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Programmes pour les délinquantes

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l'Établissement Nova pour femmes

Section 5: Activités

Éducation, cours et services de bibliothèque
 
Résultats escomptés
On incite les détenues à apprendre pendant et après leur peine et on les habilite à le faire dans le cadre de la planification en vue de la réinsertion sociale; de plus, elles ont accès à des services adéquats de bibliothèque.


 
5.1 Les services d'éducation mettaient l'accent sur les besoins des femmes en matière d'enseignement de base. Les liens étaient adéquats avec leur apprentissage antérieur. L'organisation des cours était souple, bien intégrée au processus de planification correctionnelle et répondait à une gamme de besoins. Dans certains cas, on prévoyait des tests d'aptitudes professionnelles. Les services de bibliothèque devaient être élaborés sous la supervision d'un bibliothécaire qualifié.

5.2 Les cours étaient offerts dans le cadre d'un service contractuel comportant 2,5 postes d'enseignants. Les locaux comprenaient un bureau et une salle de classe avec un nombre suffisant de postes de travail informatisés. Une détenue assurait un soutien administratif. Les femmes étaient ponctuelles, et les séances se déroulaient de 9 h à 11 h 30, puis de 13 h à 15 h 30, avec des pauses appropriées.

5.3 Les cours répondaient à divers besoins. Un enseignant consacrait quatre demi-journées par semaine à l'unité de garde en milieu fermé afin de dispenser l'enseignement individuel. Les femmes logées à l'unité de garde en milieu fermé, classées au niveau de sécurité quatre, pouvaient être escortées aux cours. Il y avait également trois séances d'une heure par semaine à l'unité en MVS.

5.4 Le directeur des cours faisait valoir l'importance d'établir des liens entre les femmes et l'éducation et présentait des exposés aux nouvelles intervenant(e)s de première ligne en plus de fournir de l'information aux agents de libération conditionnelle.

5.5 Dans les deux semaines suivant leur arrivée à Nova, les femmes n'ayant pas obtenu un diplôme d'études secondaires (12 e  année) — ce qui était le cas de la plupart d'entre elles — devaient subir l'Épreuve canadienne de rendement pour adultes, qui permettait d'évaluer les capacités en lecture, en écriture, en mathématiques et en résolution de problèmes. Les résultats obtenus à l'Épreuve étaient entrés dans le Système de gestion des délinquants et intégrés au plan correctionnel. Aux premiers tests, le niveau de scolarité s'établissait en moyenne à une sixième année. De nombreuses femmes devaient suivre des cours en raison de leurs lacunes sur le plan de l'éducation — la plupart devaient suivre une formation de base des adultes aux deux niveaux les plus bas. Environ la moitié des femmes suivaient des cours chaque jour, à temps partiel.

5.6 Les services d'éducation étaient souples afin de permettre aux femmes de participer à d'autres programmes faisant partie de leur plan correctionnel. On était assez bien sensibilisé à l'incidence éventuelle des autres programmes sur le comportement en classe.

5.7 Les femmes qui obtenaient plus de 9.8 à l'Épreuve canadienne de rendement pour adultes, qui étaient âgées de moins de 55 ans et qui satisfaisaient aux autres critères passaient des tests d'évaluation de l'employabilité visant à déterminer les carrières possibles et convenables. On vérifiait ainsi les aptitudes, les intérêts et les valeurs en plus de cerner les emplois particuliers convenant aux aptitudes individuelles. Depuis 2002, on avait administré approximativement 60 tests du genre.

5.8 La planification des études débutait à l'entrevue d'évaluation initiale avec le directeur des cours. Les liens avec l'apprentissage précédent étaient adéquats. Même si Nova recevait rarement des renseignements des prisons provinciales, le directeur des cours obtenait les résultats à l'Épreuve canadienne de rendement pour adultes ainsi que les dossiers scolaires des écoles antérieures, avec le consentement des détenues. On élaborait un plan individuel pour chaque femme. On inscrivait les buts en matière d'éducation et d'emploi en plus de cerner les besoins d'apprentissage futurs. Des recommandations étaient formulées au comité de planification correctionnelle. D'autres rapports d'étape trimestriels étaient inclus au plan correctionnel. Les dossiers individuels des travaux de cours que nous avons consultés témoignaient d'une bonne connaissance des progrès réalisés par les étudiantes.

5.9 Vingt et une étudiantes assistaient aux cours dans la salle principale réservée à cette fin, et huit suivaient les cours offerts à l'unité de garde en milieu fermé au moment de la présente inspection. Le programme mettait l'accent sur la formation de base des adultes en mathématiques, en anglais et en science, et il était dispensé dans le cadre d'une trousse d'apprentissage assisté par ordinateur dotée de manuels.

5.10 Peu de femmes restaient suffisamment longtemps à Nova pour terminer les cours de formation de base des adultes (FBA) d'un niveau supérieur. En 2004-2005, 25 avaient achevé la FBA 1-3 (années 1 à 10.9), quatre avaient complété la FBA 4 (de la 11 e  année jusqu'à l'obtention du diplôme secondaire), et une avait achevé le programme d'équivalences secondaires — correspondant au diplôme d'études secondaires générales de 12 e  année. Dans notre enquête, 59 % des répondantes estimaient que leurs études, y compris les compétences essentielles qu'elles avaient acquises, les aideraient à leur mise en liberté, comparativement à 47 % en Angleterre et au pays de Galles.

5.11 Quelques femmes ont également suivi des cours par correspondance dans diverses matières. Des organismes de bienfaisance octroyaient un financement pour la poursuite de cours d'enseignement. Une autre source de financement provenait des amendes imposées aux hommes condamnés pour infraction sexuelle. Les étudiantes n'avaient pas accès directement à Internet pour effectuer des recherches.

5.12 Peu de femmes poursuivaient leurs études après la mise en liberté, et il n'y avait pas de liens importants avec les services d'éducation après la mise en liberté. Il y avait certains liens avec le collège communautaire local, lequel offrait l'apprentissage d'aptitudes en informatique et la consultation d'orientation à l'établissement. Il y avait peu de possibilités définies pour les femmes afin qu'elles fréquentent le collège dans le cadre de permissions de sortir sans escorte.

5.13 Trois fois par année, on offrait le programme « Les clés de l'alphabétisation de la famille », qui permettait aux femmes d'enregistrer des livres d'histoires et de les envoyer à leurs enfants en plus de rédiger leur propre histoire. Le cours visait à favoriser l'alphabétisation et la créativité et à apprendre comment interagir positivement avec ses enfants.


  Services de bibliothèque
 
5.14 La bibliothèque était ouverte de 15 h 30 à 16 h 30 les jours de semaine et de 13 h à 16 h la fin de semaine. Elle était également ouverte cinq soirs, de 18 h 30 à 20 h 30. Les femmes se rendaient à la bibliothèque dans le cadre de leur programme d'orientation. Les services de bibliothèque étaient offerts à l'unité de garde en milieu fermé deux soirs par semaine, et certaines femmes de l'unité étaient également escortées à la bibliothèque. Dans notre enquête, un peu moins de la moitié des répondantes ont dit qu'elles utilisaient la bibliothèque au moins une fois par semaine. Aucune enquête n'a été effectuée auprès des femmes concernant leurs points de vue sur la bibliothèque. Les agents des programmes sociaux fournissaient une mesure approximative de l'utilisation des services de bibliothèque dans les rapports sur les loisirs. Les rapports indiquaient une utilisation relativement faible, généralement de trois à quatre femmes environ chaque soir, mais ces données ne représentaient pas un aperçu exact de la pleine utilisation.

5.15 La bibliothèque était dotée d'une détenue. Les rapports sur les loisirs faisaient mention d'occasions où il n'y avait pas eu de travailleurs à la bibliothèque et que la bibliothèque n'avait pas ouvert ses portes. On disposait de fonds pour un bibliotechnicien à temps partiel, mais le poste n'avait pas été comblé. Un système informatique servait à la gestion des prêts de livres. L'établissement avait reçu des livres grâce à des dons de la bibliothèque locale ainsi qu'une sélection de traités juridiques de la part d'une université. Le coordonnateur des programmes examinait les stocks chaque année et donnait également suite aux suggestions des détenues concernant les nouveaux livres. On consacrait environ 3 000 $ par année aux ressources de bibliothèque, et on considérait qu'il était préférable d'y consacrer cette somme plutôt que d'avoir recours à des services de bibliothèque mobiles.

5.16 La bibliothèque proposait un éventail de traités juridiques et de documents sur les droits de la personne de même que des directives du commissaire et une sélection intéressante de livres sur l'initiative personnelle et l'épanouissement personnel. On retrouvait également un choix de livres portant sur différentes cultures, y compris des sections autochtone, africaine, canadienne et française. La bibliothèque avait deux petites sections concernant les études sur les Autochtones et sur les Noirs. On répondait aux besoins liés aux spécialités, et les femmes avaient aisément accès aux ordinateurs et à divers magazines. Des feuillets d'information sur les dépendances et le soutien à l'intention des groupes minoritaires étaient disponibles dans une pièce à côté de la bibliothèque.


  Points de décision
 
5.17 Il y aurait lieu d'établir des liens avec le collège local et d'offrir aux étudiantes des possibilités d'y étudier dans le cadre de permissions de sortir sans escorte.

5.18 Il faut offrir l'accès surveillé à Internet.

5.19 Il convient de retenir les services d'une bibliothécaire qualifiée à temps partiel chargée de gérer le fonds de livres et de mettre au point les services de bibliothèque.

5.20 Il convient d'effectuer une enquête annuelle sur l'utilisation de la bibliothèque par les femmes et leurs points de vue à cet égard.

Emploi et compétences professionnelles
 
Résultats escomptés
Les détenues exercent un travail sûr et sont traitées de façon juste. Le travail prépare les détenues à occuper un emploi à la mise en liberté et contribue à réduire la délinquance.

 
5.21 On s'est efforcé de trouver un juste équilibre entre les possibilités d'emploi et les exigences de la planification correctionnelle. On proposait une formation professionnelle intéressante, y compris un programme innovateur de dressage de chiens, mais pour un nombre relativement faible de femmes. Il convient d'offrir des expériences professionnelles plus substantielles, notamment des possibilités pour les femmes de travailler dans le cadre de permissions de sortir sans escorte dans la collectivité.


5.22 Le Comité des programmes affectait les femmes à une activité en tenant compte de l'équilibre à établir entre les diverses exigences du Programme d'emploi et d'employabilité (PEE), les emplois disponibles ainsi que la planification correctionnelle et les besoins en matière d'éducation. Le PEE, une initiative du SCC qui a vu le jour en 2000, réorientait l'apport du travail et des compétences professionnelles vers la réinsertion sociale et visait « l'employabilité » des femmes. Nova a produit des bulletins documentaires à l'intention du personnel et des détenues au sujet des activités du PEE.

5.23 On a dénombré environ 39 emplois à temps partiel et quatre emplois à temps plein. CORCAN (organisme d'emploi et de formation du SCC à l'intention des délinquants) offrait également des projets occasionnels au même titre qu'un éventail de cours d'acquisition de compétences professionnelles. Il y avait suffisamment de travail disponible pour la population actuelle. Toutefois, la plupart des emplois avaient trait au nettoyage et à l'entretien général et ne procuraient pas une expérience professionnelle pertinente et des qualifications monnayables. L'approche souple face à la gestion du travail permettait aux femmes de participer à des cours et à des programmes. On incitait les femmes qui vivaient en MVS et qui participaient à des cours sur le comportement et les aptitudes intellectuelles à prendre un travail au sein de la population carcérale générale.

5.24 Les emplois étaient annoncés et ouverts à toutes. On s'efforçait de simuler le monde réel de l'emploi au moyen d'annonces, de descriptions d'emploi et de demandes d'emploi. Toutefois, la réussite des demandes d'emploi ne faisait l'objet d'aucune surveillance continue.

5.25 Les niveaux de rémunération étaient reliés non pas seulement au travail, mais également à l'attitude coopérative et aux progrès réalisés par rapport au plan correctionnel. Les détenues qui réalisaient des progrès constants obtenaient une rémunération plus élevée. Celles participant à des affectations aux programmes liés à leur plan correctionnel qui avaient continué de réaliser des progrès ces derniers temps étaient rémunérées au niveau C (5,80 $ par jour) ou plus. Cela correspondait à 78,2 % de la population et comprenait 16,4 % au niveau élevé (6,90 $) qui avaient maintenu des progrès continus. Une autre tranche de 10,9 %  se situait au niveau le plus bas (5,25 %), car les femmes avaient accepté un travail, mais avaient refusé de participer à un autre programme. Les 10,9 % restants — qui n'étaient pas en mesure de participer à un programme pour des raisons échappant à leur contrôle — touchaient une allocation quotidienne de 2,50 $.

5.26 Les liens avec la planification correctionnelle étaient adéquats pour ce qui est de reconnaître les compétences que les femmes acquéraient au travail. Les surveillants au travail devaient établir les normes pour chaque emploi et rédiger les rapports d'évaluation des progrès des détenues. Le rapport indiquait toutes les compétences acquises et fournissait une rétroaction aux femmes, par exemple, communication efficace, ponctualité et résolution de problèmes. Tous les surveillants au travail étaient désormais tenus de suivre un cours de formation de trois jours intitulé Gestion des délinquants en milieu de travail.

5.27 Au cours des huit premiers mois de 2005, il n'y a eu que trois placements à l'extérieur. Un groupe de femmes a participé à un programme de nettoyage des graffitis (Walls Anew), en partenariat avec le service de police de Truro. À leur mise en liberté, les femmes ont fait l'objet d'un renvoi à CORCAN.

  Compétences professionnelles
 
5.28 Les femmes avaient la possibilité, mais pas suffisamment, d'acquérir un éventail intéressant de compétences professionnelles leur permettant de décrocher un emploi en suivant une formation dans des domaines comme l'horticulture, le contrôle de la circulation et le programme de dressage de chiens. La formation était clairement axée sur l'acquisition de compétences monnayables.

5.29 Le travail en horticulture était saisonnier, de mai à novembre. Le Collège d'agriculture de la Nouvelle-Écosse délivrait les certificats dans ce domaine. Les étudiantes suivaient une formation par modules dans le but d'obtenir divers certificats, y compris en techniques d'aménagement paysager et en travail dans un centre de jardinage. Neuf femmes avaient obtenu les certificats au cours de l'année précédente.

5.30 Les cours sur la signalisation des lieux de travail et le contrôle de la circulation avaient lieu trois fois par année. Vingt femmes avaient réussi le cours de contrôle de la circulation entre juillet 2004 et août 2005. L'organisme qui offrait le cours était en mesure de proposer un emploi aux femmes à la mise en liberté, ce qui réduisait leurs obstacles à l'obtention d'un emploi à rémunération raisonnable. Deux femmes avaient réussi à décrocher un emploi dans le cadre de cette formule. Cinq femmes avaient suivi un cours utile sur la conduite de chariot élévateur à fourche, mais le cours n'avait été offert qu'une fois.

5.31 Nous avons été particulièrement impressionnés par le programme de dressage de chiens, offert depuis dix ans et très populaire. C'était le seul à être offert dans une prison canadienne. Le programme en trois étapes enseignait aux femmes un large éventail d'habiletés ayant trait au dressage de chiens et fournissait aux personnes ayant des besoins spéciaux des chiens de service dressés. La collectivité locale était associée au programme, lequel permettait aux femmes d'acquérir diverses compétences psychosociales et offrait de véritables possibilités d'emploi à la mise en liberté, notamment prendre soin des chiens de propriétaires qui travaillent, travailler dans une clinique vétérinaire et dans les animaleries. Nous avons entendu un témoignage émouvant concernant les avantages du programme de la part de la mère d'un enfant autiste qui avait reçu un chien de service dressé à la prison et qui avait visité régulièrement Nova avec sa famille. Neuf femmes ont achevé la phase un, et trois ont achevé la phase deux, entre juillet 2004 et août 2005. En raison de la durée de l'incarcération des femmes à Nova, peu avaient achevé les trois phases, soit quatre depuis 1999.

5.32 Aucune évaluation officielle des besoins n'avait eu lieu dans le but de vérifier si le travail offert était pertinent pour la population, mais les compétences professionnelles étaient axées sur les marchés du travail désignés.

5.33 Il y avait d'autres cours reconnus, de brève durée, liés au travail. Dix-neuf femmes avaient suivi une formation concernant le Système d'information sur les matières dangereuses utilisées au travail (SIMDUT) au cours de l'année précédente, et sept avaient achevé le programme Superhost, une formation d'une journée à l'intention du personnel de première ligne dans l'industrie des services. Au cours des 12 mois précédents, quatre femmes avaient réussi un cours de formation pour les concierges qui comprenait également un volet sur l'entrepreneuriat pour celles qui envisageaient le travail autonome. On propose également des cours de base en hygiène alimentaire et en premiers soins.

5.34 Les femmes étaient désignées pour les cours de formation professionnelle pertinents et inscrites sur des listes d'attente, mais ces listes étaient courtes — la plupart ne comprenaient que le nom de six femmes attendant d'obtenir une place. La plupart des femmes étaient en mesure de participer et d'achever les cours de formation professionnelle pour lesquels elles avaient présenté une demande. Dans notre enquête, 62 % ont déclaré que les compétences qu'elles avaient acquises à Nova les aideraient à la mise en liberté.

  Points de décision
 
5.35 Il convient de surveiller les processus de demande d'emploi et de nomination.

5.36 On doit offrir plus de possibilités de placements à l'extérieur.

Éducation physique et promotion de la santé
 
Résultats escomptés
On incite les délinquantes à participer aux activités récréatives en éducation physique, et elles sont habilitées à le faire dans un cadre sûr et décent.


 
5.37 Il y avait un grand gymnase et une salle de poids et haltères, lesquels étaient bien utilisés par les femmes en plus d'être également mis à la disposition de la collectivité locale. Toutefois, l'orientation officielle relative à l'utilisation de l'équipement faisait défaut, et on n'incitait pas activement les femmes à l'utiliser dans le cadre de la promotion de la santé. Il y avait très peu de jeux d'équipe organisés.


5.38 Le plancher du grand gymnase comportait des marques pour divers jeux. Des appareils de musculation fixes et de l'équipement pour l'entraînement cardio-vasculaire se trouvaient dans une pièce adjacente. Il y avait trois tapis roulants et trois vélos d'exercice.

5.39 Le gymnase était ouvert tous les soirs de même que l'après-midi et la soirée, la fin de semaine. Il était accessible à la population carcérale générale cinq soirs et aux femmes hébergées à l'unité de garde en milieu fermé et à l'unité d'isolement le lundi et jeudi soir.

5.40 Dans notre enquête, 54 % des répondantes ont déclaré qu'elles fréquentaient le gymnase au moins deux fois par semaine, contre un comparateur anglais de 25 %. Vingt-trois pour cent ont dit ne pas du tout vouloir aller au gymnase.

5.41 Aucune orientation n'était prévue concernant le gymnase ou l'équipement pour l'entraînement cardio-vasculaire. Les femmes qui utilisaient la salle d'entraînement cardio-vasculaire nous ont dit qu'elles comptaient sur d'autres femmes pour apprendre comment utiliser l'équipement. La plupart ignoraient qu'une période de réchauffement s'imposait avant d'utiliser l'équipement.

5.42 Les groupes communautaires utilisaient également le gymnase ainsi qu'une petite cuisine à côté, durant le jour. Ils utilisaient une entrée distincte pour accéder aux installations, directement à partir du périmètre, et les portes de l'immeuble principal étaient déverrouillées durant ces heures.

5.43 Il n'y avait aucun programme de promotion de la santé ni de programme personnel explicite de conditionnement physique pour les femmes, pas plus qu'il y avait d'activités d'équipe ou de classes d'exercice. Un programme de mieux-être, d'éducation et de loisirs, décrit comme étant de faible intensité, était axé sur l'utilisation profitable du temps libre. Il comportait une liste d'attente de trois noms et il commencerait lorsque plus de participantes s'y inscriraient.

  Points de décision
 
5.44 Les femmes doivent bénéficier d'une séance d'orientation officielle concernant l'utilisation du gymnase, l'équipement pour l'entraînement cardio-vasculaire et la salle de poids et haltères.

5.45 On doit favoriser les activités de promotion de la santé, et il conviendrait de retenir les services d'un professeur d'éducation physique chargé d'animer des groupes sur le leadership et l'exercice.

Spiritualité
 
Résultats escomptés
Toutes les détenues peuvent pratiquer leur religion sans restriction et en toute sécurité. Les services d'aumônerie jouent un rôle à part entière dans la vie carcérale et contribuent aux soins généraux, au soutien et à la réinsertion sociale des détenues.

 
5.46 Les besoins spirituels étaient comblés par l'équivalent d'un ministre chrétien à temps plein, avec une participation bénévole active et un Aîné autochtone. Même si les installations de spiritualité étaient adéquates pour la plupart des services, on s'y trouvait à l'étroit, car elles avaient été construites pour une population beaucoup plus petite. Les femmes autochtones n'avaient pas l'impression de pouvoir utiliser pleinement la salle de spiritualité.


5.47 Un aumônier protestant, employé pendant quatre jours approximativement (30 heures par semaine) et un diacre catholique employé un jour répondaient aux besoins spirituels des chrétiennes à Nova. Ces ministres étaient secondés par un important bassin de bénévoles issus de différentes confessions dans la collectivité locale : Église Unie, baptiste, Vineyard, Wesleyan et Armée du Salut. D'autres ministres, comme ceux de l'Église pentecôtiste, se présentaient sur demande pour rencontrer des femmes pratiquant cette religion. Les services d'aumônerie prenaient les dispositions pour que les représentants d'autres confessions, comme les bouddhistes ou les musulmans, soient présents, au besoin. Les religions minoritaires étaient peu communes et, à une exception près, une femme wiccanne hébergée à Nova au moment de l'inspection avait indiqué qu'elle pratiquait la religion chrétienne ou aucune religion. Dans notre enquête, 74 % ont dit qu'elles pouvaient parler à un chef religieux de leur religion en privé, si elles le voulaient. Les aumôniers étaient secondés par un comité sur la spiritualité de la collectivité locale.

5.48 La salle de spiritualité était agréable et attrayante, mais il était impossible pour les femmes d'y aller simplement en passant. Elle était petite, car elle avait été construite pour une population beaucoup plus modeste. Pour certains services, elle se révélait adéquate tandis qu'à d'autres occasions, on s'y retrouvait plus à l'étroit, notamment au cours des événements de groupe, lorsque les bénévoles de la collectivité étaient présents. Chaque dimanche, à 14 h, on célébrait un service oecuménique auquel participaient habituellement huit ou neuf femmes. La messe catholique ou la célébration liturgique avait lieu à 18 h 30. Habituellement, on récitait la messe au moins deux fois par mois lorsqu'un prêtre était disponible, sinon le diacre s'en chargeait. Les femmes étaient libres d'assister aux services et n'avaient pas besoin de prendre des dispositions au préalable. Parfois, les services étaient annoncés par haut-parleur. Un service avait également lieu en unité de garde en milieu fermé le dimanche, à 15 h, et l'aumônier rencontrait individuellement les femmes sur demande.

5.49 Les aumôniers ne voyaient pas chaque nouvelle détenue à l'arrivée, mais les identifiaient et s'organisaient pour les informer au sujet du travail des services d'aumônerie et leur remettre une trousse de bienvenue. On invitait les nouvelles détenues à rencontrer l'aumônier durant leur orientation si elles le désiraient. D'après les estimations de l'aumônier, 50 % environ s'en prévalaient. Outre les services, l'aumônerie offrait une gamme d'activités religieuses. Le lundi, dans le cadre de la soirée de groupe, à laquelle participaient des bénévoles de l'extérieur, on invitait des conférenciers et on lisait quelques passages de la Bible. À l'occasion, des groupes de l'extérieur venaient en visite sur place. Au moment de l'inspection, un choeur gospel divertissait un petit groupe de femmes un soir.

5.50 Les aumôniers ne participaient pas directement à la planification correctionnelle initiale, mais rédigeaient des rapports et formulaient des commentaires lorsqu'on le leur demandait concernant les femmes ayant participé aux activités des services d'aumônerie. Ils participaient également aux réunions interdisciplinaires à l'unité de garde en milieu fermé, au comité sur la santé mentale et à la conférence de cas individuelle. L'aumônier n'était pas toujours informé lorsqu'une détenue vivait un deuil, mais s'il l'était, il offrait un soutien pastoral, organisait des services commémoratifs ou, dans certains cas, accompagnait les femmes aux funérailles de la famille. Il n'était pas associé directement et couramment à la gestion des femmes considérées comme présentant un risque de suicide et d'automutilation.

5.51 Des aumôniers communautaires effectuaient une visite trois ou quatre fois par année afin d'établir des liens avec les femmes pouvant avoir besoin de soutien après leur mise en liberté. Les cercles de soutien pouvaient aider les femmes après la mise en liberté à Truro et à Halifax. On avait remis à plus tard la création d'autres cercles en raison de l'absence d'un coordonnateur chargé d'organiser la formation des bénévoles et le manque de fonds.

5.52 Nova comptait 11 femmes autochtones, soit le plus grand nombre que l'établissement ait jamais hébergées. Un Aîné dirigeait les cérémonies, établissait les liens pour les femmes qui étaient libérées et offrait un soutien pastoral individuel. Chaque semaine, la visite de l'unité de garde en milieu fermé et de l'unité d'isolement était prioritaire, car la plupart des femmes qui y étaient hébergées ne pouvaient pas assister aux cérémonies communautaires. En réponse à la hausse récente de la population, un agent de liaison autochtone issu d'une réserve locale avait été nommé à temps partiel; il était chargé d'offrir un soutien aux femmes et de seconder l'Aîné.

5.53 La salle de spiritualité avait été conçue et décorée spécialement pour les cérémonies autochtones et les réunions de la sororité. Toutefois, ces cérémonies n'avaient pas lieu à cet endroit en raison d'un problème d'ordre administratif, et une demande récente relative à l'utilisation de la salle avait été refusée. Le groupe s'est donc réuni dans d'autres salles. La sororité disposait d'une suerie pouvant être utilisée chaque semaine. Elle avait prévu un vaste programme d'événements pour le prochain mois de la sensibilisation aux cultures autochtones, et des visiteurs de l'extérieur participaient à bon nombre de ces événements. Le groupe n'avait pas de tambour, mais on espérait pouvoir en fabriquer un dans le cadre d'une classe spécialisée pendant le mois de la sensibilisation.

  Points de décision
 
5.54 Il convient d'aménager un centre de spiritualité plus grand et plus accessible pour répondre aux besoins de toutes les confessions à Nova.

5.55 Lorsque les responsables de l'établissement sont au courant, ils doivent informer l'aumônier au sujet des femmes qui vivent un deuil.

5.56 L'aumônier doit être informé dès le début de tous les cas des femmes qui sont considérées comme présentant un risque de suicide et d'automutilation afin d'offrir un soutien pastoral et de prêter son concours à la gestion des cas lorsque cela est indiqué.

5.57 Les cérémonies internes de la sororité et les réunions doivent pouvoir avoir lieu dans la salle de spiritualité.

5.58 Il convient de prévoir un financement pour la mise en place d'un coordonnateur chargé d'établir les cercles de soutien.

Temps à l'extérieur de la chambre
 
Résultats escomptés
On incite activement toutes les détenues à participer à des activités à l'extérieur de la chambre, et la prison offre un horaire d'activités régulières et diversifiées à l'extérieur.

 
5.59 Les femmes n'étaient pas confinées à leur chambre et pouvaient circuler aisément dans l'établissement. La plupart avaient été affectées à des programmes et à des activités et elles s'y présentaient. On proposait une gamme raisonnable d'activités structurées comprenant notamment des bénévoles ainsi que des projets individuels et quelques événements sociaux, mais peu de femmes y participaient.


5.60 À l'exception de celles hébergées à l'unité de garde en milieu fermé, les femmes n'étaient pas confinées à leur chambre, pouvaient circuler librement dans les unités résidentielles et profitaient de beaucoup de temps dans un milieu ouvert, exempt de tensions et participaient à des activités bénéfiques. À l'unité de garde en milieu fermé, les femmes pouvaient également passer suffisamment de temps à l'extérieur de leur cellule.

5.61 La plupart des femmes étaient occupées la majeure partie de la journée à participer à des programmes correctionnels, à travailler ou à suivre des cours. D'après le « rapport sur la rémunération des détenues », lequel était établi sur 20 séances échelonnées sur une période de deux semaines, 32 % étaient affectées à des activités pendant la totalité des 20 séances, et 75 % étaient affectées à 16 séances ou plus, c.-à-d. 85 % de leur temps. Les femmes recevaient une copie des programmes et du travail auxquels elles avaient été affectées.

5.62 Les séances débutaient à 8 h 30 ou 9 h pour se terminer à 11 h 30 et reprendre à 13 h ou à 13 h 30, jusqu'à 15 h 30 ou 16 h. Aux termes du Programme sur l'emploi et l'employabilité (PEE), les établissements étaient tenus d'adopter un jour de travail normal, se rapprochant le plus possible de 7,5 heures.

5.63 Un document du SCC, intitulé Maximiser l'emploi du temps des délinquant(e)s recommandait fortement que les activités structurées concourent à la réussite de la réinsertion sociale. Les établissements avaient des objectifs établis dans le but de déterminer et d'accroître les activités structurées et le nombre de femmes y participant en 2004-2005.

5.64 Les périodes de loisirs étaient fixées de 18 h 30 à 21 h chaque soir et pour la majeure partie de la journée la fin de semaine. Les agents des programmes sociaux organisaient et surveillaient ces activités. Ils préparaient un rapport quotidien des activités et notaient ce qui avait eu lieu, le nombre de participantes et les questions éventuelles. Nous avons jeté un coup d'oeil à un échantillon de 20 rapports récents, selon lesquels 31 femmes en moyenne participaient aux activités, et le choix proposé était raisonnable. L'activité la plus régulièrement courue avait trait aux événements sociaux et aux parties de cartes, au même titre que les activités de conditionnement physique et le gymnase. Toutefois, les activités artistiques et artisanales, qui étaient offertes moins souvent, étaient plus populaires.

5.65 Il y avait des possibilités de loisirs éducatifs. Des cours d'informatique en soirée étaient offerts par l'entremise du Nova Scotia Community College; environ 18 femmes avaient achevé le niveau un ou deux de Word au cours des 12 mois précédents. Les groupes de soutien pour les survivantes d'actes de violence et pour la prévention des rechutes attiraient beaucoup de monde. On proposait des activités autochtones. Les femmes pouvaient se rendre à des cours sur la Bible ou au programme « lecture à voix haute » appuyé par la Société Elizabeth Fry, lequel consistait à enregistrer des histoires pour les enfants. D'autres compilaient un livre de recettes du comité de détenues. Il y avait des événements sociaux occasionnels et très populaires comme des bingos et des concours de poésie. Des groupes de l'extérieur venaient en visite, y compris un choeur ougandais et l'Armée du Salut. Des femmes avaient participé en offrant un soutien aux travaux d'une oeuvre de bienfaisance sur le cancer. La bibliothèque était ouverte durant les heures de loisirs, mais elle n'était pas très fréquentée.

5.66 La fin de semaine, il y avait peu d'activités structurées, outre le gymnase et la bibliothèque. Quelques femmes participaient à un cours sur le dressage de chiens à l'intention des particuliers.

5.67 À l'unité de garde en milieu fermé, l'accès aux activités de loisirs était trop limité : elles étaient prévues deux soirs par semaine. Toutefois, des femmes hébergées à l'unité de garde en milieu fermé étaient escortées vers les installations des aires réservées aux loisirs, notamment la bibliothèque et la salle de conditionnement physique.

5.68 Les possibilités d'interaction entre le personnel et les détenues étaient limitées durant les heures de loisirs. Dans notre enquête, seulement 23 % des répondantes ont déclaré que, dans la plupart des cas, les membres du personnel leur parlaient durant les heures de loisirs ou le temps libre. Les rapports sur les loisirs indiquaient cependant clairement que les membres du personnel jouaient parfois au badminton avec les détenues ou participaient à d'autres activités avec elles.

  Points de décision
 
5.69 Il convient d'effectuer une enquête annuelle auprès des détenues visant à obtenir leurs points de vue concernant le temps libre et les activités structurées. On pourrait ainsi augmenter le nombre de participantes aux activités.

5.70 On doit offrir davantage d'activités structurées la fin de semaine.

5.71 Il convient d'améliorer les installations de loisirs pour les femmes logées à l'unité de garde en milieu fermé.