychologue tentait d'être présent lorsqu'elle rencontrait le psychiatre. Le psychiatre transmettait au psychologue une copie de ses notes cliniques, mais les psychologues ne remettaient pas une copie de leurs notes à qui que ce soit.

4.38 Chaque mois avait lieu une brève réunion des responsables de la santé mentale à laquelle participaient les psychologues, l'infirmière en santé mentale, un membre de l'équipe de gestion des cas et l'aumônier. On y discutait du cas des femmes arrivées le mois précédent, mais elles n'étaient pas présentes. Les comptes rendus des réunions étaient très brefs et étaient acheminés aux personnes présentes, mais les discussions sur les cas individuels n'étaient pas consignées dans le dossier clinique, le dossier psychologique ni aucun autre dossier personnel.

4.39 Lorsqu'une femme qui voyait un psychologue était libérée, le psychologue mettait fin à sa thérapie ou recommandait d'autres séances dans la collectivité dans le cadre de son dossier général de gestion de cas. Il incombait alors à la collectivité de fournir le service.

  Points de décision
 
4.40 Une évaluation des besoins en matière de santé s'impose en vue de déterminer si les services répondent aux besoins de la population, y compris les besoins en santé mentale. L'évaluation doit comprendre l'examen de l'effectif et de la compétence collective.

4.41 Il convient de nommer un chef des soins de santé.

4.42 Les Services de santé doivent être suffisamment importants pour répondre aux besoins et doivent comprendre des services de dentisterie.

4.43 La trousse médicale d'urgence doit comprendre un défibrillateur automatique externe; par ailleurs, il doit y avoir une trousse d'accouchement d'urgence.

4.44 Tous les membres du personnel des soins de santé doivent faire l'objet d'une supervision clinique appropriée.

4.45 Le personnel doit suivre une formation annuelle en réanimation, en premiers soins et comme « premier intervenant sur les lieux ».

4.46 Il convient d'utiliser des algorithmes de triage visant à garantir l'uniformité de l'évaluation et des conseils.

4.47 Les femmes ne doivent pas attendre à l'extérieur pour recevoir leurs médicaments.

4.48 Les formalités relatives à l'obtention des médicaments prescrits et à l'administration des médicaments doivent être améliorées en vue de réduire les erreurs possibles de transcription et d'administration.

4.49 Il faut prendre des dispositions afin que toutes les femmes (y compris celles à l'unité de garde en milieu fermé et à l'unité d'isolement) reçoivent les sédatifs pour la nuit à une heure appropriée.

4.50 Les femmes qui participent aux cérémonies autochtones la fin de semaine ne doivent pas être privées de médicaments.

4.51 Les membres du personnel médical, des soins infirmiers et de la sécurité doivent mettre au point un formulaire local des médicaments ainsi qu'une évaluation du risque officielle concernant les médicaments à garder en sa possession.

4.52 Les ordres permanents relatifs aux soins de santé doivent être revus, datés clairement et s'inspirer de la pratique fondée sur l'expérience clinique. Tous les membres du personnel doivent être familiarisés avec leur contenu.

4.53 Les infirmières doivent suivre une formation afin de pouvoir effectuer des examens dentaires.

4.54 L'accès des femmes aux Services de santé ne doit pas être restreint par leur cote de sécurité.

4.55 On doit prévoir davantage de temps pour l'omnipraticien afin que les femmes n'aient pas à attendre aussi longtemps pour obtenir un rendez-vous.

4.56 Les activités de promotion de la santé doivent comprendre des programmes d'amaigrissement, d'alimentation saine et de renoncement au tabac.

4.57 Les psychologues doivent mettre en commun leurs notes avec le personnel des soins de santé.

4.58 Les notes cliniques doivent fournir un relevé ponctuel, continu des interventions.

4.59 La base de données pour les évaluations de santé annuelles des patientes doit être ponctuelle.

  Points de gestion interne
 
4.60 La température minimale et maximale de tous les réfrigérateurs servant à l'entreposage des médicaments thermolabiles doit être consignée chaque jour. Ces médicaments doivent être conservés entre 2 et 8 degrés Celsius.

4.61 Les aliments ne doivent pas être entreposés dans le même réfrigérateur que les vaccins.

4.62 Les tubes de crème, d'onguent, etc. sont destinés uniquement à être utilisés pour une patiente individuelle, et les tubes ouverts sont jetés aux rebuts.

4.63 Il doit y avoir un feuillet de renseignements à l'intention des patientes pour tous les médicaments.

  Bonne pratique
 
4.64 Le dépistage des maladies infectieuses et le Programme des maladies infectieuses étaient exemplaires.

4.65 Les efforts déployés par le personnel des soins infirmiers en vue de garantir la continuité des soins pour chaque femme à son départ de Nova, souvent à court préavis de leur libération, étaient dignes de mention.